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Microstructure, relations d'orientation et comportement électrique intergranulaire dans YBa2Cu3O7-x

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00246072

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00246072

Submitted on 1 Jan 1989

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Microstructure, relations d’orientation et comportement électrique intergranulaire dans YBa2Cu3O7-x

J.Y. Laval, M. H. Berger, C. Delamarre, H. Zeng, A. Dubon

To cite this version:

J.Y. Laval, M. H. Berger, C. Delamarre, H. Zeng, A. Dubon. Microstructure, relations d’orientation et

comportement électrique intergranulaire dans YBa2Cu3O7-x. Revue de Physique Appliquée, Société

française de physique / EDP, 1989, 24 (5), pp.489-494. �10.1051/rphysap:01989002405048900�. �jpa-

00246072�

(2)

Microstructure, relations d’orientation et comportement électrique intergranulaire dans YBa2Cu3O7-x

J. Y. Laval, M. H. Berger, C. Delamarre, H. Zeng et A. Dubon

Laboratoire des Microstructures CNRS-ESPCI, 10 rue Vauquelin, 75231 Paris Cedex 05, France

(Reçu le 9 décembre 1988, révisé le 13 février 1989, accepté le 14 février 1989)

Résumé.

2014

Afin de mettre en évidence l’influence de la structure intergranulaire sur le courant critique, dans

les céramiques supraconductrices YBa2Cu3O7-x, nous avons cherché à corréler le comportement électrique

des joints de grains à leur cristallochimie. Dans ces matériaux, on distingue trois types de joints : les joints généraux, les joints admettant au moins un plan d’interface (001) avec ou sans relation de coïncidence et les

joints de coïncidence admettant différents plans d’interface. Dans certains cas, ces joints peuvent contenir une phase intergranulaire. Par ailleurs, la distribution des barrières électriques aux joints obtenue par la méthode des microélectrodes montre une très petite proportion (quelques % maximum) de joints ayant une barrière suffisamment faible. On en déduit que seuls certains types de joints de coïncidence pourraient assurer des

chemins de percolation efficaces pour le courant supraconducteur.

Abstract.

2014

In order to point out the impact of the intergranular structure on the critical current in

superconducting ceramics YBa2Cu3O7-x, we tried to correlate the electrical behaviour of grain boundaries to their crystallochemistry. Three types of grain boundaries can be distinguished : general boundaries,

boundaries which admit at least one (001) interface plane with or without coincidence relationships and

coincidence boundaries with various interface planes. In some cases these boundaries can hold an intergranular phase. The distribution of electrical barriers at boundaries obtained via the microelectrodes technique,

indicates a very small ratio (a few % maximum) of boundaries presenting sufficiently weak a barrier. It is inferred that only a few types of coincidence boundaries would allow efficient percolation path for the superconducting current.

Classification

Physics Abstracts

74.70

-

68.22

1. Introduction.

Les céramiques supraconductrices polycristallines

frittées de type YBa2Cu307 - x n’ont pu fournir

jusqu’à présent des courants critiques supérieurs à 103 A/cM2. On atteint par contre, par la technique

de dépôt de couches minces, des courants critiques

de 106 A/cM2. Il est fondamental de comprendre les

causes d’un tel écart. Les différences essentielles entre les deux types de matériaux, résident dans les variations d’orientation entre les grains et dans le comportement même des joints de grains dans les polycristaux. Le courant critique est inversement

proportionnel à la résistivité du matériau qui est

, 2 x 10-4 Ocm, juste au-dessus de T,, pour les

céramiques les plus performantes [1]. On voit donc que seuls les joints de grains présentant des barrières de potentiel extrêmement faibles seront susceptibles

de ne pas atténuer gravement le courant critique.

Nous nous sommes tout d’abord proposés d’étudier

les relations d’orientation entre les grains, puis de

mettre en évidence l’incidence éventuelle de ces

relations d’orientation sur la microstructure intergra-

nulaire et enfin de considérer la distribution des barrières de potentiel électrique aux joints en fonc-

tion des conditions de préparation.

2. Matériaux et méthodes expérimentales.

2.1 MATÉRIAUX. - Nous avons essentiellement considéré des matériaux YBa2Cu3O7-x frittés suivant la voie conventionnelle : mélangeage, broyage, compactage, frittage sous oxygène vers 950 °C et

refroidissement lent sous oxygène. Par ailleurs, nous

avons commencé à comparer ces céramiques avec

celles obtenues au laboratoire, à partir de produits lyophilisés, dont l’optimisation est en cours.

