A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
G. K OENIGS
Sur l’emploi de certaines formes quadratiques en géométrie
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 1, no2 (1887), p. E13-E43
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1887_1_1_2_E13_0>
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SUR L’EMPLOI
DE CERTAINES FORMES QUADRATIQUES EN GÉOMÉTRIE,
PAR M. G. KOENIGS.
1. Le
produit
de laplus
courte distance de deux droitespar
le sinus .de leur
angle représente
ce que l’onappelle
leur moment. Si les droitessont infiniment voisines et font
partie
d’unsystème
p fois indéterminé(p
= i, 2, 3 ou4 ),
le moment estégal
àune
formequadratique
des p diffé- rentielles des variablesindépendantes.
Parexemple,
s’ils’agit
de toutes lesdroites de
l’espace, et
que l’on aitadopté
les coordonnéesa, b, ~p,
q de ladroite,
tellesqu’en
coordonnéesponctuelles rectangulaires
la droite soitreprésentée
par leséquations
,le moment élémentaire aura pour
expression
Dans le cas des droites d’un
complexe,
a,b,
p, q deviennent des fonc- tions de troisparamètres
u, , u.,, U3 et le moment élémentaire est alors une certaine formequadratique
ternaire des différentiellesdu" du;,.
Onaura
Le
discriminant
de cette formequadratique joue
un rôleimportant, désignons-le
parA,
Les droites
singulières
ducomplexe
sont celles pourlesquelles
a lieuE.I4
l’équation
M. Klein
(’ )
a montré que la condition nécessaire et suffisante pour que les droites d’uncomplexe
soient toutestangentes
à une mêmesurface,
c’estque toutes les
droites
de cecomplexe
aient les caractères de droitessingu-
lières. Il suit de là
qu’il
faut et il suffit que l’on aitidentiquement
pour que le
complexe
soit formé detangentes
à une surface.Avant M.
Klein,
y M.Cayley (2)
avait rencontré cette condition dans l’étude dusystème
des sécantes d’unecourbe;
mais c’est M. Kleinqui
a, lepremier,
reconnu toute lagénéralité
de cette condition.Dans deux Notes
présentées aux Comptes
rendus des séances de l’Aca- démie des Sciences enI885, je
me suisoccupé
de cette mêmequestion,
en me
proposant
surtout de rechercher cequ’il
fautajouter
à la conditionCayley-Klein
pour que lecomplexe
soit formé des sécantes d’une courbe.L’objet
de ce travail est de donner avecplus
dedéveloppements
queje
nepouvais
le faire auxComptes
rendus la solution de ceproblème,
et d’indi-quer en même
temps
leparti
que l’onpeut
tirer de ces résultats pourquelques
recherchesgénérales (~).
I. - Les
formcs quadratiques
ternaires de discriminant nul.2. D’éminents
géomètres
se sontoccupés
des formesquadratiques,
maistous inscrivent en tête de leurs recherches que
le
discriminant de la forme n’est pasidentiquement
nul. Il y a tout lieu de croirecependant
que ce casest loin d’être
dépourvu d’intérêt, et j’espère
en fournir unexemple
dans lecas le
plus simple.
’
Si le
complexe
de droites que l’on considère est formé destangentes
àune
surface, A
estnul,
etréciproquement.
J’admets ici ce théorème fré-(1) Mathematische Annalen, t.V.- Ueber gewisse in der Liniengeometrie auftretende Diflerentialgleichungen.
(2) Quarterly Journal, t. III.
(3) On trouvera encore une démonstration du théorème de M. Klein dans mon Mémoire : : Sur les propriétés infinitésimales de l’espace réglé (Annales de l’École Normale supé-
rieure, 2e série, t. XI ). -
quemment
démontré et pourlequel j’ai déjà indiqué plusieurs
citations.Le moment élémentaire est donc une forme
quadratique
ternaire de discri- . minant nul. Pour éclaircir laquestion, je
crois donc utiled’esquisser rapidement
un essai de théorie de cesformes,
pourindiquer
ensuite laplace qu’occupe parmi
elles le moment élémentaire d’uncomplexe singulier..
