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Hystérésigraphe à deux miroirs rectangulaires sur équipages synchrones amortis
Charles Lapp
To cite this version:
Charles Lapp. Hystérésigraphe à deux miroirs rectangulaires sur équipages synchrones amortis. J.
Phys. Radium, 1925, 6 (5), pp.166-176. �10.1051/jphysrad:0192500605016600�. �jpa-00205202�
HYSTÉRÉSIGRAPHE A DEUX MIROIRS RECTANGULAIRES SUR ÉQUIPAGES SYNCHRONES AMORTIS
par M. CHARLES LAPP.
Institut de Plysique de Strasbourg.
Sommaire. 2014 La viscosité magnétique est
unphénomène très répandu ; il faut lui attri- buer l’élargissement des cycles d’hystérèse des métaux feuilletés,
ou enfils,
auxfré- quences
communesde l’industrie.
Les hystérésigraphes à équipages
nonamortis, donnent des indications incertaines dès que la fréquence devient 5
ou10 par seconde.
Les conditions auxquelles doit satisfaire
unappareil à deux équipages rectangulaires (un pour le champ, l’autre pour l’induction) sont : amortissement critique des équipages;
identité de leurs périodes propres (1/20 seconde) à mieux que 1/200.
Comme l’expérience porte
surdes
anneauxfendus. pour y loger l’un des équipages, il faut tenir compte de l’effet de l’entrefer. Des dispositifs permettent de faire varier régulière-
ment la fréquence jusqu’à 10
ou15 par seconde.
Suivent des reproductions de clichés obtenus à l’hystérésigraphe.
L’appareil est
unpremier type, pour servir à la construction d’un hystérésigraphe plus perfectionné, permettant d’atteindre les fréquences industrielles et d’étudier les tôles
sous
les fréquences auxquelles elles doivent travailler.
1. Objet de l’étude.
-Certains noyaux de fer des appareils électriques subissent
l’aimantation alternative : les pôles du stator des alternateurs, les armatures des transfor-
mateurs, par exemple. D’autres noyaux subissent l’aimantation tournante : telles sont les armatures des rotors. Les cycles d’hystérèse alternative ou tournante sont en général de
50 par seconde, pour les appareils d’éclairage ou moteurs communs, mais cette fréquence peut être beaucoup accrue dans les machines à grande vitesse de rotation. C’est pour ces
fréquences, c’est-à-dire dans les conditiúl1s véritables de leur qu’il faudrait
l’état magnétique des pièces.
L’expérience montre [Maurain (’), Breslauer (2)] que les cycles d’hystérèse tracés rapi-
dement sont déformés et élargis. Cette déformation a été attribuée, jusqu’ici, aux
courants induits. On cherche par conséquent à les éviter en feuilletant les noyaux. De ce
fait, on diminue considérablement les pertes, mais uu certain élargissement des cycles
subsiste aux fortes fréquences. Comme l’aire du cycle et, par conséquent, les pertes par
hystérèse sont sensiblement proportionnelles au champ coercitif, il n’est pas sans intérêt de chercher l’origine de cet élargissement.
Il y a de très fortes raisons de croire qu’il est dû à la viscosité magnétique. Des expé-
riences de Breslauer ont montré que l’élargissement du cycle se produit niénie dans des subs- tances feuilletées et pour des fréquences de 50 par seconde. Des expériences de Wedensky
montrent que la viscosité subsiste alors que les courants induits ont disparu, aux très petites épaisseurs (fils de diamètre inférieur à 0,01 cm). Dans ce cas, la durée du phénomène est
très courte (de l’ordre de 10-Î seconde). Mais pour les épaisseurs en usage dans l’industrie,
.
et pour les assez grandes fréquences, le phénomène de viscosité doit jouer. Si la durée du
phénomène visqueux est très petite dans la plupart des métaux et n’est pas accessible aux méthodes ordinaires de mesure des perméabilités, qui sont des méthodes statiques, il n’en est
pas moins vrai qu’aux fortes fréquences, lA phénomène se manifeste.
Certains métaux : le fer électrolytique, les ferro-cobalts dans certaines conditions de
température, présentent une forte viscosité qui peut être mesurée et étudiée. Dans le fer, (1) MAURAi, Annales de Chimie et de Physique, t. 7 (1898), p. 2 î2, 281.
