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De la mastoïdite de Bezold · BabordNum

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(1)

FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1897 -i898 '^ ! fcO

DE LA

MSTOilffl DE DEZDLD

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

présentée et soutenue publiquement le 1er Décembre 1897

PAR

Louis-Octave-Claude-Victor PERROT

à Sidi-bel-Abbès (Oran), le 9juillet 1873

Élève duService de Santé de la Marine

/ MM. DEMONS professeur.... Président.

Examinateursde la Thèse

:) PIÉCHAUD

professeur....\

i DENUCÉ agrégé 1 Juges.

\ MOURE chargédecours)

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE DU MIDI PAUL CASSIGNOL

91 RUE PORTE-DIJEAUX 91

1897

(2)

Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux

M. PITRES Doyen.

PROFESSEURS MM. MICE..

AZAM.

DUPUY

Clinique interne Clinique externe Pathologie interne...

Pathologie et théra¬

peutique générales.

Thérapeutique Médecineopératoire.

Clinique d'accouche¬

ments Anatomie

Professeurs honoraires. V-

MM. MM.

PICOT. Physiologie JOLYET.

PITRES. Hygiène...' LAYET..

DEMONS. Médecinelégale MORACHE.

LANEi-ONGUE. Physique BERGONIÉ.

N. Chimie BLAREZ.

Histoire naturelle ... GUILLAUD.

VERGELY. Pharmacie FIGUIER.

ARNOZAN. Matière médicale.... de NABIAS.

MASSE. Médecine expérimen¬

tale FERRÉ.

MOUSSOUS. Clinique ophtalmolo¬

gique BADAL.

COYNE. Clinique des maladies

PIECHAUD.

BOURSIER.

Anatomie BOUCHARD. chirurgicales des en-

Anatomie générale et fants.

histologie VIAULT. Clinique gynécologique AGRÉGÉS Eîli EXERCICE :

section demédecine(Pathologie interneet Médecine légale.) MM. MESNARD. | MM.

SABRAZÈS.

CASSAET. | Le DANTEC.

AUCHui. |

section de chirurgie et accouchements

(MM. YILLAR.BINAUD. | Accouchemeuts

tMM. RIVIÈRE.

|

ACC0UCQements... j

CHAMBRELENT BRAQUEHAYE |

section dessciences anatomiques et physiologiques

|MM. PRINCETEAU | Physiologie MM. PACHON.

""I CANNIEU.

j

Histoire naturelle BEILLE.

section des sciencesphysiques

Physique MM.

SIGALAS. | Pharmacie M. BARTHE.

Chimie etToxicologie

DEN1GÈS.

|

COURS COIIPUÉR13NT A IIIIIS :

Clinique interne des enfants MM. MOUSSOI S.

Pathologieexternes

Anatomie.

Clinique desmaladiescutanées etsyphilitiques.

Clinique desmaladies desvoies urinaires

Maladies dularynx, desoreilles etdu nez Maladies mentales

Pathologie externe Accouchements Chimie

Le Secrétaire de la Faculté

DUBREUILH.

POUSSON.

MOURE.

RÉGIS.

DENUCÉ.

RIVIÈRE.

DEN1GES LEMAIRE.

Pardélibération du 5 août 1879, la Faculté aarrêté que les opinions émises dans les

Thesesqui lui sont présentées doivent êtreconsidérées commepropres à leursauteurs, et qu'ellen'entend leurdonner ni approbation niimprobation.

(3)

A MA MÈRE CHÉRIE

Je dédie cettethèseen témoignage de mon éternelle reconnaissance poursesgrands

sacrificeset de mon profondamour.

LA

MÉMOIRE

DE MON PÈRE

A MA GRAND'MÈRE

A MES PARENTS

(4)
(5)

A Madame et Monsieur FAYOLLE DU MOUS T1ER

Jpvousprie, Madame etMonsieur,derece¬

voir mes plus sincères remerciements pour le grand intérêt que vous m'avez toujours témoigné. Que la dédicace de ce modeste travail soit l'assurance de toute

magratitude.

A MONSIEUR CHARLES FAUCHEUX

Jevous remercie de votre profonde amitié

et vous prie d'accepter ce faible témoi¬

gnagedema reconnaissance.

A MES AMIS

(6)

A MONSIEUR LE DOCTEUR LICHTWITZ

PROFESSEUR LIBRE DE LARYNGOLOGIE, D'OTOLOGIE ET DE RHINOLOGIE

(7)

A mon Président de Thèse

MONSIEUR LE DOCTEUR DEMONS

PROFESSEUR DE CLINIQUE CHIRURGICALE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE

DE BORDEAUX

OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

MEMBRE CORRESPONDANT DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE

(8)
(9)

i

INTRODUCTION

Ayant eu l'occasion de voir, àlaClinique libre de M. le doc¬

teurLiclitwitz, un cas de mastoïdite de Bezold, j'ai

essayé

de faire, dans ma thèse inaugurale, l'histoire de cette mala¬

die dont les cas ne sont pas encore très nombreux.

J'ai retracé dans différents chapitres, l'historique, l'étio- logie et la pathogénie, la symptomatologie, le diagnostic et le traitement de cette affection.

On me reprochera peut-être de donner à ma thèse le titre de : Mastoïdite de Bezold. Je ne fais, en cela, que suivre l'exemple des personnes plus compétentes que moi qui, jusqu'ici, en ontpublié des observations.

La plupart des

otologistes français

et étrangers ont voulu ainsi rendrehommage à Bezold, qui eut le mérite d'étudier lepremier l'affection qui nous concerne. Cette appellation

évite également la confusion qui pourrait naître d'un titre, peut-être complexe, résumant les différentes lésions qui caractérisent cette forme de suppuration mastoïdienne.

