CALCUL AUTOMATIQUE
DES COEFFICIENTS D’IDENTITÉ
C. CHEVALET
Laboratoire de Génétique cellulaire
Centre de Recherches de Toulouse, J. N. R. A., 31 - Castanet-Tolosan
RÉSUMÉ
Une méthode de calcul automatique par simulation des coefficients d’identité est présentée.
La population est fractionnée en générations successives : chaque génération est décrite par un certain nombre d’ « états d’identité » équiprobables, indépendants et compatibles avec la généa- logie ; la description d’une génération est calculée automatiquement à partir de la description
de la génération précédente. Les résultats sont approchés, la précision est améliorée au prix d’un
accroissement des temps de calcul ou d’une diminution de la capacité de traitement (800individus
par génération) due au calcul exact des coefficients de parenté et de consanguinité.
Ce moyen de calcul permet d’exploiter les méthodes d’estimation des composantes de la
variance génotypique dans les populations consanguines et, conjointement avec ces méthodes, d’élaborer de nouveaux outils statistiques pour la génétique quantitative.
INTRODUCTION
I,’expression
des covariancesgénotypiques
entre deux individusapparentés
fait
intervenir,
dans le casgénéral,
non seulement les coefficients deparenté
et deconsanguinité
attachés à cesindividus,
mais aussi les coefficientsd’identité,
définispar GILLOIS
( 19 6 4 , 19 65, 19 66
a,b).
Ce sont lesprobabilités
desquinze
« situationsd’identité
» qui
sontsusceptibles
de seprésenter
enquatre gènes homologues pris
chez les deux individus
considérés,
et elles nedépendent
que des liens d’ascendance entre eux(tabl. i).
Calcul des
coefficients de parenté
Des méthodes de
calcul, adaptées
à un traitementautomatique,
ont étéproposées
pour les coefficients de
parenté
et deconsanguinité.
Onpeut
endistinguer
deux sortes : Lapremière
résulte del’application
de laformule,
démontrée parM AL É COT (I948) !
&dquo;-
il faut dans le
graphe
que constitue lepedigree
d’un individu isoler les chaînes deparenté Ci qui
relient les deuxgènes
de cezygote, compter
pour chacune le nombreni de
chaînons,
et rechercher le coefficient deconsanguinité fi
de son sommet. Laprogrammation
de cette recherchepeut
être faite directement(E MIK
etTERRIL,
I949
)>
ou par l’intermédiaire d’un calcul matriciel fondé sur la théorie desgraphes (M
ARUYAMA
etYAS UD A, 1970 ). I,’autre approche, développée
d’abord par CRUDEN(I949)!
consiste à calculersystématiquement,
degénération
engénération,
les coeffi- cients deparenté
relatifs à tous lescouples possibles.
Le passage d’unegénération
à la suivante résulte des formules suivantes :
si M
(respectivement N)
a pourparents
Iet J (respectivement
K etL),
si<p(X, Y) désigne
le coefficient deparenté
de X et deY,
et si l’on pose par convention :où
f(X)
est le coefficient deconsanguinité
deX,
on aura :Calcul des
coefficients
d’identitéLe calcul des coefficients d’identité
proposé
par GILLOIS(i 9 6q., 19 66 a)
est unegénéralisation
de lapremière
méthode de calcul des coefficients deparenté,
et faitusage des inf.
y 2 faisceaux,
ensembles ordonnés dont les chaînes deparenté
sont uncas
particulier.
Une tentative desystématisation
a étéprésentée
parJACQUARD (i 9 66),
mais elle
comporte
unesimplification qui,
dans le casgénéral,
conduit à des résultats erronés.Nous
présentons
ici une méthode pour calculer degénération
engénération
lescoefficients d’identité pour tout
couple
d’individus d’une mêmegénération.
La popu- lationproposée
est d’abord fractionnée engénérations, puis
décrite defaçon
à rendreles calculs aussi
simples
quepossible,
et àpermettre
le calcul de tout coefficient d’identité(CHEVALET, ig6g).
Déterminer les valeurs exactes nécessite un nombred’opérations qu’un
calculateurélectronique
ne saurait effectuer dans untemps
limité : les résultats obtenus sontapprochés.
