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Sur le ligament lumineux des passages des satellites de Jupiter

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00239036

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00239036

Submitted on 1 Jan 1889

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Sur le ligament lumineux des passages des satellites de Jupiter

Ch. André

To cite this version:

Ch. André. Sur le ligament lumineux des passages des satellites de Jupiter. J. Phys. Theor. Appl.,

1889, 8 (1), pp.69-74. �10.1051/jphystap:01889008006901�. �jpa-00239036�

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position d’extinction fait réapparaître l’image sur le cliché. ~’er-

reur relative est donc de TÓO environ. Pour la raie 9, elle est due pour la raie 24, de ~4 environ. (~’est, je crois, tout ce qu’on

peut demander à la méthode.

Enfin, on peut construire une courbe en prenant pour abscisses les longueurs d’onde et pour ordonnées les rotations (jig. 4).

Cette courbe, presque droite d’abord, monte brusquement à partir de la raie 12, bien plus vite que celle qui représente le pou- voir rotatoire du quartz.

En résumé, je crois avoir montré d’ une façon très nette : 10 Que les théories jusqu’ici proposées conduisent à des for- mules représentan t d’une façon inexacte les résultats expérirmen-

taux ;

2° Qu’une nouvelle formule s’accorde relativement bien ave,~

les recherches faites ~jusqm’à pi,ésent

3° Qu’elle semble rigoureusement vérifiée par des expériences plus précises et plus étendues, au cours desquelles j’ai été condui t

à étudier la dispersion du sel gemme jusque l’extrémité du spectre ultra-violet du cadmium, et à mesurer la rotation électro-magné- tique du même corps jusque dans ces régions très réfrangibles du

spectre.

SUR LE LIGAMENT LUMINEUX DES PASSAGES DES SATELLITES DE JUPITER;

PAR M. CH. ANDRÉ.

En 1882 (1), j’ai montré que le phénomène du ligament noir,

que l’on observe dans les passages de Vénus ou de Mercure, n’était point un fait isoié ; qu’en particulier on le retrouvait dans les

éclipses de Soleil par la Lune, et qu’on l’observait, sur le fond lu-

mineux du Soleil, aux environs du contact du bord obscur de la Lune eu du bord relativement obscur des taches solaires.

L’effet de la diffraction dans les instruments d’Opuique n’est évi-

(’ ) Cii. IINDRE, Sur ut nouveau cas de ligament nuir ( Corr~~ntes rendus des

seances de l’Acadélnie des Sciences, t. XCIV, p. if4oi).

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:01889008006901

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demment point limité à la production de ces phénomènes singu-

liers. Dans la pratique, y un objectif ou un miroir d’ouverture dé- termine peut être remplacé par le solide de dL~’ractiotz qui lui correspond, et c’est ce solide qu’il faut faire intervenir toutes les fois que l’on veut se rendre un compte exact des apparences

optiques observées dans le plan focal d’une lunette ou d’un téles- cope, dans des circonstances quelconques d’observation.

Le fait suivant en est une preuve bien convaincante : les diffé-

rents observateurs qui se sont adonnés à Inobservation des pas- sages des satellites de Jupiter sur le disque de la planète avec des

instruments de médiocre ouverture ont toujours éprouvé une très grande difficulté à apprécier le moment exact du contact du bord

occidental du satellite avec le bord oriental de la planète à l’en-

trée, tout aussi bien que celui du bord oriental du satellite avec le bord occidental de la planète à la sortie. A J’ohservatoire de

Touloiise, :1B1. 13aillaud et ses collaborateurs, se servant de téles- copes de o"’, 8o et onl, 33 (r 0 II Y e r tu re, et t de lunettes de 01ll, 1 1 , g

Olll, 1 ~, om, 20 et 0111, 2Ô de diamètre, ont constaté des différences de trois et qnatre minutes entre les instants des contacts notés sé-

parément par chacun d’eux. A l’observatoire de 1J~-on, les contacts

observés par ~1. Le Cadet à l’équatorial coudé (OUl, 38), lB1. André à l’équatorial Bruiner (am, 18) et lBlf. 1Ylarchand à la lunette de l3iette (o"Bi2), ont entre eux des différences de même ordre 3m et même 3~3oB

Or, comme dans les observations de passages de Vénus et de

TVIercure, comme dans les observations de contact d’une tache so-

laire et du bord obscur de la Lune, la principale cause de l’incer- titude est la nature même des in1ages formées au plan focal de la lunette par l’instrument, supposé parfait ; en un mot, c’est encore

un phénomène de diffraction.

