• Aucun résultat trouvé

Modalites, contraintes et efficacite de la selection sur descendances de plein-freres chez la vigne (Vitis vinifera L.)

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Modalites, contraintes et efficacite de la selection sur descendances de plein-freres chez la vigne (Vitis vinifera L.)"

Copied!
13
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: hal-02722291

https://hal.inrae.fr/hal-02722291

Submitted on 1 Jun 2020

HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

Modalites, contraintes et efficacite de la selection sur descendances de plein-freres chez la vigne (Vitis vinifera

L.)

P.L. Lefort, A. Bronner

To cite this version:

P.L. Lefort, A. Bronner. Modalites, contraintes et efficacite de la selection sur descendances de plein- freres chez la vigne (Vitis vinifera L.). Agronomie, EDP Sciences, 1981, 1 (8), pp.667-678. �hal- 02722291�

(2)

Modalités, contraintes

et

efficacité de la sélection

sur

descendances de plein-frères chez la vigne (Vitis vinifera L.)

Pierre-Louis LEFORT André BRONNER

LN.R.A., Station de Recherches viticoles et oenologiques, 8, rue Kléber, F 68021 Colmar

RÉSUMÉ Vigne,

Vitis vinifera, Sélection, Méthodologie, Génétique quantitative, Plein-frères,

Résistance à la coulure, Précocité,

Arôme, Saveur, Variabilité, Héritabilité, Stabilité, Interaction

génotypes x années.

Un matériel végétal, constitué de familles de plein-frères issues de croisements intra-spécifiques chez Vitis vinifera, sélectionné pour l’obtention d’une variété de type muscat, précoce et résistante à la coulure, est analysé par des méthodes quantitatives.

L’analyse montre que la variabilité génétique est globalement consistante mais assez inégale selon les

caractères. L’efficacité de la sélection sur les différentes variables est discutée en fonction de la stabilité intra- clonale, de l’héritabilité et de la variance d’interaction génotypes x années.

L’étude des liaisons entre caractères montre l’existence d’un système de corrélations assez étroit et, en

particulier, d’une liaison positive entre l’intensité aromatique de la saveur des baies et la sensibilité à la coulure. La rupture de cette liaison nécessite la mise en oeuvre de plans de croisements favorisant les

phénomènes de recombinaison.

La méthodologie expérimentale et analytique utilisée demande encore des adaptations. Néanmoins, les

descriptions et les résultats obtenus fournissent des informations importantes pour orienter la stratégie et

améliorer les processus de sélection. Cette approche quantitative semble ainsi pouvoir être utilement

développée dans les travaux de sélection de la vigne.

SUMMARY

Grapevine,

Vitis vinifera, Selection, Breeding, Methodology, Quantitative genetics, Full-sib,

Coulure Resistance, Earliness,

Aroma, Savour, Variability, Heritability, Stability,

Genotype x year interac- tion.

Procedure, constraints and efficiency of selection among full-sib progenies in the grapevine (Vitis vinifera L.)

The paper reports a quantitative analysis of full-sib progenies from intra-specific crosses in Vitis vinifera, bred

towards the creation of an early, coulure resistant, new muscat variety.

The analysis shows that the genetic variability taken as a whole is great, but that it can notably vary according

to the trait concerned. Efficiency of selection on the different characters is discussed in terms of intra-clonal

stability, heritability and genotype x year interaction variance.

The study of linkages between useful traits reveals a strait correlation system. The aromatic intensity of berry

savour specially shows a positive correlation with susceptibility to coulure. Breaking down this linkage needs building up new crossing designs, making better use of genetic recombination.

The experimental and analytical methodology used still requires some adaptation. Nevertheless, the

descriptions and the results obtained give valuable information for directing the breeding strategy and improving the selection procedure. So, this quantitative approach seems able to be profitably developped in

grape breeding programs.

1. INTRODUCTION

Les travaux de génétique appliqués à l’amélioration des

plantes tentent aujourd’hui d’intégrer les processus de sélection dans le contexte, plus vaste, d’une véritable

gestion de la variabilité génétique du matériel végétal disponible. Le principe général consiste à réunir une

population de base, à entretenir sa variabilité par différents

plans de croisement (pyramidaux, diallèles, récurrents...) et

à l’enrichir progressivement, par l’introduction de matériel

nouveau. La création variétale proprement dite s’effectue alors au sein de processus secondaires, que l’on peut mettre

en oeuvre à tous les stades d’évolution du pool génique de

base (GALLAIS, 1977).

