TENEURS EN SÉLÉNIUM DANS LES TISSUS DES RUMINANTS
M. HIDIROGLOU
K. J. JENKINS
I. HOFFMAN*Ministère
del’Agriculture
du CanadaInstitut de Recherches
zootechniques,
Ottawa(Canada)
RÉSUMÉ
Le but de ce travail a été de connaître les teneurs tissulaires en sélénium chez les ruminants
après administration
de cetoligo-élément.
Dans une étude
pilote,
on s’est servi de 14 bouvillons.Parmi
eux, 6 ont reçu une seulefois,
par voie
intramusculaire,
unepréparation
de sélénium( 30 mg)
alors que six autres en recevaient 2fois. Deux bouvillons ontservi
de témoins.Il en ressort que la viande des animaux tués 6 semaines
après l’administration
d’une seule dosepourrait
être considérée commesalubre,
alors que ceuxâ qui
l’onavait administré
2 dosesdemandaient
unlaps
d’attente de 15semaines.Dans une autre
expérience,
32veaux ont étérépartis
en4 lots
de 8 animaux chacun. Deux lots ont reçu 4 mg de sélénium administré oralement ou en combinaison avec de la vitamine E.Sur les 2lots restants, l’un était traité à la vitamine
E,
et l’autre non traité.Il en résulte que,
4 semaines après
leur traitement ausélénium,
les veauxpouvaient
être livrés à la consommation humaine.En
outre,
les teneurs en sélénium tissulaire ont étémesurées
sur 18 agneaux nés de brebisnon traitées ou
implantées
au séléniumincorporé
dans une colle aux silicones. Les résultats obtenus montrent que cette nouvelletechnique
d’administration de séléniumpermet
deprévenir
ladys- trophie musculaire
tout en n’affectant pas la salubrité des viandes de ces agneaux.Par
ailleurs,
des mesures du sélénium ont été effectuées sur les tissus de i6 brebisimplantées
ou non et nourries avec un foin
ayant
une faibleteneur
ensélénium,
et chez six autres brebis(normales)
aurégime
foin et concentré à teneur normale en sélénium. On n’a observé aucune diffé-rence dans la concentration en sélénium des différents tissus entre brebis normales ou traitées.
Cependant,
au lieud’implantation,
il y a eu une certaine accumulation desélénium,
même 2moisaprès
l’administration de cetoligo-élément.
INTRODUCTION
Si l’administration de sélénium est couramment pratiquée
auCanada, à titres préventif
etcuratif contre la dystrophie musculaire des veaux,
sonemploi, compte
tenu des risques de toxicité,
estnéanmoins strictement réservé
auxvétérinaires.
* Adresse actuelle : Conseil national de Recherches du Canada.
Il
enest de même dans d’autres pays. Ainsi,
enItalie, D O TT A , B ALBO et G UARDA
(tg6q.) ont constaté que l’emploi du sélénium dans le traitement de la myodystrophie enzootique du
veau(DM) dans le Piémont
adonné d’excellents résultats. Il
en aété de même
enFrance où L AMAND ( 19 6 5 )
arapporté que dans les exploitations affec-
tées par cette maladie,
uneprophylaxie
ausélénium pratiquée
surles
veauxavait
efficacement protégé
cesderniers
contrela DM.
Dans des études antérieures,
nous avonsrapporté des données
surl’absorption
et la distribution du sélénium chez le Veau (H IDIROGLOU , J ENKINS et C ARSON , ig6g). Il
vade soi que cette étude était indispensable
en vued’évaluer
unesubstance
destinée à être administrée
auxanimaux et, par leur intermédiaire, à la consommation humaine.
Vu
souscet aspect,
nous avonspensé que
cetravail devrait être complété chez
les bovins, soit par
uneétude pilote
surle taux de persistance du sélénium
enfonc-
tion du temps après
sonadministration dans les différents tissus comestibles, soit
par
unecomparaison des concentrations tissulaires du sélénium
sur uncertain nombre de veaux, traités
ou non avec cetélément.
Dans
uneétude antérieure portant
surl’implantation de sélénium à des brebis gestantes (HiDiROGi!ou ! cal., 1971 ),
nous avonsrapporté les effets bénéfiques de cette prophylaxie contre la dystrophie musculaire de leurs agneaux.
