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Étude de la structure de l’acide nitrique et du nitrate de
méthyle
Jean Chedin
To cite this version:
ÉTUDE
DE LA STRUCTURE DE L’ACIDENITRIQUE
ET DU NITRATE DEMÉTHYLE
Par M. JEAN CHEDIN,Laboratoire central des Poudres.
Sommaire. 2014 On étudie dans
cette note les rapports entre le spectre et la structure des édifices atomiques suivants :
Ion NO-3, molécule NO22014OH (acide nitrique à 100 pour 100), molécule CH32014O2014NO2 (nitrate de méthyle).
On montre le passage du spectre de l’ion NO3- à celui de la molécule NO22014OH. Les formules de la méca-nique classique permettent de calculer avec une bonne approximation le spectre de la molécule NO2OH à partir des valeurs usuellement admises pour les forces de liaison f0-0 et fN-0. Ces calculs confirment l’existence de la forme unique NO22014OH dans l’acide nitrique à 100 pour 100 (unique à de petites quantités près d’anhydride azotique N2O5). L’imprécision relative de ces calculs ne permet toutefois pas de trancher entre plusieurs formes possibles et voisines du groupe 2014NO2.
On étudie ensuite la molécule de nitrate de méthyle. On conclut à une forme non plane, les
atomes 2014O2014NO2 étant dans un plan et possédant le plan de symétrie perpendiculaire, l’atome de
carbone C étant situé dans ce plan de symétrie.
Introduction. - Avant d’aborder la
question
de la structure de la molécule de nitrate de
méthyle,
nous avons
repris
celle de la molécule d’acidenitrique.
L’acidenitrique
tant dilué(ion NOI)
qu’aux
concentrations élevées(molécule N02 - OH)
a été abondamment étudiépar la spectrographie
Raman. L’ionNOI
a été reconnuplan
etpossédant
lasymétrie
à notre connaissance lespectre
et la structure de l’acidenitrique
non dissocié n’ontpas été
complètement expliqués.
Notre but est de montrer que l’examen des
spectres
et les considérations desymétrie permettent
de passer duspectre
et de la structure de l’ionNO-;-à ceux de l’acide non dissocié
N02 -
OH et à ceuxdu nitrate de
méthyle.
Autantqu’il
sepouvait,
on acherché à confirmer les conclusions obtenues en
utilisant les formules
théoriques qui
permettent
enprincipe
de calculer lespectre
Ramanlorsque
sontconnues la structure et les forces
interatomiques
de la molécule.La
bibliographie
concernant l’acidenitrique
n’a pas été donnée ici dans tous sesdétails,
elle setrouve dans le travail que nous avons
publié
comme thèse.Nous avons
reproduit
les formules de Lechneret de Radakovik avec les notations
qui
leur sont affectées dans les Traités sur l’Effet Raman de Kohlrausch(Der
Smekal-RamanEffekt,
1 etII).
I. L’ion
N0,.
L’ion
N03,
c’est-à-dire l’acidenitrique
dilué,
les solutions aqueuses des nitrates minéraux... ontété
l’objet
de nombreuses étudesqui
ontpermis
de conclure que l’ionNOy
estplan,
les 3 atomes 0 sontdisposés
aux sommets d’untriangle
équilatéral
dont l’atome N occupe le centre. Possédant4
atomes,il a 3
X 4
- 6 = 6fréquences
propres de vibration. Mais comme il relève de lasymétrie
D..,,/,(un
axevertical d’ordre
3),
sur les sixfréquences,
quatre
se réduisent à deux dont chacune est doublement
dégénérée,
lacinquième
est interdite dans l’effet Raman. Iln’y
a donc que troisfréquences
Raman dont les valeurs moyennes sont :Mi ioio cm-I -
Synlétrique -
Polarisée ;c,>,,, =
I3go
Dégénérée
double -Dépolarisée ;
(1)3,b =
720 C111-1 - Dégénérée double -
Dépolarisée;
Dans la
figure
i a sontreprésentés
les modes de vibrationcorrespondants.
Il reste à se demanderquelles
sont les forcesqui
maintiennent cesystème
en
équilibre.
Fig. i b. Fig. T a.
A
priori
il semble que l’onpuisse
faire deuxhypothèses :
I ~ L’atome N est lié à
chaque
atome 0 par unedouble liaison
(fig.
1b).
Dans ce cas, les atomes 0 étant saturés ne doivent exercer entre eux que desforces faibles. Un tel
système s’interpréterait
le mieux dansl’hypothèse
des forces de valence.Il est à remarquer dès maintenant
qu’un
telsystème
danslequel
N seraitplus
quepentavalent
est fort peuplausible.
