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Actes du colloque fondateur du CIST - Fonder les sciences du territoire (CIST2011)

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Academic year: 2022

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HAL Id: halshs-03323191

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Submitted on 20 Aug 2021

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Actes du colloque fondateur du CIST - Fonder les sciences du territoire (CIST2011)

Pierre Beckouche, Claude Grasland, France Guérin-Pace, Jean-Yves Moisseron

To cite this version:

Pierre Beckouche, Claude Grasland, France Guérin-Pace, Jean-Yves Moisseron. Actes du colloque

fondateur du CIST - Fonder les sciences du territoire (CIST2011). 2011. �halshs-03323191�

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23, 24, 25 Novembre 2011

École nationale supérieure de chimie, Paris

Colloque International

Fonder les sciences du territoire Founding Territorial Sciences

Proceedings

Organisé par

GIS Collège international des sciences du territoire

Partenaires fondateurs

Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Université Paris Diderot, CNRS Partenaires institutionnels

DATAR, IAU, ADEME, INED

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 GIS Collège International des sciences du territoire Imprimé en France

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Préambule

Ce recueil des communications du colloque « Fonder les sciences du territoire », témoigne de l’intérêt scientifique croissant pour le territoire. Ces dernières décennies un

« spatial turn » signale cet intérêt, dans diverses disciplines de sciences sociales au- delà de celles qui sont naturellement dédiées à ces objets (géographie, aménagement…). Cela va au-delà des SHS et bien au-delà de la géologie ou de la climatologie, puisque cela concerne aussi les sciences de santé avec la multiplication des observatoires de santé publique ; les sciences de l’ingénieur participent à cette réflexion commune que facilite la généralisation de l’information numérique géolocalisée.

Tout cela n’est pas qu’une affaire de Systèmes Information Géographique (SIG). Dans une société qui promeut la mobilité et la dérégulation, les producteurs d’information, de normes et de recommandations se multiplient nécessairement. Il en résulte une complexité inédite dans laquelle le sens de l’action individuelle et collective n’est plus ni donné a priori, ni limité. Il se construit, se recompose, à toutes les échelles, rendant la cohérence de l’ensemble de moins en moins lisible. Le territoire serait alors, tout à la fois, un « révélateur » (l’analyse spatiale comme lecture de la complexité), et une base pour l’action collective (les légitimités politiques étant presque toutes territorialisées et s’appuyant sur un débat public ancré territorialement).

Le Groupement d’Intérêt Scientifique Collège International des Sciences du Territoire (GIS CIST) s’est constitué sur ce triptyque : (i) dimension transversale du concept de territoire, (ii) importance centrale de l’information territoriale dans cette nouvelle discussion entre les disciplines, (iii) mobilisation des outils de visualisation – cartographie et SIG mais pas seulement – dans le débat public par les acteurs du développement territorial.

Le colloque se pose une question simple : avons-nous raison de vouloir fonder les

« sciences du territoire » ? Les choses plus compliquées arrivent très vite ensuite.

D’abord sur la confrontation aux expériences interdisciplinaires étrangères dans le domaine, auxquelles se consacrent plusieurs des communications. Si l’on veut constituer un réseau international des sciences du territoire, encore faut-il s’assurer de l’existence d’initiatives similaires à l’étranger et du degré de leur compatibilité. Ensuite sur les thématiques des sciences du territoire. On retrouvera dans l’index beaucoup des thématiques que le GIS a identifiées au cours de ses deux premières années : agriculture et développement durable, biodiversité et territoires, risques et territoires, santé et territoires, conflits compromis et gouvernance, mobilités identités et territoires, et, axe commun à l’ensemble, information territoriale. L’aménagement et l’urbanisme sont peu visibles, c’est une connexion qu’il faudra que nous réalisions, de même qu’avec d’autres thématiques comme celle la transition énergétique, dont la composante territoriale est déterminante. La question des disciplines aussi : les communications viennent encore trop peu des sciences dites dures, trop peu des sciences de santé ou de l’ingénieur, ce qui trace le chemin à parcourir.

Enfin reste cette petite question : les « sciences du territoire » doivent-elles être conçues comme un champ multidisciplinaire c’est-à-dire comme un ensemble de disciplines scientifiques que l’on confronterait pour comprendre, de manière minimalement harmonisée, la dimension territoriale de leurs objets propres ? Ou doit-on

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aller jusqu’à considérer qu’il s’agit d’une discipline scientifique émergente, dont il s’agira alors de définir les concepts, les lois et les méthodes d’analyse ? On laisse au colloque le soin de répondre. Le GIS voulait, par ce recueil, donner à ses participants tous les éléments d’information nécessaires au débat scientifique.

Pierre Beckouche Directeur du GIS CIST [email protected]

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The role of conflict in territorial governance

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AUTHOR Ciprian ALUPULUI RESUME

La gouvernance territoriale est souvent assimilée à toute forme idéalisée d'organisation où toutes les parties peuvent collaborer avec succès pour les projets dont l'objet principal est le territoire. Le gouvernement est un concept périmé, et donc la gouvernance est proposée comme étant la solution à la mode (la solution ultime), mais parfois le contexte est celui qui montre que les choses semblent parfois être loin de la réalité. La plupart du temps, le conflit peut être identifié en tant qu'élément principal qui peut conduire à l'échec toutes les initiatives qui visent, d'une façon ou d'une autre, le développement d'un territoire. L'objectif principal de cette étude est d'analyser le rôle des états conflictuels dans les stratégies de développement territorial, dans le contexte de la transition du gouvernement à la gouvernance.

ABSTRACT

Territorial governance is often equated with any idealized form of organization in which all parties can work together successfully for those projects in which the territory is the main object. Government is an exceeded concept, and governance is suggested as a trendy solution (the ultimate solution), but the context is showing that things still seem far from reality sometimes. Most times, conflict can be identified as the main element that can lead to failure or success of any initiative aimed at developing a territory one way or another. The main objective of this paper is to analyze the role of conflicts in territorial development strategies in the context of shift from government to governance.

KEYWORDS

Territorial governance, conflict.

INTRODUCTION

Human society has evolved through major and constant transformations, this process being simply based on the individual's need to live in organized communities that can provide an optimal level of welfare and security. The individual can not live alone, he needs other peers to survive, and this has led to innovative forms of socialization and political and economic organization. However, the individual seems to have been doomed to always look for the perfect environment allowing him it to achieve these objectives. If we look at the state, defined as the most complex form of social organization, we see that even this is not a reference point, his legitimacy and sovereignty to decide for all being often disputed. State (with his instrument - the government) seems to withdraw, giving part to its powers, favouring the emergence of another model better adapted to present. A new organization, generally called the Governance, is heavily promoted as the main key in which societies can better achieve the objectives regarding development.

