Universit´ e Paul Sabatier - TOULOUSE III Ann´ ee 2015-2016 L2 Math´ ematiques : groupes et g´ eom´ etrie
Corrig´ e de l’examen du 11 Mai 2016
Instructions : Comme documents annexes, vous avez droit ` a deux feuilles recto-verso, ma- nuscrites et non-photocopi´ ees. Toutes les r´ eponses doivent ˆ etre justifi´ ees.
Exercice 1 - 6 points
1. En appliquant l’algorithme de d´ ecomposition en cycles consistant ` a trouver l’orbite par g (puis h) de chaque ´ el´ ement de {1, 2, . . . , 9}, nous trouvons :
g = (1 2 5) (4 9) (6 8) , h = (1 9 3 6) (4 5 7 8) . 2. En utilisant l’identit´ e suivante :
(a
1a
2. . . a
k) = (a
1a
2) (a
2a
3) . . . (a
k−1a
k) ,
nous d´ ecomposons chaque cycle en produit de transpositions. D’o` u les ´ ecritures (non uniques) :
g = (1 2) (2 5) (4 9) (6 8) , h = (1 9) (9 3) (3 6) (4 5) (5 7) (7 8) . 3.
ε(g) = ε(h) = 1
4. Deux arguments sont possibles pour voir que g et h ne sont pas conjugu´ es. D’une part, ord g = 6 et ord h = 4. Pourtant deux ´ el´ ements conjugu´ es sont n´ ecessairement de mˆ eme ordre. D’autre part, d’apr` es le cours, deux permutations sont conjugu´ ees si et seulement si elles sont de mˆ eme type i.e les longueurs des cycles dans leur d´ ecompositions en cycles sont les mˆ emes. Ici ce n’est pas le cas.
5. Rappelons que l’ordre d’une permutation σ d´ ecompos´ ee en cycles σ = c
1c
2. . . c
k,
est donn´ e part
ord σ = ppcm (c
i, 1 ≤ i ≤ k) .
Ainsi une permutation d’ordre 20 = 4 × 5 dans S
9doit n´ ecessairement ˆ etre le produit d’un cycle de taille 4 et un cycle de taille 5. Par exemple :
σ = (1 2 3 4) (5 6 7 8 9) .
6. - D
5ne peut pas ˆ etre un sous-groupe de S
4. En effet, Card D
5= 10 et Card S
4= 24. Par le th´ eor` eme de Lagrange, si D
5´ etait un sous-groupe de S
4son cardinal diviserait 24, ce qui n’est pas le cas.
- Deux r´ eponses sont possibles pour voir que D
5est un sous-groupe de S
npour n suffisam- ment grand. D’une part, D
5permute naturellement les sommets d’un pentagone r´ egulier.
Comme tout ´ el´ ement de D
5est uniquement d´ etermin´ e par les images des 5 sommets du pentagone (en fait 2 suffisent), on voit que D
5s’injecte naturellement dans S
5.
D’autre part, l’argument abstrait consiste ` a invoquer le th´ eor` eme de Cayley vu en TD : tout groupe fini est un sous-groupe de S
npour un certain n.
1
Exercice 2 - 6 points
On se place dans l’espace affine euclidien R
2muni de son rep` ere canonique. Soit C le carr´ e de sommets :
A
1= (1, 0), A
2= (0, 1), A
3= (−1, 0), A
4= (0, −1) .
(a) Une application affine est uniquement d´ etermin´ ee par l’image d’un rep` ere barycentrique.
Comme (A
4, A
1, A
2) forment un rep` ere barycentrique, il existe exactement une seule telle application.
Remarquons que la droite (A
3A
4) est n´ ecessairement pr´ eserv´ ee vu que les applications affines respectent les barycentres.
(b) Calculons f(A
2). Par d´ efinition d’une application affine : f(A
2) =f (A
1) + − →
f ( −−−→
A
1A
2)
=f (A
1) + − → f ( −−−→
A
4A
3)
=A
2+ −−−→
A
4A
3= (−1, 2) .
(c) f n’est certainement pas une isom´ etrie car les longueurs ne sont pas pr´ eserv´ ees. Par exemple, A
1A
46= f (A
1)f (A
4) = A
2A
4.
(d) G est un groupe d’applications. On v´ erifie ais´ ement qu’il s’agit d’un sous-groupe des applications inversibles.
(e) L’image de (0, 0) pour chaque ´ el´ ement de G est (0, 0). En effet une ´ el´ ement de G permute les A
iet (0, 0) =
14P
i
A
iest un barycentre envoy´ e sur le barycentre des images, toujours (0, 0).
(f) Tout ´ el´ ement de G est une isom´ etrie. En effet, soit f ∈ G. Quitte ` a composer par une rotation, on peut supposer f (A
1) = A
1et donc R(1, 0) est fixe. Par cons´ equent ou bien f (A
2) = A
2et alors f = id ou bien f (A
2) = A
4et f est la r´ eflexion par rapport ` a l’axe des abscisses. Dans tous les cas, c’est une isom´ etrie.
Exercice 3 - 4 points
On se place dans l’espace affine euclidien R
2muni du rep` ere canonique. Soit f : R
3→ R
3l’application donn´ ee par :
f (x, y, z) = (x, z + 2, −y + 2) .
(a) Grˆ ace au cours, f est une isom´ etrie affine si et seulement si f est affine et que − → f , sa partie lin´ eaire est orthogonale ; ce qui se v´ erifie ais´ ement. En effet, f est clairement affine, et sa partie lin´ eaire s’´ ecrit matriciellement comme :
−
→ f =
1 0 0
0 0 1
0 −1 0
ce qui est exactement la rotation d’angle −
π2dans le plan (Oyz), d’axe (Ox).
(b) D´ ecrivons pr´ ecis´ ement f .
- L’application f s’´ ecrit comme la composition d’une translation de vecteur (0, 2, 2) et une rotation d’axe perpendiculaire :
f = T
(0,2,2)◦ − → f .
2
Comme la direction de translation est perpendiculaire ` a l’axe de rotation, f n’est pas un vissage. C’est bel et bien une rotation d’angle −
π2d’axe l’ensemble des points fixes ∆ (Cours).
- Points fixes : En r´ esolvant M = (x, y, z) = f (M ), nous trouvons M ∈ (0, 2, 0) + R e
1=:
∆.
(c) Les n ∈ N tels que f
n= id sont les entiers divisibles par 4.
Exercice 4 - 4 points
On se place dans l’espace affine euclidien R
2muni du rep` ere canonique. Consid´ erons les points suivants :
A = (2, 1), B = (4, 2), C = (3, 5) . Soit p : R
2→ R
2l’application qui ` a un point
M = Barycentre ((A, α), (B, β), (C, γ)) associe
p(M ) = Barycentre ((A, α + γ ), (B, β)) .
1. Pour montrer que p est une application affine, il suffit d’utiliser la caract´ erisation stipulant qu’une application respectant les barycentres est une application affine. Pour voir que c’est le cas, soit G un barycentre de certains points M
i:
G = X
i
t
iM
i, avec X
i
t
i= 1 , M
i= α
iA + β
iB + γ
iC . Alors, par simple distributivit´ e :
G = X
i
t
iα
i!
A + X
i
t
iβ
i!
B + X
i
t
iγ
i! C et donc par d´ efinition de f :
f (G) = X
i
t
iα
i+ t
iγ
i!
A + X
i
t
iβ
i!
B = X
i