Parailleurs,
les programmes correspon- dant à cette méthodecomportent
le calcul exact des coefficients deparenté
et deconsanguinité
par la méthode de Cruden. Seule la donnée pourchaque
individu de lapopulation :
de son nom, du nom de sonpère,
et du nom de sa mère est nécessaire.I. -
DÉCOMPOSITION D’UNE
POPULATION ENGÉNÉRATIONS
A. - Générations et
générations
immédiatement successivesA tout sous-ensemble G de la
population P,
attachons les deuxparties A(G)
etD(G) :
A(G)
est l’ensemble des individus de Pqui
sont ascendants d’individus deG,
et
qui
sont hors de G.D(G)
est l’ensemble des individus de Pqui
sont descendants d’individus de G etqui
sont hors de G.Nous dirons
qu’une partie
G de P est unegénération
si :1° la réunion de
G,
deA(G),
et deD(G)
recouvre toute lapopulation P,
et si :2° l’intersection de
A(G)
et deD(G)
est vide.Deux générations
G et G’ sont « successives » si leur réunion est elle-même unegénération.
Elles sont aussi telles que tout individu deG’,
ou bien se trouvedéjà
dans
G,
ou bien a sesparents
dans la réunion de G et G’. Deuxgénérations
H et H’sont « immédiatement successives » si H’ se déduit de H :
1° par
l’adjonction
d’un descendant direct X(fils
oufille)
d’individus deH,
2° éventuellement par l’élimination du ou des
parents
de Xqui
n’auraient dansD(H)
pas d’autre descendant que X.Ces définitions ne font
appel qu’à
la structure de l’ensembleP, partiellement
ordonné par la relation d’ascendance.
B. -
Décom!osition
en une suite degénérations
immédiatement successives En vue descalculs,
unepopulation
seraanalysée
de lafaçon
suivante :10 Déterminer une liste de
générations
successivesG i , G 2 ,...,
Gnd’après
la seuleconnaissance des
pedigrees
oud’après
l’histoire de lapopulation.
2° Chercher un ordre
d’apparition
des individus entre la
génération
et la
génération
suivanteGi+’,
defaçon
que l’individuZ I (k < 1 < k + n)
ait sesparents
dans l’ensembleAlors les ensembles suivants :
forment une suite de
générations
immédiatement successives.C. - Calculs associés à la
décomposition
Tout calcul de coefficients
génétiques
d’unegénération
à la suivante résultera de l’itération du processus élémentairequi
conduit d’unegénération H l
à unegéné-
ration
H!+1
immédiatement successive.La méthode de CxuD!rr est
compatible
avec cettedécomposition : H
j
étant décrite par la matricel1>i
=( ( cp&dquo;,,&dquo;) )
des coefficients deparenté
des cou-ples (Z m Z n ) ;
m,n < k + j,
la matricel1>i +’
s’obtient enadjoignant
àl1>i
les coeffi- cients deparenté
entreZx+!+1
etZ!(m
= i,2..., k + j
+i).
OrZx+!+1
a sesparents
dans l’ensemble :
Soient
Zp
etZ,
cesparents.
Il vient :et :
où les
quantités
’pp.m, <?9,m, <pp,m sont des éléments de <1>j.
Le résultat du calcul est
présenté
pour lepedigree
de lafigure
i(tabl. 2 ).
II. - DESCRIPTION
D’UNE
POPULATIONPAR LA RELATION
D’IDENTITÉ
A. - Situations et états d’identité
La
généralisation
immédiate de la méthode de CRUDEN consisterait à décrirechaque génération H,
nonplus
par la suite desprobabilités
d’identité decouples
degènes (les
coefficients deparenté),
mais par la suite desprobabilités
de toutes lessituations d’identité relatives à tous les
quadruplets
degènes présents
dans H.Si H
comporte
Nzygotes diploïdes,
donc 2Ngènes homologues,
il y a( 2 4)
4quadru-
plets
degènes distincts,
et le nombre deparamètres nécessaires, compte
tenu des relations entre les coefficients d’identité relatifs aux mêmesgènes,
est de :de l’ordre
de 3 N’ quand
N estgrand.
