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L’exostose du surfeur liée aux eaux froides

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Academic year: 2021

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HAL Id: dumas-01845358

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Submitted on 20 Jul 2018

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L’exostose du surfeur liée aux eaux froides

Céleste Lahaye

To cite this version:

Céleste Lahaye. L’exostose du surfeur liée aux eaux froides. Sciences pharmaceutiques. 2018. �dumas-01845358�

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Université de Bordeaux

U.F.R DES SCIENCES PHARMACEUTIQUES

Année 2018

N° 67

Thèse pour l’obtention du

DIPLOME d’ETAT DE DOCTEUR EN PHARMACIE

Présentée et soutenue publiquement

Par Céleste Lahaye

Née le 24 juillet 1993 à HAI DUONG (VIETNAM)

Le 4 juillet 2018 à Bordeaux

L’exostose du surfeur liée aux eaux froides

Directrice de thèse :

Céline Ohayon Courtes

Jury :

Mme Ohayon Courtes (Présidente)

Mme Maria Mamani Matsuda

Mme Emmanuelle Barron

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Remerciements :

Je tiens à remercier ma directrice de thèse Céline Ohayon Courtes, qui a accepté de me soutenir dans ce sujet qui me tenait particulièrement à cœur.

Merci à l’Université de Bordeaux pour m’avoir formée durant ces sept années d’études et ainsi permis de devenir pharmacien.

Plus personnellement, je remercie ma mère : pour TOUT.

Tu m’as donné le goût du bonheur, de la curiosité, une soif d’apprendre chaque jour. Merci pour ton intelligence, ta patience, ta gentillesse sans borne et ton soutien indéfectible. Tu as fait de moi quelqu’un d’heureux et tu m’as donné le goût de la vie en me choisissant et en me ramenant du bout du monde.

Merci à mon père : pour tout le reste, les rires, le bricolage, le goût du voyage mais surtout m’avoir appris que tout est possible si l’on s’en donne les moyens..

Merci infiniment à vous deux, pour votre Amour Inconditionnel.

Mon adoption est une chance inestimable que je chéris chaque jour, grâce à vous.

Merci à ma grand mère Thérèse, pour m’avoir appris le goût de la vie aussi et sourire à celle-ci quoi qu’il arrive, d’avoir grandement contribué à mon équilibre qui fait que je suis heureuse aujourd’hui.

Merci à ma grand mère, Jeannine, d’être là.

Merci à mes ami(es) qui, proches ou éloignés m’ont soutenue et m’ont rendue meilleure chaque jour, je suis fière de vous avoir à mes côtés et j’ai un immense respect pour vous toutes et tous :

Marie, pour tous nos rires et nos délires, nos conversations et chansons fétiches, nos concerts et le plus important : notre amitié,

Claire L., pour ton soutien sans faille, indéfectible, d’avoir ri à toutes mes blagues mêmes les plus nulles, merci pour ta bonne humeur permanente,

Aurélia, pour tout ce que tu es et ce que tu représentes,

Sophie, pour avoir été ma deuxième directrice de thèse, pour avoir été d’un soutien sans faille, tu restes un exemple pour moi en tant que médecin,

Claire T, pour ta gentillesse et ta présence même lointaine qui m’ont poussée à continuer mes études, à découvrir le monde par les voyages et à garder le sourire dans n’importe quel moment,

Catarina, pour toutes nos conversations, nos rires et nos danses, Tintin et autres,

Rodolphe, pour le yoga, le surf et toutes nos conversations qui me permettent de garder les pieds sur terre,

Claire & Damien, pour avoir été là, pour me faire littéralement mourir de rire, d’avoir partagé ce projet avec moi, merci Damien pour ton travail et Claire pour ta bonne humeur si communicative,

Tara & Pierre, pour votre gentillesse et votre amitié, Emilie, pour ta gentillesse et ta bienveillance,

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Angélique & Nina, pour me faire rire à chaque fois que l’on se voit,

La famille Sallaberry pour votre bienveillance et votre générosité, de m’avoir permis de passer les étés les plus agréables possibles et de devenir Pharmacien aujourd’hui.

Merci à Aurélie, Jean, Julie pour m’avoir guidée, orientée tout au long de mes études, je n’aurai pas pu rêver mieux que d’être avec vous durant toutes ces saisons estivales,

Merci à toute l’équipe de la Pharmacie Saint Louis, de répondre à toutes mes interrogations, pour votre patience, votre écoute, votre formation afin que je devienne le pharmacien le plus complet possible !

Merci au Dr Elise Kostrzewa, pour m’avoir guidée et énormément appris durant mes stages hospitaliers, j’espère avoir la même humanité et le même sérieux que le tien plus tard auprès des patients,

Merci au Dr Anne Sophie Adam, pour m’avoir également appris le respect et la bienveillance envers les patients,

Merci à Arthur (pour ta contribution à ma thèse) & Victoire, qui me rendent la vie plus belle quand je les vois,

Merci à tous mes amis du club de surf du Porge et à Charly, qui rendent les sessions de surf encore plus agréables qu’elles ne le sont déjà,

Merci à tous ceux que j’oublie de citer mais qui occupent une place dans mon cœur, Johanna, Adrien, Thibault, Joël, Jérémy, Maud, Robin, Pauline, Julie R, Thomas, Arnaud, Roselyne, Michèle, Jacqueline, Vivianne, Titi, Alain, Marie, René, Pascale, Maryse, Philippe, tous les amis de mes parents et j’en passe.. car la liste est longue !

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(6)

SERMENT DE GALIEN

Je jure, en présence des maîtres de la Faculté, des conseillers de

l’ordre des Pharmaciens et de mes condisciples :

D’honorer ceux qui m’ont instruit(e) dans les préceptes de mon art

et de leur témoigner ma reconnaissance en restant fidèle à leur

enseignement ;

D’exercer, dans l’intérêt de la santé publique, ma profession avec

conscience et de respecter non seulement la législation en vigueur, mais

aussi les règles de l’honneur, de la probité et du désintéressement ;

De ne jamais oublier ma responsabilité et mes devoirs envers le

malade et sa dignité humaine.

En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances et

mon état pour corrompre les mœurs et favoriser des actes criminels.

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes

promesses.

Que je sois couvert(e) d’opprobre et méprisé(e) de mes confrères

si j’y manque.

(7)

Tables des matières :

Table des matières

I. L’aspect culturel et sociétal ... 7

a) Historique ... 7

b) De nos jours ... 8

II. Objectifs ... 8

III. Rappels anatomiques ... 9

IV. Physiopathologie – Définitions ... 14

a) Facteurs de risques et complications ... 15

b) Traitements de l’exostose ... 16

Revue de la littérature ... 16

a) 1989 : L’oreille du surfeur au Japon ... 16

b) 1996 : Les exostoses du canal auditif externe chez les surfeurs de l’Oregon ... 21

c) 1998 : La prévalence des exostoses dans le méat acoustique externe des surfeurs(16) ... 27

d) 2004 : Prévalence de l’exostose du canal auditif externe chez des surfeurs Australiens ... 34

e) 2011 : Incidence de l’exostose du canal auditif externe chez des surfeurs compétiteurs au Japon(19) ... 38

f) 2014 : Les effets du comportement en surf sur le développement de l'exostose du conduit auditif externe(20) ... 47

V. Chirurgie de l’exostose ... 55

Conclusion ... 63

I. Forces et limites des études ... 63

II. Perspectives ... 63

Bibliographie ... 71

(8)

Le surf connaît actuellement une forte recrudescence. Considéré il y a encore quelques années comme un sport extrême, l’accroissement des écoles de surf, l’attrait pour la côte Atlantique, l’adrénaline procurée par les joies de la glisse et l’arrivée de planches en mousse pour débutants a permis une « démocratisation » de ce sport.

Mais cela ne va pas sans son lot d’inconvénients : en effet, nombreux sont les traumatismes et pathologies liés à ce sport, les vacanciers ont désormais moins peur des vagues et sont sujets à des blessures par méconnaissance et/ou inconscience des dangers liés aux activités nautiques.

