98 -
MASTER NEGATIVE
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331.8
ZV.4
Pierrot, M
...
Travail et surmenage...
2»6d... Paris, 1911.
32 P
. 18-;rcm in 24
cm.(Publications des
Temps nouveaux, no. 46)
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At head
oftitle: Pierrot; on cover, and signed:
l.î.Pierrot.
Volume of pamphlets
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M.PI0RFOT FfixlOz
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Publications des
«TEMPS NOUVEAUX
»Les T6MPS Nouveaux
.4-.RUe BROCR
.PARIS, V
Gpoape de Propagande par la Broehare
LapropagandeparlaBrochureestunedes meilleurespropagandessionpeutla
faireavecsuite. ^ i ^ i i • k
LeRévolté,LaRévolte,Les Temps Nouveauxsysontemployésde leurmieux._A l’heureactuelle, plusde60brochuresdiverses,dontlesdifférentstiragesreunis, dépassentunmillion d’exemplaires, ont été lancées par eux.
Malheureusement,lesfonds manquent pourpouvoiren imprimerplus souventde nouvelles, ou réimprimer, lorsquec’estnécessaire,cellesqui sont épuisees.
Il s’agitdoncde trouver500souscripteurss’engageant à verserchacun12tr.
par an.Nousserions alorsen mesure d’impiimerchaque mois
—
ou de réimprimer parmicellesépuisées—
unenouvelle brochuredo0fr.10 ou deuxde0tr.05. vParcontre, voicilesavantages que nousoffronsauxsouscripteurs= î 1°
A
chaquetirage,illeur seraexpédié15exemplairessic’estune brochure|
0fr.10,30exemplaires,sic’estuneà0fr.05.C’est-à-dire,lemon.antde leur souscription calculéavec uneremisede400/0,fraisd’envoi déduits.
Cequi leur permettrades’employer àlapropagande,enfaisant circulerlesbro- churesparmi ceuxqu’ilsconnaissent,soitenlesdistribuanteux-memes,soitparla postelorsqu’ilsnevoudrontpas faire savoirqu’ilss’intéressent àlapropagande,
2°
A
chaquesouscripteurquiseralibérédesasouscription,ilseraenvoyé une lithographie spécialementtiréepourlessouscripteurs.-m Cette lithographie qui serademandéeà1undesartistesqui ont déjàdonn . journal,nesera pasmise envente etvaudraàelle seule,largement,leprixdesous- cnption,^
ceuxqui souscriront15francs par au,ilsera expédiéun ^omhve debro- chures dontleLntantégalera celuidelasouscription,
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remisede 40OiO,plusuneeau-forte qui,elle aussi,seratireespécialementpoure ,
etnon mise danslecommerce. , . r.i,Annn»
Ceuxquisaventleprix d’une eau-forte artistiqueapprécierontlecadeau que nous 4°
A
ceuxqui souscriront au-dessusde 15francs,il serafaitcadeaudela litho-Aucimtr'aXq^urnoustrouveraIOsouscri pteurs,ilserafaitcadeau delalitho- graphie.
-
Celui qui en trouvera20,recevral’eau-forte.^
^LessouscripLns peuvent être versées parfractions mensuelles outrimes trielles, etc.,au gré des souscripteurs. _ i-uA-nroÎAntr>9=:df>leur
A
ceuxquis’engagerontmensuellementetquinesepromesse,ilsera,àla findutrimestre, adresséun remboursement pourles3 no .
Adresserlessouscriptionsau
camarade
Ch.BENOIT, 3,rueBérite, PARIS.N.-B.- Endiscutant avecdes camarades,ilestfacile
chure, etdeleurarracherdeuxsous.Les souscnpteurs pourrontainsi récupéré montantde leur souscription, etaugmenterleurpropagande.
Brochuresà l’étude;Lesdessous delacampagmcjuMaroc de trois complices (Prêtre,Juge, Soldat)de R.Cliaugi.
Tétourneau D. Nieuwenhuis.
—
Origines et morale du Christianisme de Letourneau.L*Evangile de Vheure.
Travail et Surmenage
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INTENTIONAL SECOND EXPOSURE
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Groupe de Propagande par la Brochure
LapropagandeparlaBrochureestunedes meilleurespropagandessionpeutla faireavecsuite.
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LeRévolté^LaRévolte,Les Temps Nouveauxsysontemployésde leurmieux.
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'l’heureactuelle, plusde 60brochuresdiverses,dontlesdifEérents tiragesréunis, dépassentunmillion d’exemplaires, ont été lancées par eux.
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Malheureusement,lesfonds manquent pourpouvoiren imprimerplussouvent ue nouvelles,ouréimprimer, lorsquec’estnécessaire,cellesqui sont épuisées.
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Ceuxqui saventleprix d’une eau-forte artistiqueapprécierontlecadeau que nous
leur offrons; i v*i
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ceuxqui souscriront au-dessusde15francs,ilserafaitcadeaudela litho-graphieetdel’eau-forte. , £ A Ar.1^lUlir.
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Endiscutantavecdes camarades,ilestfacile de leur *chure, etdeleurarracherdeuxsous.Les souscripteurs pourrontainsi récupérerle montantde leur eouscription,etaugmenterleurpropagande.
Brochuresà l’étude:Zesdessous delacampagm Maroc de
troiscomplices (Prêtre,Juge, Soldat)deR. Cbaughi.
TPtmimpui I
D. Nieuwenhuis.
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Origines et morale du Christianisme de Letourneau.L’Evaugile deVheure,
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TEMPS NOUVEAUX
))— N°
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D' PIERROT
et SURHENRGE
Prix
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fr.10
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2®Édition,13“Mille.
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PARIS
AUX TEMPS NOUVEAUX"
4,
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Broca,4 ITravail antique et Travail moderne
L’observation médicalemontre que le surmenage est un facteur morbidedes plusimportants(probablement le principal) dansnotre civilisation moderne. Cependant lestraités d’hygiène ne s’occupent guère du travail,
même
les livres d’hygiène populaire soi-disant destinésauxouvriers.Etdanslesouvragesde médecine,sil’onmeten gardecontrelafatigueen général, onsecontente dedonnercomme
exempleles veillées, les bals, lesexcès vénériensetlapréparationaux concours.Ilfautd’ailleursremarquer quel’observationmédicaleseheurteà lamoraleofficielle.Cettemoralefaitdutravaill’idéaldela vie;elle enseignequeplusontravaille,plusonestvertueux
;pourl’éducation delajeunesseelleinvente des contes
moraux
;tantôtc’estune veuve qui,grâce à son labeur assiduetà sesveilles,parvientàélever ses enfantset àréaliserdeséconomies;tantôtc’estl’aînéd’une famille d’orphelinsqui,malgréson jeune âge, trouvelemoyen
de pourvoirà lasubsistance des siens en travaillant toutelajournéeeten passant encoreune bonnepartie de sesnuits, soitàaugmenterson salairepar une nouvelleoccupation, soit (si lemoraliste estplus ambitieux) à parfaire son instruction.Ilestinutiledefaireressortirquecesvertus sont toujours récompensées.La
réaliténous apprend quelessalairesdesfemmesetdes enfants sont dérisoires; et lesmédecins constatentque la récompense d’un travail forcené se traduit ordinairement par l’apparition d’une tuberculose rapide.On
sait pourtantqu'il fautlaisserreposerlesbêtes, qu’ilfaut se garder, par exemple, desurmener un chevaloumême
de le faire travaillercontinuellement sous peine delerendre fourbu.Aussiest-on(1)Laplusgrandepartiedecette étudeaparu danslesCahiers de
lLniversUi'populaire (.Juillet-Août1906).
