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Submitted on 1 Jan 1972
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Stabilisation en fréquence et en intensité d’un laser monomode de puissance grâce au lamb dip magnétique
A. Le Floch, P. Frere
To cite this version:
A. Le Floch, P. Frere. Stabilisation en fréquence et en intensité d’un laser monomode de puissance
grâce au lamb dip magnétique. Revue de Physique Appliquée, Société française de physique / EDP,
1972, 7 (4), pp.409-412. �10.1051/rphysap:0197200704040900�. �jpa-00243646�
STABILISATION EN FRÉQUENCE ET EN INTENSITÉ
D’UN LASER MONOMODE DE PUISSANCE
GRÂCE AU LAMB DIP MAGNÉTIQUE
A. LE FLOCH et P. FRERE Laboratoire
d’Electronique Quantique
Faculté
desSciences, 35,
Rennes(Reçu
le 1 erjuin 1972,
révisé le 28 août1972)
Résumé. 2014 Une méthode de stabilisation en
fréquence
et en intensité d’un laser monomode depuissance
est proposée. Elle n’utilise pas une cavité de référence stable mais une référence ato-mique
basée sur le Lambdip magnétique qui
permet de fixer lafréquence grâce
à unepremière
boucle de contre-réaction
agissant
sur la cavité contenant le milieu actif. Une seconde boucle stabilise la cavitépassive qui
détermine lapuissance
de sortie.Abstract. 2014 A
frequency
and power stabilization method for ahigh
power monomode laser isproposed. It
does not use a stable referencecavity
but an atomic resonance, themagnetic
Lambdip,
whichprovides
a discriminant for a first feedbackloop stabilizing
the activecavity.
A secondfeedback
loop
stabilizes thepassive cavity
which determines the output power.Classification Physics Abstracts
07 . 00, 0T . 20
1. Introduction. - La méthode usuelle pour obtenir
un laser à gaz monomode consiste à réduire la
longueur
de la cavité pour que l’écart de
fréquences
entre deuxmodes axiaux successifs soit
comparable
à lalargeur Doppler
de la raie. Il en résulte malheureusement que lapuissance
de sortie du laser devient faible(par exemple
de l’ordre de
0,1
mW pour la raie 6 328A
dunéon).
Ceci est
gênant
pour certainesapplications
commela
spectroscopie
Brillouin à haute résolution[1] ]
où oncherche à avoir une
fréquence
stable et une intensitésupérieure
à celle donnée par un laser monomode à cavité courte.Divers
systèmes [2]
ont étéproposés
pour obtenirun sélecteur de mode
permettant
de faire osciller un seul des modes d’un laserlong,
normalement multi- mode. L’interféromètre dutype
Fox-Smith utilisant trois miroirs apermis
d’obtenir un laser monomoded’une
puissance
de 50 mW sur la raie 6 328A. Cepen-
dant la
plus grande complexité
du résonateur entraîne des fluctuationsimportantes
de lafréquence
et del’intensité du faisceau de sortie et nécessite pour beau- coup de
manipulations
unsystème
de stabilisation.Les méthodes
proposées jusqu’ici,
pour l’interféro- mètre dutype Fox-Smith, qui
se compose de deux cavitésPérot-Fabry couplées, reposent
sur la stabilité de la cavitépassive.
On transfère la stabilité d’une cavitépassive,
courte, réalisée eninvar,
à la cavité active par une boucle de contre-réaction[3], [4].
Cependant,
toute dérive de la cavité de référence serépercute
sur lafréquence
du laser. Nous proposons iciune méthode utilisant une référence
atomique
pour fixer lafréquence
d’oscillation dulaser,
le « Lambdip
magnétique »
que nous avons mis en évidenceexpéri-
mentalement antérieurement
(5).
L’intensité de sortie est stabilisée par une seconde boucle
agissant
sur la cavitépassive.
II. Laser à interféromètre de Fox-Smith. Effet d’un
champ magnétique
axial. -a)
L’INTERFÉROMÈTREDE
FOX-SMITH.