3. Dire que le discriminant de
NI (du)
estnul,
c’est dire que cette formeest le
produit
de deux facteurs linéairesoù l’on a
Je ferai successivement les deux
hypothèses
suivantes :1 ° Les formes a) et 00’ admettent toutes deux un facteur
intégrant;
2°
L’une,
aumoins,
de ces deux formes n’admet pas de facteur d’inté-grabilité.
~
Dans le
premier
cas, onpeut
poser, enappelant ~,
p,~, ~ quatre
fonc-tions convenables
de
u, , , U2, Us,d’où
Si q est une
simple
fonctionde %,
on a doncoù g et 03BE
sont deux fonctions convenables de u1, u2, u3.Si 11
ne se réduit pas à unesimple
fonctionde
on asont trois fonctions
convenables
des u.’
Cette
première hypothèse
conduitdonc,
par unchangement
de variablesindépendantes,
à deuxtypes canoniques
irréductibles et distincts«(X) et (~)..
4.
Le
second casexige
une discussionplus approfondie,
Puisque
a) et 00’ ne sont pas tous les deuxintégrables
parmultiplication,
ysupposons, pour fixer les
idées,
que M’ne le soit pas, et formonsl’expression
Il est
toujours possible
dedéterminer p,
de sorte que cetteexpression
ad-mette un facteur
intégrant,
c’est-à-dire de telle sortequ’il
existe deux fonc- tionsconvenables 03BB et §
donnant lieu à l’identitéLa condition bien connue
d’intégrabilité
nous fournitimmédiatement
l’équation
en p ..en
faisant,
pourabréger,
On
vérifie
aussique 03BE
doit satisfairel’équation
qui
n’est autre quel’équation ( 2 ) privée
de second membre.- Cela
posé,
soient p et 03C3 deux solutions différentes del’équation ( 2 );
onaura les deux identités
où
X,
p,(,
q sontquatre
fonctions convenables.J’ajoute
que(
et q nepeuvent
êtrefonctions
l’une del’autre,
et quc lcquotient 03BB nc peut
être une simple fonction
de §
el .q.
En
effet,
des deux identités ci-dessus on déduitsi l’on
avait Y] = f ( ~~,
on auraitet, comme
(p - cr)
n’est pasnul,
o/ admettrait un facteurintégrant,
cequi
est contre
l’hypothèse.
’
.
Supposons
de même que l’on eût -on en déduirait
et, comme
l’expression ?((; q) d§ - dq admet toujours
un facteur inté-grant,
il en serait de même pour m’..Ainsi,
pourvu quc p. ct J soient dcs solutions distinctes del’équation ( 2 )
,lcs trois
fonctions
suivantes de u, , u2, u3, à savoir :(,
q,03BB
, sont indé-pendantes
entre elles.Nous poserons
et nous
prendrons
pour nouvelles variablesindépendantes ~, ~, ~.
Des relations
on tirera a) et o/ :
d’où
5. Ici
encore je distinguerai
deux cas, selon que o estintégrable
par mul-tiplication
ou non..
1 ° Si w admet un facteur
intégrant,
laquantité 6((o)
estnulle,
etl’équa-
tion
(2)
admet la solution p = o. Enadoptant
alors cettesolution,
on ob-tient le
type
réduitoù g
est une fonction convenable des variablesindépendantes 1,
Y]?~.
~
2° Si (J) n’admet pas de facteur
intégrant,
p nepourra jamais
êtrenul,
et, en
posant
on aura le
type
réduitoù g~
et T sont deux fonctionsconvenables
des variablesindépendantes (,
11,
~;
deplus, ï dépend
effectivementde §
et ne se réduit pas à unesimple
fonction
de (,
q. Aufond,
ilimporte
peu que l’onprenne §, r~, ~ ou §,
7), T pour variablesindépendantes ;
nous verronsplus
loin que cequi
caractérisesurtout le
type général (S),
c’est la forme de la relationqui lie ~,
YI,r, ~
relation
qui
contientnécessairement (
et T.6. Avant d’aller
plus loin, je
m’arrêterai un instant surl’équation (2)
dont la forme
rappelle
untype
bien connud’équations
aux dérivées ordi-naires du
premier
ordre.Considérons d’une
façon générale l’équation
aux dérivéespartielles
où
V f, V2,
...,Vn, A, B,
C sont des fonctions données de n variables in-dépendantes
u" u.~, ..., un.Je dis que le
rapport anharmonique
dequatre
solutions del’équa-
tion
(e)
est une solution del’équation
sans second membreEn
effet,
on a, enappelant Ã,
UL, v, pquatre
fonctions distinctesquel-
conques, _
Posons,
pourabréger,
on trouve,
après multiplication
parVi
etsommation,
Maintenant,
sia,
p, v, p sontquatre
solutions del’équation (e),
on ale déterminant est nul et, par
suite,
ce qui
démontre le théorème.Si,
en.particulier,
on suppose n = i, on al’équation
de Riccati ordinairel’équation
sans second membre estet l’on retrouve ce théorème bien connu, que le
rapport anharmonique
dequatre
solutions del’équation
de Riccati est unesolution
del’équation
= o, c’est-à-dire une constante.