En effet, il in’a toujours paru dans ces observations qu’aux en-

virons du point de tangence des deux images il v avait une aug-

mentation notable de lumière, entre la planète et son satellite ; y

qui’ll se formait entre les deux astres une sorte de liaison lumi- neuse, un ligament lumineux analogue au ligament obscur des

passages de Vénus et empêchant, comme lui, de reconnaître à quel

moment avait lieu le contact des deux astres. Il était donc bon de

soumettre ces phénomènes au contrôle de l’expérience en les iso-

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tant de toutes les circonstances qui en rendent parfois bien diffi- cile Inobservation directe. Dans ce but et en attendant d’avoir à

ma disposition un appareil les reproduisant d’une façon continue, lai fait tailler dans une lame de bronze une ouverture circulaire de 4cI1l de diamètre, et le long de sa circonférence deux groupes de quatre cercles plus petits (l’un de oUlln,4, l’autre de 0IlUll,8),

diamétralement opposés deux à deux et dont les bords étaient sé-

parés du bord voisin de la grande ouverture par des intervalles de 1 il"i’, o~~,5~ 0""11, 3 et o"1"’,1. Cette lame, placée à l’extrémité nord de la grande chanlbre noire (1 30m) de l’observatoire de Lvon, en

avant d’une lalne de verre dépoli éclairée par de la lumière oXJh3’- drique et observée avec notre lunette de Om,I 2, installée à l’extré-- inité sud de la chambre noire, à ’’20m de distance, représentait

quatre positions successives d’une planète Jupiter artificielle qui

aurait l’ 5" de diamètre apparent et de deux groupes de satellites,

de (3’/) 5 et J 3’/,0 de diamètre apparent, placés à des distances an- gulaires des bords de la planète successivement égales à ~", 5, Off, 8, Off, 5 e t o", i 5 .

®~~; dans ces conditions, une liaison lumineuse très sensible, un

véritable lig’an1ent ou pont IUJJlinellx apparaît nettement, dès la distance Ofl,S, plus fort avec le satellite à grand diamètre qu’avec

le second, augmentant dans chaque cas graduellement de largeur

et d’intensité à mesure que la distance relative des deux bords di-

minue, si bien qu’à la distance o", i 5 ce pont lumineux est devenu

d’éclat très peu inférieur à celui du disque lui-mêlne, qui repré-

sente la planète Jupier.

Le phénomène est donc bien réel, et son influence sur les obser-

vations doit être considérable. En effet, pour le premier satellite,

dont la vitesse relative est la plus grande, les quatre positions de

nos deux groupes de satellites correspondent à 41llgS, 2111138, IIll23s

et 25S de distance au moment du contact géométrique. Avec l’in-

tensité lumineuse précédente et une lunette de om, (2 d’ouverture,

l’incertitude sur le moment où l’on peut déclarer le contact dure- rait donc au moins deux minutes.

En diminuant graduellement 1 intensité de 1 éclairement, on a

.

constaté que, pour une intensité lumineuse à peu près égale à

celle de Jupiter, le ligament lumineux, qui commence à apparaître

à la distance de 0~8, est fort net à la position suivante, c’est-

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à-dire à 1 m 23" du contact géométrique; ] en continuant à diminuer

progressivement Féclairement, on voit le ligament persister encore

nettement à la position suivante, soit à 25s du contact géométrique, lorsque l’éclat de la planète artificielle est devenu de beaucoup infé- rieur (le sixième environ) à l’écla t actuel de Jupiter.

D’ailleurs, si l’on diaphragme l’objectif de la lunette d’observa-

tion, on voit les phénomènes constatés plus haut s’accentuer pro-

gressivement. Avec une ouverture réduite à ol",o6, par exemple,

le ligament lumineux parait relativement plus intense et il a

presque doublé d’étendue. On en soupçonne alors des traces à la

position la plus éloignée, tandis qu’avec l’ouverture de om, 1 >» l’in- tervalle entre le satellite et la planète était complètement noir.

"

La même expérience a été répétée dans des conditions bien différentes des précédentes; à la plaque représentative placée à

l’extrémité nord de notre grande chambre noire, j’ai substitué : io Un ensemble de deux sphères moulées en albâtre, l’une fixe,

de o"Bo4 de diamètre, l’autre mobile, de om, 003 de diamètre; sur

cet ensemble, on projetait soit la lumière d’une lampe Drum- mond, soit celle d’un régulateur électrique Foucault. Or, dès que la distance des deux sphères devient inférieure à omlll, 5, soit, en temps, deux minutes environ du contact, on reconnaît que, dans les deux cas, mais beaucoup plus fortement dans le second, on

voit se former un lig’ament lumineux croissant de dimensions

angulaires et d’intensité à mesure que la distance angulaire des

deux boules diminue.

