L’EFFICACITE DU FONCTIONNEMENT DU SYSTEME D’ENSEIGNEMENT EN ALGERIE
Melle AOUALI Fatiha*
صخلملا
ةيحاتفملا تاملكلا :
يلختلا ،ةداعلاا،تاناحتملاا ،ةيلاعفلا ،يميلعتلا ماظنلا
Abstract
Les mots clés :enseignement, efficacité, examens, redoublement, abandon
* Maître de conférences B-Université Blida2-
نمو ةنس دعب ةنس ةظوحلم تاروطت رئازجلا يف يميلعتلا ماظنلا فرعي حلاصإ
ىلإ
حلاصإ عاطقلا يلثمم عم ةيصولا ةرازولا قيرط نع ةريبك تادوهجم ةلودلا لذبت ثيح
نم نييعامتجلاا ءاكرشلا و أ
لج نأ يلعتلا ماظنلا حبصي يم
رثكأ يف ريكفتلاب كلذ ولاعف
لأا ةياهن تاناحتما عضو يف اذكو ةيسيئرلا داوملل ةبسنلاب ةصاخ ميلعتلل ةديدج قرط راوط
قيرط نع يسردملا برستلا ةرهاظ نم دحلا لجا نم ةثلاثلا ةداعلإا
وأ نع يلختلا
ميلعتلا .
Le système d’enseignement Algérien connait des améliorations notables d’année en année et de réforme en réforme, de sorte que l’Etat par le biais de son ministère de tutelle travaille sans cesse avec les acteurs du secteur et les partenaires sociaux pour rendre le système scolaire plus efficace en réfléchissant aux nouvelles méthodes d’enseignement dans les matières essentielles notamment et aux procédures d’examens de fin de cycles afin de réduire les taux de redoublement et d’abandons.
277 Introduction
Le concept d'efficacité est utilisé pour décrire les relations entre les facteurs (inputs) et le produit (output).
Les décisions en matière d'investissement éducatif par exemple, doivent considérer à la fois l'efficacité interne et l'efficacité externe.
L'efficacité externe du système éducatif peut s'apprécier par sa capacité à préparer les élèves et les étudiants à leur rôle futur dans la société, celle-ci étant mesurée par les perspectives d'emploi et de gains des étudiants.
L'efficacité interne, quant à elle, s’intéresse aux relations entre les inputs éducatifs et les résultats scolaires, soit à l'intérieur du système éducatif dans son ensemble, soit au sein d'une institution scolaire déterminée.4
Pour évaluer l'efficacité interne de l'éducation, on a besoin de connaître ses buts et ses objectifs, et de disposer d'une panoplie de mesures des résultats qui reflètent ces différents objectifs et le degré de succès avec lequel ils sont atteints ; donc la qualité et la quantité des inputs et des résultats devront être pris en compte. C’est dans cette perspective que cet article va tenter de montrer est-ce-que l’effort de l’Etat en matière d’offre d’éducation est en mesure d’atteindre l’efficacité interne dans l’école Algérienne?
Afin de répondre à cette problématique, on va essayer de vérifier les deux hypothèses suivantes :
I. L’Algérie offre chaque année au secteur de l’éducation des places pédagogiques supplémentaires et des écoles afin de satisfaire la demande sociale d’éducation ;
II. Le système éducatif Algérien enregistre d’année en année des résultats scolaires positifs comme preuve de l’efficacité interne du système d’enseignement algérien.
I- L’offre de l’Etat à l’éducation
Les pouvoirs publics en Algérie considèrent que l’éducation nationale est un investissement productif et stratégique, et occupe une place prioritaire depuis l’indépendance. A cet effet, l’Etat consacre une part importante de ses moyens et de sa richesse nationale soit un quart du budget annuel de l’Etat au développement du secteur de l’éducation nationale.
Les pouvoirs publics ont entamé depuis 2003 une série de réformes dans le but de prendre en charge les aspirations légitimes de
278
la société notamment l’exigence d’un enseignement et d’une formation de qualité et l’amélioration du rendement interne et externe du système avec une volonté affichée de réduire les déperditions scolaires et l’échec en général.