Il
vade soi que
nosrésultats devaient être complétés par des analyses de sélé-
nium tissulaire, aussi bien des agneaux que des brebis implantées,
en vuede juger la
salubrité de leur viande,
cequi
aété l’objet d’une partie de cette étude.
EXPÉRIENCE SUR BOUVILLONS I, A
La raison d’administrer du sélénium à des bouvillons qui,
enprincipe, sont
considérés
commepeu atteints par la DM, est due
aufait que la dégénérescence
musculaire
aété signalée
enFrance chez des bouvillons de
10mois (Fi,ACi!2 et al., xg67; DneAit, ig6g) et récemment
auCanada, dans la province de l’Ontario (DoiG, 1970).
Matériel
etméthodes
Les recherches ont été effectuées sur un lot de 14 bouvillons de la race
Shorthorn,
tous nés et élevés dans le nord ontarien où ladystrophie
musculaire sévit à l’étatendémique.
Six bouvillons ont reçu par voie intramusculaire une
injection
de 10 ml d’unepréparation
aqueuse de sélénium et de vitamine E. Cette
préparation
contenait 3 mg de sélénium sous forme de sélénite de sodium eti 3 6
UI d’acétated’a-tocophérol
par ml.Une dose
égale
de cette mêmepréparation
a été administrée 2fois à un mois d’intervalle à 6 autres bouvillons.Les 2animaux restants ont servi de
témoins,
un bouvillon étant abattu au début del’expé-
rience alors que l’autre l’était à la fin.
Le
poids
initial de cesanimaux,
nourrisuniquement
aufoin,
dont la teneur moyenne en sélé- nium était de 24ng/g
de matièresèche,
était de 320kg.
Lepoids
moyen des animaux abattus à la fin del’expérience
s’élevait à4 6o kg.
Après l’abattage
de cesbouvillons, plusieurs prélèvements
de tissus ont été effectués et les échantillons ont été conservés à - 200C.Le sélénium a été dosé par la méthode de
H OFFMAN ,
WESTERBY et HIDIROGLOU(i 9 68)
pour les tissus de cetteexpérience
et de cellesqui
suivront.Résultats et discussion
I,es valeurs observées dans cet essai pilote et présentées dans le tableau
i nedonnent tout
auplus que des ordres de grandeur. En effet,
commedans des expé-
riences similaires de toxicologie
avecde gros animaux de boucherie,
vuleur coût prohibitif (SUT!iu,nND, ig6g),
unnombre restreint d’animaux
aété utilisé pour étudier le taux d’élimination du sélénium dans les différents tissus d’animaux traités.
En général, les teneurs
ensélénium des tissus étaient inférieures chez les animaux traités
ifois par rapport à
ceuxtraités
2fois.
Si,
aubout de z 5 semaines après l’administration d’une seule dose de sélénium, les concentrations du sélénium dans certains tissus étaient supérieures à celles du témoin abattu
audébut de l’expérience, elles restaient néanmoins de même ordre de grandeur dans les tissus du témoin abattu à la fin de l’expérience.
Chez les animaux ayant reçu
unedouble dose 1 8 semaines après l’administra- tion de cet élément, les concentrations de sélénium observées restaient
encoresupé-
rieures à celles des témoins. Chez
cesderniers, des différences individuelles marquées
en
sélénium tissulaire ont été notées.
L’examen des teneurs
ensélénium des différents muscles montre des
concen-trations plus élevées dans
ceuxde la cuisse, suivis de l’épaule. Cette particularité
est due à l’échantillonnage de
cetissu. En effet, les
massesmusculaires contenant
plus de gras sont moins riches
ensélénium. Il est à remarquer que L INDB E RG ( 19 68)
a
rapporté que la portion blanche du muscle semi-tendineux chez le Porc contenait moins de sélénium que la portion rouge.