Même avec un calculateur degrande puissance
on ne
peut envisager
demanipuler
un tel nombre deparamètres.
Deplus
les calculs sont alourdis par le traitement despermutations
entregènes.
Nous utiliserons au contraire une
description qui
conduit à des calculs trèssimples,
mais à des résultatsapprochés
pour les coefficients d’identité : un ensem-ble de N
zygotes diploïdes
est décrit par la suite des situations d’identité relatives à leurs 2Ngènes homologues,
avec leursprobabilités.
Une situation d’identité entrem
gènes
sera notée par une suite de m nombres entiers :chaque gène
gz estreprésenté
par un nombre
Ii,
defaçon
que deuxgènes gi et g i
soientreprésentés
par le même nombre Iî =I j si,
et seulementsi,
ils sontidentiques.
Chaque
valeurnumérique qui apparaît
dans lasuite,
peut
être identifiée à une « classe d’identité ».Ainsi la situation
8 7 :
peut
êtrereprésentée
par l’une des suites :ou x x y z, d’une
façon générale, si x !
y,y #
z, z # x.Pour reconnaître si deux suites
représentent
la même situationd’identité,
on lesramènera à une forme
canonique où,
l’ordre desgènes
étantfixé,
la nieme classed’identité
qui apparaît
estreprésentée
par l’entier n(notations
du tableaui).
Deux suites distinctes
qui
conduisent ou non à la même formecanonique
serontdites « états d’identité ». Ces « états d’identité
» peuvent représenter
desgénotypes :
Si
(i)
et( 2 ) représentent
deuxgènes homologues
hétéroactifs(allèles),
les états(i i)
et( 2 2 ),
pour unzygote,
sont indiscernables dupoint
de vue de la relation d’iden-tité,
maisreprésentent
deuxgénotypes homozygotes
distincts. Cesystème
de nota- tion a été introduit par BOUFFETTE(z 9 66).
B. - Calculs associés à l’introduction d’un individu
Supposons
alorsqu’une génération H, comportant
Nzygotes diploïdes, (Zl
, Z!,..., Z ,, ... , Zp... Zrr),
et donc 2N
gènes homologues soit
décrite par la suite des situations d’identité entre ces 2Ngènes
et par leursprobabilités,
c’est-à-dire par une famille de a suites de 2N -!- i nombres : 2N entiers et une
probabilité :
L’étape
élémentaire consiste à introduire un nouveauzygote, Z N+1 ,
dont lesparents
Zi etZ i
sont dans H. Legène d’origine paternelle
garr+1 estidentique
à l’undes deux
gènes
g2t-1 et g,i dupère Zi,
etchaque
éventualité à laprobabilité 1/2
enl’absence de toute sélection
gamétique
et pour ungène
autosomal. Parconséquent
si les
gènes
de H étaient dans la situation S(ce qui
a laprobabilité P&dquo;),
l’ensemble degènes :
sera dans l’état d’identité :
avec la
probabilité (r/2) pœ
et dans l’état d’identité :(If, I2,..., 1,2,1-,, Izs,... I2 N , I i s)
avec laprobabilité ( 1/2 ) pœ.
En
regroupant ensuite, parmi
les 2s étatsobtenus,
ceuxqui représentent
lamême
situation,
on obtient ladescription
de l’ensemble(O1!
g2,.... g2N,g 2N+1).
On introduit de la même
façon
legène d’origine
maternelle deZ NIJ ;
et si unparent
estinconnu,
legène qu’il
a transmis sera considéré commenon-identique
à tous les autreset
représenté
par un nombrequi n’apparaît
pas dans les situations d’identité initiales.Ce processus est illustré pour le
pedigree
de lafigure
i(tabl. 3 ).