1Acknowledgments. This work was partially supported by the by the European Social Fund in Romania, under the responsibility of the Managing Authority for the Sectoral Operational Programme for Human Resources Development 2007-2013 [grant POSDRU/88/1.5/S/47646]

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In the analysis of these evolutionary, perfectly natural processes we have refer to two concepts: territory and conflict. They seem to be the main driving forces that can determine the future of a community. The objective of this article is to analyze the relationship between conflict, governance and territory to determine favourable moments or elements that can lead to failure. Moreover, we can say that the conflict will lead in the case of societies without a consistent history of democracy to the failure of territorial governance processes.

1. GOVERNMENT, GOVERNANCE AND TERRITORY

Governance is a polysemantic concept with a multidisciplinary sense being used for almost 30 years. No discipline of human sciences category has a monopoly on this concept, the subject being treated in economics, political science and administration, international relations. To better explain the concept is required a distinction between government - governing - governance. If the government is a body of state - the state vested with the authority and legitimacy to act on citizens, and governing is the central intervention based on authority (Gualini, 2004), governance is an alternative to government action aimed at (re)distribution of power in public space through a (re)negotiation of authority and incremental approach of the decision (opposite of the rational) in partnership networks: social partners (government - employers - unions), public - private partnership (state structures – business environment) or civic partnership (public authorities - civil society) (Munteanu, 2004). Governance involves negotiation and coordination between local public authorities accepting the participation of several actors external to decision-making process in order to reach a consensus supported by a large majority (Blair, 2000).

If government involves notions of representation, power and accepted legitimacy, governance is based on consensus and negotiation. By extrapolation, territorial governance characterizes a new way in which development strategies can be applied at territorial level. The final result is influenced by the quality of relations between actors willing to participate in this process, involving horizontal cooperation (between different levels of decision making) and vertical (between different public and private actors) in shaping and implementing these strategies. Territorial governance involves a plurality of formal and informal interactions of processes that can be encouraged, but also conditioned by rules defined at national level (Rivolin, 2010). Under certain conditions, where central power limits (or does not encourage) the phenomenon, territorial governance can be a secondary process of the state (Swyngedouw, 2005) involving horizontal relationships, networks between actors willing to interact, a high degree of confidence in spite of different and conflictual interests.

2. CONFLICTUAL NATURE OF ACTORS

To determine the behaviour of actors, it calls on two normative perspectives. The first is based on self management / organization theory in which the actors involved in development projects have the ability to set up a set of institutional mechanisms to maintain state of balance. The second, derived from the concept of effective governance, consists in imposing a set of rules previously established by an organization for a certain territory (Piattoni, 2010). All proceeds from the assumption that there is capacity to identify the rules applicable in any context and imposing them to certain actors in order to increase the level of development in a given territory.

However this process does not involve states of neutrality or equality between actors due to the constant changes taking place in the hierarchy of decision that will affect the degree of satisfaction among participants. Nicholls (2005) demonstrates that

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governance can vary from a cohesive form to one in which the actors act alone, often against each other. In this case, the conflictual state may be caused by lack of clear rules requiring certain behaviour, although these rules can also divert the process. In this context, Le Gales (1998) highlight the processes of coordination between actors that can generate an agreement on objectives without state interference.

Theoretically, governance could lead to loss of power relations, but this can not be shown because, in practice, the ideal model can not be imposed and thus achieve a form of equilibrium (Pasquier, Simoulin, and Weisbein, 2007). From this emerged the opinions rejecting all forms of representation, because they can only lead to control and manipulation, and citizens will not be able to demonstrate their own identity because they have lost confidence in any collective representation institution (Pugh, Hewett, and Chandler, 2007).

Therefore, one of the main aspects of territorial governance is the ability of the actors (public or private) to associate under different forms of partnership. Once these actors were identified, there should be analyzed their availability to co-operate according to the common values they share. In this case we can identify among actors from ordinary individuals, social and economic entities, institutions or even administrative units (collective actors). Associative behaviour can be explained mainly by the cost-benefit, results being compared with the time and resources spent by each one. The problem occurs in the case of large groups because they increase the costs of coordination and organization, while agreeing on actions to follow could be quite difficult to obtain.

In the context of discussions on territorial governance, territory, as social and political entity, is more than an area used by a team to ensure its survival or a simple framework of a form of power manifestation, becoming the main subject of dialogue between citizens, business and administration. The state withdrawal after the failure of Keynesian interventionist boom has helped the transformation in active entities in direct competition. Amid limiting redistributive policy from the centre, territories become more aware of available resources. The territory is an open space without limits defined at the administrative level but only at a conceptual level, varying constantly depending on the cooperation. Apparently, the concept of governance can call into question set administrative limits as it is possible that this process would lead to cooperation based on a territorial reality, and of course, an economic interest. Perspective based on the actors can change the sense related to territory, and its role as a factor in determining the territorial governance. Thus, the process can be interpreted as building a common strategy developed by a network of actors covering a territory that is not necessarily administrative defined (Borrelli, Santangelo, and Mattioli 2004). Under these circumstances, the territory can be a simple object of governance (governance of a territory) or support for this process. Socio-political changes can influence the nature of perception of the territory, a higher degree of autonomy at the local level can lead to a greater valuing of it.

FINAL REMARKS

Territorial governance is a particular form of governance defined as the key to a development process based on legitimate strategies that require greater use of local resources. In this context one can talk of a symbiotic relationship between the territory and its occupants, the territory being more than just a framework of organization and expression of particular interests. The territory becomes a social and political construct, a benefit for stakeholders to participate actively in decisions regarding development processes. In this case, territorial governance can be translated by capitalizing on the local as a place of economic action, and valuing the territorial capital as a source of social change.

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In a simple analysis, for countries under the process of development can be inferred that the degree to which different actors want to act together to initiate development processes is low in intensity. Although one of the main conditions of governance, which requires a culture and tradition of partnership is not fulfilled, there can be identified elements which significantly increase development potential in various territories. In this context, there can not be ignored the European Union efforts to force this process through cohesion policies which provide opportunity in capitalization the potential of each type of territory.

Territorial governance must be understood as a positive process, which although does not provide miraculous solutions appears to be the key for any territorial development project, if some functional conditions are met: democracy, decentralization, transparency and consistency. In principle, this process is mandatory for any performing decision making system, in which social and economic actors opinion is important.

Although it was shown that territorial governance is a necessary management model is difficult to indicate when it becomes feasible and whether it can be focused on existing structures. The large number of actors who have different, conflicting interests and the difficulty to identify their capabilities to participate in decision-making processes, may be factors that attenuate importance of the phenomenon (Fig.1).

