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Action de la concentration de la solution nutritive sur quelques caracteristiques physiologiques et technologiques chez Vitis vinifera L. cv. Cabernet Sauvignon. I. Vigueur, rendement, qualite du mout et du vin

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Action de la concentration de la solution nutritive sur quelques caracteristiques physiologiques et

technologiques chez Vitis vinifera L. cv. Cabernet Sauvignon. I. Vigueur, rendement, qualite du mout et

du vin

Renaud Pouget

To cite this version:

Renaud Pouget. Action de la concentration de la solution nutritive sur quelques caracteristiques

physiologiques et technologiques chez Vitis vinifera L. cv. Cabernet Sauvignon. I. Vigueur, rendement,

qualite du mout et du vin. Agronomie, EDP Sciences, 1984, 4 (5), pp.437-442. �hal-02717881�

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Action de la concentration de la solution nutritive sur

quelques caractéristiques physiologiques et technologi-

ques chez Vitis vinifera L. cv. « Cabernet-Sauvignon ».

I. — Vigueur, rendement, qualité du moût et du vin

Roger POUGET

LN.R.A., Station de Recherches de Viticulture, Centre de Recherches de Bordeaux, F 33140 Pont-de-la-Maye

RÉSUMÉ Des plants de « Cabernet-Sauvignon », greffés sur 5 porte-greffes de vigueur différente, ont été cultivés pen- dant 6 ans dans des vases de végétation de grand volume (75 1) placés à l’extérieur. Ils ont été alimentés par 2 solutions nutritives non recyclées dont l’une (solution concentrée) était 2 fois plus concentrée que l’autre

(solution normale). Les effets de ces 2 régimes d’alimentation minérale sur quelques caractéristiques culturales

et technologiques ont été observés et mesurés pendant 4 années. Le rythme annuel de croissance des sarments n’a pas été sensiblement modifié par le régime d’alimentation. La vigueur des plantes alimentées avec la solu- tion concentrée, appréciée par le poids des bois de taille, subit, suivant les porte-greffes et les années, une aug- mentation non significative qui reste en moyenne inférieure à 25 p. 100. La production moyenne de raisin par plante n’est pas modifiée de manière significative par le régime d’alimentation. Par contre, chez les plantes ali-

mentées avec la solution concentrée, la teneur en alcool probable du moût et du vin est toujours plus faible (- 0°38 à - 2°09), ainsi que la teneur en anthocyanes (- 50,2 à - 61,6 p. 100) et en polyphénols (- 26,5 à - 49,7 p.100) ; l’acidité totale du moût et du vin est augmentée. Corrélativement, l’ensemble des caractères

organoleptiques du vin est diminué.

L’alimentation avec la solution concentrée, sans modifier significativement la production, a pour effet de dimi-

nuer très fortement tous les paramètres qui déterminent la qualité du vin.

Mots clés additionnels : Vigne, porte-greffe, nutrition minérale.

SUMMARY Effect of nutrient solution concentration on some physiological and technological characteristics of

Vitis vinifera L. cv. ‘Cabernet-Sauvignon’. Z - Vigour, yield, must and wine quality

"Cabernet-Sauvignon" plants grafted on 5 rootstocks of different vigour were grown for 6 years in 75-1 pots under outdoor conditions. They were supplied with 2 (non-recovered) nutrient solutions : the standard solution and a double-concentration solution.

The effects of these 2 mineral nutrition regimes on some physiological characteristics were observed and measured for 4 years.

The annual growth rhythm of the shoots was not noticeably modified by the nutrient regime. For the 5 root- stocks and the 4 years, the vigour of vines supplied with the concentrated solution, evaluated as weight of pruned canes per plant, was not significantly increased (less than 25 °7o). The average weight of fruit bunches per plant was not significantly changed by the nutrient regime. However, wines from the vines supplied with

the concentrated solution always had lower levels of alcohol (- 0°38 to - 2°09), anthocyanin (- 50.2 to

-

61.6 %), polyphenols (— 26.5 to - 49.7 %) and higher total acidity of must and wine. All organoleptic

characters of the wine were correspondingly lower. The concentrated solution, which did not significantly

affect yield, greatly decreased all the quality parameters of the wine.

Additional key words : Grapevine, rootstock, mineral nutrition.