-Le Magnétisme du fer [Scientia, p. 56 J.
(2) BRESLAUER, Inaug. Dissert., Berlin (1895).
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:0192500605016600
elle est caractérisée par ce fait fondamental dans les faibles, ei présente un
ailchaJJlp coercitif. Les pointes du cycle rpstellt fines, mais les pertes
par hystérèse deviennent considérables quand le cycle parcouru est le cycle rapide. Ce phé-
nomène n’a rien de commun avec les Pffets des courants induits : on compare, par exemple,
deux anneaux identiques, ayant le mêmes bobinage: l’un, en fer électrolytique, dOllé de viscosité, a un cycle rapide 15 fois plrcs lai-ge que le cycle lent ; l’autre, en fer doux du commerce, ne présente aucune déformation de cycle.
Cet effet de viscosité est mis en évidence par un hystérésigraphe destiné à tracer direc-
tement et rapidement, sur verre dépoli ou sur plaque photographique, le cycle d’hystérèse
alternative dans un anneau de fer.
Des déformations des cycles ont été observées par Ewing et miss Klaasen (3), dans le
fer doux et dans l’acier. Or il n’y. a pas de viscosité magnétique dans l’acier, et la déforma- tion trouvée par ces auteurs est, quoique plus petite, du même ordre de grandeur ; elle ne peut être attribuée aux courants de Foucault, la vitesse de variation de l’induction étant
trop petite. L’appareil imaginé par Em-ing reproduit-il fidèlement le phénomène magné- tique ? On verra plus loin que même aux fréquences basses, l’appareil doit remplir des
conditions très strictes. L’hystérésigraphe présenté à l’Exposition de Physique et de T. S. F.
’(octobre 1923) satisfait autant que possible, à ces conditions. Les appareils non amortis peuvent donner toutes sortes d’indications si la fréquence des cycles devient un peu grande (10 ou 15 par seconde).
2. Tracés fournis par l’appareil.
-L’appareil donne, sur deux axes rectangulaires,
le champ agissant et l’induction dans la
pièce de fer. Chacune de ces grandeurs est
mesurée par un véritable galvanomètre à
cadre mobile. La figure 1 est le schéma de
l’appareil : le petit cadre vertical reçoit un
courant. constant fourni par un accumu-
lateur ; il tourne dans le champ magnétique variàble de l’entrefer. Le cadre horizontal
reçoit une partie du courant inducteur,
il tourne dans le champ magnétique cons-
tant d’un aimant permanent. L’appareil n’est
en fait que la reprise, dans des conditions bien déterminées, du
«traceur de cycles
»d’Ewing.
Les indications de l’appareil donnent
le cycle d’hystérèse vrai dans la pièce de fer.
Si l’anneau était fermé, on obtiendrait le
cycle droit de la figure 2. Mais le fait de créer un entrefer, revient à ajouter au cir-
cuit magnétique de fer, à perméabilité va- riable, un petit circuit magnétique d’air, à perméabilité constante. Le
champ absorbé
par ce circuit, est donc représentée par la
b °
droite de la figure 2 bis. L’effet de l’entrefer s’obtient par l’addition due ces deux courbes,
des parallèles à l’axe des abscisses. En effet, prenons comme variable, l’induction et cher- chons quel est le champ que l’on doit mettre en jeu pour l’obtenir; cela revient à déter-
mineur la force magnétomotrice, pour chacun des circuits magnétiques (1).
La force magnétomotrice nécessaire à l’aimantation du fer est fonction de h, ; celle qui correspond à l’entrefer est proportionnelle à h2. Le champ agissant est donc égal à hi + h2 (figure 2
(3.) Magnetic induction in Iron and other metals’, London, 3e édition.
1J«rrrG et Nliss, KFA&SE, Phil. Trans., (1893), p. 1024.
1’ ) Du Bois, Phil. ltJag., t. 30 (1890), p. 335.
-HOPKIXSÛ:-i, Phil. (1885), p. 465.
