La definition de la douleur admise par I'IASP met explicitement I'accent sur la variabilit6 de la relation entre 16sion et douleur et integre les dimensions sensorielles, affective et cognitive de I'experience douloureuse. Toutefois, ce sont surtout ses aspects sensoriels qui ont ete 6tudi6s chez I'animal : les raisons en sont evidentes, puisque les autres facettes de la douleur restent difficilement, voire totalement (par essence) inaccessibles en I'absence de communication verbale. II est important de souligner que, de maniere un peu paradoxale, les progres dans la prise en charge des patients douloureux sont davantage le fait d'6volutions socioculturelles et d'une utilisation plus rationnelle des medicaments que des consequences de I'accroissement de nos connaissances de la nociception et de ses contrSles (sur les plans moleculaire, cellulaire, anatomique, fonctionnel, etc.). On peut donc se demander si le temps n'est pas venu de se pencher, enfin, plus profond6ment, sur les dimensions de la douleur qui sont restees jusqu'ici assez peu explor6es. On peut m 6 m e penser que de tetles investigations sont r6ellement n6cessaires voire indispensables pour concevoir de nouvelles approches therapeutiques prenant en compte le patient douloureux dans toutes ses facettes. Elles pourraient permettre, entre autres, 1'6mergence de medicaments innovants, rendant caduque la triste constatation qu'aucune classe thera- peutique nouvelle dans sa conception n'a vu le jour depuis un siecleo C'est pourquoi il nous a semble opportun d'organiser, dans le cadre du 2 e congres de la SETD, un cours superieur, intitute {{ Douleurs et 6motions >>, dont les objectifs etaient de nous amener & confronter nos conceptions, peut-etre assez diverses, des aspects 6motionnels de la douleur, chez I'Homme bien sQr, et aussi ~ r6fl6chir aux moyens qui nous permettraient d'en aborder certaines facettes chez t'animal. Nous pensons que ces objectifs ont et6 atteints grace aux remar- quables contributions des auteurs qui ont accepte de preter leur concours ~ cette session, ce dont nous ne saurions trop les remercier. Les textes rassembles ici constituent une excellente synthese de I'etat actuel du sujet trait& Toutefois, et ce n'est pas faire injure leurs r6dacteurs, ils montrent aussi I'ampleur des progres qu'il nous reste a accomplir. Un des ben6fices attendus des echanges entre sp6cialistes d'horizons tres diff6rents I'occasion de ce cours superieur est, peut-etre, de soulever de nouvelles questions, ou plus simplement de permettre ~ notre communaute de formuler differemment nos interro- gations habituelles vis-a-vis du patient douloureux. Le m o m e n t venu, un deuxieme cours superieur sur ce theme nous permettra de mesurer le chemin parcouru, et, nous I'esperons, de confirmer le bien-fond6 et le caractere fructueux de I'analyse approfondie, tant chez I'Homme que chez I'animal (dans la mesure du possible), des relations entre facteurs 6motionnels, ou affectifs, et douleurs.
Francois Cesselin Guy Simonnet
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