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98 -

MASTER NEGATIVE

#

COLUMBIA UNIVERSITY LIBRARIES PRESERVATION DIVISION

BIBLIOGRAPHiC MICROFORM TARGET

ORIGINAL MATERIAL AS FILMED

-

EXISTING BIBLIOGRAPHIC RECORD

331.8

Z

V.4

Pierrot, M

...

Travail et surmenage...

6d... Paris, 1911.

32 P

. 18-;r

cm in 24

cm.

(Publications des

Temps nouveaux, no. 46)

Illustrated cover title page.

At head

of

title: Pierrot; on cover, and signed:

l.î.

Pierrot.

Volume of pamphlets

O

r-.V ••S'-.- V

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IB IIB

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/^C-

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:

30Û&3

FILMED BY PRESERVATION RESOURCES, BETHLEHEM, PA.

(3)

M.PI0RFOT FfixlOz

iiUi-

Publications des

«

TEMPS NOUVEAUX

»

Les T6MPS Nouveaux

.

4-.RUe BROCR

.

PARIS, V

(4)

Gpoape de Propagande par la Broehare

LapropagandeparlaBrochureestunedes meilleurespropagandessionpeutla

faireavecsuite. ^ i ^ i i k

LeRévolté,LaRévolte,Les Temps Nouveauxsysontemployésde leurmieux._A l’heureactuelle, plusde60brochuresdiverses,dontlesdifférentstiragesreunis, dépassentunmillion d’exemplaires, ont été lancées par eux.

Malheureusement,lesfonds manquent pourpouvoiren imprimerplus souventde nouvelles, ou réimprimer, lorsquec’estnécessaire,cellesqui sont épuisees.

Il s’agitdoncde trouver500souscripteurss’engageant à verserchacun12tr.

par an.Nousserions alorsen mesure d’impiimerchaque mois

ou de réimprimer parmicellesépuisées

unenouvelle brochuredo0fr.10 ou deuxde0tr.05. v

Parcontre, voicilesavantages que nousoffronsauxsouscripteurs= î

A

chaquetirage,illeur seraexpédié15exemplairessic’estune brochure

|

0fr.10,30exemplaires,sic’estuneà0fr.05.C’est-à-dire,lemon.antde leur souscription calculéavec uneremisede400/0,fraisd’envoi déduits.

Cequi leur permettrades’employer àlapropagande,enfaisant circulerlesbro- churesparmi ceuxqu’ilsconnaissent,soitenlesdistribuanteux-memes,soitparla postelorsqu’ilsnevoudrontpas faire savoirqu’ilss’intéressent àlapropagande,

A

chaquesouscripteurquiseralibérédesasouscription,ilseraenvoyé une lithographie spécialementtiréepourlessouscripteurs.

-m Cette lithographie qui serademandéeà1undesartistesqui ont déjàdonn . journal,nesera pasmise envente etvaudraàelle seule,largement,leprixdesous- cnption,^

ceuxqui souscriront15francs par au,ilsera expédiéun ^omhve debro- chures dontleLntantégalera celuidelasouscription,

remisede 40OiO,plusuneeau-forte qui,elle aussi,seratireespécialementpoure ,

etnon mise danslecommerce. , . r.i,Annn»

Ceuxquisaventleprix d’une eau-forte artistiqueapprécierontlecadeau que nous 4°

A

ceuxqui souscriront au-dessusde 15francs,il serafaitcadeaudela litho-

Aucimtr'aXq^urnoustrouveraIOsouscri pteurs,ilserafaitcadeau delalitho- graphie.

-

Celui qui en trouvera20,recevral’eau-forte.

^

^LessouscripLns peuvent être versées parfractions mensuelles outrimes trielles, etc.,au gré des souscripteurs. _ i-uA-nroÎAntr>9=:df>leur

A

ceuxquis’engagerontmensuellementetquinese

promesse,ilsera,àla findutrimestre, adresséun remboursement pourles3 no .

Adresserlessouscriptionsau

camarade

Ch.BENOIT, 3,rueBérite, PARIS.

N.-B.- Endiscutant avecdes camarades,ilestfacile

chure, etdeleurarracherdeuxsous.Les souscnpteurs pourrontainsi récupéré montantde leur souscription, etaugmenterleurpropagande.

Brochuresà l’étude;Lesdessous delacampagmcjuMaroc de trois complices (Prêtre,Juge, Soldat)de R.Cliaugi.

Tétourneau D. Nieuwenhuis.

Origines et morale du Christianisme de Letourneau.

L*Evangile de Vheure.

Travail et Surmenage

Ài

(5)

INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

0

Groupe de Propagande par la Brochure

LapropagandeparlaBrochureestunedes meilleurespropagandessionpeutla faireavecsuite.

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LeRévolté^LaRévolte,Les Temps Nouveauxsysontemployésde leurmieux.

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l’heureactuelle, plusde 60brochuresdiverses,dontlesdifEérents tiragesréunis, dépassentunmillion d’exemplaires, ont été lancées par eux.

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Malheureusement,lesfonds manquent pourpouvoiren imprimerplussouvent ue nouvelles,ouréimprimer, lorsquec’estnécessaire,cellesqui sont épuisées.

Il s’agitdonc detrouver500souscripteurss’engageant à verserchacun12tr.

par an.Nousserions alorsenmesure d’impiimer chaque mois

ou de réimprimer parmicellesépuisées

unenouvelle brochure de0fr,10 ou deuxde0fr.05. y

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A

chaquetirage,illeurseraexpédié15exemplairessic’estune brochure

|

0fr.10;30exemplaires,sic’estuneà0fr.05.C’est-à-dire,lemontantde leur souscription calculéavec uneremisede400/0,fraisd’envoidéduits.

^

Cequi leur permettrades’employeràlapropagande,enfaisant circulerlesbro- churesparmi ceuxqu’ilsconnaissent,soitenlesdistribuanteux-memes,soitparla postelorsqu’ilsne voudrontpas faire savoirqu’ilss’intéressent àlapropagande;

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A

chaquesouscripteur quiseralibéréde sa souscription,ilseraenvoyé une lithographie spécialementtiréepourlessouscripteurs. ^

Cette lithographie qui serademandéeà l’undesartistesqui ont déjàdonneau journal,ne sera pasmiseen vente etvaudraàelle seule,largement,leprixdesous-

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A

ceuxqui souscriront15francs par an,ilsera expédiéun nombre debro- chures dontlemontantégalera celuidelasouscription,calculé,toujoursavec une remise de400[0,plusuneeau-forte qui,elle aussi,seratireespécialementpoureux,

etnon mise danslecommerce. ^. ,

Ceuxqui saventleprix d’une eau-forte artistiqueapprécierontlecadeau que nous

leur offrons; i v*i

A

ceuxqui souscriront au-dessusde15francs,ilserafaitcadeaudela litho-

graphieetdel’eau-forte. , £ A Ar.1^lUlir.

Aucamaradequinoustrouvera1 0

souscripteurs,ilserafaitcadeau delalitho- graphie.

-

Celui qui en trouvera20,recevral’eau-forte.

^Lessouscriptions peuventêtre verséespar fractions mensuelles outrimes

trielles,etc.,au gré des souscripteurs. .-u l«nr

A

ceuxquis’engageront mensuellementetquineselibéreraient pasdeleur promesse,ilsera,àla findutrimestre, adresséun remboursement pourlesdmois.

Adresserles souscriptionsau

camarade

Ch.BENOIT, 3,rueBérite, PARIS.

N. -B.

Endiscutantavecdes camarades,ilestfacile de leur *

chure, etdeleurarracherdeuxsous.Les souscripteurs pourrontainsi récupérerle montantde leur eouscription,etaugmenterleurpropagande.

Brochuresà l’étude:Zesdessous delacampagm Maroc de

troiscomplices (Prêtre,Juge, Soldat)deR. Cbaughi.