La joie et la sensation procurées par la glisse m’ont poussées à m’intéresser à ce sujet afin de conjuguer passion et travail.

L’exostose, sujet principal de cette thèse serait une des conséquences de « sessions » de surf à répétitions.

I. L’aspect culturel et sociétal

a) Historique

Le surf trouverait ses origines dans le Pacifique, plus exactement à Hawaï et fut décrit par le capitaine James Cook qui découvrit l’archipel(1).

Celui ci fut capturé puis tué par les indigènes de l’île, ce fut son lieutenant : James King qui relata par écrit la pratique du surf qu’il avait pu observer à Kealakekua Bay, la plus grande île d’Hawaï.

Au 15ème siècle, le surf était pratique courante chez les populations hawaïennes mais

n’était pas alors perçu comme un loisir mais comme un signe de puissance et de supériorité entre les différents chefs de tribus indigènes lors de duels !

La pratique fut ensuite interdite une fois la colonisation par les Américains. En effet, ces derniers considéraient cette pratique tel un acte de dépravation puisque les indigènes la pratiquaient nus.

Il faut alors attendre 1900, pour voir ce sport réapparaitre. C’est notamment le nageur olympique Duke Kahanamoku qui va le faire renaître de ses cendres. Natif d’Honolulu (capitale d’Hawaï), il se servit de sa notoriété afin de démocratiser ce sport et de lui redonner ses lettres de noblesse.

Il fut également novateur dans la pratique : créateur de figures, il est considéré comme l’un des pères fondateurs du surf moderne.

Le surf se répand alors peu à peu aux Etats Unis et en Australie : « l’esprit surf » est né. Quant à son arrivée en France, elle est plus tardive : elle voit le jour vers les années 50, avec l’écrivain et cinéaste américain Peter Viertel.

Celui ci tourne alors le film Le soleil qui se lève, sur la côte basque, à Biarritz. Fervent adepte de surf, il s’adonne à son sport favori sur la côte Atlantique et fait venir des Etats Unis en même temps que son matériel cinématographique : sa planche de surf.

Sa rencontre avec ceux qui seront appelés par la suite « les tontons surfeurs » lance le surf en France.

On citera notamment le scientifique et écrivain français Joël de Rosnay qui eut un « coup de foudre » en découvrant cette sensation de glisse et fut champion de France de surf en 1960

(9)

puis qui représenta la France lors des championnats du monde de surf en Australie en 1964 et au Pérou en 1965.

Citons également, Jo Moraiz, dont la rencontre avec Viertel fut décisive puisqu’il créa le premier surf shop en France, à Biarritz. Il créera aussi la première école de surf sur un spot mondialement connu : la plage de la Côte des Basques.

Ou, encore, Michel Barland qui devint shaper (2): terme désignant un créateur de surf ou bien Georges Hennebutte, créateur du leash : cordon reliant la planche à son surfeur.

b) De nos jours

De nos jours, le surf s’est particulièrement démocratisé, non seulement par l’arrivée de compétitions mondiales et par la popularité de champions tels que Kelly Slater ou John John Florence, représentatifs non seulement d’un sport mais aussi d’un état d’esprit. Ces derniers sont à la fois des figures médiatiques, représentants de marques mais aussi de fervents défenseurs de ce qu’est le surf à son origine : proche de la nature. D’où leurs engagements dans des associations liées à la protection de l’environnement et à un mode de vie « écolo ».

En 2016, la Fédération Française de Surf(3) recensait 80.000 licenciés et 450.000 pratiquants, 200 clubs de surf pour 8000 km de littoral et 365 jours de surf !

L’élection du surf en tant que sport olympique pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020(4) laisse présager une nouvelle ère pour ce sport. A suivre…

II. Objectifs

La facilité d’accès à ce sport de nos jours engendre son lot de désagréments notamment en terme de blessures.

Nombreux sont ceux qui, chaque année, découvrent les joies de la glisse mais aussi celles de la traumatologie et y laissent une épaule, cervicales et autres…

Les pathologies liées au surf sont importantes. Bon nombre de thèses abordent le sujet concernant des traumatismes aux épaules, genoux etc… Aucune ne traite précisément de l’exostose du conduit auditif externe.

C’est une pathologie rencontrée plus fréquemment chez les surfeurs non débutants et confirmés.

Cette thèse visera à décrire l'exostose et à essayer d’établir le rôle que joue l'eau froide sur son incidence, de façon à promouvoir auprès du public, en particulier les surfeurs, mais aussi le corps médical, médecins et pharmaciens les moyens de mieux prévenir l'apparition de "l'oreille du surfeur".

Elle commencera par une description détaillée du conduit auditif externe touché par la pathologie.

(10)

différentes conséquences : bénignes voire graves, qui peuvent nécessiter une intervention chirurgicale.

Les différentes publications nous montreront également qu’il y a d’autres paramètres qui pourraient jouer sur cette pathologie, notamment l'influence de la localisation des "spots », lieux de surf.

Ces publications nous emmèneront aussi aux quatre coins du globe : en passant du Japon, à l'Australie, aux États Unis et pour finir à notre région.

Enfin, nous verrons le traitement de cette pathologie et de surcroît, l'intérêt de cette thèse en officine : les différents conseils à prodiguer aux adeptes des sports aquatiques avec notamment le port de dispositifs auditifs adaptés et la prophylaxie avec une consultation chez un ORL. En outre, nous essaierons d’étendre le sujet sur un plan plus général : l’exostose peut elle toucher d’autres organes que le conduit auditif externe ?

Étant surfeuse, ce sujet m'a passionnée aussi bien sur le plan médical qu'humain.

Les recherches effectuées m'ont permis de mieux appréhender ce sujet et d'espérer "éclairer" un peu les patients amateurs de sports nautiques à mieux prévenir leur santé et afin (pour reprendre les propos de Guillaume Barucq, médecin et surfeur) d'éviter que l'eau salée des océans n'ait le goût des larmes(5)...

III. Rappels anatomiques

Tout d’abord, nous commencerons par un bref rappel anatomique sur l’appareil auditif.

Nous nous appuierons par des schémas empruntés dans le Gray’s Anatomie (6) notamment afin de mieux illustrer nos propos : car une image parlante vaut mieux que de longs discours. Cette pathologie est appelée communément « oreille du surfeur » car on retrouve une incidence élevée chez ces sportifs.

Elle affecte la sphère ORL, plus particulièrement le conduit auditif externe. Elle fut longtemps confondue avec l’ostéome du conduit auditif externe. Mais ces deux pathologies sont aujourd’hui à distinguer l’une de l’autre.

L’exostose est décrite comme une excroissance osseuse se déposant en feuillets successifs dans le conduit auditif externe et qui, en se développant provoque une sténose du conduit. Nous allons revoir quelques notions d’anatomie générale notamment sur l’ossification puis nous verrons un bref descriptif de l’appareil auditif.

La formation des os aussi appelée ossification s’élabore de deux manières : - l’ossification endochondrale, à partir d’une maquette cartilagineuse

- et l’ossification membraneuse ou encore appelée fibreuse, qui se fait directement à partir du tissu conjonctif sans ébauche cartilagineuse préalable.

Pour rappel, l’oreille est l’organe de l’audition et de l’équilibre. Elle est constituée de trois parties, de l’extérieur vers l’intérieur : (le schéma ci dessous permettra une meilleure visualisation du descriptif suivant, les schémas sont issus du Gray’s Anatomie)

- l’oreille externe, partie qui nous intéressera dans cette thèse, qui comprend la portion attachée à la face latérale de la tête et le canal qui s’ouvre à ce niveau,

(11)

- puis vient l’oreille moyenne qui est une cavité creusée dans la partie pétreuse c’est à dire dans l’os temporal. Elle est séparée de l’oreille externe par une membrane et est en communication avec le pharynx à l’intérieur par un tube étroit

- enfin vient la troisième partie, l’oreille interne comprenant une série de cavités creusées dans la partie pétreuse de l’os temporal et qui est donc limitée en dehors par l’oreille moyenne et en dedans par le méat acoustique interne.