Figure 1. Conflict in territorial governance

For this reason, administrative systems must allow access to those who intend to engage in these processes, applying the principles of transparency, accountability and full participation. In this case, an argument for promoting local governance is that local problems can not be governed by a single authority, requiring the involvement of local actors in all the land management processes. A larger number of actors involved will cause a major set of preferences, values, actions, and this could lead to choosing the best and innovative solutions. Such a process supports consensus and consultation in decision making, from which each player involved will win.

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REFERENCES

Borrelli, N., Santangelo, M. & Mattioli, V., 2004, « Turin. Where territorial governance and politics of scale become keystones for the city development strategy », Proceedings of the CITY FUTURES.

An international conference on globalism and urban change, (July), pp.1-14.

Le Gales, P., 1998, « Régulation, gouvernance et territoire in J. Commaille et B. Jobert (dir), Les métamorphoses de la régulation politique, Paris, LGDJ, pp. 203-240.

Gualini, E., 2004, « Integration, Diversity, Plurality: Territorial Governance and the Reconstruction of Legitimacy in a European “Postnational State », Geopolitics, 9(3), pp.542-563.

Munteanu, M., 2004, « Guvernanţa europeană şi dinamica formularii politicilor publice in România ».

Sfera politicii, 125.

Nicholls, W.J., 2005, « Power and Governance: Metropolitan Governance in France » Urban Studies, 42(4), pp.783-800.

Pasquier, R., Simoulin, V. & Weisbein, J., 2007, La gouvernance territoriale, pratiques, discours et théories, Paris, LGDJ,

Piattoni, S., 2010, The Theory of Multi-level Governance Conceptual, Empirical, and Normative Challenges, Oxford: Oxford University Press.

Pugh, J., Hewett, C. & Chandler, D., 2007, « Debating (de)territorial governance », Area, 39(1), pp.107-109.

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Rivolin, U.J., 2010, « EU territorial governance: learning from institutional progress », European Journal of Spatial Development, pp.1-28.

Swyngedouw, E., 2005, « Governance innovation and the citizen: The Janus face of governance- beyond-the-state. », Urban Studies, 42(11), pp.1991-2006.

AUTHOR Ciprian Alupului

Faculty of Geology and Geography

University “Alexandru Ioan Cuza” University of Iaşi Romania

[email protected]

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Nords-Suds, Suds-Nords : les sciences du territoire peuvent-elles servir de fondement à un modèle de développement ?

AUTEURS

Anne-Laure AMILHAT-SZARY, Kirsten KOOP RESUME

Le paradigme du « développement territorial », tel qu’il s’est instauré en sciences régionales et celles de l’aménagement en France, semble loin d’être partagé hors de l’hexagone. Notre recherche révèle que d’autres communautés scientifiques, notamment anglophones, opèrent aisément avec les notions de « region » et « place », voir « local » en concevant des modèles et stratégies de développement à l’échelle infranationale. Notre communication tente de comparer les différentes approches du développement s’inscrivant dans la nouvelle idéologie universalisée, concevant l’échelle infranationale comme ressource d’action politique, économique et sociale à l’ère de la mondialisation. Notre constat est double : le territoire, en tant que concept, gagne de l’intérêt au sein des réflexions menées dans d’autres pays occidentaux sur et ne reste plus cantonné au domaine politique. Un détour par les Suds montre que provient de l’hémisphère Sud une approche alternative de ce qui pourrait être désigné, en France, comme le développement territorial, et notamment comme « projet de territoire » - sous forme d’un détournement radical du capitalisme et de la notion de développement elle- même.

ABSTRACT

The paradigm of “territory” within French regional sciences is far from being shared by the international academic communities. Our research reveals that the Anglophone scientific world seems to easily operate with the notions of “region”, “place” or “local”

when conceiving development models and strategies at subnational level. Our communication intends to compare different approaches towards regional (territorial) development which have been generated by the new universalised ideology conceiving the subnational level as the most relevant resource for political, economic and social action in the era of globalisation. We here focus on two major results of this research:

on the one hand, the Anglophone literature reveals a growing interest for “territory” as a concept by overcoming its political connotation. Our analysis of scientific approaches in the Global South shows how “territory” has implicitly been incorporated in the writings of some of the main contributors to the “post-development” thinking and highlights the emergence of an alternative territorial development model.

MOTS CLES

Territoire, région, modèle de développement, circulation, Nords, Suds.

INTRODUCTION

Que l’entité spatiale infranationale constitue à la fois un révélateur puissant de la complexité contemporaine et une ressource pour l’action à l’ère de la mondialisation semble être un fait universellement accepté. Toujours est-il que le paradigme

« territorial » français n’est pas nécessairement partagé par les communautés

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scientifiques hors de l’hexagone. Notre recherche a montré à la fois les limites de l’exportation possible du « territoire », et la façon dont les circulations conceptuelles avaient transformé ce terme. Nous cherchons à montrer comment on peut mettre la question territoriale dans une perspective internationale, à travers un état de l’art scientifique élargi : il s’agit d’une part d’analyser la circulation des concepts entre les différents pôles scientifiques européens et américains (les Nords), mais aussi de comprendre en quoi les itérations vers des champs distincts (les Suds) remettent en cause non seulement nos pratiques mais aussi notre façon de conceptualiser le rapport à l’espace, dans une approche d’aménagement et de développement. Il s’agit moins de mettre en évidence que les territoires peuvent, en tant que tels, être acteurs du changement, mais plutôt qu’ils sont les formes d’expression de la circulation de modèles, plus ou moins perfomatifs et innovants.

Le lien entre acteurs et territoires est intrinsèque : dans une approche à la fois post- structuraliste (Crozier et Friedberg 1977 ; Giddens 1987), et post-marxiste (Vanier 1998), les sciences sociales ont peu à peu reconnu aux individus autonomes la capacité d’agir et d’interagir, faisant du même coup passer la question des déterminismes sociaux ou structurels au second plan. Quelques géographes avaient commencé à poser le fait que l’espace social était produit par ces interactions, qu’on le définisse comme région (définie comme « champ d’actions concomitantes d’intensités variables plus que comme l’inscription spatiale d’équilibres spatiaux », Kayser 1990) ou territoire (Raffestin 1980). Mais ce sont les économistes qui ont sauté le pas, en essayant de comprendre comment les systèmes d’acteurs pouvaient se localiser et quel pouvait être le bénéfice de cette insertion spatiale. Ce sont paradoxalement eux qui ont les premiers territorialisé les acteurs (Courlet et Soulage 1994; Pecqueur 1996), en lien avec des géographes soucieux de comprendre le choc des échelles induit par la globalisation (Brenner 1999; Vanier 2001), et ce dans une approche moins institutionnaliste que ceux qui allaient devenir les spécialistes de l’acteur-territorialisé (Gumuchian, Grasset, Lajarge et al. 2004). Cette façon de poser le problème présuppose cependant que le territoire existe ou puisse exister, ce qui est loin d’être universel. Si on veut pouvoir réellement travailler la question du territoire et de l’action sans plaquer les théories de l’acteur-réseau (Callon, Law et Rip 1986; Latour 1999;

Callon et Ferrary 2006) sur un espace de projet de nature auto-justificatrice, il faut creuser les modèles et références implicites du paradigme territorial. Le détour par les Suds nous paraît un moyen heuristique d’y parvenir.