III. - CALCUL
APPROCHÉ D’UN
COEFFICIENTD’IDENTITÉ
A. - Nécessité d’une
approximation
Le processus ainsi défini consiste à déterminer toutes les structures
géniques
d’identité et de non-identité
possibles
avec leursprobabilités,
pour unegénéalogie
donnée. Les calculs associés sont
simples
et laprogrammation
estaisée,
mais le nom-bre des situations d’identité construites défie la
puissance
de tout calculateur :- ce nombre est
multiplié
par 4après chaque
introduction d’unzygote diploïde,
par
4 N après
N introductions. La réduction de ce nombre du fait de l’élimination des ancêtres devenus inutiles et du passage aux formescanoniques
n’est pas estiméthéoriquement
mais des calculscomplets pratiqués
sur de trèspetites populations (une
dizaine dezygotes
pargénération)
ne font pasapparaître
degain sensible ;
- une limite
supérieure
de ce nombre est donnée par le nombreS(n)
des situa-tions d’identité
possibles
entre ngènes rangés
dans un certain ordre. On montre d’abord que siS(n, !) désigne
le nombre de situations d’identité entre ngènes pris dans P
classes d’identité(! ! n),
on a la relation :avec :
Les
quantités S(n, !)
sont les nombres deStirling
de deuxièmeespèce,
et l’on a :S(n),
moment d’ordre n de la loi de Poisson deparamètre
i est un infinimentgrand
avec n, d’ordre
supérieur
à(n!).
B. -
Principe
d’un calculapproché
Pour estimer un coefficient
d’identité,
onreprend
sa définition : une situation d’identité S étant définie relativementà P gènes
donnés dans unegénéalogie,
soncoefficient d’identité 8 est la
probabilité
que S se réalise dans le processus aléatoire de la transmission desgènes.
Parconséquent,
si l’on estcapable
de simuler s fois ceprocessus, de
façons indépendantes,
laprobabilité
que la situation S soit réalisée r fois est :et la
quantité -, ! rapport
du nombre de réalisations de S au nombred’expériences,
est une estimation de 8.
Chaque génération
est décrite par s états d’identitépossibles
etéquiprobables.
Le
p i e m e
étatEp(j
+i)
de lagénération H i+l
est déduit dup i eme
étatEp(j)
deH
fen retenant un seul état
parmi
tous ceuxqui peuvent
être issus deEp(j) :
toutgène
g introduit estidentique
à l’un des deuxgènes g,
et g. duparent
dont il est issu etchaque
éventualité(g
=g i )
ou(g
=g 2 )
a laprobabilité 1/2 .
On tire un nombre auhasard a, uniformément distribué sur l’intervalle
[o, i],
et l’on fait :(programme
RANDU dans lelangage
FORTRANIV ).
Si l’on considère que les valeurs
!1, a 2 ,..., générées
par RANDU sont une suite de réalisationsindépendantes
de la même loi uniforme sur[o, r],
on obtient finalements structures
possibles indépendantes
etéquiprobables
de lapopulation.
Lesplus
lointains ancêtres connus étant
supposés indépendants,
onpartira
pour les sdescrip- tions,
de la structure oùchaque gène
estnon-identique
à tous les autres et identifié par le nom duzygote qui
le contient et lesigne
-!- ou - selonqu’il
estd’origine pater-
nelle ou maternelle.Dans ces
calculs,
il est inutile de se ramener à la formecanonique
des situationsd’identité,
il suffit de le fairequand,
unegénération
étant décrite par sétats,
on s’at- tache à un ensemble donné degènes (deux
ouquatre).
C. -
Propriétés de l’a!proximation
A la suite des s simulations du processus, on
dispose,
pour uncouple
donné(I, J)
dans lagénéalogie,
de la suite de s états d’identitépossibles, répartis parmi
les15 situations d’identité
possibles.