Figure 1 : Oreille droite

Le rôle de l’oreille interne est complexe. Celle ci convertit les signaux mécaniques reçus par l’oreille moyenne à partir de sons perçus par l’oreille externe, en signaux électriques qui seront ensuite transmis au cerveau.

Elle contient également des récepteurs détectant le mouvement et les positions, d’où son appellation « organe de l’équilibre ».

Nous allons nous pencher sur l’oreille externe puisque c’est « l’organe cible» de notre sujet. Elle comprend deux parties : une placée sur le coté de la tête qui est l’auricule (ou pavillon de l’oreille). Et le canal dirigé vers l’intérieur appelé méat acoustique externe.

L’auricule est donc situé sur le coté de la tête et capte les sons. Il est recouvert par du cartilage lui même recouvert de peau. Sa structure présente différents reliefs et bosses. Tout d’abord, l’hélix entoure l’auricule, il se termine en bas par le lobule qui ne contient pas de cartilage. Le centre de l’auricule est creux (concave) et s’appelle la conque. Le début du méat acoustique externe se situe à cet endroit dans la partie profonde de la conque.

En avant du méat acoustique externe, en avant de la conque donc, nous avons un relief : le tragus. A son opposé se trouve l’antitragus et dans son prolongement, nous avons l’anthélix.

Concernant les muscles et l’innervation de l’oreille externe, de nombreux muscles extrinsèques et intrinsèques sont associés à l’auricule.

(12)

Figure 2 : Auricule

Quant à la vascularisation, la circulation artérielle provient de plusieurs afférences et est assurée notamment par l’artère carotide externe, l’artère temporale superficielle et par l’artère occipitale.

Le drainage veineux est quant à lui assuré par des vaisseaux satellites des artères.

Enfin, le drainage lymphatique de l’auricule se fait en avant par les nœuds lymphatiques parotidiens et en arrière par les nœuds lymphatiques mastoïdiens et peut également se faire vers les nœuds cervicaux profonds supérieurs.

Nous allons maintenant nous intéresser au méat acoustique externe qui est principalement touché lors de l’exostose.

Nous l’avons vu précédemment, il s’étend latéralement de la partie la plus profonde de la conque jusqu’à la membrane tympanique. Il mesure 2,5 cm environ. Ses parois se composent de cartilage et d’os. Le tiers latéral est composé des cartilages auriculaires et les deux tiers médiaux, d’un tunnel osseux creusé dans la partie pétreuse de l’os temporal. Ce méat est recouvert sur toute sa surface par de la peau et contient des follicules pileux, des glandes sébacées ainsi que des glandes cérumineuses sécrétant le cérumen, substance cireuse (notée « wax » sur les publications anglophones). Le diamètre du méat est variable : large au début, il se rétrécit à l’intérieur.

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Figure 3 : Méat acoustique externe

Il est à noter que le trajet du méat acoustique externe n’est pas rectiligne, en effet, à l’ouverture externe, il suit une direction supérieure et antérieure, puis s’incline légèrement en arrière tout en gardant son orientation supérieure et enfin prend une direction antérieure et légèrement descendante. Aussi lors de l’examen otoscopique, l’observation du conduit sera améliorée par une traction de l’auricule en haut, en arrière et un peu latéralement.

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Figure 4 : Oreille moyenne

Elle sépare le méat acoustique externe de l’oreille moyenne et est inclinée de façon oblique de haut en bas et d’arrière en avant, sa face latérale regarde donc en bas et en avant. Elle est constituée de tissu conjonctif recouvert de peau sur sa face externe et d’une membrane muqueuse à sa face interne.

La périphérie de la membrane tympanique se nomme l’anneau tympanique et permet l’attache à l’os temporal. Le centre de la membrane est lui concave et permet l’attache du manche du malleus, un des os de l’oreille moyenne.

Lors d’un examen otoscopique normal, nous sommes censés voir à ce niveau là une zone de réflexion plus intense à la lumière appelée « triangle lumineux ». De même, le relief dû à l’accolement du manche du malleus à cette membrane doit être visible. On doit voir également le processus latéral du malleus, collé contre la face interne de la membrane tympanique ainsi que les plis malléolaires antérieur et postérieur. La partie de la membrane tympanique située au dessus de ces plis malléolaires est fine et souple et s’appelle la pars flaccida tandis que le reste de la membrane est épais et tendu et se nomme la pars tensa.

Figure 5 : Membrane tympanique A. Schéma B. Vue à l’otoscope

Cette vue normale à l’otoscope nous permettra de mieux comparer les vues otoscopiques pathologiques que nous étudierons dans les publications.

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IV. Physiopathologie – Définitions

Selon l’académie nationale de Pharmacie(7), l’exostose (exostosis en anglais) de son étymologie grecque ἔξω exô adverbe, préposition et préfixe signifiant en dehors (de) et ὀστέον ostéon os, suffixe –ose maladie, nom féminin, désigne une excroissance osseuse congénitale et bénigne par dysembryoplasie qui se développe à la surface de l’extrémité métaphysaire d’un os long. Elle est recouverte d’une coiffe cartilagineuse formant une masse fixe et lisse sous la peau. Cette pathologie peut aussi bien se développer au niveau du genou, que de la cheville ou encore des côtes ;=

Selon l’Encyclopédie médico-chirurgicale(8), l’exostose est décrite comme une tumeur osseuse bénigne très fréquente. A l’examen clinique, on retrouve une ou plusieurs excroissances mamelonnées, développées essentiellement dans la partie moyenne et médiale du conduit osseux, le plus souvent asymptomatiques. Cette lésion favorise cependant l’accumulation de squames, ce qui peut favoriser les surinfections, les otites externes et la formation de kystes ou bouchons épidermiques.

Figure 6 : Exostose du conduit auditif externe(8) A. Atteinte partielle B. Atteinte obstructive

Selon le Docteur Safar Juhoor, médecin ORL à l’Ile Maurice(9), l’exostose se manifeste habituellement de manière bilatérale et les mamelons sont constitués par des couches lamellaires d’os compact d’origine périostée. Pauvres en canaux fibrovasculaires de Havers, elles ont une large base d’implantation et sont recouvertes de peau saine qui est à ce niveau très fine et fragile.

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Figure 7 : Exostoses obstructives

Selon le docteur et surfeur Guillaume Barucq(5), il s’agit de la maladie la plus fréquente chez les surfeurs aussi appelée l’oreille du surfeur. Cette maladie entraîne des otites à répétition et peut entraîner la surdité, elle est plus répandue chez les surfeurs d’eau froide. Ce qui paradoxal, c’est que cette maladie n’est pas très connue chez les surfeurs. Beaucoup la découvre en effet après l’avoir développée. Il serait judicieux qu’ils soient donc plus au courant de son existence et qu’ils s’en protègent. Pour cela, il est nécessaire de bien se protéger les oreilles avec des bouchons ou encore avec une cagoule afin de se protéger au mieux du froid.

Quant à la publication du CHU d’Angers(10), l’exostose est définie comme un rétrécissement du conduit auditif externe par hypertrophie des parois osseuses, cette affection oblitérante du conduit auditif est à l’origine d’infections récidivantes et de surdité.

a) Facteurs de risques et complications

Toujours selon l’Encyclopédie médico-chirurgicale, les facteurs de risques sont l’irritation mécanique et thermique de l’eau(8) (surfeur, nageurs, plongeurs notamment). Le docteur Safar Juhoor émet lui aussi l’hypothèse que l’eau froide puisse favoriser cette pathologie : la double action du froid et de l’action mécanique de l’eau provoque l’irritation de l’os périosté mal protégé par un épithélium très mince à ce niveau(9).

Ces hypothèses sont également relayées par le Docteur Barucq qui énonce que la peau du conduit externe étant très fine, le tissu sous jacent a tendance à se développer suite aux irritations répétées par l’eau froide, le vent et la violence des vagues(5).

