SCIENTIFIQUE
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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (UAC)
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ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY-CALAVI (EPAC)
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Centre Autonome de Perfectionnement
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Mémoire de Fin de Formation du Grade de Licence en Production et santé Animales
Thème :
Superviseur:
Prof. Issaka YOUSSAO ABDOU KARIM.
Maître de Conférences en Zootechnie, Enseignant-Chercheur à l’EPAC/UAC
Présenté et soutenu par :
Blaise M. ENOUHERAN
Enquêtes sur le repeuplement des plans
et cours d’eau du Bénin
Dédicaces
Nous dédions ce travail à :
Dieu Tout-Puissant, qui nous a créé et qui veille sur nous jour et nuit.
Gloire honneur et louange te soit rendus au plus haut des cieux ;
Notre père ENOUHERAN O. Georges, et notre mère YEDJI Yessanlodé, pour votre amour infini, vos sacrifices consentis et les conseils que vous nous avez prodigué tout au long de notre cursus. Longue vie à vous et que
Dieu vous bénisse ;
Notre chère épouse SAIBOU Jeannette pour votre attachement ; Nos frères et sœurs Hyppolite, Martine, Ludovic, Adèle, Antoinette pour
vos soutiens de tout genre ;
Nos enfants Walburge et Miracle pour la joie que vous m’apportez.
Hommages
A notre Maître, Professeur Issaka YOUSSAO ABDOU KARIM, Maître de Conférences des Universités du CAMES, Enseignant-Chercheur au Département de Production et Santé Animales de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi pour avoir accepté superviser avec plaisir et dévouement ce travail. Pour ce travail vous avez placé votre confiance en nous sans ménager aucun effort pour son succès. L’amour du travail bien fait, la rigueur scientifique, votre simplicité à conseiller, votre esprit de précision, votre indulgence, votre disponibilité permanente à corriger, constituent pour nous une référence. Veuillez bien recevoir nos sincères hommages :
A tous les Enseignants de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC) en général et en particulier ceux du Département de Production et Santé Animales qui ont contribué à ma formation. Je vous rends un hommage mérité ;
Aux membres du jury : vous avez accepté, malgré vos multiples occupations, de juger ce travail. J’en suis très honoré et vous assure de ma sincère gratitude ;
Remerciement
Je voudrais témoigner ici ma profonde reconnaissance à toutes les personnes qui ont contribué directement ou indirectement à la réalisation de ce travail. Je tiens particulièrement à remercier :
Dieu Tout-Puissant, le chemin, la vérité et la vie, sans qui rien n’est possible.
Je lui rends grâce pour tous ses biens faits ;
Tous les TSPH des SCDA et les Chargés de Pêche pour avoir mis leurs expériences et leurs conseils à ma disposition ;
Monsieur Eugene DESSOUASSI Chef Service Pêche Continentale à la Direction de la Production Halieutique, pour sa collaboration ;
Tous les pêcheurs menant leurs activités sur les plans et cours d’eau qui ont contribué à la constitution des échantillons. Sincères remerciements ;
Toute l’équipe du laboratoire de Biotechnologie Animale et de Technologie des Viandes à l’occurrence messieurs, Ignace DOTCHE et Olivier AMOUSSOU ;
Tous les collègues du SCDA d’Allada pour leur collaboration ;
Tous les membres de la famille ENOUHERAN et SAIBOU que Dieu vous bénisse d’avantage ;
Enfin, tous ceux et celles que j’ai connus, dans diverses circonstances, lors de la préparation et de la rédaction du mémoire et dont les noms ne figurent pas dans ce document, je voudrais les rassurer qu’ils sont bien gravés dans mon cœur.
Liste des sigles et abréviations
EPAC : Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi
LBATV : Laboratoire de Biotechnologie Animale et de Technologie des Viandes
D /PSA : Département de Production et Santé Animales UAC : Université d’Abomey-Calavi
ONG : Organisation Non Gouvernementale
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
CARDER : Centre d’Action Régional pour le Développement Rural UAC : Université d’Abomey-Calavi
TSPH : Technicien Spécialisé en Production Halieutique SCDA : Secteur Communal pour le Développement Agricole AquaDeD : Aquaculture et Développement Durable
PADPPA : Programme d'Appui au Développement Participatif de la Pêche Artisanale
RDR : Responsable du Développement Rural PIP : Programme d’Investissement Public.
CAP : Centre Autonome de Perfectionnement
ProCAD : Programme Cadre d’Appui à la Diversification Agricole PROVAC : Projet de Vulgarisation de l’Aquaculture Continentale
Liste des tableaux
Tableau I : Liste des retenues d’eau (Centre et Nord Bénin) à empoissonner avec les alevins à fournir par ProCAD dans le cadre de la 1ère édition de la Journée Nationale d'Empoissonnement ... 33 Tableau II : Liste des plans et cours d’eau (Sud –Bénin) à empoissonner avec les alevins à fournir par PROVAC dans le cadre de la 1ère édition de la Journée Nationale d'Empoissonnement ... 34
Table des matières
Dédicaces ... 2
Hommages ... 3
Remerciement ... 4
Table des matières ... 7
Introduction ... 11
Première partie : Synthèse bibliographique ... 13
1-Synthèse bibliographique ... 14
1.1-Le repeuplement ... 14
1.1.1-Définition et types de repeuplement ... 14
1.1.2-Inconvénients, risques et limites du repeuplement ... 15
1.2-Exploitation halieutique du Bénin ... 16
1.2.1- Exploitation halieutique sur le lac Nokoué ... 17
1.2.2-Exploitation halieutique sur le lac Toho ... 17
1.2.3-Exploitation halieutique sur le Delta de l’Ouémé ... 18
1.2.4-Exploitation halieutique sur la Lagune de Grand-Popo ... 19
1.3-La biodiversité aquatique ... 19
1.3.1-Définition de la biodiversité aquatique ... 19
1.3.2-Quelques menaces sur la biodiversité aquatique ... 19
1.3.3-Conséquences de ces menaces sur la biodiversité aquatique ... 20
Deuxième partie : Cadre d’étude, matériels et méthode ... 21
2.1-Cadre d’étude ... 22
2.1.1-Caractéristiques des départements parcourus au Bénin ... 22
2.1.1.1-Le département de l’Atlantique ... 22
2.1.1.2-Le département de l’Ouémé ... 23
2.1.1.3-Le département de Mono ... 23
2.1.1.4-Le département du Couffo ... 24
2.1.1.5-Le département des Collines ... 24
2.1.1.6-Le département de l’Alibori ... 24
2.1.1.7-Le département du Borgou... 25
2.1.1.8-Le département de l’Atacora ... 25
2.2-Matériels ... 26
2.3-Méthodologie ... 27
Troisième partie: Résultats et discussions ... 28
3.1-Résultats ... 29