TPtmimpui I

D. Nieuwenhuis.

Origines et morale du Christianisme de Letourneau.

L’Evaugile deVheure,

(6)

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Publicationsdes u

TEMPS NOUVEAUX

))

— N°

46

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D' PIERROT

et SURHENRGE

Prix

:

0

fr.

10

I

2®Édition,13“Mille.

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E3ST

VEITXE

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PARIS

AUX TEMPS NOUVEAUX"

4,

Rue

Broca,4 I

(7)

Travail antique et Travail moderne

L’observation médicalemontre que le surmenage est un facteur morbidedes plusimportants(probablement le principal) dansnotre civilisation moderne. Cependant lestraités d’hygiène ne s’occupent guère du travail,

même

les livres d’hygiène populaire soi-disant destinésauxouvriers.Etdanslesouvragesde médecine,sil’onmeten gardecontrelafatigueen général, onsecontente dedonner

comme

exempleles veillées, les bals, lesexcès vénériensetlapréparationaux concours.

Ilfautd’ailleursremarquer quel’observationmédicaleseheurteà lamoraleofficielle.Cettemoralefaitdutravaill’idéaldela vie;elle enseignequeplusontravaille,plusonestvertueux

;pourl’éducation delajeunesseelleinvente des contes

moraux

;tantôtc’estune veuve qui,grâce à son labeur assiduetà sesveilles,parvientàélever ses enfantset àréaliserdeséconomies;tantôtc’estl’aînéd’une famille d’orphelinsqui,malgréson jeune âge, trouvele

moyen

de pourvoirà lasubsistance des siens en travaillant toutelajournéeeten passant encoreune bonnepartie de sesnuits, soitàaugmenterson salairepar une nouvelleoccupation, soit (si lemoraliste estplus ambitieux) à parfaire son instruction.Ilestinutiledefaireressortirquecesvertus sont toujours récompensées.

La

réaliténous apprend quelessalairesdesfemmesetdes enfants sont dérisoires; et lesmédecins constatentque la récompense d’un travail forcené se traduit ordinairement par l’apparition d’une tuberculose rapide.

On

sait pourtantqu'il fautlaisserreposerlesbêtes, qu’ilfaut se garder, par exemple, desurmener un chevalou

même

de le faire travaillercontinuellement sous peine delerendre fourbu.Aussiest-on

(1)Laplusgrandepartiedecette étudeaparu danslesCahiers de

lLniversUi'populaire (.Juillet-Août1906).

(8)

P

-

roraiS«n?.?nt““rq«‘s^^^ h^âs S

Méi;ni™;lt

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rr'alrinSSufef Se

relativementrécente. t,..,v‘iil moins précipité, par Autrefois, ayant le

moins'd’une façon continue), conséquent moins

pémb

, oerte deforces,une moindreusure.

entraînait àIlestvrailaque danslongue une1

momdre

perterap^id?

^

'non pas^ l’usure lente de entraîner la mort,

4

'passaitlorsquedes bandes

l’ouvriercontemporain. ce _ unlabeurintensif

d’esclaves étaientcontraintessoi sle i taiie^

(terrassements, transpoits, con&ti 1 1 ^jg

Compagnieseiu'opéennes (Afnqiie U

^

comme

le travail au D’une façon générale, le (iusqu’à l’apparitionet

moyen

âgeetdansles ^ xmesage lenteur,et ilavait rlnnmr'UlTlisnie). se taisaitav n a n'oimf.

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même

fréquentes,lesconyei^ations

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Autrefoisenfin la viede

'’"f*'*“"JJ“\y‘5éTOMOT^ les'dlinànches nombreuses journéesde leP®^ . . ^es grandesfêtes. Et ily étaientreligiensement famille,lesfêtes corpora-

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na^v^em^que

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voicidesren^iPnéb''-':;?

rtfcitat ^'^S'f'obS'S

i|x

Observa/, les vigiles. Les veilles des

laRévolutionétaitnécessairepourpermettrelalibertédutravailet débarrasserl'effort

humain

deschômagestrop fréquentsimposés par lacoutume.Actuellement, en Russie,lespatronsd'usine,pourrefuser à leurs ouvrierslajournée de8heures,prétextentlegrandnombrede joursfériésquelapopulation observescrupuleusement.

dimanchesetdesgrandesfêtes,ilfermait àvêpres,ànoneou à complies, lesfoulonsétaient

même

libresdèshuitheuresdumatin...»

...Degréou deforce,l’ouvrier sereposaitdonclaveilledesgi'andos fêtes,etDieusaitsiellesétaientnombreuses. Les boulangers nous euonl fournilacurieuse énumération quevoici:

Fêtesmobiles.

Le lundi de Pâques.

Le jour de TAscension.

Le lundi delaPentecôte.

LaFête-Dieu.

Fêtesfixes.

Janvier:Sainte Geneviève;Epiphanie.

Février:PurificationdelaVierge (Chandeleur).

Mars:Annonciation.

Mal:Saint.Jacques (le Mineur)etSaintPhilippe; Inventiondela SainteCroix.

Juin:Nativitéüe SaintJean-Baptiste.

Juillet:Sainte Madeleine;SaintJean (Majeur)etSaint Christophe.

Août:SaintPierre ès liens;SaintLaurent;Assomption;SaintBar- thélemy.

Septembre:TS'ativitédelaVierge;Exaltation delaSainte-Croix.

Octobre:SaintDenis.

Novembre:Toussaint;Trépassés;Saint Martin.

Décembre:Saint Nicolas;Noël;2 joursaprès Noël.^

Maisce n’estpastout.Ilfautajouter àcettelistela fêtedes patrons;la corporation, la paroisse,lemaître,safemme,l’ouvrieretsafemmeavaient chacun lesien. Puis lesenterrements de maîtres ou de compagnons, auxquelsassistaittoute lacommunauté;lesmariages, baptêmes,commu- nions,etc.,soitdanslafamilledamaître, soitdanscelledel’ouvrier;les légèresindispositionsdecelui-ci;lesentréessolennellesdesroisoudes reinesà Paris:toutescirconstances imprévues qui représentaient bien en moyenne au moins unequinzaine dejours. Enfin,si l’onestime àune derni-joui'uée lechômageprescritpourla veilledesdimanchesetfêtes,on arriveàcetteconclusion que plus d’untiersderamiéeétaitperdu pour letravail.

I.apreuveest facileàfaire:

Dimanches 52

VeillesdesDimanches 26

^ Fêtesmobiles ^

Veillesdeces fêtes 2

^ Fêtesfixes 22

Veillesdeces fêtes 11

Fêtespatronales 0

Veillesdeces fêtes 3

Diver.s 15

Total 141jours

(9)

8

' - -

Le travail agricole n’a paschangé beaucoup depuisles anciens temps. S’il impose i>endantl’étédes journéesextrêmement longues, s'il exige parfoisdes effortsmusculaires très grands, il n’est pas précipité

comme

letravailindustriel, iln’entraînepasnonplusune dépense énormeetcontinue del’attention. Les plus longues journées sont entrecoupéespardes posesetsepassent en occupations variées;

ellessontordinairementsuiviespardes périodes de repos. Et puisles besogneslesplus pénibles ne sontfaitesqueparlesindividus robustes, pourlasimple raisonquelesmalingressont incapables delesexécuter.

L’effortrestedoncplusou moinsproportionnéàlaforcedes ouvriers.

Enfinil

V

alegrandair,etletravailnese faitpasenagglomération pressée.

Jene veux pas direque travauxagricoles ou travauxd’artisans eussent autrefoisuncaractèreidyllique.

Une

sujétion continuelleétait trop souventlaconséquencedu

mode

familialde travail(1),lepatron s’occupant avec sescompagnons. Maissil’onconnaissaitlesfatigues interinittente.s,onignoraitle-surmenagechronique.L’ancien

mode

de travailnedonnaitpas uncachet spécialàl’hygiène.