En terme de complications, les différents auteurs s’accordent sur le fait que le rétrécissement du canal auditif, l’accumulation de l’eau de mer, du sable et du cérumen favorise l’impression d’une oreille bouchée et les otites externes à répétition. En outre, le contact de l’os avec le tympan peut provoquer des acouphènes (bourdonnements d’oreille) et entrainer à long terme une baisse de l’audition.

(17)

b) Traitements de l’exostose

Les études s’accordent sur le fait que la majorité des exostoses sont bénignes et que le traitement chirurgical reste relativement rare. L’entretien du conduit auditif resterait le principal rempart pour éviter les aggravations.

Le Dr Juhoor avance que l’intervention est nécessaire lorsque les exostoses se compliquent avec l’apparition d’otites externes à répétition ou de rétention épidermique(9).

Le Dr Barucq préconise une intervention chirurgicale en cas de gêne importante(5) et conseille d’envisager l’intervention bien avant que le canal ne soit totalement obstrué.

Le traitement chirurgical consiste en l’alésage du conduit osseux. Cet acte a pour but de rétablir le calibre du conduit auditif externe(10). L’intervention se déroule de la façon suivante : après anesthésie générale et un décollement de la peau, on procède à l’ablation de l’excroissance osseuse. Selon l’importance de l’exérèse et de la qualité de la peau du conduit auditif externe, une greffe cutanée peut être nécessaire.

L’intervention se déroule généralement par voie du conduit auditif externe, si nécessaire, un abord externe peut être réalisé laissant une petite cicatrice devant ou derrière l’oreille. La décision d’opérer ne doit pas être prise à la légère car une intervention invasive expose le patient à de possibles complications. Il peut en effet y avoir des défauts de cicatrisation, une perforation de la membrane tympanique, une perte de l’audition, une fistule au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire ou au niveau des cellules mastoïdes, le nerf facial touché, une infection généralisée…

Revue de la littérature

Nous allons voir de façon chronologique les différentes publications au sujet de l’exostose et de son potentiel lien avec les eaux froides. Les publications ont été trouvées en grande majorité par le biais des sites Pubmed mais aussi Scopus et Science Direct.

De la littérature ancienne relate des faits établis d’exostose. Le premier à publier fut Di Bartolomeo, cité plus tard dans la thèse, néanmoins je n’ai pu accéder à ses publications originales.

a) 1989 : L’oreille du surfeur au Japon

Il s’agit d’une étude réalisée en 1989 au Japon sur 51 surfeurs Japonais professionnels(11). Le but de cette étude était de voir la présence ou non de « l’oreille du surfeur ».

41 cas, soit 80% équivalent à 71 oreilles ont été diagnostiqués comme ayant « l’oreille du surfeur ». Dans 19 autres cas soit 37% équivalent à 30 oreilles, le méat acoustique externe comprenait une sténose supérieure à 50%. En général, l’oreille du surfeur commence à apparaître après 5 années de surf et s’aggrave au fil des sessions.

La popularité croissante du surf au Japon a contribué à augmenter l’exostose ou l’oreille du surfeur. Les auteurs ont examiné plusieurs surfeurs Japonais de façon à comprendre cet effet.

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• Matériels et méthodes

Profitant d’une compétition de surf, les auteurs ont ainsi choisi leurs sujets, soit 94 surfeurs dont 51 professionnels et 43 amateurs. Ils furent examinés à l’aide d’un otoscope. Leur canal auditif fut séparé en section de façon à situer l’obstruction puis on leur attribua un score allant de 10 (représentant un canal auditif externe normal) jusqu’à 0 (représentant une oreille complètement obstruée). Par exemple, un canal obstrué à 60% était assigné d’un 4. Chaque oreille eut ainsi un score attribué par les auteurs après examen. De plus, chaque surfeur s’est vu administré un questionnaire à remplir.

Nom Sexe Age Adresse Téléphone Affiliation

1.

Combien de jours par an surfez vous ?

2.

Comment passez vous l’hiver ?

3.

Vous êtes vous déjà baignés dans l’océan en dehors du surf ?

4.

Avez vous déjà entendu parler de l’oreille du surfeur ?

5.

Vous a t’on déjà examiné les oreilles, le nez ou la gorge ? Si oui, quel était le diagnostic ?

6.

Avez vous déjà utilisé des bouchons d’oreille ?

7.

Où surfez vous habituellement ? Tableau 1. Questionnaire(11)

• Résultats et discussion

Les obstructions étaient plus communément trouvées chez les professionnels que chez les amateurs et plusieurs années de surf laissent généralement penser qu’elles induisent de plus grandes obstructions.

De sévères obstructions (score inférieur ou égal à 2) ont été trouvées sur 17 oreilles. Cependant l’étude n’a pas pu déterminer quel degré d’obstruction avait une importance clinique ou aurait requis un traitement. Les surfeurs ont été divisés pour des raisons pratiques, en deux groupes : ceux avec une obstruction avec un score allant de 10 à 6 (normal jusqu’à légère sténose) et ceux avec des scores allant de 5 à 0 (sténose sévère).

• Analyse des données

Degrés d’obstruction. La relation entre le degré d’obstruction et les catégories de surfeurs (professionnel ou amateur) fut analysée. (Fig 8). Des obstructions sévères unilatérales ou bilatérales avec des scores allant de 5 à 0 ont été trouvées chez 19 des 51 professionnels soit 37%, et chez 5 des 43 amateurs soit 12%.

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Figure 8. Sténose du canal auditif externe. N = canaux normaux ; 1+ = légère sténose ; 2+ = sténose sévère – unilatérale ; 3+ = sténose sévère – bilatérale.(11)

Années d’expérience et obstructions. Dès lors que les résultats semblèrent attribués à la différence entre le nombre d’années de surf entre les professionnels et les amateurs, la relation entre les années d’expérience et le degré d’obstruction fut analysé. (Fig 9).

Figure 9. Journées de surf par an(11)

Les auteurs ont établi que l’obstruction apparaissait de façon approximative au bout de 5 années de surf. Aucun des surfeurs professionnels ayant moins de 5 années d’expérience ne présentaient d’obstruction sévère, tandis que celle ci fut trouvée chez 7 des 25 surfeurs soit 28% ayant entre 5 à 9 ans d’expérience et 6 sur 11 présentaient une obstruction sévère après 15 années d’expérience soit 55%. Aussi, les auteurs conclurent que chez les professionnels, les obstructions empiraient avec l’accumulation d’années de surf en revanche, aucune relation ne fut établie chez les surfeurs amateurs.

Session par an. La figure 9 montre le nombre de journées surfées par an chez les professionnels. La plupart des professionnels surfent tous les jours et surfent sur des durées plus longues que les amateurs. Les surfeurs professionnels surfent de manière routinière deux ou trois sessions d’une heure et demie l’été et une à deux sessions en hiver. Comparé aux professionnels, les amateurs passent des périodes plus courtes à surfer et ont donc été omis de l’étude.

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Surfeurs professionnels. Les 51 professionnels examinés représentent 46% des surfeurs professionnels enregistrés au Japon. Plus de 50% des surfeurs examinés surfent exclusivement sur la côte du district de Kanto (partie centrale de la côte Pacifique du Japon).

Figure 10. Carte du Japon(12)

Ainsi, l’analyse des auteurs reflétait l’état général des canaux auditifs des surfeurs professionnels Japonais.

Tranches d’âges et âges où les participants ont débuté le surf. L’âge des surfeurs professionnels allait de 18 à 46 ans (moyenne de 26.5 ans). Ils commencèrent le surf entre 8 et 25 ans (moyenne de 16.3 ans).

Obstruction par rapport à l’âge auquel le patient a débuté le surf et nombre d’années surfées. Les auteurs ont supposé que les jeunes hommes étant en pleine phase de croissance seraient plus à même à développer une obstruction du canal auditif. Afin de tester cette hypothèse, les âges à partir desquels les participants ont commencé à surfer ont été répartis en deux groupes : moins de 16 ans et 16 ans et plus.