3.1.1-Résultat chez les pêcheurs ... 29
3.1.2-Résultats chez les pisciculteurs ... 30
3.1.3-Les départements de l’Atacora de la Donga de l’Alibori, du Borgou et des Collines ... 31
3.1.4-Organisation de la 1ère édition de la journée nationale d’empoissonnement et des mois de campagne nationale de repeuplement... 31
3.2-Discussion ... 34
Conclusion et suggestion ... 37
Références bibliographiques ... 38
Résumé
Du 05 Juin au 31 Août 2015 nous avons mené une enquête auprès des pécheurs et pisciculteurs sur l’état des lieux des repeuplements des plans et cours d’eaux du Bénin. Dans les communes de Sô-Ava, de Grand Popo, de Ouidah, de Lokossa et de Klouékanme, les pécheurs et pisciculteurs ont unanimement confirmé qu’il n’y avait pas eu de repeuplement par introduction d’espèces halieutiques. Dans la commune d’Adjohoun, parmi les enquêtés, seuls deux ont confirmé qu’il avait eu de repeuplement avec l’espèce Heterobranchus longifilis pour la restauration et la protection de cette espèce en voie de disparition. Le lac Ahémé et le lac Hlan ont connu en 2002 un repeuplement dans le cadre du Programme d’Investissement Public (PIP). Ce repeuplement a été fait par l’espèce Sarotherodon melanotheron. Dans les départements de l’Atacora, de la Donga, de l’Alibori, du Borgou et des Collines, des retenues d’eau ont été ensemencées de 2003 à 2009 par les espèces Oreochromis niloticus et Clarias gariepinus. Des actions d’empoissonnement sont entreprises par l’état béninois autour des écosystèmes aquatiques (d’eau douce) du pays, dans le but de répondre aux problèmes de dépeuplement des plans et cours d’eaux du pays.
Mots clés : Repeuplement, poisson, eau, lac, Bénin
Abstract
From 05 June to 31 August 2015 we conducted a survey of fishermen and fish farmers on the inventory restocking plans and courses of Benin waters. In Sô- Ava communes of Grand Popo, Ouidah, Lokossa and Klouékanmè, fish farmers and fishermen have unanimously confirmed that there had been no restocking by introduction of fish species. In the commune Adjohoun among respondents, only two confirmed that he had had with the species restocking Heterobranchus longifilis for the restoration and protection of the species endangered. The Ahémé Lake and Lake Hlan experienced in 2002 a repopulation in the Public Investment Program (PIP). This was done by repopulating the species S.
melanotheron. In Atacora, Donga, Alibori, Borgou and Collines, the dams were seeded from 2003 to 2009 by O. niloticus species, C. gariepinus. Stocking actions are taken by the Beninese state around aquatic ecosystems (freshwater) of the country, in order to address the problems of depopulation plans and rivers of the country.
Keywords: Stocking, fish, water, lake, Benin
Introduction
Les produits halieutiques jouent un rôle très important dans la nutrition humaine dans le monde entier et au Bénin en particulier. Selon les statistiques de la FAO, en 2009, le poisson a représenté 16,6% des apports en protéines animales de la population mondiale et 6,5% de toutes les protéines consommées (FAO, 2012).
Cependant, dans plusieurs régions d’Afrique subsaharienne, la consommation de poisson demeure trop faible. La production halieutique au Bénin est essentiellement fournie par la pêche dans les cours et plans d’eau. Le secteur des pêches, en tant que composant essentiel du développement rural, apparaît comme stratégique pour arriver à une croissance soutenue de l’économie béninoise (FAO, 2008). Il convient de constater actuellement que suite à l’exploitation irrationnelle de ces ressources, les produits halieutiques ont diminué considérablement et laissent place aux espèces de petite taille et la rareté des grandes espèces comme: Clarias gariepinus ; Heterobranchus longifilis ; Heterotis niloticus ; etc. (Lalèyè, 1997 ; Toko, 2007).
Le Bénin est confronté à un déficit en produits halieutiques qui se justifie par une demande (estimée à plus de 120000 tonnes par an) largement supérieure à la production halieutique nationale qui n’a guère dépassé les 40000 tonnes/an.
Pour combler ce déficit, le Bénin a importé en 2013, 73577,21 tonnes de produits de pêche principalement représentés par le poisson (Country stat, 2014). Face à cette situation, la promotion du secteur pêche devient une nécessité. Il convient donc de revoir la production des plans d’eaux continentaux et une réorganisation du secteur pêche continentale. Dans le passé, le repeuplement des plans et des cours d’eau avait eu lieu au Bénin. Pour ce faire, il est nécessaire de faire un état des lieux pour évaluer les causes de succès et d’échec de cette activité en vue de proposer des solutions idoines pour une meilleure valorisation de cette filière. L’objectif général de ce travail est d’avoir une idée globale sur l’historique des repeuplements des plans d’eau et de façon
spécifique de tracer des pistes pour la restauration et la conservation des ressources naturelles comme perspectives à la gestion durable de la biodiversité dans les écosystèmes aquatiques naturels.
Ce document est structuré en trois parties :
la première partie est consacrée à la synthèse bibliographique ;
la deuxième partie présente les matériels et méthode utilisés ;
la troisième partie expose les résultats obtenus et la discussion.
Première partie : Synthèse
bibliographique
1-Synthèse bibliographique 1.1-Le repeuplement
Le repeuplement des milieux aquatiques a longtemps reposé sur l’idée que, pour accroître les ressources halieutiques, il suffisait d'augmenter artificiellement la quantité de poissons présents à des stades précoces dans les écosystèmes continentaux et marins.
Ainsi, au fur et à mesure de l’avancée des connaissances sur la reproduction de certaines espèces (Clarias gariepinus, des Tilapias) et la maîtrise de leur reproduction artificielle, la capacité à produire de grands nombres d’œufs ou d’alevins de plusieurs espèces de poissons est devenue une réalité. Le contrôle de la reproduction, et l’accès à de grandes quantités d’œufs fécondés, puis de larves présentant en captivité une survie très supérieure à celle de la reproduction naturelle a incité à multiplier les tentatives de repeuplement par libération d’alevins ou de jeunes poissons élevés en captivité. Cette opération a été encouragée par les Etats ou les Organisations Non Gouvernementales (ONG) dont l'objectif est de contribuer au maintien des ressources alimentaires et au soutien économique de la filière halieutique.