Des réflexions et des schémas visant à concilier cette

stratégie avec les contraintes biologiques et techniques

propres à la vigne ont été récemment proposés (BOUQUET, 1977 ; RivES, 1977 ; BOUQUET et al., 1981). Les program-

(3)

mes de sélection engagés sur ces bases devraient conduire à

une meilleure utilisation de la variabilité et de la recombi- naison génétique, permettre de rationaliser les plans de

croisement et d’exercer à bon escient la pression de sélection, par la possibilité d’estimer certains paramètres

fondamentaux (aptitudes à la combinaison, héritabilités, coefficients de corrélation).

A l’heure actuelle, les données expérimentales disponi-

bles pour approfondir notre connaissance de la génétique de

la vigne émanent de programmes plus anciens, menés de façon plus empirique et dont la structure se prête difficile-

ment à l’analyse quantitative. La masse importante de

mesures et d’observations établies au cours de leur déroule- ment, sous-produit en quelque sorte de la création variétale, constitue néanmoins une source d’information précieuse

pour la conception des programmes à venir. L’exploitation

de cette information est aujourd’hui facilitée par le calcul

automatique sur ordinateur qui, sans pouvoir bien sûr

remédier aux défauts de la structure elle-même des expé- riences, permet par contre d’effectuer différents traitements

statistiques sur des volumes de données importants, aboutis-

sant parfois à des descriptions et à des représentations

intéressantes.

C’est dans cette optique, que nous rapportons et discu-

tons ici l’information tirée du traitement de données relati-

ves à un programme de création d’un « Muscat » précoce, adapté aux conditions septentrionales du vignoble alsacien.

Il nous a paru utile d’exposer tout d’abord brièvement les

principales étapes et caractéristiques méthodologiques de ce

programme de sélection, afin de donner les éléments nécessaires à la compréhension de la nature des données et

des différents biais qu’elles comportent.

II. MATÉRIEL ET MÉTHODES

A. Le matériel végétal

Deux cépages Muscat sont traditionnellement cultivés en

Alsace :

- le « Muscat d’Alsace », en fait d’origine méditerra- néenne, identique au « Muscat de Frontignan » ou « Muscat

blanc à petits grains ». Il est peu utilisé en raison d’une

précocité de maturation insuffisante ;

- le « Muscat Ottonel », globalement plus satisfaisant, mais de rendement très irrégulier par suite de sa propension

à la coulure physiologique : défaut de développement des jeunes baies, même fécondées, consécutif à un ralentisse-

ment général de l’activité photosynthétique de la plante

dans des conditions de printemps fraîches et pluvieuses (H

UGLIN

, 1960 ; HUGLIN & BALTHAZARD, 1961). Son origine est difficile à établir avec certitude, il résulterait soit d’une mutation musquée du « Chasselas », soit d’un croise-

ment entre le « Chasselas » et le « Muscat de Saumur ».

Un programme de sélection a ainsi été engagé en 1964

à Colmar par R. WAGNER, orienté vers la création d’un

cépage précoce, musqué, et apte à fournir une récolte régulière en dépit des aléas climatiques, par une résistance

satisfaisante à la coulure. Destiné à l’élaboration d’un

produit traditionnel, dans une zone d’Appellation d’Origine Contrôlée, ce cépage devait également être capable de reproduire le type organoleptique traditionnel.

Il s’agit d’une contrainte très restrictive, fréquente dans

les programmes de création variétale chez la vigne. La

recherche de types organoleptiques bien définis, issus d’équilibres aromatiques très complexes, constitue un frein

à l’utilisation d’une large variabilité de départ et au recours

à des techniques de brassage génétique. La connaissance de

ces équilibres est une des conditions de mise en œuvre de schémas de sélection plus performants.

Les objectifs du programme mettaient l’accent sur deux caractères particuliers : la sensibilité à la coulure et la saveur

des baies. Ces notations ont été complétées par les mesures

classiques dans la description des génotypes de vigne : dates

de débourrement et de véraison (notées en nombre de

semaines avant ou après celles du « Chasselas »), vigueur (diamètre du tronc et poids du bois enlevé à la taille), caractéristiques de la récolte (poids, nombre de grappes, teneur en sucre et acidité des baies), symptômes particuliers

de carences minérales ou de sensibilité aux maladies et

parasites.