Peu de données existent dans la littérature
surles
teneurs ensélénium des dif- férents tissus chez les bouvillons
normaux.M!G et G!,!rr ( 19 6 7 ) ont trouvé que la teneur moyenne
ensélénium du foie de six bouvillons nourris
aufoin de luzerne contenant
IIOng/g s’élevait à Ils ng/g de tissu frais. Cette valeur est proche de
55
1 ng/g (MS) trouvée
surle foie de l’un de
nosbouvillons témoins. Si l’on tient compte du fait que cet organe est le lieu de prédilection pour l’accumulation du
sélénium, les teneurs
ensélénium des foies des bouvillons traités
uneseule fois et tués à six semaines
oude
ceuxtraités deux fois et tués à quinze semaines peuvent
être considérées
commenormales.
La salubrité des animaux précités peut être confirmée par les résultats obtenus par M ORRIS
etI,EVAND!R (zg 7 o)
auxÉtats-Unis, qui
sesont servis de notre méthode analytique et ont trouvé les teneurs
ensélénium ci-après exprimées
enng/g dans
les produits frais des abats
etviandes du marché de Maryland !tats-Unis).
EXPÉRIENCE SUR VEAUX I B Matériel et méthodes
Ce travail a
porté
sur 32veaux Shorthornrépartis
dans différents lotsexpérimentaux qui figurent
au tableau 2. Ces veaux sont nés et ont été élevés dans le nord ontarien. Les mères de ces veaux ont été nourriesexclusivement, pendant
leursgestation
etlactation,
au foin dont les teneursen sélénium étaient de io et 30
ng/g
de matière sèche.On a en outre, mis à la
disposition
de ces animaux unmélange
minéral contenant 60 p. ioo de sel iodé et 40 p. 100depoudre
d’os. Cemélange
minéral contenait 88 00o UI de vitamine A et i3 00o UI de vitamine D parkilogramme.
Ces veaux avaient au
préalable
reçu les traitementsci-après :
1
. Pas de traitement
(Veaux-témoins).
2
. Administration orale à 2et 16
jours de
4 mg de séléniate de sodium.3
. Administration orale aux
âges précités
de z5o UIDL-alpha-tocopheryl-acétate.
4
. Administration orale aux mêmes
âges
d’unmélange
de 250 UI deDL-alpha-tocophéryl-
acétate additionné
de
4 mg de séléniate de sodium.Dans chacune de ces ¢
catégories,
¢ veaux ont été abattus à ¢ semaineset ¢ autres
à 8 semaines.Résultats et discussion
D’après le tableau 2 , l’administration du sélénium chez le
veau aentraîné de façon notable
uneaugmentation de
sonsélénium tissulaire.
Si l’on prend
enconsidération l’âge des sujets, dans tous les traitements, les
teneurs
ensélénium des poumons et de la
rateont été les plus hautes et ont été plus
élevées à 4 semaines qu’à 8 semaines. Nous n’avons toutefois noté
unediminution sensible de la teneur
ensélénium du foie que chez les sujets qui avaient reçu le traitement
auséléniate.
Dans
unmémoire précédent (H IDIR OG L OU el C ll., 19 67),
nous avonsrapporté,
d’une part, les
teneurs ensélénium dans les tissus des
veauxsains élevés dans
unerégion indemne de DM,
etd’autre part, les teneurs
ensélénium des sujets affectés
de DM dans le nord ontarien.
Tout ceci permet d’appuyer l’argumentation ci-après : les teneurs
ensélénium
tissulaire chez les sujets traités
ausélénium dans la présente étude sont du même
ordre de grandeur que celles des
veauxsains élevés dans
unerégion indemne de DM, alors que les
veaux nontraités présentent des teneurs
ensélénium comparables à
celles des sujets affectés de DM.
Ces constatations
nousamènent à conclure que, 4 semaines après leur traite-
ment
ausélénium, les
veauxpourraient être livrés à la consommation humaine.
EXPÉRIENCE SUR AGNEAUX 2 A
Matériel et méthodes
L’ensemble des méthodes a
déjà
été décrit(H IDIROGLOU ,
HOFFMANetJ ENIC I NS , 197 1).
Les
grandes lignes
duprotocole expérimental
sontexposées
ci-dessous.Des brebis nourries
depuis
deux ans avec un foinayant
une faible teneur en sélénium( 10 -
25
ng/g)
ont étéréparties
en trois lots.Lot i Témoins.
Lot 2 Brebis
implantées
au3 e
mois degestation
avec unepréparation
contenant 22mg de
sélénium.