La première difficulté de ce travail tient bien entendu à la traduction : il est courant d’affirmer que « territoire » n’existe pas en langue anglaise, ou du moins pas dans la signification en usage du terme français (Debarbieux 1999 ; Entrikin 2008), et que l’on doit parler de « place » ou de « space », voire de « region » pour rendre compte de toutes les subtilités de notre langue ! De surcroît, il n'est jamais facile d'adopter une position claire lorsque le terme «territoire » est en jeu, et encore moins facile de s'entendre sur une définition, puisque deux traditions coexistent, l'une comprenant le

«territoire comme un espace délimité, un conteneur, sous le contrôle de un groupe de personnes, de nos jours habituellement un Etat » et l'autre présentant le « territoire comme le produit de la territorialité, un comportement humain ou une stratégie » (Elden 2010). Ce deuxième aspect, bien que présent dans les écrits historiques, est beaucoup moins développé dans la littérature anglophone que dans les textes francophones.

Pourtant, il semblerait que l’on assiste récemment, dans la littérature anglo-saxonne, à un élargissement du spectre sémantique d’un terme longtemps confiné à la géographie politique, et récemment en train de diffuser vers la géographie culturelle (Paasi, 1998, 2003) et la géographie économique (Jonas, 2010). Pour notre part, nous pensons que le sens du territoire va bien au-delà des connotations politiques à laquelle il est généralement attribué, et nous nous plaçons ainsi dans la continuité de l'approche de

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Jean Gottmann… l’un des premiers géographes à avoir travaillé à la fois en Français et en Anglais. Ce dernier expliquait en effet le territoire comme un concept relationnel («le concept semble désigner plutôt une relation établie entre une communauté de personnes politiquement organisée et leur espace » Gottmann 19731).

Pour comprendre le rapport entre territoire et action, nous envisageons d’interroger ici le territoire au croisement de ses significations politiques, sociales, économiques et culturelles, en somme comme l’« expression spatiale des mutations sociales et des différentes facettes de la post-modernité» (Giraut 2008), dont l’émergence est contemporaine du processus de mondialisation. Si, dans le contexte français, le terme reste très étroitement liée à la sphère politique et à son expression au niveau local (Douillet et Faure 2005), nous relions son usage croissant au «tournant spatial» (Lévy 1999; Warf et Arias 2008), c’est-à-dire à une préoccupation grandissante pour la localisation des processus, notamment sociaux et économiques (Mercier 2004). Notre approche prend donc en compte les travaux qui ont promu le développement en termes de dynamiques endogènes (suite à la mise en évidence des externalités dans les années 1980) et de stratégies d’acteurs.

Quelles que soient les insuffisances du paradigme antérieur, il semble que la

"réinvention" du territoire dans la sphère analytique francophone et internationale (pour paraphraser Alliès, 1980) soit liée à l'éruption d’une pensée multiscalaire (Cf. les

“politics of scale » de Smith, 1992). Elle est aussi le fruit conjoint de la réflexion des géographes sur la territorialité (Raffestin 1980; Sack 1986), et des travaux essentiels d'économistes sur la dynamique du développement « bottom-up » (Friedmann et Weaver 1979, Stöhr et Taylor 1981). On peut noter que la préoccupation récente de la littérature de langue anglaise pour le territoire s’est faite en deux phases : un premier moment de découverte, autour du « territorial trap » et de la question des échelles en géographie politique (Agnew, 1994, 1999; Delaney, 2005; Johnston, 2001; Sassen, 2000; Storey, 2001; Taylor, 1994) suivi par une phase d’approfondissement culturel (Agnew, 2010; Allen, 2009; Antonsich, 2010; Elden, 2009; Elden, 2010; Elden, 2010b;

Friese, 2010; Murphy, 2010; Newman, 2010; Paasi, 2009). Si la publication de résultats dans les grandes revues anglo-saxonnes vient couronner la légitimation d’une idée, notre hypothèse est néanmoins que cette itération sémantique récente du territoire est le résultat d'une nouvelle conception de stratégies de développement à l’échelle mondiale. Nous pensons en effet que cette diffusion du « territoire » repose sur la généralisation d’une prise de conscience de l’importance des sub-divisions nationales et régionales, tant pour la régulation politique que pour le développement économique.

C’est parce qu’il est devenu un point de rencontres entre problématiques politiques et économiques, et semble le gabarit/l’échelle approprié « d’action» pour répondre aux inflexions mondiales dans tous les domaines (Keating and Loughlin, 1997: 11) que le territoire est devenu ce que l’on peut qualifier de « modèle de développement », et qu’il peut prétendre servir de référence universalisante pour l’action.

En effet, en retraçant les conceptions académiques ressemblant à ce qui est compris, en France, comme le modèle de « développement territorial », nous constatons de fortes parallèles entre les approches hors de l’hexagone et celles françaises : que ce soit le « new regionalism », le « local development », la « compétitivité systémique des régions », ou encore le « regional integration », pour citer juste quelques uns des multiples modèles contemporaines de développement, tous intègrent une approche multiscalaire et systémique, soulignent l’importance de l’action aux échelles subnationales ainsi que les stratégies endogènes. Mais notre approche comparative fait ressortir que même si le « territoire » gagne, en tant que notion, de l’intérêt dans les

1 The idea of a relational territory was then developed by Massey 1993; Amin 2004

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réseaux académiques occidentaux, il semble y avoir un « french way » de penser le territoire.

Notre détour via les « Suds » élargit encore l’horizon. Il révèle que l’origine de l’approche territoriale, telle qu’elle est conçue pour les Nords, nous provient des Suds.

En effet, le territoire constitue peut-être l'un des premiers concepts forgés par des pratiques extra-occidentales. Nous référons ici aux modèles alternatifs produits dans les années 1960, d'abord en Amérique latine (associés à la constitution de la CEPAL, la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes de l'Organisation des Nations Unies), d’où vient la première impulsion pour renverser les dynamiques top- down, puis en Asie, où l'expansion des méthodes participatives a été la plus rapide (notamment au sein du Centre pour l'étude des sociétés en développement, la SACASS, défini comme l’«Ecole de Francfort du Tiers-Monde» par Fred Dallmayr, 1996), et à leurs avatars plus récents.

