CHAPITRE VI
RÉSULTATS
J. WOYKE
Zaklad .P!e!!MtC<!fa Szkoly Gldwnej Gospodavstwa Wiejskiégo,
Wavszawa 25, Pologne
I. -- NOMBRE DE REINES PONDEUSES
APRÈS INSÉMINATION
Le succès de l’insémination est d’abord mesuré par le nombre de reines
qui
sub-sistent au début de la
ponte.
Si l’inséminateur a del’expérience
etopère
avecsoin, plus
de go p. cent des reinesparviennent
à ce stade(v. chap.
V. p.z8 3 ),
résultatdéjà
bien meilleur que celui que l’onpeut
attendre del’accouplement
naturel. Plus tard dans lasaison,
les chiffres sontgénéralement
moinsélevés,
mais la cause n’en doit sans doute pas être cherchée dans l’inséminationartificielle,
mais dans la situa- tiongénérale
de la colonie d’abeilles.Il. ---- LE
D!GR!
DE REMPLISSAGE DE LASPERMATHÈQUE
L’insémination artif cielle à l’aide d’un seul mâle
éjaculant
bienpeut remplir la spermathèque
de 1,0à 1,3millions despermatozoïdes (W O YK E , ig6o). L’augmenta-
tion de la
quantité
de spermeinjectée
fait aussiaugmenter
le nombre despermato-
zoïdes dans la
spermathèque,
mais d’autantplus
lentement que laquantité
de spermeinjectée augmente.
Lede gré
d’efficacité de l’insémination diminue donc avecl’aug-
mentation de la
quantité
de sperme. Si l’on insémine i!,1,
il enpénétrera
19,9p. 100 dans laspermathèque,
rr ais laproportion
n’estplus
que de 9 à 12,7p. 100pour4 [L I,
de 4,3 à 7,g p. 100pour 10
!,1
et de seulementr,8
p. 100 pour3 6 !,1 (WO YK E, ig6o ; MACK!!rsEv, zg6 4 ).
Ilpeut
donc êtreavantageux
de ne pas administrer en une foisune
quantité
déterminée de sperme, mais de la diviser en 2 doses que l’on donneraséparément
et à desjouri
différents. C’est ainsi que 1BIACKt!-,!SEN(rg6 4 )
a trouvé enmoyenne
3 , 1 6
millions despermatozoïdes
dans laspermathèque après
l’insémination de 8!,1
en une seuledose,
mais 4,44 millionsaprès
2 inséminationsde 4 y l
chacune.Cette différence était sensiblement moindre
( 5 , 35
contre 5,42millions)
dans lesexpé-
riences de WOYKE
( 19 6 0 ) ;
selon ces chiffres l’insémination avec 8!.1
procure presque le mêmedegré
deremplissage
de laspermathèque
quel’accouplement
naturel. Il fautcependant
tenircompte
du fait que l’inséminationrépétée
àpetites
doses en-traîne
chaque
fois lesrisques
normaux propres à l’insémination. Enrevanche,
l’insé- minationopérée
avecplus
de 10yl
à la foisaugmente
considérablement lespertes.
Après
lapremière
insémination artificielle(sous
anesthésie auCO 2 ) ,
la reinepeut cependant
encoreprendre
son envol ets’accoupler (dans
57p. 100des cas selonW
OYKE
, 19 6 3 ).
De>accouplement
naturels demeurent mêmepossibles après
ladeuxième anesthésie. Le nombre de
spermatozoïdes
n’est donc valable comme preuve de succès de l’insémination que si le volnuptial
de la reine a étéempêché.
Une
petite proportion
de reines inséminéesproduit,
tôt outard,
enplus
du cou-vain d’ouvrières
normal,
aussi un peu de couvain de mâles. Laproportion
de ces reinesest d’autant moindre
qu’il
a étéemployé plus
de semence. Selon WovkE(r 9 6 3 ),
une anesthésie
supplémentaire
auCO,
aurait aussi un effet favorable en ce sens.III. --- RENDEMENT EN MIEL ET
LONGÉVITÉ
Il serait nécessaire de rechercher si le processus d’insémination artificielle exerce une influence
quelconque
sur laproduction
de miel. Il convient toutefois depréciser qu’une
bonne méthode d’insémination artificielle doit êtreappliquée
avec maîtriseavant que l’on
puisse
comparer des reines fécondées artificiellement et des reines fécondées naturellement. Il est absurde de comparer des reines fécondées par accou-plement
à des reines mal inséminées artificiellement.L’expérience
menée à bien par ROBERTS( 194 6)
fournit un bonexemple
d’infor-mation
exploitable.
Les reines avaient été inséminées trois fois avec 2,5¡ L I
de spermepar
injection.
Leurspermathèque
contenait en moyenne4 ,8 5
millions despermato-
zoïdes. Les reines dechaque
groupe distinct furentcomparées
avec des reines-sceursaccouplées
dans une station de fécondation bien isolée. Aucune différencesignificative
ne fut relevée entre les deux groupes
quant
à laquantité
etquant
à laqualité
ducouvain. La
production
de miel de6 3
colonies à reines artificiellement inséminées futcomparée
avec celle de 43colonies à reines fécondées naturellement paraccouple-
ment.
Les différences entre les 5 groupes ont été causées par des facteurs
génétiques
et d’environnement. Comme le montre le
tableau,
onpeut
attendre des reines fécon- dées par insémination artificielle des rendements tout aussi élevés que ceux de leurs filles fécondées paraccouplement.
D’autres recherches ont été consacrées à cette
question.
RUTTNER( 19 6 1 )
aconstaté que le rendement en couvain de 10reines fécondées par
accouplement
attei-gnait
106 p. ioo et celui de 10 soeurs fécondées par insémination artificielle9 x,8
p. ioo de la moyennegénérale.
Les colonies à reines fécondées paraccouplement produisirent
HOp. ioo et celles à reines inséminées
7 8
p. ioo de la moyennegénérale
de miel.Des reines correctement inséminées
produisent
un nid à couvain entièrementoperculé
etpeuvent
vivre tout aussilongtemps
que des reines fécondées par accou-plement.
On a observé d(!s reines inséminées dont lalongévité atteignait
3, voire 4 ans. Il semblecependant ,
en moyennegénérale,
que les reines fécondées par accou-plement
vivent un peuplus longtemps.
Il est donc assezprobable
que, pour deux groupescomposés
d’un même nombre dereines,
les unes fécondées paraccouplement
et les autres par
insémination,
on trouvera à la fin de la deuxième année de vie uneffectif,
un peuplus petit
dans le groupe inséminé que dans l’autre groupe. Ces diffé- rences, visiblement causées par un arrêtprématuré
de laponte
et parl’apparition
de couvain mâle chez
quelques reines,
n’entrentcependant
pas enligne
decompte
avant la fin de la
première
année de vie.Ces données
prouvent
de manière convaincante que l’insémination artificiellea pu devenir un instrume it dont on
peut
attendrebeaucoup
pour ledéveloppement
ultérieur de
l’apiculture.
Des inséminationspeuvent
maintenant être effectuéessous un contrôle absolument sûr et la valeur
génétique
des reines inséminéespeut
être vérifiée. En tout
preriier lieu,
laproduction systématique d’hybrides
àproduc-
tion de miel souvent extr iordinairement
augmentée
seraitimpensable
sans recoursà l’insémination artificielle.