1.1.1-Définition et types de repeuplement
Le repeuplement consiste en un déversement d'animaux (poissons, crustacés, mollusques) dans les milieux aquatiques (continentaux ou marins) afin d'accroître leur productivité halieutique. Les auteurs identifient plusieurs types de repeuplement que l'on peut classer de la manière suivante en fonction de leurs objectifs :
de compensation, lorsqu'il s'agit de remédier aux conséquences sur la ressource d'activités humaines ; par exemple : les déversements d'animaux, d'origine locale, pour compenser la perte de productivité de frayères noyées par une retenue d'eau ;
d'accroissement des stocks pour augmenter la ressource; la contrainte principale porte sur les capacités des ressources trophiques naturelles à pouvoir nourrir ces populations surdensitaires ;
d'introduction contrôlée de populations non indigènes ou exotiques, rare ou inexistante dans la zone concernée (à différencier d'introductions accidentelles d’espèces pouvant devenir invasives).
1.1.2-Inconvénients, risques et limites du repeuplement
Le réempoissonnement, tel qu'il est pratiqué depuis quelques décennies pose plusieurs problèmes préoccupants :
L'ensemencement halieutique est aussi une source possible de diffusion de parasites et pathogènes. La concentration des poissons dans les bassins de pisciculture ou dans l'espace restreint des cages flottantes augmente fortement le risque d'épidémies et encourage les éleveurs à l'utilisation de traitements antibiotiques, ce qui favorise l'apparition et la circulation de souches de pathogènes antibiorésistantes.
Certaines espèces de poissons d'élevage hybrides ou triploïdes (stériles) introduites dans le milieu (ou échappées d'élevage) pourraient affecter la bonne reproduction des souches sauvages en place.
Les réempoissonnements se font généralement à partir de quelques souches d'élevage et d'insémination artificielle. Ils peuvent alors perturber la reproduction des congénères sauvages pour causer de graves pollutions génétiques, car les poissons introduits sont génétiquement très homogènes, et qu'ils sont généralement beaucoup plus gros que leurs congénères au même âge (parce qu'ayant bénéficié d'une nourriture artificielle abondante), ce qui est un avantage compétitif dans leur nouveau milieu. Cet avantage pourrait n'être que provisoire, car ils n'ont pas pris l'habitude de rechercher leur
nourriture naturelle, mais les analyses génétiques montrent qu'ils s'accouplent effectivement, et avec succès, avec des individus de souches sauvages.
Des pisciculteurs spécialisés produisent chaque année des millions de poissons qui servent à ensemencer ou réensemencer des rivières, fleuves, canaux ou plans d'eau. Les progrès de la génomique et des analyses génétiques appliqués à la biologie de la conservation des ressources génétiques halieutiques, des salmonidés notamment ont permis de confirmer les problèmes de pollution et d’appauvrissement génétique posés par les réintroductions à partir de souches d'élevages génétiquement trop homogènes et pauvres.
1.2-Exploitation halieutique du Bénin
Le Bénin dispose d’une façade maritime longue de 121 km s’étendant de la frontière nigériane à la frontière togolaise et d’un réseau hydrographique dense, inégalement réparti entre la région méridionale et septentrionale. Dans la zone méridionale, le réseau hydrographique est principalement composé d’une série de lagunes qui suivent de près la côte depuis la ville de Grand-Popo jusqu’à l’Ouest du fleuve Mono et communiquent avec le lac Ahémé, le tout formant le bassin côtier du Sud-Ouest. Le lac Nokoué, le plus vaste des plans d’eau de l’intérieur s’étend sur 150 km² et communique avec la lagune de Porto-Novo, formant avec ce dernier le bassin côtier du Sud-Est. Au total, les deux bassins côtiers du Sud, avec d’autres petits lacs, comprennent environ 333km² d’eaux saumâtres. De manière générale, les écosystèmes lagunaires constituent des biotopes très riches du fait de l’influence alternée des eaux marines et des eaux douces. Tilapia guineensis fait partie des espèces les plus abondantes dans ces plans d’eaux (Lalèyè et al. 2003; Ahouansou-Montcho, 2003; Villanueva, 2004; Gnohossou, 2006; Niyonkuru, 2007).
1.2.1- Exploitation halieutique sur le lac Nokoué
Lalèyè et al. (2003) ont recensé sur le lac Nokoué, 51 espèces appartenant à 47 genres, 34 familles et 10 ordres. Certaines espèces sont remarquées abondantes sur le lac dont: Ethmalosa fimbriata, Sarotherodon melanotheron, Elops lacerta, Citharichthys stampflii, Hemichromis fasciatus, Tilapia guineensis, Pellonula leonensis, Chrysichthys auratus, Dormitator lebretoni et autres. Les pêcheurs de ce plan d'eau sont de véritables professionnels très inventifs qui excellent dans le métier et l’exercent de manière individuelle ou collective. Ils utilisent une gamme variée d’engins et de techniques de pêches. Les plus couramment utilisées sont: les filets (éperviers, filets maillants ou filets dormants), les lignes à hameçons individuels ou multiples (palangres), les barrages et les nasses-pièges, le «mêdokpokonou » ou filet de barrage, les « acadjas ». L’installation humaine sur le plan d’eau remonte au XVIIe siècle.
Les guerres, les razzias et l’esclavage provoqués par le commerce triangulaire entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, il y a plus de 300 ans, ont été les principales causes de cette installation. Aujourd’hui, les différentes activités menées sur ce lac sont: l’agriculture, l’élevage, le commerce, etc.
1.2.2-Exploitation halieutique sur le lac Toho
La faune ichtyologique du lac Toho est constituée de 37 espèces réparties en 15 familles (Hounkpè et al. 2001). Au dire des pêcheurs, depuis le dernier assèchement de ce lac en 1978, les individus de Gymnarchus niloticus sont devenus presque inexistants dans ce plan d’eau alors qu’ils y étaient en abondance. La pêche, activité principale des populations riveraines est pratiquée par moins de pêcheurs autochtones qu’allochtones. Selon Sossa (2001), elle constitue la principale activité des jeunes vivants autour du lac.
Environ 2500 pêcheurs exploitant le lac, sont constitués des Adja, Sahouè, Toffin, Kotafon, Haoussa, Pédah, Goun et Bopa (Ahouansou-Montcho, 2003) .Les engins utilisés sur ce lac sont: les filets épuisettes (Sèguè, Congo et
Adjakpo ou Kounkouin), les filets maillants (Awlè ou Sito ou Adoun et Dokpoè), les lignes (Mlinvi et les palangres) Olotouè, Montocloé ou Montoclouin, les barrages à nasses, les nasses. La population de mareyeuses est essentiellement constituée de femmes. Selon Ahouansou-Montcho (2003), 50% des pêcheurs vendent leurs poissons à leurs épouses, 47% aux mareyeuses et 3% aux clients.