’
On sait
l’usage
que l’on fait de ce théorème pourl’intégration
del’équa-
tion de Riccati. Une utilité toute
pareille
se retrouve dans le casplus gé-
néral que
j’ai
considéré. ,Soient,
eneffet, ~,
v troissolutions
del’équation (e)
et P lasolution générale ; la
fonctionsera la solution
générale
del’équation
sans second membre. On aura donc P sous la formeoù R
est la solutiongénérale
del’équation
sans second membre.Or,
si~,,
~~
...,~"_,
sont(in - i)
solutionsparticulières indépendantes
del’équa-
tion
(c’),
on aura’
,
’
où
/ représente
une fonctionarbitraire ; ainsi,
finalement P sera de la formeoù a, b,
c, e sontquatre
fonctionsdéterminées, et f une
fonction arbitraire de(Il 2014 iB
fonctions connues. On connaît ainsi la forme souslaquelle
lafonction arbitraire entre dans
l’expression
de P.Remarquons
que,si,
outre les trois solutionsX,
p., v, on en connaissaitencore
( n - I ),
r, , ..., , fournissant( n - I ) fonctions ( indépen-
dantes
on
pourrait
écrire immédiatementl’intégrale.
’
’
L’intégrale générale
del’équation (c)
se déduit donc de( n
+2)
solu-tions
particulières,
convenables de cetteéquation,
ou bien de trois solutionsparticulières
et de(n - I)
solutionsparticulières indépendantes
del’équa-
tion sans second membre.
Mais notre
objet
n’est pas d’insister sur cettequestion qui
donne lieu.
encore à
plusieurs
extensions despropriétés
del’équation
deRiccati,
etje
reviens au
sujet qui
nous occupe, la classification des formesquadratiques
ternaires de
discriminant
nul.7. J’ai
déjà
dit que la forme de la relationqui lie ~, ~, ~, r joue
un rôleessentiel dans cette classification.
Pour s’en rendre
compte,
il suffit d’étudier la transformationqui permet
de passer d’untype
réduit à une autreexpression
du mêmetype.
Supposons
que, par un choix convenablede §,
Y),~,
r, on ait trouvé d’abordpuis,
d’une autrefaçon, .
D’abord, comme 1, ~, 1’, ~’ vérifient,
toutes lesquatre, l’équation
et
Yj sontindépendantes,
aussi bienque 1;’ et 7]’,
il fautque 1’ et Yj’
soient de
simples
fonctions . ’et, de
plus,
ledéterminant
fonctionneldoit être
dif férent
de zéro. ’Reste à savoir
comment 1’,
~’dépendent de ~, ~, ~, ~
et,enfin,
commentse trouve transformée la relation existant
entre §,
Y],~,
T.On a
identiquement,
enremplaçant par
leurexpression
en fonc-tion
de d~
etd~,
En
comparant
avec lapremière forme,
on a doncou, autrement,
On doit remarquer, d’autre
part,
que l’on aaussi identiquement,
enadoptant
lesigne §
desvariations,
’
On
peut
donc énoncer laproposition
suivante: :La
quantité l’
se déduit de(,
ct laquantité
T’ se déduit de T pa; lamême formule qui fournit £(ù en fonction
dC ?(
.
On
peut
dire que les troisquantités (,
T et03B4n 03B403BE
sontcogrédientes,
car ellessont transformées par la même substitution
cette substitution est entièrement définie dès que l’on connaît
l’expression
de
~, Yj’
à l’aidede [,
7). ..8.
