Progrès vers la gestion forestière durable en Europe
N.B.: Prière de noter que certains tableaux contenus dans ce document de travail sont en anglais; la traduction sera finalisée ultérieurement.
Rapport de travail pour la Commission européenne des forêts Zvolen, Slovaquie
Introduction
Le présent rapport fournit un aperçu des progrès accomplis vers la gestion forestière durable en Europe et se fonde, dans une large mesure, sur les résultats de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2005 de la FAO (FRA 2005).
Le document intitulé State of Europe’s Forests 2003 : The MCPFE Report on Sustainable Forest Management in Europe (Situation des forêts d’Europe 2003: le rapport de la CMPFE sur la gestion forestière durable en Europe) était un rapport exhaustif rédigé sur le même thème. En outre, la CMPFE envisage de préparer un rapport actualisé sur la gestion forestière durable pour examen à la prochaine Conférence ministérielle qui se tiendra en 2007. De même, l’Étude sur les perspectives du secteur des forêts européennes (EFSOS en anglais), publiée par la CENUE/FAO en 2005, fournit une analyse détaillée des tendances à long terme du secteur forestier en Europe. Le présent document ne se propose pas de reproduire les rapports plus exhaustifs de la CMPFE ou de l’étude EFSOS.
Plutôt, l’objectif du présent rapport est de fournir aux délégués participant à la 33e session de la Commission européenne des forêts des informations à jour basées sur FRA 2005 et plusieurs autres sources, y compris l’Annuaire FAO des produits forestiers 2004. En 2006, chaque commission régionale des forêts passera en revue les progrès accomplis vers la gestion forestière durable dans leur région respective. Sur la base des rétroactions de chaque commission, des résumés régionaux seront inclus dans la Situation des forêts du monde 2007.
Le résumé régional pour l’Europe se fondera sur ce rapport.
Le développement durable comprend trois grandes composantes : environnementale, sociale et économique. Les processus intergouvernementaux sont convenus d’utiliser sept éléments thématiques comme cadre pour le suivi, l’évaluation et la communication des informations relatifs aux progrès vers la gestion forestière durable :
• Étendue des ressources forestières
• Diversité biologique
• Santé et vitalité des forêts
• Fonctions de production des ressources forestières
• Fonctions de protection des ressources forestières
• Fonctions socioéconomiques
• Cadre juridique, politique et institutionnel
Le rapport de la CMPFE et FRA 2005 ont couvert les six premiers éléments thématiques cités ci-dessus. Les informations concernant chaque pays tirées de FRA 2005 figurent sur le site web de la FAO: http://www.fao.org/forestry. La CMPFE a également publié plusieurs
rapports qui fournissent une grande abondance d’informations sur le cadre juridique, politique et institutionnel des pays européens, y compris les suivants. National Forest Programmes in Europe ; Implementation of MCPFE Commitments et The MCPFE and the IPF/IFF
Proposals for Action. Ces rapports sont disponibles sur le site web de la CMPFE http://www.mcpfe.org
Près de 80 pour cent des informations nationales concernant l’Europe incluses dans FRA 2005 se fondaient sur des inventaires ou évaluations forestiers nationaux fournis par les
correspondants nationaux. D’autres informations venaient d’« évaluations d’experts » des données disponibles et des résultats de la télédétection. On trouvera des détails sur FRA 2005 et d’autres sources de données dans les documents de travail et les tableaux nationaux disponibles sur le site web de la FAO. Le présent « rapport de travail » tire parti des informations communiquées par les pays. Une liste des pays est incluse dans l’annexe.
1. Étendue des ressources forestières
L’étendue du couvert forestier des pays européens se caractérise par une diversité
considérable. La figure 1 présente ces pays sur la base du pourcentage de la superficie de leurs terres entrant dans la catégorie des forêts de FRA 2005. Sur le plan du couvert forestier, les pays européens vont de moins de 10 pour cent (Islande et Irlande) à plus de 60 pour cent (Finlande et Suède). La superficie forestière moyenne en Europe est de 44 pour cent, plus 4 pour cent d’« autres terres boisées » (notamment lorsque le couvert arboré est compris entre 5 et 10 pour cent).
Figure 1: Couvert forestier en pourcentage de la superficie des terres La superficie forestière communiquée pour l’Europe (à l’exclusion de la Fédération de Russie) occupe 193 millions d’hectares en 2005, soit une augmentation de 7 pour cent depuis 1980. Ce chiffre est à mettre en relation avec la baisse nette mondiale de 3 pour cent de superficie forestière au cours de la même période. L’Europe est la seule grande région connaissant une augmentation nette de couvert forestier sur toute la période 1990-2005.
(L’Asie a également fait état d’un accroissement net au cours des cinq dernières années dû notamment au vaste programme de boisement mis en œuvre en Chine).
Les statistiques forestières sont dominées en Europe par la Fédération de Russie, la Russie représentant 81 pour cent de la superficie forestière totale. Pour des raisons pratiques, ce chiffre inclut la partie asiatique de la Russie. C’est pourquoi, quand il cite les données de FRA 2005, le présent rapport fournit des informations distinctes pour la Fédération de Russie. Dans le tableau 1, la superficie forestière nette communiquée en Fédération de Russie est
pratiquement stable, avec une petite augmentation dans les années 1990 et un légère baisse entre 2000 et 2005.
