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Noyaux du transfert automorphe de Langlands et formules de Poisson non lin´eaires :

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Noyaux du transfert automorphe de Langlands et formules de Poisson non lin´eaires :

Notes de cours

par Laurent Lafforgue

Dans tout le cours, on consid`ere un groupe r´eductif connexe quasi-d´eploy´e Gsur un corps globalF, le groupe r´eductif complexe Gb dual de G muni de l’action naturelle du groupe de Galois ΓF de F, et une repr´esentation de transfert continue

ρ:GboΓF →GLr(C).

On traite le cas o`u le corps globalF est le corps des fonctions rationnelles d’une courbe projective lisse g´eom´etriquement connexe sur un corps finiFq `a q´el´ements. On note|F| l’ensemble des places deF, Fxle corps localis´e deF en chaque place x∈ |F|, Ox son anneau des entiers, qx=qdeg(x) le nombre d’´el´ements de son corps r´esiduel et

| • |x=q−vx x(•):Fx→qxZ∪ {0}

la norme deFx. On note ´egalement

A= aY

x∈|F|

Fx

l’anneau des ad`eles deF,A× son groupe multiplicatif et

| • |= Y

x∈|F|

| • |x:A×→qZ

la norme globale, qui v´erifie la “formule du produit”

|γ|= 1, ∀γ∈F× ⊂A×.

Comme toutes les constructions et d´emonstrations ne font appel qu’`a de l’analyse harmonique sur les groupes r´eductifs locaux G(Fx), x ∈ |F|, et ad´eliques G(A), le cas o`u le corps global F est un corps de nombres se traiterait de la mˆeme fa¸con.

Je remercie notre secr´etaire C´ecile Gourgues qui a r´ealis´e la frappe de ces notes `a la perfection et avec une incroyable rapidit´e.

(2)

Sommaire

Expos´e I : Notion de noyau du transfert et construction de leur partie principale

Expos´e II : Int´egrales de Rankin-Selberg, facteursLlocaux et transformation de Fourier Expos´e III : Principe de fonctorialit´e et formules de Poisson non lin´eaires

Expos´e IV : Formules de Poisson non lin´eaires et noyaux du transfert automorphe

Expos´e V : Nouvelle construction de la fonctionnelle de Poisson lin´eaire et g´en´eralisation non lin´eaire conjecturale

Appendice

Expos´e A : Corps globaux et anneaux d’ad`eles

Expos´e B : Groupes r´eductifs et groupes duaux de Langlands

Expos´e C : Fonctions automorphes, repr´esentations automorphes et principe de fonctorialit´e

R´ef´erences bibliographiques

(3)

I. Notion de noyau du transfert et construction de leur partie principale

Le groupe r´eductif quasi-d´eploy´eGsurF est dit non ramifi´e en une placex∈ |F|si l’action du groupe de Galois local ΓFx ⊂ΓF sur la donn´ee radicielle (XT,∆B, XT,∆B) ou, ce qui revient au mˆeme, sur le groupe dualGbse factorise `a travers son quotient non ramifi´e ΓnrF

x

∼=Zb dont un g´en´erateur topologique est l’´el´ement de Frobeniusσx. Dans ce cas, le groupe r´eductif G sur Fx se prolonge en un sch´ema en groupes r´eductifs lisse surOxet on dispose du sous-groupe ouvert compact maximalG(Ox) deG(Fx).

En une telle place x, la repr´esentation de transfert ρ : Gb oΓF → GLr(C) est dite non ramifi´ee si l’homomorphisme induit ΓFx →ΓF →GLr(C) se factorise `a travers le quotient non ramifi´e ΓnrF

x =hσxide ΓFx. On sait qu’alorsρinduit un homomorphisme

ρx:Hx,∅r → Hx,∅G de l’alg`ebre de Hecke sph´erique

Hrx,∅=Cc(GLr(Ox)\GLr(Fx)/GLr(Ox)) de GLr(Fx) vers celle

HGx,∅=Cc(G(Ox)\G(Fx)/G(Ox))

deG(Fx). Ces alg`ebres sont commutatives, et l’homomorphismeρxtransforme tout caract`erezx:HGx,∅→C de la seconde en un caract`ere (ρx)(zx) =zx◦ρx:Hrx,∅→Cde la premi`ere.