Reportons-nous
maintenant à la relationqui lie ~, r~, ~, ~.
Onaperçoit
tout de suite que, si cette relation est
algébrique
et dudegré
n, parexemple,
par
rapport à ~
et Tpris séparément,
le passage d’untype
normal à unautre n’altérera pas ce caractère. En
effet,
lesformules (/’)
sont linéairesen (
et T. Mais il y aplus,
elles sont les mêmes pour ces deuxquantités, et,
par
conséquent,
si la relationqui
lie~,
Y],~, ~
estsymétrique en (
et T, cecaractère subsistera encore à travers le passage d’un
type
normal à l’autre.’ Un cas
simple
etimportant,
c’est celui où la relation affecte la forme d’unehomographie
involutive et est, parconséquent,
Je me suis
permis,
dans ma Note àl’Académie, d’attribuer
à ces formesspéciales
le nom de formes linéo-involulives.9. Une forme sera donc linéo-involutive
lorsqu’on
pourra la ramener autype
où
Y],~,
T sont liés parl’équation
L,
étant trois fonctionsquelconques de (,
Yj. -‘
Je vais montrer tout d’abord que les formes
linéo-involutiçes
sont sus-ceptibles
d’une réduction à untype plus simple. Quel
que soit lesystème
des variables normales
adopté,
letype
del’équation (F)
subsistetoujours,
mais
on peut toujours s’arranger
de sorte que L et N soient nuls.Posons,
eneffet,
l’équation (F) devient,
enappliquant
les formulesf ~
oi~ l’on a
Il est
impossible
d’avoir à la foiscar le déterminant des trois
équations
linéaireshomogènes
enL, M,
N que l’on obtiendrait ainsi est le carré du déterminant fonctionnel .qui
est essentiellement différent de zéro. Mais onpeut déterminer
et’f,
desorte que l’on ait
- . --.
En
effet, l’équation
se
décompose
dans les deuxéquations
chacune d’elles admet une
intégrale ; soient ~ et ,§
les deuxintégrales
que l’on obtientainsi,
il suffira deprendre
Les
fonctions ? et §
sontindépendantes
entre elles tant quel’expression
n’est pas
identiquement
nulle.Mais,
dans ce cas,l’équation (F)
se décom-pose en deux
facteurs,
car on aidentiquement
Ce cas
limite, qui
donne T = fonctionde §
et de Y], revient au casdéjà étudié,
où l’un des facteurs de la forme est
intégrable.
°
En excluant donc ce cas
qui
est relatif à un autretype réduit,
nous voyons que l’onpeut toujours
faire en sorte, ct d’unc sculcfaçon,
que L et N.soient
nuls,
tandis que l~r reste essentiellement différent de zéro. La rela- tion( F) prend
alors la forme trèssimple
en sorte que le
type
réduit desformes
linéo-involutives est définitivement le suivant :où g
est une fonctionquelconque
des variablesindépendantes 1,
r~,~.
10. Les formes
linéo-involutives
vont sereprésenter
dans la suite. Onvient de voir que certains cas limites de ces formes étaient
rangés
dans untype
réduitprécédemment
défini. Il convient de ne passéparer trop
abso- lument ces cas limites du casgénéral.
Et nous admettrons troistypes
deformes
linéo-inçolutiçes,
ainsi définis : Premiertype (type général),
Deuxième type (type limite),
Troisième type (autre type limite),
Le deuxième
type
n’est autre que letype général
des formesayant
unfac-
teur
intégrable;
letroisième,
letype général
des formes dont les deuxfacteurs
sontintégrables.
’On remarquera que,
dans cette classification,
la forme dumultiplicateur g
est
indifférente,
et que cemultiplicateur n’intervient
aucunement.II. -
Étude
du moment élémentaire d’uncomplexe singulier.
IL
Supposons qu’un complexe
soit formé destangentes
d’unesurface,
et cherchons
l’expression
du moment élémentaire relatif à cecomplexe.
Soient x, y, z
les coordonnéesrectangulaires
d’unpoint
de lasurface, exprimées
en fonction de deuxparamètres
q, et posonset de même pour y, z. Une
tangente quelconque
à la surface pourra êtrereprésentée
par leséquations
’Les variables
( ~, 1)
fixent lepoint
où latangente
touche lasurface,
et À dé-termine son orientation dans le
plan tangent.