Au

pisaller,la dépensedes forcess’ajoutaitàlamisèreetauxprivations,dontl’in- fluencemorbidel’emportait debeaucoupenimportancechezlespauvres paysanset lespauvresartisans.

Les

hommes

n’ontjamaisconsentià travaillerpourautrui,jeveux direpour unmaître,que parnécessité. Ilspréfèrentordinairement une viefrugaleàlajoie d’êtreenfermés dans uneusineou aux avantages de ladomesticité. Ilsproportionnent leurs efforts à leurs besoins.

A

Madagascar, auCongo,danstoutesles colonies, lesEuropéenscivi- lisateurs,Françaisy compris, ontimposéde force des corvéesoudes impôts ennature à despopulations insouciantes quel’on traite de pai'esseuses parcequ’ellesn’ontpasdegrandsbesoins.Ilestvrai qu’on cherche à développer ces besoins, et, parexemple,lestraitantsont donné auxindigèneslegoûtetlapassion del’alcool.

A

laNouvelle- Calédonie,lesCanaques ne prennent un«engagement»qu’afin d’avoir l’argentnécessaire àpayerleursimpôtset s’acheter del’eau-de-vie.

Danslescommunautésqui,

comme

lestréliliersd’archal,donuaieiitun mois de congéauxouvriers,l’annéeétaitainsipartagée;

Joursde repos 171

Joursdetravail 194

soifà peu de choseprès,unjourde repos sur deux.Iln’estvraiment pas inutiledei-appelerqueles ouvriersétaientalorspresque touspayésau mois Ces coutumes ontpersistépendant dessièclesetjusqu’àlaRévolution, billesétaientgénéraliséesàtoutes lescorporationsetà touslesdiac-èses.

DanslediocèsedeParis,ilyavait,outrelesdimancheset les fêtesmobiles une cinquantainedejours fériés officiels.Colbert enfît supprimerune

vingtaine. ,

(1)Encore à notre époque,lestravauxagi'icoles sont troplongsetmal pavés;ils assujettissentlesouvriersàleurs maîtres.Maisces revendi- cations,sauflalongueur dela journée,n’appartiennent pasanotre sujet.

9

l'.nfin,danscertains endroitsonest}>arvenuàcréerdes travailleurs volontairesparladépossessionpureetsimple des habitants.

L’insouciance, c’est-à-direlarépugnance au travailforcé, se ren- contre

même

enEurope,par exemple danslespays méridionaux,làoù lesbesoins sontpeudéveloppés,oùl’habitation,lechauffage,levête- ment,la nourriture copieusene sont pasdes nécessités pressante.s.

Aussi n’yest-ilpastoujourstrès facilede s’yprocurer delamain- d’œuvre.Des genss’eng£^entpourl’hiverquiretournentl’étéchez eux, préférantunecroûte depainavecun peud’ailouunetomate,àl’obli- gation de travaillerpourd’autres. C’est lamisère seule qui peut forcer Italiens, Espagnols,

comme

ailleursfont Chinois et Indous, à aller chercherdutravailpourvivre.

En

Russie,nousassistonsàla})rolétarisationdes paysans. L’insuf- fisancedesterres, lepoidsdesimpôts chassent deplusen plus les habitants dela

campagne

verslesusinesqueledéveloppementindus- triela crééesnombreuses danscesdernières années.

Cetteprolétarisations’estfaitedepuis pluslongtempsdanslespays occidentaux; ellea d’ailleurs été aidée par de nombreuses lois de coercitioncontrelevagabondage, contrelescoalitionsouvrières, etc.

L’homme,

même

misérable,nevapas de gaîté decœurs'enfermerdans les ateliers et lesusines.L’abolitiondes corporations surtoutacontribué àfaciliterl’extensiondutravailindustriel. Avecleursfêteschômées, avecleursrèglements qui maintenaient danscertaines limiteset la journée de travail et l’effort humain, ces corporations gênaient le développement manufacturier(1).

Une

fois ces entraves disparues, le machinisme n’a plus trouvé aucunobstacle.Cefutalorsune débauche dansl’exploitationdutravail humain. Grâceàla libreconcurrence, lesartisansdisparurentpeu à ])eu;l’armée des sans-travail devint de plus en plusnombreti.sc.Etil

faut arriver jusqu’en1831,ju.squ’auxenquêtes de Villermé surletravail des enfants, pourtrouveren France une premièreréaction officielle contrelesabusdel’exi*loitationdes forceshumaines.

— La fatigue musculaire.

Ilyaà considérerdansletravaill'effortmusculaireetlarépétition del’effort.

Un

effortviolent retentit fortementsur lacirculation. Cet effort

(1) Les corporations imposaient unecertaine limite àla journée de travail:ily a des exemples oùcettejournéene dépassait pas8heui’es.

L’emploides apprentisetleurtravailétaientsoumisà desmesures de protection. .(VoirKropotkine:L'Entr'aide,p.212.)

Celane veut pasdire quelerégime des corporationssoitàregretter;ellesavaientd’autres dé- fauts.Je

me

placeiciau point de vuedusurmenage.

Il

(10)

r'^-SHWTi' 175^

-

10 --

nécessite rimniobilisationduthorax; ilya staseverneiise,puisdila- tation consécutiveducœuravec congestion delafaceetducerveau.

Ceteffortviolent}>eutentraîner des accidents mortelsdu côtédu cœur(ruptureducœur ou syncopemortelle)chez des individus porteurs de lésions decetorgane.D’autre partlacongestion dela tête,quise traduitparlarougeuretassez souventparl’étourdissement, peutaller jusqu’à l’attaqued’apoplexieparrupture deg artères cérébrales chez lesgensâgés outarés.L’effortviolentpeut encoreêtre lacause d'une hernie. Il peut enfin provoquer l’emphysèmepulmonaire, que l’on constateeneffetchezlesfortsdelahalle, lesdébardeurs,maissurtout chezlesouviiersqui font deseffortsrespiratoires(souffleursde verre) ouceux(piitravaillentdanslespoussières (boulangers, mineurs).

Maisdéjàdanslaproduction del’emphysème pulmonaireintervient larépétitiondel’effort.

La

répétitiondel'effortentraînela fatigue, c’est-à-direunsentiment de lassitude avec répugnancede jilusen jilusmaripiéeàun nouvel effort.

La

fatiguesurvient d’autant plusvite (pieletravailest ])lus violentouplus rapide.

Lorsqu’elleestexagérée,lafatiguevajusqu’àretentirsurlecœui‘.

La

dilatation pa.ssagèreducœur(piiaccompagnetouteffortviolent jieuteneffetaller,aveclarépétitiondel’effort,ju.s(iu’aucœurforcé, autrementditjusipi’àl’insuffisance aiguëducoeur (asystolie).

On

a alorsl’angois.se,l’étouffement, l’irrégularitéet lapetitesse du jtouls, latendanceàlasyncope;celapeut aboutir àlamort.

En

tout casily a deschances quelecœurforcésoitàjamaisfourbu,c’e.st-à-direincâ- liabledesupporterlamoindrefatigue.

Leplus souvent,ladilatationducœurne dépassant pasunecertaine limiteest passagère. Pour réagircontrele travail impo.sé, le cœur s’hypertrophieàlalongue; ilenrésulte jiourl’avenirune moindre résistancedecetorgane. Cette hypertrophieducœurseconstate chez lesamateursde sportetaus.sichezlesboulangers,lesforgerons, les ])ortefaix, lesdébardeurs,lesbûcherons,lesterrassiers,etc.

Mais, en

même

temps quelafatigueducœur,larépétitiondel’effort entraîneun épuisement musculairequisemanifesteparlacourbature et l’inaptitudepourlesmusclesàfairedenouveauxefforts(fatigue proprementdite).

Cettefatigue musculaire est la conséquence d’une accumulation danslesmusclesde déchets produitsparune combustionexagérée des tissus.