Soient si, s,,..., Su les nombres de réalisations de chacune.La
probabilité
de cet événement était de :et les estimateurs :
ont les
propriétés suivantes,
de la loi multinomiale :Si l’on considère
plusieurs couples, (I, J)
et(K, L)
parexemple,
dans unepopulation,
les estimations
précédentes
des coefficientsd’identité,
relatifs aucouple (IJ)
et aucouple (KI,),
sont corrélées du faitqu’elles
sont obtenues àpartir
du même échantil-lon de structures
possibles
de lapopulation :
Si
0(IJ, k ; KI,, 1) désigne
laprobabilité
que lecouple (IJ)
soit dans la situationS
k
,
et que simultanément lecouple (KI,)
soit dans la situation Si(il s’agit
d’un coeffi- cient d’identité concernant 8gènes),
la covariance entre les estimateurs de 8k(IJ)
etde
!i(KL),
tirées d’un même ensemble de sépreuves simulées,
est :Cette formule est d’ailleurs tout à fait
générale
et recouvre lesprécédentes quand
on y fait(IJ)
=(KI,)
aveck ;
L ou k = 1.Des
expressions
du mêmetype
concernent l’estimation des coefficients de consan-guinité :
étant donné uncouple (I, J)
et sépreuves simulées,
m et ri les nombresd’épreuves
où I etJ, respectivement,
sont en étatd’identité,
les estimationsjustes de f
I et fi :
ont pour moments du deuxième ordre :
8;(IJ) + S.(IJ)
est laprobabilité
que Iet J
soient simultanément en état d’identité(cf.
tabl.i).
En théorie ces estimations
peuvent
être rendues aussiprécises qu’on
le veut, enaccroissant le nombre des simulations. En
pratique
cenombre,
s, est limité par lestemps
de calculnécessaires, proportionnels
à s et au nombre d’individus dans la popu- lation.I,e coefficient de variation de l’estimateur d’un coefficient dont la valeur est
8, étant / 8s
une erreur relative de e sera atteinte si XJ
I as s, avec x = 2 au
seuil
5 p.
100, ou X =2 ,6,
au seuil de i p. 100 ; donc si 8 exède une valeur limite :Le tableau 4
présente
la valeur 8Len fonction du seuil À, de l’erreur relative e, et du nombre de simulations s.Au
contraire,
lalongueur
des intervalles deconfiance,
aux seuils x définis dans les mêmesconditions,
estmajorée
uniformément en 8 :D’où :
1
! —!,
Àprenant
parexemple
les valeurs 2, au seuil 5 p. ioo, et2 ,6
au seuil des
1 ! !ip.100.
La troisième colonne du tableau 4 donne les valeurs de cette
longueur.
IV. - PROGRAMMATION
La détermination d’une suite de
générations G i , G!,... dépend
essentiellement de la structure de lapopulation
P : dans un groupe humain lesgénérations
devrontêtre construites arbitrairement alors que dans un
élevage
de volailles elles sont définies par lesplans
annuels de croisement. Aussi les programmes réaliséssupposent-ils
queces
générations
sontdéjà
connues.La
description
de lagénération
G étant écrite sur une bandemagnétique
B(ou
tout autre
support),
une suite de sous-programmes assure le calcul et l’écriture de ladescription
relative à lagénération
suivante G’ sur une bande B’ : lecture de la nou-velle
génération ;
mise sous formesymbolique
de G’ en vue descalculs ;
calculs des coefficients deparenté
et deconsanguinité
par la méthode deC RUD E N ;
calcul par simulation d’un nombre donné s d’états d’identité avec l’aide du sous-programme RANDU du
langage
FORTRAN IV.Le calcul des coefficients de
parenté
et deconsanguinité
par la méthode de CRUDEN
exige
le recours à une mémoire extérieure(disque magnétique)
dont letemps
d’accès estlong ( 25
à 7oms),
et lacapacité
limitée. Lacapacité
des programmes actuels est de 400ou 800individusdiploïdes
pargénération,
et la vitesse de 2,5 secondes par individus introduit(sur
IBM3 6 0 -5 0 , équipé
d’une mémoire de 128-Koctets).
Au contraire le seul calcul par simulation
peut
admettre despopulations plus importantes,
avec untemps
de calculproportionnel
au nombred’appels
au sous-programme
R ANDU ,
et donc auproduit
du nombre s d’états d’identitévoulu,
par le nombre d’individus introduits.CONCLUSION
La méthode de calcul des coefficients d’identité que nous avons
présentée
a étéconçue
principalement
en vue d’une utilisation enGénétique quantitative :
elletraite d’une
population entière,
fractionnée engénérations,
et non d’uncouple
isoléde deux individus.