La mastoïdite de Bezold est, en effet, caractérisée par l'in¬

flammation

chronique

ou aiguë des cellules mastoïdiennes, suivie de l'issue du pus dans la rainure

digastrique,

à tra¬

vers la paroi inférieure et interne de la mastoïde, la propa¬

gation de ce pus le long du ventre postérieur du digas¬

trique, son extension à la gaine du paquet vasculo-nerveux etdel'artère occipitale amenant finalement une véritable dissociationdes tissus du cou avec abcès cervical.

(10)

10

Qu'il mesoit permis

d'adresser tous

mes

remerciements à

M. le docteur Lichtwitz, dont les

conseils éclairés m'ont été

d'un si utile secours.

Je remercie

profondément M. le professeur Démons du

grand honneur

qu'il

me

fait

en

acceptant de présider la

thèsed'un de ses modestes élèves.

(11)

CHAPITRE PREMIER

Historique.

La mastoïdite de Bezold est restée longtemps inconnue et

son étude n'a été approfondie que depuis ces dernières

années.

Bezold eut le mérite d'attirer le premier l'attention des chirurgiens sur cette forme nouvelle de suppuration mastoï¬

dienne et d'indiquer l'opportunité d'une intervention chirur¬

gicale après avoir établi la pathogénie de cette maladie.

Dans un travail sur : « Une nouvelle voie de propagation de l'otite moyenne dans le voisinage; du traitement à oppo¬

serà cesaccidents », Bezold trace un tableau clinique précis de l'affection qui porte aujourd'hui son nom.

Quelques auteurs avant lui avaient mentionné cette affec¬

tion, notamment Kuh, en 1847, et Bœcke, en 1872.

Dans le courant des années suivantes, surtout après la publication de Bezold, un certain nombre d'observations vinrent confirmer et élargir le travail de cet auteur.

Cependant, lescasrelatésne sontpas encoretrès nombreux.

Moos, Kiesselbach, Gorham Bacon,Tliiry en rapportent des exemples. Hartmann, dans la 4e éditionde son livre, en1889, dit que sur30 cas de mastoïdite, il a trouvé 4 fois une perfo¬

ration de la paroi interne de

l'apophyse

; 2 de ces cas furentpubliés par son assistant le docteur Cholewa. Dans

une communication, Hartmann prétenden avoir vud'autres exemples et necroit pas l'affection aussi rare qu'on le sup¬

pose.

(12)

12

Kirchner mentionne un casdans la 3e édition de son traité

en 1890. Guye

enfin

en

rapporte 2

cas.

En France, le premier cas

de mastoïdite de Bezold

a

été

publié par Luc, en

1896, et

a

servi de point de départ

au

tra¬

vail de cet auteur concernant cette affection. Dans le cou¬

rant de la même année se publient

les observations de

Lichtwitz, Tissot, Mendel et un nouveau cas

observé

par

Luc. Hamon duFougeray

publia aussi

un

article

sur

les

abcès du cou consécutifs aux inflammations de

l'oreille

moyenne, et cette

publication entraîna la discussion de cette

question au

Congrès de chirurgie.

De Quervain

reprend de

nouveau

la question dans la

Semaine médicale du 21 avril 1897,

après

une

publication

sur le même sujet de Broca,

dans les Archives interna¬

tionale de

laryngologie, d'otologie et de rhinologie.

(13)

CHAPITRE II

Étiologie

et

Pathogénie.

La mastoïdite de Bezold estune affection qui frappe sur¬

tout l'homme adulte ; les cas observés chez la femme sonten petit nombreet Ton ne connaît que l'observation de Thiry

concernant une enfant.

Une jeune fille de dix ans souffrant d'otite suppurée double depuis l'âge de deux ans à la suite derougeole. A droite, suppuration de peu

d'importance; àgauche, suppuration abondante etfétide.

Danssa dixième année, douleur subiteet très vive ducôté gauche de la nuque, suivie bientôtd'une forte fièvre etaccompagnée de frissons et d'unecéphalalgie persistante.Auboutde quelques jours survientunetoux pénible amenant une excrétion très fétide et de mauvaise couleur. Il existe, en même temps, des râles du côtégaucheet une oppression qui font porterle diagnostic de gangrène pulmonaire.

Al'autopsie, ontrouve àgaucheunepleurésie fibrineuse et des deux côtés de la bronchite etplusieurs foyers

hémorragiques.

Les sécrétions provenaient de l'oreille.

L'apophyse mastoïde cariée présentaità la partie externe deuxouver¬

tures de 7 millimètresde diamètre etuntroisième orifice semblabledans la rainuredigastrique. Autour des orificesextérieurs et sur une ligne allant versla base du crânejusqu'au trou occipital, l'os était parsemé depetits trous etrecouvertd'une mince couche depus.Ilexistaituntrajet fistuleux allant du bord postérieur de

l'apophyse

mastoïde derrière le sterno-mastoïdienjusqu'au voisinage de la clavicule.

(14)

14

Ce trajetfistuleux

large et spacieux s'ouvrait dans le larynx au-des¬

sus dubord gauche du

cartilage thyroïde

par un

orifice de 4 milli¬

mètres; il étaitrempli, ainsi que

la cavité de l'apophysfe, par un pus

semblable à celuiqui était

expectoré.

Les autres organes ne

présentaient rien de pathologique.

Quelles sont

donc les

causes

prédisposantes qui semblent

favoriser cette affection?