2° Un ensemble de deux disques de même substance, taillés en biseau, l’un fixe, de o"Bo4 de diamètre, l’autre mobile, de om,003

ou o, 002 de diamètre, qu’on observait aux mêmes distances que les sphères en les éclairant de la même manière. Le ligament lLC-

mineux étai t plus visible encore que précédemment, et ses di-

mensions angulaires croissaient également lorsque la distance des deux disques diminuait.

Qu’on emploie des sphères ou des disques, le ligament aug-

mente d’ailleurs d’intensité relative et d’étendue dès qu’on réduit

par un diaphragme l’ouverture de la lunette d’observation.

Le phénomène suit donc absolument les mêmes lois, soit avec

des sphères ou des disques éclairés par réflexion, soit avec une

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ouverture en verre dépoli éclairée par transparence ; et comme,

avec ce dernier mode expérimental, la constance de 1"éclaiien>ent

est beaucoup plus facile à obtenir, c’est lni que j’ai adopté pour l’étude photographique du phénomène, étude dans laquelle j’ai

été aidé par :1B1. Le Ca de t.

En laissant constante l’intensité lumineuse de la source, on a

fait varier, d’une part, la durée de pose et, d’autre part, l’ouver-

ture de l’ins tru m en t en1ployé; on a reconnu ainsi que l’intensité et les dimensions angulaires du lig’aJJlent Zc~mir2eux aogmentaient

avec la durée de pose, et aussi bien, toutes choses égales cl’ail- leurs, quand on diminuait l’ouverture de l’objectif photogra- phique.

Ces résultats sont, comme on le voit, tout à fait analogues à

ceux que M. Angot et moi avons obtenus autrefois dans l’étude des passages de Vénus et de Mercure sur le disque du Soleil : ils

comportent, d’ailleurs, le même genre d’explication ; et les règles générales qui donnent l’éclairement aux différents points des images formées dans le plan focal de la lunette rendent aisément compte de ces apparences. En effet, si, en un point de l’intervalle

qui sépare les images géométriques des deux disques lumineux voisines, on place l’axe du solide de dt~i°ccctzon qui correspond à

l’ouverture de l’instrument employée les cylindres normaux à ces images géométriques empiéteront sur le solide dès que la distance

angulaire de leurs bases deviendra comparable aux dimensions angulaires du solide lui-même.

L’intensité lumineuse de la bande de diffraction qui forme le

bord ordinaire de Jupiter se trouvera donc accrue en ces points

de tout ce qui correspond à la portion du solide de diffraction

comprise dans l’image géométrique du satellite ; il en résulte alors,

entre Jupiter et le satellite, une liaison lumineuse, un véritaj~l~~

li~wn2ent llllninellx) dont l’intensité et les dimensions croîtront

au fur et à mesure qu’on s’approchera du contact géométrique, et

aussi à mesure que, l’ouverture de l’instrument diminuant, les

dimensions angulaires du solide de dt~’nactiom iront en aug-

men tant.

Mais il y a plus, ces expériences photographiques nous ont

encore permis de rendre visibles les moyens que la théorie des

phénomènes de diffraction suggère pour éviter la cause d’errcur

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que nous éludions ici. Ils consistent, à placer en avant de l’objectif

des écrans de forme déterminée, destinés à changer la figure et les

dimensions du solicle cle cl~~i~~zctio« correspondant à la lunette

employée.

Un écran composé d’un nombre convenable d’anneaux concen-

triques, d’égale épaisseur et alternativement pleins et vides, di-

minue encore ici considérablement le Iigan1ent de diffraction ;

mats on obtient des résultats plus nets avec certaines toiles mé-

talliques serrées. Celle que nous avons employées est faite de fils de omm, i d’épaisseur moyenne, fixés perpendiculairement les uns

aux autres à onltll, 2 de distance environ, et laisse, en conséquence,

passer les deux tiers de la lumière qu’elle reçoit. Placé contre l’objectif de notre lunette de Biette, un pareil écran ne laisse plus subsister, pour l’oeil et dans l’icuage principale, que des traces très faibles de ligament.

La démonstration photographique de cette propriété est facile:

si l’on prend des épreuves de notre lame représentative, d’une

part avec l’objectif de la lunette photographique réduit à o"’, 06~

d’ouverture et une durée de pose de quarante-cinq secondes,

d’autre part, avec la rnême ouverture et une durée de pose de neuf minutes ; mais, en plaçant en avant t de l’objectif’ un écran

formé par ladite toile métallique, on trouve que les dimensions

angulaires et les intensités relatives du lig-ameizt sont sensible-

ment les mêlnes dans les deux cas et toujours faibles, même à la plus petite distance (omm, 1) du contact. Or, si la toile métallique

n’avait agi qu’en diminuant l’étendue de la surface qui reçoit la lumière., le même résultat eût été obtenu avec une durée de pose d’environ une minute dix secondes, c’est-à-dire huit fois moindre,.

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