On sait que le groupe r´eductif quasi-d´eploy´eGsurFet la repr´esentation de transfertρ:GboΓF →GLr(C) sont non ramifi´es en toutes les placesx∈ |F|sauf un ensemble fini que l’on noteSρ.

Posons : D´efinition I.1.–

Soit un sous-ensemble finiS de|F| contenantSρ. (i) Etant donn´´ ee une famille de caract`eres

zx:HGx,∅→C [resp.zx0 :Hrx,∅→C] index´es par les places x∈ |F| −S, une fonction automorphe non nulle

ϕ:G(F)\G(A)→C [resp.ϕ0: GLr(F)\GLr(A)→C]

est dite vecteur propre de valeurs propres leszx[resp.zx0] pour l’action par convolution des alg`ebres de Hecke sph´eriquesHGx,∅ [resp. Hrx,∅] si, en toute place x∈ |F| −S,ϕ [resp. ϕ0] est invariante `a droite parG(Ox)[resp.GLr(Ox)] et v´erifie

ϕ∗ϕx=zxx)·ϕ , ∀ϕx∈ Hx,∅G , [resp. ϕ0∗ϕ0x=zx00x)·ϕ0, ∀ϕ0x∈ Hrx,∅].

(4)

(ii) Une fonction automorphe non nulle

ϕ:G(F)\G(A)→C [resp.ϕ0: GLr(F)\GLr(A)→C]

est dite “S-propre” si elle satisfait les conditions de(i)relativement `a une certaine famille de caract`eres zx:HGx,∅→C [resp. z0x:Hrx,∅→C], x∈ |F| −S .

(iii) Une famille de caract`eres

zx:HGx,∅→C [resp. z0x:Hrx,∅→C]

index´es par les placesx∈ |F|−S est dite automorphe si elle satisfait les conditions de(i)relativement `a une certaine fonction automorphe “S-propre”ϕ:G(F)\G(A)→C[resp. ϕ0: GLr(F)\GLr(A)→C].

Le principe de fonctorialit´e de Langlands peut ˆetre formul´e de la mani`ere suivante : Conjecture I.2 (conjecture de transfert par ρ). –

Pour toute partie finieSde|F|contenantSρ, et pour toute famille de caract`eres (zx:HGx,∅→C)x∈|F|−S qui est automorphe, sa transform´ee(zx◦ρx:Hrx,∅→C)x∈|F|−S parρest encore automorphe.

On introduit la notion de noyau du transfert : D´efinition I.3.–

Soit une partie finie S de|F|contenant Sρ.

On appelle “noyau” (ou “S-noyau”) du transfert automorphe par ρ toute fonction automorphe en 3 variablesg1, g2∈G(A)etg∈G(A)

K: (G×G×GLr)(F)\(G×G×GLr)(A)→C qui satisfait les conditions suivantes :

(i) En toute placex∈ |F| −S,Kest invariante `a droite parG(Ox)×G(Ox)×GLr(Ox). En notant∗1,∗2

et ∗3 les produits de convolution en les 3 variables g1, g2 ∈ G(Fx) et g ∈GLr(Fx), K est compatible avec ρx:Hrx,∅→ HGx,∅ au sens que

K∗3ϕ0x=K∗2ρx0x), ∀ϕ0x∈ Hrx,∅,

et elle est compatible avec l’automorphisme ϕx 7→ ϕx de HGx,∅ d´efini par le changement de variable g17→g1−1 au sens que

K∗2ϕx=K∗1ϕx, ∀ϕx∈ HGx,∅. (ii) Pour toute fonction automorphe S-propre

ϕ:G(F)\G(A)→C, l’int´egrale

(g2, g)7→

Z

G(F)\G(A)

dg1·ϕ(g1)·K(g1, g2, g)

est absolument convergente quels que soient les ´el´ementsg2∈G(A),g∈GLr(A), et d´efinit une fonction

automorphe(G×GLr)(F)\(G×GLr)(A)→C.

(5)

On remarque : Lemme I.4.–

Pour d´emontrer la conjecture de transfert I.2 ci-dessus, il suffit de prouver que, pour toute fonction automorpheS-propre

ϕ:G(F)\G(A)→C, il existe unS-noyau du transfert

K: (G×G×GLr)(F)\(G×G×GLr)(A)→C tel que l’int´egrale

(g2, g)7→

Z

G(F)\G(A))

dg1·ϕ1(g1)·K(g1, g2, g)

ne soit pas uniform´ement nulle.