La longue expérience de l'exclusion et la pauvreté que connaît l'hémisphère Sud et qu’il a expérimenté sous l'influence du libéralisme imposé par Nord, contribuent à donner au Sud une certaine avance dans la réflexion critique sur le capitalisme dans un monde globalisé. Nous constatons l’affirmation d’une approche territoriale au développement contre courant, qui se lit dans la multiplication d’initiatives locales que les principaux auteurs de la pensée du « post-développement » appellent le « grassroots post- modernism » (Esteva & Prakash 1998), c.à.d. un développement autochtone et autonome, à base communautaire et participatif, conçue comme alternative à l'intégration dans l'économie mondiale et libérale, voire comme un détournement radical de la notion de développement elle-même. Les modèles de développement territorial issus des Suds peuvent donc être considérés aux antipodes des approches territoriales occidentales du développement et des paradigmes de l’intervention. L’émergence de modèles de développement anti-mondialisation et anti-capitalistes a certes aussi eu lieu dans l'hémisphère Nord, mais elle doit néanmoins beaucoup à l'expérience et l'apport conceptuel de l'hémisphère Sud. Dans ce contexte, le terme «territoire» est non seulement retourné vers le Nord en tant que catégorie, mais aussi comme un modèle de développement alternatif spécifique.

REFERENCES

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Debarbieux, B. (1999). "Le territoire: histoire en deux langues/ A bilingual (his)-story of territory".

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Chivallon, P. Ragouet et M. Samers. Bordeaux, Maison des Sciences de l'Homme: 33-44.

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AUTEURS

Anne-Laure Amilhat-Szary

UMR PACTE, Université Joseph Fourier [email protected]

Kirsten Koop

UMR PACTE, Université Joseph-Fourier [email protected]

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Morphologie urbaine et mobilité : outils et méthodes d’analyse conjointe des bases de données morphologiques et de mobilité

AUTEURS

Dominique BADARIOTTI et al. (équipe Remus) RESUME

Ce projet de communication propose une méthode de caractérisation de la morphologie des tissus urbains, du point de vue des proximités, de l‘accessibilité et du fonctionnement des mobilités, par des indicateurs de graphes et des indicateurs morphologiques. Ces indicateurs sont ensuite réutilisés pour être confrontés à des indicateurs de mobilité, afin d’étudier les liens entre les morphologies territoriales et urbaines et les mobilités.

ABSTRACT

Our proposal is on the first hand to present the Remus model and its abilities to analyse urban morphological patterns; and on the second hand to present the first results obtained by characterizing the relations between morphology and mobility, using multiple regression models and landscape metrics.

MOTS CLES

Morphologie urbaine, mobilité urbaine, enquête ménages déplacements, indicateur morphologique, Strasbourg.

INTRODUCTION

Les bases de données territoriales, et notamment les bases de données urbaines, sont de plus en plus nombreuses, précises, accessibles. Les problèmes qui se posent aujourd’hui ne sont plus uniquement des problèmes d’élaboration et de constitution de ces données, mais aussi de plus en plus des problèmes d ‘exploitation à des fins scientifiques.

Or exploiter ces données signifie à la fois tenter de les apparier, car il est rare qu’une source unique réponde à la complexité des questions que l’on se pose sur le territoire, mais aussi tenter de les réduire, ou de détecter en elles des indicateurs susceptibles de répondre à nos interrogations.

Notre proposition de communication concerne la thématique de l’incidence des morphologies territoriales et urbaines, et donc de l’urbanisme, sur les mobilités. Par cette question, nous allons nécessairement être obligés de manipuler conjointement des bases de données décrivant la forme des villes d’une part, et les mobilités qui s’y déploient d’autre part. Mais aussi, nous allons devoir définir des grandeurs appariables au sein de ces ensembles pour confronter, inter-questionner voire intégrer les informations dont nous disposons afin de répondre à notre questionnement.

Dans un premier temps, nous allons présenter le modèle Remus, ses principes fondateurs, et surtout les indicateurs morphologiques qu’il calcule pour explorer les spécificités des tissus urbains, et les caractériser. Dans un second temps, nous développerons une méthode de confrontation des données morphologiques paysagères

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aux données de mobilité, permettant de répondre à la question posée, à savoir l’incidence des formes territoriales et urbaines sur les mobilités.

1. LE MODELE REMUS, PRINCIPES FONDATEURS ET APPLICATIONS

Le projet Remus considère que les typo-morphologies urbaines sont les supports réels des déplacements au sein des villes. L‘organisation des tissus urbains, selon leurs plans, impacte en effet directement les distances de déplacements et leur organisation.

La forme de la ville, et notamment son plan et ses types morphologiques, détermine le linéaire de voierie et les distances intra-urbaines d‘immeuble à immeuble, et donc de local à local (quelle que soit leur destination) qui en découlent. Associé à l‘organisation sociale et fonctionnelle de la ville, le linéaire de voierie contribue ainsi à la mobilité urbaine, notamment aux distances parcourues. L‘évaluation des capacités d‘un type de tissu donné, en termes d‘économie de mobilité, ou la conception de nouveaux tissus plus économes des mobilités humaines, deviennent dès lors des enjeux importants des politiques de transports urbains.

Le modèle Remus a été élaboré pour explorer ce versant précis des formes urbaines, à savoir les proximités inter-immeubles par la voierie, et les interactions induites par ces proximités. A cet effet, le modèle Remus représente sous forme de graphes de voisinages, les proximités réelles entre immeubles au sein d’une ville, selon le mode de déplacement utilisé et le dessin de la voierie. Il permet d’étudier et de caractériser la morphologie des tissus urbains, à partir d’indicateurs de graphes (Badariotti et al. 2007 et 2009), et de révéler ainsi certaines propriétés morpho-fonctionnelles de ces tissus.

Appliquée à la ville de Pau, mais transposable à d’autres villes, cette méthode permet par exemple de visualiser les voisinages d’un immeuble par le réseau (Fig 1A) et de montrer la structuration générale et comparative des proximités pour l’ensemble d’une ville (Fig 1B), (Moreno et al. 2009, Moreno 2009).

Figure 1. Analyses des voisinages réalisées à partir du modèle Remus

A : comparaison des voisinages réticulaires et euclidiens d’un immeuble particulier du centre-ville de Pau à 100, 150 and 200 m.

(calculé avec REMUS)

B : progression des degrés moyens des graphes de voisinages à Pau a) répartition aléatoire et distance euclidienne b) répartition réelle et distance euclidienne c) répartition réelle et distance réseau

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2. ANALYSE DES RELATIONS MORPHOLOGIE URBAINE / MOBILITE

Au sein des territoires, la question des formes urbaines et de leur incidence sur l‘activité de transport et le mode de déplacement, est un point important. La forme de ville influence-t-elle la mobilité des individus, et si oui, comment ? Quel est le rôle du contexte socio-économique au sein de cette relation ?

