Question de gestion 1 L information financière permet elle de donner une image fiable de l entreprise?

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Question de gestion 1 L’information financière permet elle de donner une image fiable de l’entreprise ?

Éléments de réponse:

OUI – mémoire de l’entreprise, donc permet les comparaisons_;

– donne une valeur monétaire de la santé de l’entreprise par le CA, le résultat, le cours de l’action.

OUI MAIS seulement, car d’autres éléments sont à prendre en compte :

– la conjoncture du marché sur lequel se trouve l’entreprise, et le contexte économique (crise)_;

– les méthodes de management_;

– les concurrents…

Question de gestion 2 La normalisation de l’information financière permet-elle de donner une image réelle de l’entreprise ?

OUI, la normalisation permet de donner une certaine image réelle car :

– il y a application de règles communes (donc chaque entreprise établit ses documents de synthèse sur les mêmes bases), et ces règles sont mises en place par des personnes neutres, sans parti pris (le législateur en

ce qui concerne le Code de commerce, le PCG et les organismes de normalisation pour la normalisation internationale).

MAIS il faut respecter certaines conditions :

– Mettre en place un système de contrôle pour s’assurer du respect des règles.

– Les entreprises doivent faire preuve d’honnêteté et ne pas détourner ces règles en leur faveur pour cacher des informations qui pourraient nuire à l’image de l’entreprise, et par conséquent décourager les investisseurs.

– On n’a jamais la garantie que ces règles permettent de donner une image réelle de l’entreprise, car cela dépend du contexte économique : en cas de crise, il faut choisir entre la valeur du marché et le coût d’acquisition

pour valoriser son patrimoine (argument difficile à trouver pour les élèves en début d’année).

Question de gestion 3 Quels sont les principaux points communs et les principales différences entre le processus d’achat de biens et services (exploitation) et le processus d’acquisition des investissements_?

Piste de réponses : Points communs_:

• Les deux processus consistent à acquérir des biens ou des services.

• L’entreprise s’engage contractuellement à payer le bien ou service acquis, ce qui se traduit dans une écriture comptable au journal par l’inscription d’une dette.

• Le règlement de la dette au fournisseur est indépendant de l’inscription de la charge en comptabilité (traduction comptable possible grâce à la tenue des comptes en partie double).

• La phase amont de recherche du fournisseur (recherche, comparaison des offres…) relève du même mécanisme.

• Similarité des documents commerciaux (bon de commande, facture).

• Les deux processus contribuent au maintien, voire au développement de l’activité de l’entreprise.

• Ces deux types d’achats sont susceptibles d’être soumis à TVA et générer de la TVA déductible.

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Différences_:

• Le processus d’exploitation représente un cycle court, tandis que le processus d'investissement relève du long terme.

• Le processus d’exploitation est engagé quotidiennement ; le processus d’investissement (bien qu’essentiel pour l’activité et récurrent) est engagé de façon plus espacée dans le temps. Cela se traduit d’ailleurs par l’utilisation de classes comptables différentes (classes 2 et 6).

• Le processus d’exploitation d’achat génère une consommation immédiate, alors que la consommation des immobilisations est étalée dans le temps par le biais des amortissements.

• Par conséquent, le résultat est grevé immédiatement par le processus d’achat, au contraire des acquisitions d’immobilisations dont l’impact est différé sur le résultat par le biais des amortissements (consommation des avantages économiques étalée sur plusieurs exercices).

• Les achats d’exploitation sont généralement financés par la trésorerie disponible ou le crédit fournisseur,

au contraire des acquisitions d’immobilisations pour lesquelles un financement externe par emprunt (ou mixte) est adopté.

• Les frais de port sont intégrés au coût d’acquisition de l’immobilisation (leur impact sur le résultat est donc étalé au même rythme que les amortissements), à l’inverse des ports sur achats inscrits distinctement en charges.

• La cession d’une immobilisation revêt un caractère exceptionnel, tandis que la cession d’une marchandise relève toujours de l’exploitation.