On choisit une fois pour toutes un caract`ere additif non trivial ψ:A/F →C×.

On sait que les caract`eres additifs continusA/F →C× sont exactement les ψγ :u7→ψ(γ·u)

associ´es aux ´el´ementsγ∈F.

NotantNr ⊂GLr le sous-groupe des matrices triangulaires sup´erieures unipotentes, on s’int´eresse aux caract`eres deNr(A) qui sont triviaux surNr(F). Ce sont exactement les compos´es

ψ`:Nr(A)→C× de l’homomorphisme de groupes alg´ebriques

Nr → Nr/[Nr, Nr] = (A1)r−1 u= (ui,j)1≤i,j≤r 7→ (ui,i+1)1≤i<r,

d’une forme lin´eaire d´efinie surF

`: (A1)r−1→A1

et du caract`ere ψ:A/F →C×. Un tel caract`ereψ` est dit r´egulier lorsque lesr−1 coordonn´ees de `sont non nulles, et irr´egulier dans le cas contraire. On noteψ(r)le caract`ere r´egulier dont lesr−1 coordonn´ees valent 1.

Une fonction localement constante

W : GLr(A)→C [resp. GLr(Fx)→C, x∈ |F|]

est dite “deψ(r)-type de Whittaker” si

W(ug) =ψ(r)(u)·W(g), ∀g ,∀u∈Nr(A) [resp.Nr(Fx)]. Notant

Qr= GLr−1·Nr=Nr·GLr−1=









∗ . . . ∗ ∗ ... ... ...

∗ . . . ∗ ∗ 0 . . . 0 1







 le sous-groupe “mirabolique” sup´erieur, on rappelle le r´esultat suivant de Shalika :

(6)

Proposition I.5.– (i) L’op´erateur

H7→W(r)ψ H=

"

g7→

Z

Nr(F)\Nr(A)

du·ψ−1(r)(u)·H(ug)

#

d´efinit une projection de l’espace des fonctions localement constantes H :Qr(F)\GLr(A)→C sur l’espace des fonctions deψ(r)-type de Whittaker W : GLr(A)→C.

(ii) Cet op´erateur W(r)ψ admet pour section, c’est-`a-dire pour inverse `a droite, l’op´erateur

W 7→

g7→ X

δ∈Nr−1(F)\GLr−1(F)

W(δg)

.

(iii) L’image de cette section est le sous-espace des fonctions H :Qr(F)\GLr(A)→Cqui sont cuspidales au sens que leurs coefficients unipotents

g7→

Z

Nr(F)\Nr(A)

du·ψ`−1(u)·H(ug)

associ´es aux caract`eres irr´eguliers ψ`:Nr(A)→C× sont uniform´ement nuls.

Remarque :

Il r´esulte de cette proposition que toute fonction localement constante H:Qr(F)\GLr(A)→C

s’´ecrit de mani`ere unique comme la somme

H =Hc+Hnc

d’une fonctionHc:Qr(F)\GLr(A)→Cqui est cuspidale et d’une fonctionHnc:Qr(F)\GLr(A)→Cnon cuspidale au sens que

W(r)ψ Hnc= 0.

Cela s’applique en particulier aux fonctions H : GLr(F)\GLr(A) → Cmais leurs composantes Hc, Hnc : Qr(F)\GLr(A)→Cne sont en g´en´eral pas invariantes par GLr(F).

On cherche `a construire des noyaux

K: (G×G×GLr)(F)\(G×G×GLr)((A)→C comme sommes de leur composante cuspidale

Kc: (G×G×Qr)(F)\(G×G×GLr)(A)→C et de leur composante non cuspidale

Knc: (G×G×Qr)(F)\(G×G×GLr)(A)→C.

(7)

De plus, construireKc ´equivaut `a construire leψ(r)-coefficient unipotent

W(r)ψ K=W(r)ψKc: (G×G×Nr)(F)\(G×G×GLr)(A)→C.