L‘analyse de la contribution des typo-morphologies urbaines, en tant que support des déplacements, aux mobilités et aux transports urbains fait partie du vaste débat concernant la relation entre la mobilité, la consommation d‘énergie qui en résulte et la forme urbaine. Ce débat s‘est considérablement développé depuis la thèse de Newman

& Kenworthy (1989). La complexité de cette relation dans un contexte socio- économique précis se résume selon Allaire (2007) à quatre éléments : la taille de la ville et la densité de population à l‘échelle de l‘agglomération ; la distance du domicile – travail par rapport au centre-ville, l‘accessibilité au système de transport et le design du quartier. Pouyanne (2004) a de son côté proposé une relation triangulaire entre la mobilité, la forme et les variables socio-démographiques.

En aval de ces positions, nous proposons une méthode pour caractériser les liens entre les tissus urbains et la mobilité, via la proximité (Badariotti, Banos, Moreno, 2007, 2009). L‘objectif principal est de mettre en évidence la contribution des morphologies locales au fonctionnement global de la ville, par le biais des proximités particulières qu‘elles dessinent et des mobilités qu‘elles induisent. La morphologie des tissus urbains est représentée par les données de la BD topo de l’IGN ; ces données sont confrontées à des indicateurs issus des EMD afin de tester leurs impacts sur la mobilité des individus.

Les méthodes issues de la métrique paysagère sont choisies pour explorer les données topographiques. Les outils d’analyse du paysage (le logiciel Fragstat, de McGarigal et Barbara, 1994) permettent en effet de calculer des indicateurs, caractérisant quantitativement les morphologies urbaines. Ces indicateurs, associés à des indicateurs de mobilité issus des EMD, autorisent la réalisation d’analyses de régression linéaire multiple pour estimer les effets induits des variables morphologiques sur les variables de mobilité. Deux échelles de travail sont examinées : l‘échelle de l‘agglomération et celle du quartier, correspondant aux zonages issus des enquêtes EMD. Une classification ascendante hiérarchique (CAH) permet alors de sectoriser les zones EMD en fonction de leur structure morphologique et de leur comportement de déplacement (Badariotti et al. 2011, Tran et al. 2011).

Appliquée à la ville de Strasbourg, cette méthode donne des résultats qui confirment une forte relation entre la morphologie urbaine et la mobilité. Parmi les indicateurs morphologiques retenus, la connectivité des bâtiments et du réseau routier influence fortement la vitesse de la mobilité, le choix modal ainsi que le type d’habitat, tandis que la fragmentation a des effets très significatifs sur la distance de déplacement.

Une classification ascendante hiérarchique de 7 classes met en évidence une répartition très cohérente des zones EMD en fonction à la fois de leur morphologie et de leur comportement de mobilité (Fig 2). Elle révèle une hiérarchie en termes d’organisation spatiale entre le centre, où le bâti et le réseau routier sont faiblement fragmentés mais fortement connectés entre eux, et la périphérie, où c’est l’inverse.

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Figure 2. Classification des zones EMD de la Communauté Urbaine de Strasbourg (CUS), selon des critères combinés de morphologie urbaine et de mobilité

REFERENCES

Allaire J., 2007, Forme urbaine et mobilité soutenable : enjeux pour les villes chinoises. Thèse de Doctorat en Sciences économiques, Université Pierre Mendes France, Grenoble, 328p.

Badariotti Dominique et équipe Remus (2011) « Remus : do urban patterns impact mobility ? » Tel Aviv University -Laboratory of geosimulation and spatial analysis, Workshop S4 « Modeling mobility in the city space »

Badariotti Dominique, Banos Arnaud et Moreno Diego (2007) « Conception d’un automate cellulaire non stationnaire à base de graphe pour modéliser la structure spatiale urbaine: le modèle Remus », Revue Cybergéo, article 403 - 03 octobre 2007, 16 p.

Badariotti Dominique, Banos Arnaud et Moreno Diego (2009) "Morphologie urbaine et réseau. Etude des discontinuités et des ruptures induites par le réseau de circulation à l’aide du modèle Remus"

Revue internationale de géomatique, vol 19, n°1/2009, p. 45-66.

Moreno Diego, Badariotti Dominique, Banos Arnaud (2009) « Integrating morphology in urban simulation through reticular automata modelling » Chap 7, p. 261-310, in Handbook of theoretical and quantitative geography , sous la dir. de F. Bavaud et C. Mager, Université de Lausanne, 457 p Moreno Diego (2009) « Une approche réseau pour l’intégration de la morphologie urbaine dans la modélisation spatiale individu-centrée » 208 p., Thèse à l’UPPA dans le cadre du projet « Comportement des acteurs individuels et émergences sociales et spatiales » (allocation région Aquitaine). Soutenue le 9 décembre 2009.

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Remus (Reticular Model for Urban Simulation) est un projet de recherche porté par les laboratoires LIVE, LVMT, LITIS, SET, et la CUS, et financé par le Predit G06, 2009, Subvention n°09 MT CV 33 Tran Dong Binh, Ign,atowicz Michal, Frigui Rassil, Moreno Diego, Piombini Aranud, Badaritotti Dominique (2011) « Relation entre morphologie uraboine et mobilité. Approts de la théoriedes graphes et de l’analyse morphologique confrontés aux Enquêtes ménages déplacements (EMD) », Besançon, colloque Théoquant, p.125-126

AUTEURS Dominique Badariotti

UMR LIVE, Université de Strasbourg [email protected]

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L’écologie territoriale : du métabolisme des sociétés à la gouvernance des flux d’énergie et de matières.

AUTEURS

Sabine BARLES, Nicolas BUCLET, Gilles BILLEN RESUME

L’écologie territoriale constitue un champ de recherche interdisciplinaire relativement émergent en France, qui s’apparente à l’écologie urbaine et à l’écologie industrielle.

Son objectif principal est de mieux comprendre la nature et les modalités des interactions entre sociétés et nature, interactions dont la principale manifestation concrète réside dans les échanges énergétiques et matériels qui s’opèrent au sein des et entre les anthroposystèmes. La description et l’analyse de ces flux – du métabolisme territorial – s’accompagnent de celles des conditions sociales, politiques, économiques et techniques dans lesquelles ils sont produits ou subis. De ce fait, l’écologie territoriale associe sciences sociales, de l’environnement et de l’ingénieur. L’article en présente brièvement les origines, enjeux et contenus.

ABSTRACT

Territorial ecology is an emerging interdisciplinary research field in France. Its origins can be found in both industrial ecology and urban ecology. Its main purpose is to better understand socio-natural interactions, particularly the material and energy flows linking society and nature. The description and the analysis of these flows – that is to say of the territorial metabolism – goes with the analysis of the social, political, economical, technical (and so on) underlying conditions. As a consequence, territorial ecology combines social sciences, environmental sciences, and engineering sciences. The paper briefly presents the origins, aims and contents of territorial ecology.