20 L’atome N est lié à
chaque
0 par une liaisonsimple. Chaque
atome 0 conserve alors un électron de valence libre. Onpeut
penser que les atomes 0 sont liés entre eux par des liaisonsmonoélectroniques.
dont la forcecorrespond
à peuprès
à la moitié de la force de la liaisonsimple
N : 0b).
Pour trancher entre ces deux
hypothèses
onpeut
rechercher
quelle
est cellequi
permet
le mieux de calculer lespectre
àpartir
des données.1. Calcul du
spectre
deN03
dansl’hypothèse
des forces de valence. - Pour cetype
de structure les formules de Lechner sont les suivantes :N02 OH (symétrie C2,,).
Fig. 2 b. Fig. 2 a.
Fig. 3. -
Spectres Raman de l’ion N03-et de l’acide nitrique anhydre.
Dans ces
formules,
F est la force de la liaison N =0,
w
d la force de maintien des
angles
ONO(fig.
nl, n24’ ... sont reliés aux valeurscorrespon-dantes de o) en cm-1 par
On ne
peut
appliquer
ces formules que si F et dsont connus. La méthode suivante a été
utilisée,
on est
parti
de valeursapprochées
de F et d et l’ona
comparé
lespectre
calculé ainsi auspectre
observé.On sait que la force de la liaison
simple
N - 0 varie peu(selon
les molécules danslesquelles
elle setrouve
engagée)
autour de[h5
X 105dynes/cm
(on
en verraplus
loin unejustification),
la force de la liaison double N = 0 est environ ledouble,
soit 9 x T 05dynes/cm;
d a été choisiégal
à 1 X I05
dynes/cm,
on verraplus
loinpourquoi.
La
figure
4
permet
de comparer lespectre
calculé(no 1)
et lespectre
observé(no
2).
L’accord est médiocre.w--w i t 1
Fig. 4. -
Spectre observé de l’ion N03 et spectres calculés.
2. Calcul du spectre de l’ion
N0~
dansl’hypo-thèse des liaisons
oxygène.
-- Dans cecas, il y a lieu d’utiliser les formules
auxquelles
conduitl’hypothèse
des forces centrales. Les formules suivantes ont été établies par Radakovick :Dans ces formules
f et f
sont les forces derappel qui
s’exercent respec-tivement entre l’atome N etchaque
atome0,
et entre 2 atomes 0.P,
paramètre
àdéterminer,
qui
serait nul dans le cas d’une molécule nonplane.
Voyons
àquoi
conduisent ces formules ensuppo-sant que
f correspond
à une liaisonsimple
N :0,
on
prendra
doncf
=4,4
X I05dynes/cm"
etIf
àune liaison
monoélectronique
ou demi-valence 0 , 0-.Le
spectre
Raman de H202permet
de calculer la valeur de la force de la liaisonsimple
0 : 0,
ontrouve
3, go
X 105dynes/cm ().
La force de la liaisonmonoélectronique
0.0 doit être très voisine de la moitié de cette valeur.Nous avons fait le calcul avec
La
première équation
conduit alors à447
On ne
peut
calculercomplètement
n~, et n~ .; àcause de la
présence
au deuxième membre du para-mètre inconnu P. Nous avonsprocédé
ainsi :Partant maintenant de
l’équation (3)
et nousdonnant la valeur du
premier
membred’après
les valeurs observées de (,)2. et (,).1.:. onpeut
calculer P.On trouve
(2)
permet
alors de calculer n;!,’J. ~~ X n;;, ,.Connaissant
~- n;~,~
etn~,
f x on calculeimmédiatement W2.. et w.:. ,.
~’ ’
On arrive ainsi à
qui présentent
un accord excellent avec les valeurs observées(1
38o et730
Onpeut
comparer sur lafigure
fi
lespectre
observé et lespectre
calculé(no 3).
C’est le
système
àsymétrie D3h
et avec forces centrales1 1 1 .. --, 1
_1-qui
rendcompte
le mieux duspectre
Raman observé. C’est donc cetype
de structurequ’il
y a lieud’ad-mettre pour l’ion
NOI.
II. Acide
nitrique
non dissocié ou moléculeN02---OH.
a. Modèlespossibles
de la moléculeKohlrausch a montré que la molécule d’acide
nitrique
non dissocié a la formepseudo-acide
N02-
OH.Rappelons
que toutes les molécules renfermant le radical- N02
(nitro-paraffines, nitro-aromatiques,
nitratesorganiques,
acidenitrique
nondissocié...)
possèdent
troisfréquences
propresqui correspondent
à des raies Ramanrespectivement
voisines deô (s )
= 550 cm-l, vs = l30o cm-’, y~,~ = J600 Enpremière approximation,
c’est-à-dire ensuppo-sant que les vibrations du radical
N02
ne sont pasinfluencées par celles du reste de la
molécule,
onpeut
considérer ces trois raies commecorrespondant
aux troisfréquences
de vibration du groupetriato-mique - N0~ (fig.