Etant donn´´ ees une partie finieSde|F|contenantSρet une fonction automorpheS-propreϕ:G(F)\G(A)→ C, il suffit que l’int´egrale (g2, g)7→R

G(F)\G(A)dg1·ϕ(g1)·W(r)ψ K(g1, g2, g) ne soit pas uniform´ement nulle pour qu’il en soit de mˆeme de l’int´egrale (g2, g)7→R

G(F)\G(A)dg1·ϕ(g1)·K(g1, g2, g). Cette condition sera facile `a r´ealiser si, dans le but de construire des noyaux K: (G×G×GLr)(F)\(G×G×GLr)(A)→C, on commence par construire leur coefficientW(r)ψ K de la mani`ere suivante :

D´efinition I.6.–

SoitS une partie finie de |F|contenant Sρ. On d´efinit les ψ(r)-coefficients unipotents

W(r)ψ K:G(F)\G(A)×G(F)\G(A)×GLr(A)→C des noyaux cherch´es K comme des sommes localement finies de la forme

W(r)ψ K(g1, g2, g) = X

γ∈G(F)

 Y

x∈|F|

KψG,ρ

x

(g1−1γ g2, g), o`u les facteurs locaux

KψG,ρ

x , x∈ |F|, sont des fonctions localement constantes

G(Fx)×GLr(Fx) → C (g, g0) 7→ KψG,ρ

x (g, g0) telles que

• en toute place x∈ |F|, les fonctions KψG,ρ

x (•, g0) sont `a support compact dans G(Fx) et les fonctions KψG,ρ

x (g,•)sur GLr(Fx)sont deψ(r)-type de Whittaker,

• en toute placex∈ |F| −S⊂ |F| −Sρ,KψG,ρ

x est un “noyau local” du transfert non ramifi´e parρ: cela signifie que KψG,ρ

x est invariante `a gauche et `a droite par G(Ox)en la variable g∈G(Fx), invariante

`

a droite par GLr(Ox)en la variable g0 ∈GLr(Fx) et compatible avec l’homomorphisme ρx:Hrx,∅→ HGx,∅

au sens que

KψG,ρ

x2ϕ0x=KψG,ρ

x1ρx0x), ∀ϕ0x∈ Hrx,∅. Remarque :

La derni`ere condition surKψG,ρ

x ´equivaut `a demander que sa d´ecomposition spectrale sous la double action par convolution `a droite de HGx,∅ et Hrx,∅ ne fasse apparaˆıtre que des paires de caract`eres (zx : HGx,∅ →C, z0x:Hrx,∅ →C) reli´es par la condition

zx0 =zx◦ρx= (ρx)(zx).

(8)

Afin de construire des noyaux locaux du transfert non ramifi´e KψG,ρ

x :G(Fx)×GLr(Fx)→C

v´erifiant les conditions de la d´efinition I.6 ci-dessus en les places x∈ |F| −S ⊂ |F| −Sρ, on a besoin de pr´eciser la forme des homomorphismes

ρx:Hx,∅r → HGx,∅, x∈ |F| −Sρ, et pour cela de rappeler l’isomorphisme de Satake :

Proposition I.7.–

Soitxune place en laquelle le groupe quasi-d´eploy´eGest non ramifi´e, et soit SxG={w∈SGx(w) = w} le groupe de WeylFx-rationnel deG.

SoientTxd le plus grand sous-tore deT qui est d´eploy´e surFx,Tbxdson tore complexe dual muni de l’action deSxG, etImTbxd le plus grand sous-tore r´eel compact deTbxd.

Alors :

(i) Il existe un isomorphisme, appel´e isomorphisme de Satake, SxG:HGx −→ C[Tbxd]SxG

si bien que les caract`eres de l’alg`ebre commutative HGx sont associ´es aux ´el´ements de Tbxd, modulo l’action du groupe fini SxG.

(ii) Pour tout ´el´ement λ∈Tbxd, il existe une unique fonction

ϕGx,λ:G(Ox)\G(Fx)/G(Ox)→C telle que

ϕGx,λ∗ϕxx∗ϕGx,λ=SxGx)(λ)·ϕGx,λ, ∀ϕx∈ Hx,∅G et

ϕGx,λ(1) = 1.

(iii) Il existe une unique mesure dλ sur ImTbxd, appel´ee la mesure de Plancherel, telle que pour tout ϕx ∈ HGx,∅, on ait

ϕx(g) = Z

ImTbxd

dλ·SxGx)(λ)·ϕGx,λ(g), ∀g∈G(Fx).

Si Tr=Grm d´esigne le tore maximal de GLret Tbr= (C×)r son tore dual, on dispose de mˆeme en toute placex∈ |F| de l’isomorphisme de Satake sur GLr(Fx)

Sxr:Hrx,∅−→ C[Tbr]Sr.