2.2 MICROSCOPIE ÉLECTRONIQUE. - Ces maté- riaux ont été étudiés, après pré-amincissement méca- nique et amincissement ionique (ions argon, 6 keV)

à l’aide d’un microscope électronique JEOL 100CX

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01989002405048900

(3)

490

en transmission et à balayage en transmission (TEM- STEM). L’analyse des différentes phases intergranu-

laires a été faite par microanalyse X (STEM-EDX).

La diffraction électronique d’aire couplée à un

programme de calcul informatisé [2], nous a permis

de déterminer les relations d’orientation entre grains adjacents.

2.3 MESURES ÉLECTRIQUES.

-

La méthode expéri-

mentale de mesure des barrières de potentiel est la

même que celle déjà utilisée pour les ferrites [3].

On prépare des parallélépipèdes rectangles (1 mm x 1 mm x 6 mm) polis à la pâte diamant (1 03BCm) suivant une face longitudinale et deux faces

latérales. Afin d’éviter toute réaction de surface, le plissage est effectué en milieu non aqueux ; on utilise ici une huile légère. Ces échantillons sont ensuite fixés à de petits plots de laiton grâce à la

résine époxy conductrice Tek H20E. L’ensemble est alors soumis à une différence de potentiel (ddp)

continue et l’on mesure la chute de potentiel au

passage d’un joint au moyen de microélectrodes de

tungstène, préparées par polissage électrolytique.

Le schéma de montage est présenté sur la figure 1.

Le positionnement des microélectrodes est réalisé

sous microscope optique, par micromanipulation à

l’aide d’un système pneumatique.

MICRQSCOPE

Fig. 1.

-

Schéma de montage de la méthode de mesure

des chutes de potentiel par microélectrodes.

[Schematic mounting for local OV measurements.]

3. Microstructures.

3.1 OBSERVATION PAR MICROSCOPIE OPTIQUE.

-

Les échantillons observés se caractérisent par une forte proportion de grains allongés dont le « rapport d’aspect » est de l’ordre de 5. La taille des grains

varie de quelques 03BCm à quelques dizaines de 03BCm

(Figs. 8a et c).

3.2 OBSERVATION PAR MICROSCOPIE ÉLECTRONI- QUE (TEM).

3.2.1 Structure intragranulaire.

-

Les grains présen-

tent le contraste caractéristique du maclage lié à la

transformation quadratique-orthorhombique que subit le matériau au cours de l’élaboration. Les plans

d’accolement entre les différents individus de macle sont du type { 110 } . La largeur des domaines varie entre 40 et 80 nm.

D’autre part, en imageant les plans réticulaires

(001), on met en évidence de nombreuses variations de périodicité selon [001], dues à l’existence de défauts plans correspondant vraisemblablement à l’insertion de plans atomiques supplémentaires dans

la structure YBa2Cu307-x, parallèlement à (001) [4].

3.2.2 Structure intergranulaire.

-

L’observation en

TEM de la microstructure du matériau fritté conven-

tionnel, fait apparaître, a priori, deux types de joints

de grains, qui se distinguent par la présence ou

l’absence d’une seconde phase intergranulaire, répartie de façon homogène sur toute la longueur du joint. De plus, l’existence et la morphologie de cette phase dépendent des relations d’orientation entre les

grains.

4. Relations d’orientation et structure intergranu-

laire.

4.1 RELATIONS DE COÏNCIDENCE.

-

Dans un maté- riau polycristallin, on définit une relation de coïnci- dence entre deux grains adjacents par le rapport £

entre le volume de la maille élémentaire du réseau de coïncidence des deux grains et celui du réseau de chacun des grains [5]. Il a été montré qu’à des £ de

bas indices correspondent des minima d’énergie

pour les joints [6] si les plans de contact sont denses

en noeuds de coïncidence. Nous avons appliqué cette

notion à l’étude de YBa2Cu307-x’ Le maclage et la

valeur des paramètres orthorhombiques a

=

0,382 nm, b

=

0,388 nm, c = 1,167 nm du matériau

étudié, nous ont conduit à faire l’approximation

a

=

b et c

=

3 a

=

3 b, avec une erreur relative inférieure à 2 %. On considère alors le réseau

quadratique particulier dont le volume de maille est trois fois le volume d’une maille cubique, ce qui permet une détermination plus simple des indices de

coïncidence entre les différents grains.