L’expérience en surf a aussi été divisée en deux classes : moins de 10 années de surf et 10 ans et plus. Ces données ont indiqué que commencer le surf à un jeune âge ne donnait pas plus d’obstructions sévères.

Terrain favorisant. L’eau où les surfeurs pratiquaient habituellement a ensuite été étudiée. Les surfeurs se situant au niveau des côtes où les températures étaient les plus basses (côtes sous l’influence du courant froid de Kurile) ont montré un pourcentage de sténose sévère plus important que chez les surfeurs pratiquant au niveau côtes « tempérées » voir chaudes (côtes sous l’influence du courant chaud du Japon). La température moyenne de

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l’océan au bord des plages influencées par le courant Kurile en Avril 1980 était de 9,5° tandis que celles soumises au courant du Japon atteignaient en moyenne 14,5°.

Figure 11. Courants chaud et froid du Japon(13)

Différence entre l’oreille droite et l’oreille gauche. Une observation inattendue de leur analyse est que l’oreille droite apparaissait en général plus touchée que l’oreille gauche. Cela pourrait être causé par la position spécifique adoptée lors du surf mais aucune réponse définitive ne fut trouvée.

Localisation de l’exostose. L’endroit où l’excroissance osseuse pousse est encore indéterminé. Cependant, les observations des 17 oreilles droites obtenant un score de 9 (marqueur d’un début de sténose) suggèrent que l’exostose commence de la manière suivante : partie avant supérieure vers la partie basse supérieure équivalent pour l’arrière de l’oreille. Le processus de croissance de l’oreille du surfeur est expliqué dans les graphes suivants.

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Figure 12. Représentation sous forme de diagramme du processus de croissance de l’oreille du surfeur : l’obstruction commence par le haut caudal et continue à se développer vers le bas cranial.(11)

Prévention et traitement. Les auteurs recommandent aux surfeurs de porter des bouchons d’oreille et avancent que une fois l’exostose présente, seule la chirurgie s’avère efficace. Ce qu’il fallait retenir :

• Etude japonaise de 1989

• 51 surfeurs uniquement masculins participants

• Température de l’océan lors de l’étude oscillant entre 9,5° et 14,5° • Recommandations des auteurs de porter des bouchons d’oreilles

b) 1996 : Les exostoses du canal auditif externe chez les surfeurs de l’Oregon

Il s’agit d’une étude réalisée en 1996 concernant le canal auditif externe de sportifs surfant dans l’Oregon.(14)

Figure 13. En rouge, l’Etat de l’Oregon des Etats Unis.(15)

Résumé. Avec la popularité croissante du surf, les surfeurs tendent à partir vers des vagues moins fréquentées. Beaucoup de ceux qui s’étaient amusés dans les vagues du Sud de la Californie, d’Hawaii ou de Floride ont migré vers des côtes plus froides comme celles de Washington, de l’Oregon ou du Nord de la Californie. Le large éventail de combinaisons chaudes existant a rendu le surf en eaux froides plus commun. De plus, la popularité du snowboard a attiré grand nombre de résidents du Nord des Etats Unis ou du Canada au surf. Les exostoses du canal auditif externe ont été reconnues comme une réponse biologique à l’exposition à l’eau froide. Dans ses 70 cas, Di Bartolomeo avança que les exostoses étaient vues chez des individus qui surfaient en moyenne 10 mois de l’année, 15,6 jours par mois pendant 10 ans au minimum et vivaient sur le littoral Sud de la Californie. Les objectifs de cette étude étaient de déterminer si l’exposition à l’eau froide produisait nécessairement des

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exostoses du canal auditif externe chez les individus surfant de manière prédominante dans l’Oregon et/ou sur les côtes du Nord de la Californie et également de vérifier à partir des antécédents otologiques des surfeurs, les symptômes attribuables à l’exostose.

• Population

Les surfeurs ont été sélectionnés lors d’entretiens individuels réalisés dans 2 surf shop dans le Nord de l’Oregon sur une période de 2 jours, en Février 1995. Des flyers ainsi qu’une annonce dans le journal local informant des examens otoscopiques gratuits et de leur localisation furent distribués. Trente individus furent examinés. Sur ces trente, deux individus qui surfaient depuis moins d’un an, deux qui surfaient plus de 50% du temps à Hawaii, quatre qui surfaient plus de 50% du temps dans le Sud de la Californie (sud du Point Conception) et une personne avec un bilan incomplet otologique furent exclus de l’analyse. Selon le propriétaire du plus grand surf shop, sur les 21 surfeurs restants, ceux ci représentaient approximativement 20% de la communauté de surfeurs locaux.

• Méthodes

Les surfeurs ont rempli le questionnaire suivant (cf Tableau 2) et ont été interrogés de façon à obtenir un historique otologique.

Age : Sexe:

Depuis combien d’années surfez vous ? (entourez une seule réponse) 1-5 6-10 11-15 >15

Combien de sessions par jour de surf ? (Entourez une seule réponse) < 20 21-50 51-100 101-200 >200

Combien de temps effectuez vous lors d’une session? (entourez une seule réponse) <1h 1-2h 2-3h >3h Où surfez vous ?

Nord de l’Oregon ___% Sud de l’Oregon ___% Nord de la Californie ___% Sud de la Californie ___% Hawaii ___% Autres ___% Total 100%

Vous portez une cagoule :

0-25% 26-50% 51-75% 76-100% du temps Vous portez des bouchons d’oreilles : 0-25% 26-50% 51-75% 76-100% du temps Tableau 2. Questionnaire du surfeur(14)

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Les canaux auditifs ont été examinés avec un otoscope, et chaque canal fut affuté d’un score indiquant le pourcentage d’obstruction. Un canal normal avait un score de 0 tandis qu’une obstruction complète avait un score de 100. Pour chaque surfeur, le score était calculé en additionnant les deux oreilles. Aussi, un surfeur avec 50% d’obstruction sur une oreille et 40% sur l’autre oreille recevait un score de 90.

Les figures suivantes montrent un canal auditif avec 30% et 90% d’occlusion dus à l’exostose.

Figure 14. Occlusion partielle (30%) du canal auditif externe droit dus à de multiples exostoses. (14)

Figure 15. Occlusion quasi totale (90%) du canal auditif externe gauche dûe à de multiples exostoses.(14)

Résultats.

Tous les surfeurs étaient des hommes. La moyenne d’âge était de 31,3 ans avec une tranche d’âge s’étalant de 10 à 48 ans. Tous les individus surfaient au moins 50% de leur temps dans l’Oregon et/ou dans le Nord de la Californie. 14 des 21 personnes (67%) surfaient au moins 70% du temps seulement dans le Nord de l’Oregon.

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Température de l’océan.

Les données des températures de l’océan ont été obtenues à partir de la base de données du Centre National Climatique et à partir d’échanges avec l’Institut Océanographique Scripps (Février 1995). Dans diverses stations le long de la côte Ouest, la température de l’océan à sa surface fut relevée pendant plusieurs années. La moyenne annuelle de la température à la surface de l’océan relevée sur les côtes du Nord de l’Oregon (enregistrée à Tillamook) avoisinait 50°F soit 10°C entre 1961 et 1993 avec une fourchette allant de 43°F soit 6°C en Janvier jusqu’à 59°C soit 13,3°C. La température relevée dans l’Etat de Washington (enregistrée à Neah Bay), dans le Nord de la Californie (enregistrée à Bodega Bay) et dans le Sud de la Californie (enregistrée à Santa Monica) était respectivement de 49°F = 9,4°C, 52°F = 11,1°C et 62°F = 16,6°C.

• Degrés d’obstruction

La figure 16 ci dessous montre des boites à moustaches résumant les scores d’obstruction obtenus additionnés aux nombres d’années surfées.