5a).
Apartir
de cesfréquences
et à l’aide des formules relatives à la molécule
triatomique symétrique
on calcule aisément la force derappel
F de la liaisonNO,
la force dqui
(2) Jean CABANNES, Annales de Physique, 1932, t. 18, p. 321~.’l-1-1
s’oppose
à la variation del’angle
ONO,
et cetangle
même a. On trouve que pour tous les dérivés nitrés et
nitratés, F
ainsi calculé reste voisin de 9 x 105dynes/cm.
On donne dans lafigure
5 b les résultatsobtenus
pour le nitrobenzène(Cabannes),
le nitrométhane et l’acide
nitrique.
Ce n’est là toutefois
qu’une
approximation,
elle nepermet
pasd’expliquer
entièrement lespectre
de l’acidenitrique
ni sa structure. Il faut pour cela considérer les vibrations de l’ensemble desquatre
atomesN03 (l’atome
Hn’ayant qu’une
influencenégligeable).
Fig. 5 a. Fig. 5 b. Fig. 5 a. - Modes de vibration du radical
Fig. 5 b. -
Fréquences propres du groupe NO, dans quelques molécules du type X-N02. Valeurs correspondantes de F,
d et OE calculées dans l’hypothèse simplificatrice d’une
indé-pendance complète des vibrations du radical N02 et de celles du reste de la molécule.
Considérons
l’ionNO-s (fig. 7 a).
Les forcesqui
assurent sonéquilibre
sont les trois forces de valencesimple
N : 0 et les trois forces de demi-valence entre les atomesd’oxygène.
Onpeut
penser quelorsqu’on
passe de l’ion à la molécule d’acidenitrique N02 -
OH,
les deux liaisonsO1O2
et0,0,
de l’ion s’ouvrent et l’atome H se trouve lié à l’atome01
par une liaisonsimple.
Les demi-valences0,0,
et0,0,
issues de02
et03
sereplient
selon
02N
etON
saturant ainsi la liaison demeurée libre de N-. Mais au delà, troishypothèses
sontpossibles :
T 0 La liaison
monoélectronique O2O3
peut
subsister et l’on a laconfiguration b’
ou c’. L’atome N serait alorstétravalent;
20 Le
déséquilibre
introduit dans la molécule par larupture
des liaisons0,0,
et0,0,
peut
faire que la liaisonmonoélectronique 0,0,
s’ouvreégalement
en se
repliant
àpartir
deO2
et0,
selon02N
et0,N.
On aurait alors laconfiguration
b ou c(les
deux demi-liaisons02N
et0,N
étantéquivalentes
à une liaisonsimple ordinaire).
Dans ce cas l’atome N seraitpentavalent;
30
Enfin,
les vuesélectroniques
deLewis,
sur lavalence,
conduisent à une troisièmehypothèse.
Sil’on admet
qu’un
atomeengagé
dans une moléculene
peut
être entouré deplus
de 8 électrons(octet
électronique),
l’atome Nqui
enpossède
5 doit êtreapportent
les 3 électrons nécessaires pourcompléter
son octet.Cependant
ilpeut
présenter
une valencesupérieure,
et de lafaçon
suivante :Considérons la molécule d’acide
nitrique
HO -N0102
et supposons N uni par une liaisonsimple (2
électronscommuns)
àl’oxhydrile
OH etpar une liaison double
(4
électronscommuns)
à l’atomeO1.
L’atome N est alors saturé; il est entouré de 8 électronspériphériques :
6qui appartiennent
également
aux atomes01
et 0 et constituent lesliaisons,
et 2qui
luiappartiennent
en propre.L’atome N
peut
céder cette dernièrepaire
d’électrons à l’atome0, lequel
se trouve lié à N par un doubletélectronique
normalauquel
il n’a pas collaboré. L’atome Nporte
alors lacharge
+ e et0,
lacharge
- e. Ceci estpossible
parce que 0qui
possède
6 électronspériphériques
peut
«accepter
»une
paire
d’électrons sans que le nombre de ceux-ci excède 8. Il se trouve même que cettepaire complète
exactement l’octet de l’atome0~ qui
est ainsi saturé. L’atome0,
se trouve alors entouré de 8 électrons dont 2 sont «partagés
» et 6 luiappartiennent
enpropre, alors que
01
est entouréde Ci.