On sait que le

développement des cellules de l'apophyse

mastoïde est très variable; elles

peuvent faire défaut, occuper

une partie

seulement de l'apophyse ou même l'apophyse

entière. Elles peuvent

aller si près de la surface que la paroi

osseuseen est amincie et

transparente, présentant parfois

des lacunes

complètes.

Bezolcl rapporte

ainsi la recherche qu'il fît à ce sujet : « Si

nous examinons d'abord la surface

de l'apophyse mastoïde,

nousvoyons

chez le nouveau-né, de l'angle rentrant de l'os

temporal à la pointe de l'apophyse, une fissure que j'ai trou¬

vée

complètement chez l'adulte 4 fois

sur

200 crânes. 41 fois

elle était conservée en

partie, et 122 fois

au

moins indiquée

par

quelques trous et fissures.

» La partie

de la surface externe de l'apophyse, située en

arrière de cette fissure, est en grande

partie couverte d'in¬

sertions musculaires. Les tendons

de

ces

muscles (sterno-

mastoïdien,

splénius, petits complexus) occupent complète¬

ment la moitié

postérieure de la surface externe. Par suite

de ces insertions,cette partie

paraît

rugueuse

et relativement

épaisse;

le périoste

y

adhère fortement. Cette disposition

empêche la perforation des cellules mastoïdiennes; elle ne

se

produira

que sous

l'influence de caries et de nécroses

étendues.

«Lorsqu'une

perforation

a

lieu au-dessus ou au-dessous de

ces insertions, le pusse propage

difficilement au-dessous du

périoste, car

cette large insertion de muscles occupant toute

la partie

postérieure et inférieure de la surface externe de

l'apophyse et s'étendant jusqu'à la ligne semi-circulaire

(15)

15

supérieure de

l'occiput

lui oppose un obstacle difficilement

sur montable.

» Quand la suppuration siège au-dessus de ces insertions musculaires, le pus se localise derrière le pavillon de l'oreille, et son issue a lieu à travers la fissure qui

sépare

l'apophyse mastoïde delà portion écailleuse du temporalou

à

traversles orifices vasculaires siégeant à la partie de la face externe

dépourvue

d'insertions musculaires. »

Dans le cas de mastoïdite de Bezold

le.processus

débute également par un gonflement au-dessous de la mastoïde,

mais les points de perforation doivent être recherchéssur la

face

interne de

Vapophyse

ou dans la rainure

digastrique.

Poursuivant ses recherches, Bezold en établitainsi lapatho¬

génie.

« La face interne de l'apophyse n'estpas rugueuse comme la face externe, elle est lisse et la paroi est souvent transpa¬

rente. Parmi 400 temporaux, j'ai trouvé 22 fois toute cette surface ou la rainure mince comme du papier; on peut même la perforer facilement avec une aiguille. La rainure elle-même est presque toujours percée d'une série de trous plusou moins grands qui aboutissent à l'intérieur de l'apo¬

physe, 4 fois parmi ces 400 temporaux il y avait, en partie à

la face interne de

l'apophyse,

en partie dans la rainure et la circonférence de

l'apophyse

des orifices plus grands formés parla déhiscence des parois des cellules mastoïdien¬

nes. 6 fois cette partie de

l'apophyse

était brisée par suite de la minceur desparois. Enfin dans un cas, très important

pour notre question, il y avait à la face interne de l'apo¬

physe une lacune ronde autour de laquelle l'os était très poreux et traversé de trous vasculaires anormalement déve¬

loppés.

» On pouvait conclure à une suppuration osseuse localisée autrefois dans cette région. On retrouvait aussi les mêmes lésions à la face externe de

l'apophyse

en avant et au-dessus des insertions musculaires. Nous pouvons en conclure, par

conséquent, qu'il yavait eu issue du pus surles deux faces

(16)

16 -

de l'apophyse ;

j'ai

pu

constater 2 fois ces accidents sur

le vivant. »

Ces recherches nous

permettent de comprendre la plus

grande

fréquence de l'affection chez les adultes, car les

cellules mastoïdiennes

sont très peu développées chez

l'enfant,

quand elles existent, et ce n'est qu'à la puberté que

lescellules

verticales atteignent leur complet développement ;

elles sont

plus grandes chez certains sujets.

Cetteaffection est

moins

une

complication d'otite moyenne

et d'antrite

suppurée qu'une suppuration des cellules mas¬

toïdiennes.Bien que

succédant souvent à une affection locale

ou générale,

elle survient quelquefois sans cause connue,

comme dans les

observations suivantes :

M. D...

quarante-quatre

ans,

avait toujours joui d'une bonne santé,

lorsqu'à

la fin du mois d'octobre 1894 apparut brusquement un écoulement

del'oreillegauche.

En même temps survinrent des douleurs dans toute la

tête,mais plus

spécialement localisées en arrière de l'oreille gauche, avec

pertede

l'appétit, fièvre et insomnie. A plusieurs reprises l'écoulement

cessa pendant une

journée, et les douleurs à ce moment redoublèrent

d'intensité.

(Cas de Lichtwitz.)

Malade âgé de

cinquante-six

ans.

Suppuration sans cause connue,

sans douleurs

préalables, compliquée depuis trois semaines par le gonfle¬

ment de la moitié droite du cou,

étendu à la région rétro-auriculaire.

(Cas

de Luc.)

Dans la

plupart des

cas,

cependant, l'étiologie est la même

que

celle des otites moyennes suppurées, et nous pouvons

noter commecauses

principales

:

la grippe fMendel, Tissot),

les affections

nasales (Knapp, 2e cas de Guye), les refroidis¬

sements

(Luc).

