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ARTheque - STEF - ENS Cachan | Stratégies et outils en sciences expérimentales : 5 jours de stage pour interroger les maîtres sur leur pratique quotidienne

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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STRATEGIES ET OUTILS EN SCIENCES EXPERIMENTALES: 5 JOURS DE STAGE POUR INTERROGER LES MAITRES SUR LEUR PRATIQUE QUOTIDIENNE

J.M. BAUMARD J.M. DUGAST

MOTS CLEFS

RESUME

FORMA TlON CONTINUE -PRATIQUES PEDAGOGIQUES: INNOVATION ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE Lors d'une formation-remède essentiellement axée sur les programmes et d'un enseignement des sciences figé et dogmatique , des professeurs-animateurs de sciences naturelles et de sciences physiques de l'enseignement catholique de Maine et Loire, Mayenne et Sarthe1décident de créer un stage de 5 jours en juillet 80 pour questionner les professeurs de collège sur leur pratique et l'enseignement qu'on leur demande de dispenser Trente enseignants suivent ce stage animé durant 2 jours par A. GlORDAN. Les organisateurs vont le reconduire 11 fois.

Progressivement , suite aux évaluations de fin de stage , ils vont affiner contenus, objectifs, démarches et moyens; ce stage, ouvert par la suite aux professeurs du 2nd cycle et aux instituteurs , va devenir une étape importante de sensibilisation des maîtres dans un processus d'innovation en classe.

Cette expérience , cependant , met en évidence les obstacles

à

la "transmission du savoir didactique" et les résistances à la modification des pratiques

(2)

1. LE CONTEXTE

1.1. ~!~~~_!~~~!~~~!~~~~!!~_~~~_~~2~~!~~~~~:~'

Nous sommes professeurs de 1er et/ou 2nd cycle d'établissements catholiques sous contrat d'association;

à

la demande des Directions Diocésaines du département où nous enseignons, nous assurons des tâches d'animation et de conseil pédagogiques (journées d'information, d'échanges, de recyclage, rencontres de professeurs débutants, stages •••

l

Seuls, les auteurs de ce papier - J.H. BAUHARD et J.M. DUGAST - respective-ment animateurs en sciences naturelles et en sciences physiques àlaDDEC4~ sont salariés de cette institution pour une décharge horaire de 2 h par semaine.

Les collègues des autres départements interviennent ponctuellement. 1.2. ~~~_~~~~~!~~:~~~~~~!_~~~:!~:~~!!

Suite à l'introduction des sciences physiques en 1er cycle et

à

la réforme des programmes du 2nd, nous organisons chaque année des stages courts (5 jours) et des journées de formation pour la mise en place de ces pro-granmes.

Compte-tenu de l'échéance scolaire, il est difficilé d'interroger les collègues sur la pratique de l'enseignement des sciences •.• il faut résoudre les problèmes pratiques :

le nouveau programme, le découpage dans le temps, les expériences

à

faire, la mise àniveau etc ..•

Nous sommes fatigués de ce type de formation et parallèlement, nous sen-tons bien que dans les classes, l'enseignement que nous dispensons n'est pas satisfaisant.

Lors d'une rencontre entre animateurs des trois départements, provoquée par J.M. BAUMARD et J.M. OUGAST, nous évoquons ces questions et nous décidons de ne pas reconduire ces types de formation mais de donner la priorité dans les stages

à

une réflexion sur l'enseignement des sciences expérimentales. Ayant lu l'ouvrage d'André GIORDAN "Pour une Pédagogie des Sciences Expérimentales" et J.M. BAUMARD l'ayant rencontré, lors d'une formation de formateurs, nous lui demandons d'intervenir dans un stage de 5 jours.

(3)

1.3. ~~_!~:~!!~~_~~~!!~~~_~~~~_!~~~~~!2~~~~~!_~~!~~'

Depuis 1978, la formation continue des maltres de l'Enseignement Privé est prise en charge par l'Etat et les fonds sont gérés par un organisme na-tional, l'UN A P E C, (Union Nationale pour la Promotion Pédaaoaique et Professionnelle dans l'Enseignement Catholique).