Passons maintenant aux homomorphismesρxen les placesx∈ |F| −Sρ : Lemme I.8.–

Quitte `a remplacer la repr´esentation de transfertρ:GboΓF →GLr(C)par une repr´esentation conjugu´ee, supposons – ce que nous ferons toujours d´esormais – qu’elle induit un homomorphisme entre tores maximaux

ρT :Tb→Tbr= (C×)r.

En une place non ramifi´ee arbitrairex∈ |F| −Sρ, notonsexl’ordre de l’´el´ement de Frobeniusσxagissant sur l’espaceCr deGLr(C). Alors :

(9)

(i) Le dual Tbxd de Txd s’identifie au quotient de Tb par le sous-tore {λ·σx−1) | λ ∈ Tb}, si bien que l’homomorphisme

Tb → Tbr

λ 7→ ρT(λ·σx(λ). . . σxex−1(λ)) d´efinit un homomorphisme

ρT ,x:Tbxd→Tbr. (ii) Il est possible d’ordonner la famille

εx= (ε1x, . . . , εrx)∈(C×)r

desrvaleurs propres de σx agissant surCr, de telle fa¸con que l’homomorphisme d’alg`ebres ρx:Hrx,∅→ HGx,∅,

vu comme un homomorphisme

ρx:C[Tbr]Sr →C[Tbxd]SxG v´erifie

ρx(px)(λex) =pxx·ρT ,x(λ)), ∀λ∈Tbxd, ∀px∈C[Tbr]Sr.

En toute placex∈ |F|et pour tout caract`ereλ0∈Tbr= (C×)r, il existe une unique fonction deψ(r)-type de Whittaker

Wx,λr,ψ0x: GLr(Fx)/GLr(Ox)→C telle que

Wx,λr,ψ0x∗ϕ0x=Sxr0x)(λ0)·Wx,λr,ψ0x

et

Wx,λr,ψ0x

γxr−1 0 . . . 0 0 . .. . .. ... ... . .. γx 0 0 . . . 0 1

= 1

pour n’importe quel ´el´ement γx∈Fx× de valuationvxx) ´egale au conducteurNψx de la composanteψxde ψenx.

On a :

Proposition I.9.–

En toute placex∈ |F|−S⊂ |F|−Sρ, les noyaux locaux du transfert non ramifi´e au sens de la d´efinitionI.6 KψG,ρ

x :G(Ox)\G(Fx)/G(Ox)×GLr(Fx)/GLr(Ox)→C sont exactement les fonctions de la forme

KψG,ρ

x (g, g0) = Z

ImTbxd

ex·pxex)·ϕGx,λex(g)·Wx,εr,ψx

x·ρT ,x(λ)(g0) pour un certain polynˆome sym´etrique px∈C[Tbxd]SxG.

(10)

Remarque :

Pour que le produit infini Q

x∈|F|

KψG,ρ

x ait un sens comme fonction sur (G×GLr)(A), on demande que

px= 1 en presque toute placex∈ |F| −S.

Notons µG : Gm →ZG ⊂Gle cocaract`ere central de Gbien d´efini surF qui correspond au caract`ere bµG:Gb→C× compos´e deGb−→ρ GLr(C) et du d´eterminant.

On remarque : Corollaire I.10.–

Soit

ωρ:A×/F×→C×

le caract`ere automorphe d’ordre fini qui correspond, via la th´eorie du corps de classes, au caract`ere ΓF →C×

compos´e deΓF →GLr(C)et du d´eterminant.

Alors, en toute placex∈ |F| −S ⊂ |F| −Sρ, les noyaux locaux du transfert non ramifi´e KψG,ρ

x :G(Fx)×GLr(Fx)→C v´erifient la condition

KψG,ρ

x (g, z g0) =KψG,ρ

xG(z)g, g0)·ωρ(z), ∀z∈Fx×.

Remarque :

Il est naturel de demander `a la suite de ce corollaire – et nous le ferons toujours d´esormais – que, en toutes les placesx∈ |F|sans exception, les facteursKψG,ρ

x de la d´efinition I.6 v´erifient la mˆeme condition KψG,ρ

x (g, z g0) =KψG,ρ

xG(z)g, g0)·ωρ(z), ∀z∈Fx×. D´emonstration du corollaire :

La conclusion r´esulte de ce que, en toute placex∈ |F| −Sρ, le produitε1x. . . εrx desr composantes de εx= (ε1x, . . . , εrx) est ´egal au d´eterminant deσxagissant sur l’espaceCrde GLr(C). En effet,εx= (ε1x, . . . , εrx) est la famille desrvaleurs propres de cette action.