Question de gestion 4 Quels sont les apports de l’automatisation de la comptabilité pour l’entreprise, tant au niveau de la recherche d’information que de la conservation des données ?

L’automatisation de la comptabilité favorise la recherche d’information par la facilité d’accès à la base de données comptables. Celle-ci contient l’ensemble des informations saisies par l’utilisateur. Les situations suivantes sont autant d’exemples de l’apport de l’automatisation au plan de la recherche d’information :

· La consultation des enregistrements comptables saisis au journal et identifiés par un numéro de référence unique permet de prendre connaissance rapidement des éléments présents sur la facture. On retrouve les éléments principaux de la facture n° 04/145 sur l’enregistrement comptable du 07/04/N.

· L’automatisation du grand livre indique rapidement l’état du compte (le solde) recherché, ainsi que tous les mouvements l’ayant affecté. Les soldes de la balance sont obtenus à partir du grand livre et permettent d’obtenir facilement la situation de plusieurs comptes.

· Le lettrage d’un compte client reprend tous les mouvements qui l’ont affecté et indique rapidement l’état des retards de paiement. En témoigne le lettrage réalisé sur le compte du client Brasserie du Toucquet (Annexe 3).

· La recherche d’information plus synthétique s’obtient par la consultation des documents de synthèse ou de la balance ayant permis leur construction.

Toutes nouvelles informations enregistrées au journal modifient en conséquence les documents comptables.

L’information comptable est ainsi conservée sur une base de données unique accessible par tous les utilisateurs.

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· La consultation des données comptables des années précédentes est facilitée par leur conservation sur une base de données unique (cf. l’établissement des soldes intermédiaires de gestion de N-1 et N et le calcul de leur variation).

· La dématérialisation de certains documents comptables (factures, bulletins de paie, documents bancaires) permet une conservation sur supports numériques et facilite ainsi leur archivage.

Question de gestion 5 : Les nouvelles technologies mises en oeuvre pour le traitement de l’information financière permettent-elle d’assurer la sécurité de l’information

financière ?

Pistes de réponses

Les nouvelles technologies utilisées par les entreprises pour le traitement de l’information financière se développent rapidement : dématérialisation des documents, utilisation de l’informatique en nuage (cloud), de la technologie des logiciels à la demande (mode « SaaS

»). Elles doivent garantir la sécurité de l’information tant au niveau des traitements que pour la sauvegarde des données.

L’utilisation d’applications (PGI par exemple) en mode SaaS permet de réduire les risques, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. En effet, les PME n’ont pas toujours les moyens suffisants (en ressources humaines et financières) pour assurer la sécurité de leurs données.

Les traitements des données doivent être sécurisés par un accès limité aux seuls utilisateurs autorisés (grâce à des mesures d’identification et d’authentification) qui nécessitent une analyse préalable des missions des utilisateurs. Ces accès sont gérés à l’aide de droits préalablement établis.

Les sauvegardes externalisées (utilisation du cloud) permettent de garantir la disponibilité des données, leur accessibilité même si le système d’information de l’entreprise subit des dommages. Les sauvegardes sont automatisées selon une procédure définie en amont.

Cette solution présente aussi l’avantage de limiter les erreurs humaines (lors de la manipulation des supports de sauvegarde par exemple). Cependant, l’entreprise doit vérifier que les opérations de restauration des données soient efficaces.

L’entreprise doit garder le contrôle de ses données. En cas d’externalisation (informatique en nuage, mode Saas), toutes les conditions de sécurisation des données doivent être vérifiées : localisation des centres de traitement des données, sécurisation contre les incidents et intrusions. Le choix du prestataire est donc primordial. Ces nouvelles technologies posent le problème de la dépendance des entreprises au réseau Internet. Les entreprises sont déjà dépendantes d’Internet (utilisation de la messagerie, de la téléphonie), et l’utilisation des nouvelles technologies ne fait qu’accroître cette dépendance. Il faut donc s’assurer de disposer d’une connexion adaptée aux besoins de l’entreprise.

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Question de gestion 6 : l’application des principes comptables est elle suffisante pour que la comptabilité représente l’image fidèle du patrimoine et du résultat de

l’entreprise ?