L’Etat organise le système d’enseignement et veille à l’égalité des conditions d’accès à l’enseignement post-fondamental sans autre limitation que les aptitudes individuelles d’une part, les moyens et les besoins de la société d’autre part. L’enseignement est gratuit à tous les niveaux, quel que soit le type d’établissement public fréquenté.
I.1-Evolution des effectifs d’élèves scolarisés dans les trois cycles d’enseignement de 2008 à 2013 :
Le système éducatif Algérien comprend quatre niveaux, à savoir : a) l’enseignement préscolaire, assuré par le secteur privé et le secteur public ; b) l’enseignement primaire, qui dure cinq ans, c) l’enseignement secondaire qui comprend deux cycles le 1er à durée de quatre ans sélectionné par un examen de fin de cycle qui est le brevet d’enseignement moyen (BEM) et le second cycle dure trois ans couronné par l’examen du baccalauréat. Ces deux cycles sont assurés par les établissements secondaires, et la formation professionnelle, à durée variable, qui est dispensée par les centres de formation professionnelle ; et d) l’enseignement supérieur, assuré par les universités et les instituts spécialisés nationaux.
Dans ce travail, on ne va s’intéresser qu’aux deux niveaux d’enseignement : primaire et secondaire avec ses deux cycles où tous les trois sont couronnés par un examen de fin de cycle.
Tableau1: Taux d'accroissement des effectifs d'élèves par cycles d'enseignement entre 2008 et 2013 (%)
Année Cycle
2008/09 2009/10 2010/11 2011/12 2012/13
Total Filles Total Filles Total Filles Total Filles Total Filles Primaire -17,41 -17,45 1,87 1,86 1,15 1,33 3,67 4,08 7,01 7,48 Moyen 21,67 20,17 -3,34 -3,32 -2,37 -1,95 -4,30 -4,90 -5,63
- 13,77 Secondaire 0 -1,06 20,15 20,78 2,37 1,15 7,85 6,04 24,94 24,97 Total -1,63 -1,95 2,05 2,61 -0,09 -0,01 1,09 0,86 4,86 2,41
Source : MEN ; données statistiques, 2013/14
Au sujet des effectifs des élèves scolarisés, le tableau ci-dessus montre qu’il y a tantôt une augmentation, tantôt une diminution.
I.2- Développement de l’infrastructure scolaire pour les trois cycles d’enseignement en Algérie
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En Algérie, le secteur de l’éducation a bénéficié d’une réforme exhaustive, bien centrée ; mais certains éléments de la stratégie doivent être élaborés davantage. La réforme a été adoptée en 2002 et sa mise en œuvre a commencé en 2003. A juste titre elle met l’accent sur le relèvement de la qualité à tous les niveaux tout en élargissant l’accès et en améliorant les taux d’achèvement du post-primaire. A ce titre, d’énormes efforts ont été consenti dans la construction des écoles et leurs équipements afin d’absorber la demande sans cesse croissance d’éducation de la part des familles algériennes qu’elles soient au Sud, au Nord, à l’Est ou à l’Ouest du pays.
Tableau2: Taux d'accroissement des établissements scolaires par cycles d’enseignement (%) entre 2008et 2013
Année Cycle
2008/09 2009/10 2010/11 2011/12 2012/13
Nb.
étab %
Nb.
étab %
Nb.
étab %
Nb.
étab %
Nb.
étab % Primaire 17 552 0,71 17 730 1,01 17790 1,37 17853 2,30 17994 2,57
Moyen 4 579 7,19 4 801 4,85 4901 2,08 5007 4,29 5086 3,77 Secondaire 1 658 4,21 1 749 5,49 1813 3,90 1870 7,16 1956 7,89 Total 23 789 2,13 24 280 2,06 24504 1,15 24730 2,08 25036 2,17
Source : MEN ; données statistiques, 2013/14
D’année en année le nombre d’établissements scolaires augmente pour tous les cycles d’enseignement en corrélation avec le nombre croissant des inscrits comme le montre le tableau ci-dessus.