électrons«
partagés »
et ij
à luiseul,
N est entouré de 8 élec-trons «partagés
»La
représentation électronique (3)
peut
aussi s’écrireL’atome N
présente
ainsi 4
valences nonpolaires
et une valence
polaire,
de même que dansLa liaison
N -
0 est aussiappelée
« double liaisonsemi-polaire
».Les formules
(1)
et(2) présentent
toutefois unedissymétrie
qui
n’est pas d’accord avec les conclu-sionsqui
résultent de l’examen desspectres.
Leplan
bissecteur del’angle O1N02
doit être eneffet,
plan
desymétrie
de la molécule. Le modèle suivantpermettrait
au contraire de concilier les deuxpoints
de vue :( Le trait pointillé représente une demi-valenee ou liaison
à 1 seul électron.)
(3) On trouvera l’exposé détaillé de ces considérations et
les formules (1) et (2) dans Parachor and Valency de SUGDEN.
Il est
symétrique
et satisfait à larègle
de l’octet.Chaque
atome est entouré de 8 électronspériphé-riques
(les
atomes 0possèdent
chacun 3 électronspartagés
et 5 enpropre);
tout se passe comme si N avait cédé àchaque
atome 0 un électronqu’il
partage
avec lui.On se trouve donc devant trois modèles
possibles :
!~T pentavalent. N qua(Irivaleiit. N quadvivalent + 1 yalenee polaire
Nous reviendrons
plus
loin sur laquestion
desavoir
lequel
de ces modèles semblereprésenter
avec le
plus
de fidélité la moléculeN02 - OH.
Pour l’instant bornons-nous à remarquer que les trois formes(I),
(II)
et(III)
présentent
les mêmes éléments desymétrie,
dessystèmes
de forces derappel
peu différents et que cette distinction estsans
importance
pour la discussion duspectre
et l’attribution desfréquences.
b.
Interprétation
duspectre
de la moléculeN02-OH. -
Quand
on passe de l’ionNO-;
à la molécule on passe dutype
desymétrie D3h (ion
autype
C2Y,
deuxplans
desymétrie perpendiculaires :
leplan
des atomesN, 0,
0,
0- et leplan
perpendiculaire
passant
par la liaisonsimple
N : 0. Les modifications ainsiapportées
à l’ionNOI
entraînentpeut-être
une variation del’angle
des valences.Désignons
par 2 exl’angle
desdeux liaisons doubles. On a vu par les résultats
approximatifs
de lafigure
5 b quel’angle 2
« restevoisin de
Nous allons montrer
qu’un
telsystème
permet
de rendrecompte
complètement
duspectre
observé de l’acidenitrique.
Les modes de vibration d’unsystème
àquatre
massespossédant
cettesymétrie
sont connus(4) ;
les sixfréquences
Raman sont actives. Lesfréquences
W2.4 et Mgg doublementdégénérées
de l’ionNO ï
se dédoublent dans le casde
N02 - OH
en &.)2’ c~4 et &.)3’ w5. Les six modes de vibration sont décrits dans lafigure
2 a.On sait que le
spectre
de l’acidenitrique
se composedes raies :
449
Écartons
de cespectre
la raie faible 1527
cm-1qui
n’est autre quel’harmonique
L’attribution des
fréquences
restantes est facile :WI et W4
(voir fig.
2a) qui
sont les oscillations de valencesymétrique
etantisymétrique
du groupeN02
sontrespectivement i 2~6
cm-1(polarisée)
eti
67o
cm-1(dépolarisée). A W2’
oscillationsymé-trique
devalence,
nous faisonscorrespondre
la raie 922 cm-1(polarisée).
Enfin les
fréquences
de déformation cog et W 5correspondent
aux raies607
et671
1 cm-1. La vibra-tion c~3 devrait donner lieu à unefréquence
polarisée.
Il se trouve que les deux
fréquences
607
et6;
1 sontl’une et l’autre
dépolarisées
ou très faiblementpolarisées.
Il n’est donc paspossible
d’attribuer avecplus
deprécision
lesfréquences
w 3 et W 5’La
figure
3 montre le passage duspectre
de l’ionNOI
à celui de la moléculeN02 -
OH.c. Calcul du
spectre
de la molécule N02OH.-Nous allons
justifier
l’attribution desfréquences
qui
vient d’être faite en lescomparant
aux valeursauxquelles
conduit le calcul de cesfréquences.