Le site web de la FAO fournit une liste complète des 47 pays et autres zones comprises en Europe pour les besoins de FRA 2005 :www.fao.org/forestry
L’augmentation nette de la superficie forestière en Europe est imputable dans une large mesure à plusieurs pays qui ont connu des accroissements considérables entre 2000 et 2005,
Tableau 1: Étendue et changement de la superficie forestière
Superficie (1000 ha) Changement annuel
(1000 ha) Taux de changement annuel (%)
1990 2000 2005 1990-
2000 2000-
2005 1990-
2000 2000-
2005
Europe 988 320 998 091 1 001 394 977 661 0.10% 0.07%
Europe à l’exclusion de la Fédération
de Russie 179 370 188 823 192 604 945 756 0.53% 0.40%
Fédération de Russie 808 950 809 268 808 790 32 -96 0.00% -0.01%
MONDE 4 077 291 3 988 610 3 952 025 -8 870 -7 320 -0.22% -0.18%
avec en tête l’Espagne (296 000 hectares / an d’augmentation moyenne) et l’Italie (106 000 ha / an), suivies de la Bulgarie, de la France, du Portugal et de la Grèce. Les augmentations en pourcentage les plus importantes étaient le fait de plusieurs pays dotés d’un faible couvert forestier, de l’Islande (3,9 pour cent d’augmentation par an des forêts) et de l’Irlande (1,9 pour cent). La Fédération de Russie était le seul pays européen communiquant une perte nette de superficie forestière entre 2000 et 2005, soit une baisse moyenne de 96 000 hectares par an ; cependant, ce chiffre ne représentait que 0,01 pour cent de perte de la superficie forestière totale.
Tableau 2: Superficie des plantations forestières
Superficie
(1000 ha) Changement annuel (1000 ha)
1990 2000 2005 1990-
2000 2000- 2005
Europe 21 212 25 393 27 495 418 420
Europe à l’exclusion de la Fédération de
Russie 8 561 10 032 10 532 147 100
Fédération de Russie 12 651 15 360 16 963 271 320
MONDE 101 284 125 525 139 466 2 424 2 788
Si l’on compare les tableaux 1 et 2 on peut conclure qu’un peu moins de la moitié de
l’augmentation de la superficie forestière nette de l’Europe au cours des 15 dernières années est due à un accroissement de la superficie des plantations forestières (définies comme forêts d’espèces introduites et dans certains cas d’espèces indigènes, établies par plantation ou semis). Le reste de l’augmentation de la superficie forestière européenne est le résultat de processus autres que les plantations forestières, y compris l’extension naturelle des forêts sur des terres jadis cultivées et l’établissement de forêts « semi-naturelles » plantées à l’aide d’espèces indigènes qui ne sont pas considérées comme des plantations forestières en Europe.
Conclusions
Les augmentations nettes de l’étendue des forêts, des plantations forestières et du matériel sur pied sont des tendances positives vers la gestion forestière durable dans la région. La
Fédération de Russie est le seul pays ayant soumis un rapport connaissant une tendance négative à cet égard, et la diminution nette de superficie forestière en Russie ne s’élevait qu’à 0,02 pour cent sur la période de 15 ans (1990-2005). Il ressort de toutes les indications que les pays européens ont pu stabiliser leurs étendues forestières, dans de nombreux cas depuis le 19e ou le début du 20e siècle. Bien que les chiffres diffèrent légèrement, les conclusions de FRA 2005 corroborent celles du rapport State of Europe’s Forests 2003.
2. Diversité biologique
La diversité biologique concerne la variété des formes de vie, leurs fonctions écologiques et la diversité génétique qu’elles renferment. La conservation de la diversité biologique représente en Europe un défi autre que celui des autres régions. S’il est vrai que seules de rares espèces sont actuellement menacées ou en danger, cela est dû principalement au fait que peu de paysages forestiers européens ressemblent à ce qu’ils auraient été s’ils n’avaient pas été totalement modifiés par les activités humaines au cours de plusieurs millénaires. La majeure partie de l’Europe a été déboisée dans le passé, mais de nombreuses zones ont été reboisées naturellement ou intentionnellement au cours des siècles, sous l’effet de différentes influences humaines comme l’agriculture, l’industrialisation et la guerre. Il est difficile de comparer, aussi bien au plan théorique que pratique, la situation actuelle de la biodiversité et une situation « naturelle » préexistante, et une telle comparaison ne serait guère pertinente du point de vue des politiques. À cet égard, l’Europe (à l’exclusion de la Fédération de Russie) est différente des autres régions, bien que de vastes zones dans d’autres continents,
notamment en Amérique du Nord et en Asie, ont été aussi profondément influencées au cours des siècles par les activités humaines.
FRA 2005 définit la forêt primaire comme une forêt formée d’espèces indigènes, où aucune trace d’activité humaine n’est clairement visible et où les processus écologiques ne sont pas sensiblement perturbés. Les forêts primaires se caractérisent souvent par des niveaux élevés de biodiversité, et elles remplissent normalement aussi d’autres fonctions environnementales importantes. Seuls 4 pour cent de la superficie forestière de l’Europe (à l’exclusion de la Fédération de Russie) sont classés comme forêt primaire, contre 27 pour cent de l’ensemble de la planète. Le tableau 3 montre une légère tendance à la hausse des forêts primaires en Europe autre que la Fédération de Russie qui représente 97 pour cent de l’ensemble de l’Europe. Les forêts primaires russes se sont accrues dans les années 1990 mais ont diminué de 0,2 pour cent par an entre 2000 et 2005.
Tableau 3: Superficie des forêts primaires
Une autre valeur supplétive importante pour la conservation de la diversité biologique est la mesure dans laquelle les écosystèmes forestiers sont affectés à la conservation avec une protection légale. Une tendance mondiale positive amorcée dans les années 1990 s’est poursuivie en 2000-2005, l’augmentation totale de la superficie forestière affectée à la conservation s’approchant de 100 millions d’hectares sur la période de 15 ans (1990-2005), soit un accroissement de 32 pour cent. En Europe, la superficie forestière destinée à la conservation a haussé de 100 pour cent sur la même période. La majeure partie de cet
accroissement a eu lieu dans les années 1990, mais en 2000-2005 l’augmentation était encore sensible, atteignant 3 pour cent environ par an (tableau 4). En Europe, 10,5 pour cent de la
Superficie
(1000 ha) Changement annuel (1000 ha)
1990 2000 2005 1990-
2000 2000-
2005
Europe 249 454 266 223 263 792 1 677 -486
Europe à l’exclusion de la
Fédération de Russie 7 728 8 092 8 322 36 46
Fédération de Russie 241 726 258 131 255 470 1 641 -532
MONDE 1 170 009 1 114 732 1 082 296 -5 528 -6 487
superficie forestière (à l’exclusion de la Fédération de Russie) sont affectés à la conservation contre une moyenne mondiale de 10 pour cent. En Fédération de Russie, les superficies destinées à la conservation se sont accrues pour atteindre 2 pour cent de la superficie forestière totale.