Figure 16. Boîtes à moustache représentant les scores d’obstruction du canal auditif obtenus selon le nombre d’années surfées. (14)

Le degré d’obstruction du canal auditif augmentait avec le nombre d’années surfées (P < 0,001 par le test de Kruskal-Wallis, df = 2). La médiane était de 7,5, 63,0 et 93,0 pour des individus surfant respectivement entre 1 et 5 ans, 6 et 15 ans et plus de 15 ans. Bien que le nombre de sessions de surf minimales requises pour développer une exostose était alors inconnu, les surfeurs ont été divisés (pour plus de convenance) en deux groupes : ceux surfant jusqu’à 50 sessions par an et ceux surfant plus de 50 sessions par an. Avec cette

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de sessions surfées par an (P< 0,01 par le test de Mann Whitney). La médiane des scores était de 10,0 pour les individus surfant moins de 50 sessions par an contre 87,5 pour les individus surfant plus de 50 sessions par an (cf Fig 17).

Figure 17. Boîtes à moustache représentant les degrés d’obstruction du canal auditif selon le nombre de sessions par an. (14)

Les surfeurs plus expérimentés surfaient généralement plus souvent que les novices (cf Fig 18).

Figure 18. Histogramme du nombre d’années surfées en fonction du nombre de sessions par an. (☐ > 50 sessions par an, n < 50 sessions par an)(14)

Sept des huit individus (soit 88%) qui surfaient depuis 1 à 5 années surfaient moins de 50 sessions par an. Parmi ce groupe de 8 surfeurs, le surfeur ayant obtenu le degré d’obstruction du canal auditif le plus élevé était un surfeur effectuant entre 51 à 100 sessions par an. Ce surfeur est ainsi représenté par une astérisque sur la figure 16.

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Parmi les 9 surfeurs surfant moins de 50 sessions par an, les deux individus ayant le plus haut degré d’obstruction relevé surfaient depuis plus de 15 ans. Ces 2 surfeurs sont représentés par les 2 astérisques sur la figure 17.

11 des 13 individus (soit 85%) qui surfaient depuis plus de 5 ans surfaient plus de 50 sessions par an, 8 (soit 62%) surfaient plus de 100 sessions par an et 4 (soit 31%) surfaient plus de 200 sessions par an. Sachant qu’une session durait en moyenne 1 à 3 heures.

• Symptômes de l’exostose

Les patients avec une exostose présentaient une perte de l’audition, des otites externes, une douleur de l’oreille et/ ou des acouphènes. Dans cette étude, les personnes surfant depuis moins de 5 ans ne se plaignaient pas et n’avaient pas de symptômes otologiques. Parmi le groupe de personnes surfant depuis plus de 5 ans, 5 (soit 38%) se plaignaient de façon occasionnelle d’oreille « bouchée », un se plaignait d’une douleur occasionnelle et un se plaignait d’une douleur à l’oreille associée à une sensation d’oreille « bouchée ». Seulement un des surfeurs avait un antécédent chirurgical avec une excision de ses exostoses. Il s’agissait d’un homme âgé de 46 ans qui surfait plus de 200 sessions par an et ce, depuis plus de 15 ans.

• Prévention de l’exostose

Afin de déterminer si le port de cagoule et/ ou de bouchons réduisait la sévérité de l’obstruction causé par les exostoses, les chercheurs ont divisés les surfeurs surfant depuis plus de 5 ans en deux groupes : ceux surfant avec une cagoule et/ ou des bouchons d’oreilles plus de 75% du temps et ceux qui ne portaient ni cagoule, ni bouchons d’oreilles. Le degré d’obstruction du canal auditif n’était pas significativement différent. La médiane des scores était de 96.0 pour les 7 surfeurs portant une cagoule et/ ou des bouchons d’oreilles plus de 75% du temps alors que la médiane était de 72,5 pour les six surfeurs surfant sans cagoule ni bouchons d’oreilles. Des résultats similaires furent obtenus en comparant des groupes surfant 50% du temps avec une cagoule et/ou bouchons d’oreilles. Seulement 4 surfeurs portaient des bouchons d’oreilles plus de 50% du temps. Les personnes surfant depuis moins de 5 ans portaient de manière moins fréquente cagoule et bouchons d’oreilles que les surfeurs plus expérimentés.

• Discussion

Cette étude indiquait que le degré d’obstruction du canal auditif causé par les exostoses augmentait avec le nombre d’années surfées et avec le nombre de sessions par an. Les personnes surfant depuis moins de 5 ans n’avaient pas ou peu d’obstruction lorsqu’elles surfaient moins de 50 sessions par an. La plupart des patients ne se plaignaient pas de symptômes d’exostoses et n’avaient donc aucun besoin de recours chirurgical.

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s’appliquer à n’importe laquelle de ces côtes. Les surfeurs surfant dans des eaux plus chaudes comme dans le Sud de la Californie devraient aussi être exposés plus longtemps (en terme d’années surfées) pour développer de l’exostose. Le scientifique Di Bartolomeo qui observa que les exostoses apparaissent généralement chez les individus ayant surfé plus de 10 ans dans le Sud de la Californie appuie cette hypothèse.

Cependant, contrairement aux recherches de Di Bartolomeo qui ne s’appliquait qu’a une population composée de surfeurs se plaignant de douleurs otologiques avec des symptômes d’exostose. Il apparaissait fort probable que les surfeurs faisant appel à un ORL souffraient d’exostoses plus sévères que ceux ne consultant pas. Aussi, cette étude ne put être comparée à celle de Di Bartolomeo. Les chercheurs préconisent de futures recherches de façon à éclaircir les différentes durées d’exposition nécessaire pour développer une exostose et dans quelles zones géographiques. Il apparaissait incertain que l’obstruction du canal auditif nécessitait un traitement car les résultats suggéraient que les exostoses étaient des affections typiquement bénignes et ne nécessitant pas de chirurgie. Des problèmes auditifs tel que des bouchons de cérumen ou des otites externes pouvaient être traités de manière conventionnelle. Lorsque les exostoses causaient de manière récurrente des otites externes ou des problèmes d’audition chronique, une excision chirurgicale devait être envisagée.

Enfin, le port de bouchons d’oreilles et de cagoule devait prévenir les exostoses en se protégeant des eaux froides entrant dans le canal auditif. Dans cette étude, l’utilisation de cagoule ou de bouchons d’oreille n’avait pas été associée à une réduction du degré de l’exostose, probablement car les surfeurs commençaient à porter des bouchons d’oreilles après plusieurs années de pratique ou après avoir été diagnostiqués comme ayant une exostose. Des recherches additionnelles sur les eaux froides surfées et si le port de protection auditives était un moyen de prévention ou non, apparaissent ainsi nécessaires selon les chercheurs.

Ce qu’il fallait retenir :

• Etude américaine de 1996

• 30 surfeurs uniquement masculins participants

• Température de l’océan lors de l’étude oscillant entre 9,4° et 13,3°

• Hypothèse des auteurs : pratique de surf >10 ans pour développer de l’exostose • Pas d’étude menée simultanément par rapport au port de cagoule et/ou de bouchons

d’oreilles

c) 1998 : La prévalence des exostoses dans le méat acoustique externe des

surfeurs(16)

Il s’agit d’une étude réalisée par le département ORL et chirurgical de la tête et du cou à l’hôpital Dunedin en Nouvelle Zélande.

54 surfeurs et 38 sauveteurs furent examinés et interrogés de manière à déterminer la prévalence de l’exostose. 73% montraient des signes d’exostose dans le méat acoustique externe. 43% avaient leur canal auditif obstrué de moitié voire plus. La relation entre le

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nombre d’années passées à surfer ou au sauvetage et l’expansion de la sténose dans le canal auditif était très significative (P < 0,00001). L’oreille droite et gauche était atteinte de manière équivalente dans cette étude et l’obstruction semblait commencer à se développer après 7 ans et aggravée par le fait de continuer à surfer. Plus de 90% des sujets pratiquant le surf depuis plus de 10 ans avait des signes d’exostose. Il n’y avait pas d’association significative entre le nombre de jours par an ou le nombre d’heures passées à surfer et le développement de l’oreille du surfeur dans cet exemple. Ceux qui pratiquaient leur sport durant l’hiver avaient de manière significative plus d’exostose que les surfeurs s’arrêtant l’hiver (P < 0,00001). Ceux vivant dans le Sud de l’île (eaux froides) avaient plus « l’oreille du surfeur » que ceux vivant au Nord de l’île (eaux chaudes).