Dans le cas de la molécule
plane
à4
atomes, àsymétrie C2Y,
telle queN02 -
OH,
Lechner a établi les formules suivantes :Dans ces formules
f 1
est la force de la liaisonsimple N - OH, /2
celle de chacune des deuxliai-sons N - 0 du
groupe
sont lesforces de
résistance
à la déformation desangles.
Dans les calculs que nous avons effectués nous
avons
pris 2
x =pour
simplifier.
Cette valeur constitue certainement une bonneapproximation
(la
valeurapprochée
trouvée en considérant le groupeI02
comme une moléculetriatomique
libreest 2 x = I I c~~,
figure 5
b).
A
partir
de valeurs données defi,
f 2, dl, d2
cesformules
permettent
de calculer (,)1’ ..., 1 ’e 5.La force de liaison
simple
N - 0 estd’envi-ron
,5
X 105dynes/cm.
Le calcul ne
permet
pas de voirlaquelle
des trois formes(I),
(II), (III)
est laplus
vraisemblable. En effet les valeurs de G~ 1, ..., 1 W 5 calculées avec :présentent
à peuprès
le même accord moyen avec lespectre
observé(5).
La
figure
6permet
lacomparaison
duspectre
observé et duspectre
calculé avecFig. 6. -
Spectre observé et spectre calculé de l’acide nitrique à i oo pour oo.
D’après
les formules donnéesplus
haut,
on calcule G~ 4 en résolvant uneéquation
du seconddegré.
(,)1’ (,J2’ (,)3 sont les racines d’uneéquation
cubique,
on les détermine parapproximations
successives.
(5) Il est peut-être bon d’ajouter qu’on ne saurait exiger des formules permettant le calcul des spectres lorsqu’on a reconnu la structure de la molécule, une précision très grande. Ces formules sont en effet obtenues en faisant sur les forces
interatomiques des hypothèses arbitrairement simples qui seules permettent les calculs : dans l’hypothèse des forces de valence, on suppose des forces f de rappel dirigées selon les traits de valence et des forces d beaucoup plus faibles s’opposant à la déformation des angles; dans l’hypothèse des forces centrales, on suppose toujours des forces f selon les traits de valence, et également des forces f’ plus faibles
entre ~ atomes quelconques non liés chimiquement (forces l’ qui peuvent correspondre à des valences résiduelles plus ou
moins fortes). L’interaction des atomes dans la molécule
est certainement plus complexe, néanmoins ces formules
On voit
qu’on
arrive à un très bon accord entre lespectre
calculé et lespectre
observé. Cela confirmel’interprétation
précédente
duspectre
de l’acidenitrique
et aussi la structureplane
àsymétrie
C2r.
’t - v ’-’ ..., """’"
Fig. 7. -
Passage de l’ion NO, à la molécule OH. Lorsqu’un atome H est lié à l’atome Ol, les deux
demi-liaisons 0102 et 0,0, se rompent et se replient (fig. b).
d. La forme III
est la
plus
probable.
- L’examen desspectres
nous + apermis
p d’écarter le modéleH0-À§£
mais il,
ne
permet
pas de trancher entre les formes(I), (II)
et(III).
’
D’autres
considérations, toutefois,
font penser que la forme(III)
est la
plus
voisine de la vérité.10 Elle est en accord avec les vues
électroniques
d’après lesquelles
l’azote nepeut
être que trivalent ou bienprésenter
quatre
valences libres + une liaisonpolaire.
La forme(III) appartient
à cedernier cas, de même que TT
20 Elle
explique
defaçon
évidente le momentdipolaire
élevéqui
esttoujours
associé auradical -
~102;
3
Sugden
(loc. cil.) proposait
pour le radical+
, ,la forme que, outre la raison citée en 1°, la valeur catculée du
parachor qui
luicorrespond
(74)
est en bon accord avec la valeur mesurée(73);
au/o
contraire la valeur calculée pour la forme -N 0
estp
0
trop
élevée(95).
Or le modèleconduit à une valeur calculée du
parachor
égale
à environ76
qui
est très voisine de la valeur mesurée.Résumé. - L’examen des
spectres
permet
de conclure que l’acidenitrique
à 10o pour 100 est constitué par une seule forme moléculaire(elle
suffit à rendre
compte
de toutes les raies duspectre
dont il semble que le modèlel
constitue une
approximation
trèssatisfaisante).
)
Nitrate de
méthyle
r
Dadieu,
Jele et Kohlrausch ontpublié
enig3i
I(6)
des
spectres
trèscomplets
des nitrates deméthyle,
éthyle,
propyle,....
C’est à la suite de ce travail etvu la
grande analogie
desspectres
de ces nitrates avec celui de l’acidenitrique
à 100 pour 100qu’il
a été conclu à la forme «
pseudo-acide
» HO --N02
s de ce dernier.