- Lafigure
1rappelle
le schéma duFIG. 1. - Montage expérimental.
résonateur utilisé. Le laser
comporte
deux cavités distinctes delongueur L1
etL2 qui
sontcouplées
par le miroir commun,M 1.
Il sera doncpossible
decorriger
lalongueur
des deux cavitésséparément,
enagissant
sur les miroirsM3
etM4.
La cavitélongue
de
longueur L, (L1
= 180cm),
contient le milieuamplificateur
et constitue la cavité active. La cavité courte delongueur L2 (L2
= 10cm)
estpassive
etArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:0197200704040900
410
permet
de sélectionner un des modes de la cavitéL1.
L’interféromètre de Fox-Smith constitué par
M1, M2, M4
formant la cavitéL2
secomporte
comme un miroir dont lepouvoir réflecteur
en fonction de lafréquence
estidentique
à la transmission d’un Pérot-Fabry
de mêmelongueur.
Le mode oscillant corres-pond
à la coïncidence d’un mode de la cavité activeL1
et
d’un, mode , de
la cavitépassive L2 (Fig. 2).
La fré-FIG. 2.
quence du mode est fixée par le bras actif et l’intensité de sortie par le bras
passif qui
fixe lepouvoir
réflecteurdu sélecteur de
mode,
defaçon
continue.Lorsque
l’interféromètre a un
pouvoir
réflecteur maximum lapuissance
à l’intérieur du laser est maximale c’est-à- dire quePi
etP3
sont maximales alors que lapuissance
utile
P2
est minimale. Une modulation de lalongueur
de la cavité
L2
conduit aux variationsrespectives
deP2
etP3 représentées
sur lafigure
3. Les résultats sontanalogues
à ceux obtenus par Smith[3].
On remarquequ’aux points
de fonctionnement donnant despuis-
sances
P2
maximalescorrespondent
des variationsimportantes
deP3
cequi permettra
de stabiliser l’in- tensité.b)
ACTION D’UN CHAMPMAGNÉTIQUE
AXIAL. -L’application
d’unchamp
axial Hdécompose
laraie 6 328
À (J
= 1 ~ J =2)
en deuxcomposantes Zeeman (1+
et 6-(les
facteurs de Landé des niveaux 3 s2 et 2 p4 sont en effect trèsvoisins).
L’étude de l’effet Zeeman conduit à étudier les variations depolarisation
etd’amplitude
du vecteurélectrique oscillant,
en fonction duchamp appliqué.
En
champ nul,
lapolarisation
du vecteurchamp électrique
estpratiquement
linéaire etimposée
par les fenêtres deBrewster, qui représentent
desanisotropies
fortes. Dans le cas
général,
enprésence
d’unchamp magnétique
axialvariable,
on montre[6]
que lapola-
risation d’un laser
anisotrope
accordé sur lafréquence
centrale de la raie reste linéaire mais subit une rotation
qui peut
atteindre une valeur maximum située entre 450 et 900 en fonction de la valeur del’anisotropie
de lacavité. Au-delà d’une valeur
critique H,
duchamp magnétique,
on obtient unedécomposition
de laFiG. 3a. - Variation de P2 en fonction de l’accord de la cavité L2.
FIG. 3b. - Variations relatives de P2 et P3 en fonction de l’accord de la cavité L2. Pour P3 l’échelle a été multipliée par 150 (courbe
du bas).
vibration linéaire en deux vibrations
elliptiques
dontles
fréquences dépendent
duchamp.
Deplus
un désac-cord de la
fréquence
parrapport
au centre de la raie provoque un dichroïsme circulairequi conduit,
pour leschamps
inférieurs àHc,
à unepolarisation elliptique.