Tableau 4: Superficie forestière affectée à la conservation
FRA 2005 a également invité les pays à communiquer les espèces forestières arborescentes menacées en fonction des catégories et critères de la Liste rouge de l’UICN. Comme il ressort de la figure 2, le nombre moyen d’espèces arborescentes menacées par pays en Europe est sensiblement inférieur à celui d’autres régions, résultat plausible vu le nombre normalement plus exigu d’espèces présentes dans les écosystèmes tempérés et boréaux de la région européenne, ainsi que la stabilité relative de la superficie forestière totale de la région.
Figure 2: Espèces arborescentes en danger et vulnérables : moyenne par pays
48
31
21
8 17
14
5
2 9
14
4
3
1 20
14 7
0 10 20 30 40 50 60 70 80
South
America Asia North and Central America
Africa Oceania Europe
Number of species
Vulnerable tree spp. Endangered tree spp. Critically endangered tree spp.
Superficie
(1000 ha) Changement annuel (1000 ha)
1990 2000 2005 1990-
2000 2000-
2005
Europe 18 402 33 877 36 760 1 548 576
Europe à l’exclusion de la
Fédération de Russie 6 588 17 687 20 272 1 110 517
Fédération de Russie 11 815 16 190 16 488 438 60
MONDE 298 424 361 092 394 283 6 267 6 638
Nombre d’espèces Amérique du Sud Asie
Amérique du Nord et centrale Afrique
Océanie Europe
Esp. arborescentes vulnérables Esp. arborescentes en danger
Esp. arborescentes en danger critique d’extinction Conclusions
Par rapport aux autres régions, l’Europe accomplit des progrès importants vers la conservation de la diversité biologique forestière. Bien qu’il n’existe aucun indicateur unique de la
diversité biologique, plusieurs paramètres peuvent être mesurés, y compris la superficie de la forêt affectée à la conservation ou à la protection, et le nombre d’espèces arborescentes considérées comme vulnérables ou en danger. Dans ces deux cas, les pays européens continuent à faire de bons progrès.
3. Santé et vitalité des forêts
FRA 2005 a inclus la recherche sur trois facteurs influençant la santé et la vitalité des forêts:
• Les incendies de forêts
• Les insectes et les maladies
• D’autres perturbations (vent, neige, gel, inondations, tempêtes, sécheresse et dommages dus aux animaux)
Étant donné que les incendies de forêts et la vulnérabilité des forêts seront examinés de façon plus approfondie dans le cadre d’autres points de l’ordre du jour à la 33e Commission
européenne des forêts, la présente section sera consacrée aux menaces posées à la santé des forêts par les insectes et les maladies.
Les dommages aux forêts imputables aux incendies dans la région européenne représentent moins de 10 pour cent de la superficie communiquée pour les insectes, les maladies et les autres perturbations dans FRA 2005. Par rapport à d’autres régions du monde, les
perturbations autres que celles dues aux incendies sont relativement bien documentées en Europe, les rapports provenant de plus de 90 pour cent des superficies forestières. Cependant, il est difficile de comparer les données car les interprétations de ce qui constitue une
perturbation varient d’un pays à l’autre. Les réponses aux questionnaires et les profils
nationaux des ravageurs -en préparation - et qui offriront des informations supplémentaires à FRA 2005 montrent que ces ravageurs forestiers et les autres perturbations pourraient avoir exercé un impact encore plus ample que ne le disent les rapports.
Les mouvements transfrontaliers des ravageurs et l’établissement d’espèces envahissantes ont attiré l’attention sur les effets préjudiciables/négatifs de ces dernières (y compris les insectes et maladies et les espèces ligneuses envahissantes) et leur impact sur les forêts. L’accélération des transports et la facilité des voyages ont favorisé l’accroissement du taux de propagation des ravageurs. Par exemple, Anoplophora chinensis, originaire du Japon et de la Corée, où elle représente un ravageur dangereux de Citrus et de nombreux autres arbres décidus, a été découverte pour la première fois en Europe en Lombardie, Italie en 2000. Son impact potentiel sur la région n’a pas encore été déterminé.
La 33e Commission européenne des forêts examinera la vulnérabilité des forêts de la région, y compris l’hypothèse selon laquelle les superficies forestières pourraient être de plus en plus vulnérables aux invasions de ravageurs (indigènes et exotiques) et susceptibles aux impacts d’événements liés au climat comme les tempêtes de neige et la sécheresse. Par exemple, on estime de manière croissante que le changement climatique mondial augmente la vulnérabilité des forêts aux insectes et aux maladies. Des préoccupations ont été exprimées récemment dans la région quant à la possibilité que les scolytes de l’épicéa prolifèrent en raison du grand nombre d’arbres tombés à la suite des tempêtes violentes éclatées récemment.
La perturbation des forêts par les ravageurs et les facteurs abiotiques influencent
profondément la productivité. Il faut des données régulières sur les agents responsables pour formuler des stratégies de gestion. Un suivi régulier est aussi nécessaire pour détecter les nouveaux ravageurs établis. Les données fournies à FRA 2005 ne sont pas toutes comparables directement entre les pays d’une même région ou entre les régions. Malgré ces limitations, on peut observer des tendances générales.