—
P-
roraiS«n?.?nt““rq«‘s^^^ h^âs S
Méi;ni™;lt3r”è"
l"rr'alrinSSufef Se
relativementrécente. t,..,v‘iil moins précipité, par Autrefois, ayant le
moins'd’une façon continue), conséquent moins
pémb
, oerte deforces,une moindreusure.
entraînait àIlestvrailaque danslongue une1
momdre
perterap^id?^
'non pas^ l’usure lente de entraîner la mort,4
'passaitlorsquedes bandesl’ouvriercontemporain. ce _ unlabeurintensif
d’esclaves étaientcontraintessoi sle i taiie^
(terrassements, transpoits, con&ti 1 1 ^jg
Compagnieseiu'opéennes (Afnqiie U
^
comme
le travail au D’une façon générale, le (iusqu’à l’apparitionetmoyen
âgeetdansles ^ xmesage lenteur,et ilavait rlnnmr'UlTlisnie). se taisaitav n •a n'oimf.;ar
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besogne spécialisée der;?Ka:iXpare.lïï;e
ïïrpos paria^
,“‘"o":
Ïa^S^r^pide^
ion^^ dansvince, d’ailleurs de plus en
moinslibres, qu&quefois
même
fréquentes,lesconyei^ations
^
longueurparaitAutrefoisenfin la viede
'’"f*'*“"JJ“\y‘5éTOMOT^ les'dlinànches nombreuses journéesde leP®^ . . ^es grandesfêtes. Et ily étaientreligiensement famille,lesfêtes corpora-
ü^eMlT'^'tiinJ
nm^^na^v^em^que
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voicidesren^iPnéb''-':;?
rtfcitat ^'^S'f'obS'S
i|xObserva/, les vigiles. Les veilles des
laRévolutionétaitnécessairepourpermettrelalibertédutravailet débarrasserl'effort
humain
deschômagestrop fréquentsimposés par lacoutume.Actuellement, en Russie,lespatronsd'usine,pourrefuser à leurs ouvrierslajournée de8heures,prétextentlegrandnombrede joursfériésquelapopulation observescrupuleusement.dimanchesetdesgrandesfêtes,ilfermait àvêpres,ànoneou à complies, lesfoulonsétaient
même
libresdèshuitheuresdumatin...»...Degréou deforce,l’ouvrier sereposaitdonclaveilledesgi'andos fêtes,etDieusaitsiellesétaientnombreuses. Les boulangers nous euonl fournilacurieuse énumération quevoici:
Fêtesmobiles.
Le lundi de Pâques.
Le jour de TAscension.
Le lundi delaPentecôte.
LaFête-Dieu.
Fêtesfixes.
Janvier:Sainte Geneviève;Epiphanie.
Février:PurificationdelaVierge (Chandeleur).
Mars:Annonciation.
Mal:Saint.Jacques (le Mineur)etSaintPhilippe; Inventiondela SainteCroix.
Juin:Nativitéüe SaintJean-Baptiste.
Juillet:Sainte Madeleine;SaintJean (Majeur)etSaint Christophe.
Août:SaintPierre ès liens;SaintLaurent;Assomption;SaintBar- thélemy.
Septembre:TS'ativitédelaVierge;Exaltation delaSainte-Croix.
Octobre:SaintDenis.
Novembre:Toussaint;Trépassés;Saint Martin.
Décembre:Saint Nicolas;Noël;2 joursaprès Noël.^
Maisce n’estpastout.Ilfautajouter àcettelistela fêtedes patrons;la corporation, la paroisse,lemaître,safemme,l’ouvrieretsafemmeavaient chacun lesien. Puis lesenterrements de maîtres ou de compagnons, auxquelsassistaittoute lacommunauté;lesmariages, baptêmes,commu- nions,etc.,soitdanslafamilledamaître, soitdanscelledel’ouvrier;les légèresindispositionsdecelui-ci;lesentréessolennellesdesroisoudes reinesà Paris:toutescirconstances imprévues qui représentaient bien en moyenne au moins unequinzaine dejours. Enfin,si l’onestime àune derni-joui'uée lechômageprescritpourla veilledesdimanchesetfêtes,on arriveàcetteconclusion que plus d’untiersderamiéeétaitperdu pour letravail.
I.apreuveest facileàfaire:
Dimanches 52
VeillesdesDimanches 26
^ Fêtesmobiles ^
Veillesdeces fêtes 2
^ Fêtesfixes 22
Veillesdeces fêtes 11
Fêtespatronales 0
Veillesdeces fêtes 3
Diver.s 15
Total 141jours
8
—
' -— -
Le travail agricole n’a paschangé beaucoup depuisles anciens temps. S’il impose i>endantl’étédes journéesextrêmement longues, s'il exige parfoisdes effortsmusculaires très grands, il n’est pas précipité
comme
letravailindustriel, iln’entraînepasnonplusune dépense énormeetcontinue del’attention. Les plus longues journées sont entrecoupéespardes posesetsepassent en occupations variées;ellessontordinairementsuiviespardes périodes de repos. Et puisles besogneslesplus pénibles ne sontfaitesqueparlesindividus robustes, pourlasimple raisonquelesmalingressont incapables delesexécuter.
L’effortrestedoncplusou moinsproportionnéàlaforcedes ouvriers.
Enfinil
V
alegrandair,etletravailnese faitpasenagglomération pressée.Jene veux pas direque travauxagricoles ou travauxd’artisans eussent autrefoisuncaractèreidyllique.
Une
sujétion continuelleétait trop souventlaconséquencedumode
familialde travail(1),lepatron s’occupant avec sescompagnons. Maissil’onconnaissaitlesfatigues interinittente.s,onignoraitle-surmenagechronique.L’ancienmode
de travailnedonnaitpas uncachet spécialàl’hygiène.Au
pisaller,la dépensedes forcess’ajoutaitàlamisèreetauxprivations,dontl’in- fluencemorbidel’emportait debeaucoupenimportancechezlespauvres paysanset lespauvresartisans.Les
hommes
n’ontjamaisconsentià travaillerpourautrui,jeveux direpour unmaître,que parnécessité. Ilspréfèrentordinairement une viefrugaleàlajoie d’êtreenfermés dans uneusineou aux avantages de ladomesticité. Ilsproportionnent leurs efforts à leurs besoins.A
Madagascar, auCongo,danstoutesles colonies, lesEuropéenscivi- lisateurs,Françaisy compris, ontimposéde force des corvéesoudes impôts ennature à despopulations insouciantes quel’on traite de pai'esseuses parcequ’ellesn’ontpasdegrandsbesoins.Ilestvrai qu’on cherche à développer ces besoins, et, parexemple,lestraitantsont donné auxindigèneslegoûtetlapassion del’alcool.A
laNouvelle- Calédonie,lesCanaques ne prennent un«engagement»qu’afin d’avoir l’argentnécessaire àpayerleursimpôtset s’acheter del’eau-de-vie.Danslescommunautésqui,
comme
lestréliliersd’archal,donuaieiitun mois de congéauxouvriers,l’annéeétaitainsipartagée;Joursde repos 171
Joursdetravail 194
soifà peu de choseprès,unjourde repos sur deux.Iln’estvraiment pas inutiledei-appelerqueles ouvriersétaientalorspresque touspayésau mois Ces coutumes ontpersistépendant dessièclesetjusqu’àlaRévolution, billesétaientgénéraliséesàtoutes lescorporationsetà touslesdiac-èses.