Si l’on
adopte
leséquations
d’une droite sous la formele moment élémentaire affecte la forme
On a ici
d’où,
enposant
on
peut
doncprendre
d’où résultera
avec la relation
Le moment élémentaire d’un
complexe singulier appartient
donc autype
des formes linéo-involutives.Supposons,
enparticulier,
que l’on aitchoisi §,
7j, defaçon
à avoiralors les
courbes §
=const., 11
= const. sont leslignes asymptotiques.
Avecce choix de
variables,
le moment Mprend
la forme réduitecar on a, dans ce cas,
Donc
:En
général,
le moment élémentaire d’uncomplexe singulier
est uncforme linéo-inçolutiçe,
et la réduction autype
normalcoïncide avcc la détermination dcs
ligncs asymptotiques
de lasurface
enveloppe
dcs droites ducomplexe.
Les
tangentes
à ceslignes
sontreprésentées
dans lecomplexe
par leséquations
~’
respectivement
pour chacune des deux séries.12. Ce résultat a une
explication géométrique
trèssimple.
Nous avonstrouvé,
eneffet,
.Or,
si l’on veutengendrer
unedéveloppable
dans lecomplexe,
il faut établirentre
ç, Y], ~
deuxéquations,
en vertudesquelles
M soit nul. Celapeut
avoirlieu de deux
manières,
selonque ( d03BE 2014 d~
est nul ou quec’est,
au con-traire, 03B6d03BE + dYJ qui
s’évanouit.Supposons
d’abord que l’on ait .cette
équation exprime
que lepoint
de contact sedéplace
dans la directionde la
tangente elle-même,
et l’on a, parconséquent,
unedéveloppable
dontl’arête de rebroussement est tracée sur la surface.
Supposons,
aucontraire,
que l’autre facteur soitnul,
.si l’on a
égard
à ceque (
= const. sont leslignes asymptotiques,
cette
équation exprime
que lepoint
decontact se déplace
suivant la direc- tionconjuguée
de latangente
considérée. On adonc,
dans ce cas, une déve-loppable
circonscrite à lasurface.
Ainsi,
dans le moment élémentaire d’uncomplexe singulier,
chacun desfacteurs linéaires de la forme a sa
signification
propre. Il y a deux sortesde
développables
formées destangentes
de lasurface,
et chacun de ces fac-teurs s’annule pour les
développables
de l’une de ces deux séries.,
Mais il est des
développables qui
fontpartie
à la fois de ces deuxséries
de
développables :
ce sont lesdéveloppables
dont les arêtes sont leslignes
asymptotiques
de la surface. Suivant cesdéveloppables,
les deux facteurs de la forme doivent s’évanouir à lafois,
et c’est ce que l’onréalise,
soit enprenant
’
’ -
soit en
prenant
La solution
d~
= o,dYJ =
o fournirait seulement lesystème
destangentes
à la surface en l’un de ses
points.
13. Tout ce
qui précède
estlégitime
tant que leslignes asymptotiques
de la surface
enveloppe
sontdistinctes ;
si ellescoïncident,
les résultatspré-
. cédents sont notablement modifiés. La surface
enveloppe
est alors déve-loppable. Supposons que ~ = const. représente
lesgénératrices rectilignes;
alors on aura, comme on
sait,
et le moment élémentaire
prendra
la formeOn reconnaît là le second
type
desformes
linéo-involutives.L’équation §
= const.représente
toutes les droites situées dans l’un des. plans tangents
de ladéveloppable. L’équation
représente,
aucontraire,
lesystème
desdéveloppables
dont les arêtes sontdes courbes tracées sur la surface. Les
développables
du secondsystème,
c’est-à-dire circonscrites à la
surface,
n’existentplus
dans ce cas, ouplutôt
elles
dégénèrent
en dessystèmes plans
delignes
droites.14. Une
singularité
nepeut
seprésenter
dans lagéométrie
de laligne droite,
sans que lasingularité réciproque
se montre aussitôt. Nousallons,
en
effet,
trouver dessystèmes réglés réciproques
desprécédents,
et offrantles
particularités qui correspondent dualistiquement
à celles que nous ve-nons de rencontrer.