En l’absence d’information sur la valeur des géniteurs possibles et de connaissance sur le mode de transmission héréditaire des caractères recherchés, les parents des diffé-

rentes familles ont été choisis sur leur seule valeur phénoty- pique. Les risques attachés à un tel choix ont été souvent

soulignés (MONET, 1977 ; RIVES, 1977 ; WAGNER, 1975) ;

c’est néanmoins, dans de nombreux cas, la seule façon de procéder tant chez la vigne que chez les arbres fruitiers.

Sept parents, dont les principales caractéristiques figurent

dans le tableau 1, ont ainsi été retenus comme géniteurs des

familles répertoriées dans le tableau 2. Les croisements réalisés possèdent tous au moins un géniteur à baies de

saveur musquée ou fruitée. La création de familles n’incluant pas de parent « Muscat » correspond à un élargis-

sement des objectifs initiaux du programme de sélection,

vers l’obtention de cépages aromatiques présentant une

meilleure précocité de maturation que le « Riesling ».

(4)
(5)

Le tableau 2 récapitule l’ensemble du matériel créé dans le cadre de ce programme et mentionne les recroisements

ou autofécondations effectués par la suite. Il met en

évidence :

- l’absence de certaines combinaisons (croisements réci-

proques ou combinaisons qui ne semblaient pas de prime

abord correspondre aux objectifs du programme),

- la variation très importante des effectifs intra-familles,

ces effectifs étant en général proportionnels aux espoirs

fondés a priori sur le croisement considéré,

- l’échelonnement de la création du matériel dans le temps, son installation progressive au vignoble et donc l’impossibilité de procéder au stade 1 à des observations simultanées sur l’ensemble des descendances. Certaines familles n’ont ainsi aucune année d’observation en commun.

Ces inévitables déséquilibres de l’expérience, joints à

l’élimination volontaire ou non d’une partie du matériel de

départ, se traduisent, au niveau des données collectées, par

des défauts de structure compliquant sérieusement l’analyse globale des résultats. Ce point nous paraît devoir être

souligné parce qu’assez caractéristique de la plupart des

programmes de sélection sur plantes pérennes.

B. La méthode de sélection

Les processus de création, d’élevage, d’observation et de tri du matériel nouveau sont récapitulés dans le tableau 3.

Notons que certaines opérations (croisements, germination) impliquent une perte incontrôlable de génotypes, d’autres (tri en serre) une sélection précoce, de sorte que l’étude

approfondie du matériel ne débute (stade 1) que sur un

échantillonnage biaisé de la variabilité réelle du croisement considéré. Ceci restreint la généralité des conclusions que l’on peut tirer de l’étude de telles populations et illustre bien la contradiction permanente, en sélection des plantes péren-

nes, entre le désir d’acquérir des connaissances fondamenta- les sur le matériel et la nécessité de privilégier les meilleurs

génotypes pour parvenir à une création variétale.

(6)

La mise au point de la méthode de sélection décrite dans le tableau 3, a nécessité le développement d’études de base, dont certaines se poursuivent parallèlement. Elles concer-

nent en particulier : la germination (BALTHAZARD, 1979),

la recherche de tests précoces de sélection et l’étude de corrélations jeunes-adultes (HUGLIN & JULLIARD, 1964 ;

W A G

NER& BRONNER, 1974), l’appréciation de la qualité et

du type par l’analyse (chromatographie en phase gazeuse)

des composants volatils aromatiques des moûts de raisins et l’étude de leur transmission héréditaire (WAGNER et al., 1974 ; SCHAEFFER, 1976 ; WAGNER et Rl., 1977 ; WAGNER et al., 1978 ; LEFORT, 1980).

C. Les analyses biométriques

1. Décomposition de la variance phénotypique

Le dispositif d’observation des génotypes au stade 1 (2 clones consécutifs sur le terrain) permet de décomposer

la performance phénotypique Y;k d’un individu k en la

somme d’un effet gi, propre au génotype i, et d’un effet e;k, propre à l’individu k :

Dans le cas du stade 2, s’ajoute un effet bloc f! :

2. Analyse de l’interaction génotypes x années

Au niveau inter-annuel nous avons analysé la variation

par un modèle dérivé de celui d’EBERHART & RUSSELL

(1966), décomposant le terme d’interaction par la régression

linéaire des performances individuelles sur les moyennes

générales intra-annuelles. Le modèle pour le stade 1 est le suivant :

On attribue une structure linéaire au terme d’interaction,

ce qui donne :

Y

;;k

= performance phénotypique du clone k, du génotype i, l’année j.

m = moyenne générale inter-annuelle.

g

i= effet du génotype i ; gi = !’(o, aD.