1. INTRODUCTION

Chez la vigne, comme chez les autres plantes culti- vées, l’accroissement de la quantité d’éléments miné-

raux mis à la disposition des racines a pour consé-

quence une augmentation de la vigueur et par suite de

la production. Mais il est bien connu par ailleurs que le produit de la vigne, le vin, subit une dégradation de sa qualité quand les rendements sont augmentés :

diminution du degré alcoolique, de la teneur en arô-

mes, en anthocyanes et en polyphénols, augmentation

de l’acidité. Les effets défavorables d’une fertilisation

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excessive, particulièrement en azote, ont été analysés

avec précision par de nombreux auteurs (CHAMPA-

GNOL, 1971 ; PEYNAUD, 1972 ; KLIEWER, 1977). Par ailleurs, D ELAS (1981) a montré qu’une fertilisation mal adaptée est susceptible, même dans le cas d’un rendement modéré, de diminuer la qualité en accrois-

sant la sensibilité de la vigne aux accidents de végéta-

tion et aux parasites (pourriture).

Dans les conditions des vignobles, l’augmentation

du niveau de fertilisation peut ne pas avoir d’effet apparent mais, le plus souvent, elle induit un accroisse- ment de la vigueur des plantes et, corrélativement, de leur production. L’action défavorable sur la qualité,

observée alors, est la résultante de l’augmentation du

rendement et peut être considérée comme un effet indirect de la fertilisation. Or, les mêmes effets défa- vorables sur la qualité peuvent être obtenus par toute cause qui, dans un milieu donné, accroît la produc- tion par plante, comme par exemple, la vigueur con-

férée par le porte-greffe ou la faible densité de plan-

tation. Pour déterminer l’effet direct d’un niveau élevé d’alimentation minérale sur la qualité du pro-

duit, il faut donc se placer dans des conditions où la

vigueur et le rendement restent stables ou ne subissent qu’une très faible variation. Réaliser de telles condi- tions dans un sol de vignoble soulève de multiples

difficultés dont certaines sont insurmontables. En rai-

son de l’intérêt que présente, tant sur le plan théori-

que que pratique, la connaissance de l’effet direct sur

la qualité du vin d’une alimentation minérale excé- dentaire, nous avons cherché à déterminer les condi- tions de culture qui, sans modifier significativement

la vigueur et le rendement, permettent de mettre en évidence cet effet direct.

Dans ce but et compte tenu de résultats expérimen-

taux antérieurs, nous avons utilisé une solution nutri- tive normale et une solution deux fois plus concen-

trée. Cette méthode présente l’avantage, en mainte-

nant constants les rapports entre les éléments miné-

raux de la solution, d’introduire une modification de la nutrition minérale d’ordre quantitatif et non qua- litatif. L’amplitude de la variation de la concentra- tion de la solution nutritive a été choisie de manière à

ce que l’effet induit sur la vigueur et le rendement des

plantes soit aussi limité que possible, tout en étant susceptible d’avoir une action significative sur les paramètres qui déterminent la qualité du vin.

II. MATÉRIEL ET MÉTHODES

Des greffes d’un clone de « Cabernet-Sauvignon »

ont été réalisées en 1976 sur 5 variétés de porte-

greffes de vigueur différente : 1 : Rupestris du Lot ;

2 : Riparia Gloire de Montpellier ;

3 : Fercal, variété nouvelle LN.R.A. issue du croi- sement : BC 1 (Berlandieri x Colombard) 1

x 333 EM (Cabernet-Sauvignon x Berlandieri) ;

4 : 41 B (Chasselas x Berlandieri) ;

5 : 7542, variété I.N.R.A. à l’étude (issue d’une fécondation libre de 26 G).

La vigueur conférée au greffon par ces porte- greffes est différente. On peut considérer qu’ils se

classent de la manière suivante : vigueur conférée éle-

vée (Rupestris du Lot), vigueur conférée moyenne

(Fercal, 41 B, 7542), vigueur conférée faible (Riparia

Gloire de Montpellier). Chaque variété de porte- greffe est représentée par un seul clone.

Après la formation du cal de soudure en chambre

chaude, chaque plant greffé est planté dans un vase

de végétation de 75 1 placé à l’extérieur et rempli avec

du sable de rivière à gros grains concassés. Le dispo-

sitif de distribution en goutte à goutte de solution nutritive non recyclée est automatisé et permet de régler la fréquence et la durée des irrigations en fonc-

tion de l’état de développement des plantes. L’apport

de solutions nutritives doit assurer un drainage per- manent par les orifices situés latéralement à la base des pots, mais nous n’avons mesuré, ni les quantités de solutions exactement apportées (au maximum 3 1

par plante et par jour), ni les quantités d’eaux pluvia-

les interceptées (pour une pluviométrie de 800 à

850 mm par an), ni les quantités effectivement drai- nées. Il semble cependant qu’il y ait eu drainage per- manent, en dehors de quelques périodes chaudes en juillet et août.

Deux solutions nutritives, obtenues à partir de l’eau

du robinet, ont été employées durant toute la période d’expérimentation : une solution normale (S) et une solution 2 fois plus concentrée (2 S).