,
"
Supposons qu’un complexe
soit formé des droitesqui
rencontrent unecourbe
fixe ;
on pourrareprésenter
une droitequelconque
de cecomplexe
par les
équations , .
.
sont les coordonnées d’un
point quelconque
M de lacourbe,
fonc-tions d’un
paramètre §,
et a, b deuxparamètres qui
fixentl’orientation
de la droite.On aura, pour le moment
élémentaire,
ce
qui
s’écrit encore, en faisantIci encore l’un des deux facteurs est
intégrable.
.L’équation §
= const.représente,
dans lecomplexe,
les droitesqui
pas-sent par un même
point
de la courbe. Aucontraire, l’équation
représentera
lesystème
desdéveloppables
circonscrites à la courbeconsi-
dérée . Dans ce cas, le
premier système
desdéveloppables
n’existeplus,
ou ...plutôt dégénère
en desgerbes
de droites dont les sommets sont lespoints
"de la courbe directrice.
...]"
En
résumé,
le moment aiïecte le secondtype
dans deux cas : siFenve- . loppe
ducomplexe
est unedéveloppable,
ou bien si cetteenveloppe
est./.
une courbe. Le moment est alors de la forme . .
~
ou
peut
être ramené à cette forme. Dans lepremier
cas,Inéquation ~
== const.convient à toutes les droites d’un
plan,
et ladéveloppable est l’enveloppe de
ce
plan.
Dans le second cas,l’équation 03BE = const.
convient à toutesdroites issues d’un
point,
et le lieu de cepoint
est la courbe directrice.distinguer
les deux cas, une fois que l’on aura ramené le moment autype
il suffira donc
d’interpréter l’équation §
= const.15.
Signalons
enfin un dernier cas,qui
est une limite commune à tous lescas
précédemment
considérés. Eneffet,
uneenveloppe
deplans,
tout aussibien
qu’un
lieu depoints, peut
se réduire à uneligne droite ;
on obtientdonc comme cas limite le
système
des droitesqui
encoupent
une autre. Ilnous suffit évidemment d’étudier ce cas limite comme une
dégénérescence
de celui où toutes les droites du
complexe coupent
une courbe fixe ..Dans cette
hypothèse,
nous avons trouvé pour lemoment
la formeIl
peut
arriver que le facteursoit
intégrable.
Il faut et ilsuffit,
pourcela,
que lequotient
ne
dépende
pas cequi exige
que~7
et~
soient des constantes. Si Fon pose’
on trouve, par
intégration,
où TT
et x
sont deux nouvelles constantes, et la courbe directrice est uneligne
droite. Le momentélémentaire devient,
dans cettehypothèse,
en pre-nant
pour §
le z dupoint
de rencontre avec la directriceLes deux
facteurs,
danslesquels
le moment sedécompose,
sont, commeon l’a
dit, intégrables. L’équation
.représente
les droitesqui
ont un mêmepoint
commun avec la droite direc-trice ;
aucontraire, l’équation
représente
cellesqui
ont, avec cettedroite,
un mêmeplan
en commun.16. En énumérant tous les cas
possibles
que nous avonsrencontrés,
nouspouvons donc former le
Tableau
suivant :la Les droites du
complexe singulier
touchent une surfacequelconque (c’est-à-dire
nondéveloppable,
nidégénérée
en unecourbe);
alors le mo-ment
appartient
autype général
des formeslinéo-involutives,
et la réduc-tion de ce moment au
type canonique
réduit’
coïncide avec la détermination des
lignes asymptotiques
de la surface enve-loppe.
Lequotient £
nesaurait, dans
ce cas, se réduire à unesimple
fonc-tion
de (,
Yj. , ,Les
lignes asymptotiques~ont
définies dans lecomplexe
par leséquations
z° Les droites du
complexe
touchent toutes une même surface déve-loppable
ou rencontrent toutes une courbe directrice( qui
n’est pasune ligne droite).
’
Le moment
appartient
alors au secondtype
des formes linéo-involutives.Un de ses facteurs est
intégrable,
et la formepeut
être ramenée autype
ré-duit
où le
quotient p
nepeut
être unesimple
fonction r.L’équation §
= const.convient,
dans un cas, à toutes les droites d’un mêmeplan,
et,lorsque 1 varie,
ceplan enveloppe
ladéveloppable
direc-trice des droites
du complexe.