Inversement, si on connaît le cycle instantané, par recdressentent on a le cycle droit
donné par les méthodes classiques. Cette opération est facile à réaliser avec le fer doux, dont
le cycle d’hystérèse a des branches presque parallèles sur une assez grande longueur. On
détermine alors, sur le tracé, la droite d’entrefer d’Hopkinson et, parredressement, on déduit
le cycle droit, en portant, de part et d’autre de l’axe des inductions, des longueurs corres- pondantes, prises de part et d’autre de l’axe du cycle incliné, et dans chaque cas, mesurées
sur des parallèles à l’axe des abscisses.
1?ig. 2.
~
Fig.2lel’.
Le redressement du cycle lent est une opération simple et facile. Il n’en est pas de même pour le cycle instantané ; le redressement ne s’obtient que par une construction graphique
assez longue. Il est possible cependant de mesurer très simplement le champ
rapide H et cette détermination suffit pour se rendre compte de la déformation des cycles par effet de viscosité et de l’accroissement correspondant des pertes par hystérèse.
Considérons les cycles inclinés de la figure 3, et supposons?qu’au]cours du trajet rapide,
Fig. 3. Fig. 3 bis.
le champ se fixe à la valeur h. Le point figuratif de l’aimantation suit le trajet PQ, jusqu’au cycle lent, et sur une parallèle à l’axe vertical des inductions. Pour obtenir le point P du cycle
redressé (fig. 3 bis), il faut partir du point Q, correspondant à l’induction Bo. La distance du point Q à l’axe vertical des inductions est la même que la distance du point Q à l’axe oblique du cycle lent.
Au point Q (fig. 3 bis), on mène la droite PQ, égale à la droite PQ (fig. 3) et faisant
avec la verticale l’angle cr ; cet angle est donné par l’inclinaison de l’axe oblique du cycle
lent sur l’axe vertical des inductions (fig. 3). Cette opération doit être répétée pour tous les
points du cycle rapide.
169 La mesure du champ coercitif[rapide peut être cependant très abrégée. Considérons les
cycles rapide et lent de la figure i représentés seulement au voisinage du champ coercitif.
L’axe incliné fait l’angle cp avec l’axe vertical des inductions. Le point P du cycle rapide correspond, dans le champ OS, au point Q du cycle lent d’induction Bo. Le point Q redressé
donne le point Q’. On prend, sur la droite P’Q’ une longueur égale à PQ, l’angle d’inclinaison
Fi g. 4.
de P’Q’ sur la verticale étant ~. Si le point P’ tombe sur l’axe horizontal des champs, la
distance P’0 est le chantp coercitif rapide. Soit d la distance PQ. On a
D’autre part,
Pour mesurer le champ coercitif rapide, il faut mesurer les grandeurs suivantes : i° Mesurer l’angle p avec un rapporteur.
2- Mesurer la distance d des deux cycles parallèlement à l’axe vertical des inductions,
au voisinage de l’axe des champs.
-Si les cycles sont assez voisins, cette distance d conduit à P’R et au champ coercitif rapide H~ par la relation :
Si les cycles sont distants l’un de l’autre, on mesure grossièrement d.
Le produit d (1
-donne le point P qui permet de connaî tre d avec une précision supérieure.
Ces opérations simples et rapides permettent d’éviter la construction du cycle rapide redressé, tout entier.
3. Conditions mathématiques à remplir. - Il faut que les indications de l’appareil
soient sûres ; c’est-à-dire que la déformation du cycle soit bien imputable aux seules varia- tions des propriétes magnétiques du métal. Ceci ne va pas sans un examen des conditions
auxquelles doit satisfaire un ensemble de deux équipages tournants :
Appelons h~, les moments d’inertie de ces équipages ; Wt, W2, les couples de
rappel ; les coefiicients d’amortissement ; 7..1, x, les déviations des équipages à partir
de leur position d’équilibre.
Les équipages abandonnés à eux-mêmes reviennent à leur position d’équilibre, et les équations du mouvement sont :
Cherchons les conditions pour lesquelles ie figuratif de l’ensemble de ces J/lOllCe- rnents décrit une droite. Une fois la construction faite, les seules variables sur lesquelles il
est possible d’agir sont les amortissements A, et A20 D’autre part, l’équipage horizontal
est complètement enfermé dans un tube de laiton plein de liquide, qu’on glisse dans l’entrefer
de l’aimant permanent ; seul est accessible aux réglages l’amortissement A1 de l’équipage
vertical.