I.3- L'impact du niveau de qualification des maîtres et leur disponibilité:
La conviction selon laquelle une meilleure qualification des maîtres améliorera les résultats scolaires a conduit la banque mondiale à mettre l'accent sur les centres de formation des maîtres, dans les prêts pour l'éducation, pendant les années 1960 et 1970. Cette conviction fut remise en cause lorsque les recherches ultérieures firent planer un doute de l'importance de ce facteur dans les résultats scolaires.
Une étude réalisée en Amérique Latine, notamment révéla que les étudiants formés par des maîtres issus des écoles normales réussissaient presque aussi bien que ceux formés par des diplômés universitaires.
En Algérie, la politique actuelle de la réforme de l’enseignement se penche vers la formation des maîtres (et/ou le recyclage des enseignants) afin de donner un meilleur enseignement
280
pour les élèves scolarisés ; mais, la préoccupation majeure des autorités concernées est d’offrir le nombre suffisant d’enseignants dans les différentes matières et dans toutes les régions du pays pour concrétiser la politique d’équité et d’égalité des chances.
Tableau3: Taux de progression du nombre des enseignants par cycles d’enseignement (%) entre 2008 et 2013
Année Cycle
2008/09 2009/10 2010/11 2011/12 2012/13
Effectif Total %
Effectif Total %
Effectif Total %
Effectif Total %
Effectif Total % Primaire 142 332 -15,76 143144 0,57 144885 1,22 147494 3,04 153549 5,98
Moyen 135 744 16,73 138 559 2,07 140098 1,11 142137 2,58 144901 3,43 Secondaire 65 598 1,77 69 549 6,02 74550 7,19 80048 15,10 89882 20,57
Total 343 674 -1,72 351252 2,20 359533 2,36 369679 5,25 388332 8,01
Source : MEN ; données statistiques, 2013/14
A partir de l’année 2009/2010, le nombre d’enseignants augmente pour tous les cycles d’enseignement, ceci étant la volonté de l’Etat qui cherche à améliorer les conditions de l’éducation et par conséquent, l’efficacité du système éducatif en général.
I.4- L'impact des manuels scolaires :
une analyse d'études de cas dans dix pays en voie de développement a révélé que la relation entre les résultats scolaires et la disponibilité des manuels était plus significative et plus forte qu'avec d'autres variables telles que la qualification des maîtres, les effectifs par classe, les salaires des enseignants, l'existence d'internats ou les redoublements, etc.
Malgré l'aspect positif de cette étude, plusieurs questions restent posées à savoir ; quel type d'interaction y- a-t-il entre les manuels et les autres variables telles que la qualification des maîtres ? Les manuels sont-ils plus importants dans les classes à effectifs nombreux que dans les autres ? Quel est le rapport coût - efficacité de différents types de manuels ? Les manuels sont-ils plus importants pour certains sujets que pour d'autres ? Sont-ils plus utiles lorsque les maîtres sont inexpérimentés ? Sont-ils plus efficaces avec certains enfants ? Pour répondre à quelques questions, des résultats ont été menés au Chili et au Mexique, ainsi qu'une évaluation d'un projet de la banque mondiale aux philippines.
Au Chili, par exemple, l'enquête a montré que les maîtres inexpérimentés utilisent moins les manuels scolaires que les autres, et
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78% des maîtres questionnés ont exprimé une attitude négative ou indifférente à propos de l’utilisation des manuels.
Un autre exemple intéressant est celui des philippines, qui, avec l'assistance de la banque mondiale, ont lancé un projet de 37 millions de dollars en 1977-78 en vue de produire de meilleurs manuels et de passer d'un rapport “1 ”manuel pour 10 élèves à un rapport de “1 ” pour 2, et même, dans un sous- échantillon de 1pour 1.
Le projet prévoyait en outre un recyclage des maîtres pour l'utilisation des manuels.
Les résultats observés aux philippines constituent un appui solide à la thèse gouvernementale du Mexique selon laquelle la fourniture de manuels est souvent un moyen très efficace d'améliorer les performances scolaires et d'accroître la qualité des écoles.