Pistes de réponses :

I/ L’application des principes comptables favorise l’objectif d’image fidèle

• Les principes comptables sont les garants de la fiabilité de la comptabilité. Cette fiabilité permet aux parties prenantes d’avoir une lecture des comptes qui tend vers l’image fidèle.

• Ils permettent une traduction unifiée de l’activité et du patrimoine de l’entreprise.

• La régularisation des comptes permet d’ajuster les charges et produits. De ce fait, les consommations et produits sont fidèlement rattachés à l’exercice comptable qui les concerne.

• Les principes comptables conduisent à comptabiliser des dotations aux amortissements qui doivent correspondre aux avantages économiques réellement consommés (voir cependant limite 2e partie)

• Le principe de prudence conduit à comptabiliser des dépréciations sur les actifs. Les VNC doivent correspondre aux valeurs actuelles, c’est-à-dire donner une image fidèle de la valeur de l’actif.

• Le principe de permanence des méthodes permet une comparabilité, notamment dans le temps, et améliore donc la perception de l’utilisateur des comptes sur l’image de l’entreprise.

II/ L’application des principes comptables n’est suffisante à donner une image fidèle

• Les principes comptables (prudence, indépendance, continuité, permanence des

méthodes) conduisent à enregistrer des amortissements qui représentent la consommation des avantages économiques. Cette consommation n’est pas certaine et se fonde

essentiellement sur les plans d’amortissement prévisionnels

• Le principe de prudence conduit à ne pas enregistrer les produits probables. Exemple : Valorisation d’un immeuble supérieure à sa VNC (nous n’abordons pas ici la situation des réévaluations).

• Les actifs sont souvent comptabilisés à leur coût d’acquisition, coût de production, valeur qui reste stable en comptabilité (sauf dépréciation estimée 1 fois par an généralement) mais pouvant s’éloigner d’une estimation précise et objective.

• Il peut être très difficile de donner une valeur objective aux actifs détenus. Si le coût d’entrée de l’actif dans le patrimoine est une donnée souvent indiscutable (valeur du flux financier contrepartie du flux réel), sa

valeur inscrite en comptabilité est immédiatement obsolète puisque la valeur « réelle » change en permanence en fonction de l’environnement et de celui qui procède à l’évaluation.

Selon l’annexe, il peut être même très délicat de donner une valeur à un actif.

• Le Code de Commerce reconnaît que la stricte application des principes comptables peut nuire à l’image fidèle.

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Question de gestion 7 : Comment évaluer la performance d’une entreprise ?

Introduction :

La performance se définit comme la réalisation d’un résultat équivalent ou supérieur à l’objectif fixé par l’entreprise compte tenu des moyens mis en œuvre.

La performance d’une entreprise s’apprécie au regard de plusieurs éléments : son objet social, ses objectifs, les attentes des acteurs et les contraintes de son environnement. L’entreprise doit mesurer ses résultats afin d’en assurer un suivi régulier et vérifier qu’ils sont en phase avec les objectifs poursuivis ainsi qu’avec l’évolution de son environnement. Elle doit analyser les écarts constatés et décider des éventuelles interventions correctrices.

Ainsi, l’entreprise est performante si elle atteint l’objectif fixé mais la performance allie l’efficacité et l’efficience :

– l’efficacité est mesurée par le degré de réalisation des objectifs ;

l’efficience consiste à atteindre les objectifs tout en minimisant les coûts et en optimisant l’organisation de l’entreprise : elle est mesurée par l’économicité dans l’emploi des moyens.

Il s’agit de voir comment la gestion propose des outils pour l’évaluation des résultats de l’entreprise, suit et analyse les conditions de leur obtention et construit des indicateurs pertinents au regard de la performance attendue dans ses différentes dimensions.

I. L’évaluation de la performance financière : 1. Les indicateurs de profitabilité :

La profitabilité de l’entreprise peut être définie comme sa capacité à générer des profits à partir de ses ventes.

Elle est mesurée à l’aide d’indicateurs en rapportant un résultat (ou une ressource) au chiffre d’affaires HT.