Dans l’autre cas,
l’équation 03BE
= const. convient à toutes les droitesqui
passent
par unpoint fixe,
et,lorsque varie,
cepoint
décrit la courbe direc-trice des
droites
ducomplexe.
3°
Enfin,
lecomplexe peut
être formé des droitesqui
rencontrent unedroite fixe. Dans ce cas, le moment a ses deux facteurs
intégrables;
il appar- tient donc au troisièmetype
des formeslinéo-involutives.
Il
peut
être mis sous la formeL’équation §
= const. convient à toutes les droitesqui passent
par un mêmepoint
de ladroite,
y et cepoint
lui-même se meut sur cette droitelorsque §
varie. ’
Au
contraire, l’équation ~
= const. convient à toutes les droites situées dans un mêmeplan
mené par la droitedirectrice,
et,lorsque 7) varie,
leplan
tourne autour de cette droite. -
i7. Telle est donc la
réponse
auproblème
queje
m’étaisproposé. Que
faut-il
ajouter
à la conditionCayley-Klein
pourqu’un complexe
soit formédes sécantes d’une courbe ?
Il f aut et il suffit
quel’un,
aumoins,
desf acteurs,
danslesquels
lemoment élémentaire est
décomposable,
admette unfacteur d’intégra-
bilité.
Je dis il
suffit,
bien que la même conditionimplique
aussi le cas où l’en-veloppe
ducomplexe
est une surfacedéveloppable ;
mais pourqui
connaît. la loi de
dualité,
il est clair que ces deux cas nepeuvent
êtreséparés
l’un del’autre,
et, pour lesdiscerner,
on n’aura d’autre ressource, commeje
l’aidit,
qued’interpréter géométriquement l’équation
III. -
Application
auxsurfaces
desingularités
,des
complexes quadratiques.
18.
L’application
des résultats que l’on vient d’obtenir conduit immédia-tement à la détermination des
lignes asymptotiques
de la surface de Kummerdu
quatrième
ordre à seizepoints
doubles. M. Klein(’ )
adéjà
obtenu ceslignes
parl’emploi
des coordonnéeselliptiques
de laligne
droite. C’est doncsurtout comme vérification
que je présente
ici cetteapplication..
Si x t, X2’ ..., X6 sont les six coordonnées
orthogonales
de M. Kleinliées,
comme on
sait,
parl’équation
les
complexes
du seconddegré compris
dansl’équation
où X est un
paramètre arbitraire,
ont même surface desingularités.
Cette surface est du
quatrième
ordre et a seizepoints
doubles.Lorsque,
dansl’équation (2),
onregarde
les x commedonnés,
on est enprésence
d’uneéquation
en Xqui
se réduit auquatrième degré,
en vertu dela relation
(1). Soient’~,, ~2, a3, a~
les racines de cetteéquation.
Cesquatre
quantités
sont les coordonnéeselliptiques
de laligne
droite introduites par M. Klein.Le moment
élémentaire, qui
est de la forme .avec les six coordonnées
primitives, devient,
avec les nouvellescoordonnées,
( i ) Math. Annalen, t. V, loco citato.
où G est une fonction
qui importe
peu, et.Supposons
que l’on fasseÀ3
=X, .
On définit ainsi uncomplexe;
et il estaisé de voir que ce
complexe
estsingulier.
Enappelant,
eneffet, Go
ce que G devient pourXi
=~~,
on a, pour le moment,’
Le
complexe
est doncsingulier,
et, comme lequotient
ne se réduit pas à une
simple
fonction deÀt, ~2, l’enveloppe
nepeut
êtrequ’une
surface.effective,
et nullement unedéveloppable
ou une courbe.Cette surface est, du reste, la surface de
singularité
descomplexes repré-
sentés par
l’équation (2)
pourchaque
valeur constante de À. Eneffet,
cequi
caractérise les droitessingulières (tangentes
à la surface desingularités),
c’est que l’on
ait,
en mêmetemps
que(2), l’équation
Or
l’équation (3) exprime
que, si l’on se donne une telledroite, l’équa-
tion
( 2 ),
considérée comme uneéquation en Ã,
admet deux racineségales,
et
réciproquement.
