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Théorème de Banach-Steinhauss

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Théorème de Banach-Steinhauss

Référence(s) :

X. Gourdon - Analyse

Attention aux conventions des livres ! ! ! ! ! !

Théorème 1 (Banach-Steinhauss)

Soit E un espace de Banach ; Soit F un espace vectoriel normé. Soit H ∈ Lc(E, F), muni de la norme subordonnéekfk= sup

kxk=1

kf(x)k. Alors, on a : ou bien (kfk)f∈H est borné

ou bien Il existex∈E, sup

f∈H

kf(x)k= +∞

Étape 1

Pour k∈N, on dénitΩk ={x∈E|sup

x∈H

f(x)> k. Pour toutk,Ωk est ouvert.

Soitk∈N. Soitx0∈Ωk. Par continuité def, il existeρ >0, tel que :

∀x∈E,kx−x0k< ρ⇒ kf(xk> k C'est-à-dire,B(x0, ρ)⊂Ωk, et donc Ωk est un ouvert deE.

Étape 2

On distingue alors deux cas :

Cas 1 : Pour toutk∈N,Ωk est dense dansE.

Alors, comme E est un espace métrique complet, d'après le théorème de Baire, on a :

\

k∈N

k =E

En particulier, T

k∈Nk est non-vide et soit x∈ T

k∈Nk, on a1 : sup

f∈H

kf(x)k= +∞

Cas 2 : Il existe unk∈N,Ωk n'est pas dense dansE.

Alors, il existex0∈Eet ρ >0 tels queB(x0, ρ)∩Ωk =∅. Ainsi, pour toutx∈ B(x0, ρ), sup

f∈H

kf(x)k6k. On en déduit :

∀x∈ B(0, ρ),∀f ∈H,kf(x)k=kf(x+x0)−f(x0)k62k

Par continuité def, cette inégalité reste vraie pour toutx∈B(0, ρ). D'où, pour toutf ∈H :

∀x∈E,kxk= 1,kf(x)k6 2k ρ Au total, pour toutf ∈H :

kfk62k ρ

1. En fait, on a même montré que{x|sup

f∈H

kf(x)k= +∞}est dense dansE.

1

(2)

Application 1 (Il existe des fonctions diérentes de leur série de Fourier)

On considèreC ={f :R→C, continue,2πpériodique}, muni de la norme inniekk. Pour toutf ∈ C, on pose :

∀p∈Z, cpf) = 1 2π

Z π

−π

f(t)e−iptdtet∀n∈N, Sn(f) :x→

n

X

p=−n

cp(f)eipx Il existef ∈ C telle que(Sn(f)(0))n∈N diverge.

En particulier,f est diérente de sa série de Fourier.

Pour n∈N, on pose `n: C −→ C f 7−→ Sn(f)(0) Étape 3

`n est une forme linéaire continue surC.

D'abord, par linéarité de l'intégrale, on remarque que`n est une forme linéaireC. De plus : Comme Pn

p=−n

eipt=sin((2n+1)t/2)

sin(t/2) =:Dn(t), on a, pour toutf ∈ C :

`n(f) =

n

X

p=−n

1 2π

Z π

−π

f(t)e−iptdt= 1 2π

Z π

−π

f(t)

n

X

p=−n

eiptdt

= 1 2π

Z π

−π

f(t)Dn(t)dt Ainsi, sikfk= 1,|`n(f)|6 1

Rπ

−π|Dn(t)|dt; et donc

`n est continue et k`nk6 1 2π

Z π

−π

|Dn(t)|dt Étape 4

Calculons k`nk.

Pour toutε >0, on pose : fε: R −→ C t 7−→ |DDn(t)

n(t)+ε|

.

Pour toutε,kfk61 et par théorème de convergence dominée2:

|`n(fε)| −→

n→+∞

1 2π

Z π

−π

|Dn(t)|dt Ainsi, on a :

k`nk= 1 2π

Z π

−π

|Dn(t)|dt Étape 5

Conclusion

Pour toutt∈R, on a : sin2t

6 2t

. On en déduit : k`nk> 1

2π Z π

0

sin((2n+ 1)t/2) t/2

dt

= 2 π

Z (2n+1)π2

0

sinu u

du (en posantu= (2n+ 1)t/2)

n→+∞−→ +∞ parce que Z +∞

0

sinu u

dudiverge Ainsi,k`nk −→

n∞ +∞. Or, l'espaceCest complet3, donc, en appliquant le théorème de Banach-Steinhauss :

∃f ∈ C,sup

n∈N(Sn(f)(0)) = sup

n∈N`n(f) =∞ Donc(Sn(f)(0))n diverge etf est diérente de sa série de Fourier.4

2. On considèreRπ

−πDn(t)·|DDn(t)

n(t)|+εdt. Or,Dn(t)·|DDn(t)

n(t)|+ε =|Dn(t)||D|Dn(t)|

n(t)|+ε6|Dn(t)|intégrable sur[−π, π]et→ |Dn(t)|

quandε0. On peut donc appliquer le théorème de convergence dominée.

3. (C,k·k)est complet car c'est un fermé deB(R,C), l'ensemble des fonctions bornées de R dans C.

4. On a même : l'ensemble des fonctions diérentes de leur série de Fourier est dense dansC.

2

(3)

Compléments

Lemme 1

Pour toust∈R etn∈N, on a : Pn

p=−n

e−ipt=sin((2n+1)t/2) sin(t/2)

n

X

p=−n

e−ipt=

n

X

p=0

eipt+

n

X

p=1

e−ipt

=1−ei(n+1)t

1−eit +e−it1−e−int 1−e−it

=1−ei(n+1)t

1−eit +1−e−int e−it−1

=ei(n+1)t−e−int eit−1

=eit/2 eit/2

ei(2n+1)t/2−e−i(n+1)t/2

eit/2−e−it/2 =sin((2n+ 1)t/2) sin(t/2) Lemme 2

R 0

sinuu

du diverge

Z

0

sinu u

du=

n

X

k=1

Z

(k−1)π

sinu u

du

>

n

X

k=1

Z

(k−1)π

sinu kπ

du

= 2 π

n

X

k=1

1

k puisque Z (k−1)π

|sinu|du= Z π

0

sinudu=−(cosπ−cos 0) = 2

D'où le résultat.

3

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