PRONONCÉ A LA TRIBUNE
CONVENTION NATIONALE
brumaire
5 an 2 de la République une
&
indivijiblc
,
CONVENTION NATIONALE.
JPermettfz,
Citoyens Collègues,
que
jevous
mette à
meme
de réparerun
outrage fait à la railon par rAfiemblée iég;{l«iiye3 qui5 furks
Par
ANACHARSIS CLOOTS
, député par -leDépartement
de l’Oife.Imprimé par ordre de la Convention Nationale3
&
l’envoidanstousles Départsmeas.T$i£NEWSE&HK
obfervations chrétiennes de l’évêque
du
Calva- dos, de guillotineufemémoire,
ajourna la ré- ception d’une demes
productions philofophi- ques , le fruit de quinze heures de travail par jour durant quatreannées confécutives. Cetou-
vrage iingulier par faméthode
, fa ta&ique, Si curieux par fes détails , fesdéveloppemens
, fappe d’un feulcoup
toutes les feûes révélées, anciennes 6c modernes, il eti intitulé :La
cer~titude des preuves du Mahomètijmc, parce
que
je jetteun mufulman
entre les jambes des autres ledaires , quitombent
les uns fur les autres.Mon
livre tient lieu d’une vaile bibliothèque.L’explotion philofophique qui frappe nos re- gards révolutionnaires , eft le réfuîtat de cin- quante ans de travaux de persécutions. C’eft en attaquant avec une courageule opiniâtreté toutes les fautiés révélations
,
que nous (om- mes
arrivés à l’époque de la révélationdu bon
fens. La convertion d’un grand peuple
vous prouve
que les philofophes n’ont pasftmé
furun
fol ingrat, 6cque
le proielytifme de l’er- reur etimoins
rapideque
celui des principes éternels. Ceft aujourd'huique
les bénédictions de la vériténous
font oublier les maîédiétionsdu
menfonge. leme
réjouis d’avoir été perfé- cuté parun
archevêque de Paris,quand
je vois tout le clergé de France abjurerune
doctiine contre laquelle j’ai lancé desvolumes
dix an- nées avant la prife de la Batiille.On
nem’a
jamaispardonné
, fous le règne des rois&
desprêtres,
ma
deyife favorite : Feriias atque Li- bertas.Je
me
dois àmes
voyages continuels, àmon
cofmôpoiifrne indépendant, d’avoir échappé à Ta
vengeance des tyrans (acres
&
profanes. J’éroisà
Rome quand on
vouloir m’incarcérer à Paris.Sc j’étois à Londres
quand on
vouloirme
bril- ler à Lisbonne» C’eR en faifant îa naveite d’unbout
de l’Europe à Pauîre,
que
j’échappoisaux
sbire?,
aux
aîguazils, auxmouchards
, à tousles maîtres &£ à tous les valets. Enfin îa révolu- tion arrive,&
jeme
trouve dansmon
élémentnaturel; car cejl la liberté
, nonlelieu» qui fait
le citoyen ,
comme
Ta fort bien dit Bruîus êlcomme
l’a très fort oublié votre rapporteur fur la foi contre Us étrangers. Etmoi
aufîi , j’ai eu l’ingratitude d’oubliermon
berceau natal,
pour
ne (onger qu’au berceau de la République uni- verTelle, fi toutefois c’eft oublier (on pays na-
tal
que
de propager les lumières dans le chef- lieudu
globe. Quoiqu’il en fciî ,mes
émi- grations cédèrentlorfque l’émigrationdes fcélératscommença.
Paris régénéré éto-t le pofîe de l’orateur du genrehumain
, ôz je ne l’ai pas quitté depuis Fan 1759.C’ed
alorsque
je redoublai de zèle contre les prétendus fouverains de la terre& du
ciel,le prêchai
hautement
qu’il n’y a pas d’autre dieu que la nature , d’autre fouverainque
legenre
humain
: le peuple-dieu.Ce
peuple fe iufîit à lui-même
; il fera toujoursdebout
: lanature ne s’agenouille
point
Jugez de îama-
jefté
du
genrehumain
libre, par celle
du
peu- ple français qui n’en efl qu’une fraction ; ju- gez de l’infaillibilitédu
tout , par îa fagacité d’une portion qui elle feule fait trembler lemonde
efdave. Plus la maffe deshommes
li-bres groifira ,
moins on
redoutera les grands4
jierfonuages. Les gens fufpe&s difparoîtront avec?
les tyrans. Le nivellement univerfcl s’oppose à toute rébellion quelconque. Lq comité de lur- Veiilance dela République univerfeîle aura
moins
de befogneque
le comité de làmoindre
fec- lion de Paris; il en fera demême
de tous lesBureaux miniftériels.'.