Depuis
Médard(7 )
a obtenu lesspectres
t
(6) Monaishefte f ür Chemie, octobre I g3 I, t. 58, p. 428.
~
’ Journal de Chimie physique, 1934, t. 31, p. 281; r 35j
451
des nitrates
d’alkyles
normauxjusqu’au
nitrate dedodécyle.
D’autres auteurs ontpublié
desspectres
moinscomplets.
Nous avons obtenu un
spectre
du nitrate deméthyle
qui
est en excellent accord avec ceux deKohlrausch et de Médard. Nous avons de
plus
mesuréquantitativement
les facteurs dedépolari-sation p
des raies lesplus importantes (le
modeopératoire
des mesuresquantitatives
du facteur dedépolarisation
des raies a été décrit dans notretravail de thèse
déjà cité).
Nous donnons ci-contre les résultats deDadieu,
Jele, Kohlrausch,
ceux deMédard,
ainsi que les nôtres et les valeurs de o que nous avons mesurées.Les indications
tf, f,
m,F,
TFsignifient
selonl’usage,
intensité trèsfaible, faible,
moyenne,forte,
très forte. Le tableau est limité aux raiescomprises
entre o et 1 700cm-1;
les vibrations de valencedes atomes
d’hydrogène
n’y
figurent
donc pas. Si l’on fait abstraction des atomesd’hydrogène
qui
n’affectent pas sensiblement les vibrations de lachaîne,
on se trouve devant une molécule à 5atomes,
qui
doit par suiteprésenter
3 X 5 -- 6 =9 fré-quences propres de
vibration,
dont4
de valence et 5 de déformation.Du
spectre
du nitrate deméthyle
il faut retirer les raies : 1 170 -1 440
- 2968
- 3057
cm-1qui
sont dues aux atomesd’hydrogène
et ne nous inté-ressent pas pour le moment. La raie faible1 527
s’explique
comme dans le cas de l’acidenitrique,
c’estl’harmonique
669
+864
cm-1(=
1 533cm-1).
Ce
rapprochement
porte
à penser que la raie669
cm-i du nitrate deméthyle
estl’homologue
de607
cm--1 de l’acidenitrique,
c’est-à-dire à peuprès
certai-nement la vibration de déformationsymétrique
du radical- N02;
il faitégalement
pressentir
que864
cm-1 deN02 - OCH3
se rattacheétroi-tement à g12 cm-1 de
N02 -
OH.Écartant
ainsi les raies des atomes H etI 52~
cm-’,
il reste dans lespectre
observé huit raies attribuables ausystème
CON02,
la neuvième estprobablement
trop
faible pour êtredistinguée
ou confondue avecl’une des autres.
Notons immédiatement que dans le
spectre,
onpeut
dès maintenant attribuer les raies l2go et 16l4
cm-1. Ce sont leshomologues
de 1296
et 1
675
cm-1 deN02 -
OH et par suite lesvibra-tions de valence
symétrique
etantisymétrique
du radical -N02.
Nous allons passer en revue les différents
types
de structure que l’onpeut
imaginer.
1. Molécule
n’ayant
aucun élément desymétrie.
,
0
-
L’atome C n’est pas dans le
plan
ni‘0
dans le
plan
desymétrie
bissecteur del’angle
des deux doubles liaisons.Dans ce cas il
n’y
aurait que des raiespolarisées.
Ce n’est pas le cas pour lespectre
observé.2. Molécule
plane
n’admettant pas d’autreélé-ment de
symétrie
que son propreplan
Le
spectre
devraitprésenter sept
raiespolarisées;
entre autres la raie 1675
cm-1 devrait êtrepolarisée,
or elle ne l’est pas.
3. Molécule à deux
plans
desymétrie-type
C2,.
- Les 3 atomesN, 0,
C sontalignés,
il y a deuxplans
desymétrie,
leplan
de la molécule et leplan
bissecteur del’angle
des deux doubles liaisons.Une telle molécule relève du
type
desymétrie
C2v,
comme
N02 -
OH. Elle devraitprésenter quatre
raiespolarisées, cinq dépolarisées.
Or nôus trouvonsau moins
cinq
raiespolarisées (il
y a doute pour une autreraie 712
cm-1qui
esttrop
faible pourqu’on puisse apprécier
son état depolarisation).
D’autrepart
nous verronsplus
loin un autreargument
qui
permet
d’écarterl’hypothèse
d’un teltype
de molécule.4. Molécule non
plane
mais admettant unplan
de
symétrie.