A l'heure actuelle, les pays en voie de développement ne consacrent qu'une très faible proportionde leurs dépenses éducatives au matériel didactique et aux fournitures scolaires(manuels, cartes géographiques, accessoires visuels divers) ; par exemple, les pays d'Asie, allouent 9% de leurs dépenses, et ceux d'Afrique 4%
seulement ; par contre les pays développés, y consacrent 14% de leur budget, en moyenne les 80% restant allant aux salaires.
Certains auteurs, ont proposé qu'un minimum de 10% de dépenses d'éducation soit affecté au matériel pédagogique.
En Algérie, le manuel scolaire constitue un outil pédagogique très important pour l’élève et même pour l’enseignant. La politique adoptée dans ce sens est celle d’offrir le livre scolaire à tous les élèves scolarisés soit, par le biais d’achat pour ceux qui possèdent les moyens financiers ou de façon gratuite pour les élèves nécessiteux dans le cadre de soutien scolaire aux enfants des familles démunies comme mesure de solidarité avec ces dernières et dans le but de réaliser l’équité et l’égalité des chances pour tous. Pour l’exercice 2010/11, l’Etat a alloué une enveloppe financière annuelle de 6.5 milliards de DA. Un montant énorme que l’Etat doit assumer seul.
II- L’efficacité du système d’enseignement algérien
Si l'accent est mis sur la fonction "production" du système d'enseignement, la question est de savoir si cette production est efficace, c'est-à-dire si le système "produit" autant et aussi bien qu'il le pourrait compte tenu des ressources dont il dispose. Pour ceci, on doit s’intéresser essentiellement à son rendement physique donc à l'efficacité de son fonctionnement.
282
En Algérie, la première priorité serait d’améliorer la qualité et la performance de l’enseignement scolaire. Ces deux objectifs sont déjà contenus dans la carte scolaire. Ceci implique d’améliorer (1) l’efficacité interne de l’enseignement scolaire en réduisant les taux de redoublement et d’abandon, notamment parmi les garçons, (2) les taux de passage entre différents cycles, et (c) l’apprentissage.
La deuxième priorité concerne la stratégie sectorielle : les objectifs (et leurs implications et choix correspondants) doivent être définis afin d’accroître l’accès à tous les niveaux et être accompagnés de politiques spécifiques pour l’amélioration de la qualité.
II.1- Indicateurs quantitatifs des résultats éducatifs :
Le point essentiel concerne le concept de produit (output).Dans un document publié par la banque mondiale en 1980, on distingue les produits spécifiquement scolaires des élèves ou des étudiants (qui se réfèrent aux connaissances acquises, aux capacités, au savoir-faire, aux comportements et aux attitudes), mesurés par des tests, des résultats aux examens, etc. . , et les résultats externes, c'est-à-dire les aptitudes des individus éduqués à être socialement et économiquement productifs. Ces résultats externes sont mesurés en termes de gains supplémentaires de la main-d’œuvre éduquée ou en termes d'emploi et de performance sur le marché du travail. Ces mesures sont importantes pour évaluer l'efficacité externe de l'éducation, mais ce ne sont que des approximations grossières des effets économiques et sociaux à long terme de l'éducation.
De même, les résultats des élèves dans les tests cognitifs ou non- cognitifs sont utilisés comme des indicateurs approchés des connaissances et des capacités acquises à l'école, qui constituent les résultats ou la valeur ajoutée du processus éducatif, mais en raison du fait que de tels tests peuvent être difficiles ou coûteux à mettre en œuvre ou être considérés comme des mesures non fiables de la qualité, les analyses de l'efficacité interne se limitent souvent à des mesures purement quantitatives, telles que le nombre de diplômés ou de sortants qualifiés produits par le système éducatif.
Dans bien des cas, mesurer les résultats par le nombre d'étudiants qui accomplissent avec succès un cycle d'études est une bonne première approximation, et comparer ce nombre avec les inputs mesurés en termes de nombre d'années- élèves nécessaires peut être une bonne façon de montrer que des taux élevés de déperdition ou de redoublement sont le reflet d'une faible efficacité interne, mesurée
283
simplement par le temps moyen nécessaire pour produire un sortant qualifié.