• Le taux de marge brute d’exploitation donne une indication de la performance industrielle et commerciale de l’entreprise indépendamment de sa politique d’amortissement :

Taux de marge brute d’exploitation = Excédent brut d’exploitation Chiffre d’affaires HT

• Le taux de marge bénéficiaire est l'indicateur global de la performance de l'entreprise : Taux de marge bénéficiaire = Résultat de l’exercice

Chiffre d’affaires HT

• Le taux de capacité d'autofinancement donne une indication sur la part du chiffre d'affaires d'un exercice dont dispose l'entreprise pour rémunérer ses apporteurs de capitaux (actionnaires ou associés) et autofinancer son développement ou rembourser ses dettes :

Taux de capacité d’autofinancement = Capacité d’autofinancement Chiffre d’affaires HT

2. Les indicateurs de rentabilité :

La rentabilité de l’entreprise peut être mesurée grâce à l’analyse de ses performances économique et financière.

Elles sont exprimées par des indicateurs chiffrés qui ont pour objectif d’apprécier l’efficacité et l’efficience de l’entreprise dans l’utilisation de ses ressources compte tenu de la nature de ses activités et de ses objectifs stratégiques.

• La rentabilité économique, appelée aussi rentabilité d’exploitation, mesure la performance économique de l’entreprise. Elle représente la rentabilité des capitaux investis (immobilisations brutes d’exploitation + BFRE).

La rentabilité économique est liée à une fluctuation du niveau d’activité mais elle est indépendante de la structure de financement (fonds propres et/ou emprunt) car le résultat d’exploitation est indépendant de la manière dont est financée l’entreprise :

Rentabilité économique = Résultat d’exploitation /Immobilisations brutes d’exploitation + BFRE

• La rentabilité financière représente la rentabilité des capitaux propres. Elle correspond au rapport entre le résultat, après paiement des intérêts et des impôts, et les capitaux propres : c’est la rentabilité du point de vue

de l’actionnaire. Le niveau d’endettement a une influence sur la rentabilité financière : il peut jouer favorablement ou défavorablement sur la rentabilité financière.

Rentabilité financière = Résultat net de l’exercice/Capitaux propres

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Transition :

La notion de performance, longtemps limitée à la seule performance financière, comporte aujourd’hui plusieurs dimensions avec des critères d’évaluation différents. Il est ainsi question de performance globale.

II. L’évaluation de la performance organisationnelle, commerciale; sociale et environnementale:

1. Les indicateurs organisationnels :

La performance organisationnelle concerne la manière dont l’entreprise est organisée pour atteindre ses objectifs et la façon dont elle parvient à les atteindre. Elle peut se mesurer sur des critères d’efficience comme l’économie des ressources mises en œuvre, la gestion des compétences, la flexibilité de la structure, etc.

2. Les indicateurs commerciaux :

La performance commerciale correspond à l’ensemble des éléments qui permettent de mesurer les résultats de l’activité commerciale d’une entreprise. Elle peut être mesurée à l’aide de nombreux indicateurs :

• Le chiffre d’affaires représente le total des ventes au cours d’une période et est un indicateur du niveau d’activité de l’entreprise.

• Les parts de marchés déterminent le poids de l’entreprise sur son marché et permettent de la situer par rapport à ses concurrents :

Part de marché = Ventes de l’entreprise Ventes totales du secteur

• L’image de l’entreprise correspond à la manière dont l’entreprise est perçue par les clients. Elle peut être mesurée à l’aide de divers indicateurs : le nombre de nouveaux clients, la nombre de clients fidèles, la fréquence des achats, etc.

• La fidélité des clients est à mettre en relation avec la satisfaction des clients qui correspond à l’action d’assouvir un besoin. Le niveau de satisfaction de la clientèle est souvent évalué à l’aide d’enquêtes de satisfaction (enquêtes quantitatives et qualitatives).