Une partie des fonds permet de financer des formations lourdes (sur un an, par exemple) organisées au niveau national ; une autre partie attribuée

à

chaque établissement, au prorata du nombre de professeurs, permet aux en-seignants de s'inscrire àdes formations légères (5 jours en moyenne sur temps de vacances en général, proposées par des centres de formation, des ODEC •.• , cha~e année, un catalogue est édité au niveau national. Les demandes des enseignants sont-gérées par le Comité d'Entreprise de l'Eta-blissement.

2. LE STAGE 1981

2.1. !~!en!!~~~_~~~_~~!~!~~:~

Il s'agit pour nous d'inciter les collègues

à :

- prendre du recul par rapport

à

leur pratique quotidienne, - confronter cette pratique à d'autres possibles,

- envisager des changements dans leur classe,

l'ensemble étant clairement fondé sur les travaux d'André GIORDAN.

Il comprend essentiellement deux parties

1- "pour une pédagogie des sciences expérimentales" animée par André GIORDAN',

à

partir de documents audio-visuels et écrits ;

2- un travail par thèmes animé par notre équipe pour répondre

à

des préocu-pat ions sectorielles.

2.3. Résultats

---Trente enseignants participent au stage et l'évaluation faite le dernier jour montre qu'ils sont satisfaits de ce stage. Cependant, certains sou-lignent les idées utopistes d'André GIORDAN. Les animateurs, bien sûr, sont également satisfaits de cette première expérience mais ils consta-tent que :

1- des enseignants se sont inscrits sans connaltre le thème exact du stage (lors d'un tour de table en début de stage).

(4)

2- les résistances au changement sont fortes et que les alibis sont nombreux (direction, collègues, inspecteur .•• )

3- se pose le problème de la transmission du savoir didactique, tout comme se pose la transmission d'une discipline.

3. EVOLUTION

Nous avons reconduit ce stage en 1982, 83, 84 et 85.

Globalement, nous n'en avons changé ni l'esprit ni les intentions ini-tiales. Nous l'avons affiné dans tous les domaines, tant du point de vue du contenu, que des méthodes et de la répartition dans le temps, suite à l'évaluation faite par les stagiaires et les formateurs après chaque stage. 3.1. Le titre

De "stage: sciences expérimentales", 11 est devenu "session: stratégies et outils en sciences expérimentales". Cette modification n'est pas de pure forme. Elle traduit notre volonté de ne pas renforcer l'idée d'une pédago-gie-miracle àdes enseignants chercheurs de recettes.

Ces stages, par le catalogue national, s'adressent àtous les professeurs de sciences de France. Cependant, nous centrons la publicité sur les dépar-tements de l'Ouest et la majeure partie des participants provient des Pays de Loire.

Compte-tenu des questions posées, il nous paraissait intéressant de les aborder avec tous ceux qui enseignent les sciences et de provoquer des échanges inter-cycles et interdisciplinaires (ceci n'empêchant pas les travaux en groupe par. discipline ou par niveau d'enseignement). Aussi, dès 1982 l'avons-nous ouvert aux professeurs du 2nd cycle et en 1984, aux instituteurs.

Ce mixage est toujours apparu comme positif, mais force est de constater que les stages ont été davantage fréquentés par les professeurs de 1er cycle.

J.3. ~~_e~~~:~~~

Initialement conçu autour de 2 points se succédant dans le temps : - le matin : 9!9~ÇE!9~~ (les représentations des élèves, la

construc-tion des concepts dans l'histoire des sciences, les rôles du maltre)

(5)