La

conti'actionmusculairepeutêtreeneffetenvisagée

comme

une combustion. Cettecombustion quise fait dansle muscle en action correspond àl’énergieproduite: d’une part énergiemécanique(force oumouvement),d’autrepart énergie calorique (chaleur animale).

En même

teihpsle muscles’use. Cetteusurequinormalement se répareaufuretamesurepeutaller ju.squ’à ladestructiondumuscle.

C'est ceguisepassedanslafatigue:dansletravailexagéré,lemuscle

brûle sa propre substanceetsedétériore(1).Lesalbuminoïdes,c est-à direlapartie constituantedumuscle, étant brûlées, uséesenexces,ne subissent

même

jdus l’oxydation complèteet latransformation en uree;

ellesformentdes déchets qui sont de véritables poisonspourl’organisme

autre que aeleueiuiecmuiciitaiio,u.

cipes nutritifsetapportéensuiteparlesang.Letravaildevientexcessif (luand cesréservescommençantàs’épuiser,ils’ailaquealasubstance

même

des muscles.C’est alorsqueseproduitla fatiguemusculaire,

q^

fautpas confondre avecla lassitude d’originenerveuse,laquellenentraiie pas l’augmentation des déchets albumineux.Bailleursnous verrons plus loin les iriconvéïiieutsdecette fatiguenerveuse.

IlVa,encore une autre forme delassitude, c’est cellequiseinontiecliez lesiii^dividussoumis àunetempératureextérieuretrès Ilest;le connaissancevulgaire que nous éprouvons une sensatmnilacc^^^^^^^

même

sans avoirrienfait,pendantlesjournées chaudes, surtoutsilatmos

Se

esflmm^^^ facilement: de la

somme

d’énergieproduite parlescombustions quisopèrentdanslesmuscles à Poccasiondu travail,c’estla pluspetitepartie (un quinzième) qui est convertie enmouvements;laplus grandepartie(quatorze quinzièmes)est SonïSie ?’eïï à-direperdue, enchaleur. Cettesurprodu<:Uon de chaleur mnmaleest utiliséeavantageusement en saisonIronie,i>oul-

froid extérieur,etc’estcequefontinconsciemmentlesgens quiseremuent en hiver pourseréchauffer.Mais enété,ousouslestropiques,ou dans certainesprofessions (verriers, chauffeurs, fondeurs, etc.), cet excesde chaleur animaleest luiegènetelle

^

(lelaniômefaçon, l’activitéplus grande des septentrionaux.

Maintenant quelestlemécanismequifaitquel’excèsde chaleuranimaf

produisela lassitude?C’est cedontles physiologistesne semblent pass être beaucoup préoccupés. Les médecinssesont bornes a en observer1accident

Su

(i^ maisils ontété incapables

explicationsatisfaisante.Toutceqpon peut

inrûcnirqtirms’?irrélère arrivant

meme

jusqu a1ebsouinement(U>spnee), les

vaSaïx

si

dUaS’ ü

ya delarougeur delapeauetune transpiration

aboStl

ces

plS

retentissent avec forcesurlecœur. 11peut

même

apparaître,

comme

dansla«fièvre des fondeurs», dessymptôme^

rappelant ceux dela fièvrede courbature.

On

comprendque danslesmétiersexposésà de hautes températures (Verriers Chauffeurs, Fondeurs,etc.),onfasseuneconsommationexagerée ivf/Vol? Sans

nSr

dela soif vive,onestconduit à recourir al’alcoolpar lebesoin

d’eS

lacirculationsanguine,etaussipour rem-

plaS

réne5gie alimentaire,puisciuel’appétit etlepouvoirdigestif .sont

notablenient diminués. . , ,

Jenecite enfinque pourmémoireraccableinent])rodnitparlabas.se pression atmosphérique (tempslourds),quiparaît êtredeinêinoordre que la fatiguedes ascensions de montagne.

(11)

12

'-•>*• *^|*

•'.

in^oMi^^’ ty™sine, xanthine, etc.)(1) Ces substanre^

injectées aun animalletuent rapidement. substances Dans lafatigueextrême, ces déchets encombrent lesmuscles le

SM.get tout rorganisme;ilya alorsunvéritawé

e!np„SSe,lî

C’estcequiseproduit chez desanimauxforcés àlacourseetmorts

:lsrrn|!?rse"'à

‘j’.atleT""-

O' a„i.„l‘,î“;,ï

tyÆe ':frtp ,ïl"«,“‘rîXïL‘:rnf''r

insomnie, de1embarrasgastriqueetde l’inappétence. On^constate en

meme

teinps,que esurines sontextrêmementtoxiques;quelquefofscu^

1

volumineux oubienune albuminurielégère.Ordinaire-

cZpM

aiTii disparaissent aprèsquelques^ursde repos s'observent assez .souvent chezlestrimardeurseten f marcheforcéeetprolongée.

On

les^oitaussi parfois chez des individus qui.sesoumettent àuntrivail acharne pourse tirer d’affaire, euxetleurfamille,

comme

lanloiale leleuiapiomis

surtoutsilsentreprennentuntravailauquelilsne sont pasUsipar exempleaccoutumes (manquearrivant delad’entraînement

campagne

ilsneetsontfatigue plus grande)pasadapfés àla vie intensive desgrandes villes (acclimatement). Enfin

Z Znsta

? parforsles-memesaccidentschezlesjeunes gens après

Ze

îaügue (fievrede croissance(?)ouplutôt courbaturefébrile).

^ ^

En

dehors de ces casd’empoisonnementaigu,ilv alesesemnles beaucouj) plusnombreux,auxquels aboutitlarépétition d’une fatigué moinsforte. Cetterépétitionformecequej’appélle le

surmenagepeut aussi aboutir àTempoisonnementaigu. Celasevoit industries à l’époqueoù presséparles

commandes

le ouvriers,moyennant un supplémentde salaire làjZ-née prolonge, bienaudelà des limites habituelles de que^àZnàïtu ô.ce «coupdecollier»onobserve d’abord u'ôoo-

^

+-* ‘^^isporait.

«Le manger

ne passe pas», parincapacité d assimilation,rale conséquencede l’intoxication (empoisonnement) géné- et probablement de l’insuffisance du foie en particulier.^ Les

crsill complète des déchets decombustion des musclesest ''“«si P'u'Pexcès del’acide

càSique

fi^iû déchets vont encombrerlesmuscles,le sanffetles ore'Tnp*; tp r/^rïûT.^™\^plus àfairesontravaild'assimilationet

^e

désassimilation CLBernardavaitdéjà constaté que danslafatigue lafonction glvcoaéniaue dufoiediminueetdisparaît, cequivientencore ajouter à réimisement des muscles.

On

retrouvelesdéchets^de combustionincomp^^^^^

(jm deviennentainsiéminemmenttoxiques.L’empoisonnementGénéraldu

4

1.3

-

1

ouvriersne peuventsoutenir leurs forces qu’enempruntantl’énergie nécessaireauxboissons alcoolisées(vin), puisquelarestaurationali-

mentaireest imi)ossible.Naturellement, cescoupsdecollierne peuvent passeprolongertrèslongtemps;maisilsentraînentunaffaiblissement etune usure quine seréparentque longtemps après (sanscompter qu’ilsfavorisentl’alcoolisme).

Cesexemples montrentdéjàque dams la réparationdes forces, le reposa souvent plusd’importance que l’alimentation elle-même. 11fautquel’organismeaiteuletempsdese débarrasser des poisonsaccumulés pour quel’assimilation puisse se faire etquelaréparation destissuscommence.

Dans

touslescasque nous avons envisagésjusqu’àprésent, les accidents entraînésparlesurmenageapparaissent évidents à tousles yeux. Lesindividus sont avertispar la souffrance et d’ailleurs se trouventrapidement dansl’impossibilitéde continuer leur effort; ils sont

même

obligéspendant un certainnombre de joursàgarderle repos.