MOTS CLES

Écologie territoriale, métabolisme territorial, empreinte environnementale, ressources, dématérialisation, économie de fonctionnalité.

INTRODUCTION

L’écologie territoriale constitue un champ de recherche1interdisciplinaire émergent en France, qui s’apparente à l’écologie urbaine (lorsqu’elle se fonde sur la théorie des écosystèmes) et à l’écologie industrielle (lorsqu’elle se consacre aux sociétés industrielles) sans être confondue avec elles. Son objectif principal est de mieux comprendre la nature et les modalités des interactions entre sociétés et nature, interactions dont la principale manifestation concrète réside dans les échanges énergétiques et matériels qui s’opèrent au sein des et entre les anthroposystèmes, eux- mêmes conçus comme « entité[s] structurelle[s] et fonctionnelle[s] des interactions sociétés-milieux » (Lévêque et al., 2003, p. 110). La description et l’analyse de ces flux s’accompagnent d’un souci d’en comprendre à la fois les origines et les conséquences à un niveau social, politique, économique et technique. De ce fait, l’écologie territoriale associe sciences sociales, de l’environnement et de l’ingénieur.

1Et d’action, ce qui n’est pas l’objet de ce texte.

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1. LES ORIGINES

L’écologie territoriale trouve ses racines dans la chimie des Lumières et la loi de Lavoisier, dans la thermodynamique et ses principes, puis dans la théorie des écosystèmes et la cybernétique. Elle se situe à la confluence de deux courants de recherche, l’écologie urbaine et l’écologie industrielle, toutes deux nées dans les années 1960-70.

La première, développée notamment par des écologues et biologistes a popularisé la notion de métabolisme urbain. L’idée défendue était que les villes constituaient des cas particuliers d’écosystèmes parasites, consommant matières et énergie et rejetant déchets solides, eaux usées et polluants atmosphériques, et qu’il était nécessaire de considérer non seulement l’aval (les rejets, cible principale des politiques environnementales), mais aussi l’amont du métabolisme, indissociable de l’aval, et porteur d’enjeux nouveaux, tels que l’épuisement des ressources fossiles ou les pénuries alimentaires. Ces analyses ont connu relativement peu de prolongements, notamment en raison d’une posture impérialiste (l’écologie devant pour certains absorber les sciences sociales), déterministe (la consommation énergétique comme unique variable explicative des interactions sociétés-nature et du fonctionnement des sociétés humaines), et anti-urbaine (pour plus de détails : Barles, 2010).

La seconde s’est attachée à analyser les systèmes de production industriels au prisme de l’écologie. Développée par des physiciens, des ingénieurs opérant dans le milieu de la recherche et de la recherche-développement, elle s’est très vite donné un objectif d’optimisation du métabolisme industriel (voir Erkman, 2004). Partant du constat que l’industrialisation s’est accompagnée d’une linéarisation de la circulation des matières, elle prône le bouclage des flux, les déchets d’une activité devenant les matières premières d’une autre, avec pour conséquence tant une diminution des rejets qu’une moindre ponction de ressources. L’écologie industrielle s’est étoffée (peu encore en France, voir néanmoins Adoue, 2007) depuis les années 1960, et propose une série de concepts (tels que la symbiose industrielle) et de méthodes beaucoup plus abouties que ceux de l’écologie urbaine (voir http://www.is4ie.org/).

Cependant, l’écologie industrielle est d’abord affaire d’ingénierie dans un contexte économique prédéterminé (Buclet, 2011), et n’embrasse ni l’ensemble du fonctionnement de la société, ni les questions écologiques non réductibles à une question de ressources. Ces limites ont été identifiées, si bien que beaucoup de collègues la conçoivent désormais comme l’écologie de la société industrielle (englobant distribution et consommation). Ce glissement restreint néanmoins le champ à l’ère industrielle, ce qui n’est pas souhaitable dans la mesure où la compréhension des trajectoires socio-naturelles nécessite la prise en compte de pas de temps plus longs, de même que celle des transitions passées ou à venir (voir Fischer-Kowalski &

Haberl, 2007). En outre, si les flux énergétiques et matériels sont l’expression concrète des interactions entre sociétés et nature, ils sont gouvernés par des processus naturels et sociaux, la part « sociale » (au sens « de la société ») prenant souvent le pas sur la part naturelle dans les espaces anthropisés. Il est donc important de prendre en compte cette dimension faute de quoi le métabolisme restera purement descriptif. À cela s’ajoute l’hypothèse selon laquelle les problèmes environnementaux et socio- économiques ont une origine commune, en l’occurrence les fondements du système économique dominant (Buclet, 2011). Enfin, l’écologie industrielle a tendance à ne considérer qu’une partie de l’anthroposystème en oubliant le système naturel dont elle réduit par ailleurs la complexité par un jeu de construction d’analogies peu fondées scientifiquement. Ceci conduit à des approches peu situées.

L’écologie territoriale tente de dépasser les limites des ses deux écologies mères. Elle privilégie une entrée par le territoire, à la fois espace localisé et théâtre de jeux d’acteurs complexes, qui semble plus à même de rendre compte des processus

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interactifs à l’œuvre. La description du métabolisme territorial permet de comprendre les interactions entre ce territoire et son milieu naturel, voire des milieux éloignés (en lien avec les importations et exportations économiques). Elle y associe l’analyse des acteurs, institutions, politiques, techniques qui sont à l’origine de ces flux, c’est-à-dire la dimension sociale du métabolisme, au côté de celle des processus naturels qui le guident.

2. METABOLISME TERRITORIAL ET EMPREINTES ENVIRONNEMENTALES Partant du principe que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, l’un des outils de base de l’écologie territoriale est le bilan de matières brutes, qui permet de peser au sens strict du terme le fonctionnement d’un territoire. Plusieurs méthodes peuvent être mobilisées (Brunner & Reichberger, 2004 ; Barles, 2009), mais l’objectif est le même : identifier les principaux flux de matières, mettre en regard flux entrants, flux sortants et stocks ; flux à caractère économique et rejets vers la nature ; extraction locale et importation, etc. Il autorise aussi la comparaison, ce qu’illustre la figure 1. Si les flux matériels sont dans les deux cas étudiés (Île-de-France et Midi-Pyrénées) considérables, ils varient de façon très significative de l’un à l’autre : les deux régions représenteraient ainsi deux extrêmes, la première – l’Île-de-France – connaissant une sorte de saturation matérielle, la seconde étant en phase de constitution de son stock.