DanslediocèsedeParis,ilyavait,outrelesdimancheset les fêtesmobiles une cinquantainedejours fériés officiels.Colbert enfît supprimerune
vingtaine. ,
(1)Encore à notre époque,lestravauxagi'icoles sont troplongsetmal pavés;ils assujettissentlesouvriersàleurs maîtres.Maisces revendi- cations,sauflalongueur dela journée,n’appartiennent pasanotre sujet.
—
9—
l'.nfin,danscertains endroitsonest}>arvenuàcréerdes travailleurs volontairesparladépossessionpureetsimple des habitants.
L’insouciance, c’est-à-direlarépugnance au travailforcé, se ren- contre
même
enEurope,par exemple danslespays méridionaux,làoù lesbesoins sontpeudéveloppés,oùl’habitation,lechauffage,levête- ment,la nourriture copieusene sont pasdes nécessités pressante.s.Aussi n’yest-ilpastoujourstrès facilede s’yprocurer delamain- d’œuvre.Des genss’eng£^entpourl’hiverquiretournentl’étéchez eux, préférantunecroûte depainavecun peud’ailouunetomate,àl’obli- gation de travaillerpourd’autres. C’est lamisère seule qui peut forcer Italiens, Espagnols,
comme
ailleursfont Chinois et Indous, à aller chercherdutravailpourvivre.En
Russie,nousassistonsàla})rolétarisationdes paysans. L’insuf- fisancedesterres, lepoidsdesimpôts chassent deplusen plus les habitants delacampagne
verslesusinesqueledéveloppementindus- triela crééesnombreuses danscesdernières années.Cetteprolétarisations’estfaitedepuis pluslongtempsdanslespays occidentaux; ellea d’ailleurs été aidée par de nombreuses lois de coercitioncontrelevagabondage, contrelescoalitionsouvrières, etc.
L’homme,
même
misérable,nevapas de gaîté decœurs'enfermerdans les ateliers et lesusines.L’abolitiondes corporations surtoutacontribué àfaciliterl’extensiondutravailindustriel. Avecleursfêteschômées, avecleursrèglements qui maintenaient danscertaines limiteset la journée de travail et l’effort humain, ces corporations gênaient le développement manufacturier(1).Une
fois ces entraves disparues, le machinisme n’a plus trouvé aucunobstacle.Cefutalorsune débauche dansl’exploitationdutravail humain. Grâceàla libreconcurrence, lesartisansdisparurentpeu à ])eu;l’armée des sans-travail devint de plus en plusnombreti.sc.Etilfaut arriver jusqu’en1831,ju.squ’auxenquêtes de Villermé surletravail des enfants, pourtrouveren France une premièreréaction officielle contrelesabusdel’exi*loitationdes forceshumaines.
— La fatigue musculaire.
Ilyaà considérerdansletravaill'effortmusculaireetlarépétition del’effort.
Un
effortviolent retentit fortementsur lacirculation. Cet effort(1) Les corporations imposaient unecertaine limite àla journée de travail:ily a des exemples oùcettejournéene dépassait pas8heui’es.
L’emploides apprentisetleurtravailétaientsoumisà desmesures de protection. .(VoirKropotkine:L'Entr'aide,p.212.)
—
Celane veut pasdire quelerégime des corporationssoitàregretter;ellesavaientd’autres dé- fauts.Jeme
placeiciau point de vuedusurmenage.Il
r'^-SHWTi' 175^
-
10 --nécessite rimniobilisationduthorax; ilya staseverneiise,puisdila- tation consécutiveducœuravec congestion delafaceetducerveau.
Ceteffortviolent}>eutentraîner des accidents mortelsdu côtédu cœur(ruptureducœur ou syncopemortelle)chez des individus porteurs de lésions decetorgane.D’autre partlacongestion dela tête,quise traduitparlarougeuretassez souventparl’étourdissement, peutaller jusqu’à l’attaqued’apoplexieparrupture deg artères cérébrales chez lesgensâgés outarés.L’effortviolentpeut encoreêtre lacause d'une hernie. Il peut enfin provoquer l’emphysèmepulmonaire, que l’on constateeneffetchezlesfortsdelahalle, lesdébardeurs,maissurtout chezlesouviiersqui font deseffortsrespiratoires(souffleursde verre) ouceux(piitravaillentdanslespoussières (boulangers, mineurs).
Maisdéjàdanslaproduction del’emphysème pulmonaireintervient larépétitiondel’effort.
La
répétitiondel'effortentraînela fatigue, c’est-à-direunsentiment de lassitude avec répugnancede jilusen jilusmaripiéeàun nouvel effort.La
fatiguesurvient d’autant plusvite (pieletravailest ])lus violentouplus rapide.Lorsqu’elleestexagérée,lafatiguevajusqu’àretentirsurlecœui‘.
La
dilatation pa.ssagèreducœur(piiaccompagnetouteffortviolent jieuteneffetaller,aveclarépétitiondel’effort,ju.s(iu’aucœurforcé, autrementditjusipi’àl’insuffisance aiguëducoeur (asystolie).On
a alorsl’angois.se,l’étouffement, l’irrégularitéet lapetitesse du jtouls, latendanceàlasyncope;celapeut aboutir àlamort.En
tout casily a deschances quelecœurforcésoitàjamaisfourbu,c’e.st-à-direincâ- liabledesupporterlamoindrefatigue.Leplus souvent,ladilatationducœurne dépassant pasunecertaine limiteest passagère. Pour réagircontrele travail impo.sé, le cœur s’hypertrophieàlalongue; ilenrésulte jiourl’avenirune moindre résistancedecetorgane. Cette hypertrophieducœurseconstate chez lesamateursde sportetaus.sichezlesboulangers,lesforgerons, les ])ortefaix, lesdébardeurs,lesbûcherons,lesterrassiers,etc.
Mais, en
même
temps quelafatigueducœur,larépétitiondel’effort entraîneun épuisement musculairequisemanifesteparlacourbature et l’inaptitudepourlesmusclesàfairedenouveauxefforts(fatigue proprementdite).Cettefatigue musculaire est la conséquence d’une accumulation danslesmusclesde déchets produitsparune combustionexagérée des tissus.
La
conti'actionmusculairepeutêtreeneffetenvisagéecomme
une combustion. Cettecombustion quise fait dansle muscle en action correspond àl’énergieproduite: d’une part énergiemécanique(force oumouvement),d’autrepart énergie calorique (chaleur animale).En même
teihpsle muscles’use. Cetteusurequinormalement se répareaufuretamesurepeutaller ju.squ’à ladestructiondumuscle.C'est ceguisepassedanslafatigue:dansletravailexagéré,lemuscle
brûle sa propre substanceetsedétériore(1).Lesalbuminoïdes,c est-à direlapartie constituantedumuscle, étant brûlées, uséesenexces,ne subissent
même
jdus l’oxydation complèteet latransformation en uree;ellesformentdes déchets qui sont de véritables poisonspourl’organisme
autre que aeleueiuiecmuiciitaiio,u.
cipes nutritifsetapportéensuiteparlesang.Letravaildevientexcessif (luand cesréservescommençantàs’épuiser,ils’ailaquealasubstance
même
des muscles.C’est alorsqueseproduitla fatiguemusculaire,q^
fautpas confondre avecla lassitude d’originenerveuse,laquellenentraiie pas l’augmentation des déchets albumineux.Bailleursnous verrons plus loin les iriconvéïiieutsdecette fatiguenerveuse.