Dons certains cas,

la mastoïdite de Bezold est associée à

une otite moyenne

suppurée et paraît en être une compli¬

cation,

survenant après

un

certain temps, comme dans les

(17)

17

observations de Kiesselbach, Bacon, Mendel, souvent môme après que l'écoulement du pus a cessé.

La suppuration peut faire défaut complètement ou être insignifiante, ainsi quele mentionne Moos dans son 4e cas :

W.L..,quarante-neufans,paysanbien bâti, seprésente le 2avril 1889 à la Clinique. Jamais rien aux oreilles; depuis six semaines, douleurs dans l'oreillegaucheet la région avoisinante.

Au momentde sonentrée à la Clinique pas de douleurs, ni à l'oreille ni à l'apophyse mastoïde; la mastication est douloureuse. Le malade

accuse une douleur à la pression dans la fosse rétro-maxillaire, qui présente uneenflure petite, dure, sans rougeur. La région zygomatique gaucheest également un peuenflée. La surfacede l'apophyse mastoïde

ne présente aucunerougeur, n'est pas douloureuse à la pression, mais

sensible à lapercussion. Suppuration modérée de l'oreillegauche, rétré¬

cissement en forme de fente au milieu du conduit auditif, à la suite d'une enflure non fluctuante dela paroi supérieure etpostérieure de ce conduit. Unpetit spéculum poussé à travers la fente permetunéclairage suffisant. Le tympan gauche est détruit en grande partie, la paroi du labyrinthe estenflée, couverted'unpeude pus.

Nous devons donc chercher l'étiologie de la maladie de Bezold dans la caisse. L'irruption du pus dans la rainure digastrique dépend des prédispositions anatomiques de

chaque

individu et del'âge.

P.

(18)

^■v.-

I ;

.

mm

v.

,

' . -- -1 ,

(19)

CHAPITRÉ III

Anatomie

pathologique.

Les lésions primordiales siègent dons les cellules mastoï¬

diennes,

et ne fontjamais défout, quoique n'étant pas iden¬

tiques dans tous les cas. Tousles auteursontnoté, à laparoi interne de

l'apophyse

mastoïde, une perforation qui est le point de départ des fusées purulentes dont nous étudierons plus loin la marche et les directions

principales.

Les lésionsdes cellules n'ont pu être observées que dans le cours des opérations pratiquées sur

l'apophyse.

Moos, dans son premier cas, se trouva en présence d'une tuberculose osseuse etnote, dans son deuxième cas, la for¬

mation de nombreuxpolypes dans la caisse.

Dans le cas de Lichtwitz, l'antre est « petit, rempli de pus et de bourgeons, ainsi que quelques cellules mastoïdiennes poursuivies à l'aidé de la gouge,

jusqu'à

la pointe de l'apo¬

physe. »

A ce sujet

Knapp

rapporte une observation très intéres¬

sante suivie

d'autopsie

:

Un cas demaladie dite de Bezold. Ouverture de

l'apophyse

mas¬

toïde. Craniotomie. Mort.

Autopsie.

Abcès dans le lobe temporal

et le cervelet. Thrombosedu sinus de l'autre côté.

Il s'agit d'une

jeune

femme de bonneconstitution qui souffrait depuis

uneannée de catarrhenaso-pharyngien transmis aux oreilles. Guérison de l'oreille gauche,mais à droite propagation de l'affection à

l'apophyse

(20)

20

avec irritation méningitique très prononcée et douleurs

violentes dans

les derniers mois.

On remarque à l'insertionsupérieure du

muscle sterno-mastoïdien de

la rougeur, du gonflement et de la douleur. Dix

jours après l'apparition

de cesphénomènes, le médecintraitant fit dans

le muscle tuméfié

une incisionprofonde quidonna lieu à un

écoulement abondant de

pus,

à la

suite duquel la malade éprouvaun soulagement passager.

Dans l'opération queje pratiquai ensuite, j'ouvris

l'apophyse

mas- toïde de labase àla pointe et trouvai du pus àla partie supérieure. La plaieestmaintenue béante àl'aide d'un drain en argent

perforé.

La maladequitte la Clinique etle mieux se maintient

pendant

une quinzainede jours. Alors surviennent denouveau

des symptômes d'irri¬

tation cérébrale qui persistent plus ou moins violemment jusqu'à la mort, survenue trois mois après.

Ces symptômesétaient : céphalalgie

continuelle, nausées, vomisse¬

ments, vertiges, stupeur,troubles du langage, diminution de

l'appétit,

constipation. Lepouls qui, au début, oscillaitentre70 et

80, descendait

plus tard à 60. La température comprise entre98,4 et 100°

Farenheit,

ne se modifiaitjamais brusquement. Pas de convulsions, pas de délire,

pasde frissons oude sensations anormales.

L'oreille ne présentaitplus aucun trouble et à aucun moment il n'y

eutd'écoulement, bien que le tympan et les parties environnantes du conduit fussentrouges ettuméfiées.

Deux moisavantlamortapparut subitementungonflementauniveau

du muscle sterno-mastoïdien droit. Lediagnostic était : propagation de

lasuppuration de

l'oreille

vers

le

cerveau et on propose

l'ouverture du

crâne qui n'a été permise quepeu

de jours

avant

la

mort.

La cavité de

l'apophyse mastoïdeest

élargie

et

prolongée

vers

la boîte crânienne

; la dure-mère etle sinuslatéralsontsains. La plaie opératoire estagran¬

die vers l'attique. Pas de pus dans

la caisse, l'os

est partout

épais

et dur.