1.2.3-Exploitation halieutique sur le Delta de l’Ouémé
Plusieurs études sociologiques, taxonomiques, écologiques et technologiques ont été menées sur les pêches dans la basse vallée de l’Ouémé. L’exploitation des ressources halieutiques y revêt un aspect traditionnel.
De façon globale, on retient de ces études que quinze (15) méthodes et engins de pêche sont utilisés dans la vallée de l’Ouémé pour l’exploitation des ressources halieutiques à travers une diversité d’habitats aussi bien dans le lit mineur que sur la plaine d’inondation (Ezin, 2001). On distingue les engins actifs caractérisés par une prise commanditée par l’effort humain direct et ainsi la récolte est simultanée (ligne, épervier, etc.) et les engins passifs qui sont posés, laissés et explorés ultérieurement pour le ramassage de la prise (filets maillants, etc.). Traditionnellement organisée et menée par les hommes, la pêche connaît de nos jours de plus en plus la participation des femmes et des enfants sans répartition rigoureuse des tâches. Toutefois, les femmes se consacrent beaucoup plus à la transformation des produits halieutiques et à leur commercialisation (Kyangwi, 2002). Au niveau des pêcheries fixes (acadjas, whédos, etc.), la gestion du terroir est plus stricte et originelle: les acadjas sont presque toujours installés aux mêmes endroits dans le lit du fleuve par les mêmes personnes ou un membre proche de leur famille; les trous à poissons quant à eux sont strictement familiaux.
1.2.4-Exploitation halieutique sur la Lagune de Grand-Popo
La pêche, activité économique originelle demeure la principale exercée par toutes les populations des villages riverains. Les familles et les genres de poissons rencontrés au niveau de la lagune sont les Cichlidae: Sarotherodon, Tilapia, Hemichromis; les Clupeidae: Ethmalosa, Pellonula; les Mugilidae:
Liza, Mugil; les Clarotidae: Chrysichthys; les Carangidae: Caranx (Hounkpè et Bonou, 2001). Dans notre zone d'étude, il existe soit des unités de pêche constituées d'une pirogue équipée d'engins conduite par un seul pêcheur, soit des équipes de pêche composées souvent de deux pêcheurs (un patron et un aide). Les engins utilisés dans la zone sont: les palangres appâtées; le filet épervier; les filets maillants; la ligne; le dokpoé; le panier; le sossoglossoé;
Ehà; les nasses. Ces engins de pêche ainsi que les pirogues sont généralement une propriété individuelle.
Précisons que les femmes s'adonnent quelques fois à la pêche surtout en période de crues où les captures sont abondantes. Les engins de pêche qu'elles utilisent sont les dokpoé et les paniers.
1.3-La biodiversité aquatique
1.3.1-Définition de la biodiversité aquatique
La biodiversité aquatique est la dynamique des interactions dans les milieux aquatiques en perpétuel changement. Elle se décline en diversités écologiques (milieux et habitats aquatiques), diversités spécifiques (espèces aquacoles) et diversités génétiques. C’est la dynamique des interactions de tout le vivant aquatique, y compris l’homme.
1.3.2-Quelques menaces sur la biodiversité aquatique
Les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la biodiversité aquatique sont entre autres :
la destruction des habitats de la faune en générale, poissons et oiseaux en particulier ;
la pratique des techniques et méthodes prohibées de pêche et la destruction des ressources (utilisation de filet à fine maille, utilisation de produits toxiques, etc.) ;
l’envahissement des plans d’eau par les plantes aquatiques proliférant telles que la jacinthe d’eau, et l’érosion physico-chimique naturelle ;
la pratique de la chasse aux lamantins pourtant interdite par les lois, mais qui prend de plus en plus d’ampleurs dans l’Ouémé par exemple ;
la pratique des acadjas qui participe au comblement des plans d’eau et à la réduction des forêts de mangrove ;
l’utilisation du bois de mangrove comme bois d’énergie et bois de construction par les populations locales sans alternatives ;
la mauvaise gestion des déchets solides, liquides ménagers et parfois biomédicaux par les communautés ne disposant pas souvent d’infrastructures d’assainissement commodes ;
la pollution des eaux par les pesticides utilisés en agriculture et autres produits ménagers.
1.3.3-Conséquences de ces menaces sur la biodiversité aquatique Les conséquences de ces menaces sont diverses. Mais toutes se résument :
au plan écologique à une érosion progressive de la biodiversité du milieu ;
au plan sanitaire à un risque élevé de contamination des produits halieutiques et des nappes souterraines souvent utilisées dans la distribution d’eau de boisson ;
au plan écologique à la perte de la valeur des plans d’eau ;
au plan social à une pauvreté de plus en plus accrue chez les populations riveraines ou vivantes sur les plans d’eaux ;
au plan politique à l’échec des projets tendant à la valorisation des cours d’eaux.
Deuxième partie : Cadre d’étude,
matériels et méthode
2- Cadre d’étude, matériels et méthode 2.1-Cadre d’étude
Les enquêtes ont été réalisées dans les Communes de Sô-Ava, d’Adjohoun, de Grand Popo, de Ouidah, de Lokossa, de Klouekanme, de Toffo, de Come, de Bopa et de Kpomasse, au Sud du Bénin. Pour le nord du Bénin, les informations sur le repeuplement ont été obtenues auprès de la Direction de Production Halieutique (DPH). En somme, la collecte des données a lieu dans les départements de l’Ouémé, de l’Atlantique, du Mono ; du Couffo, du Borgou, de l’Alibori, de la Donga et des Collines.