IlVa,encore une autre forme delassitude, c’est cellequiseinontiecliez lesiii^dividussoumis àunetempératureextérieuretrès Ilest;le connaissancevulgaire que nous éprouvons une sensatmnilacc^^^^^^^
même
sans avoirrienfait,pendantlesjournées chaudes, surtoutsilatmosSe
esflmm^^^ facilement: de lasomme
d’énergieproduite parlescombustions quisopèrentdanslesmuscles à Poccasiondu travail,c’estla pluspetitepartie (un quinzième) qui est convertie enmouvements;laplus grandepartie(quatorze quinzièmes)est SonïSie ?’eïï à-direperdue, enchaleur. Cettesurprodu<:Uon de chaleur mnmaleest utiliséeavantageusement en saisonIronie,i>oul-
froid extérieur,etc’estcequefontinconsciemmentlesgens quiseremuent en hiver pourseréchauffer.Mais enété,ousouslestropiques,ou dans certainesprofessions (verriers, chauffeurs, fondeurs, etc.), cet excesde chaleur animaleest luiegènetelle
^
(lelaniômefaçon, l’activitéplus grande des septentrionaux.
Maintenant quelestlemécanismequifaitquel’excèsde chaleuranimaf
produisela lassitude?C’est cedontles physiologistesne semblent pass être beaucoup préoccupés. Les médecinssesont bornes a en observer1accident
Su
(i^ maisils ontété incapablesexplicationsatisfaisante.Toutceqpon peut
inrûcnirqtirms’?irrélère arrivant
meme
jusqu a1ebsouinement(U>spnee), lesvaSaïx
sidUaS’ ü
ya delarougeur delapeauetune transpirationaboStl
cesplS
retentissent avec forcesurlecœur. 11peutmême
apparaître,comme
dansla«fièvre des fondeurs», dessymptôme^rappelant ceux dela fièvrede courbature.
On
comprendque danslesmétiersexposésà de hautes températures (Verriers Chauffeurs, Fondeurs,etc.),onfasseuneconsommationexagerée ivf/Vol? SansnSr
dela soif vive,onestconduit à recourir al’alcoolpar lebesoind’eS
lacirculationsanguine,etaussipour rem-plaS
réne5gie alimentaire,puisciuel’appétit etlepouvoirdigestif .sontnotablenient diminués. . , ,
Jenecite enfinque pourmémoireraccableinent])rodnitparlabas.se pression atmosphérique (tempslourds),quiparaît êtredeinêinoordre que la fatiguedes ascensions de montagne.
12
'-•>*• *^|*
•'.
in^oMi^^’ ty™sine, xanthine, etc.)(1) Ces substanre^
injectées aun animalletuent rapidement. substances Dans lafatigueextrême, ces déchets encombrent lesmuscles le
SM.get tout rorganisme;ilya alorsunvéritawé
e!np„SSe,lî
C’estcequiseproduit chez desanimauxforcés àlacourseetmorts
:lsrrn|!?rse"'à
‘j’.atleT""-O' a„i.„l‘,î“;,ï
tyÆe ':frtp ,ïl"«,“‘rîXïL‘:rnf''r
insomnie, de1embarrasgastriqueetde l’inappétence. On^constate en
meme
teinps,que esurines sontextrêmementtoxiques;quelquefofscu^1
volumineux oubienune albuminurielégère.Ordinaire-
cZpM
aiTii disparaissent aprèsquelques^ursde repos s'observent assez .souvent chezlestrimardeurseten f marcheforcéeetprolongée.On
les^oitaussi parfois chez des individus qui.sesoumettent àuntrivail acharne pourse tirer d’affaire, euxetleurfamille,
comme
lanloiale leleuiapiomis—
surtoutsilsentreprennentuntravailauquelilsne sont pasUsipar exempleaccoutumes (manquearrivant delad’entraînementcampagne
ilsneetsontfatigue plus grande)pasadapfés àla vie intensive desgrandes villes (acclimatement). EnfinZ Znsta
? parforsles-memesaccidentschezlesjeunes gens aprèsZe
îaügue (fievrede croissance(?)ouplutôt courbaturefébrile).^ ^
En
dehors de ces casd’empoisonnementaigu,ilv alesesemnles beaucouj) plusnombreux,auxquels aboutitlarépétition d’une fatigué moinsforte. Cetterépétitionformecequej’appélle lesurmenagepeut aussi aboutir àTempoisonnementaigu. Celasevoit industries à l’époqueoù presséparles
commandes
le ouvriers,moyennant un supplémentde salaire làjZ-née prolonge, bienaudelà des limites habituelles de que^àZnàïtu ô.ce «coupdecollier»onobserve d’abord u'ôoo-^
+-* ‘^^isporait.«Le manger
ne passe pas», parincapacité d assimilation,rale conséquencede l’intoxication (empoisonnement) géné- et probablement de l’insuffisance du foie en particulier.^ Lescrsill complète des déchets decombustion des musclesest ''“«si P'u'Pexcès del’acide
càSique
fi^iû déchets vont encombrerlesmuscles,le sanffetles ore'Tnp*; tp r/^rïûT.^™\^plus àfairesontravaild'assimilationet
^e
désassimilation CLBernardavaitdéjà constaté que danslafatigue lafonction glvcoaéniaue dufoiediminueetdisparaît, cequivientencore ajouter à réimisement des muscles.On
retrouvelesdéchets^de combustionincomp^^^^^(jm deviennentainsiéminemmenttoxiques.L’empoisonnementGénéraldu
4
1.3
-
1
ouvriersne peuventsoutenir leurs forces qu’enempruntantl’énergie nécessaireauxboissons alcoolisées(vin), puisquelarestaurationali-
mentaireest imi)ossible.Naturellement, cescoupsdecollierne peuvent passeprolongertrèslongtemps;maisilsentraînentunaffaiblissement etune usure quine seréparentque longtemps après (sanscompter qu’ilsfavorisentl’alcoolisme).
—
Cesexemples montrentdéjàque dams la réparationdes forces, le reposa souvent plusd’importance que l’alimentation elle-même. 11fautquel’organismeaiteuletempsdese débarrasser des poisonsaccumulés pour quel’assimilation puisse se faire etquelaréparation destissuscommence.Dans
touslescasque nous avons envisagésjusqu’àprésent, les accidents entraînésparlesurmenageapparaissent évidents à tousles yeux. Lesindividus sont avertispar la souffrance et d’ailleurs se trouventrapidement dansl’impossibilitéde continuer leur effort; ils sontmême
obligéspendant un certainnombre de joursàgarderle repos.C’est qu’ilsont dépassé debeaucoupleslimites dela fatigue, «ilsse sont forcés». Maisilsuffitd’arriver touslesjours jusqu’àla fatigue, sansladépas.ser de beaucoup,pourqu’ilyaitce qu’on peutappeler lesurniencige chronique.Icilessymptômessontmoins marqués,1indi- vidu peut continueretrecommencersontravail. Ce surmenage chro- niqueest larègledanslagénéralitédutravailmoderne.Cetteforme desurmenage nest paslamoinsdangereuse, justementparcequelle estmoinsapparente.Elleentraîneun empoisonnement chroniquede l’organismequel'on pourraitcomparer dans unecertainemesurea celuiproduitparl’alcoolismechronique(à petitesdoses répétées tous lesjours), beaucoupplus nociflui aussique l’empoisonnementaigu causé parl’ivressed’une façon accidentelleouintermittente.