L'expérience de la banque mondiale a montré qu'un rapport inputs- outputs (calculé dans 54 pays en voie de développement, pour la période 1970-75) égal à 1 indique une efficacité maximale, tandis qu'un rapport égal à 5 reflète une inefficacité considérable et un haut niveau de gaspillage (ce rapport est mesuré par le nombre d'année- élèves réels comme facteurs et le produit par le nombre de diplômés que multiplie la durée théorique des études). Cela signifie qu'il faut créer 5 places d'écoles pour produire un diplômé, en raison du nombre élevé de redoublements et d'abandons.
II.2- Abandons et redoublements :
Les abandons et les redoublements sont plus fréquents parmi les enfants d'origine modeste, plus nombreux dans les zones rurales que dans les zones urbaines et chez les filles que chez les garçons.
Leurs causes principales sont : l'absentéisme, la pauvreté qui engendre la maladie, la malnutrition et l'importance du coût d'opportunité pour les familles modestes, les facteurs culturels qui affectent les filles en particulier ; des programmes et des examens inappropriés qui font souvent la part trop belle aux disciplines traditionnelles et qui préparent une minorité d'élèves au niveau secondaire et supérieur ; des maîtres mal formés ; l'absence de manuels et de fournitures scolaires ; des effectifs par classe trop nombreux ; et un nombre insuffisant de places dans le secondaire.
II.2.1- Le redoublement :
Malgré que l’Algérie soit parvenue à instaurer une scolarisation quasi-universelle au primaire et une participation relativement forte au premier cycle du secondaire, le taux de redoublement reste élevé au début de chaque cycle post-primaire car les élèves trouvent des difficultés à s’adapter à un nouvel environnement d’apprentissage et au changement des programmes. En effet, le taux moyen de redoublement pendant la période 2005-2010 est de 9,31% au primaire dont 7,07% pour les filles. Pour le cycle moyen il est de 19,23% dont 14,30 pour les filles. Concernant le second cycle du secondaire, le taux moyen de redoublement a atteint 24,12% dont 14,84% pour les filles; ce qui donne un taux moyen de redoublement tous cycles confondus égal à 14,84% dont 12,06% pour les filles pendant la même période. Le fait remarquable est que l’année 2006/07 est celle qui a marqué un taux de redoublement le moins élevé de la période, soit 11,95% tous cycles confondus dont 9,26% pour les filles.
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En outre, pour chaque niveau d’enseignement les filles marquent un taux de redoublement inférieur à celui des garçons ce qui prouve que les filles sont très sérieuses dans les études quand les conditions leurs sont offertes ; de sorte qu’au primaire, et pendant la même période la différence moyenne des taux de redoublement entre les filles et les garçons s’évalue à -4,23%, s’agissant du 1er et du 2nd cycle du secondaire, ces taux sont de -9,69% et -11,97% respectivement. On remarque que ce taux prend de l’ampleur quand on passe d’un niveau d’enseignement à un autre supérieur ; ce qui donne à réfléchir à propos des mesures à prendre pour atténuer ce phénomène d’échec scolaire.
Tableau4:Taux de redoublement par cycles d'enseignement (%) entre 2005 et 2010
Source : MEN ; données statistiques, 2010/11
II.2.2- L’abandon :
Concernant les abandons, les taux correspondants au cycle primaire sont relativement faibles et diminuent d’année en année de sorte que sur une période de cinq années, le taux moyen d’abandon est de 1,8% dont 1,68% pour les filles ; ceci étant due à la politique de la généralisation de l’enseignement primaire d’une part et d’autre part, au soutien scolaire de la part de l’Etat aux familles démunies afin d’alléger les charges causées par la scolarisation de leurs enfants.