La composition de la solution S, qui comporte quel-

ques différences avec celle proposée par DELMAS

(1971), est, en mg/1, la suivante : (NH 4 ) z HP0 4 : 75 ; NH

4

N0 3 : I50 ; K N0 3 : 258 ; Mg S0 4 , 7 H 2 0 : 125 ; H 3 B0 3 : 1,43 ; Mn Cl z , 4 H 2 0 : 0,90 ; Zn S0 4 ,

7 H20 : 0 , 11 ; Cu S04 , 5 H20 : 0 , 04 ; (NH4)6 Mo7 0 24 ,

4 H 2 0 : 0,008 ; Chélate de fer (E DDHA ) : 25. Ca (30 mg/1) et Na (35 mg/1) sont fournis par l’eau du robinet. La teneur des 2 solutions nutritives en élé- ments minéraux est indiquée sur le tableau 1. La solu- tion 2 S est celle qui est utilisée depuis 20 ans à la Sta-

tion de recherches de Viticulture pour alimenter, par la méthode hydroponique, les plants de vigne issus de semis. Cette solution a toujours donné entière satisfac- tion pour l’obtention de plantes vigoureuses aptes à fructifier dès le 2 e cycle végétatif.

Les vases de végétation, alimentés par chacune des 2 solutions S et 2 S, sont au nombre de 40 (soit 8 par

porte-greffe), disposés sur 2 rangs distants de 1,40 m

avec un espacement sur le rang de 1,30 m. Les 8 plantes par porte-greffe et par solution sont répar- ties, pour chaque solution, en 2 groupes de 4 vases de

végétation situés face à face sur 2 rangs. Le feuillage

est disposé sur un palissage monoplan de 1,5 m de haut. Les plantes sont taillées en Guyot double et le

nombre de bourgeons laissés sur les longs bois (8 à

12 bourgeons) est proportionnel au poids de bois

enlevé à la taille sur chaque plante (méthode de la

taille équilibrée). Aucun rognage des sarments n’est

pratiqué durant la période végétative.

La récolte des raisins est faite le même jour pour les 2 solutions en 1979 et 1980, une semaine plus tard

pour la solution concentrée, en 1981 et 1982. Nous

avons déterminé pour chaque plante : le poids de vendange, le nombre de grappes, le degré alcoolique probable mesuré au réfractomètre et l’acidité du moût exprimée en gr/1 de H 2 S0 4 . En 1980, nous

avons vinifié 10 kg de vendange pour chaque porte-

(4)

greffe et chaque solution. Les vins obtenus ont fait l’objet des analyses classiques suivantes (J. R IBEREAU -

GaYON et al., 1972) : degré alcoolique, acidité totale, intensité colorante, teneur en anthocyanes et en poly- phénols totaux (Indice de Folin). Ces vins ont été

soumis à la dégustation comparée.

III. RÉSULTATS

A. Effet sur le cycle végétatif

Des observations sur la croissance des sarments ont été faites pendant 5 ans afin de déterminer l’influence de la concentration de la solution nutritive sur le rythme végétatif. La date moyenne de débourrement des bourgeons latents n’a pas été modifiée. Durant le

printemps et l’été, aucune différence apparente de vitesse de croissance n’a pu être mise en évidence, si

ce n’est une coloration légèrement plus vert foncé du feuillage des plantes alimentées avec la solution con-

centrée. A l’automne, après la récolte, des différences importantes de coloration des feuilles se sont mani- festées chaque année : le feuillage des plantes rece-

vant la solution S (normale) est d’une couleur homo-

gène rouge clair, alors que celui des plantes alimen-

tées avec la solution 2 S (concentrée) revêt une cou-

leur rouge très foncé mélangée de vert sombre. Ces

différences de coloration sont identiques pour tous les

porte-greffes, avec toutefois quelques légères nuances

en fonction des variétés ou des individus.

Il faut également noter que la coloration rouge du feuillage apparaît chaque année quelques jours plus tôt chez les plantes alimentées avec la solution S, ce qui pourrait donner à penser que la période de crois-

sance a été raccourcie. Or, des notations réalisées en 1980 montrent, en fait, que le pourcentage de sar-

ments encore en croissance le 28 octobre est pratique-

ment le même, quelle que soit la solution nutritive. Il

ne semble donc pas que le rythme de croissance des sarments soit sensiblement modifié par le mode d’ali- mentation. Toutefois, les différences de coloration et

le décalage dans leur apparition traduisent probable-

ment une modification du fonctionnement métaboli- que du feuillage en fin de cycle végétatif.

La véraison des baies, n’a pas été modifiée de manière significative : elle s’est produite chaque

année en même temps pour les 2 solutions nutritives.