Toutefatigueestmauvaise;mais, sielleestpassagère,seseffets (àmoinsde tares déjà existantes) ontpeud’importance;tandisqu une fatiguerépétée,
même
partielle(1),même
légère,entraînepourloiga- nismedes troublesréels etdurables.C’estquetoute fatigueestparelle-mêmeunedétérioration.Ellese manifeste,
même
d'une façon à peine perceptible,parlaraideur des musclesintéressés.Cette raideurestlaconséquencede l’usure exagérée desmusclesaveccombustionde leur propre substance. Ilenlesulte,comme
jel’aiditplus haut,unexcès de déchets qui peutêtredecelépar l’analvse del’urine.On
voitalorsque parmices déchetsuneproportion plus considérable appartient auxproduits decombustion incomplète, lesquels sont de véritables poisons(élévationdu rapfiortazotunqu^.Toutefatigue entraînedonc uneintoxication plusou moinslégère,bi cetteintoxicationserenouvelle tousles jours,ilenrésulteuneinitation etunealtération destissusde l'organisme,quandbien
même
lalimen-(1)Kronecker amontréquesil’onexcitechaque jour
némiend’une grenouillejusqu’à épuisement,1animalmeurtan bouta [euxontrois jours.
—
14—
L
intoxication lente, niais chroninue î>*n* h» fufio-im va.^a*' jLes troublesou changements fansIn nroA^L’
’’
probablementà l’accélération de rartlrio-sclérose^^Enfin^fqcontribuent
fStiSue "répétée®' la'cïnséquence\n®él^^^^ la
pilüSSii
ilpis^i
gippepouiradeveniruneaffectiond’une gravitéextrême(2)
^
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endocardite infectieuseetsurtoutfièvretyphoïde,e^tc
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auxboissonsalcoolisées.
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•ïW
—
15—
l’énergiealimentaireestdévoréeparl'activitémusculaire.L’individu surmenémaigrit;ilne réagitpascontrelefroidetse
moindreintempérie d’où fréquence despneumonies(fluxions depoitiine) chezlesgensfatiguésetmalnourris.
D’ailleursle surmenage produit deseffets plus sensibles sur les débileset les débilités.11estévidentqueces débilessesurmènentplus vite et(lu’ilsdoiventdavantage ménagerleurs forcesquelesindividus robustes.
A
ceuxquimanquent de vigueurphysique par suited un développementinsuffisant,ilfautajouterlesconvalescents,aussi les enfants,lesadolescents,lesfemmesen général,etsurtoutlesfemmes
enceintesetlesnourrices.Jen’aipasbesoin dedémontrer quelacroissanceestunepériodeou l’organisme a besoin deménagements. Mais ces ménagements sont encoreqilnsnécessaires à l’époque delapuberté,c’est-a-direau
moment
oùlacroissanceestplus rapide(1)etoùseproduit enmême
tempsle développement des organes génitaux et l’apparition des fonctions sexuelles (menstruation, parexemple). C’estcependant 1âge ouIon envoielesjeunesgens gagnerleurvie.Le.sfatigues delestravauxtrop durs pourlesforces de1adolescent,leseffortstrop considérables, lesfardeauxtrop lourds,lescourses trop longuesou lastation debout prolongée,lesrepashâtifs,etc.,
fréiiuente delatidierculoseàmarcherapide et fatale(phtisiegalo- nante).
On
observe aussi l’inflammation aiguë des osavecformation d’abcès (ostéomyélite des adolescents); les déviationsde lacolomm
vertébrale (cyphose,scoliose)et,spécialement chezlesfilles,lachloro- anémie.Ouant aux femmesenceintes ou nourrices, on comprend quelles sonttrès sensiblesàlafatigueetpar conséquenttrès exposéesaux troubleset aux maladies provoquées par lesurnaetiage.Maisily a l’intérêtdel’enfant:les
femmes
enceintes doiventsereposer surtout danslesderniersmoisdelagrossesse;sinonily a deschances pour (tuel’accouchementait lieuavant terme;meme
a teime,1enfant sera moins gros, etladébilité congénitalepourra retentir sur tout son développementultérieur.Aprèslanaissance, bien des nourriss(iMnont qu’unlaitpauvreetinsuffisantsilamèrea des occupations fatigantes.ILant-il,àce propos,faireremarquer que beaucoup dautres à leur grand dam,privés de l’allaitementmaternel parlesnécessités
mêmes
dntravail,en dehors de toute question de fatigueoude santéLe Surmenage, enfin, s’ajoute
aux
autresmauvaises conditions d’hygiène. Il aggraveles effetsdes intoxications (plomb,alcool), de l’air confiné,etc.C’est à ces causes réunies qu’ilfaut attribuer 1extension de l^a
tuberculose.Le surmenageetla vieen agglomérationsontlesfacteurs ordinaires de la phtisie; or le travail moderne a pourcaractères
(D.\l’énonuedela puberté,ily anonseulement accroissement dela taille,maisaussiaugmentationducœur.DeJ5à20anslecœur alimen- teraitd’untiers,alors qu’il aurait étéà peu prèsstationnairede7à15 ans.
1]
AU
essentiels detremtensil et collectif.
Au
Congrès intenuitional deIuberculose (octobrelyOo), Calmette (deLille), a déclaréqued’aii scsstatistiquescestlesurmenagequiestlacause nriiicinalede tuberculoseclansliiiuuense majorité descas.
**
Apres1expose des méfaitsdu surmenage,faut-ilconclure àl'iuacti-
\jte musculaire complète età laparesse continuelle?Ceserait un paradoxesansaucuneréalité.L’activitéphysiqueestnécessaire àla santé ce.stun besoinque lesoisifseux-mêmes ressententet qu’ils cberchent asatisfairepardes occupations variées (déplacements bals chasse, distractionsmondaines,etc.).
L
activité phy.sique augmente l’ampleur desmouvements respira- oires,favorisepar conséquentl’aérationdu sangetl’éliminationde1acide carbonic|ue. Elle active la circulation générale, empêche la stapiationsanguinegrâceauxcontractionsmusculairesqui fontune sorte de massagedes vaisseaux; elle assure ainsi les combustions necessairesetaidea l’élimination des déchets.
Chezl’enfnnt,enparticulier, l’exerciceaune heureuseinfluence sur ledéveloppement osseux. Lescontractions musculairesrépétées en- trament lerenforcement dela charpente osseuse, ets’opposent aux déviations delacolonne vertébrale (cyphose,scolio.se,lordose).Surtout
1activitérespiratoirefavori.seledéveloppementdelacage thoracique et ce.st la un des facteurs les plus importants pourla résistance tuture de1individuauxcauses morbides. Lecœurpeutsedévelopper etfonctionner à sonaise;larespirationse faitcomplètementetassure une bonneaérationdu sang. Ily adoncplus dechances pour que
tindividuéchappe aux influences morbide.s, spécialement àlatuber- cnlose.
Aussi rexercicephysique, c'est-à-direlo jeu, est-ilnécessaireaux entants,surtoutlejeuau grandair.Etl'enfantenliberté s'vdonneà cœurjoie.