´

Etant donn´ee une famille de fonctions locales KψG,ρ

x :G(Fx)×GLr(Fx)→C, x∈ |F|,

v´erifiant toutes les conditions que nous avons ´enonc´ees, leψ(r)-coefficient unipotent W(r)ψ K:G(F)\G(A)×G(F)\G(A)×GLr(A) → C

(g1, g2, g) 7→ X

γ∈G(F)

 Y

x∈|F|

KψG,ρ

x

(g1−1γ g2, g)

(11)

correspond `a une fonction cuspidale

Kc=KψG,ρ: (G×G×Qr)(F)\(G×G×GLr)(A) → C

(g1, g2, g) 7→ X

δ∈Nr−1(F)\GLr−1(F)

W(r)ψK(g1, g2, δg)

qui, en toute placex∈ |F|−S⊂ |F|−Sρ, est compatible avecρx:Hrx,∅→ HGx,∅et avec l’involutionϕx7→ϕx deHGx,∅.

Conjecture I.11.–

Si en chaque place x∈S, la fonction locale KψG,ρ

x :G(Fx)×GLr(Fx)→C

v´erifient certaines conditions qui d´ependent de la restriction de ρen GboΓFx →GLr(C), il est possible de construire une fonction

Knc=KψG,ρ: (G×G×Qr)(F)\(G×G×GLr)(A)→C qui est non cuspidale au sens que

W(r)ψ Knc= 0,

est compatible avecρx :Hx,∅r → Hx,∅G et avec l’involution ϕx7→ϕx deHGx,∅ en toute placex∈ |F| −S, et telle que la somme

KG,ρ=K=Kc+Knc=KψG,ρ+KψG,ρ

soit invariante `a gauche parGLr(F) et d´efinisse un S-noyau du transfert parρ.

Dans le but d’essayer de prouver cette conjecture, on introduit comme dans la th´eorie des “th´eor`emes r´eciproques” (voir [Cogdell, Piatetski-Shapiro]) les matrices de permutation en rangr

wr=

0 . . . 0 1 ... . ..

. .. 0 0 . ..

. .. ... 1 0 . . . 0

, wr−1=

0 . . . 0 1 0 ... . ..

. .. 0 ... 0 . ..

. .. ... ... 1 0 . . . 0 0 0 . . . 0 1

, αr=wrwr−1=

0 . . . 0 1 1 0 . . . 0 0 0 . .. . .. ... ... ... . .. . .. 0 ... 0 . . . 0 1 0

 ,

et le sous-groupe mirabolique inf´erieur

Qopr = (α−1r Nrαr)·GLr−1= GLr−1·(α−1r Nrαr) =









∗ . . . ∗ 0 ... ... ...

∗ . . . ∗ 0

∗ . . . ∗ 1







 .

Remarquant que

r−1Nrαr)∩GLr−1=Nr−1, on forme la somme

KeψG,ρ(g1, g2, g) = X

δ∈N(r−1)(F)\GLr−1(F)

W(r)ψ K(g1, g2, αrδg).

(12)

La fonction ainsi d´efinie sur (G×G×GLr)(A) est compatible avec ρx : Hx,∅r → HGx,∅ et avec l’involution ϕx7→ϕx deHGx,∅en toute place x∈ |F| −S, et elle est invariante `a gauche par (G×G×GLr)(F).

La conjecture suivante implique la pr´ec´edente : Conjecture I.12.–

Sous les hypoth`eses de la conjectureI.11, il est possible de construire deux fonctions compl´ementaires KψG,ρ: (G×G×Qr)(F)\(G×G×GLr)(A)→C,

KeψG,ρ: (G×G×Qopr )(F)\(G×G×GLr)(A)→C,

toutes deux compatibles avec ρx : Hrx,∅ → HGx,∅ et avec l’involution ϕx 7→ ϕx de HGx,∅ en toute place x∈

|F| −S, et telles que KψG,ρ soit non cuspidale, et

KψG,ρ+KψG,ρ=KeψG,ρ+KeψG,ρ.

Remarque :

L’implication r´esulte de ce que GLr(F) est engendr´e par ses sous-groupesQr(F) etQopr (F).

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