_ l'après-midi : ~~~!!~~~ pour répondre

à

des préocr.upations secto-rielles (initiation

à

une technologie, mise

à

niveau ••• )

~~~~!~~!!~~ d'expériences par les stagiaires ou

les animateurs.

3.4. ~~_~!~~_~~_~!!~~!!~~_~~~_~!~2!~!~~~'

Avant le stage, nous sensibilisons les collègues par un tract d'invitation avec un texte d'explication sur les intentions et le contenu du stage. Lors de la confirmation du stage, outre les modalités pratiques nous re"" prenons contenu, intentions et méthodes.

Durant le stage, le lundi matin est consacré

à

l'accueil et

à

la mise en situation des stagiaires :

- présentation du stage (intentions, contenu, aspects pratiques ••. ) - carrefour autour d'un animateur pour que chaque stagiaire s'exprime

sur sa situation, les raisons de sa présence au stage, ses inter-rogations. Cette phase permet

à

chacun de se situer dans le stage. - projection de documents (film du CNDP, vidéo) présentant des

situa-tions de classes ordinaires et débat sur l'enseignement scientifique sous-jacent. Cette phase permet de dégager suffisamment de qeestions pour que la suite du programme trouve des points d'ancrage.

En effet, nous nous adressons

à

un public qui a un savoir acquis tradition-nellement et un savoir professionnel construit essentiellement sur "le tas" sans référence aux sciences de l'Education (concepts, méthodes, outils ..• ) Les enseignants méconnaissent la psychologie cognitive, la didactique et l 'histoire des sciences.

Aussi, tout apport dans ce domaine, sans éléments de référence, clairement exprimés, et sans démarche d'appropriation tombe

à

"plat" ou bien est systématiquement refusé.

"La transmission du savoir didactique" nécessite donc comme toute autre "transmission de savoir", des situations pédagogiques et des outils adaptes. Aussi, avons-nous été amenés

à

proposer une démarche que l'exemple du

travail sur les représentations illustrera :

- présentation de la notion de représentation, du type de travaux réalisés et des méthodes employées.

(6)

- travail par groupe et par discipline sur des pré-tests et des post-tests empruntés à des recherches effectuées (respiration, photosynthèse, fé-condation, chaleur, électricité)

quelles réponses apporte-t-on soi-même

?

quelles réponses les élèves donnent-ils

?

catégorisation des réponses.

présentation des résultats qualitatifs et quantitatifs. - intervention sur les intérêts pédagogiques des représentations.

Parallèlement, nous avons sélectionné des documents. audiovisuels et écrits et limité leur nombre (au début, les stagiaires étaient submergés). 3.6. Le stage .•• un temps fort de sensibilisation.

Nous avons dû admettre après les deux premiers stages que dans les classes. apparemment, ça ne bougeait pas beaucoup. Certes, ceci n'est pas étonnant les stagiaires revenus dans l'établissement, sont rapidement absorbés par les tâches quotidiennes et les habitudes antérieures. Seul, il n'est pas facile de s'engager dans un processus d'innovation.

C'est pourquoi, nous avons proposé en 1983 :

- des inscriptions de groupe pour les professeurs d'un même établis-sement ;

- un stage 2ème niveau

- la constitution d'équipes post-stages autour de projets en partie élaborés le dernier jour de stage,

- un questionnaire "projets d'innovation" en octobre, - une aide éventuelle

à

ceux qui le souhaitaient.

En~it, ce dispositif n'a pratiquement pas fonctionné: peu de personnes ont répondu aux questionnaires et notre équipe ne disposait pas de moyens financiers et humains pour soutenir réellement les initiatives.

Aussi, avons-nous décidé de structurer notre équipe en créant un Centre d'Etudes de Recherches et d'Echanges en Didactique des Sciences que l'Université Catholique de l'Ou~st, implantée

à

Angers, a accueilli en Octobre 84.

(7)

CONCLUSION

Cette expérience de formation a permis de clarifier les intentions initiales issues d'une pratique de l'enseignementet de làn imation pédagogique. Progres-sivement, les organisateurs ont affiné les questions et surtout la façon de les poser, les bbjectifs, les moyens et les démarches. Ils ont mis au point un ensemble didactique, qu'ils jugent opérationnel, pour interroger les maltres sur l'enseignement des sciences expérimentales et leurs pra-tiques.

Seulement, cette sensibilisation est insuffisante pour voir s'opérer des changements significatifs. Aussi, convient-il de mettre en place des ins-truments et une stratégie pour que des actions d'innovation soient mises en oeuvre et conduites jusqu'à leur terme.

Il convient également de s'interroger sur la "transposition didactique de la didactique" lors des formations de maltres et de prendre en compte les obstacles à la mise en oeuvre de pratiques différentes dans l'ensei-gnement des sciences expérimentales.

Références

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