2.1.1-Caractéristiques des départements parcourus au Bénin 2.1.1.1-Le département de l’Atlantique
Le département de l’Atlantique se situe au niveau géographique des villages de Sêhouè, Kpomè et Djigbé et passe par la dépression de la Lama. A l’Est, il est limité par le département de l’Ouémé. Son hydrographie est caractérisé notamment par le fleuve Couffo, qui parcourt le département sur près de 50 kilomètres et qui se jette dans le lac Ahémé. Il est composé de 22 500 ha de lacs et lagunes, sa végétation est caractérisée par un bush arbustif, associé à des peuplements plus ou moins denses de palmiers à huile. La pluviométrie moyenne annuelle est voisine de 1200mm, dont 700 à 800 mm pour la première saison pluvieuse et 400 à 500 mm pour la seconde saison des pluies. Il est essentiellement marqué par un climat subéquatorial caractérisé par deux saisons sèches et deux saisons des pluies. Le département de l’atlantique a pour coordonnées géographiques : 6° 40’ N et 2°15’ E. D’après la Direction des Etudes Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.1.1.2-Le département de l’Ouémé
Le département de l’Ouémé est situé au Sud-est du Bénin. Il est limité au Sud par l’océan Atlantique et le département du Littoral, au Nord par le département du Plateau, à l’Ouest par le département de l’Atlantique et à l’Est par la République Fédérale du Nigéria. Il a un climat à quatre saisons à savoir: une saison des pluies principale (Avril -Juillet); une saison sèche mineure (Août – Septembre), une saison des pluies mineure (Octobre –Novembre), une saison sèche principale (Décembre – Mars) ; une pluviométrie se situant entre l’isohypse 900 mm et 1500 mm. Il est irrigué par le fleuve Ouémé, le lac Nokoué et la lagune de Porto-Novo. La végétation est essentiellement anthropique: fourrée, arbustive, dense où dominent le palmier à huile et les graminées avec quelques reliques forestières par endroits, une savane herbeuse, des prairies, des formations marécageuses à raphia et quelques mangroves.
L’Ouémé a pour coordonnées 6°40’0’’ N et 2°30’0’’E. D’après la Direction des Etudes Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.1.1.3-Le département de Mono
Il est limité au Nord par le département du Couffo, au Sud par l’océan Atlantique, à l’Est par le département de l’atlantique et à l’Ouest par la république du Togo. Il jouit d’un climat de type subéquatorial avec une succession de quatre saisons, une pluviosité variant entre 850 mm et 1160 mm, une température pouvant atteindre 27,9°C. Sa formation végétale est caractérisée par une savane herbeuse, des formations marécageuses et quelques mangroves.
On y note aussi l’existence de nombreux bas-fonds inexploités dus à la présence de nombreux fleuves, lacs et lagunes contigus débouchant sur la mer. Le département du Mono a pour coordonnées géographiques : 6°34’60’’ N et 1°49’60’’ E. D’après la Direction des Etudes Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.1.1.4-Le département du Couffo
Il est limité dans sa partie Sud par le département du Mono, au Nord par celui du Zou, à l’Est par le département de l’Atlantique et à l’Ouest par la République Togolaise. Le climat est de type soudano-guinéen à deux saisons pluvieuses et à deux saisons sèches. La hauteur annuelle de pluie varie entre 800 mm et 1200 mm. Sa végétation est faite de savane à Aplahoué, surtout dans sa partie Nord.
Elle est homogène et dominée par la savane arborée et herbeuse. On y rencontre aussi des jachères à palmiers. Le Couffo est situé géographiquement à : 6°57’43’’ N et 1°48’06’’ E. D’après la Direction des Etudes Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.1.1.5-Le département des Collines
Il est limité au Sud par le département du Zou, au nord-ouest par la Donga et au nord-est par le Borgou. Ce département appartient intégralement à la zone de climat soudano-guinéen à deux saisons pluvieuses avec des aléas. La pluviométrie varie entre 80 et 110 mm. Il en résulte quatre saisons dont deux saisons sèches et deux saisons pluvieuses. La savane arborée est la végétation dominante de la zone et est plus prononcée vers le Nord avec un réseau hydrographique peu important. Néanmoins, quelques rivières permettent d’assurer partiellement la couverture des besoins en eau des populations. Les Collines se situent géographiquement : 8°01’59’’ N et 2°29’01’’ E. D’après la Direction des Etudes Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.1.1.6-Le département de l’Alibori
Il est limité à l’Est par la République Fédérale du Nigéria, au Nord par le Burkina-Faso et le Niger, au Sud par le département du Borgou et à l’Ouest par le département de l’Atacora. Son climat évolue du type soudanien dans sa partie Sud vers le type soudano-sahélien dans sa partie Nord (Karimama – Malanville). Elle ne connaît qu’une seule saison de pluie qui dure 5 à 6 mois avec une pluviosité oscillant entre 700 mm et 120 mm. On rencontre deux types
de végétation: une savane arbustive clairsemée, dominée par des épineux et des galeries forestières longeant les cours d’eau. L’Alibori est situé géographiquement : 11°12’ 0’’ N et 2°55’0’’ E. D’après la Direction des Etudes Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.1.1.7-Le département du Borgou
Il est limité au Nord par le département de l’Alibori, au Sud par les départements des Collines et de la Donga, à l’Est par la République Fédérale du Nigéria, et à l’Ouest par le département de l’Atacora. Le climat est de type soudanien avec une seule saison des pluies. La pluviométrie annuelle varie entre 900 et 1300 mm par an. La végétation est luxuriante. C’est une savane à physionomie diversifiée où la densité des arbres diminue vers le Nord. Le Borgou comporte la ligne de séparation des deux principaux bassins qui arrosent le Bénin. Le Nord de ce département est arrosé par les affluents du Niger (Alibori, Sota), tandis que le Sud-est arrosé par l’Okpara, un affluent de l’Ouémé et par le fleuve Ouémé lui-même. Le département du Borgou est géographiquement situé : 9°21’ 0’’ N et 2°37’0’’ E. D’après la Direction des Etudes Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.1.1.8-Le département de l’Atacora
Il est limité au Nord par la République du Burkina-Faso, au Sud par le département de la Donga, à l’Est par les départements de l’Alibori et du Borgou et à l’Ouest par la République du Togo. Le réseau hydrographique est dominé par deux principaux fleuves: la Pendjari (135km) et le Mékrou (410 km). Le climat est en général du type soudanien à deux saisons: la saison pluvieuse de juin à octobre et la saison sèche de novembre à mai. La chaîne de l’Atacora avec 700 mètres d’altitude en moyenne). On rencontre une savane parsemée de quelques arbres de karité et de néré. L’Atacora est situé géographiquement comme suit : 10°45’0’’N et 1°40’0’’ E. D’après la Direction des Etudes
Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.1.1.9-Le département de la Donga
Il compte 177 villages ou quartiers de ville répartis dans quatre communes à savoir les communes de Djougou, de Bassila, de Copargo et de Ouaké. Le climat est du type soudano-guinéen, caractérisé par une saison sèche qui couvre la période de mi-octobre à mi-avril et une saison pluvieuse entre mi-avril et mi- octobre. La normale des précipitations se situe entre 1 200 mm et 1 300 mm avec le mois d'août comme le mois le plus pluvieux. C’est dans ce département que le fleuve Ouémé prend sa source (Tanéka-Koko) et coule vers l’Océan Atlantique. En saison pluvieuse, les cours d’eau entraînent des submersions favorables à la pratique de la riziculture dans les bas-fonds. La végétation est dense le long des cours d’eau et constitue ainsi des forêts galeries. Le département de la Donga est situé géographiquement comme suit : 9°10’0’’ N et 1°49’60’’ E. D’après la Direction des Etudes Démographiques, Cotonou, Mai 2004.