L’usage
d’unedescription
relative à toute lapopulation
évite deprocéder
à descalculs
particuliers
pour tous lescouples
d’unegénération,
calculsqui comprendraient
une recherche des
généalogies
communes s’étendantjusqu’aux plus
lontainsancêtres connus. Les
propriétés
de ladescription
utiliséepermettent
de déterminer la structure d’unegénération
àpartir
de celle de lagénération précédente
sans tenircompte
des liens deparenté plus éloignés.
La simulation d’un nombre donné d’ « états d’identité» équiprobables
etindépendants
conduit à des valeursapprochées
des coef-ficients d’identité de tout
couple
d’individus. Laprécision
des calculs parsimulation,
l’accroissement de la
capacité
de traitement des programmes sont limités par lestemps
de calcul nécessaires et lescaractéristiques techniques
des calculateurs élec-troniques.
Indépendamment
des notions de situations et de coefficientsd’identité,
onpeut
utiliser les méthodes de simulationdéveloppées
ici dans lespopulations
dont lesgénéalogies
sont connues : les noms des classes d’identité sont ceux des ancêtresqui
les ont
portées
lespremiers,
et leurrépartition probable
chez les descendantspeut
mettre en évidence des classes d’individus
apparentés, peut
orienter une étude statis-tique
des corrélations entre lesperformances
de ces descendants et lesprobabilités qu’ils
ont deporter
ungène
d’uneorigine donnée,
et aboutir à la mise en évidencestatistique
d’un facteur héréditaire mendélienimportant. Inversement,
les noms des classes d’identitépeuvent
êtreregroupés
pourreprésenter
des classes degènes
iso-actifs,
si certains sont observables(comme
les groupessanguins). L’écart
entre lastructure
probable
de lapopulation,
établie par le moyen de lasimulation,
et sastructure
réelle, observée,
est une manifestation desphénomènes
de sélectiongamé- tique,
etpeut
en être une mesure.Les
applications
des coefficients d’identité sont renduespossibles
par cetteméthode de calcul : ainsi la
recherche,
dans unefamille,
desindividus, qui
par leurproximité génétique
d’unparent,
sontsusceptibles
de donner ungreffon (F EINGOLD
et
al., 1970 ) peut
êtresystématisée,
bienqu’une
méthode de calculplus légère
etadaptée
auxgénéalogies simples qu’on
rencontregénéralement
chez les hommespuisse
êtrepréférée.
Le calcul dans unepopulation
entière des coefficients deparenté
et de
consanguinité,
par la méthode deC RUDEN ,
ou par la méthodeapprochée
dansles
grandes populations, permettra
dedégrossir
dans unpremier temps
les effets de laconsanguinité
dans despopulations
fermées comme celles desélevages
avicoles.Mais c’est surtout
l’analyse
des corrélationsgénétiques
dans lespopulations
consan-guines qui
devientpossible.
Dans ce casl’expression
des covariancesgénotypiques intra-population
ouinter-populations
fait intervenir les coefficientsd’identité,
etquatre
oucinq composantes (G ILLOIS , ig6q., 19 66 b ; CHEVALET, I g7 I ). L’estimation
de cescomposantes
estpossible,
dans une seulepopulation,
si lesgénéalogies présen-
tent une certaine structure et la construction des estimateurs
peut
être faite automa-tiquement
àpartir
des valeurs calculées des coefficients d’identité et deparenté.
Reçu pour publication en août 1971.
SUMMARY
AUTOMATIC CALCULATION OF IDENTITY COEFFICIENTS
A theory for computing the identity coefficients by means of a simulation procedure is pre- sented here. The population is divided into successive generations, that can overlap ; any gene- ration is described by a given number of equiprobable and independent « identity states u ; the
description of a generation is computed from the description of the preceding one, and with help
of a pseudo-random numbers generator. Results are approximate and may be improved by increasing the number of the simulated states. With a 128-K 8-bits bytes computer, generations
of 800 diploid zygotes are treated at the speed of 2.5 seconds per zygote. This method allows
applications in quantitative genetics of inbred populations.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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