Ma
république eft l’anti- dcte de la bureaucratie : ily
aura peu de bu-reaux,
peu
d’impôts oC point de bourreau.Une
confiance générale remplacera
une
méfiance né- Cefbure, La raifônréunha
tous leshommes
dansun
ieul faifeeau repréfenîatif , fans autre lienque
la correfp.ondèncë épiflolaire.Ce
fera laVéritable république des lettres.
Citoyens, la religion efb le plus grand obf- taclé à
mon
utopie,: or , indubitablement cet obfracl'e n’eft pasinvincible ; carnous voyons
les Chrétiens&
les Juifs (e difputer les honneurs de d’abjuration la.plus folennelle. Il en fera demême
par«toutoù Ton
acceptera la confntutionmontagnarde
, par toutoù
leshommes
auront dinq lens.Une
coufliiution qui ne laiffeaux
prêtres
que
des niomerles , en leur faifant ref~îirùer
&
notremorale &
notre argent, cetteconüiîüticn, en
montrant
1’impofture dans fon âtfreufe nudité, devoir opérer inceflamment lesmerveilles qui fe palTent fous nos
yeux;
d’au- tant plusque
la réquifitîon deshommes
Si des éhofes, dirige tous les eiprits vers le théâtre de ïa guerre libératrice;Je ne' réfuterai pas les déraifonnêtirs qui ver- fôi'ént fà-dedans des intrigues contre- révolution- Aâifés
1
,- ôt qui s’hh'aginéroienî
que
l’onmène
le^éiïple dans' ttn* précipice;
RâRufez>vôusy bonnes
7gens, îe peuple ne fe ia’ffe phis
mener
; il a brûle ies îiiieres, il tu fait p’us que tous les
do&eurs,
Quant aux
ariflocrates déguifés qui repèrentleur vieilles calomnies contre lacom- mime
centrale, en ajoutant que lesdépanemenS
ne fo t pasmûrs
, je lesenverraidans la Nievre, dans laSomme,
à Rocheforr, a Ri ,&c.
, àmoins
qu’ils ne prêtèrent îe lejour cte laVen-
dée , dont les iaintes fureurs ont accéléré la guérifon de nos républicainsviûorieux.Remar- quez,
Citoyens-,que
a plupart de ceux qui font le.îrembeurs
maintenant, furent les pre- miers à blâmer la prudence des jacobins , qui s’opoptèrent.. l’automne dernière, à lamotion
piematiméed’unmembre du
comité des finances.Eh
bien ! cesmêmes
jacobins , toujours atten- tifs à f'aifir la balle aubond,
fe lèvent aujour- d’hui en malle,pour
écraler fans retour toutes les têtes deFhydre
religieufç.Une
terreur falu- taire dilfîpe toutes le terreurs phantafiiques :Gnnade
vigueur, dit
un
ancien, queU
premier jour qui fuit un mauvais régné. Profitons de ce premier jour ,que nous
prolongerons jufqu’au lendemain de ia délivrancedu monde.
Il efi:
donc
reconnuque
les adversaires dela religion ont bien- mérité
du
genrehumain
; ceft à ce titre quejedemande, pour
le premier eccléfiaftique abjurent,une Rame
dans letemple de la Raifon. Il iuffira de lenommer pour
ob- tenirun
décret favorable de laConvention
na- tionale : c’eftl’intrépide, legénéreux, l’exemplaire Jean Métier, curé d’Etrépigny enChampagne, dort
le Tefumera
phîïofophiqudporta ia délola»îion dans la
Sorbonne
,&
parmi toutes les fac«fions chrifiieoles.
La mémoire
de cethonnête
6
homme
, flétrie fous l’ancien régime, doit être réhabilitée fous le régime de la nature.Citoyens Collègues,
v
us accueillerezhono-
rablementmes deux
proportions; car lesarche-vêques
de Paris&
les évêquesdu Calvados
ne font plus à l’ordredu
jour,Anacharsis Cloots.
Decret relatif à l'hommage fait par le citoyen Anarcharfs Cloots , députe à la Convention ,
A un
de fes ouvrages, intitulé :La
certitude des preuvesdu Mahométifme.
Anacharfis Cloots, député à la
Convention*
fait
hommage
d’un de fes ouvrages intitulé ;Là
certitude des preuves du
Mahométifme
;ouvrage
qui conftaîe la nullité de toutes les religions.L’affembiée a accepté cet
hommage
,ena
ordon-né
lamention
honorable,&
i’infertion au bul- letin ,&
renvoie le livre au comité d’inflru&ion publique.Le même membre
propofe d’érigerune
fiatue à Jean Mélier, curé d’Etrepigrsy de Butd en
Champagne
; le premier prêtre qui ait eu lecourage
&
labonne
foi d’abjurer les erreursre-ligieufes.
Cette proportion eft
renvoyée
airiecmitéd’inf*iruûicn
publique.7
Sur la proportion d’un
membre
, l’affemblé*ordonne
l’imprefîion&
l’envoi à tous les dépar-îemens ,