Les deux équipages étant à l’amortissement critique, l’équation du mouvement est, pour chacun d’eux :
, rx’ 2 étant les déviations initiales; hi et b2, les décréments logarithmiques.
La condition pour que l’ensemble de ces mouvements donne la d’équation
où P est une constante, est :
donc: 61 = 62 quel que soit t, c’e,st-à-dire :
Or, à l’amortissement critique, on a les relations :
La condition (I) imposée aux équations (II) donne :
et, comme
Tl et T2 étant les périodes propres des équipages, on voit qu’il réaliser tidPlltité de
ces I)ériodes : Ti
-1"2’
Au cours de la construction, on satisfait d’abord en gros à cette condition, en détermi-
nant séparément les périodes des miroirs par stroboscopie ; puis on termine le réglage, en
formant avec les deux équipages les figures de Lissajous. Pour cela, le moment d’inertie de
1
l’équipage vertical peut être légèrement changé, au moyen d’un petit fil métallique que l’on incline plus ou moins. Puis on le colle. L’identité des périodes peut être ainsi réalisée à
1/500 près. L’expérience montre que cette excictiturle est nécessaire: au début des essais de
construction, les modes de suspension des cadres étaient différents : à fil de torsion pour l’un (couple de rappel fonction de l’angle d’écart), à suspension bifilaire, pour l’autre (couple
de rappel fonction du sinus de l’angle d’écart). Or,~ l’angle (le rotation n’exrède pas 10 degrés
et l’écart entre cet angle et son sinus n’est que de 1/200; ceci suffisait pourtant pour intro- duire des perturbations telles que le réglage était impossible.
L’obligation de réaliser l’identité des périodes propres est très gênante : le miroir M2 qui doit être balayé par le rayon lumineux tournant sur Mi est long et assez lourd, il faudra
lui adjoindre un fort couple de rappel, et une grande force agissante pour son déplacement,
c’est-à-dire un cadre de galvanomètre d’assez grandes dimensions, ce qui aggrave encore l’effet d’inertie du miroir (fig. 5). Il faudra l’im- merger dans un liquide épais et transparent,
dont la composition pourra être changée de fa-
çon à obtenir aussi bien que pnssible l’ainor-
tissement critique (une solution de glycérine
a été choisie). Mais les miroirs argentés se comportent fort mal, dans une telle solution :
il faut garantir l’argenture par un vernis adhé- rent et flexible, qui ne doit pas déformer la mince lame de verre au cours de la dessiccation,
ni arracher le dépôt d’argent (j’ai choisi une Fig. 5.
solution de celluloïd). Enfin, dans’l’entrefer de
_l’aimant permanent, ’malgré le peu de place, il faut introduire le tube de laitan muni d’une fenêtre étanche.
Pour toutes ces raisons, la période des oscillations des équipages n’a pu être abaissée au-dessous de 1/20 seconde, ce qui limite à 1l’~5 seconde la période du courant alternatif
employé. On est encore loin des fréquences courantes de l’industrie.
4. Montage optique. - Le montage optique est particulièrement simple. Une source
intense (arc électrique), éclaire un très petit trou distant de 1 mètre environ (cliamètre infé-
rieur à 1 mm, selon la finesse requise pour le tracé). Le faisceau traverse un obturateur puis
une lentille ordinaire (verre de besicle) et tombe sur les petits miroirs Mi et M2 (fig 5). Le
faisceau traverse des diaphragmes D, étroits; on est’ ainsi dans de bonnes conditions de
stigmatisme, et on obtient un point lumineux très fin. On peut d’ailleurs corriger très faci-
lement les aberrations des miroirs, en inclinant la lentille L portée par un support à la
Cardan. La photographie se fait sur plaques 9 cm X 12 cm ou 13 cm X ~.8 cm. On pourrait,
en posant plus longtemps, travailler sur du papier sensible, mais, dans la majorité des cas,
,on peut se contenter d’un tracé direct sur du papier transparent, à travers le verre dépoli.
Un dispositif convenable permet de tracer sur la figure les axes du cycle droit, en
immobilisant l’un ou l’autre des équipages.
Enfin, en recevant le faisceau lumineux non pas sur la plaque mais sur un miroir conve-
nablement orienté, on peut tracer les cycles par projection sur un écran visible d’une grande
salle.