C’est qu’ilsont dépassé debeaucoupleslimites dela fatigue, «ilsse sont forcés». Maisilsuffitd’arriver touslesjours jusqu’àla fatigue, sansladépas.ser de beaucoup,pourqu’ilyaitce qu’on peutappeler lesurniencige chronique.Icilessymptômessontmoins marqués,1indi- vidu peut continueretrecommencersontravail. Ce surmenage chro- niqueest larègledanslagénéralitédutravailmoderne.Cetteforme desurmenage nest paslamoinsdangereuse, justementparcequelle estmoinsapparente.Elleentraîneun empoisonnement chroniquede l’organismequel'on pourraitcomparer dans unecertainemesurea celuiproduitparl’alcoolismechronique(à petitesdoses répétées tous lesjours), beaucoupplus nociflui aussique l’empoisonnementaigu causé parl’ivressed’une façon accidentelleouintermittente.

Toutefatigueestmauvaise;mais, sielleestpassagère,seseffets (àmoinsde tares déjà existantes) ontpeud’importance;tandisqu une fatiguerépétée,

même

partielle(1),

même

légère,entraînepourloiga- nismedes troublesréels etdurables.

C’estquetoute fatigueestparelle-mêmeunedétérioration.Ellese manifeste,

même

d'une façon à peine perceptible,parlaraideur des musclesintéressés.Cette raideurestlaconséquencede l’usure exagérée desmusclesaveccombustionde leur propre substance. Ilenlesulte,

comme

jel’aiditplus haut,unexcès de déchets qui peutêtredecelépar l’analvse del’urine.

On

voitalorsque parmices déchetsuneproportion plus considérable appartient auxproduits decombustion incomplète, lesquels sont de véritables poisons(élévationdu rapfiortazotunqu^.

Toutefatigue entraînedonc uneintoxication plusou moinslégère,bi cetteintoxicationserenouvelle tousles jours,ilenrésulteuneinitation etunealtération destissusde l'organisme,quandbien

même

lalimen-

(1)Kronecker amontréquesil’onexcitechaque jour

némiend’une grenouillejusqu’à épuisement,1animalmeurtan bouta [euxontrois jours.

(12)

14

L

intoxication lente, niais chroninue î>*n* fufio-im va.^a*' j

Les troublesou changements fansIn nroA^L’

’’

probablementà l’accélération de rartlrio-sclérose^^Enfin^fqcontribuent

fStiSue "répétée®' la'cïnséquence\n®él^^^^ la

pilüSSii

ilpis^i

gippepouiradeveniruneaffectiond’une gravitéextrême(2)

^

ipISSSS

endocardite infectieuseetsurtoutfièvretyphoïde,e^tc

ture®i'Ps?‘^i^*^®‘‘’®r^devient encore plus manifeste lorsquelanourri-

lns!SEsfJS&

matériaux de combustiondonf travailprendalors ses â'oraSr„e'„'oTrllfre‘'?ur‘S^^^^^^^

nï^ivïlïï?“fanll%2St'V°«^^

auxboissonsalcoolisées.

lesupplément de nourritureestemprunté

aussil’a\SbS^^ mais

complète desréservp<;iiimoratnil^n Produitsparla consommation lIssMselp“?le’i“r“r"p'L''noTto^^^^^^ <i®"'uclloudes

ïW

15

l’énergiealimentaireestdévoréeparl'activitémusculaire.L’individu surmenémaigrit;ilne réagitpascontrelefroidetse

moindreintempérie d’où fréquence despneumonies(fluxions depoitiine) chezlesgensfatiguésetmalnourris.

D’ailleursle surmenage produit deseffets plus sensibles sur les débileset les débilités.11estévidentqueces débilessesurmènentplus vite et(lu’ilsdoiventdavantage ménagerleurs forcesquelesindividus robustes.

A

ceuxquimanquent de vigueurphysique par suited un développementinsuffisant,ilfautajouterlesconvalescents,aussi les enfants,lesadolescents,lesfemmesen général,etsurtoutles

femmes

enceintesetlesnourrices.

Jen’aipasbesoin dedémontrer quelacroissanceestunepériodeou l’organisme a besoin deménagements. Mais ces ménagements sont encoreqilnsnécessaires à l’époque delapuberté,c’est-a-direau

moment

oùlacroissanceestplus rapide(1)etoùseproduit en

même

tempsle développement des organes génitaux et l’apparition des fonctions sexuelles (menstruation, parexemple). C’estcependant 1âge ouIon envoielesjeunesgens gagnerleurvie.Le.sfatigues de

lestravauxtrop durs pourlesforces de1adolescent,leseffortstrop considérables, lesfardeauxtrop lourds,lescourses trop longuesou lastation debout prolongée,lesrepashâtifs,etc.,

fréiiuente delatidierculoseàmarcherapide et fatale(phtisiegalo- nante).

On

observe aussi l’inflammation aiguë des osavecformation d’abcès (ostéomyélite des adolescents); les déviationsde la

colomm

vertébrale (cyphose,scoliose)et,spécialement chezlesfilles,lachloro- anémie.

Ouant aux femmesenceintes ou nourrices, on comprend quelles sonttrès sensiblesàlafatigueetpar conséquenttrès exposéesaux troubleset aux maladies provoquées par lesurnaetiage.Maisily a l’intérêtdel’enfant:les

femmes

enceintes doiventsereposer surtout danslesderniersmoisdelagrossesse;sinonily a deschances pour (tuel’accouchementait lieuavant terme;

meme

a teime,1enfant sera moins gros, etladébilité congénitalepourra retentir sur tout son développementultérieur.Aprèslanaissance, bien des nourriss(iMnont qu’unlaitpauvreetinsuffisantsilamèrea des occupations fatigantes.

ILant-il,àce propos,faireremarquer que beaucoup dautres à leur grand dam,privés de l’allaitementmaternel parlesnécessités

mêmes

dntravail,en dehors de toute question de fatigueoude santé

Le Surmenage, enfin, s’ajoute

aux

autresmauvaises conditions d’hygiène. Il aggraveles effetsdes intoxications (plomb,alcool), de l’air confiné,etc.

C’est à ces causes réunies qu’ilfaut attribuer 1extension de l^a

tuberculose.Le surmenageetla vieen agglomérationsontlesfacteurs ordinaires de la phtisie; or le travail moderne a pourcaractères

(D.\l’énonuedela puberté,ily anonseulement accroissement dela taille,maisaussiaugmentationducœur.DeJ5à20anslecœur alimen- teraitd’untiers,alors qu’il aurait étéà peu prèsstationnairede7à15 ans.

1]

(13)

AU

essentiels detremtensil et collectif.

Au

Congrès intenuitional de

Iuberculose (octobrelyOo), Calmette (deLille), a déclaréqued’aii scsstatistiquescestlesurmenagequiestlacause nriiicinalede tuberculoseclansliiiuuense majorité descas.

**

Apres1expose des méfaitsdu surmenage,faut-ilconclure àl'iuacti-

\jte musculaire complète età laparesse continuelle?Ceserait un paradoxesansaucuneréalité.L’activitéphysiqueestnécessaire àla santé ce.stun besoinque lesoisifseux-mêmes ressententet qu’ils cberchent asatisfairepardes occupations variées (déplacements bals chasse, distractionsmondaines,etc.).

L

activité phy.sique augmente l’ampleur desmouvements respira- oires,favorisepar conséquentl’aérationdu sangetl’éliminationde

1acide carbonic|ue. Elle active la circulation générale, empêche la stapiationsanguinegrâceauxcontractionsmusculairesqui fontune sorte de massagedes vaisseaux; elle assure ainsi les combustions necessairesetaidea l’élimination des déchets.