Pour la raie 6 328
A qui
est une raie àgain faible,
larotation
Faraday
et le dichroïsme circulaire sont très faibles et font que dans un laser fortementanisotrope
comme
ici,
lapolarisation
restepratiquement
linéaire.La rotation est
négligeable
et le vecteur lumineux restedans le
plan
d’incidence des lames deBrewster,
pour toutes les valeurspossibles
deH,
et pour toutes les valeurs du désaccord 03B4 du mode parrapport
au centre de la raie(Fig. 2).
Ceci se vérifieexpérimentalement
pour le laser utilisé.
L’étude de l’intensité de sortie d’un laser aniso-
trope [5]
apermis
de mettre en évidenceexpérimenta-
lement les résonances résultant des effets non linéaires
prévus
par la théorie self-consistante de Lamb étendueaux lasers Zeeman
[7].
L’intensité des
composantes
circulaires(J +
et u- sont décrites par les relations :où les coefficients a
représentent
lesgains
non saturésdes
composantes, 03B2
leur saturation propre, et 0 leurcouplage.
Une courbe de l’intensité en fonction duchamp magnétique,
pour un laser dutype
Fox-Smith.est
représentée
sur lafigure
4. Elle estcaractéristique
FIG. 4. - Intensité de sortie du laser en fonction du champ magnétique quand H varie de - H à + H (1 carreau correspond
à 40 G) a o N 280 MHz.
d’une valeur donnée du désaccord
03B40
du mode. On constate que les effets non linéaires étudiés pour unlaser monomode court
[5],
sont ici trèsmarqués.
Larésonance centrale en
champ
nulcorrespond
aucoefficient B et le Lamb
dip magnétique
intervenant pour une valeurHo
duchamp correspond
au coeffi-cient 03B2
de saturation propre.Le Lamb
dip magnétique
estcaractéristique
d’unecomposante
6 de laraie,
c’est-à-dire soit de03B2-,
soitde
03B2+
selon lesigne 03B40.
Il est décalé de lafréquence
centrale de la raie par effet Zeeman. Pour un désac- cord
bo donné,
on obtient le Lambdip magnétique
d’une
composante a
pour unchamp Ho,
tel que ledéplacement
Zeeman0394vz
de lacomposante
soit :AV.,,
=bo . (2)
Pour fixer la
fréquence,
soit encore03B40,
onappliquera
un
champ
constantHo
satisfaisantl’éq. (2)
et oncherchera à se maintenir au creux du Lamb
dip magnétique [8].
III.
Principe
et réalisation dusystème
de stabilisa- tion. - Lafréquence
dulaser, caractéristique
de lacavité active est stabilisée autour de la valeur
03B40
cor-rectement choisie.
(Ici 03B40 ~
280MHz,
il est nécessaireque le Lamb
dip magnétique
soit nettementmarqué,
donc bien
séparé
de la résonance enchamp nul.)
Auchamp
constantHo correspondant (la
relation(2)
donne
Ho N
150gauss),
estsuperposée
unepetite
composante
alternativeHl
cos 03C9tqui
provoque unelégère
modulation de l’intensité à lafréquence
w et laphase
de cette modulationchangera
designe lorsque
03B4 2013
03B40 changera
designe.
Nous avons donc ainsi un discriminantqui permet
de stabiliser 03B4 autour de03B40.
Ceci est réalisé par la boucle 1 de la
figure
1. Lesignal
passe par un détecteur de
phase,
dont la tension continue de sortie estamplifiée puis appliquée
à lacéramique piézo-électrique portant
le miroirM3
pourcorriger
lalongueur
de la cavitéL,
et stabiliser lafréquence.
L’intensité du laser va
dépendre
de la cavitépassive.
Les courbes de la
figure
3 nous montrent que pour stabiliser le laser sur un des maxima de lapuissance
utile
P2, il
suffit de détecter lapuissance P3
et de lacomparer à une tension de référence. La boucle
2,
pour une tension de référence
donnée, corrigera
lesvariations résultant des dérives de la cavité
passive.
Laconstante de
temps
de cette bouclequi
doitcorriger
des dérives
plus lentes,
devra êtreplus grande.