- Il ne resteplus
à essayerqu’une
seule forme : - 0 -N02
dans unplan
P,
(comme
dans le cas de
N02 - OH)
et J’atome C dans leFig. 7 bis.
deuxième
plan
P2
desymétrie.
La molécule admetun
plan
desymétrie P2
(symétrie C,).
Dans ce casla théorie
prévoit
sixfréquences polarisées
et troisdépolarisées,
la sixième étantpeut-être
la raiefaiblie 712
cm-1. Nous allons montrer que cettehypo-thèse
permet
de rendrecompte
complètement
duspectre
du nitrate deméthyle.
La
figure
8 montre le passage duspectre
de l’acidenitrique
auspectre
du nitrate deméthyle
(spectres
nos 2 et
3).
On aindiqué également
defaçon
schéma-tique
comment les vibrations dusystème
0 -N0~
Les vibrations de valence (,)1 et ú)4 de
N02 -
OH deviennent~~~’,
et(.1/.,
du nitrate et sont àpeine
modi-fiées. La troisième vibration de valence w2 deN02 -
OH se dédouble comme il fallaits’y
attendre;
ellecorrespond grossièrement
à l’oscilla-tion du groupe -N02
parrapport
au groupe - OH,et elle donne naissance dans le nitrate de
méthyle
aux deux oscillations 0/, et ~o’.;
8)
de mêmeFig. 8. -
Passage des vibrations et du spectre de la molécule N02- OH à ceux de la molécule N0 2 - 0 -
façon
que lafréquence
de valence o=== gc)3
cm-1 de l’éthane se dédouble en c~’ =867
cm-1 etm" = ~ o5o cm-1 dans le propane.
Passons maintenant aux vibrations de défor-mation : (.,, de
N02 -
OH devientúJ~~
(669 cm-1).
On retrouve que dans lespectre
deN02
-- OH laraie 1
5 ~ ~
cm w1s’explique
par + f~ ~; de mêmefaçon 1 527
dans lespectre
du nitrate estl’harmo-nique ,,
+ú/:2.
En
première approximation
le nitrate deméthyle
peut
être considéré comme unsystème
à trois massesC, 0,
N02,
N02
étantenvisagé
comme unbloc. Dans ce cas, outre les
fréquences
deN02,
sonspectre
ainsisimplifié comprendrait
les trois fré-quences propres dusystème
à trois masses(fi g. g).
Or deux de ces
fréquences
ne sont autres queet
(-’)~.
Nous attribuons la raie 58o cm-1 à la troisièmefréquence 0
de cesystème
simplifié, fréquence
de l’oscillationsymétrique
dedéformation ;
5 80 cm-1 est bienpolarisée
comme elle le doit. Onpeut
donc considérer les trois raies 5 80,864,
gg6
cm-1 commeles trois vibrations propres
a,
1) l’ v2 dusystème
à trois massesC,
0,
N02.
Ceci va se trouver confirmé ci-dessous par le calcul desfréquences
~,
u1, v2 dusystème
à trois massesC,
0,N02,
et par la compa-raison desspectres
du nitrate deméthyle,
du nitrite deméthyle.
Fig. g. - Modes de vibrations d’un
système à trois masses,
non symétrique.
’
( 3 fréquences polarisées, 2 de valeurs lU 1"2 et i de déformation. j
Enfin la
fréquence
356cm-1,
polarisée,
est trèsprobablement
la vibrationsymétrique
On propose donc les attributions suivantes :La
fréquence
trèsfaible 719,
ci-ii-1 estpeut-être
mais ellepourrait
aussi êtrel’harmonique
2 == 71’2 CUl-t.
Vérifications.
10
Comparaison
desspectres
du nitrate et nitrite deméthyle,
du nitroéthane. -Dadieu,
Jele et Kohl-rausch ont obtenu unspectre
du nitrite deméthyle
CH3 - ONO qui
est en bon accord avecnos propres mesures. En outre nous avons déterminé
qualitativement
l’état dedépolarisation
des raies.SI-)ectt-e
du nitrite deJnéthyle.
Pour le nitroéthane nous nous sommes servis des résultats
publiés
parDadieu,
Jele et Kohlrausch dans le travailplusieurs
fois cité.Le nitrite de
méthyle
émet deux raiesvers I 600 cm-1
qui
correspondent
à la doubleliaison N = 0. Cette
fréquence
secomporte (de
453
s’explique
commefréquences
de vibrations d’une molécule à troisgroupements
C, 0,
N0. Il en est de même de la molécule du nitroéthane dont la chaîne C - C -N02
est très voisine de celle du nitrate deméthyle.