L’enseignement post-primaire est marqué par un taux d’abandon élevé après la dernière année de chaque cycle, par suite de l’échec aux examens et des multiples redoublements. En effet pour le premier cycle du secondaire, le taux moyen pendant la période 2005-2010 est de 10,42% dont 7,91% pour les filles. Le taux moyen d’abandon s’élève à 12,98% au second cycle de l’enseignement secondaire pour les deux sexes dont 11,42% pour les filles. Les abandons sont plus nombreux parmi les garçons que les filles pour les deux cycles de
Cycle Année 2005/06 2006/07 2007/08 2008/09 2009/10 Primaire
Ensemble 11,51 10,76 7,52 8,97 7,79
Filles 8,85 8,05 5,66 6,91 5,88
Moyen
Ensemble 23,67 9,5 22,72 18,47 21,79
Filles 19,62 5,45 17,28 13,41 15,77
Secondaire
Ensemble 28,45 20,83 28,69 19,05 23,59 Filles 27,32 18,79 27,30 17,10 20,36 Total
Ensemble 17,51 11,95 15,33 13,57 15,87
Filles 15,13 9,26 12,89 10,72 12,31
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l’enseignement secondaire avec des taux de 11,47% et 11,42%
respectivement pour les garçons du 1er et 2nd cycle de l’enseignement secondaire pour l’année 2009/2010 contre 6,92% et 9,05% pour les filles des mêmes cycles respectivement. Concernant la différence entre les filles et les garçons en matière d’abondant durant ces cinq dernières années, -0,26% est la proportion enregistrée au primaire, - 4,93% et -3,74% sont celles relevées au niveau du 1er et 2nd cycle du secondaire respectivement.
Tableau5: Taux d’abandons par cycles d'enseignement (%) entre 2005et 2010
Source : MEN ; données statistiques, 2010/11
II.3- Examens et procédures de sélection :
Les résultats et la qualité de l'éducation ont toujours été discutés sur la base des résultats aux examens et des notes obtenues.
Les examens conditionnent aussi l'accès des élèves du primaire au secondaire et déterminent la filière ou le type d'institution qui va accueillir l'élève ; également, ces examens sont souvent à l'origine de déperditions et redoublements importants dans les pays en développement.
Pour ce fait, tout le monde s'accorde à dire que les examens peuvent être un outil inefficace de sélection, dans la mesure où ils peuvent ne pas mesurer correctement les compétences, les connaissances et les aptitudes ou mal prédire les niveaux de performances futures. De plus, il peut inciter à s'éloigner du programme et des méthodes pédagogiques correctes dans la mesure où ils poussent les maîtres et les élèves à se concentrer sur la préparation de ces examens et à négliger les objectifs éducatifs plus larges.
Probablement, la raison majeure à cela est la forte demande de scolarisation, d'où la nécessité d'une procédure de sélection.
Cycle Année 2005/06 2006/07 2007/08 2008/09 2009/10 Primaire
Ensemble 2,55 2,33 1,78 1,8 0,63 filles 2,30 1,84 1,62 2,04 0,63 Moyen
Ensemble 12,93 8,78 10,55 10,59 9,26 filles 10,32 6,39 8,29 7,63 6,92 Secondaire
Ensemble 16,55 11,3 11,02 16 10,05 filles 14,57 9,44 9,49 14,52 9,05 Total
Ensemble 7,61 5,61 5,88 6,68 5,57 filles 6,73 4,55 5,05 5,87 4,60
286
Tableau6: Taux de réussite aux examens de fin de cycles (%) entre 2005 et 2010
Cycle Année 2005/06 2006/07 2007/08 2008/09 2009/10
Primaire
Ensemble 78,67 83,82 92,98 84,72 87,7 Filles 82,11 86,87 94,61 87,88 90,98
Moyen
Ensemble 41,54 71,67 42,89 47,51 53,50 Filles 45,46 74,79 46,55 51,02 61,97
Secondaire
Ensemble 49,77 60,23 53,96 38,02 60,76 Filles 48,40 59,47 56,31 38,64 64,30
Source : MEN ; données statistiques, 2010/11
Les taux de redoublement demeurent plus élevés à la fin de chaque cycle reflétant ainsi des taux d’échec élevés dans les classes d’examens et l’incapacité à passer au cycle suivant. En effet, avec des taux annuels allant de 41% à plus de 70% pour l’année 2006, le taux moyen de réussite à l’examen du BEM sur une période allant de 2005 à 2010 a atteint 50,49 % dont 55,95% pour les filles pour lepremier cycle du secondaire. Le système d’évaluation donne un plus grand poids à l’examen de fin de cycle qu’aux résultats obtenus en classe. Le taux de passage en second cycle du secondaire devrait donc diminuer, à moins que la performance à l’examen ne s’améliore de façon significative. Concernant le second cycle du secondaire, le taux de réussite au baccalauréat se situe entre 38% et 60% de l’année 2005 à l’année 2009 pour l’ensemble des deux sexes. En 2009/10, ce taux a atteint 64,30% pour les filles alors que l’ensemble des garçons a décroché l’examen du baccalauréat avec une proportion de 57,22%.