2.2-Matériels
Les matériels utilisés dans ce travail sont composés du matériel roulant (voiture, moto) et des fiches d’enquête.
Les fiches d’enquête comportent des renseignements sur l’identification des pêcheurs, des pisciculteurs, les caractéristiques des espèces de poissons et des infrastructures d’élevage. Pour les caractéristiques, les données collectées sont : le nombre de cages, les différents modes d’élevage sur les plans et cours d’eau (cages flottantes ou enclos), les différentes causes qui sont à l’origine des échappés de poissons, la période où le repeuplement a été fait, l’état des lieux avant le repeuplement ; l’organisation qui à effectuer le repeuplement, la différence qu’on note entre les performances des poissons introduits et ceux d’avant introduction, et l’impact noté sur la biodiversité aquatique.
2.3-Méthodologie
La méthodologie utilisée dans la présente étude est celle d’une enquête rétrospective par entretien direct avec les pêcheurs et les pisciculteurs dans les départements de l’Ouémé, de l’Atlantique, du Mono; du Couffo, du Borgou, de l’Alibori et des Collines. Elle fait appel à sa mémoire pour se souvenir, tout en reconstituant les différents modes d’élevage des poissons qui peuvent servir dans le cadre du repeuplement dans les plans et cours d’eau. Dans chacune des communes choisies, les pêcheurs les pisciculteurs sont identifiés avec l’aide des agents des Centres Communaux pour la Promotion Agricole (CeCPA). Les pêcheurs et les pisciculteurs identifiés sont soumis à un entretien par discussion directe pour la collecte des données sur l’état des lieux des repeuplements dans chacune des communes. Le nombre de pêcheurs enquêtés est de 11 à So-Ava, 8 à Adjohoun, 12 à Grand Popo, 8 à Ouidah, 10 à Lokossa, 8 à Klouékanme, 10 à Toffo, 6 à Comé, 10 à Bopa et 5 à Kpomasse. Chez les pisciculteurs, le nombre d’enquêtés est de 16 à So-Ava, 6 à Adjohoun (2 à Houedo-Wo et 4 à Agonlin- Lowé), 2 à Grand Popo et 2 à Ouidah. Aucun pisciculteur n’a été rencontré à Lokossa, à Klouekanme, à Toffo, à Comè, à Bopa et à Kpomassè. Nous nous sommes également entretenus avec certains responsables d’ONG dans le département de l’Ouémé (AquaDeD) ainsi que certains agents de la Direction de Production Halieutique (DPH).
Troisième partie: Résultats et
discussions
3.1-Résultats
3.1.1-Résultat chez les pêcheurs
Dans la commune de Sô Ava, de Grand Popo, de Ouidah, de Lokossa et de Klouékanme, les pêcheurs ont unanimement confirmé qu’il n’y avait pas eu de repeuplement par introduction d’espèces halieutiques.
A Adjohoun, parmi les pêcheurs enquêtés, seuls deux résidants à Agonlin-lowé ont confirmé qu’il y avait eu de repeuplement. Ce repeuplement avait été fait avec l’espèce Heterobranchus longifilis par l’Organisation Non Gouvernementale Aquaculture et Développement Durable. Cette ONG s’est chargée de lâcher dans des zones bien aménagées de la delta de l’Ouémé des alevins de l’espèces Heterobranchus longifilis qui est en voie de disparition et précédemment reproduits artificiellement dans la ferme piscicole Royal Fish Bénin S.A. L’objectif poursuivi par cette activité est la restauration et la protection des espèces en voie de disparition. Le repeuplement est réalisé après la construction de la zone des frayères artificielles qui sera le lieu de refuge et de protection des alevins relâchés. Ces alevins seront à cet endroit à l’abri de la pression de pêche exercée par les populations riveraines sur le plan d’eau. Selon les informations collectées auprès de l’ONG, après Agonlin-Lowé, les villages Hêtin-Sota et Avagbodji sont aussi pris en compte par le repeuplement.
D’après les informations recueillies auprès de ces pêcheurs, ce repeuplement a connu une réussite parce que lors des pêches, ils retrouvaient cette espèce qui était en voie de disparition ; mais selon l’ONG, la réussite n’est pas parfaite par ce qu’il fallait pérenniser le repeuplement dans le temps selon une périodicité.
La commune de Toffo est traversée par le lac Hlan. D’après nos collectes d’informations, ce lac a connu en 2002 un repeuplement dans le cadre du Programme d’Investissement Public(PIP). Ce repeuplement a été fait par l’espèce S. melanotheron dont la cause était le dépeuplement lié à la surpêche.
Avant ce repeuplement, les pécheurs ont affirmé la rareté de l’espèce dans le plan d’eau et après ont noté l’augmentation de l’abondance de l’espèce, ce qui a accru leurs revenus. Les alevins utilisés dans ce cadre proviennent du lac nokoué.
Les communes de Come, de Bopa et de Kpomasse sont traversées par le lac Ahémé. D’après nos collectes d’informations, ce lac a connu en 2002 un repeuplement dans le cadre du Programme d’Investissement Public(PIP).Ce repeuplement a été fait par l’espèce S. melanotheron dont la cause était le dépeuplement lié à la surpêche. Avant ce repeuplement, les pécheurs ont affirmé la rareté de l’espèce dans le plan d’eau et après ont noté l’augmentation de l’abondance de l’espèce, ce qui a accru leurs revenus. Les alevins utilisés dans ce cadre proviennent du lac nokoué.
3.1.2-Résultats chez les pisciculteurs
La commune de So-Ava est traversée par la rivière Sô sur laquelle, les pisciculteurs pratiquent la pisciculture en cage flottante. Le nombre de cages varie de une à cinq par producteur. Les cages flottantes sont ensemencées d’espèces de Oreochromis niloticus, Clarias gariepinus et de Mégalopse. Des échappés de poissons ont été notés dont la principale cause est le mauvais état des cages flottantes.
Dans la commune d’Adjohoun traversée par le fleuve Ouémé, les pisciculteurs rencontrés dans les villages de Houédo Wo et d’Agonlin Lowé disposent des cages flottantes dont la moyenne est de trois par producteur. Ces pisciculteurs élèvent Oreochromis niloticus et Clarias gariepinus. Sur les six pisciculteurs rencontrés, trois ont connu des échappés de poissons dont la cause est la fuite lors des tris.