Pendant l'opération la malade devient

pâle, la respiration

cesse.

Après une injectionsous-cutanée

d'alcool, la respiration renaît

etpermet

decontinuerl'opération. Etant donnée

la grande faiblesse de la malade

je nefis pas d'incisionplus

profonde

et

j'envisageai le

cas comme

déses¬

péré. La mortsurvint troisquarts

d'heure après l'opération.

(21)

21

Autopsie. 1° Perforation de la paroi médiane de lapointe de l'apophyse confirmantlediagnosticde formebezoldique de mastoïdite.

Lapartie supérieure de la caisse est comblée par un tissu de gra¬

nulations. Pas de pus.

Sinus latéral droitrempli de sang en caillots.

Dure-mère saine dans toute son étendue.

La pie-mère dulobe temporal droit et de la moitié droite du cer¬

velet présenteune coloration laiteuse. Dans la moitié droitedu cervelet, depetites veines sontremplies depus.

6° Tous les sinus de la ligne médiane, et non seulement ceux qui étaient voisins de l'oreille droite, mais encoreles sinuslatéraux gauches

et même la veine jugulaire interne gauche étaient remplis de pus

(thromboseetphlébite

purulente).

7° Dans le lobe temporal droitontrouve un abcès du volume d'une noisette, on en trouve unsemblable dans la moitiédroite du cervelet.

Toutesles autres parties du cerveau sontsaines.

L'examen microscopique du pus montre l'existence de bacilles étroitsetpetitset de staphylocoques dorés.

Un point intéressant est de suivre la marche du pus après

la perforation de la paroi interne de

l'apophyse.

Bezold, à la suite de sesexpériencessur le cadavre, est arrivé aux con¬

clusions suivantes : « Les dispositions

anatomiques

nous apprennent aussi quelle direction suit le pus pour s'étendre dans le

voisinage.

La rainure estoccupée par le ventre pos¬

térieur du digastrique; c'est par conséquent dans la gaine de cemuscle que le puss'écoulera. 11 se propagera aussi par l'artèreoccipitale située à la face interne du

digastrique

et dont la gaine est une dépendance de celle du muscle.

» Le foyer purulentainsi formé autour de

l'apophyse

est situé à une grande profondeur. Il est recouvert par les trois muscles précités qui s'insèrent sur

l'apophyse

et dont les bords antérieurssont unis par un tissu très dense à l'apo¬

névrose de la loge parotidienne.

» un arrière, les tendons du sterno-mastoïdien et du splé-

niuss'étendent en forme d'éventail et sont solidement unis

(22)

22

au tendon du trapèze qui

s'insère

à la partie postérieure de la ligne semi-circulaire

supérieure.

» Le pus nepeut, par conséquent, trouver une issueen de¬

hors et enhaut et il estobligé de s'écouler entre les muscles profonds du cou et de la nuque.

» Pour pouvoir suivre lemode depropagation de l'infection j'ai

employé

un procédé déjà indiqué par Bichat, Hencke, Konigpourétudier la propagation des abcès; ceprocédé con¬

siste à injecter de la gélatine coloréeliquide.

» Supposant que la perforation s'effectue, dans lecas qui

nous intéresse, au niveau de la rainure digastrique. j'ai per¬

foré l'apophyse mastoïde de façon à aboutir à cette rainure.

Après avoir introduit la canule jusqu'à l'extrémité de la perforation, j'ai injecté avec assez de forcele liquide qui se solidifiaitpetit à petit. J'ai été très agréablement surpris de voir sereproduire sous mes yeux par ce procédé le même or¬

dre de faits que j'ai pu constater chez le vivant. Les inser¬

tions musculaires de l'apophyse mastoïde se relevaient d'abord, puis jevis seformerenavant et au-dessous de

l'apo¬

physe une tumeur qui comblaitla fosserétro-maxillaire.

» En continuant à pousserl'injection cette tumeur s'éten¬

daitjusqu'au menton. La masseinjectée s'est ensuite

frayé

un chemin dans la région dela nuque etformaitunetumeur diffuseallantenarrièrede l'apophyse à la lignemédiane;elle

se

continuaitàpeu pris jusqu'au tiers

supérieur ducou.En ré¬

pétant l'expérience sur

le côté

opposé on pouvait constater à peu

près les mêmes

phénomènes. La masse gélatineusere¬

froidiepermettait de bien suivre le modede propagation.

» La coloration la plus intense se trouvait toujoursd'une part autour du ventre

du

digastrique inséré dans la rai¬

nure, d'autre part dans la gaine de l'artère occipitale. La

masse injectée s'écoule en avant au-dessous de la parotide entre la gaine des

grands

vaisseaux, recouverteparla glande

à sa partie supérieure. Un pontassez solide de tissu lamel- leux existant entre les trois muscles insérés à

l'apophyse

mastoïde et le bord postérieur de la parotide, la masse ne

(23)

23

va pasjusqu'àla surface et estobligée de se

collecter au-des¬

sous des muscles et de la

parotide

le long

du digastrique

et au-dessus des vaisseaux. Il

pénètre

peu

d'injection dans

la gaine des grands vaisseaux.