Si l’on se
reporte
alors àl’équation (e)
et aux résultats ci-dessusobtenus,
on voit que les
équations
d’une
part,
et, d’autrepart,
(~) En eiTet, ~~ .. ~ ~e) = o est l’équation (Tun complexe, les droites singulières
sont définies par Fëquation
représenteront respectivement
les deux séries detangentes asymptotiques
de la surface de
singularités.
(Test bien là le résultat
élégant
obtenu pour lapremière
fois par àI . Klein. .IV. -
Application
à latransformation
deslignes asymptotiques
en
lignes de
courbure.19. Dans mon
Mémoire~ déjà
cité et inséré au Tome XI de la deuxième Série des Annales del’École
montréqu’il
existetoujours
unsystème
de coordonnées de laligne
droitequi
faitprendre
au moment élé-mentaire dans
l’espace
la forme’
où G est un certain facteur dont la forme
importe
peu.Supposons
que l’on soit parvenu à résoudre l’identitéc’est-à-dire à
exprimer
u, , u2, u3, u4, A et B en fonction de trois variablesindépendantes (,
YJ,~,
de sorte que l’identité(I)
ait lieu.Puisque (Ut,
u~, u3,u~) dépendent
de trois variablesseulement,
la droitedont elles
représentent
les coordonnées se meut dans uncomplexe,
et laforme que
prend
le moment de cecomplexe,
en vertu de l’identité(I),
faitvoir que ce
complexe
estsingulier.
De
plus,
en vertu des résultats obtenus dans le cours de cetravail,
leslignes asymptotiques
de la surfaceenveloppe
seront immédiatement connues. .Ainsi, chaque fois qu’on
aura rencontré une solution(entendue,
comm’eil a été
dit)
de l’identité(I),
on aura, par celaseul,
unesurface
sur la-quelle
leslignes asymptotiques
seront connues.Mais l’identité
(I) peut
êtreinterprétée
différemment.Éerivons-la
ainsiRien
n’empêche
desupposer
que l’on apris
pour variables~
Résoudre l’identité
(I)
revient alors à trouver u, , u.,, u3 en fonctionde (,
Y),
~,
defaçon
à avoirSi l’on
regarde
alors Ut, U2’ u3 comme des coordonnéesrectilignes
rec-tangulaires
dansl’espace,
on reconnaîtl’équivalence
de la résolution del’identité (I)
avec la recherche d’un certainsystème
de coordonnées cur-vilignes
faisantprendre
au carré ds2 de l’élément linéaire la formeOn
aperçoit
tout de suite que lescourbes §
=const., 1)
= const. sont desgéodésiques
sur lessurfaces §
= const. et sur lessurfaces 1)
= const. Commeles normales de ces deux surfaces sont à
angle droit,
celaexige
que la nor- maleprincipale
dechaque ligne §
=const. y Yj
= const. soit indéterminée enchaque point, ou
que ceslignes
soient des droites. Lesystème triplement orthogonal
dansl’espace
est alors formé d’unsystème
de surfacesparallèles
et de leurs deux
systèmes
de normaliesdéveloppables.
Onpeut
donc direaussi que, dès que l’on aura trouvé une solution de l’identité
(I),
on auraimmédiatement un
système
desur faces parallèles
danslequel
on con-naîtra les
lignes
de courbure.. Une double
interprétation
de l’identité(I)
nous conduit donc à la remar-quable
relation que M.Sophus
Lie a découverte entre leslignes asympto-
tiques
et leslignes
de courbure. Il n’est pasdifficile,
eneffet,
.de se rendrecompte
que la relation que nous venons de rencontrer revient dans la forme aussi bien que dans le fond à la transformation de contact parlaquelle
M. Lie effectue le passage d’une théorie à l’autre.
. V. - Sur les
complexes singuliers
desphères.
20. Ainsi
que je
l’aiindiqué
dans une Note àl’Académie,
cette transfor-mation de contact
permet
d’étendre tous les résultatsprécédents
aux com-plexes
desphères.
Il est, du reste, facile de traiter laquestion
directement.Adoptons
pour coordonnées d’unesphère
les coordonnéesrectangulaires X, Y,
Z de son centre et lalongueur
H de son rayon. La formedont l’évanouissement