3. Les indicateurs sociaux :

Il est de plus en plus reconnu que l’entreprise n’est pas durablement performante financièrement si elle n’est pas performante humainement et socialement. Les questions liées aux compétences, à la capacité d’initiative, à l’autonomie, à l’adhésion des salariés, à la réalisation des objectifs, voire au projet et donc à la culture de l’entreprise, constituent des éléments déterminants

La performance sociale peut être mesurée à travers plusieurs indicateurs :

• Le taux d’absentéisme est un indicateur du climat social de l’entreprise : si les salariés sont moins stressés par leur travail, ils s’absentent moins et sont donc plus productifs.

Taux d’absentéisme = Jours d’absences (hors congés payés) Jours de travail prévus

• Le nombre d’accidents du travail est un indicateur du climat social car un salarié stressé et harcelé a plus de chance d’avoir un accident du travail. Le nombre d’accidents du travail est mesuré par le comptage du nombre d’accidents du travail.

• La formation permet aux salariés d’être plus qualifiés et d’avoir de meilleures perspectives d’évolution :

Nombre moyen d’heures de formation = Nombre d’heures de formation Effectif global de l’entreprise

4. Les indicateurs environnementaux :

La performance environnementale est une notion utilisée dans le domaine de l’évaluation environnementale,

de l’éco-certification et du développement soutenable.

Elle désigne les résultats mesurables du SME (système de management de l’environnement) d’un organisme, en relation avec la maîtrise de ses aspects environnementaux sur la base de sa politique environnementale, de ses objectifs et cibles environnementaux, ou plus largement l’état de fonctionnement d’un système (activité, entreprise) pour lequel la consommation d'énergie et de ressources pas, peu, difficilement ou lentement ou coûteusement renouvelables est minimisée ; pour un service rendu identique ou amélioré. La performance environnementale peut être mesurée à l’aide de multiples indicateurs :

• La consommation d’eau ou d’énergie prend en compte des ressources limitées qu’il est indispensable de réduire. Elle est mesurée par le comptage du volume d’eau utilisé ou des KW d’heures d’électricité.

• La quantité de déchets rejetés par l’entreprise a un impact sur l’environnement donc le fait de réduire

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les déchets est une nécessité pour l’entreprise. Elle se mesure par le comptage du nombre (ou du volume) de déchets.

• Le taux de composants recyclables par produit favorise l’utilisation de composants recyclables.

Taux de composants recyclables = Composant recyclable Total des composants

• La quantité de produits dangereux utilisée est importante à connaître afin de les remplacer par des produits plus écologiques. Elle est mesurée par le comptage du volume de produits dangereux utilisé.

Conclusion :

Les indicateurs de performance de l’entreprise sont donc multiples et ils permettent des comparaisons en valeurs relatives – plus significatives que les valeurs absolues – qui varient selon la taille des entreprises. Ils doivent en principe faire l’objet d’une comparaison :

– dans le temps : analyse de l’évolution de la performance d’une entreprise en comparant les indicateurs d’un exercice avec ceux des exercices précédents ;

– dans l’espace : comparaison des indicateurs d’une entreprise avec ceux des entreprises du même secteur d’activité.

Question de gestion 8 Présentez les conditions d’une structure financière équilibrée.

Introduction :

L’équilibre de la structure financière d’une entreprise repose sur le principe d’affectation des ressources stables aux emplois stables : le besoin de financement des emplois stables doit être couvert par des ressources stables.

De même, le besoin de financement durable du cycle d’exploitation (besoin en fonds de roulement) devrait être couvert par des ressources stables.

I. Les conditions d’une structure financière équilibrée au niveau des éléments stables (haut du bilan)

Les ressources stables doivent être supérieures aux emplois stables car les emplois stables doivent être financés par les ressources stables : c’est le principe de base de l’équilibre financier. Ce premier postulat entraîne un FRNG positif.

Si le FRNG est négatif et donc insuffisant pour respecter l’équilibre financier de l’entreprise, il faut augmenter le FRNG à l’aide des solutions suivantes :

– procéder à une augmentation de capital, c’est-à-dire faire appel aux propriétaires de l’entreprise ou à de nouveaux investisseurs ;

– emprunter à un organisme financier, si l’endettement n’est pas déjà trop élevé ;

– diminuer les emplois stables mais la réduction des emplois stables est difficilement envisageable puisqu’il s’agit de « l’outil de travail » de l’entreprise.