L'injection venant de la partie postérieure

de la rainure

s'écoule égalemententre les muscles de la nuque par

l'inter¬

médiaire de l'artèreoccipitale. On yobserve trois

couches

su¬

perposées ; la plus superficielle estsituée entre le

trapèze et

le splénius, la deuxième entre lesplênius etle grand

comple-

xus,et la plusprofonde entrece dernieretles

muscles courts

de la nuque, c'est-à-dire en haut lesmuscles droits et

obli¬

ques et en bas le transversaire cervical. Cette couche pro¬

fonde est la plus puissante et la plus étendue; elle

s'étend

des insertions des muscles courts de la tête jusqu'à la

deuxième vertèbre dorsale, et se trouve limitée sur la ligne médiane parles ligaments de la nuque et latéralement par

une ligne s'étendant le long des extrémités des apophyses

transverses des vertèbres cervicales et dorsales auxquelles s'insèrent les deux groupes de muscles.

» Si nous supposons à la place de la masse injectée un foyer de suppuration, nous voyons qu'il est

arrêté

dans sa propagationnonseulementsur la partie latéraledu cou mais

aussi sur la nuque par une triple couche de muscles longs et larges qui l'empêchent de s'ouvrir à l'extérieur.

» Par conséquent, dans les cas qui nous intéressent, nous

nedevons pas nous étonnersi le processus se propagejus¬

qu'auxvertèbreset à la base du crâne.Lesdouleurs qui exis¬

tent dans le coursde l'affection sont constantes à la région occipitale et trouvent leur explication dans la propagation du pusau-dessus du point de pénétration du grand nerfoc¬

cipital dans le grand complexus. On a toujours trouvé ce

point de pénétration entouré de gélatine.

« Le processus du pus en basjusque dans le péricardepar l'intermédiaire des gaines des vaisseaux ou

jusqu'au

mé- diastin et à la plèvre, n'a pu être encore conétaté chez le vi¬

vant. Il ne

paraît

pas probable,

d'après

le résultat de mes

injections artificielles. »

(24)

24

J'ai

répété les expériences de Bezold et suis arrivé aux ré¬

sultats suivants:

Dans un cas où la perforation

de la face interne de l'apophyse

eut lieu à environ 1 centimètreen

arrière de la pointe de la mas-

toïde,je

constatai

ces

différents phénomènes :

Tuméfaction à lapointede

l'apophyse

se

prolongeant en bas dans

ladirectiondusterno-mastoïdien

qui fait saillie.

Développement

d'une tumeur siégeant au-dessous de la ligne courbe

occipitale

supérieure.

Propagation de la tuméfaction

en

bas dans le creux sterno-clavicu-

laire.

Aladissectionon netrouve pas

d'injection

sous

le sterno-mastoïdien

ni entre ce dernier muscleet le

splénius,

pas

plus

que

dans la gaine du

digastrique.

On remarquela

dissociation de l'angulaire de l'omoplate.

En arrière, on netrouve rien sous

le trapèze, mais

on

tombe sur une

grossemasse

de gélatine entre le splénius et le petit complexus. L'injec¬

tion descendau-dessousdeces

muscles jusqu'à la sixième vertèbre cervi¬

cale etatteint laligne

médiane,

se

trouvant ainsi localisée entre les

muscles

profonds de la

nuque

et la masse musculaire formée par les

deuxcomplexus et

le splénius.

J'avaisinjecté

dans cette expérience environ 180 centimètres cubes de

gélatine

colorée.

Dansune autreexpérience, à mesureque

je poussai l'injection, je vis

unsoulèvement

prononcé des muscles qui s'insèrent à l'apophyse mas-

toïde. Cette tuméfaction s'étend

ensuite

vers

la région parotidienne et

remplit la

fosse rétro-maxillaire ainsi que la région latérale du cou.

Après

avoir laissé solidifier la gélatine, je mets à nu cette région

en rabattant de chaque

côté d'une longue incision la peau et le peau-

cier.

Après avoir

isolé le sterno-mastoïdien je le sectionne à sa partie

moyenne etrenverse ses

deux extrémités.. .Je trouve alors la gaine du

muscle digastrique

gonflée

par

l'injection, qui occupe toute l'étendue

duventre postérieur

de

ce

muscle jusqu'à l'os hyoïde.

(25)

25

Une partie de la gélatine longe la face inférieure de la loge paroti-

dienne et va jusqu'à l'angle de la mâchoire. L'injection a envahi la gaine des grands vaisseaux ainsi que celle de l'artère occipitale, et se

prolonge vers la colonne vertébraleen longeant le bord postérieur du ptérygoïdien externe et en passant au-devant des scalènesetdes muscles prévertébrauxpour allerjusqu'àla base du crâne.

La perforation de laparoi interne del'apophyseavait eulieudans ce cas dans la rainure digastrique, à environ 3 millimètresen arrièreet en

dedans de lapointe de l'apophyse mastoïde.

Cesexpériences nous font aboutir aux mêmes conclusions que Bezold.

La

clinique

vient du reste confirmer l'expérimentation.

Kirchner,

en effet, rapporte que dans un casobservé par lui le pus s'était propagé le long de l'aponévrose du

digastrique

et avait ainsi forméen avant du menton une tumeur dure et résistante.

Dans le deuxième cas de

Guye,

nous voyons un malade atteint d'ozènechronique, chezlequel survient une otorrhée de courte durée. Il se produit plus tard une perforation spontanée de la face interne de

l'apophyse

mastoïde qui amène la formation d'un abcès

rétro-pharyngien.

Kiesselbach rapporte un fait à peu

près

semblable :

Ils'agit d'unhomme de vingt-septans, qui souffrait depuis le mois

de mars 1889 d'un écoulement de l'oreillegauche. On constate à l'exa¬

men uneotitemoyenne suppurée gaucheavec gonflementet abaissement de laparoi supérieure et postérieure du conduit et gonflement de la région supérieure del'apophyse diminuantà lapressionen donnant lieu àun écoulement abondant de pus non fétide et crémeuxpar le conduit externe.