Comment
doncnesesurmène-t-ilpas?Cystqu’ilvariesesmouvements,c’est([u’ilnefaitpasagirconti- nueilementle
même
muscleou lesmêmes
groupesdemuscles; c'est quachaqueinstant sonactivité estcoupée pardes périodes derepos.Maisqu’on
emmène
l’enfantàlapromenade,etlesparents s’étonnent quunenfant,siremuantd’ordinaire,soitsivitefatigué—
sifatigué qu’en rentrantilfautlecouchersansmanger
(fièvrede courbature).—
La
marche aété pour luiuntravailexténuant, carlesmusclesde1enfant ne supportentpasuntravail continu.
Toutes proportions gardée,s,ilenestde
même
pourl’adulte, jeveux(lirequelesmusclessupportentmal untravailconfinu(1).Les
mêmes
musclesensecontractant d'une façon répétéeetininterrompue, arrivent rapidementàlafatigue,c'est-à-direà leurpropre désintégration. Le reposestnécessairepour empêchercetépuisementetpourassurerle ravitaillementdes muscles.On
peut,ilestvrai,éloignerdans unecertainemesurelalimitede lafatiguepar V entraînement. L'entraînement développelesmusclesmis enmouvement, par conséquent augmenteleur forced'action.Deplus, lesmusclesseulsnécessairesaumouvement
voulusecontractent;la dépensede forcesestdoncréduiteauminimum
;tandisquelorsqu'un individu selivreàunnouvel exercice auqueliln'estpas accoutumé, tout son corps participe au travail. Enfin l'excitation nerveuse est réduiteauminimum
;lemouvement
prendde plusen plusl'allured’un réflexe;l'habitudedevienttellequ'onfait lesmouvementssans presque s’en apercevoir, sans par conséquent qu'il y ait dépense cérébrale d’attention(2).Mais, avec ou sans entraînement, lerepos n’en restepas moins une nécessité inéluctable. L’activité physique de l’homme doitêtre coupéeàchaqueinstantpardes périodesde repos.
C'estcequisepassait autrefoisoùletravailn'étaitpasspéciali.sé
(1) f.etravailestconstituéparlarépétitiond’efforts (oumouvements) produitsparlescontractionsmusculaires.J’appelletravailcontinularé- l>étitionininterrompue desefforts,etc’estcette successionininteirorniHie d’effortsqui épuiseetdétériore lesmuscles,quoiquelescontractionssoient
1trêvesetqu’ellessoientséparéeslesunes des autres parunreposxdiysiolo- gique de quelques secondes.Jene parle
même
pasicidelaprolongation de l’effort. Lacontraction d’unmuscleeneffetne peut pasêtreprolongée^longtemps, carilenrésulteunefatigueextrêmeetunrelâchementinvo- lontairedel’effort:mais,enfait,letravail n’utiliseguèrecetteforme de l’effort,que nous n’avons donc pas àconsidérer,sinonpour constaterla nécessitégénéraledureposà touslesstadesdel’activité.
(2)Cetentraînements’établitàlalongue. C’estd’ailleursla meilleure méttiode d’entraînement.Ilest inutileetnuisiblede«romprelecorps»pour l’assouplir.Au momentdela fatigue,toutlebénéficedel’éducation dispa- raît:lorstjuelegroupe de muscleséduquéparl’habitude arriveàl’épuise- meiitetdevientinapteautravail,l’organisme tend à remplacercesmuscles pard’autres;toutlecorpstravaille.D’ailleurs,jen’aipas besoin derajïpeler quela fatigue,aulieu(ledévelopperlesmuscles,lesdétérioreetqu’ilfaut uncertaintemps pourla rc'paratioii.C’estdonc l’entraînementprogre.ssif, restantendeçà delafatigue,quidonnelesmeilleursrésultats.Celase voit d’une façonnette dans lesaffectionsdu cœur.
On
aen eneffet l’idée d’«entraîner»lesgensatteintsdecette tarechronique.Tropsouvent.im- mobilisésdansunrepos complet,cesmaladesarriventàunétatdedébilité qui se traduitparlafatiguegénéraleaumoindreeffortavec retentissement surlecœur(par.suitedel’atrophieetdel’insufTisancemusculaires).Ona essayédedévelopr>er les forcesmusculairesparunentraînementtrèsdouxettrèslent;maisilestbiencertainquelamoindrefatigueque provoquerait unentraînementtropvitepousséseraitextrêmement mauvaisetpourrait amenerlespires a.ccidentsdel’insuffisanceaiguëducœur(asystolie).
\
parla machine.Letravailcomportait des occujiations multiples qui variaientàchaqueinstant;celapermetlait àchaque groupe muscu- lairedesereposer successivement. Aujourd'hui,laplupart des ouvriers nefontqu’une infime partie d’un objetmanufacturé;ilssont astreints àfairetoutelajournéeles
mêmes
mouvements.Cettecontinuité dansleseffortsaboutitàlafatiguedesgroupes musculaires misen activité et àla fatiguegénérale du corps (par intoxication), sansque cette activitépartielle puisse avoir à aucun
moment
une heureuseinfluence sur l’organisme;elleaboutit unique- mentàlafatigue sansdonnerriendesbonseffetsdel'activitéphysique générale (surla re.spiration, lacirculation,etc.).L’immobilité elle-mêmedevantlamachineestunecause de fatigue lapide. Ilfaut savoirquelastationdeboutn’estpasunepositiorrde repos;ellen’esti)os.sible(lu’aveclacontraction de certains mu.scles;
etlesgensqui sont passésparlerégimentconnaissent bienlafatigue intolérableéprouvée parlesoldatimmobilesouslesarmes.
A
la nionotoniedela divisiondu travailet à l’immobilité vient sajouterl’ennui.On
a constatéquelafatigue arrive plusviteavecun ouvrage ennuyeuxqu’avecun ouvrageattrayant.Enfin, lemachinismea entraînélarapidité desmouvements. Ila liiensupprimélesgrandsefforts
;maislaviolence desefforts s’ojiposait aleurrépétition prolongéeet surtoutcà larapiditédutravail, sous peine desurmenageaigu avec repos forcépendant]dusieursjours.Les mouvements modérés au contrairepeuvent être répétésd’une façon exagéréeetpermettre.soitlaprolongation,soitla vitesse(ouintensivité) dutravail.
On
aboutitainsiausurmenage chroniquedontj’aiparlé plus haut.C'estlarapiditédansletravailquelemachinismeaimposée.Tout
le
monde
saitque laprécipitationdesmouvementsaboutittrèsvitfK alafatigue;onconnaîtpar exempleladifférencequ’ily a entreune course devitesseetunecourse de fond; lapremière nepeutpasse prolongertrèslongtempssous peine d’arriver à l’épuisement.C’estun principe bienconnu en mécanique quecequ’ongagneenvitesseonle perd en forceetréciproquement.D’unefaçon généraleonpeut direquelamachine qui aurait dû, suivantlerêved’Aristote,soulagerleshommes, aserviàutiliserla forcehumainejusqu’à salimiteextrême.
Au
furetàmesuredes amélio- rations techniques,l'industrielnediminuejias lelabeur de ses ouvriers;c’estainsiquelesperfectionnementsdanslesmétiers àtisserontpermis auxpatrons defaii’econduirenonplusunmétier,maisdeux,trois et davantage par unseul individu.