Chezl’enfnnt,enparticulier, l’exerciceaune heureuseinfluence sur ledéveloppement osseux. Lescontractions musculairesrépétées en- trament lerenforcement dela charpente osseuse, ets’opposent aux déviations delacolonne vertébrale (cyphose,scolio.se,lordose).Surtout

1activitérespiratoirefavori.seledéveloppementdelacage thoracique et ce.st la un des facteurs les plus importants pourla résistance tuture de1individuauxcauses morbides. Lecœurpeutsedévelopper etfonctionner à sonaise;larespirationse faitcomplètementetassure une bonneaérationdu sang. Ily adoncplus dechances pour que

tindividuéchappe aux influences morbide.s, spécialement àlatuber- cnlose.

Aussi rexercicephysique, c'est-à-direlo jeu, est-ilnécessaireaux entants,surtoutlejeuau grandair.Etl'enfantenliberté s'vdonneà cœurjoie.

Comment

doncnesesurmène-t-ilpas?

Cystqu’ilvariesesmouvements,c’est([u’ilnefaitpasagirconti- nueilementle

même

muscleou les

mêmes

groupesdemuscles; c'est quachaqueinstant sonactivité estcoupée pardes périodes derepos.

Maisqu’on

emmène

l’enfantàlapromenade,etlesparents s’étonnent quunenfant,siremuantd’ordinaire,soitsivitefatigué

sifatigué qu’en rentrantilfautlecouchersans

manger

(fièvrede courbature).

La

marche aété pour luiuntravailexténuant, carlesmusclesde

1enfant ne supportentpasuntravail continu.

Toutes proportions gardée,s,ilenestde

même

pourl’adulte, jeveux

(lirequelesmusclessupportentmal untravailconfinu(1).Les

mêmes

musclesensecontractant d'une façon répétéeetininterrompue, arrivent rapidementàlafatigue,c'est-à-direà leurpropre désintégration. Le reposestnécessairepour empêchercetépuisementetpourassurerle ravitaillementdes muscles.

On

peut,ilestvrai,éloignerdans unecertainemesurelalimitede lafatiguepar V entraînement. L'entraînement développelesmusclesmis enmouvement, par conséquent augmenteleur forced'action.Deplus, lesmusclesseulsnécessairesau

mouvement

voulusecontractent;la dépensede forcesestdoncréduiteau

minimum

;tandisquelorsqu'un individu selivreàunnouvel exercice auqueliln'estpas accoutumé, tout son corps participe au travail. Enfin l'excitation nerveuse est réduiteau

minimum

;le

mouvement

prendde plusen plusl'allured’un réflexe;l'habitudedevienttellequ'onfait lesmouvementssans presque s’en apercevoir, sans par conséquent qu'il y ait dépense cérébrale d’attention(2).

Mais, avec ou sans entraînement, lerepos n’en restepas moins une nécessité inéluctable. L’activité physique de l’homme doitêtre coupéeàchaqueinstantpardes périodesde repos.

C'estcequisepassait autrefoisoùletravailn'étaitpasspéciali.sé

(1) f.etravailestconstituéparlarépétitiond’efforts (oumouvements) produitsparlescontractionsmusculaires.J’appelletravailcontinularé- l>étitionininterrompue desefforts,etc’estcette successionininteirorniHie d’effortsqui épuiseetdétériore lesmuscles,quoiquelescontractionssoient

1trêvesetqu’ellessoientséparéeslesunes des autres parunreposxdiysiolo- gique de quelques secondes.Jene parle

même

pasicidelaprolongation de l’effort. Lacontraction d’unmuscleeneffetne peut pasêtreprolongée

^longtemps, carilenrésulteunefatigueextrêmeetunrelâchementinvo- lontairedel’effort:mais,enfait,letravail n’utiliseguèrecetteforme de l’effort,que nous n’avons donc pas àconsidérer,sinonpour constaterla nécessitégénéraledureposà touslesstadesdel’activité.

(2)Cetentraînements’établitàlalongue. C’estd’ailleursla meilleure méttiode d’entraînement.Ilest inutileetnuisiblede«romprelecorps»pour l’assouplir.Au momentdela fatigue,toutlebénéficedel’éducation dispa- raît:lorstjuelegroupe de muscleséduquéparl’habitude arriveàl’épuise- meiitetdevientinapteautravail,l’organisme tend à remplacercesmuscles pard’autres;toutlecorpstravaille.D’ailleurs,jen’aipas besoin derajïpeler quela fatigue,aulieu(ledévelopperlesmuscles,lesdétérioreetqu’ilfaut uncertaintemps pourla rc'paratioii.C’estdonc l’entraînementprogre.ssif, restantendeçà delafatigue,quidonnelesmeilleursrésultats.Celase voit d’une façonnette dans lesaffectionsdu cœur.

On

aen eneffet l’idée d’«entraîner»lesgensatteintsdecette tarechronique.Tropsouvent.im- mobilisésdansunrepos complet,cesmaladesarriventàunétatdedébilité qui se traduitparlafatiguegénéraleaumoindreeffortavec retentissement surlecœur(par.suitedel’atrophieetdel’insufTisancemusculaires).Ona essayédedévelopr>er les forcesmusculairesparunentraînementtrèsdoux

ettrèslent;maisilestbiencertainquelamoindrefatigueque provoquerait unentraînementtropvitepousséseraitextrêmement mauvaisetpourrait amenerlespires a.ccidentsdel’insuffisanceaiguëducœur(asystolie).

(14)

\

parla machine.Letravailcomportait des occujiations multiples qui variaientàchaqueinstant;celapermetlait àchaque groupe muscu- lairedesereposer successivement. Aujourd'hui,laplupart des ouvriers nefontqu’une infime partie d’un objetmanufacturé;ilssont astreints àfairetoutelajournéeles

mêmes

mouvements.

Cettecontinuité dansleseffortsaboutitàlafatiguedesgroupes musculaires misen activité et àla fatiguegénérale du corps (par intoxication), sansque cette activitépartielle puisse avoir à aucun

moment

une heureuseinfluence sur l’organisme;elleaboutit unique- mentàlafatigue sansdonnerriendesbonseffetsdel'activitéphysique générale (surla re.spiration, lacirculation,etc.).

L’immobilité elle-mêmedevantlamachineestunecause de fatigue lapide. Ilfaut savoirquelastationdeboutn’estpasunepositiorrde repos;ellen’esti)os.sible(lu’aveclacontraction de certains mu.scles;

etlesgensqui sont passésparlerégimentconnaissent bienlafatigue intolérableéprouvée parlesoldatimmobilesouslesarmes.

A

la nionotoniedela divisiondu travailet à l’immobilité vient sajouterl’ennui.

On

a constatéquelafatigue arrive plusviteavecun ouvrage ennuyeuxqu’avecun ouvrageattrayant.

Enfin, lemachinismea entraînélarapidité desmouvements. Ila liiensupprimélesgrandsefforts

;maislaviolence desefforts s’ojiposait aleurrépétition prolongéeet surtout larapiditédutravail, sous peine desurmenageaigu avec repos forcépendant]dusieursjours.Les mouvements modérés au contrairepeuvent être répétésd’une façon exagéréeetpermettre.soitlaprolongation,soitla vitesse(ouintensivité) dutravail.

On

aboutitainsiausurmenage chroniquedontj’aiparlé plus haut.

C'estlarapiditédansletravailquelemachinismeaimposée.Tout

le

monde

saitque laprécipitationdesmouvementsaboutittrèsvitfK alafatigue;onconnaîtpar exempleladifférencequ’ily a entreune course devitesseetunecourse de fond; lapremière nepeutpasse prolongertrèslongtempssous peine d’arriver à l’épuisement.C’estun principe bienconnu en mécanique quecequ’ongagneenvitesseonle perd en forceetréciproquement.

D’unefaçon généraleonpeut direquelamachine qui aurait dû, suivantlerêved’Aristote,soulagerleshommes, aserviàutiliserla forcehumainejusqu’à salimiteextrême.