A Grand Popo traversée par la lagune de Grand Popo, les deux pisciculteurs rencontrés disposent l’un de trois cages flottantes et l’autre de huit cages
flottantes. Au niveau des deux pisciculteurs qui élèvent Oreochromis niloticus et Clarias gariepinus, l’un a connu des échappés de poissons dont la cause est le mauvais état des cages flottantes.
Dans la commune de Ouidah, le plan d‘eau concerné est la lagune Toho sur laquelle nous avons rencontré deux pisciculteurs ayant d’enclos et de cages flottantes. L’un dispose d’un enclos et l’autre de 87 cages flottantes ; ce dernier a connu des échappés de poissons dont les causes sont diverses à savoirs: pendant les tris, lors de l’empoissonnement des cages en alevins, lors de la pêche des poissons et les cages endommagées. Les espèces élevées sont Clarias gariepinus, Oreochromis niloticus et Oreochromis mosambicus.
Dans la commune de Lokossa traversée par le lac Toho et la commune de Klouékanme traversée par le fleuve Couffo, nous n’avons pas rencontré de producteurs qui exercent la pisciculture sur le plan d’eau.
3.1.3-Les départements de l’Atacora de la Donga de l’Alibori, du Borgou et des Collines
Il s’agit là des retenus d’eau qui ont été ensemencés de 2003 à 2009 par les espèces O. niloticus et C. gariepinus provenant des pisciculteurs locaux (pilotes) par le projet PADPPA dont la cause était le dépeuplement des retenus d’eau. Ce repeuplement est marqué par l’abondance des espèces dans les retenues d'eau empoissonnées et a amélioré les revenus des pêcheurs.
3.1.4-Organisation de la 1ère édition de la journée nationale d’empoissonnement et des mois de campagne nationale de repeuplement Dans le cadre de Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole, il est prévu une réduction des importations de poissons par le développement de l’aquaculture et l’amélioration de la productivité des eaux en optimisant l’exploitation des potentialités disponibles, notamment des ressources biologiques des plans et cours d’eau, y compris les retenues d’eau.
Pour l’opérationnalisation de cette vision, le Gouvernement du Bénin a institué en Conseil des Ministres le 18 Mars 2015, la Journée Nationale d’Empoissonnement et la Campagne Nationale de repeuplement des plans et cours d’eau du Benin.
La première édition de cette Journée Nationale d’Empoissonnement a été officiellement lancée le 1er octobre 2015 à Pahou sur la lagune Toho dans la commune de Ouidah. La campagne nationale de repeuplement des plans et cours d’eau durera les mois d’octobre et de novembre 2015.
A cet effet des actions d’empoissonnement sont entreprises autour des écosystèmes aquatiques du pays, notamment, les retenues d’eau du Centre et du Nord Bénin à empoissonner avec les alevins à fournir par ProCAD (Tableau I), puis les plans et cours d’eau du Sud –Bénin à empoissonner avec les alevins à fournir par PROVAC (Tableau II).
Tableau I : Liste des retenues d’eau (Centre et Nord Bénin) à empoissonner avec les alevins à fournir par ProCAD dans le cadre de la 1ère édition de la Journée Nationale d'Empoissonnement
N°
Départements
Communes
Retenues
Tilapia Clarias
Total Nombre Nombre
1
Atacora/Donga
Bassila Alédjo Koura 10000 10000
Tanguiéta Sinahou 1 et 2 10000 10000
Boukounbé Dipokoufontri 5000 5000
Koumontchirogou 5000 5000
Djougou Bellefoungou 15000 15000
Ouaké Badjoudè 14000 14000
Sèmèrè 5000 5000
Kouandé Sowa/Sekogourou 10000 4000 14000
Kpéssourou 10000 2000 12000
Kérou Yakimoto 5000 5000
Batenin 10000 10000
Pehunco Tobré 2000 2000
Beket 5000 5000
Copargo Tchandégou 3000 3000
2
Borgou/Alibori
Pèrèrè Guinagourou 5000 5000
Nikki Boucanere 12000 12000
Sakabansi 5000 5000
Kalalé Dunkassa 12000 12000
Kidarou Pérou 5000 5000
Ségbana Liboussou I 5000 1000 6000
Liboussou II 5000 1000 6000
Kpépia 5000 1000 6000
Kambara 5000 1000 6000
Banikoara Tintinmou 8000 8000
Atabénou 5000 5000
Ounet 5000 5000
Malanville Guéné 8000 4000 12000
Kassa 8000 4000 12000
Kandi Yorodarou 5000 5000
Gogounou Sori 8000 2000 10000
Ouere 8000 4000 12000
Bemberekè Guessou 2000 500 2500
Sinendé Niaro 2000 2000
N'dali Sakarou (Boko) 3000 3000
Tchaourou
Bori 5000 2500 7500
Yébéssi 4000 4000
Boukousséra 2000 2000
3 Zou/Collines
Dassa-Zoumè Odo-Otchere 8000 8000
Bétécoucou 8000 8000
Savè Ouoghi 8000 8000
Ouèssè Boti-Houégbo 8000 8000
Kokoro 8000 8000
Gbédé 8000 8000
Bantè Péhoudié 8000 8000
Glazoué Madengbé 8000 8000
TOTAL 300000 32000 332000
Tableau II : Liste des plans et cours d’eau (Sud –Bénin) à empoissonner avec les alevins à fournir par PROVAC dans le cadre de la 1ère édition de la Journée Nationale d'Empoissonnement
N
° Département Plan d'eau Commune (s) Village (s) de réception
Quantité alevins de
tilapia
1 Zou Lac Sré Ouihi Sagon et Houédja 10000
Lac Azilli Zagnanado Agonvè 10000
3 Atlantique
Lac Hlan Toffo Kpomè 10000
Rivière Sô Sô-Ava Kinto 10000
Lagune Toho Ouidah Pahou
5 Couffo Lac Togbadji Dogbo Bakpohoué et
Hounnouvihoué 10000
6 Mono
Lac Doukon Lokossa Doukonta 10000
Fleuve Couffo Bopa Houégbo et
Agbodji 10000 Fleuve Mono Grand Popo Vodomè 10000 7 Ouémé Fleuve Ouémé dans
la Vallée
Bonou, Adjohoun,
Dangbo
Bonou à Dangbo 25000
TOTAL 105000
3.2-Discussion
En somme, après nos études de collecte des données nous pouvons dire que le repeuplement d’une manière ou d’une autre a eu lieu soit par introduction directe d’espèces halieutiques soit par la reproduction des espèces élevées en pisciculture(cas des cages flottantes ou enclos) et dans ce cas les alevins mis en charge ayant atteint la maturité se reproduisent et donnent naissance à des alevins qui échappent par les mailles des filets et repeuplent les plans d’eau.