En
somme,larègled'hygiène à suivreserait d’évitertoutefatigue.La
moindrefatigue retentitfâcheusementsur l’organisme, sielle est répétée, car toutefatigue est mauvaise. Les inconvénients en appa- raissent nettement chezlesgenstarésoudébilités:jiour lestuberculeux c’estlafièvreetl’affaissement,pourlesalbuminuri(|uesc’e.stl’aggra- vation dessynqitômesetl’empoisonnement,pourlescardiaques surtout1 t
\
(
—
19 --cest1insuffisanceimmédiate ducœur.Lesinconvénients apparaissent inoinsnettement chezlesindividussains,maisilsn’en sontpas moins
reel.s,et1accumulationde fatigues répétéessepaveàla longue,.sans
quon
])uisseéchapper au châtimentd’avoirtrojitravaillé.',
^ conseivex sa santéil faudraitqu'alalinde lajournéede travail,lesmu.scles eussent conservé leur souplesseetleurélasticité Ilfaudraitraccourcircettejournée en proportion del’intensivifédii lavailde façon aresteren deçà delafatigue,ilfaudrait conserver
1espritdisposetalerte.
Ai-jebesoin d’ajouter(lueletravail exécutéparun
homme
fatigué mauvaistravail?La
fatigue entraînelaperte del’habiletéma- nuelleetde toutlebénéfice de l’éducationparl’entraînement(voir la noteausujetde1entraînement);ilseproduitdu tremblementmu.scu- iaire;lesmouvementsexécutéspardesmusclesderemplacementet non éduquéssont saccadésetmal mesurés
;enfin l’attentiondiminueet disparaîta.cau.sedelafatigue nerveuse.
in.
— La fatigue neroeuse.
La
fatiguemusculaireretentitsur l’organisme entierets'accompagne^ d’épuisement nerveux. Danstoutmouve- ment,eneffet ilfaut c.onsiderer1excitation nerveuseetlacontraction luu.sculaire.Chaquecontractionneseproduitquesousl’influenced’une excitationnerveuse, d’où ils’ensuitqu’unedépensenerveuse accom- pagne forcement touttravail musculaire.
A
la consommationde la force nerveuselesdechetsjiroduits jiar lesilfautaus.si etcontractionssurtout ajoutermusculairesles effetsexagérées viennentdel’intoxication;gener et empêcherle fonctionnement des organesnerveux. Cela se constatealexamen:un
homme,
aprèsunefatigue musculaire, présente ladiminutiondelasensibilité, l’augmentation destempsde réaction q.arexemple alaperception),uncertain retarddansl’association des ideesetdanslesautres opérationsintellectuelles. C’e.stunfaitconnu qu unindividu^tiguéestincapable d’attention;lesouvriersmanuels ont toutesles difficultésà pouvoir écouteretcomprendre uneconférence entenduelesoir ajirèslajournéedetravail.
En
plusde lafatigue cerebrale. Ilpeutmême
existerun certaindegrédefatigue morale, caiactei’iseepar del’ennui,du découragement, sanscaii.seapjiarentc.La fatigue cérébrale.
«f»siinsistersurlemécanismedelafatigue neuso,il.suffîtdelacomstater apres destravauxà caractèrecxclusi-
vementmusculaire.Maislafatigue nerveuseestplussouventlaconsé quence dutravail cérébral.
T^
travail cérébral, toute manifestation de Vatlcntion
L
attentionestaucerveaucomme
l’effort estau muscle;autrementdit
1attentionestuneffortcérébral;l’attentions’accompagneeneffetd’ur véritable sentimentd’effort.
Au moment
del’attention,lecerveausecongestionne,ilsemble(lut lescombustionss’exagèrent. Ilsepasserait dansla cellulenerveu.stLa
dépensenerveuse est donc d'autantplus considérableque le travail cérébralestsoutenupendantpluslongtempssansdistraction, c’est-à-diresansrelâchementdel’attention(1). Danscecaslecerveau.sefatiguevite
;lescellulescérébrales sontd’ailleursplus délicateset plusfragilesqueles fibresmusculaires;leurfatigue(etleur usure)est plus rapide.
Deseffortssoutenus d’attention épuisent assezvitelacellule nei’- veuse; la fatiguese traduitd’abord par l’inaptitude à l’attention;
l’esprit estparesseux,lesassociationsd’idéessontlentes,la sensibilité*
e.staffaiblie,lesorganesdes sens réagissent mal.
En
épuisantlaforce nerveuse, letravaj]cérébral épuiseparcelamême
toutl’organisme.De
même
quelafatiguemusculaireentraîneuncertain degréd’affaisse- mentnerveux,lafatigue cérébraleprovoqueladiminutiondelaforce musculaire.On
peutleconstateraudynamomètre:lapression exercée l>ar lamain
diminueaprèsuneactivité intellectuelle excessive.La
dépressionnerveuseamenée parlafatigue cérébralesemanife.ste encore pard’autres effets; les mouvementsrespiratoires ontmoins d’amplitude,lesbattementsducœursontmoinsénergiques,latension artériellee.sfinférieureàlanormale.En
somme,lafatigue cérébrale aboutitàunedépiœssionnerveusegénérale. Cetteconséquenceapeu d’importancequandil.s’agitd’une fatigue passagère, saufsiellevient(1)
Un
sujet d’étudesurlequelonn’estpasentraîné,qu’on connaît mal, exige plusd’attention.Untravailauquelonn’estpas habitué exigeaussi jilusd’attention.Lafatigue vientdonc plus oumoinsvitesuivantlavigueur cérébraledes individusetsuivantqu’ilssontplusoumoinsentraînésau genre detravail entrepris, lin enfant,par exemple, ne peut pas longtemps llxersonattentionsurlemême
sujet..
—
21—
s’ajouter,
comme
dans bon nombredecas,à d’autres causes dedébilité.Mais quandils’agitde fatigues répétéesnousarrivonsau surmenage.
Ce surmenagen’estpaslocaliséà lafonctioncérébrale;c’est un surmenage nerveuxgénéral dontnous examineronsles effetsplusloin.
Ilseconfondeneffetaveclaneura.stliénie:ilsetraduitparl’insuffi- sance fonctionnelle de touslesorganesets’accompagned’unedépre.s- sion morale, d’un sentiment detristesseplusou moinspénible.
A
la fatigue cérébrale vient s’ajouter fréquemment la fatigue, sensorielle.L’excitation viveetrépétée delavue(lumière éblouissante), del’ou’ie(bruit)augmentel’épuisement nerveux.Comme
fatigue spéciale delasensibilité,jementionnerai aussila trépidation quisembleavoiruneaction spéciale surlainoëlleépinière.La fatigue émotionnelle.
Ily a encoreunetroisièmeformede fatigue nerveuse,c’e.stlafatigue émotionnelle, résultat ordinaire d’une excitation trop vive.
Une
.émotion vive retentit fortement sur l’organisme; elleentraîne des troubles circulatoirestrès nets,comme
larougeur duvisage (par vaso- dilatation)ou aucontrairelapâleur,comme
lespalpitationsetmême
lasyncope(évanouissement);des troubles de digestion (inappétence, indigestion et vomissement, diarrhée), destroublesmenstruels, etc.
Ces troubleslaissentà leursuiteune. fatigue générale.
L’émotion peutêtresiforte qu’elle setraduisenon par uneexcitation, mais par unedépression (ou fatigue nerveuse) immédiate.
La
frayeur ])ar exemple «coupe bras et jambes». Les émotions douloureuses d’ailleurssont dépressivesaumaximum
(1).Je dirai delafatigue émotionnelle cequej’aidéjàditantérieurement àproposdes autresformesdefatigue.