En raison de la scolarisation quasi-universelle au niveau du primaire, le taux de réussite à l’examen de fin de ce cycle a atteint 92,98% en 2007 dont 94,61% pour les filles.
II.4-Coût et efficacité des réformes des programmes :
La question des réformes des programmes est un thème qui revient fréquemment dans les projets qui visent à améliorer la qualité et l'efficacité de l'éducation dans les pays en développement.
Le but de cette réforme est la bonne qualification aux enfants, l'amélioration de la préparation professionnelle et technique des écoles
287
; et l'élargissement des choix des étudiants, cette réforme peut aussi accroître les possibilités de trouver un emploi pour les sortants du système éducatif et réduire les abandons et les redoublements en adaptant au mieux les programmes aux besoins locaux. De même, les réformes des programmes peuvent réduire la demande d'enseignement secondaire et post-secondaire en apportant une qualification immédiatement valorisante à la fin du cycle primaire ou du cycle secondaire. Au niveau secondaire, les programmes sont diversifiés en contenant la formation professionnelle et en intégrant plus étroitement la formation pré-professionnelle à l'enseignement général.
Le but de ces réformes est de relever le prestige de la formation professionnelle et de créer des écoles qui ne sont ni purement consacrées à la formation générale de type scolaire, ni purement professionnelles, mais qui apportent, au contraire, un dosage équilibré de formation générale et professionnelle.
Les objectifs généraux de la diversification du programme sont les suivants : répondre aux besoins de main-d’œuvre, corriger les biais en faveur des connaissances scolaires pour rendre le programme plus proche des besoins du marché du travail, améliorer d'une manière générale les performances de l'enseignement secondaires et les perspectives d'emploi des sortants du système.
Plusieurs projets de diversification du programme d'études sont confrontés à des problèmes tels que le manque d'enseignants spécialisés et de matériel didactique nécessaire et d'une formation insuffisante des maîtres. 12 Pour évaluer ces projets, la banque mondiale et les gouvernements concernés ont entrepris deux études de cas en Colombie et en Tanzanie. Ces deux expériences ont montré que les élèves issus des écoles à programmes diversifiés ont obtenu de meilleurs résultats aux tests de performance cognitive et d'attitude par rapport à la modernité, à ceux issus de l'enseignement général ; car les premiers ont choisi une filière voulue. Mais cette diversification requiert des moyens financiers plus élevés.
II.5- La stratégie sectorielle
L’Algérie a mis en place une stratégie globale de réforme du système éducatif. En 2001, le gouvernement a mis sur pied la Commission nationale pour l’éducation, dont le rapport et les recommandations constituent le socle de la nouvelle stratégie de réforme adoptée par le Conseil des ministres en 2002. La mise en œuvre de cette stratégie a débuté en 2003-2004.
288
La stratégie de réforme s’articule autour de trois grands axes pour l’éducation de base et l’enseignement secondaire, à savoir :
augmenter la qualité de l’enseignement en améliorant les qualifications des enseignants ;
moderniser les programmes d’études, les manuels scolaires, les méthodes pédagogiques et le système d’évaluation des élèves, suivant essentiellement une approche axée sur les compétences ; et
restructurer le primaire et le second cycle du secondaire.
En outre, la stratégie arrêtée accorde peu d’attention à l’amélioration de l’efficacité du système. La stratégie éducative de l’Algérie ne traite pas de la nécessité de réduire les taux de redoublement et les taux d’abandon, qui sont élevés. Bien au contraire, le ministère propose une approche axée sur les compétences en s’appuyant sur un changement des politiques concernant les examens et le passage aux classes supérieures. Cette démarche est plus susceptible d’accroître les flux d’élèves à l’intérieur d’un cycle et d’un cycle à l’autre, mais uniquement sur le court terme.