Lot 3 Brebis
implantées
avec lapréparation précédente
et à la mêmedose,
mais à la fin de lagestation.
Ces
implantations
ont étépréparées,
pour le lot 2, à base d’une colle auxsilicones,
alors que pour le lot 3on se servait d’huile d’arachidepréalablement hydrogénée.
A
chaque fois,
2agneaux des 3 différents groupes,âgés respectivement
de 60, 90 et 120jours,
ont été
abattus,
soit au total i8 agneaux, et les divers tissus ont étéanalysés
pour leur teneur ensélénium.
Résultats et discussion
Les résultats sont consignés dans le tableau 3 . La différence
enteneur de sélé- nium entre les divers lots est significative pour les tissus ci-après :
Ces
teneurssont supérieures chez les agneaux nés de brebis implantées
ausélé-
nium. Chez
cesmêmes agneaux, si les concentrations de
cemicro-élément dans les différents tissus sont légèrement plus élevées à 6 0 jours qu’à
i2ojours,
enfait les
différences n’étaient pas significatives (P
<0 , 05 ). En conséquence, l’effet de l’âge
a
été ignoré lors des calculs.
Chez
tousles agneaux mentionnés dans la présente étude, les teneurs
ensélé- nium tissulaire sont bien inférieures à celles observées dans
uneautre étude où les agneaux étaient nés de brebis nourries
aufoin de la région d’Ottawa et supplémentées
au
grain de l’ouest canadien qui contenait 400 ng de Se par g de MS (H IDIRO Gr,OU
et al., i 9 6$).
Afin de s’assurer de la salubrité de la viande de
nosagneaux nés de brebis implan-
tées
ausélénium,
nous avonspensé qu’une comparaison
avecles résultats rapportés
sur
les teneurs
ensélénium tissulaire des agneaux par d’autres auteurs était néces- saire. Ainsi,
surdes agneaux destinés à l’engraissement et nourris
auxcomprimés
contenant 145 ng/g de MS, I,INDB!RG
et,JACOBSO N ( 1970 )
ontrapporté les chiffres
ci-après : Foie 6 47 , Rein 6 88o ng/g de MS. Cousi N S
etC A IP NFY ( 19 6 1 ),
surdes
agneaux allaités, sains, rapportaient : Foie 2 8 0 , Rein
2220ng/g de MS et
surdes
agneaux nourris
auxcomprimés : Foie 8 00 et Rein 3 7 oo ng/g de MS. D’autre part, P
AULSON et BROD>!RICK ( 19 68) ayant mis à la disposition des brebis et de leurs agneaux
uncomposé minéral
contenant2 6 p.p.m. de Se ont rapporté que les reins et le foie contenaient 4 330 et 93 o ng/g de MS.
Ces derniers auteurs,
encomparant
ces teneurs aveccelles trouvées dans d’autres
régions des États-Unis, concluent que la viande de
cesagneaux
estcomestible.
Les valeurs précitées
surles teneurs
ensélénium proviennent d’animaux sains
et il est à remarquer qu’elles
sontsupérieures
auxnôtres.
Il
enressort donc que tout
enbénéficiant de l’implantation de sélénium effec- tuée
surleurs mères, la viande de
nosagneaux
restecomestible, n’accumulant pas
un
excès de sélénium.
EXPÉRIENCE SUR BREBIS 2 B
Matériel
etméthodes Vingt-deux
brebis de raceSh y opshi y e
ont été utilisées.Seize animaux
provenaient
d’un lot de brebis nourriesdepuis
9 mois avec un foin dont la teneur ensélénium
était de 2gng/g
edMS,
alors que les 6 autres brebis(lot 3 )
étaient alimentéesavec un foin de !o
ng/g
deMS, lequel
étaitsupplémenté
avec dugrain
à 270ng/g
de MS.Les i6
premiers
animaux ont étérépartis
en 2lots de huit chacun.Lot i Témoins.
Lot 2 Brebis
implantées
avec unepréparation ( 44 mg)
contenant du sélénium( 22 mg)
sousforme de sélénite de sodium et d’une colle aux silicones. Le lieu
d’implantation
étaitla
région sus-sternale, laquelle
avait été aupréalable
tatouée en vue de reconnaître le lieud’implantation.