Decette
façon,
les corrections dedéplacement
defréquence
dû aux variations de
puissance
serontcorrigées systé- matiquement
par la boucle 1.Pour
éviter,
toute oscillation de la raieinfrarouge 3,39
u, une cuye à méthane estdisposée
dans la cavité.L’interféromètre de Fox-Smith
(*)
est constitué parun bloc d’invar pour limiter les dérives. Une
plaque
de numétal
permet
d’éviter tout effetmagnétostrictif pouvant
résulter del’application
de lacomposante
alternativeHl.
IV. Résultats. - Nous avons réalisé des
enregis-
trements de l’intensité de sortie du laser successive- ment, sans boucle de
stabilisation, puis
avec la boucle 1seule,
et enfin avec les deux boucles. Les courbes de lafigure
5 montrent les résultats obtenus. Laprésence
de la seconde boucle
permet
d’obtenir unsystème
stable sur des durées
beaucoup plus longues.
FiG. 5. - Enregistrements de l’intensité de sortie en fonction du temps.
(*) Nous remercions le groupe laser du laboratoire de spec-
troscopie herztienne de l’ENS pour le prêt de l’interféromètre qu’il a conçu et réalisé.
412
En ce
qui
concerne la stabilité enfréquence
les pre- mières mesures faitesprécédemment
sur un laser ordi- naire[8]
ont donné par la méthode des battements dephotons,
utilisant un laserSpectra-Physics
modèle119,
une stabilité inférieure à ±
0,5
MHz. Ici nous avonsFIG. 6a. - Sans boucles de stabilisation (temps de pose 10 mn).
FIG. 6b. - Avec les deux boucles (temps de pose 10 mn).
FIG. 6. - AnalysP au Pérot-Fabry de la fréquence du laser ; échelle 30 MHz par division.
seulement
analysé
lafréquence
de sortie avec un Pérot-Fabry (Tropel
modèle420)
dont lepouvoir
de réso-lution est d’environ 7
MHz,
sur une durée de l’ordrede 10 mn
(Fig. 6).
Lesfigures
5 et 6permettent
d’éva- . luer la stabilité enfréquence
à environ +0,5
MHz.On
peut
noter que le fait de faire varier la tension de référence de la boucle2, permet
derégler
lapuissance
de sortie du laser de
façon
continûmentvariable,
lepoint
de fonctionnement sedéplaçant
sur la courbeP3.
L’utilisation du Lamb
dip magnétique permet
d’éviter la modulation defréquence supplémentaire superposée (d’environ
5MHz), qui
existe dans toutsystème
utili-sant le Lamb
dip classique (inapplicable
à cemontage).
Ici le mode reste fixe et le
profil Doppler
estdéplacé
par effet Zeeman. De
plus l’amplitude
choisie pourHl, qui peut
être choisie relativementgrande, permet
d’avoir un meilleurrapport signal/bruit.
La stabilité enfréquence peut être
nettementsupérieure
à celle obtenue par le Lambdip classique.
Lafréquence
stabilisée est accordable dans un domaine dequelques
centaines deMégahertz, grâce
auchamp
continuHo.
La stabili-sation de la seconde cavité
peut
se faire directement àpartir
de la courbeP2
enprélevant
une faiblepartie
du
signal.
Il suffit de seplacer
en unpoint
de la courbeoù la
pente
n’est pas nulle et de comparer à une ten- sion ’de référence. Toute fluctuation de lapuissance
utile
P2
est alorsdirectement, corrigée.
Conclusion. - Nous avons
proposé
une nouvelleméthode de stabilisation d’un laser monomode de
puissance qui
utilise une référenceatomique
basée surle Lamb
dip magnétique.
Unepremière
boucle decontre-réaction stabilise la
fréquence
du laser et uneseconde l’intensité de sortie. Pour tester les
possibilités
ultimes de la méthode il serait nécessaire de réaliser deux
exemplaires identiques
et d’étudier leur battement.Bibliographie [1
] Voir parexemple :
GREYTAK
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