Conclusion et recommandations
D’après les analyse précédentes concernant tout d’abord ; les effectifs d’élèves à scolariser et l’offre de l’Etat aux établissements scolaires ainsi que la disponibilité d’enseignants dans chaque cycle d’enseignement et l’importance accordée aux manuels scolaires et beaucoup d’autres procédures au profit des élèves scolarisés et toute la famille de l’éducation ; on peut conclure que la première hypothèse est satisfaite. En revanche, la seconde hypothèse tend à être partiellement satisfaite du fait que les statistiques concernant les taux de redoublement et d’abandon ainsi que celles ayant trait aux résultats d’examens de fin de cycles montrent qu’il y a une amélioration sensible dans le système scolaire ; ceci est une preuve de l’efficacité du fonctionnement du système éducatif algérien ; mais, néanmoins, des insuffisances persistent toujours et pour les mettre en relief, on essayera de les traiter sous forme de recommandations suivantes :
Changer les modalités d'examen ou en réduire la fréquence. Cela permet de réduire à la fois les redoublements et les abandons.
Améliorer la qualité des programmes et mieux les adapter à l'environnement de l'élève et à ses centres d’intérêts.
Améliorer l'équipement didactique de base. Un projet de la banque mondiale au Maroc a été conçu pour réduire les
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redoublements grâce à la fourniture de matériels didactiques à 700 écoles primaires.
Améliorer la formation des maîtres de façon à ce que les méthodes pédagogiques plus concrètes remplacent la mémorisation pure (le "par-coeur").
Renforcer la recherche pédagogique en tant qu'instrument d'amélioration de l'efficacité interne 12
Offrir des possibilités de formation de substitution aux sortants du primaire refusés dans le secondaire, en vue de réduire les redoublements de la dernière année.
Procurer des repas à l'école. Cette mesure peut réduire les abandons dus à la malnutrition ou à la mauvaise santé.
Références et Bibliographie
1. Banque Mondiale: Une revue des dépenses publiques: A la recherche d'un investissement public et de qualité; Volume I: texte principal; Groupe pour le développement socioéconomique – Région Moyen Orient et Afrique du Nord- RADP 15aout 2007
2. Banque Mondiale: Une revue des dépenses publiques: A la recherche d'un investissement public et de qualité; Volume II: Annexes et suppléments statistiques Groupe pour le développement socioéconomique – Région Moyen Orient et Afrique du Nord- RADP 15septembre 2007
3. Données et Indicateurs statistiques ; Direction de Planification, sous- direction des statistiques ; MEN, Février 2010
4. Enquête exhaustive de l’enseignement primaire, Direction de Planification, sous-direction des statistiques ; MEN, de 2000/01 à 2009/10 5. Enquête exhaustive de l’enseignement moyen, Direction de Planification, sous-direction des statistiques ; MEN, de 2000/01 à 2009/10
6. Enquête exhaustive de l’enseignement secondaire, Direction de Planification, sous-direction des statistiques ; MEN, de 2000/01 à 2009/10 7. Gravot. P : Eonomie de l’éducation ; Economica ; 1993.
8. Hachane. S et Lemelin. C: Le débat autour de l'efficacité des systèmes éducatifs et de formation en France: Note de recherche de l'institut d'économie publique; Janvier 2000
9. Historique de l’éducation ; sous-direction des statistiques ; MEN, de 1962 à 2010
10. Mingat et Jee-Peng Tan: Les taux de rendement sociaux "complets" de l'éducation: Estimation à partir de la performance des pays en terme de croissance économique; IREDU et Banque Mondiale
11. OCDE: Des enseignants pour l'école de demain; analyse des indicateurs de l'éducation dans le monde : institut de statistique de l'UNESCO; Edition 2001
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12. Psacharopoulos.G ; L’éducation pour le développement : une analyse des choix d’investissements ; Economica ; 1988.
13. Repères et références statistiques ; 1989. MEN.
14. Sous-direction des statistiques du MEN, 2011