Dans le cas de repeuplement par introduction d’espèces, il faut noter que des actions ont été réalisées pour conserver les espèces en voie de disparition ou pour augmenter la charge des plans d’eau. En cela, des organisations intervenant dans la pisciculture ont contribué par l’introduction de certaines espèces de poisson dans les plans et les cours d’eau. De plus, le gouvernement béninois a instauré tout récemment la première journée nationale d’empoissonnement le 1er Octobre 2015 et une campagne de repeuplement (octobre et novembre 2015) des
plans et cours d’eau couvrant toute l’étendue du territoire nationale. Cette politique de repeuplement mise en œuvre par l’état béninois concerne seulement les eaux douces. Les lacs et lagunes encombrés ne sont pas concernés par ce programme de repeuplement.
Par ailleurs, en considérant la capacité à produire un grand nombre de juvéniles de certaines espèces, l'amélioration des connaissances sur la qualité des juvéniles, puis les méthodes d’élevage des poissons dans les enclos et les cages flottantes rendent désormais moins aléatoire les résultats d'opération de repeuplement. Bon nombre de risques ont été identifiés (génétique, pathologique, écologique). Cependant, chaque cas s'avère être particulier. Il dépend des espèces concernées, de la situation du stock sauvage que l'on souhaite "améliorer", de la capacité du milieu à accepter un niveau de recrutement artificiellement accru et des méthodes que l’on peut mettre en œuvre pour mesurer les effets. Dans ce contexte, une activité de repeuplement envisagée aujourd'hui devrait faire l'objet d'études préalables intégrant l'ensemble des domaines qui lui sont dus.
Dans le domaine scientifiques des études préalables doivent être faites par rapport : au choix des espèces (en fonction des connaissances biologiques disponibles) ; à l’évaluation des besoins qualitatifs (aspects génétiques) et quantitatifs en animaux à lâcher en fonction des caractéristiques du milieu ; aux conditions de mise en charge des alevins.
Dans le domaine social ces études doivent être faites sur: l’analyse des motivations des populations; la définition précise des objectifs (économiques, pédagogiques ou patrimoniaux) ; les propositions de mesures d'accompagnement (gestion, aménagement).
Dans les domaines économique et écologique il faut: analyser les coûts (incluant une évaluation des risques) et bénéfices en terme biologique,
continue afin d'apprécier l'adéquation des résultats obtenus aux objectifs assignés.
Une telle évaluation nécessite que les compétences nécessaires (élevage, dynamique de la ressource naturelle et des écosystèmes, socio-économie, régulation et gestion des pêcheries) soient mobilisées ainsi que tous les acteurs concernés par l'opération (bénéficiaires directs et potentiels, financeurs, collectivités publiques) et par ses impacts environnementaux.
Conclusion et suggestion
Au terme de nos travaux de collecte de données il est a noté que plusieurs actions ont été menées soit pour conserver les espèces en voie de disparition ou pour augmenter la charge des plans d’eau.
Vue la disponibilité des plans et cours d’eau du Bénin et leur capacité de retenu d’un grand nombre d’espèces halieutiques étrangères autochtones, il va donc falloir que le gouvernement béninois prenne cette politique de repeuplement en compte non seulement par l’introduction d’espèces étrangères mais aussi des espèces autochtones pour la sauvegarde des espèces en voie de disparition dans les milieux naturels. La politique du gouvernement et celle des ONG et Projets intervenant dans le domaine aquacole devrait promouvoir la pisciculture sur les plans cours et retenues d’eau en favorisant l’installation des cages flottantes et enclos piscicoles afin de participer de la façon la plus simple au repeuplement.
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Dissertation présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences.
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Annexe
FICHE D’ENQUETE
N° de la fiche : Date : Localité
(Village) :
Nom et prénom(s) : Sexe :
Age :
Nationalité : Ethnie :
Profession principale : Profession secondaire :
1-Y a-t-il eu des campagnes d'empoissonnement (repeuplement)?
Oui ☐ Non ☐
2-Si oui, quelles sont les espèces utilisées?
3. Quelle est la cause de l’empoissonnement ?
4. Etat des lieux avant le repeuplement ?
5. Quand est-ce que le repeuplement a été effectué par espèce introduite ?
6. Où est-ce que le repeuplement a été effectué par espèce introduite ?
7. D'où proviennent les espèces utilisées dans le cadre du repeuplement?
8. Pour chacune des espèces, le repeuplement a-t-il réussi?
Oui pourquoi ?
Non pourquoi ?
9. Qui a effectué le repeuplement selon les espèces ?
10. Est-ce qu’il y a une différence entre les performances des poissons introduits et ceux d’avant l’introduction ?
Poids à âge type
Taille
Résistance aux maladies
Mortalité
Goût
Préférences des pêcheurs
Préférence des consommateurs
11. Est-ce qu’il y a une différence entre les performances des poissons introduits et ceux d’après l’introduction ?
Poids à âge type
Taille
Résistance aux maladies
Mortalité
Goût
Préférences des pêcheurs
Préférence des consommateurs
12. Quel impact a-t-il eu sur la biodiversité aquatique?
Environnemental : Ecologique ☐ Démographique ☐ Autre (s) ☐ (Préciser: )
Sanitaire ☐
Génétique : Introgression ☐Hybridation ☐ Consanguinité ☐ Exogamie ☐ Autre (s) ☐ (Préciser: )
Economique ☐ Reproduction ☐
QUESTIONNAIRE (Pisciculteur)
N° de la fiche : Date : Localité
(Village) :
Nom et prénom(s) : Sexe :
Age :
Nationalité : Ethnie :
Profession principale : Profession secondaire :
-Type de pisciculture opérée sur le cours d'eau
( ) Cage ( ) Enclos
-Combien de cages/Enclos avez-vous?
( ) 1 à 5 (... ) 5 à 10
-Quelle (s) espèce (s) de poisson vous élevez?
-Avez-vous notez noté des échappées de poisson?
( ) Oui ( ) Non
Si affirmatif, quand/comment?
( ) Pendant les tris
( ) Lors de l'empoissonnement des cages/Enclos en alevins ( ) Introduction intensionnelle
( ) Lors de la pêche des poissons des cages/Enclos ( ) Cages/Enclos endommagées (és)
( ) Autres raisons. S'il vous plait, justifier