Au

furetàmesuredes amélio- rations techniques,l'industrielnediminuejias lelabeur de ses ouvriers;

c’estainsiquelesperfectionnementsdanslesmétiers àtisserontpermis auxpatrons defaii’econduirenonplusunmétier,maisdeux,trois et davantage par unseul individu.

En

somme,larègled'hygiène à suivreserait d’évitertoutefatigue.

La

moindrefatigue retentitfâcheusementsur l’organisme, sielle est répétée, car toutefatigue est mauvaise. Les inconvénients en appa- raissent nettement chezlesgenstarésoudébilités:jiour lestuberculeux c’estlafièvreetl’affaissement,pourlesalbuminuri(|uesc’e.stl’aggra- vation dessynqitômesetl’empoisonnement,pourlescardiaques surtout

1 t

\

(

19 --

cest1insuffisanceimmédiate ducœur.Lesinconvénients apparaissent inoinsnettement chezlesindividussains,maisilsn’en sontpas moins

reel.s,et1accumulationde fatigues répétéessepaveàla longue,.sans

quon

])uisseéchapper au châtimentd’avoirtrojitravaillé.'

,

^ conseivex sa santéil faudraitqu'alalinde lajournéede travail,lesmu.scles eussent conservé leur souplesseetleurélasticité Ilfaudraitraccourcircettejournée en proportion del’intensivifédii lavailde façon aresteren deçà delafatigue,ilfaudrait conserver

1espritdisposetalerte.

Ai-jebesoin d’ajouter(lueletravail exécutéparun

homme

fatigué mauvaistravail?

La

fatigue entraînelaperte del’habiletéma- nuelleetde toutlebénéfice de l’éducationparl’entraînement(voir la noteausujetde1entraînement);ilseproduitdu tremblementmu.scu- iaire

;lesmouvementsexécutéspardesmusclesderemplacementet non éduquéssont saccadésetmal mesurés

;enfin l’attentiondiminueet disparaîta.cau.sedelafatigue nerveuse.

in.

— La fatigue neroeuse.

La

fatiguemusculaireretentitsur l’organisme entierets'accompagne

^ d’épuisement nerveux. Danstoutmouve- ment,eneffet ilfaut c.onsiderer1excitation nerveuseetlacontraction luu.sculaire.Chaquecontractionneseproduitquesousl’influenced’une excitationnerveuse, d’où ils’ensuitqu’unedépensenerveuse accom- pagne forcement touttravail musculaire.

A

la consommationde la force nerveuselesdechetsjiroduits jiar lesilfautaus.si etcontractionssurtout ajoutermusculairesles effetsexagérées viennentdel’intoxication;

gener et empêcherle fonctionnement des organesnerveux. Cela se constatealexamen:un

homme,

aprèsunefatigue musculaire, présente ladiminutiondelasensibilité, l’augmentation destempsde réaction q.arexemple alaperception),uncertain retarddansl’association des ideesetdanslesautres opérationsintellectuelles. C’e.stunfaitconnu qu unindividu^tiguéestincapable d’attention

;lesouvriersmanuels ont toutesles difficultésà pouvoir écouteretcomprendre uneconférence entenduelesoir ajirèslajournéedetravail.

En

plusde lafatigue cerebrale. Ilpeut

même

existerun certaindegrédefatigue morale, caiactei’iseepar del’ennui,du découragement, sanscaii.seapjiarentc.

La fatigue cérébrale.

«f»siinsistersurlemécanismedelafatigue neuso,il.suffîtdelacomstater apres destravauxà caractèrecxclusi-

(15)

vementmusculaire.Maislafatigue nerveuseestplussouventlaconsé quence dutravail cérébral.

T^

travail cérébral, toute manifestation de Vatlcntion

L

attentionestaucerveau

comme

l’effort estau muscle

;autrementdit

1attentionestuneffortcérébral;l’attentions’accompagneeneffetd’ur véritable sentimentd’effort.

Au moment

del’attention,lecerveausecongestionne,ilsemble(lut lescombustionss’exagèrent. Ilsepasserait dansla cellulenerveu.st

La

dépensenerveuse est donc d'autantplus considérableque le travail cérébralestsoutenupendantpluslongtempssansdistraction, c’est-à-diresansrelâchementdel’attention(1). Danscecaslecerveau.

sefatiguevite

;lescellulescérébrales sontd’ailleursplus délicateset plusfragilesqueles fibresmusculaires;leurfatigue(etleur usure)est plus rapide.

Deseffortssoutenus d’attention épuisent assezvitelacellule nei’- veuse; la fatiguese traduitd’abord par l’inaptitude à l’attention;

l’esprit estparesseux,lesassociationsd’idéessontlentes,la sensibilité*

e.staffaiblie,lesorganesdes sens réagissent mal.

En

épuisantlaforce nerveuse, letravaj]cérébral épuiseparcela

même

toutl’organisme.

De

même

quelafatiguemusculaireentraîneuncertain degréd’affaisse- mentnerveux,lafatigue cérébraleprovoqueladiminutiondelaforce musculaire.

On

peutleconstateraudynamomètre:lapression exercée l>ar la

main

diminueaprèsuneactivité intellectuelle excessive.

La

dépressionnerveuseamenée parlafatigue cérébralesemanife.ste encore pard’autres effets; les mouvementsrespiratoires ontmoins d’amplitude,lesbattementsducœursontmoinsénergiques,latension artériellee.sfinférieureàlanormale.

En

somme,lafatigue cérébrale aboutitàunedépiœssionnerveusegénérale. Cetteconséquenceapeu d’importancequandil.s’agitd’une fatigue passagère, saufsiellevient

(1)

Un

sujet d’étudesurlequelonn’estpasentraîné,qu’on connaît mal, exige plusd’attention.Untravailauquelonn’estpas habitué exigeaussi jilusd’attention.Lafatigue vientdonc plus oumoinsvitesuivantlavigueur cérébraledes individusetsuivantqu’ilssontplusoumoinsentraînésau genre detravail entrepris, lin enfant,par exemple, ne peut pas longtemps llxersonattentionsurle

même

sujet.

.

21

s’ajouter,

comme

dans bon nombredecas,à d’autres causes dedébilité.

Mais quandils’agitde fatigues répétéesnousarrivonsau surmenage.

Ce surmenagen’estpaslocaliséà lafonctioncérébrale;c’est un surmenage nerveuxgénéral dontnous examineronsles effetsplusloin.

Ilseconfondeneffetaveclaneura.stliénie:ilsetraduitparl’insuffi- sance fonctionnelle de touslesorganesets’accompagned’unedépre.s- sion morale, d’un sentiment detristesseplusou moinspénible.

A

la fatigue cérébrale vient s’ajouter fréquemment la fatigue, sensorielle.L’excitation viveetrépétée delavue(lumière éblouissante), del’ou’ie(bruit)augmentel’épuisement nerveux.

Comme

fatigue spéciale delasensibilité,jementionnerai aussila trépidation quisembleavoiruneaction spéciale surlainoëlleépinière.

La fatigue émotionnelle.

Ily a encoreunetroisièmeformede fatigue nerveuse,c’e.stlafatigue émotionnelle, résultat ordinaire d’une excitation trop vive.

Une

.émotion vive retentit fortement sur l’organisme; elleentraîne des troubles circulatoirestrès nets,

comme

larougeur duvisage (par vaso- dilatation)ou aucontrairelapâleur,

comme

lespalpitationset

même

lasyncope(évanouissement);des troubles de digestion (inappétence, indigestion et vomissement, diarrhée), destroublesmenstruels, etc.

Ces troubleslaissentà leursuiteune. fatigue générale.

L’émotion peutêtresiforte qu’elle setraduisenon par uneexcitation, mais par unedépression (ou fatigue nerveuse) immédiate.

La

frayeur ])ar exemple «coupe bras et jambes». Les émotions douloureuses d’ailleurssont dépressivesau

maximum

(1).