On définit : £Q

=

# avec VC

=

volume de la

vQ

maille de coïncidence et vQ

=

volume de la maille

quadratique.

4.2 STRUCTURE INTERGRANULAIRE.

4.2.1 Joints généraux.

-

Les joints généraux sépa-

rent deux grains adjacents sans relation de coïnci-

dence. On observe souvent dans ce type de joint la

(4)

Fig. 2.

-

Joint général. Phase intergranulaire d’épaisseur 20 nm.

[General boundary. Intergranular phase (thickness

=

20 nm).]

Fig. 3.

-

Joints admettant les plans d’interfaces (001),

sans relation de coïncidence : a) seconde phase vitreuse (détection de Si par microanalyse X) ; b) seconde phase

cristalline (épaisseur 25 nm).

[Grain boundaries with (001) interfacial planes, no coinci-

dence relationships : a) glassy intergranular phase (Si is

detected by STEM-X-ray energy selective microanalysis) ;

b) crystalline intergranular phase (thickness 25 nm).] ]

(5)

492

présence d’une seconde phase vitreuse ou cristalline,

dont l’épaisseur varie d’un joint à l’autre, de quel-

ques nm à quelques dizaines de nm (Fig. 2).

4.2.2 Joints présentant (001) comme plan de joint.

-

On observe de nombreux points qui présentent le plan (001) comme plan de joint, soit pour l’un des deux grains adjacents, soit pour les deux. De tels

joints lorsqu’ils ne présentent pas de relation de coïncidence contiennent une seconde phase large (10

à 30 nm) vitreuse (Fig. 3a) ou cristalline (Fig. 3b).

Toutefois, on remarque des joints propres dont le

Fig. 4.

-

Joint propre dont l’interface est voisine de (001) (03A3 non déterminé).

Clean » boundary with interfacial planes close to (001) (X is not known).] ]

Fig. 5.

-

Joint 03A3Q = 3. Plans d’interface (001)Q,1 1 et {100}Q,2. Joint propre. On remarque une zone bordant le

joint, dépourvue de défauts plans.

[03A3Q

=

3 boundary, (001 )Q,1 {100}Q,2. « Clean » bound- ary. The grain boundary is bounded by a planar-defect-

free zone.] ]

plan d’accolement est proche de (001) pour les deux

grains (Figs. 4 et 6), pour lesquels il n’a pas été

possible de déterminer les relations d’orientation.

D’autre part, nous avons mis en évidence l’exis- tence d’un nombre significatif de joints 03A3Q

=

3. Les grains correspondants ont l’axe 100>Q en commun.

Le plan de joint admet pour indice (001 )Q pour l’un

des grains et {100} 0 pour l’autre (les axes c sont orthogonaux) (Figs. 5 et 6). Ces joints sont toujours dépourvus de phase secondaire.

On note parfois le long de ce type de joints la présence de zones de 30 à 60 nm d’épaisseur, sans

défauts plans intragranulaires. De telles zones

n’apparaissent que lorsque les joints sont propres

(Fig. 5).

4.2.3 Joints XQ d’indice faible dont le plan de joint

est quelconque.

-

La fréquence de .!O de bas indice

est élevée dans ces matériaux (, 30 %). Mais ces

relations de coïncidence n’impliquent pas forcément

un plan de joint d’indices simples pour les deux

grains. Par exemple, des 03A3Q

=

5 et 03A3Q = 13 a ont

été déterminés pour des grains possédant, dans les

deux cas, un axe commun [001 ]Q ; les deux joints

ainsi caractérisés sont propres, mais les plans

moyens de contact ne sont pas des plans denses des

réseaux de coïncidence.

Fig. 6.

-

Localisation des joints JI et J2 correspondant respectivement aux figures 4 et 5.

[Localisation of grain boundaries JI and J2 from figures 4

and 5.] ]

(6)

4.3 PHASE INTERGRANULAIRE. - La seconde phase intergranulaire peut apparaître sous forme vitreuse

(Fig. 3a) ; nous l’avons caractérisée au moyen des effets induits par les électrons [7]. La figure 7

montre la formation de bulles d’oxygène après radiolyse des liaisons pendantes M-0- (M

=

cations) par le faisceau d’électrons. Ce mécanisme

atomique est caractéristique de la phase vitreuse [8].