En Europe, la CMPFE a choisi la défoliation comme indicateur clé de la santé des forêts, et l’état du couvert forestier a été surveillé systématiquement par le Programme international de
coopération sur les forêts de l’UE/CENUE, au titre de la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontalière à grande distance de la CENUE depuis la moitié des années 1980 lorsque la santé des forêts européennes a suscité de fortes préoccupations.
Pour FRA 2005, les pays ont communiqué les perturbations forestières pour 2000 sur la base d’une moyenne annuelle relative à la période 1998-2002. Pour l’ensemble de l’Europe, il a été indiqué que près de 2 pour cent de la superficie forestière sont touchés par des perturbations en une année typique. Pour l’Europe à l’exclusion de la Fédération de Russie, ce chiffre augmente pour atteindre 6 pour cent environ (tableau 5).
Tableau 5: Perturbations forestières
Perturbations influençant les forêts
(1000 ha)
Incendies Insectes Maladies Autres Total
Europe 1 594 6 353 3 135 7 546 18 628
Europe à l’exclusion de la
Fédération de Russie 326 1 400 2 178 7 038 10 942
Fédération de Russie 1 268 4 953 957 508 7 686
La figure 3 indique les perturbations relatives causées par les quatre catégories prises en compte dans les rapports, à savoir les incendies, les insectes, les maladies et tous les autres types de perturbation (tempêtes, sécheresse, gel, etc.).
Figure 3: Perturbations forestières Comparative annual average areas disturbed
Fire
Insects Diseases
Other Disturbances
Fire Insects Diseases Other Disturbances
Répartition annuelle moyenne des superficies perturbées Incendies – insectes – maladies – autres perturbations Conclusions
La santé et la vitalité des forêts sont influencées par un grand nombre de perturbations. Étant donné l’absence de données de base pour les périodes antérieures, il est difficile de déterminer si la santé des forêts s’améliore ou se détériore. Toutefois, du fait que de 2 à 6 pour cent de la superficie forestière sont touchés lors d’une année moyenne, il est clair que les effets
cumulatifs et les conséquences à long terme pourraient être très importants.
4. Fonctions de production des forêts
La production de bois et de produits forestiers non ligneux est une fonction très importante des forêts et des terres boisées de la région, et elle a un impact notable sur les dimensions sociales et économiques du développement durable. En Europe, 72 pour cent de la superficie forestière totale sont affectés principalement à la production (52 pour cent si l’on exclut la Fédération de Russie) contre une moyenne mondiale de 31 pour cent. Le tableau 6 résume la tendance de l’étendue des forêts de production.
Tableau 6: Superficie forestière affectée principalement à la production
Superficie
(1000 ha) Changement annuel (1000 ha)
1990 2000 2005 1990-
2000 2000-
2005
Europe 770 508 722 051 721 355 -4 846 -139
Europe à l’exclusion de la
Fédération de Russie 105 754 98 931 99 007 -682 15
Fédération de Russie 664 754 623 120 622 349 -4 163 -154
MONDE 1 324 549 1 281 612 1 256 266 -4 294 -5 069
La superficie des forêts européennes « affectées principalement à la production » a accusé un recul sensible dans les années 1990 mais est restée relativement stable sur la période 2000- 2005. Le concept de « forêts de production » est moins applicable en Europe que dans certaines autres régions, car en Europe la majorité des forêts est destinée à des usages multiples, y compris la production et la protection. Ce classement peut favoriser les débats mais il sert moins à la prise de décisions stratégiques importantes.
Le matériel sur pied est un autre paramètre intéressant ; on peut se demander s’il s’agit d’un indicateur de productivité de la forêt (peut-être l’accroissement annuel est-il plus pertinent) ou plutôt d’un indicateur de sylviculture et d’histoire. Les données nationales font état d’une augmentation du matériel sur pied total dans de nombreux pays, notamment des zones d’Europe centrale où une sylviculture prudente et des marchés faibles ont fait hausser le matériel sur pied par hectare à des niveaux records. Le résultat net au niveau régional est une augmentation du matériel sur pied total exprimée en mètres cubes et en mètres cubes par hectare.
Le tableau 7 fournit un aperçu de la croissance des forêts européennes. Lorsque l’on exclut la Fédération de Russie, le matériel sur pied en Europe a augmenté fortement au taux de 1,3 pour cent par an entre 2000 et 2005, chiffre légèrement inférieur au taux de 1,4 pour cent des années 1990. Le matériel sur pied continue aussi à faire l’objet d’un léger accroissement en Fédération de Russie, caractérisé par une densité inférieure par hectare au reste de l’Europe, résultat escompté étant donné l’extension des superficies forestières dans les régions plus froides. La Fédération de Russie absorbe près de 19 pour cent du matériel sur pied total du monde, résultat semblable à celui du Brésil, l’autre pays chef de file à cet égard.
Table 7: Matériel sur pied
Matériel sur pied (millions de m3) Matériel sur pied (m3/ha)
1990 2000 2005 1990 2000 2005
Europe 102 063 105 374 107 264 103 106 107
Europe à l’exclusion de la
Fédération de Russie 22 024 25 103 26 785 124 135 141
Fédération de Russie 80 040 80 270 80 479 99 99 100
MONDE 445 252 439 000 434 219 109 110 110
Un autre indicateur des fonctions de production des forêts est le niveau des extractions de bois.
En 2000-2005, elles se sont accrues d’environ 2 pour cent par an en Europe, en raison notamment de la forte reprise en Fédération de Russie, où les extractions de bois avaient accusé une forte baisse dans les années 1990 (tableau 8).