â

j = effet de l’année j ; £ âj= 0.

i

b

i= coefficient de

régression

linéaire des moyennes annuel- les du génotype i sur les moyennes générales intra-annuel- les; 1/n ! b; = 1.

i

d

ij = écart à la régression linéaire du génotype i, l’année j.

e

¡jk = terme résiduel.

e

ijk = X( 0, <T!).

k = I ... p.

i = l ... n.

j = 1... m.

Notons qu’il existe une covariance non nulle entre g, et l’élément ki du terme d’interaction, ce qui pose certains

problèmes imparfaitement résolus sur le plan théorique (GOFFINET & VINCOURT, 1980).

III. RÉSULTATS

A. La variabilité phénotypique

1. Les caractères généraux

Ces caractères, classiquement pris en compte chez la vigne, ont été plus particulièrement analysés dans la descen- dance d’un croisement « Riesling » x « Muscat Ottonel »

réalisé en 1970, en raison de son effectif important (420 individus), observé et mesuré pendant 4 années (1974- 1977) au stade 1.

Les distributions annuelles de fréquences relatives pour le rendement, le nombre de grappes, la teneur en sucre et l’acidité (fig. 1) montrent :

- que la forme et l’étendue de la dispersion des caractè-

res varient considérablement selon les années,

- que l’étendue est dans tous les cas importante, révé-

lant l’expression d’une large variabilité phénotypique,

- que les données présentent, du point de vue de l’analyse statistique paramétrique, de nombreux défauts

(dissymétrie, hétérogénéité des variances, dépendances

entre les mesures des années successives) tempérés toutefois

par le fait que les échantillons sont tous d’effectifs égaux et

élevés. Ceci interdit le recours aux méthodes de décomposi-

tion de la variance dans le but d’effectuer des tests.

L’utilisation de ces méthodes de façon purement arithméti-

(7)

que reste néanmoins possible et c’est dans un but simple-

ment descriptif, ou pour calculer certains paramètres, que

nous les avons utilisées ci-dessous.

2. Les caractères spécifiques du programme de sélection Il s’agit :

- de la sensibilité à la coulure, notée 2 fois par an sur

chaque individu, à la floraison et à la récolte, selon 6 classes d’intensité croissante (0 à 5),

- de la saveur des baies, notée à la récolte par dégus-

tation au champ selon 4 classes (0 = saveur neutre,

1 = saveur fruitéc, 2 = caractère muscat discret, 3 = carac-

tère muscat prononcé).

La figure 2 montre les distributions de fréquences relati-

ves de ces 2 caractères pour les 4 principaux croisements.

Concernant la coulure, il y a lieu de distinguer les années

où les conditions climatiques ont favorisé son expression,

des années où ce caractère ne s’est que faiblement exprimé.

On peut fixer à 2 la note limite au-delà de laquelle les génotypes ne présentent plus une résistance suffisante au

phénomène. La fréquence des descendants de résistance satisfaisante varie ainsi de 58 à 38 p. 100 selon les croise-

ments. La comparaison de ces chiffres, issus de notations

effectuées parfois au cours d’années différentes, nécessite quelques précautions ; on peut cependant noter que 1’« Auxcrrois » et le « Pinot Gris » apparaissent comme de

meilleurs géniteurs de résistance à la coulure que le

« Riesling », pourtant lui-même résistant.

Concernant la saveur des baies, des études antérieures (WAC

NER

, 1977) ont montré que le « Muscat Ottonel » est

hétérozygote pour ce caractère, la saveur muscat dominant

la saveur neutre et nécessitant la présence simultanée

d’allèles dominants en 3 loci. Au niveau biochimique, le type aromatique dépend de la concentration de la baie en

certains terpènes citral, terpinéol, citronellol, nérol, gera- niol et linalol (BAYONOVE & CORDONNIER, 1970), tous présents, à des concentrations diverses, chez les cépages

considérés ici (y compris le « Chasselas »). Les différences

entre types aromatiques ne sont donc dues qu’à des

variations quantitatives de la teneur en ces différentes substances (LEFORT, 1980). La saveur muscat est plus particulièrement liée à une haute teneur en linalol.

