Quel est le mode de transmission ?
La plupart du temps, il s’agit d’une au- to-inoculation à partir d’un site herpé- tique préexistant, par exemple une gin- givo-stomatite (notamment en se su- çant le doigt) ou un herpès génital chez l’adolescent.
Plus rarement, la transmission se fait par contact avec une personne infectée, Médecine
& enfance
novembre 2017 page 267
Vous recevez en consultation Axelle, une enfant de quatre ans, qui présente depuis soixante-douze heures des lésions de l’orteil droit. Elle est en bonne santé et n’a pas d’antécédents.
Elle a une sœur de dix-huit mois. A l’examen clinique, vous observez des lésions vésiculo-pustuleuses confluentes en re- gard du premier orteil du pied droit, sur fond érythémateux.
Ces lésions ne grattent pas, mais semblent sensibles. Une adénopathie inguinale homolatérale centimétrique est palpée, non douloureuse. L’examen du corps entier ne trouve aucune autre lésion. L’état général est conservé, l’enfant ne présente pas de fièvre.
G. Guichard, S. Mallet service de dermatologie hôpital de la Timone, Marseille
DERMATOLOGIE
Quel diagnostic principal évoquez-vous ?
Comme très souvent en dermatologie, le diagnostic est ici clinique. Il s’agit d’une lésion isolée, en bouquet, vésicu- leuse, orientant vers un panaris herpé- tique. Les atteintes de prédilection sont la pulpe et la face latérale des doigts des mains, moins fréquemment le pouce ou les pieds.
08 nov17 m&e dermato panaris 24/11/17 15:38 Page267
laire ou génitale, mais aussi la transmis- sion à l’entourage, notamment pour les femmes enceintes et les personnes fra- giles ou immunodéprimées. On peut tout simplement couvrir les lésions par un pansement.
Quel traitement prescrivez-vous ?
La plupart du temps, on observe une guérison en une à trois semaines, et au- cun traitement local ou systémique n’est nécessaire de façon systématique. En notamment après un traumatisme ou
par le fameux « bisou magique » de la maman qui présente une récurrence d’un herpès labial. Il ne faut pas donc pas hésiter à examiner les parents (comme souvent en dermato-pédiatrie).
Dans ce cas précis, la mère d’Axelle pré- sentait en effet une récurrence herpé- tique labiale !
Quelles recommandations faites-vous à la mère ?
Il s’agit d’éviter l’auto-inoculation ocu-
cas d’atteinte sévère, un traitement par aciclovir (Zovirax®) peut être discuté, la posologie étant la même que pour la prise en charge des gingivo-stomatites herpétiques : aciclovir 200 mg après deux ans ou 100 mg avant cet âge, 5 fois/jour, pendant 5 à 10 jours.
Dans le cas d’Axelle, un début d’impéti- ginisation a fait proposer une désinfec- tion quotidienne à la chlorhexidine ain- si qu’une couverture antibiotique anti- staphylococcique par amoxicilline. 첸
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Médecine
& enfance
novembre 2017 page 268
Modérateur : Jacques Yacoubovitch
Marc Bellaïche, Alexis Mosca Modérateur : Jean-Marc Pauly
Marc Bellaïche, Alexis Mosca Modérateur : Bertrand Studer
On s’est planté en consultation…
08 nov17 m&e dermato panaris 24/11/17 15:38 Page268