Tableau 8: Extractions de bois (millions de mètres cubes)
Bois rond industriel Bois de feu Total
Sous-région 1990 2000 2005 1990 2000 2005 1990 2000 2005
Europe 606 488 535 138 126 136 743 614 672
Europe à l’exclusion de la Fédération de
Russie 337 383 406 70 78 86 407 462 492
Fédération de Russie 268 105 129 68 48 51 337 152 180
MONDE 1 780 1 726 1 787 1 261 1 173 1 206 3 041 2 899 2 993
FRA 2005 a également invité les pays à communiquer des données sur les produits forestiers non ligneux. Il est difficile de tirer des conclusions mondiales en raison de la limitation des niveaux de communication dans la plupart des région ; les pays européens ont fait état de 272 000 tonnes environ d’aliments extraits des forêts en 2005 (près de 6 pour cent du total
mondial) ; 6 500 tonnes de matières premières pour la préparation de médicaments et de produits aromatiques (5 pour cent du total mondial) ; et 232 000 tonnes d’autres produits végétaux (18 pour cent du total mondial communiqué). L’Asie est de loin la région ayant les niveaux les plus élevés de produits forestiers non ligneux extraits, absorbant au moins 80 pour cent dans la plupart des catégories. L’attention du lecteur est également attirée sur l’étude EFSOS qui fournit des informations exhaustives sur ce paramètre.
Conclusions
Les forêts européennes figurent parmi celles qui produisent le plus de bois dans le monde. À l’exclusion de la Fédération de Russie, l’Europe représente 23 pour cent des extractions mondiales de bois rond industriel mais 5 pour cent seulement de la superficie forestière mondiale. Si l’on exclut la Fédération de Russie, à l’Europe sont imputables 30 pour cent du bois rond industriel et 25 pour cent de la superficie forestière. Plus de la moitié des forêts européennes sont affectées à la production, proportion qui est bien supérieure à la moyenne mondiale de 32 pour cent (là aussi il convient de noter que de nombreuses forêts
européennes affectées à la production sont aussi destinées à d’autres usages).
Lorsque cette information s’associe au fait que la superficie forestière et le matériel sur pied de l’Europe continuent à s’accroître, on parvient à la conclusion évidente qu’un haut niveau de production de bois n’est pas incompatible avec la gestion forestière durable – du moins dans une région du monde caractérisée par des économies et institutions relativement développées. En outre, les extractions sont encore bien en deçà de l’accroissement (voir l’étude EFSOS pour plus de détails).
5. Fonctions de protection des forêts
Les forêts remplissent un grand nombre de fonctions de protection dont la protection des bassins versants, l’arrêt de la dégradation des terres et de la désertification, l’atténuation du changement climatique et l’amélioration des environnements urbains. Bien que toutes ces fonctions revêtent une importance vitale pour les moyens d’existence ruraux, la plupart de leurs avantages ne sont ni quantifiés ni évalués sur le marché, et sont donc rarement pris en compte dans l’évaluation des bénéfices procurés par les forêts. Pour la première fois FRA 2005 a recueilli des informations sur la superficie forestière établie principalement à des fins de protection et la superficie des plantations forestières dont l’objectif principal est la
protection. Comme il ressort du tableau 9, la superficie forestière affectée principalement à la protection en 2005 représentait 9 pour cent – la même que la moyenne mondiale (note : FRA 2005 utilise les catégories de protection de l’UICN et non pas celles de la CMPFE).
Tableau 9: Superficie forestière affectée principalement à la protection
En Europe, les plantations forestières de protection ont enregistré une hausse en Fédération de Russie principalement où elles représentent 30 pour cent des plantations forestières totales, contre 9 pour cent dans le reste de l’Europe. Dans de nombreuses parties de l’Europe, notamment dans les régions montagneuses, les fonctions de protection sont fournies par les forêts semi-naturelles existantes.
Tableau 10: Superficie des plantations forestières de protection
Superficie
(1000 ha) Changement annuel (1000 ha)
Sous-région 1990 2000 2005 1990-
2000 2000-2005
Europe 4 569 5 574 6 027 101 91
Europe à l’exclusion de la Fédération de
Russie 1 162 926 952 -24 5
Fédération de Russie 3 407 4 648 5 075 124 85
MONDE 24 408 28 464 30 114 406 330
Conclusions
Les tendances à la hausse de la superficie forestière affectée principalement à la protection et des plantations forestières destinées à jouer le même rôle montrent que les pays européens ont reconnu, dans de nombreux cas depuis des siècles, l’importance des fonctions de protection des forêts. Le souci de maintenir ces fonctions est à la base du code forestier dans de nombreux pays, notamment dans les régions montagneuses. Bien qu’une recherche
considérable ait été menée sur les avantages de la protection des forêts, il est difficile de les quantifier car ils n’ont pas été évalués sur le marché et sont essentiellement propres au site.
Superficie
(1000 ha) Changement annuel
(1000 ha)
1990 2000 2005 1990-
2000 2000-
2005
Europe 77 705 89 599 90 098 1 189 100
Europe à l’exclusion de la
Fédération de Russie 19 010 19 214 19 543 20 66
Fédération de Russie 58 695 70 386 70 556 1 169 34
MONDE 296 598 335 541 347 217 3 894 2 335
Les deux paramètres indiqués ici ne permettent pas de tirer des conclusions sur la capacité des forêts européennes de protéger la qualité de l’air, de l’eau ou du sol dans la région.
6. Fonctions socioéconomiques des forêts
Le présent chapitre fournit un bref résumé statistique des contributions économiques des forêts et des produits forestiers en Europe dans le cadre de la situation mondiale. Le tableau 11 compare la valeur des produits forestiers primaires dans différentes régions. L’Europe représente environ 22 pour cent de la valeur des extractions de bois rond industriel. La part de l’Europe dans la valeur mondiale des extractions totales de bois s’est accrue passant de 20 pour cent en 1990 à 22 pour cent en 2005. Cette augmentation s’est réalisée principalement au dépens de l’Asie dont la part économique dans la valeur des extractions de bois s’est réduite pendant les années 1990 et a continué à décliner entre 2000 et 2005.