L'ouverture de lamastoïde,le 7 octobre 1889, amène une améliora¬

tionnotable,maisavec persistance d'un écoulementpurulent.

Le16décembre 1889, le maladeentre à l'hôpital. On pouvait péné¬

treravecla sonde dans l'antre en avant eten haut, et dans une fistule

(26)

- 26 -

osseuse en dedans et en bas. Dans le pharynx ontrouve à gauche un gonflement

rétro-pharyngien.

»

Gorham Bacon

pouvait introduire chez

son

malade

une sonde en bas et en arrière à environ 4 centimètres de

profondeur jusqu'à la troisième vertèbre cervicale

sans cons¬

tater de carie de cet os. Il trouvamême une seconde poche, qui se

dirigeait

vers

l'angle inférieur de la mâchoire.

Rappelons-nous

également l'observation de Thiry, dans

laquelle la fusée

purulente aboutissait

au

larynx, et celle de

Gradenigo

les masses

musculaires de la

nuque

étaient

envahies.

Les différences, qui existent dans

chaque

cas

dans la voie

que suit

le

pus,

dépendent du point où

a

lieu la perforation.

Onavoulu faireintervenirégalement laposition

habituelle du

malade dans le lit, mais cette propositionne

doit être

accep¬

tée qu'avecune

très grande réserve.

(27)

CHAPITRE IV

Symptomatologie.

Les symptômes de la mastoïdite de Bezold sont, en grande partie, ceux de l'otite moyenne purulente avec mastoïdite, mais ellese différencie de ces différentes affections par la marche particulière que suit le pus, l'écoulement purulent qui résulte de la pression exercée sur la tumeur ainsi que par d'autres symptômes moins importantsque nous trouve¬

rons relatésau coursdece

chapitre.

Dans son travail,Bezold établit ainsi

lessymptômes

decette affection. «La maladie revêt d'habitude les caractères sui¬

vants : le début se rapproche de celui d'une suppuration aiguë de l'oreille moyenne avec tousses phénomènes inflam¬

matoires locaux. Outre l'intensité des symptômes, l'affection

se caractérise également par son début

brusque

: un malade, par exemple, ressentit les premières douleurs en se mou¬

chant fortement, un autre dans un effort de vomissement.

» Au bout deplusieurs semaines les douleurs augmentent, etaprèsperforation dutympan,qui donne issue àdupus,ilse produituneotorrhée.Cependantj'aivuquelquefoisla perfora¬

tion dutympanfaire défautou l'otorrhéeêtre de courte durée sans diminution notable des douleurs. Dès le début ou dans le cours de lamaladie, la douleur est plus intense au niveau de l'apophyse mastoïde; elle est spontanéeou fait suite à la pression. On peut constater, à cetteépoque, un légerœdème inflammatoire sans fluctuation profonde. Cette infiltration inflammatoire existe aussi à la paroi

postéro-supérieure

du

(28)

28

conduit auditifosseux et s'étend au tympan,

effaçant ainsi

toute limite entrecette membrane et le conduit

externe.

»

Après quelques semaines et même quelques mois sur¬

vient une nouvelle complication

consistant

en un

gonfle¬

ment et une grande

sensibilité de la région qui entoure l'apo¬

physe

mastoïde. Ces accidents, d'abord limités à la partie

inférieure del'apophyse,

donnent l'impression d'une infiltra¬

tion inflammatoire des insertions des muscles de la

région.

Ce gonflement

s'étend bientôt et les muscles eux-mêmes

paraissent

soulevés de façon à faire disparaître le relief de

l'apophyse

mastoïde.

»La tuméfaction dure et sans fluctuation s'étend

d'abord

en avant du bord antérieur du sterno-mastoïdien dans

la

fosserétro-maxillairequ'il remplit,et

descend plus

ou

moins

bas le long des grands

vaisseaux à partir de l'angle du

maxillaire inférieur. Il peut

survenir, à cette époque,

un écoulement abondant de pus au

niveau de la réunion des

conduits cartilagineux et osseux.

» Lorsque le

gonflement

progresse

dans la région cervicale

il s'étend en arrière et en bas entre le bord postérieur

du

sterno-mastoïdien et le bord antérieur du

trapèze;

on peut

voir

apparaître

ence

point

une

fluctuation très nette. Ce

gon¬

flement s'étend insensiblement en haut jusque dans

le voisi¬

nage de la

ligne courbe occipitale supérieure,

en

arrière

jusqu'à la ligne médiane, et

en

bas le long des muscles de la

nuque.

»A la suitede

pressions répétées,

on

peut

ramener

le pus

de tous ces points et

le faire écouler

par

le conduit auditif

externe ou par une

ouverture artificielle pratiquée

au

niveau

del'apophyse

mastoïde.

» Dans sa progression en

arrière

vers

la ligne médiane, le

gonflement détermine un

point douloureux occipital qui de¬

vient la principale

plainte des malades. L'apparition de

ces

douleurs doitêtreattribuée à l'étendue de

l'infiltration

puru¬

lente et auxdécollements qui en

résultent.

»

Bezold établit iciles principaux

symptômes de l'affection,

(29)

29

mais en parcourant les observations

publiées

nous voyons que cette énumération est incomplète.

Nous constaterons tout d'abord que l'on ne trouve aucun

phénomène qui puisse nous indiquer le début de l'affection et nouspermette de la conjurer.