Je dirai delafatigue émotionnelle cequej’aidéjàditantérieurement àproposdes autresformesdefatigue.

Une

dépressionmoralepassa- gèrea d’ordinairepeu d’effetssurlasanté,sauf chezlespersonnes

» i

(1)

Ou

peutdirequelesémotionstrop vivessont des émotions doulou- reuses.Uneexcitationqui produit destroubles aussigraves que ceux de circulation,dedigestion,etc.,quej’aiénumérésplushaut,estforcément uneexcitationpénibleàressentir,quelqu’ensoitle dedépart.Dune façongénérale, touteexcitation violentedela sensibilitédonne lieuau phénomènedeladouleuretest suivied’unefatigueplusou moinsrapide avec sensation delassitude,tremblement musculaire,etc.,

môme

lorsquil n’y apas eu de réactionviolente.

On

ditdanslepublic queladouleurest énervante.Elle finitd’ailleurs pars’épuiserell.e-même.si l’excitationse prolongetroplongtemps. Ilestbien entenduquejenefaisaucunedis- tinctionentre ladouleurditephysiqueetladouleurditemorale.

(16)

I

--•• *--'-'•

'-Î--.-’n-

tarées(1):l'émotionpeut amener une syncopemortellepouruncar- diaque; unchoc nerveux peutentraîneriinc perturbation gravede l’organisme(hystérie,diabète) chez certains individus,etc.Mais,sauf ces accidents,ilfautla rcpcdtion d’excitations dé[)rimantcspourar- riverausurmenage nerveuxcaractériséparl’incapacité deréagir.Les déceptions(ambition, jeu,etc.), lessoucis (pertesd’argent, préoccu- pations d’avenir, réprimandes ou peur des réprimandes, etc.), les inalheurs de tous genres(deuils,etc.),p<;uvent aboutir plusou moins viteàcet état.

La

misère (chômage, salairesdérisoires,chargesfami- liales)estunecausetrèsimportantede dépression morale, avec décou- ragement, allant d’uncôtéjusqu’à larépugnance àl’attentionet à l’effort etdel’autrejusqu'à l’incapacité d’une révoltesalutaire.

Dans lesurmenage nerveux d’origine émotionnelle, le

symptôme

ju'édominantc’estVennuL Danél’étatd’ennuionconstateladiminution delaforcemusculaire au dynamomètre,ladiminutiondel’attention, rabaissementdelatensiondupouls,une amplitudeplus restreinte des mouvementsrespiratoires.De

même

quelafatiguemusculaireentraîne lal'épugnance à tout nouveleffort etfinitpardonneruncertaindegré d’abattementmoral, de

même

que lafatiguecérébrale aboutit, elle aus.si,àladépression morale, à son tour l’ennui (ou fatigue morale) diminuel’entrainautravailmanueletmental,ilaffaiblit laforcemus- culaireetl’attentioncérébrale.

Gel retentissement se comprend si l'on admet que les fonctions-*

réagissent lesunes surles autreset quetoute perturbation,

même

locale, retentitsur l’organismeentier.

Une

fatiguenerestedonc jamais localisée,elleentraîneunefatigue générale,autrementdituneinsuffî- sance fonctionnelle générale. Le surmené moral présente un état d’affaibli-ssementchronique(neurasthénie),qui persiste plusou moins, longtempsaprèslacessationdelacausedu surmenage.

Cet étatd’affaiblissement, conséquence très rapide de la fatigue émotionnellerépétée, peut aussiêtre

amené

outoutaumoinsfacilité Ijarlesfatigues d’autreorigine,fatiguemusculaire, fatigue cérébrale, fatigue.sexuelle.

Comme

facteursde neurasthénie (dépression nerveuse chroni<iue),ona

même

incriminélestroublesdigestifsprolongés,cer- tainesaffectionsdufoie, etc.,et'aussilesintoxications.J’aimentionné plus haut l'intoxication de la fatiguemusculaire,

comme

cause de fatiguenerveuse,etla«faiblesseirritable»s’observeaus.sibien chez lessurmenés([uechezlesalcooliques.

(1) .Sousune autreforme, on peutdin;que lafatigueémotionnelle, souventnonapparente chezlesgenssains,quoiquecependant bienréelle, semanifestebeaucoupmieuxchez dos personnesatteintesdetarechronique du cœur, par exemple.C'estcequej’aidéjàmontréplushaut à propos de lafatiguemusculaire.11està remarquerquel’appareilcirculatoire est très sensible au.xémotions;c'estlàuneconnaissance ancienne,etc’estce qui expliipiopourquoileslittérateursontfaitducœurlesiègedes sentiments.

*

-

9.3

Nous

sommes

doiicamenésà envisagernon seulementlanécessité duiei>osmusculaire, maisaussi ViitiUtéduphiisir.

La

joieest une force,ou,sil’onaimemieux,uneexcitationbienfaisante,surtoutsielle estmodérée;elle estnécessaireau bon fonctionnementde l’organisme;

elle relève l’activité des organes; elleprovoque l’amélioration dans l’étatdemaladieetaideàlaguérison.Dansl’étatdeplabsir,laforce estaugmentée au dynamomètre, laten.sion dupoulsse relève.

Une

bonnenouvelle vientremonterlesforcesdu malade,etc.

D’unautrecôté,lesindividusenbonnpsantéetdispos,c’est-à-dire sansfatigue, sont optimistes, actifs et joyeux.

La

santé et la joie semblentliées etagirl’unesurl’autre.

Si j’osais

me

servird’unecomparaisonthérapeutique,jediraisque lajoieagit

comme

la caféine(alcaloïdeextrait ducafé),qui estun excitant général, relèvelatonicitéducœuretfaitainsi disparaîtretem- j)orairementlafatigueouéloignele

moment

de son apparition. IIya d’ailleursun excitantpopulaire,VaJcoolemployé parles

hommes

du

monde

entièrsous différentesformespourproduireunrelèvementmo- mentanédes forcesetsurtoutpourréveiller la gaîté.

On

comjirendque les

hommes

soientporté.?àcombattrel’ennui,conséquencedelafatigue, par laconsommation exagéréedes boissonsalcoolisées. L’ennui est certainementundes jirincipaux facteurs de l’alcoolisme chezlesmisé- rablesetlessurmenés. Enfinles«gensdu

monde

»etcertainescaté- gories d’intellectuels emploient, pour combattre l’ennui, l’opium ou jilutôt lamorj)hine quiprocurent des rêves agréables, maisquiloin d’exciteràl’activité,

comme

l’alcooloulecafé,mènent àl’impuissance organique (musculaire, intellectuelle, etc.).

La

morphinomanie s’ex- pliquedoncbienchezlesfatigués

moraux

delaclasseoisive.

L’humanité atoujours couruversleplaisir, c’est-à-dire versles émotionsagréables. Certes,larépétitiontroj)rapprochéedela

même

émotion,

même

agréable, finitparémoussertoutl’attraitqu’ellepeut comporter. C’estlàune nouvelle formedefatigueémotionnelle. Les oisifsquirecherchentdesémotions répétées, sansque cesémotions soientliébs,

comme

d’habitude, à des besoins matérielsou affectifs, sansquel’excitationàl’activité(ou émotion)aiten butlasatisfaction decesbesoinsoulasatisfaction dunidéal,arriventà lasser l’émotion elle-mêmeetà n’éproiiverquela satiété et ledégoût.

Sil’onveutconserver àunacte agréable toutleplaisir qu'il peut donner, ilfaut êtremodéré danssonaccomplissement. Sijeprends

comme

exem])le l’acte vénérien, il estcertain(piesa répétitiontrop fréquente endiminuelajouissance.

Un

fatigué génital ressentdela lassitude mu.sculairesetcérébraleetaussiunecertainetristessevague.

C’est cette tristessequelesindividusprennentpai’foispourduremords,

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