Transition :

Mais le fait que le FRNG soit positif est insuffisant pour respecter les conditions d’une structure financière équilibrée. En effet, il faut également connaître le niveau du BFR pour porter un jugement sur l’équilibre financier d’une entreprise.

II. Les conditions d’une structure financière équilibrée au niveau des éléments circulants (bas du bilan)

L’équilibre de la structure financière d’une entreprise dépend également du niveau de son BFR. Plus le BFR est important, plus le FRNG doit être élevé afin de pouvoir couvrir le BFR.

En effet, afin de porter un jugement

sur l’équilibre financier de l’entreprise, il faut mettre en relation le FRNG et le BFR. Les différents cas de figure suivants peuvent se présenter :

– si le FRNG est positif et que l’excédent des ressources stables permet de financer le BFR, l’entreprise dégage une trésorerie nette positive : l’équilibre financier est respecté et l’entreprise doit seulement envisager le placement de ses liquidités excédentaires afin de dégager des produits financiers.

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– si le FRNG est positif mais qu’il est inférieur au BFR, l’entreprise dégage une trésorerie nette négative :

l’entreprise finance de manière satisfaisante ses emplois stables mais une partie du BFR est financée par des concours bancaires et soldes créditeurs de banque qui sont facilement annulables par les organismes financiers. L’entreprise est donc dépendante du secteur bancaire : il faut chercher soit à augmenter les ressources stables, soit à réduire le BFR.

– si le FRNG est négatif et le BFR positif, l’entreprise dégage une trésorerie nette négative : l’entreprise ne finance pas ses emplois stables par des ressources stables donc les concours bancaires courants et soldes créditeurs de banque financent une partie des emplois stables et la totalité du BFR. L’entreprise est très fragile puisqu’elle dépend du secteur bancaire. Elle doit reconsidérer sa structure financière notamment en augmentant ses ressources stables.

Pour diminuer le BFR, il est possible de diminuer l’actif circulant d’exploitation et/ou d’augmenter le passif circulant d’exploitation et donc de :

– améliorer la gestion des stocks pour en diminuer le volume ; – négocier avec les clients des délais de crédit plus courts ;

– négocier des délais de paiement plus importants avec les fournisseurs.

Conclusion :

Les conditions d’une structure financière équilibrée sont donc multiples et elles dépendent également du secteur d’activité de l’entreprise. Par exemple, les entreprises de la grande distribution présentent des schémas de comparaison tout à fait différents. Leur BFR est souvent négatif donc elles ne sont pas obligées d’avoir un FRNG positif. En effet, elles dégagent généralement une ressource (et non un besoin) en fonds de roulement puisque les clients paient comptant, la durée de stockage est souvent peu importante et les fournisseurs sont réglés à crédit.

Question de gestion 9 Est-ce que l'emprunt doit être le mode de financement privilégié pour une entreprise ?

Introduction :

Lors du choix du financement d’un investissement, le recourt à l’emprunt est fréquemment la première solution qui est envisagée. L’emprunt est un mode de financement externe, qui est souscrit auprès d’organismes bancaires. Il est caractérisé par une durée, un taux d’intérêt et un mode de remboursement. Quels sont les avantages et inconvénients pour une entreprise de recourir à un emprunt ?

1re Partie : Les avantages de l’emprunt A. Avantages qualitatifs

1. Une solution rapide à mettre en oeuvre pour obtenir un financement

À l’inverse de l’augmentation de capital, l’emprunt ne requiert que l’accord de la banque. Il peut de ce fait être très rapidement mis en oeuvre.

2. Le risque du financement n’est pas supporté par l’entreprise

Lors d’un emprunt, l’entreprise perçoit des fonds externes. Même si la banque prend des garanties (et exige des assurances), le risque du financement n’est pas supporté par l’entreprise.