C'est insidieusement et lentement que se forme le plus

souvent le processus morbide au cours d'une otite puru¬

lente chronique. Quelquefois cependant c'est au cours d'une suppuration aiguë qu'éclate la mastoïdite de Bezold.

Tissoten rapporte un cas trèsnet :

X...,trente-cinq ans, atteint il y a un mois de grippe et d'otite moyenne aiguë droite. Au bout d'unevingtaine de jours, perforation du tympanet suppuration abondante. Phénomènes fébriles avec délire,lan¬

guerôtie, pouls trèsfréquent, Faiblesse extrême, résolution musculaire.

On constate un écoulement abondant de pus jaune verdâtre par le

conduit auditifexterne. Lesrégions mastoïdienneet sterno-mastoïdienne droitesjusqu'à la partie moyenne du cou sontle siège d'un gonflement œdémateux,de rougeurde la peau,de douleurvive àla pression. Il y

ade la fluctuation auniveaude lapartie antérieure du sterno-mastoï- dien. Hémicranie violente àdroite.

Par lapression on produitun écoulement de pus par le conduit au¬

ditif externe droit.

L'otorrhéen'est pas unsymptôme constant,carbiensouvent

on ne l'observe pas et quand elle existe elle n'est nullement

pathognomonique.

Cependant il faut toujours penser à la mastoïdite de Bezold lorsqu'on se trouve en présence d'un malade présentanten dedans et en arrière de

l'apophyse

un gonflementdur et douloureux à la pression,surtout sice ma¬

ladea depuis

longtemps

ou a présenté antérieurement des phénomènes d'otite moyenne purulente; même si l'écoule¬

ment a cessé depuis

longtemps.

L'examen du tympan ne peut fournir de renseignements absolumentcertains, carsi l'on constate souvent une perfo¬

ration cicatriséeou encore ouverte, dans

quelques

cas la

(30)

ao

membrane a été trouvée intactecomme dans lecasde Alt où l'on ne constate pasd'otorrhée; la membrane du tympan est rouge, tuméfiée, non perforée. On ne constate pas les

dé¬

tails.

Nous nepouvons, non plus, attacher une

grande

impor¬

tance diagnostique

à l'hémicranie

dont se

plaignent beau¬

coup de malades. On observe ce

symptôme dans

toute

otite suppurée

avec

rétention

du pus et

notamment lorsqu'il

y a

propagation intra-cranienne de l'affection,

car

dans tous les

casnous trouvons notéce symptôme, on a constaté au cours del'opération ou

à l'autopsie

des

accidents méningés.

Lorsque le processus

s'étend

au cou,

les symptômes d'otite

moyenne persistent,

mais le plus souvent, la réaction dimi¬

nue considérablement dans la caisse et n'est localisée qu'à

la partie

mastoïdienne.

A ce moment la maladie estconstituée etle premiersymp¬

tôme qui donne

l'éveil est

une

douleur vive survenant brus¬

quement à l'occasion du moindre effort

ou sans cause con¬

nue, comme

l'a indiqué Bezold.

Ce signe a

été noté chez plusieurs malades, notamment

par

Lichtwitz

que

j'ai cité plus haut, et Mendel dont voici

l'observation :

Malade detrente-deux ansayant eu lagrippeily atrois mois et ac¬

cusant au moment oùon l'examine de violentes douleurs dans l'oreille gauche, survenues à

la suite de violents efforts

pour se

moucher.

On constate uneotitemoyenneaiguë avec

perforation du

tympan et

écoulement de pus.

Quinzejours après

le début delà suppuration le malade

accuse

des

douleurs au-dessousde l'occipital à 3 ou 4 centimètres de l'apophyse et

une gêne des mouvements,

surtout dans la rotation de la tête.

A chaquepression au

niveau du point douloureux

on

constate

un écoulementd'une certainequantité depus.

Il n'ya, auniveau

du point douloureux cervical, ni

rougeur,

ni cha¬

leur, nifluctuation.

Le tympansemble

vouloir

se

refermer, mais à

mesure que

la cicatri-

(31)

31

sation avance, l'écoulementdiminuant, la douleur cervicale augmente etlesmouvements de rotation de la têtesont plus pénibles.

L'endolorissement des insertions musculaires de

l'apo¬

physe

est bientôt suivi de la tuméfaction de ces parties. Je

me contente de signalercefait sur lequel Bezold s'est appe¬

santi dans le passage que j'ai rapporté plus haut.

(Voir

page

28.)

L'apophysene présente pas de tuméfaction à la surface, et si l'on y trouve quelquefois des douleurs spontanéesou pro¬

voquées parla pression, on peut presque toujours,

lorsque

cesphénomènes n'existentpas, produire des douleurspar la percussion.

Lapressionsur les parties

tuméfiées produisant

un écou¬

lement abondant de pus par

le

conduit

auditif

ou par une ouverture

artificielle

auniveau de

l'apophyse,

est un

signe

certainde mastoïdite de Bezold.

La collection purulente peut toujours être décelée à la suite d'unexamen minutieux, si l'on se rappelle l'étudeque nous

avons faite plus haut desvoies

principales

que suit le pus dans sa progression à travers les tissus du cou.

Les complications méningées et la paralysie du facial ont été souvent observées.

On peut enfin constater unabaissement de la paroi mem¬

braneuse

postéro-supérieure

duconduit auditifexterne,etce

phénomène vu par Bezold, Kiesselbach, Guye, Knapp, indi¬

que la progression en avant d'une fusée purulente. Un fait semblable a étéencore observé dernièrement par Alt, dont le malade avait un rétrécissement du conduit auditif gauche résultant de l'intrusion de la paroi supéro-postérieure.

(32)

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