_
5. Circuits magnétiques. - La figure 6 montre comment se plaçent l’aimant perma- nant, et l’anneau en expérience. On reconstitue aisément l’appareil, en superposant les figures 1 et 6. Chaque tore pourvu de son bobinage est serré sur une platine; on peut ainsi
mettre exactement un tore en place sur le cadre vertical, et comparer très rapidement plu-
sieurs anneaux. Le bobinage d’un tore est une opération assez longue, qui ne peut entrer
dans la pratique industrielle. Mais il serait facile de construire un bobinage démontable,
permettant d’y introduire immédiatement un anneau de forme déterminée. Toutes les usines
de fonderie et de tôlerie possèdent un atelier : le simple tournage d’un anneau demande peu de temps ; il n’y a pas là de difficulté pratique sérieuse.
Fig. 6,
6. Circuits électriques. - L’appareil, tel qu’il a été"réalisé, ne peut trayailler ,que dans
les fréquences basses (10 à 15 par seconde). De graves difficultés surgissent, si l’on veut arriver jusqu’aux fréquences industrielles (50 et plus). La constante de temps du circuit électrique du tore rempli de fer plein ou feuilleté est de l’ordre de 1 /100 seconde. C’est le
temps mis par le courant électrique pour atteindre sa valeur définitive, à la fermeture,
par exemple. Cette durée, négligeable quand il s’agit des fréquences 10 ou 20, est du même ordre de grandeur que les alternances du courant alternatif commun; le courant électrique
aurait ainsi juste le temps d’at-
teindre sa valeur maximum,. Aux
fréquences plus hautes, il faudrait chercher à réduire encore la cons-
tante de temps de ce bobinage com- portant 100 spires environ sur 1 cm2
de section.
La fig. 7 est le schéma du mon- tage électrique de l’hystérésigra- phe. Le courant inducteur (5 à 10 A)
entre par les bornes Bl, traverse le rhéostat Ri et le bobinage du tore.
Une partie dé ce courant est pré-
levée sur Ri et alimente le cadre
Thorizontal, qui mesure, le champ magnétique. Un courant constant
°
d’accumulateurs entre par B2 et . alimente le petit cadre vertical, à
travers le rhéostat R2. Les inter-
rupteurs Il et I2, placés sur les cir- rig. ; .
cuits des cadres, permettent d’im-
mobiliser l’un d’entre eux, et de tracer sur le cliché les axes du cycle lent ; r, et 1"2 sont
des résistances de protection.
°
Le cadre horizontal prend son courant aux bornes d’une résistance non inductive.
Sa self-inductance est toute petite, la résistance de protection qui est en série est
d’une dizaine d’ohms ; la constante de temps de ce circuit est donc tout à fait négligeable
devant les fréquences industrielles communes. Le cadre horizontal donne donc bien une mesure correcte du courant qui parcourt le bobinage du tore, donc, du champ inducteur.
7. Réglages. - Les réglages sont réduits au strict minimum : la construction impose l’égalité des périodes propres d’oscillation des équipages, et l’amortissement de l’équipage
horizontal. L’amortissement de l’équipage vertical une fois réalisé, il semblerait que
173
l’appareil dût être réglé définitivement. Cependant, les variations de température modifient
fortement la viscosité des liquides, de sorte qu’il faut s’attendre à ce que l’amortissement
critique ne soit jamais exactement réalisé. L’appareil peut pourtant être fidèle si les valeurs relatives des amortissements sont convenable. On fait alors l’essai suir-ant : ou possède un
tore en feuilles minces (de o,1 mm d’épaisseur) de ferrosilicium ; ce tore ne présente aucune
viscosité sensible et n’a pas de courants induits aux fréquences 10 ou 15. Le tore fixé sur
sa platine vient exactement en place sur l’équipage vertical, dont on modifie légèrement
l’amortissement de telle façon que le cycle d’hystérèse ne change pas si l’on fait croître la
fréquence. La vis V de la figure 1 permet_de modifier très facilement l’amortissement.
’
8. Dispositifs connexes. - Pour obtenir un courant intense à fréquence très basse
on ne peut songer à utiliser des machines. C’est à un montage de résistances en pont de
’Vheatstone que j’ai eu recours, pour satisfaire aux conditions suivantes : fréquence aussi
basse qu’on voudra, grand débit de courant, courbe de courant voisine d’une sinusoïde et, de préférence, un peu aplatie aux sommets.