Tableau 11: Valeur des extractions de bois
Valeur
(millions de $EU)
1990 2000 2005
Extractions de bois rond industriel
Afrique 999 1 826 2 361
Asie 20 375 15 806 14 365
Europe 9 977 8 800 11 832
Amérique du Nord et centrale 10 313 19 090 19 536
Océanie 276 577 660
Amérique du Sud 4 697 3 355 4 232
MONDE 46 638 49 455 52 986
Extractions de bois de feu
Afrique 968 1 206 1 369
Asie 2 010 1 843 2 118
Europe 638 633 970
Amérique du Nord et centrale 554 560 579
Océanie n.s. n.s. n.s.
Amérique du Sud 2 022 934 1 347
MONDE 6 193 5 176 6 383
Extractions de bois rond et de bois de feu cumulées
Afrique 1 967 3 032 3 729
Asie 23 268 18 411 16 483
Europe 10 616 9 433 12 802
Amérique du Nord et centrale 10 867 19 650 20 116
Océanie 276 577 660
Amérique du Sud 6 719 4 289 5 579
MONDE 53 714 55 391 59 369
Un tableau quelque peu différent de la valeur du secteur forestier émerge lorsque sont inclus les produits forestiers secondaires, notamment pour ce qui est de l’Asie (figure 4). Ces dernières années, l’Asie est devenue un importateur net de produits forestiers, et elle acquiert (en particulier la Chine) une part rapidement croissante dans la valeur des produits forestiers secondaires comme le mobilier.
FIGURE 4 – Commerce régional des produits forestiers
-30 -20 -10 0 10 20 30
1990 1995 2000
US$ billion
Europe
South America
Oceania
Africa
North and Central America
Asia
Le tableau 12 fournit un résumé de la valeur ajoutée par les sous-secteurs des industries forestières primaires. Au niveau mondial, la valeur du bois et des autres produits forestiers tels qu’ils sont extraits de la forêt est inférieure à 22 pour cent de la valeur ajoutée ; suivent les industries du bois (30 pour cent) et la pâte et le papier (48 pour cent). En Europe, le bois non transformé ne représente que 16 pour cent de la valeur totale, contre 34 pour cent pour les industries du bois et 50 pour cent pour la pâte et le papier.
Tableau 12: Valeur brute ajoutée par le secteur forestier en 2000 (millions de $ EU)
Région Foresterie Industries du
bois Pâte et papier Total Contribution au PIB
(%)
Afrique 4 425 1 379 1 863 7 667 1.5
Asie 24 390 17 315 43 453 85 158 1.1
Europe 14 457 30 222 45 111 89 790 1.2
Océanie 1 176 2 553 1 655 5 384 1.3
Amérique du Nord et centrale 19 171 49 782 71 256 140 209 1.3
Amérique du Sud 13 156 3 328 9 304 25 788 2.1
MONDE 76 775 104 579 172 642 353 996 1.2
Figure 5: Tendances de l’apport de valeur ajoutée dans le secteur forestier en Europe (à des prix constants)
0 10,000 20,000 30,000 40,000 50,000 60,000 70,000 80,000 90,000 100,000 110,000
Value-added (in million USD)
0.00%
0.20%
0.40%
0.60%
0.80%
1.00%
1.20%
1.40%
1.60%
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 Average
Contribution to GDP
Forestry Woodworking Pulp and paper Valeur ajoutée (en millions de $EU) ; Contribution au PIB ; Moyenne
Foresterie ; Travail du bois ; Pâte et papier
La figure 5 indique une baisse de la valeur ajoutée dans le secteur forestier au début des années 1990, imputable à l’effondrement du secteur forestier russe, suivie d’une reprise en 1995 et d’un plafonnement à la fin des années 1990. On observe un déclin de la contribution du secteur forestier au PIB en Europe, laquelle tombe de 1,5 pour cent en 1990 à 1,21 pour cent environ en 1992, et demeure stable par la suite.
Le tableau 13 reporte les résultats tirés de l’Annuaire FAO des produits forestiers 2004. La valeur du commerce des produits forestiers s’accroît dans toutes les parties de l’Europe, mais l’augmentation en pourcentage est particulièrement sensible en Europe centrale et de l’Est (y compris les pays adhérant à l’UE et ceux aux économies en transition). La valeur tant des exportations que des importations de produits forestiers augmente constamment en Europe et dans la plupart des autres pays du monde.
Tableau 13: Valeur du commerce des produits forestiers (en milliards de dollars EU courants)
Exportations Importations
Sous-région 1990 2000 2004 1990 2000 2004
Europe centrale et de l’Est (y compris la Fédération de
Russie) 7 17 31 6 11 21
Pays nordiques (Finlande,
Suède et Norvège) 25 28 35 6 7 10
Reste de l’Europe 60 84 118 82 97 127
Total Europe 92 129 184 94 115 158
MONDE 160 251 327 174 258 335
S’il est vrai que l’essor du commerce des produits forestiers est imposant, il n’en demeure pas moins qu’il est éclipsé par la valeur croissante du commerce des autres produits et services.
Le tableau 14 montre que la valeur des exportations de produits forestiers a accusé une baisse
en tant que part de la valeur totale de toutes les exportations, tant en Europe que dans l’ensemble du monde. Ce fléchissement est particulièrement spectaculaire dans les pays nordiques, où la valeur des exportations de produits forestiers a augmenté de 10 milliards de dollars EU par an entre 1990 et 2004, mais il s’est agi d’une baisse de 21 à 13 pour cent des exportations totales des trois pays nordiques inclus dans cette analyse (en raison
principalement de l’essor rapide de Nokia et d’autres compagnies dans d’autres secteurs économiques).
