PanaMaths Novembre 2017
Soit E un K- espace vectoriel de dimension finie.
Soit H et K deux sous-espaces vectoriels supplémentaires de E et
( e e
1,
2,..., e
k) une base de K.
1. Montrer que : ∀ ∈ a H, K
a= Vect ( e
1+ a e ,
2+ a , ..., e
k+ a ) est un supplémentaire de H dans E.
2. Montrer que : ∀ ( ) a b , ∈ H ,
2a ≠ ⇒ b K
a≠ K
b.
Analyse
Un exercice qui illustre spectaculairement le fait qu’un supplémentaire n’est en rien unique et qui donne, plus spécifiquement, un moyen simple d’en « fabriquer » autant qu’on le souhaite ! On utilise plusieurs fois le fait qu’un sous-espace vectoriel et un supplémentaire de cet espace admettent une intersection réduite au vecteur nul.
Résolution
Question 1.
Soit a∈H.
Dans un premier temps, montrons que l’on a : H∩Ka =
{ }
0E .Soit x∈H∩Ka.
Comme Ka =Vect
(
e1+a e, 2+a, ...,ek +a)
alors il existe k scalaires α α1, 2, ...,αk tels que :( ) ( ) ( )
1 1 2 2 ... k k
x=
α
e +a +α
e +a + +α
e +aOn en tire : x−
( α α
1+ 2+ +...α
k)
a=α
1 1e +α
2 2e + +...α
k ke .Comme x et a sont deux vecteurs de H, il en va de même pour la combinaison linéaire
(
1 2 ... k)
x−
α α
+ + +α
a et donc pour le vecteur α1 1e +α2 2e + +... αk ke . Mais ce dernier est une combinaison linéaire des ei et est donc un vecteur de K.PanaMaths Novembre 2017
Ainsi, on en tire que α1 1e +α2 2e + +... αk ke appartient à H∩K.
Or H et K sont supplémentaires dans E. Leur intersection est donc réduite au vecteur nul.
On a donc :
α
1 1e +α
2 2e + +...α
k ke =0E.Mais comme
(
e e1, 2, ...,ek)
est une base de K, l’égalitéα
1 1e +α
2 2e + +...α
k ke =0E entraîne1 2 ... k 0
α α= = =α = .
Il vient finalement : x=α1
(
e1+a)
+α2(
e2+a)
+ +... αk(
ek +a)
=0E. On a bien : H∩Ka ={ }
0E .Il convient maintenant de montrer que l’on a : H+Ka =E
Soit x un vecteur de E.
Comme H⊕ =K E, il existe un unique couple
(
xH,xK)
de H K× tel que x=xH+xK. Il existe également un unique k-uplet de scalaires α α1, 2, ...,αk tels queK 1 1 2 2 ... k k
x =αe +α e + +α e .
On a donc : x=xH+xK =xH+α1 1e +α2 2e + +... αk ke . Il vient alors :
( ) ( ) ( )
( ) ( ) ( ) ( )
H 1 1 2 2
H 1 1 2 2 1 2
H 1 2 1 1 2 2
H K
...
... ...
... ...
a k k
k k k
k k k
x x e e e
x e a e a e a a a a
x a e a e a e a
α α α
α α α α α α
α α α α α α
∈ ∈
= + + + +
= + + + + + + + − − − −
=⎡⎣ − + + + ⎤ ⎡⎦ ⎣+ + + + + + + ⎤⎦
On a ainsi décomposé le vecteur x en la somme d’un vecteur de H et d’un vecteur de Ka. On a bien : H+Ka =E.
En définitive : H⊕Ka =E.
Le résultat étant obtenu pour n’importe quel vecteur a de E, on en conclut finalement :
Pour tout vecteur a de E, Ka est un supplémentaire de H dans E.
Remarque :
Pour la deuxième partie de la démonstration, comme la famille
{
e1+a e, 2+a, ...,ek +a}
comporte k=dim K vecteurs, on pouvait également montrer qu’il s’agissait d’une famille libre et, de fait, d’une base de Ka. E étant de dimension finie, on concluait à l’identique.
PanaMaths Novembre 2017 Question 2.
Nous allons en fait montrer ici la contraposée.
Soit donc a et b deux vecteurs de H.
Nous supposons : Ka =Kb, c'est-à-dire
(
1 2) (
1 2)
Vect e +a e, +a, ...,ek +a =Vect e +b e, +b, ...,ek +b
Soit Kx∈ a alors il existe k scalaires α α1, 2, ...,αk tels que :
( ) ( ) ( )
1 1 2 2 ... k k
x=
α
e +a +α
e +a + +α
e +aComme Ka =Kb, on a aussi x∈Kb alors il existe k scalaires β β1, 2, ...,βk tels que :
( ) ( ) ( )
1 1 2 2 ... k k
x=
β
e +a +β
e +a + +β
e +aOn a donc :
( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( )
1 1 2 2 ... k k 1 1 2 2 ... k k
x=
α
e +a +α
e +a + +α
e +a =β
e +a +β
e +a + +β
e +aD’où :
(
α β1− 1)
e1+(
α2−β2)
e2+ +...(
αk −βk)
ek = −(
α α1+ 2+ +... αk) (
a+ β β1+ 2+ +... βk)
b On a :( α β
1− 1)
e1+( α
2−β
2)
e2+ +...( α
k −β
k)
ek∈K et(
α α1 2 ... αk) (
a β β1 2 ... βk)
b H− + + + + + + + ∈ .
Comme H⊕ =K E, on en déduit :
(
α β1− 1)
e1+(
α2−β2)
e2+ +...(
αk −βk)
ek = −(
α α1+ 2+ +... αk) (
a+ β β1+ 2+ +... βk)
b =0 Comme(
e e1, 2, ...,ek)
est une base de K, l’égalité(
α β1− 1)
e1+(
α2−β2)
e2+ +...(
αk −βk)
ek =0E entraîne α β α1− 1= 2−β2 =αk −βk =0 et on a donc :(
α α1+ 2+ +... αk) (
b−a)
=0.Le vecteur x ayant été choisi quelconque dans Ka, cette égalité est valable pour tout k-uplet
( α α
1, 2, ...,α
k)
. Il en découle a=b. Finalement : Ka =Kb⇒ =a b. On a bien :Ka Kb a≠ ⇒b ≠