L’oreille du surfeur ou du nageur est l’expression donnée au développement d’os dans le méat acoustique externe et est associée à l’exposition aux eaux froides.

Avec la popularité croissante du surf et d’autres sports nautiques, les chercheurs ont supposé que l’incidence de l’exostose allait augmenter et ont cherché à comprendre cette pathologie. Cette publication a étudié une population de surfeurs amateurs et de sauveteurs en mer afin de décrire la prévalence et la sévérité de l’oreille du surfeur et afin d’examiner son association avec l’expérience en surf, la géographie et la symptomatologie.

• Patients et méthodes

En Février 1994, lors d’une compétition de surf organisée à Dunedin, en Nouvelle Zélande, 56 surfeurs et 38 sauveteurs furent examinés et on leur demanda de remplir un questionnaire (Appendix). Tous étaient amateurs. Deux surfeurs avaient des antécédents chirurgicaux pour retirer des exostoses et furent ainsi exclus de l’étude. Les oreilles des sujets étaient examinées par deux chercheurs à l’aide d’un otoscope. Les canaux auditifs étaient ensuite « sectionnés » en différentes parties sous forme de schémas et se virent attribuer un score d’obstruction selon le modèle de l’étude de Umeda (cf étude 1989). Aussi, un score égal à 10 désignait un canal complètement normal et un score égal à 0, un canal complètement obstrué. Un canal sténosé à 40% obtenait le score de 6. Chaque oreille fut ainsi examinée et se vit attribuer un score après évaluation par les auteurs. Une fois analysées, les auteurs ne trouvèrent pas de différence significative entre les exostoses des oreilles droite et gauche, l’étude fut ensuite uniquement basée sur les scores de l’oreille droite. Le groupe étudié fut ensuite divisé en quatre : 0-3 (exostose sévère), 4-7 (exostose modérée), 8-9 (moyen) et 10 (normal). Les résultats cliniques ont ensuite été corrélés aux résultats du questionnaire. Les statistiques furent établies à l’aide du logiciel SPSS-X comprenant les tests du χ2, ANOVA et des tests de corrélation.

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Figure 19. Questionnaire de « l’oreille du surfeur »(16)

Figure 20. Coupes de canaux auditifs montrant les différents degrés de sténose(16)

• Résultats

92 sujets furent examinés et complétèrent le questionnaire. La majorité des participants étaient des hommes (86%). La moyenne d’âge était de 24 ans (entre 8 et 55 ans). 73% des sujets (soit 134/194 oreilles) examinés présentaient des preuves de « l’oreille du surfeur ». 47% du groupe avaient au moins un de leurs canaux auditifs obstrués de plus de 50% et 43% étaient répertoriés entre les catégories modérées à sévères. Enfin, 92% des sujets surfant depuis plus de 10 ans présentaient une exostose du canal auditif externe. Excepté des excédents de cérumen pour quelques oreilles, aucune maladie ne fut observée.

Les différents groupes furent analysés de par leur nombre d’années de surf ou de sauvetage en mer. Le groupe qualifié de « sévèrement affecté » (0-3) semblaient avoir une pratique plus longue que le groupe « moyennement affecté » (4-7). Ce dernier groupe semblait

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également pratiquer depuis plus longtemps que le groupe faiblement affecté (8-9), enfin tous les participants avaient une pratique de surf supérieure à ceux ayant des oreilles dites « normales » c’est à dire aux conduits auditifs normaux.

La relation entre la pratique de surf et le degré de sténose était hautement significative ( P<0,00001).

Figure 21. Histogramme de la relation hautement significative entre le nombre d’années surfées et le degré de sténose(16)

Une corrélation de rang fut utilisée de façon à comparer les oreilles droite et gauche. Statistiquement, chaque oreille était affectée de manière égale.

Les analyses réalisées à partir du χ2 révélèrent qu’il existait une relation significative entre la

sévérité de l’oreille du surfeur et le fait de faire des sports aquatiques durant l’hiver.

Figure 22. Analyse par le test du χ2 montrant une relation significative entre la sévérité de l’oreille du surfeur et le fait de pratiquer des sports aquatiques durant l’hiver (P<0,00001). n, exerce un sport aquatique durant l’hiver, , n’exerce pas.

Les hommes étaient plus nombreux que les femmes dans cette étude, celles-ci avaient soit des exostoses minimes ou des conduits auditifs normaux. Leurs années de pratique de surf

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étaient en moyenne de 5,4 années et seule une d’entre elles annonça pratiquer le surf durant l’hiver.

52% des surfeurs avaient un canal sévèrement ou modérément sténosé comparé à 31% des sauveteurs. Bien qu’il semblait initialement qu’il y ait une différence significative entre les deux groupes, après des analyses plus approfondies, il fut prouvé que ce n’était qu’une question de durée. Les sujets issus des groupes ayant une altération moyenne ou pas d’exostose avait une durée moyenne « d’années passées dans l’eau » similaire, sachant que le ratio était de 9,2 années pour les surfeurs contre 7,2 années pour les sauveteurs.

En revanche dans le groupe incluant des altérations moyennes à sévères, la durée moyenne des sauveteurs était de 22,7 années contre 14 ans pour les surfeurs. Des analyses plus approfondies ont aussi révélé que les surfeurs pratiquaient leur sport durant tout l’hiver contre 50% des sauveteurs. Aussi les sauveteurs qui n’exerçaient pas durant l’hiver furent exclus de l’étude, la moyenne tomba alors à 17 ans.

Le lien entre le nombre d’années passées à faire un sport aquatique et le degré de sténose fut étudié mais globalement, il n’y avait pas de différence significative. Et dans le groupe sévèrement atteint, aucun des sujets ne surfaient moins de 20 jours par an et 30% d’entre eux déclaraient surfer plus de 300 jours par an. Contrairement à eux, aucun des sujets avec un canal auditif normal n’a passé plus de 300 jours à surfer ou à sauver des vies and 60% de ce groupe surfait moins de 60 jours par an. Le nombre d’heures passées par jour à surfer ou faire du sauvetage n’était pas non plus significatif.

Il n’y avait pas non plus de différence significative entre ceux qui nageaient et plongeaient, aucun facteur de corrélation ne put ainsi être établi.

La majorité des sujets dans cette étude venaient du Sud de l’île (92%). Le petit nombre de surfeurs issus du Nord de l’île avait moins d’exostoses en dépit d’un historique de surf similaire y compris durant l’hiver. Il y avait une différence significative avec une valeur de P<0,05.

Aucune différence ne fut observée dans la sévérité de la sténose du canal entre ceux qui portaient des bouchons d’oreilles et ceux qui n’en portaient pas. De façon similaire, il n’y avait pas de différence entre ceux qui utilisaient un agent chimique séchant pour oreilles ou ceux qui utilisaient des cotons tiges pour leur hygiène auditive et ceux qui n’utilisaient rien. Les sujets furent interrogés concernant une éventuelle otalgie, otorrhée ou s’ils sentaient de l’eau coincée dans leurs oreillers après avoir été surfer. Dans l’ensemble, il n’y eut pas de signe significatif reporté mais un plus grand nombre de sujets avec un canal sténosé entre 0 à 3 indiqua avoir déjà rencontré ce genre de problèmes comparé aux autres.

Le groupe de surfeurs et de sauveteurs qui obtenait un score de 10 surfait en moyenne depuis 5.4 ans. Ceux qui avaient les premiers signes de rétrécissement du conduit avec un score de 9 avaient en moyenne 10 années d’expérience s’ils ne surfaient pas l’hiver et 6,6 ans pour ceux qui le faisaient.