Tableau 14: Valeur des produits forestiers comme proportion du commerce total (en pourcentage)
% de la valeur totale des
exportations % de la valeur totale des importations
Sous-région 1990 2000 2004 1990 2000 2004
Europe centrale et de l’Est (y compris la Fédération de
Russie) 4.2 6.3 5.8 3.1 4.3 4.1
Pays nordiques 21.3 14.6 13.3 5.8 5.0 5.2
Reste de l’Europe 4.0 3.7 3.5 5.3 4.2 3.8
Total Europe 5.2 4.7 4.4 5.3 4.2 3.9
MONDE 4.7 4.0 3.7 4.9 4.0 3.7
La figure 6 montre que l’Europe a été un exportateur net de produits forestiers depuis 1993.
Particulièrement intéressantes sont les tendances à la hausse des produits primaires dérivés du papier et du bois, et la forte position excédentaire occupée sur les marché par les produits secondaires.
Figure 6: Tendances du commerce net de produits forestiers en Europe (aux prix courants)
-5,000 0 5,000 10,000 15,000 20,000 25,000
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004
Total forest products Secondary paper products Primary paper products Secondary wood products Primary wood products Roundwood
Non-wood forest products Net importNet export
US$ million
Importations nettes ; Exportations nettes ; Millions de $EU
Produits forestiers totaux ; Produits secondaires dérivés du papier ; Produits primaires dérivés du papier ; Produits secondaires dérivés du bois ; Produits primaires dérivés du bois ; Bois rond ; Produits forestiers non ligneux
Les niveaux de l’emploi dans le secteur forestier sont décourageants. Comme le note l’étude EFSOS, « la productivité du travail a haussé plus rapidement que la production si bien que l’emploi total dans le secteur forestier a accusé une baisse régulière. Il est escompté que cette tendance se poursuivra ».
Figure 7: Emploi dans les secteur forestier en Europe
0 1,000 2,000 3,000 4,000 5,000
Number employed (in 1 000)
0.00%
0.20%
0.40%
0.60%
0.80%
1.00%
1.20%
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 Average
Contribution to employment
Forestry Woodworking Pulp and paper
Contribution à l’emploi; Nombre de personnes employées (en 1 000) ; Foresterie – Travail du bois – Pâte et papier
Conclusions
La contribution du secteur forestier au PIB a baissé sur le long terme, alors que celle d’autres secteurs comme les services a augmenté. Il convient de rappeler aussi que, comme mentionné dans la section précédente, le marché tend à sous-évaluer les fonctions de protection des forêts.
Le secteur forestier demeure économiquement important dans certaines régions, comme les pays nordiques et Baltes.
En Europe, la valeur ajoutée à l’économie par le secteur forestier est imputable
principalement à la transformation des matières premières, les industries du bois et la pâte et le papier représentant 78 pour cent de la valeur ajoutée par le secteur. Si l’on incluait les produits forestiers secondaires, la part du secteur serait beaucoup plus élevée. Le commerce des produits forestiers connaît un essor avec des augmentations soutenues de la valeur tant des exportations que des importations. La valeur des exportations de produits forestiers en Europe a dépassé celle des importations de ces mêmes produits de 25 milliards de dollars EU en 2004, soit plus du double du montant réalisé trois ans auparavant seulement.
L’emploi dans le secteur forestier a accusé une recul pendant presque toutes les années 1990, plafonnant à la fin de la décennie ; pour ce rapport on ne disposait pas de données indiquant si la tendance de ces cinq dernières années est à la hausse ou à la baisse.
Bien que le titre de cette section soit « fonctions socioéconomiques », les données présentées sont essentiellement de caractère économique. Ce n’est pas pour diminuer l’importance de la dimension sociale des forêts mais parce qu’elle est difficile à quantifier. Un facteur important de la dimension sociale est le régime de propriété des forêts. FRA 2005 communique que, en 2000, 90 pour cent environ des forêts européennes étaient publiques et 10 pour cent privées.
Cette statistique est largement faussée par la Fédération de Russie. Les forêts privées ont augmenté, passant de 2,5 à 7,5 millions d’hectares dans les années 1990 en Europe centrale et de l’Est, les pays Baltes, la République tchèque et la Hongrie détenant les taux
d’accroissement les plus élevés. Une étude thématique spéciale sur le régime de propriété des forêts est en cours d’élaboration en tant que supplément au rapport principal de FRA 2005. En Europe, à l’exception de la Fédération de Russie, bien plus de la moitié des forêts (62 pour cent dans les 25 pays de l’UE) est privée.
7. Cadre politique, juridique et institutionnel
Les progrès vers la gestion forestière durable dépendent du milieu politique, juridique et institutionnel. Du fait que FRA 2005 n’a pas traité cet élément thématique en profondeur, le présent résumé tire parti de plusieurs autres sources y compris FRA 2000, EFSOS, la collecte de données en cours de la FAO afin d’actualiser les pages relatives aux pays du site web des forêts de la FAO, et les rapports de la CMPFE. Les mesures visant à améliorer le suivi du cadre politique et institutionnel seront examinées dans le contexte du point de l’ordre du jour sur le programme intégré de travail.
Politiques
L’étude EFSOS a observé que certains aspects des politiques forestières européennes sont restés remarquablement stables dans le passé récent, tels l’engagement à assurer que la superficie forestière ne se réduira pas ; l’exploitation forestière fortement réglementée ; l’exigence de replanter les forêts après l’exploitation ; l’acceptation généralisée des pratiques forestières à usage multiple ; et les incitations relatives aux impositions et paiements qui favorisent le maintien des forêts et la conversion en forêt des terres agricoles. Les politiques forestières évoluent aussi à certains égards, y compris une forte tendance à la participation publique à la formulation des politiques.
Cadre juridique
Les changements récents les plus importants du cadre juridique forestier en Europe se sont avérés en Europe de l’Est où la majorité des pays a communiqué une augmentation des forêts privées. Dans plusieurs pays, la superficie des forêts privées a augmenté d’un facteur de trois ou quatre dans les années qui ont suivi la chute de l’Union soviétique. Cependant, les forêts en Fédération de Russie et dans les pays CEI demeurent à près de 100 pour cent publiques.