La microanalyse X par sélection d’énergie en STEM, indique pour cette phase, résidu de la phase liquide, une composition qui est comprise entre YBa2CU30,, et YBa3Cu40x’ Le deuxième type de seconde phase (Fig. 3b) correspond à une démixtion

en différents oxydes que l’on caractérise par micro- diffraction en STEM.

Fig. 7.

-

Caractérisation de la phase intergranulaire

vitreuse par les effets induits par les électrons (100 kV).

Les effets d’irradiation sont indiqués par les flèches 1. (Les

interfaces sont signalées par les flèches 0394).

[Characterization of the intergranular glassy phase via

electron beam irradiation (100 kV). Induced effects are

arrowed 1. Interfaces are marked by A.] ]

5. Mesures électriques.

La figure 8b montre un exemple de distribution obtenue sur une série de grains contigus dans le cas

d’un matériau fritté conventionnel. Pour une ddp appliquée de l’ordre de 2 V on observe des distribu- tions de chutes de potentiel au joint, 0394Vj, qui se

situent dans la gamme de un à quelques dizaines de millivolts. On ne trouve qu’exceptionnellement

àvi 2 mV.

Si l’on considère maintenant, le cas d’un matériau fritté à partir de poudres lyophilisées (Fig. 8d), on

trouve en général une distribution encore plus large

avec des chutes de potentiel atteignant 100 mV. Par contre, on enregistre un pourcentage plus élevé (quelques %) de joints présentant de très faibles

barrières (quelques mV).

REVUE DE PHYSIQUE APPLIQUÉE. - T. 24, 5, MAI 1989

6. Discussion.

Nous avons montré tout d’abord que la plupart des joints généraux, de forte énergie, présentaient une

seconde phase toujours très épaisse (quelques dizai-

nes de nm). Même si l’on parvient à réduire le taux d’impuretés en optimisant les produits de départ et

les conditions d’élaboration, l’énergie de ces joints

sera toujours suffisamment forte pour donner lieu en l’absence de toute précipitation [9] à une ségrégation intergranulaire notable. A l’opposé, nous avons

observé que les joints de coïncidence tel ..!Q

=

3, qui

se caractérisent par des énergies plus faibles, sont dépourvus de toute phase intergranulaire.

D’autre part, nous avons noté qu’il n’existait qu’un très petit pourcentage de joints présentant de

très faibles barrières de potentiel. Il apparaît donc

que la plupart des joints généraux, de par leur microstructure (joint pourvu d’une phase plus ou

moins épaisse de largeur constante ou donnant lieu à

une ségrégation appréciable), présenteront des bar-

rières élevées. Même s’ils ne constituent pas des barrières isolantes, ils atténueront fortement le cou- rant critique. A l’inverse, certains joints spéciaux,

tels que par exemple 03A3Q

=

5, pourraient assurer un

chemin de percolation pour le courant supraconduc-

teur dès l’instant où la force de piégeage des vortex

par ces interfaces est suffisante.

Enfin, les résultats obtenus jusqu’à présent, à partir de produits lyophilisés, laissent présager la possibilité d’augmenter la proportion de joints possé-

dant de faibles barrières.

z

7. Conclusion.

Cette étude montre qu’afin d’améliorer les perfor-

mances des oxydes supraconducteurs frittés, il est indispensable de relier la cristallochimie des joints à

leur comportement électrique et aux conditions

d’élaboration.

A l’heure actuelles, quelle que soit la méthode

utilisée, le pourcentage de joints qui n’atténuent pas sensiblement le courant critique, demeure insuffi- sant. Non seulement ces joints doivent posséder des

barrières électriques faibles à l’état normal mais de

plus ils doivent pouvoir piéger les vortex à l’état supraconducteur. Il s’avère indispensable de bien distinguer les joints de coïncidence susceptibles

d’assurer un chemin de percolation pour le courant

supraconducteur, par opposition aux joints généraux qui vont constituer un obstacle à la propagation de

ce courant.

Remerciements.

Nous remercions vivement, de leur aimable et amicale collaboration, nos collègues : J. P. Fitoussi

et Mme F. Lacour pour l’élaboration des échantil- lons ainsi que G. Beauvais et Mmes S. Beurel et A. M. Martineau pour leur assistance technique.

34

(7)

494

Fig. 8.

-

Granulométrie et distribution des chutes de potentiel intergranulaires : (a, b) fritté conventionnel ; (c, d) fritté

à partir de poudres lyophilisées.

[Grain morphology and intergranular voltage drop off scan on samples prepared by usual ceramic route (a, b) and via

freeze-drying technique (c, d).]

" /

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