B. Avantages quantitatifs

1. Permet d’augmenter la rentabilité financière de l’investissement

Si le taux d’intérêt de l’emprunt est inférieur au taux d’actualisation, la rentabilité financière de l’investissement sera accentuée.

2. Favorise l’effet de levier

Si le taux d’intérêt de l’emprunt est inférieur au taux de rentabilité de l’investissement, l’entreprise bénéficiera d’un effet de levier. Il sera alors plus intéressant d’emprunter pour financer l’investissement que de l’autofinancer.

2e Partie : Les inconvénients de l’emprunt A. Modifie l’équilibre financier de l’entreprise

1. Déséquilibre de la structure financière de l’entreprise

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L’emprunt augmente les dettes à long terme de l’entreprise. Il peut mettre en péril l’équilibre financier de l’entreprise. Pour cela l’entreprise doit calculer son ratio d’indépendance financière (ne doit pas être supérieur à 1) et sa ratio de capacité de remboursement.

2. Dépendance vis-à-vis des organismes financiers

Un emprunt augmente le pouvoir des banques vis-à-vis de l’entreprise. L’entreprise doit veiller à ne pas devenir dépendante des banques. Pour cela, le niveau d’endettement ne doit jamais être supérieur aux ressources stables de l’entreprise.

B. L’emprunt à un coût non négligeable

1. L’augmentation des charges financières de l’entreprise

L’emprunt à un coût, ce sont les intérêts. Selon le mode de remboursement de l’emprunt et sa durée, le montant des intérêts peut s’avérer très élevé. L’entreprise doit donc veiller à ne pas alourdir ses charges financières en finançant uniquement ses investissements par des emprunts.

2. Une solution externe souvent plus chère qu’une solution interne

L’entreprise pourrait emprunter à ses associés. Cette solution est souvent moins onéreuse que celle d’un emprunt et pour être plus adaptée aux contraintes économiques de l’entreprise.

Conclusion :

Même si l’emprunt est un mode de financement très apprécié des entreprises, celles-ci doivent aussi envisager d’autres solutions internes (apports des associés, autofinancement) ou externe (augmentation de capital, affacturage). Le choix du mode de financement dépend principalement des caractéristiques de l’investissement

à financer. Un investissement très important nécessitera peut-être une augmentation de capital alors qu’un investissement de renouvellement d’une valeur modéré pourra être autofinancé.

Question de gestion 10 Un excédent de trésorerie est-il un signe de gestion efficace ?

:

1. Signes de gestion efficace :

– Les réponses sont à nuancer selon la durabilité de l’excédent de trésorerie : est-ce sur une courte ou une longue période ? Les excédents alternent-ils avec les déficits de trésorerie ? – Encaissements > décaissements → l’activité génère de la trésorerie. Si elle est durable, cela signifie généralement que l’activité est rentable et les délais de paiement maîtrisés.

– Éloigne le risque de cessation des paiements.

– Permet de disposer d’une trésorerie disponible pour faire face aux engagements de court terme (notamment relatifs à l’exploitation).

– Élimine les coûts engendrés par une trésorerie déficitaire (commissions bancaires, agios et intérêts).

– La trésorerie peut être un révélateur de la situation économique de l’entreprise. Une trésorerie durablement positive peut indiquer une bonne santé financière et rassurer les tiers (actionnaires, associés, clients,fournisseurs…)

– Donne une facilité accrue pour trouver de nouvelles sources de financement (capital, emprunts…) en permettant de faire face à de nouveaux engagements (paiement d’intérêts ou de dividendes).

L’approche peut se faire, à l’inverse, en considérant les risques liés à une trésorerie durablement négative :

risques de cessations des paiements, difficultés de négociations avec les tiers, coûts générés par les concours bancaires courants, etc.

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2. Relativiser l’intérêt d’un excédent de trésorerie :

– Une trésorerie systématiquement positive mobilise des ressources (emprunts, capital, comptes courants d’associés…) qui ne génèrent pas de revenus et qui ne sont pas exploitées pour le développement de l’activité.

– Un excédent de trésorerie durable, obtenu notamment par de faibles investissements, peut se révéler dangereux à long terme.