Institutions
Un tendance intéressante a été la restructuration des organisations étatiques de gestion forestière leur permettant d’agir en qualité de compagnies semi-privées, poursuivant des objectifs commerciaux et avec davantage de souplesse dans la gestion des forêts afin d’éviter les règles bureaucratiques strictes. L’Autriche, la Finlande, la Suède, l’Irlande, la Pologne et la Lettonie ont apporté toutes des changements conformément à ces principes.
Conclusions
Les buts des politiques, lois et institutions visant la gestion durable et la conservation des forêts sont remarquablement semblables (voir le document de travail de Bauer et al.
sur la législation forestière en Europe (ECE/TIM/DP.37)). Chaque pays européen a mis en place des lois et des politiques qui rendent très difficile la conversion des forêts à d’autres usages. Cela s’applique non seulement aux pays où pratiquement toutes les forêts
appartiennent à l’État, mais aussi aux pays (notamment en Europe de l’Ouest) ou le nombre de propriétaires forestiers privés est élevé.
Le plan de suivi du cadre politique et institutionnel fait partie des indicateurs qualitatifs de gestion durable des forêts de la CMPFE et des informations mieux structurées sur ce thème seront présentées à la Conférence ministérielle de Varsovie.
Résumé: aperçu des progrès vers la gestion forestière durable
Le tableau 15 donne un résumé des résultats relatifs aux paramètres évalués dans FRA 2005.
La couleur verte indique une tendance positive importante ; la jaune est quelque peu neutre ; et la rouge tend à être très négative. Il est reconnu qu’il s’agit d’une approche tant soit peu superficielle ; elle fournit une comparaison visuelle entre les régions qui est peut-être plus utile dans un rapport mondial que dans un rapport régional.
Tableau 15: Tendances vers la gestion forestière durable en Europe
Il est tentant de conclure que l’Europe a réalisé la gestion forestière durable. Les tendances négatives sont largement compensées par les positives. Les indicateurs clés comprenant la superficie forestière sont stables ou croissants ; la plupart des pays ont édicté et sont capables d’appliquer des lois qui résultent en une protection efficace des forêts.
Cependant, un certain nombre de tendances troublantes demeurent. La santé des forêts est compromise par le feu, les insectes et les maladies, qui pourraient tous augmenter si le
réchauffement de la planète se poursuit. Le changement climatique pose une menace inconnue aux forêts européennes, bien que certaines zones pourraient bien en bénéficier, comme le prolongement des périodes de végétation.
L’emploi dans le secteur forestier poursuit sa chute à mesure que la force de travail du secteur continue à vieillir, et la productivité du travail s’accroît à mesure que le capital tend à
remplacer la main-d’œuvre comme le plus important facteur de production. La contribution des forêts à l’économie européenne continuera très probablement à diminuer si les prix des produits forestiers restent stagnants. La mondialisation change le secteur forestier comme le reste de l’économie mondiale.
Dans sa section conclusive, l’étude EFSOS demande : « Les forêts européennes sont-elles durables dans le long terme ? ». La réponse est un « oui » mitigé, avec des mises en garde dans les trois domaines du développement durable : économique, social et environnemental.
Une discussion exhaustive sur les principales tendances de ces trois « piliers » du développement durable figure dans l’étude EFSOS.
Le moment est peut-être venu de répéter les « principales prévisions importantes » tirées d’EFSOS.
• Le recyclage et l’utilisation des déchets poursuivra son expansion
• Les politiques relatives à l’énergie renouvelable continueront à faire accroître la demande de bois
• Les ressources forestières de l’Europe poursuivront leur développement
• L’abattage restera en dessous de l’accroissement annuel en Europe
• Le commerce des produits forestiers s’intensifiera davantage
• La viabilité économique de la gestion forestière restera menacée
• Les institutions du secteur forestier continueront à évoluer rapidement
L’étude EFSOS a également formulé 14 recommandations qui ont été largement débattues.
Les dirigeants de l’Europe ont à relever de nombreux défis, y compris les contraintes relatives aux finances publiques, à une force de travail vieillissante et à des questions irrésolues
concernant la viabilité économique à long terme, comme l’impact de la stagnation des prix des produits forestiers. Les impacts incertains du changement climatique sur les écosystèmes forestiers menacent l’Europe et le reste du monde comme un nuage d’orage.
Cependant, il y a aussi de nombreuses tendances positives sur lesquels bâtir, notamment le fait que l’Europe a su arrêter et renverser la perte historique de superficie forestière. Avec la CMPFE, l’Europe a mis en place un processus politique robuste à l’appui du secteur forestier,
un processus qui fait envie aux forestiers d’autres régions et à de nombreux autres secteurs en Europe.
Bibliographie
Bauer, et. al. 2004. Forest Legislation in Europe. ECE/TIM/DP.37. Genève
FAO. 2001. Évaluation des ressources forestières 2000 – rapport principae. Étude FAO : Forêts 140. Rome.
Lebedys, A. 2004. Trends and current status of the contribution of the forestry sector to national economies. FAO Forest Finance Working Paper FSFM/ACC/07. Rome.
FAO. 2006. Annuaire FAO des produits forestiers 2004. Rome.
FAO. 2005. Trends in wood products 1961–2003. Rome.
FAO. 2006. Évaluation des ressources forestières mondiales 2005 – progrès vers la gestion forestière durable. Étude FAO : Forêts 147. Rome.
FAO. 2006. FAOSTAT statistical database. Rome.
JRC. 2000. Carte mondiale de la couverture des sols. Préparée par le Centre commun de recherche de l’UE. Italie.
CMPFE. 2003. State of Europe’s Forests 2003. Vienne.
CENUE/FAO. 2005. Étude sur les perspectives du secteur des forêts européennes . Genève.
UN. 2006. United Nations Commodity Trade Statistics Database (COMTRADE). New York.
Banque mondiale. 2006. World development indicators database. Washington, DC.