La viscosité magnétique se manifeste dans les champs faibles, el a son maximunt
au chaîïîl) coercitif.- Il est donc avantageux de trarrerser aussi rapidement que possible
les champs faibles, pour avoir un tracé se rapprochant du cycle instantané idéal. Il faut d’autre part éviter les courants induits, dont un des
premiers effets est l’arrondissement des pointes du cycle. Il sera avantageux de séjourner dans les champs forts, au moyen d’une variation plus lente, pour per- mettre à la substance de bien prendre son aimanta-
tion. On sait en effet que le cycle instantané n’a de
sens bien déterminé que si on part de la saturation
ou tout au moins d’une aimantation très forte, très
éloignée des grandes variations irréversibles. Or, il est
difficile d’aimanter très fortement un anneau pourvu d’un entrefer ; il faut forcer le courant (15 A dans la
résistance liquide rotative sont ici un. maximum), ou augmenter le bobinage, ce qui a l’inconvénient d’ac- croître la constante de temps propre du circuit.
Fig.8. Fig. 9.
La courbe de courant de la figure 8 est celle du montage choisi schématisé dans la
figure 9. Une résistance liquide à électrode axiale rotative en est l’organe essentiel. Deux électrodes fixes Ei Ea, de forme cylindrique, plongent dans une solution de sulfate de cuivre.
Elles sont reliées à la source, à travers un ampèremètre et un rhéostat de réglage. Une
électrode mobile E, mue par un moteur électrique, tourne devant les électrodes fixes ; elle est reliée à l’une des bornes Bi. Deux résistances métalliques identiques (~ ohms) sont
connectées en parallèle avec les électrodes fixes, et leur point commun est relié à l’autre borne B, . On vomit que si l’électrode E est en regard de l’électrode E,, la résistance de la couche liquide interposée étant petite, le courant monte le long de l’axe de rotation; quand
l’électrode est placée symétriquement par rapport à Ei et E2 le courant est nul ; puis en
face de le courant est maximum, et descend le long de l’axe. Le nombre de tours par seconde donne la fréquence du courant alternatif obtenu. Outre la forme particulièrement avantageuse de la courbe de courant, ce montage permet d’obtenir un courant alternatif
assez intense (une intensité de 10 ampères est obtenue facilement, et 15 ampères pendant
un temps court). Le montage d’Ewing oii la résistance liquide joue seulement le rôle de rhéostat à variation régulière, donne une courbe de courant sinusoïdale, mais avec une
PLANCHE L.
Cliché 1 Cliché 2
Cliché 3 Cliché 4
175 intensité beaucoup plus petite (de l’ordre de
2 A) ~~). Enfin le montage classique de la résis- tance métallique tournante donne une courbe de courant à variation lente aux champs faibles,
et rapide aux champs forts (fig. 10). Cette courbe de courant n’est pas utilisable ici pour les rai-
sons exposées plus haut.
Fig- 10.
Ce montage ne peut donner que de basses
fréquences (inférieures à 20 par seconde). Il de-
viendra inutile dans un nouveau modèle d’hys- térésigraphe pour l’étude des propriétés magné- tiques sous les fréquences industrielles.
9. Résultats. - La planche I est la repro-
duction, pour mémoire, des cycles obtenus par Maurain (1) et Breslauer (’). Pour les fils de 0,2
Cliché 5.
et 0,5 mm de diamètre, les pointes des cycles .ont fines (cycles 4 et 5), les courants induits n’agissent pas encore. Le cycle est pourtant toujours large que le cycle
. lent. Il y a là un effet indéniable de viscosité magnétique, en dépit du petit diamètre des fils. Le cycle 6, tracé par Breslauer, montre très nettement ce phénomène. L’induction maximum atteinte était d’environ 3 000 gauss. Il s’en faut de beaucoup que cette valeur soit nettement en dehors des domaines de viscosité ; aux pointe s du cyTcle, la variation
visqueuse n’a pas eu le temps de se terminer, c’est ce qui explique que le trajet de retour rapide passe d’abord un peu au-dessous du trajet de retour lent.