Une
dépressionmoralepassa- gèrea d’ordinairepeu d’effetssurlasanté,sauf chezlespersonnes» i
(1)
Ou
peutdirequelesémotionstrop vivessont des émotions doulou- reuses.Uneexcitationqui produit destroubles aussigraves que ceux de circulation,dedigestion,etc.,quej’aiénumérésplushaut,estforcément uneexcitationpénibleàressentir,quelqu’ensoitle dedépart.Dune façongénérale, touteexcitation violentedela sensibilitédonne lieuau phénomènedeladouleuretest suivied’unefatigueplusou moinsrapide avec sensation delassitude,tremblement musculaire,etc.,môme
lorsquil n’y apas eu de réactionviolente.On
ditdanslepublic queladouleurest énervante.Elle finitd’ailleurs pars’épuiserell.e-même.si l’excitationse prolongetroplongtemps. Ilestbien entenduquejenefaisaucunedis- tinctionentre ladouleurditephysiqueetladouleurditemorale.I
--•• *--'-'•
'-Î--.-’n-
tarées(1):l'émotionpeut amener une syncopemortellepouruncar- diaque; unchoc nerveux peutentraîneriinc perturbation gravede l’organisme(hystérie,diabète) chez certains individus,etc.Mais,sauf ces accidents,ilfautla rcpcdtion d’excitations dé[)rimantcspourar- riverausurmenage nerveuxcaractériséparl’incapacité deréagir.Les déceptions(ambition, jeu,etc.), lessoucis (pertesd’argent, préoccu- pations d’avenir, réprimandes ou peur des réprimandes, etc.), les inalheurs de tous genres(deuils,etc.),p<;uvent aboutir plusou moins viteàcet état.
La
misère (chômage, salairesdérisoires,chargesfami- liales)estunecausetrèsimportantede dépression morale, avec décou- ragement, allant d’uncôtéjusqu’à larépugnance àl’attentionet à l’effort etdel’autrejusqu'à l’incapacité d’une révoltesalutaire.Dans lesurmenage nerveux d’origine émotionnelle, le
symptôme
ju'édominantc’estVennuL Danél’étatd’ennuionconstateladiminution delaforcemusculaire au dynamomètre,ladiminutiondel’attention, rabaissementdelatensiondupouls,une amplitudeplus restreinte des mouvementsrespiratoires.Demême
quelafatiguemusculaireentraîne lal'épugnance à tout nouveleffort etfinitpardonneruncertaindegré d’abattementmoral, demême
que lafatiguecérébrale aboutit, elle aus.si,àladépression morale, à son tour l’ennui (ou fatigue morale) diminuel’entrainautravailmanueletmental,ilaffaiblit laforcemus- culaireetl’attentioncérébrale.Gel retentissement se comprend si l'on admet que les fonctions-*
réagissent lesunes surles autreset quetoute perturbation,
même
locale, retentitsur l’organismeentier.
Une
fatiguenerestedonc jamais localisée,elleentraîneunefatigue générale,autrementdituneinsuffî- sance fonctionnelle générale. Le surmené moral présente un état d’affaibli-ssementchronique(neurasthénie),qui persiste plusou moins, longtempsaprèslacessationdelacausedu surmenage.Cet étatd’affaiblissement, conséquence très rapide de la fatigue émotionnellerépétée, peut aussiêtre
amené
outoutaumoinsfacilité Ijarlesfatigues d’autreorigine,fatiguemusculaire, fatigue cérébrale, fatigue.sexuelle.Comme
facteursde neurasthénie (dépression nerveuse chroni<iue),onamême
incriminélestroublesdigestifsprolongés,cer- tainesaffectionsdufoie, etc.,et'aussilesintoxications.J’aimentionné plus haut l'intoxication de la fatiguemusculaire,comme
cause de fatiguenerveuse,etla«faiblesseirritable»s’observeaus.sibien chez lessurmenés([uechezlesalcooliques.(1) .Sousune autreforme, on peutdin;que lafatigueémotionnelle, souventnonapparente chezlesgenssains,quoiquecependant bienréelle, semanifestebeaucoupmieuxchez dos personnesatteintesdetarechronique du cœur, par exemple.C'estcequej’aidéjàmontréplushaut à propos de lafatiguemusculaire.11està remarquerquel’appareilcirculatoire est très sensible au.xémotions;c'estlàuneconnaissance ancienne,etc’estce qui expliipiopourquoileslittérateursontfaitducœurlesiègedes sentiments.
•*
-
—
9.3Nous
sommes
doiicamenésà envisagernon seulementlanécessité duiei>osmusculaire, maisaussi ViitiUtéduphiisir.La
joieest une force,ou,sil’onaimemieux,uneexcitationbienfaisante,surtoutsielle estmodérée;elle estnécessaireau bon fonctionnementde l’organisme;elle relève l’activité des organes; elleprovoque l’amélioration dans l’étatdemaladieetaideàlaguérison.Dansl’étatdeplabsir,laforce estaugmentée au dynamomètre, laten.sion dupoulsse relève.
Une
bonnenouvelle vientremonterlesforcesdu malade,etc.D’unautrecôté,lesindividusenbonnpsantéetdispos,c’est-à-dire sansfatigue, sont optimistes, actifs et joyeux.
La
santé et la joie semblentliées etagirl’unesurl’autre.Si j’osais
me
servird’unecomparaisonthérapeutique,jediraisque lajoieagitcomme
la caféine(alcaloïdeextrait ducafé),qui estun excitant général, relèvelatonicitéducœuretfaitainsi disparaîtretem- j)orairementlafatigueouéloignelemoment
de son apparition. IIya d’ailleursun excitantpopulaire,VaJcoolemployé parleshommes
dumonde
entièrsous différentesformespourproduireunrelèvementmo- mentanédes forcesetsurtoutpourréveiller la gaîté.On
comjirendque leshommes
soientporté.?àcombattrel’ennui,conséquencedelafatigue, par laconsommation exagéréedes boissonsalcoolisées. L’ennui est certainementundes jirincipaux facteurs de l’alcoolisme chezlesmisé- rablesetlessurmenés. Enfinles«gensdumonde
»etcertainescaté- gories d’intellectuels emploient, pour combattre l’ennui, l’opium ou jilutôt lamorj)hine quiprocurent des rêves agréables, maisquiloin d’exciteràl’activité,comme
l’alcooloulecafé,mènent àl’impuissance organique (musculaire, intellectuelle, etc.).La
morphinomanie s’ex- pliquedoncbienchezlesfatiguésmoraux
delaclasseoisive.L’humanité atoujours couruversleplaisir, c’est-à-dire versles émotionsagréables. Certes,larépétitiontroj)rapprochéedela
même
émotion,
même
agréable, finitparémoussertoutl’attraitqu’ellepeut comporter. C’estlàune nouvelle formedefatigueémotionnelle. Les oisifsquirecherchentdesémotions répétées, sansque cesémotions soientliébs,comme
d’habitude, à des besoins matérielsou affectifs, sansquel’excitationàl’activité(ou émotion)aiten butlasatisfaction decesbesoinsoulasatisfaction dunidéal,arriventà lasser l’émotion elle-mêmeetà n’éproiiverquela satiété et ledégoût.Sil’onveutconserver àunacte agréable toutleplaisir qu'il peut donner, ilfaut êtremodéré danssonaccomplissement. Sijeprends
comme
exem])le l’acte vénérien, il estcertain(piesa répétitiontrop fréquente endiminuelajouissance.Un
fatigué génital ressentdela lassitude mu.sculairesetcérébraleetaussiunecertainetristessevague.C’est cette tristessequelesindividusprennentpai’foispourduremords,