La dématérialisation relative de l’Île-de-France ne doit cependant pas masquer le fait que la région importe des produits finis dont l’élaboration a engendré ailleurs des consommations supérieures au contenu matériel des produits finis que la détermination des flux indirects permettrait de prendre en compte.

La désagrégation des flux permet d’expliquer une grande partie de ces différences. En Midi-Pyrénées, la consommation de matériaux de construction explique l’importance des flux entrants et de l’addition au stock, tandis que l’activité agricole contribue à des flux vers la nature plus importants qu’en Île-de-France. L’analyse détaillée des flux élémentaires apporte d’autres éléments explicatifs (comme le lien entre étalement urbain et consommation de matériaux de construction) que nous ne pouvons détailler ici, mais qui montre l’intérêt de la méthode. Elle peut être complétée par l’analyse des flux de substance (par exemple analyse de la circulation de l’azote).

La détermination des empreintes environnementales des territoires complète l’analyse.

La notion d’empreinte environnementale se veut plus générale que celle, bien connue, d’empreinte écologique (Rees & Wackernagel, 1996). Cette dernière désigne en effet la surface bioproductive qui serait nécessaire au maintien durable d’une société humaine donnée compte tenu de son niveau et de ses modes de vie, mais ne rend pas compte de l’ensemble des interactions entre les sociétés et la biosphère dans la mesure où elle privilégie une approche énergétique (biomasse et combustibles fossiles) ; elle fait par ailleurs l’objet d’un certain nombre de critiques (par exemple Piguet et al., 2007). La notion d’empreinte environnementale vise quant à elle à décliner les impacts du métabolisme territorial sur la biosphère, le terme d’empreinte étant employé pour signifier à la fois l’intensité et la dimension spatiale de ces impacts (en trois dimensions). On pourra ainsi définir une empreinte aquatique, alimentaire, énergétique, etc. (Barles, 2008 ; Billen et al., 2009 ; Chatzimpiros, 2011 ; Kim & Barles, soumis). L’un des enjeux majeurs sous-jacents est l’identification des liens existant entre flux et espace.

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Figure 1. Bilan de matières brutes, kt, (t/hab).

a) Île-de-France, 2003 (Barles, 2009) ; b) Midi-Pyrénées, 2006 (Barles, en cours).

DMI : Direct Material Input. DPO : Direct Processed Output.

Ces bilans ne comptabilisent pas la consommation d’eau.

Figure 2. Flux d’azote dans l’agro-système des trois territoires impliqués principalement dans l’approvisionnement alimentaire de l’agglomération parisienne en 2006 (Flux en ktonN/an). (Billen,

2011)

3. COUPLER LES FINALITES SOCIETALES ET LA GOUVERNANCE DES FLUX D’ENERGIE ET DE MATIERE

Bien que pensée avant tout par des ingénieurs, l’écologie industrielle n’a pu éviter de se poser la question des jeux d’acteurs nécessaires à la mise en œuvre des synergies (échanges ou mutualisation de flux). Force est de constater en effet que les projets

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d’éco-parcs industriels pensés à partir d’échanges de flux de matière et d’énergie

« tombant sous le sens » ne se réalisent que rarement. L’écologie industrielle résume cela à « l’importance du facteur humain », facteur incontournable qui pourrait être pris en compte à l’aide de meilleures techniques de gouvernance, en permettant aux acteurs de se connaître et de souhaiter échanger. Cette façon de voir limite cependant les questions de coordination entre acteurs aux moyens de mettre divers acteurs autour d’une table afin de faciliter les synergies identifiées par ailleurs, voire d’en découvrir de nouvelles. Le territoire, construit d’interactions multiples entre individus et acteurs, elles- mêmes à l’origine des dynamiques sociales, économiques, techniques et environnementales des espaces anthropisés, est ignoré. Au contraire, l’écologie territoriale s’attache à lier l’investigation de deux objets : les dynamiques d’acteurs créatrices à la fois de « systèmes de besoins » (Baudrillard, 1970) et de ressources territoriales, tant données que construites (Kébir et Crévoisier, 2007) à partir desquelles les acteurs peuvent élaborer des réponses à ces besoins ; les modes d’interaction susceptibles de favoriser des stratégies collectives de développement, visant à concilier ces dynamiques et les exigences écologiques avec lesquelles doit composer, du moins sur le moyen et long terme, toute société humaine.

Cette investigation repose en particulier sur la remise en cause de postulats simplistes concernant le mode de fonctionnement des sociétés humaines, postulats fondés pour l’essentiel sur une généralisation abusive de l’observation de la société industrielle.

Pour y remédier, l’anthropologie sociale (Caillé, 2009) et économique (Polanyi, 2008) est mobilisée afin d’élargir l’horizon des motivations menant les humains à interagir les uns avec les autres. C’est à partir de cet élargissement qu’est menée une réflexion plus large en termes de modes de coordination innovants à l’échelle des territoires. Comme nous l’avons montré (Buclet et Brullot, 2009), l’originalité de l’écologie territoriale repose sur le couplage entre cette réflexion en termes de modes de coordination innovants et la visibilité dont vont disposer, à l’aide de l’analyse du métabolisme territorial, les acteurs quant à l’impact en termes de flux de leurs comportements, tant individuels que collectifs. Les travaux sur des cas d’étude en écologie territoriale visent à analyser les contextes territoriaux en tenant compte de ce couplage. L’objectif devient alors de proposer des modes de coordination favorisant (Buclet, 2011b) :

- une proximité tant physique qu’organisationnelle et institutionnelle entre les acteurs, dont il a été démontré l’importance pour favoriser la confiance et, dès lors, la capacité à coopérer autour d’objectifs territoriaux partagés (Brullot, 2009) ;

- la « capabilité » (Sen, 1999) des acteurs, c'est-à-dire leur autonomie et leur maîtrise des enjeux reliant besoins exprimés et ressources disponibles ; - des processus décisionnels collectifs et participatifs, permettant à chacun de

s’approprier les enjeux en termes de gouvernance des flux et de relier cette gouvernance à la constitution de stratégies de développement territorial, tenant à la fois compte des enjeux sociaux, techniques, écologiques et économiques.

REMERCIEMENTS

Le présent texte doit beaucoup au travail conduit dans le cadre du projet de recherche Confluent, financé par l’ANR (ANR-08-VILL-0008-02).

REFERENCES

Adoue C. 2007.Mettre en œuvre l’écologie industrielle. Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, Lausanne.

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Polanyi K. 2008. Essais. Editions du Seuil, Paris.

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AUTEURS Sabine Barles UMR Géographie-Cités, Université Paris 1

[email protected]

Nicolas Buclet

UMR Pacte, Université Pierre Mendès-France

[email protected]

Gilles Billen UMR Sisyphe, CNRS [email protected]

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