Le cliché 2 a été obtenu avec l’hystérésigraphe : le cycle extérieur est le cycle
le cycle intérieur est le cycle lent : son champ coercitif est environ 9 fois plus petit que le
précédent, Il importe de remarquer que les pointes des cycles sont fines : l’élargissement
ne peut donc être attribué qu’à la viscosité magnétique et non aux courants induits.
Le cliché 3 est le résultat de l’interprétation des cycles précédents, comme il a été exposé au § 2. On comparera ces cycles à ceux donnés par la méthode indirecte. (Voir
l’article précédent de l’auteur (6)). Il faudra tenir compte de,ce que l’aimantation n’a pu être poussée aussi loin à cause de l’entrefer.
Les clichés 4 et 5 sont obtenus avec le même anneau, mais avec des fréquences plus fortes, reportées dans le tableau ci-joint.
Dans le cliché 4, la vitesse est encore trop faible; les courants induits n’apportent
pas de perlurbations ; dans le cliché 5, au contraire, la vitesse de rotation du moteur
a été poussée : le cycle 1, en particulier, qui correspond à la plus grande fréquence, est
tout à fait analogue aux cycles déformés de Maurain.
Pour montrer comment le ChaJflp coe)-citif He tend rapidement vers une limite, on a porté sur la figure ii : en abscisses, les fréquences ; er~ ordonnées, les champs coerci-
tifs //~ correspondants (en unités arbitraires). On voit qu’après la fréquence 2, le champ Hé
ne croît plus que de 1/8 de sa valeur. Or, à cette fréquence 2, les courants induits ne (5) HOPKI sox et WILSO.-,-, Phil. Trans., (1895), p. 98.
(6) Ch. L~pp., Journal de Physique, t. 4 (1923), p. 350.
jouent pas encore assez pour troubler le phénomène de viscosité. Dans cette méthode directe de tracé du cycle rapide, on ne peut songer à obtenir le cycle instantané idéal obtenu par voie d’extrapolation (6) mais, pratiquement, il suffit de connaître ce qui se
passe dans la fréquence pour laquelle une machine est construite.
CLICIIÉ 4 5
He (en unités arbitraires). 1, 5 7, 5 ~2, 5 16 i , ~ 2,2 2,4 2,7
Fréquence... lent 0,71 4,8 8 2,5 5 1,~ £ 2,0 0 Q,65 ’7,00
Numéro du cycle... 4 3 2 1 4 3 2 1
1
’
10. Résumé. - L’hystérésigraphe permet le
-
tracé des cycles lents et rapides avec une précision
suffisante pour la pratique industrielle.
On peut cependant remarquer que l’industrie n’utilise jamais le fer en masse pleine si l’induction doit changer, et cet hystérésigraphe ne permet de
travailler que sur du fer en masse. Il paraît donc
inutile. En réalité, des expériences encore inédites
de l’auteur permettent de penser que le cyclc instrcn-
tané subsiste en grande partie, même avec les feuilletages. Il arrive en effet parfois que des tôles trouvées bonnes aux perméamètres statiques don-
nent des mécomptes ; c’est que le cycle instantané
existe dans beaucoup d’autres substances que dans le fer électroly.tique ; et il est dangereux, car il possède un champ coercitif beaucoup plus grand ;
les pertes augmentent d’autant. Pour rechercher ce
cycle instantané, il faut user de méthodes de mesure
permettant d’étudier les tôles sous la fréquence à laquelle elles sont destinées.
L’hystérésigraphe, qui est une application des
,
F" 11.
,principes de 1 oscillographe à un système à deux 19. iL
équipages, permet d’atteindre ce but.
L’appareil, tel qu’il a été présenté à l’Exposition de Physique et de T. S. F. de
décembre 192j ne saurait entrer dans la pratique industrielle, car il ne permet l’emploi que des fréquences très basses. C’est pourtant un acheminement vers un type plus perfectionné,
actuellement à l’étude, qui permettra d’atteindre les fréquences industrielles comnLunes, et
sera d’un grand secours dans le choix du matériel de construction des machines électriques,
des transformateurs de puissance moyenne, par exemple, dans lesquels l’induction est aussi
poussée .que possible et où la connaissance du cycle dynarnique alternative serait d’une aide importante pour les constructeurs.
’