On fera aisément la
comparaison
sur lafigure
10.On y voit que, abstraction faite des
fréquences
propres des radicaux1V02
ou lesspectres
des trois moléculesprésentent
chacun unsystème
detrois raies
correspondant
aux trois vibrationsr3,
’)1’ ’~~des molécules considérées comme étant constituées par trois
groupements :
Fig. 10. -
Spectres de molécule de la forme
Quand
on passe d’une molécule àl’autre,
les raies 0 ou VI ou IJ2 se retrouvent très peudéplacées,
comme cela est naturel vu la similitude des structures. Dansle nitrite de
méthyle
la raie d est double(584
cm-1 et640
cm-1),
il en est de même de la raieprovenant
de la double liaison N = ~-. Cela
indique
trèsproba-blement l’existence d’une isomérie cis-trans :
La
comparaison
des troisspectres
confirme donc les conclusions concernant le nitrate deméthyle.
Enparticulier
lacomparaison
desspectres
de nitrateet de nitrite de
méthyle permet
d’affirmer sansambiguïté
que la raie 5 80 dupremier
ne doitpas être attribuée à la vibration de déformation du
groupe -
N02 puisque
cette raie se retrouve dansle
spectre
du nitrite.Le fait que cette raie est
polarisée indique
à nouveau que la molécule n’est pas
plane;
siles 3 atomes
N, 0,
C étaientalignés,
cette raie seraitau contraire
dépolarisée.
2~ Calcul des
fréquences 0, ~ l’
~2 du nitrate deméthyle.
- Pour calculer lesfréquences
à,
VI’ du nitrate deméthyle
on doit supposer cette moléculecomme constituée par trois masses
I I.
Nous avons vu que la molécule n’est pas
plane;
onsupposera donc que les valences C - O et C - N font entre elles un
angle
voisin de 116~qui
est la valeurde
l’angle
des valences de l’atome 0 calculéed’après
lespectre
de l’étheréthylique H3C -0 - CH3 (8).
Pour/2,
force derappel
de la liaisonsimple
N -0,
nousprendrons
comme dans tous les calculsprécé-dents,
une valeur voisine de4,5
X io5dynesjcm;
le calcul de la force de la liaison C - 0 dans l’éther(1)
donneReste
d,
résistance à la déformation del’angle,
que nous ne connaissons pas.Les formules
permettant
le calcul desfréquences
d’une molécule à troisgroupements
de masses m1, m2, m3 associés par les forces derappel
t 2’ d (dans
l’hypothèse
des forces devalence)
sont les suivantes :oc
angle
des valences issues de l’atome centralCes formules sont valables dans le cas où les distances
interatomiques
m2 m, et m2 m3 sontégales,
ce
qui
est très sensiblement vérifié pour les atomesN,
0,
C de nombresatomiques
voisins. La relation entre n et la valeurcorrespondante
de ~,) en cm-1est
toujours
Nous avons fait le calcul avec les
hypothèses
suivantes :Ayant
calculé les secondsmembres,
ondéter-mine Rl, n2, n2 comme racines d’une
équation
du troisièmedegré
que l’on résoutgraphiquement.
On donne ci-dessous les valeurs ainsi calculées et les valeurs observées deà,
v, et v.,.L’accord est satisfaisant si l’on tient
compte
d’unepart
de ce que l’on a calculé lesfréquences
a,
v1et li 2
comme si les vibrations du groupe
N02
n’avaient sur elles aucuneinfluence,
d’autrepart
que l’on asupposé
toute la masse du groupeN02
concentréeen N. C’est en réalité le centre de
gravité
du groupequ’il
eut falluprendre
et il en résulte une certaineerreur.
Nous concluons donc pour la structure
indiquée
au
40 :
N03
dans unplan
P,
et l’atome C dans leplan
bissecteurP 2.
L’angle 2 OE
est voisin de 11 160. Pour les raisonsdéjà
données lors de la discussion de lamolé-Fig. ~ 12.
cule
N02 -
OH,
le groupeN03
du nitrate deméthyle
doit
présenter
également
la structureConclusions. -~ Un a
repris
l’étude desspectres
Raman de l’ionNO;i,
de la moléculeN02 - OH
et du nitrate deméthyle.
Onindique
comment se fait le passage duspectre
et de la structure deN03
àceux de l’acide non dissocié et à ceux du nitrate de
méthyle.
Nous adressons nos remerciements à M.
l’Ingénieur
Dalmon et à Mlle G.
Petitpas qui
ont obtenu d’excel-lentsspectres
de nitrate et nitrite deméthyle.
M.
l’Ingénieur
chimiste en chef Vandoni apréparé
pour nous des corpsremarquablement
purs etnous
l’en remercions vivement.