Les caractères fruité ou muscat résultent ainsi d’un

équilibre qui ne se transmet à la descendance qu’avec une fréquence assez faible : de 5 à 26 p. 100 selon les croise-

ments (fig. 2) :

- le caractère muscat (classes 2 et 3) apparaît avec une fréquence d’environ 10 p. 100, tant dans le croisement

« Riesling » x « Muscat Ottonel » que dans le croisement

« Auxerrois » « « Muscat Ottonel »,

- le caractère fruité (classe 1) apparaît avec une fré-

quence de 16 p. 100 dans le croisement « Ries-

ling » « « Muscat Ottonel », et une fréquence d’environ 5 p. 100 dans les 3 autres croisements. Notons que même dans le croisement « Riesling » x « Pinot Gris » dont les deux

partenaires sont fruités, cette fréquence ne dépasse pas 6 p.

100.

3. Mise en évidence d’une liaison positive entre le caractère aromatique et la sensibilité à la coulure

Le tableau 4 des observations par classes et les tests

d’indépendance révèlent l’existence de cette liaison qui est

très significative dans la descendance du croisement

« Riesling » x « Muscat Ottonel », un peu moins nette dans le cas du croisement « Auxerrois » x « Muscat Ottonel ».

Parmi les recombinants aromatiques et résistants à la coulure, ceux qui présentent le caractère muscat propre-

ment dit sont ainsi très rares : environ 2 p. 100 dans la descendance du premier croisement et 4 p. 100 dans celle du second.

Notons que cette liaison semble avoir un caractère assez

général, on l’observe en effet chez le « Gewurztraminer », cépage dont on connaît une forme non aromatique plus

résistante à la coulure, ainsi que chez le « Chardonnay »

dont un mutant musqué est décrit comme très sensible à la coulure.

(8)

B. Effets du milieu - Estimation des variances génétiques

1. Méthode d’analyse

Le dispositif expérimental au stade 1 (voir le chapitre des méthodes) nous a permis, suite aux analyses de variance

intra-annuelles, de scinder la variance phénotypique en une composante résiduelle «J’2) et une composante génétique

« 71

). La première intègre des effets attribuables à l’impréci-

sion des mesures et notations et des effets dus aux micro- fluctuations de la parcelle expérimentale, d’ailleurs sous-

estimés par ce dispositif à 2 répétitions consécutives sur le terrain.

Ces 2 variances peuvent être combinées par un paramètre unique : le coefficient de corrélation intra-classe :

Celui-ci, compte tenu de la sous-estimation de uj, repré-

sente une limite supérieure de l’héritabilité au sens large,

c’est-à-dire de la part de la variation phénotypique sur laquelle s’exerce effectivement la sélection. Ce coefficient fait abstraction d’un effet milieu commun à tous les génoty-

pes, confondu ici avec la variance génétique. Cet effet ne peut être estimé dans notre dispositif, mais peut être modélisé selon la loi empirique de SMITH (1938) :

V, est la variance due au milieu commun, V¡la variance de l’unité de surface expérimentale, x la surface de la

parcelle unitaire et b un coefficient empirique variant entre

0 et 1. Cette loi montre que l’accroissement de la taille de la

parcelle élémentaire diminue la variance de l’effet milieu

commun et augmente ainsi l’héritabilité. Nous reprendrons

ce point lors de la comparaison des paramètres calculés au

stade 1 et au stade 2.

Par extension, nous avons calculé, au niveau inter- années, le coefficient :

représentant également une limite supérieure de l’héritabi- lité au sens large mais au niveau inter-années (l’effet année

étant considéré comme fixe).

Notons que dans le cas d’une plante comme la vigne dont

on peut fixer les génotypes par voie végétative, l’hérita-

bilité au sens large constitue, au niveau de la sélection, un paramètre plus utile que l’héritabilité au sens restreint

(rapport de la variance génétique additive à la variance

phénotypique).

Nous avons enfin pris en considération une dernière série de paramètres : les coefficients de variation résiduelle

(CV!). Ils sont ici d’interprétation intéressante dans la

mesure où il n’existe pas (ou peu) de liaison statistique entre

les moyennes et les variances résiduelles. Ces coefficients fournissent ainsi, pour tous les caractères et à égalité de

variabilité des conditions expérimentales, une mesure de leur stabilité d’expression phénotypique.

Les valeurs calculées de ces différents paramètres figurent

dans le tableau 5 pour chaque année et dans le tableau 6 pour l’ensemble des années. Cette partie de l’étude a porté

(9)

Références

Documents relatifs