– Une croissance de l’activité ou un investissement génèrent souvent une trésorerie déficitaire de façon conjoncturelle (donc des coûts), mais ces effets négatifs peuvent être moindres que les effets positifs liés à cette croissance de l’activité ou à cet investissement.

– Une trésorerie positive n’est pas nécessairement signe de rentabilité : cas de résultats négatifs du fait :

· des décalages de paiements entre engagements et dénouements monétaires des charges et produits ;

· des charges non décaissées (politique d’amortissements, dépréciations et provisions).

Question de gestion 11 L’analyse d’un coût est-elle déterminante dans la prise de décision?

Introduction :

L’analyse du coût d’un produit ou d’un service permet à une entreprise d’obtenir des éléments financiers pour aider à la prise de décision. L’analyse peut soit permettre de calculer les différents coûts (coût d’achat, coût de production et coût de revient) d’un produit ou d’un service, soit être réalisée afin de déterminer certains éléments (prix de vente, quantité à vendre…) pour atteindre un objectif de rentabilité. Toutefois, la détermination et l’analyse d’un coût est-elle le seul élément à prendre en compte dans la prise de décision

?

・ 1re Partie : L’analyse d’un coût pour quel objectif ?

A. Une analyse a posteriori des charges (coût complet) : 1. Permet la détermination d’un coût précis

Cette méthode détermine les différents coûts d’un produit. Elle permet de visualiser rapidement quelles sont les étapes dans le processus d’achat, de production ou de distribution qui peuvent être améliorées.

2. Certaines charges sont difficilement affectables

Certaines charges concernent plusieurs activités de l’entreprise. Il est nécessaire de les répartir. Cette répartition arbitraire risque de fausser l’analyse d’un coût et fournir de mauvais indicateurs pour la prise de décision.

B. Une analyse des charges pour réaliser des simulations_:

1. Permet de déterminer rapidement des indicateurs pour aider à la prise de décision

Cette méthode basée sur la distinction charges variables/charges fixes est très simple à mettre en œuvre pour déterminer le prix de vente minimum d’un produit ou la quantité qu’il est nécessaire de vendre pour atteindre un certain objectif.

2. Certaines charges ne sont pas assez analysées

Dans cette méthode, les charges fixes (indépendantes du niveau d’activité de l’entreprise) ne sont pas distinguées par produit. Par conséquent dans le cas d’une entreprise qui a plusieurs activités, cette méthode est difficile à mettre en œuvre.

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・ 2e Partie : Quels sont les autres critères qui peuvent aider à la prise de décision ? A. L’analyse du marché de l’entreprise

1. Tenir compte de la concurrence

Les prix pratiqués par la concurrence (ainsi que toutes autres informations : qualité des produits, réseau de distribution, service après-vente…) doivent être pris en compte dans la prise de décision.

2. Analyser l’évolution du marché

Le marché de l’entreprise est en perpétuelle évolution. Celle-ci doit tenir compte de cette évolution dans sa prise de décision.

B. La prise en compte de l’organisation interne de l’entreprise 1. Analyser les atouts et les faiblesses de l’organisation de l’entreprise

L’entreprise doit aussi analyser son mode d’organisation afin de déterminer quelles sont les synergies possibles (ou les réorganisations à effectuer) pour atteindre ce nouvel objectif

2. Faire adhérer le personnel à la décision prise

Le succès d’un nouveau produit ne se limite pas à un coût mais aussi à une mobilisation du personnel vers ce nouvel objectif.

・ Conclusion :

L’analyse d’un coût est une étape essentielle dans le processus de prise de décision.

Toutefois, l’analyse d’un coût peut s’avérer incomplète ou même faussée par la répartition arbitraire de certaines charges. De plus, l’environnement de l’entreprise ainsi que son organisation en interne sont aussi des éléments qui doivent être pris en compte dans le processus de décision. Par conséquent, les dirigeants de l’entreprise doivent tenir compte de cette analyse de coût, mais ne peuvent pas se limiter aux résultats de celle-ci pour prendre leurs décisions.

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