Deux animaux des groupes i et 2
( 5 6-6 5 kg)
ont été abattus à 2, 3, 4 et 8 semaines respec- tivement.Les 6 autres brebis du lot 3 ont
également
été tuées et les différents tissus de tous les animaux ont étéanalysés
en vue de déterminer leur teneur en sélénium.Résultats et discussion
Les concentrations
ensélénium tissulaire
sontinférieures chez les sujets nourris
au
foin ayant
unefaible teneur
ensélénium (lot i), que chez les animaux des
2autres lots ( 2 et 3 ) implantés
ausélénium
ounourris
augrain. On peut cependant
noterque dans
cesdeux derniers lots, les résultats
nesont pas différents (tabl. 4 ).
D’une façon générale, chez les sujets implantés, les
teneurstissulaires
ensélé- nium sont du même ordre de grandeur que celles rapportées par BuRTO N
etal. ( 19 6 2 )
sur
des brebis nourries
avec unfoin non-carencé
ensélénium. Par contre, dans le lot i, les
teneurs ensélénium des tissus sont similaires à celles des brebis (B URTON
et
al:, 19 6 2 ) ayant donné naissance à des agneaux atteints de DM.
Chez les sujets implantés, il convient de souligner que pendant l’expérience de
ces 2
mois, la comparaison des
tauxextrêmes de sélénium
nefait pas ressortir
unediminution notable de
cemicro-élément. Ce maintien était probablement lié à l’effet
continu et prolongé de l’utilisation du sélénium implanté
surla brebis nourrie
aufoin pauvre
ensélénium.
Il est intéressant de constater l’importante rétention de sélénium
aulieu d’im- plantation. En effet,
aulieu d’implantation,
sur unéchantillon de 30 g prélevé
surtoutes les brebis implantées,
on aobservé des valeurs de
2à 4 mg de sélénium, et
sur
les
2brebis tuées
2mois après, c’est-à-dire à la fin de l’expérience,
on a encoretrouvé 1 ,6 à i,8 mg.
En conclusion, la brebis soumise à
cemode de traitement sélénique retient et
utilise cet élément d’une manière normale
etcontinue,
sansaccumulation excessive dans
sesdifférents organes. En revanche,
aulieu d’implantation, le sélénium
aété retenu longtemps,
cequi rend la viande de cette brebis insalubre.
Par ailleurs, dans cette expérience, le sélénium ayant été implanté dans la région sus-sternale, l’inconvénient majeur de
cettetechnique pourrait être corrigé
encher-
chant d’autres lieux d’implantation susceptibles d’être enlevés avant l’abattage (par
ex.queue, oreille).
Reçu pour publication
enjuin 1971.
SUMMARY
SELENIUM CONTENT IN TISSUES OF’ RUMINANTS
The aim of the
study
was to find the content of selenium in tissues of ruminants afterthey
had been
given
this trace element.In a
pilot study
with 14bullocks,
6 weregiven
asingle
dose of 30 mg seleniumby muscle,
6got
2doses and 2got
none. Meat from the cattle killed 6 weeks after thesingle
dose washygeni-
cally satisfactory.
For thosegiven
2doses alapse
of rg weeks was necessary.In another
experiment
32calves werein
4 groups of 8. For 2groups 4 mg selenium wasgiven by
mouth alone or with vitamin E. Of the other groups onegot
vitamin E and the other wasnot treated. With treatment with selenium the calves could be freed for human
consumption after 4 weeks.
Selenium was estimated in tissues of 18 lambs from ewes not treated or
given
selenium ina silicone
paste by implant.
The results showed that this new method ofgiving
selenium pre- vented musculardystrophy
while notaffecting
the wholesomeness of the meat of the lambs.Selenium was estimated in tissues of 16 ewes
given
seleniumby implant
and fed onhay
with low selenium content and in 6 normal ewes on a diet of
hay
and concentrate with normal selenium content. There was no difference in selenium content of the different tissues between treated and normal ewes. There was some accumulation at the site ofimplant
in the ewesgiven it,
even after 2 months.
REMERCIEMENTS
Nous remercions vivement le
personnel
de la fermeexpérimentale
deKapuskasing
ainsi que celui du Service de Recherches de Chimieanalytique
pour l’aidetechnique qu’ils
nous ontapportée.
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