• Discussion

Les exostoses du canal auditif externe furent décrites comme étant plus fréquentes chez ceux pratiquant un sport aquatique à la fin des années 1900. Avant cela, on pensait que ces lésions étaient dues à une infection chronique et une inflammation. Van Gilse en 1938, remarqua que les Italiens qui se baignaient dans des zones chaudes de la mer Adriatique

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avaient moins d’exostoses que les Allemands qui nageaient dans les eaux froides de la Mer du Nord. Il organisa aussi une série d’expériences incluant 12 sujets humains et confirma que de brèves irrigations (durant 5 secondes) dans le méat auditif externe avec de l’eau froide (à 15°) produisait de l’hyperémie (c'est-à-dire un accroissement de l’afflux sanguin dans une zone de l’organisme) dans ce méat er que cela durait 45 minutes après avoir arrêté l’irrigation. En revanche, des irrigations répétées d’eau plus chaude (40°) produisait une hypérémie durant seulement une minute. Jusqu’à lors, les croissances osseuses avaient été seulement étudiées de façon expérimentale sur des cochons avec des irrigations d’eau froide. Il fut alors estimé que les croissances osseuses étaient liées à cette hyperémie observée chez les humains après l’irrigation du méat auditif externe et que la stimulation du périoste provoquait une augmentation de l'activité ostéoblastique.

La température critique du développement de l’exostose dans le canal auditif externe n’avait pas encore été établie.

Une étude anthropologique de différents crânes issus de différentes zones géographiques dans le monde révéla de faibles taux d'exostose chez ceux qui vivaient au niveau des altitudes de 0 à 30° au Nord et au Sud où la température était supérieure à 19° et à des latitudes supérieures à 45° au Nord et au Sud où l'immersion totale du corps est totalement dissuadé par l'hypothermie. Les taux d'exostose les plus élevés furent observés dans les populations qui vivaient de 35 à 45° de latitude au Nord et au Sud et qui utilisaient des ressources aquatiques marines ou d'eau douce à l’aide de la plongée.

La Nouvelle Zélande se situe entre 37 et 42° de latitude Sud et la température de l’eau est entre 13 et 20° au Nord de l’île tandis qu’elle avoisine les 9 à 18° dans le Sud de l’île.

La température de l'eau à Dunedin variait entre 14° en Février à 10° en Juillet. Cette variation apparaissait assez importante pour produire les effets physiologiques observés sur le méat acoustique externe. Cette étude a ainsi constaté qu'une grande proportion de sujets qui surfaient ou qui sauvaient des vies régulièrement durant de longues années (92% en 10 ans) avait tendance à développer des exostoses osseuses dans le méat externe jusqu’à avoir une occlusion complète du canal auditif. Cela semblait apparaître entre 6 à 10 ans après avoir commencé un sport nautique. Bien entendu, tous les participants ne développaient pas tous une exostose et des variations individuelles furent démontrées. En 1989, l’étude faite par Umeda et al (vue précédemment) examinait 54 surfeurs Japonais professionnels qui surfaient dans des conditions similaires à celle-ci et trouvèrent que 80% des patients étudiés présentaient des signes d’exostose. Ils établirent également que l’obstruction commençait approximativement 5 ans après avoir débuté le surf et que cela empirait en continuant le surf. Les professionnels surfaient tous les jours et passaient donc plus de temps dans l’eau que les amateurs. En revanche, tous les sujets présents dans l’étude ci présente étaient des amateurs, ceci pouvant ainsi expliquer la différence d’apparition des exostoses.

Comme les scientifiques l’avaient prédit, il n’y avait pas de différence entre les surfeurs et les sauveteurs qui avaient un temps passé dans l’eau égal.

Le surf et le sauvetage impliquent le même « degré » d’immersion de la tête dans l’eau et en réalité, un grand nombre de sauveteurs faisaient également du surf.

Un lien étroit existe entre la sévérité de la sténose du canal, le temps d’apparition de l’exostose et le fait de surfer durant l’hiver. Il semble qu’il y ait deux facteurs impliqués, l’un est l’exposition à des eaux froides durant l’hiver, le second est que, comme il n’y avait aucun

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sujet qui surfait exclusivement l’hiver, ceux qui surfaient durant l’hiver tout comme le reste de l’année, passait obligatoirement plus de temps dans l’eau que ceux qui ne le faisaient pas. Des preuves furent mises en évidence dans une expérience qui démontrait l’importance de la froideur de l’eau, plus celle-ci était froide, plus l’effet sur le méat auditif externe était important. Dans cette étude, ceux qui surfaient dans les zones chaudes du Nord de l’île avait moins « l’oreille du surfeur » que ceux du Sud de l’île (P<0,05). Des résultats expérimentaux ont montré que la formation d’os était directement reliée au nombre d’irrigations dans le méat auditif externe. Bien qu’il ne soit pas significatif (P=0,1), un lien a été largement suggéré entre le nombre de jours passés à surfer et le degré de sténose du canal.

Lors de l'analyse de tous ces groupes, l'apparition et la progression de l'oreille du surfeur semblaient plus rapides chez ceux qui pratiquaient leur sport nautique de manière régulière au cours de l'hiver en comparaison à ceux qui pratiquaient seulement durant l’été. Il semblait donc qu’une exposition accrue à l’eau contribuait à l’apparition de la pathologie. Il a été montré que l’utilisation de bouchons d’oreilles afin d’éviter que l’eau ne rentre dans les oreilles empêchait le développement d’exostoses.

Mais cette étude ci présente n’a pas réussi à démontrer une différence significative entre le fait de porter des bouchons d’oreilles et de ne pas en porter. Cependant, seulement sept des participants sur les 92 déclarèrent porter des bouchons d’oreille, aussi ce petit nombre explique surement ce manque de « différence significative ».

Dans cette étude, les oreilles droite et gauche étaient touchées de manière égale. La plupart des auteurs d’études précédentes avançaient le même constat, néanmoins, quelques études avaient elles, relevé une différence d’exostose sur les oreilles droite et gauche, où l’oreille droite était plus sévèrement touchée que la gauche.

Une large proportion du groupe étudié, soit 75% ayant un rétrécissement sévère, c'est-à-dire affublé du grade 0 à 3, exprimait soit une otalgie, une otorrhée, ou de l’eau restée « coincée » dans leurs oreilles après être allés dans l’océan.

Le traitement de l’oreille du surfeur est déterminé par les symptômes. La première « intervention » suite aux otites externes consiste en l’administration de gouttes dans l’oreille constituées d’une combinaison d’antibiotiques et de stéroïdes et d’une hygiène auditive renforcée à l’aide d’une poire effilée. L’intervention chirurgicale étant réservée lors d’otites externes sévères récurrentes, perte de l’audition ou lors d’un choléastome.

Deux sujets avaient eu auparavant une chirurgie pour enlever leur exostose, un sujet avait eu son oreille droite opérée 8 ans auparavant puis la gauche deux ans avant. A l’examen, l’oreille droite était complètement obstruée, et la gauche obtenait un score de 9. Les auteurs de l’étude avaient eu vent d’anecdotes sur le fait que l’os de l’exostose repoussait plus rapidement après avoir été retiré.

Ce patient en question semblait confirmait à la règle. D’autres patients qui avaient eu une occlusion complète, avaient passé en moyenne 19 ans (entre 14 et 24 ans) à surfer ou effectuer du sauvetage en mer. Les auteurs suggèrent donc d’étudier des sujets surfant dans des eaux froides après avoir eu une chirurgie afin de clarifier leurs hypothèses.

Ce qu’il fallait retenir :

Figure

Figure  6 :  Exostose  du  conduit  auditif  externe(8)  A.  Atteinte  partielle  B.  Atteinte  obstructive
Tableau 1. Questionnaire(11)
Figure 9. Journées de surf par an(11)
Figure 10. Carte du Japon(12)
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