B. Effet sur la vigueur

Chez la vigne, la vigueur est communément appréciée

par la mesure du poids des bois enlevés au moment

de la taille. La détermination de ce poids a été faite,

pour chaque plante, pendant 4 ans successifs. La moyenne du poids des bois de taille par plante et par an, a été calculée à partir des 8 répétitions de chaque traitement. La figure 1 représente, pour chaque année

et chaque variété de porte-greffe, la variation de l’intervalle de confiance (au seuil de P = 0,05) de

cette moyenne en fonction de la solution nutritive. Le pourcentage d’augmentation ou de diminution du

poids des bois de la solution concentrée (2S) par rap- port à la solution normale (S) est également reporté

sur cette figure avec son degré de signification statis- tique.

L’examen de la figure 1 montre que les différences

de poids des bois entre les 2 solutions, ne sont jamais

significatives, bien que, le plus souvent, ce poids soit

plus élevé dans le cas de la solution concentrée.

(5)

Ces différences sont variables en fonction des années et des porte-greffes. Pour les variétés « Ripa- ria » et « 41 I3 » la vigueur est toujours plus grande dans le cas de la solution concentrée, même si les écarts ne sont pas significatifs. Les variétés « 7542 »

et « Fercal » subissent de plus faibles variations. Au

cours des 4 années d’observation, les différences de

vigueur conférée au greffon par les 5 porte-greffes n’ont pu être mises en évidence de manière significa- tive, contrairement à ce qui est habituellement cons-

taté dans les conditions du vignoble.

Il est donc possible de conclure de l’examen de ces

résultats que la solution concentrée n’a pas pour effet d’accroître la vigueur des plantes dans de fortes pro- portions, puisque cette augmentation reste en

moyenne inférieure à 25 p. 100 et n’est jamais signifi-

cative.

La vigueur et la fertilité des bourgeons étant géné-

ralement corrélées de manière positive, il est intéres-

sant de déterminer l’effet éventuel de la concentration de la solution sur ce paramètre du rendement. Des observations réalisées en 1981 ne font apparaître

aucune différence significative entre le nombre moyen d’inflorescences par bourgeon de chacune des 2 solutions nutritives. Il ne semble donc pas que la concentration de la solution ait exercé une action spé- cifique sur le nombre d’inflorescences par bourgeon,

pas plus d’ailleurs que sur la coulure au moment de la floraison.

C. Effet sur te rendement et la qualité des produits

1. Rendement t

La moyenne du poids des grappes récoltées par

plante et par an a été calculée à partir de

8 répétitions. Ces moyennes sont représentées avec

leur intervalle de confiance (au seuil de P = 0,05) sur la figure 2 qui indique également la valeur et la signi- fication du pourcentage d’augmentation ou de dimi- nution du poids de récolte de la solution 2S par rap- port à la solution S.

On peut constater (fig. 2) que le rendement par

porte-greffe est assez fluctuant en fonction des années et des solutions nutritives. Toutefois, les différences

entre les 2 solutions ne sont pas significatives, sauf

dans 2 cas (« Rupestris » en 1980 et « 41 B » en 1982) où le rendement de la solution concentrée est

inférieur à celu.i de la solution normale.

Les résultats enregistrés pendant 4 ans montrent

donc que le rendement n’est pas modifié de manière

significative par la solution concentrée, quelle que soit la variété de porte-greffe.

2. Degré alcoolique probable du moût

Comme pour le poids des grappes récoltées, la

moyenne du degré alcoolique probable du moût et

son intervalle de confiance (au seuil de P = 0,05)

sont représentés sur la figure 3. Il apparaît très nette-

ment que les degrés alcooliques sont toujours plus

faibles pour la solution concentrée que pour la solu- tion normale. Les différences, qui varient de - 0°38 à - 2°09 en fonction des porte-greffes et des années,

sont presque dans tous les cas significatives ou à la

limite de la signification. Si l’on examine les valeurs

du poids de récolte (fig. 2) et celles du degré alcooli-

que correspondant (fig. 3), on constate que ce dernier

est toujours plus faible dans le cas de la solution con-

centrée, même si le rendement est inférieur. En 1981 et 1982, la récolte correspondant à la solution con-

centrée 2S a été faite une semaine après celle corres- pondant à la solution normale S. En dépit de cet allongement de la période de maturation, l’écart de

degré alcoolique reste toujours en faveur de la solu- tion normale. On peut donc en conclure que l’effet de la solution concentrée se traduit, pour tous les porte-greffes, par une forte diminution de la richesse

en sucres du moût.

3. Acidité totale du moût

La figure 4 donne les valeurs et les intervalles de

confiance (au seuil de P = 0,05) des moyennes de

l’acidité totale du moût exprimée en g/1 de H 2 SO 4 .

(6)

En 1979 et 1980, la récolte a été faite le même jour

pour les 2 solutions ; la moyenne de l’acidité totale

(exprimée en g de H 2 SO 4 par litre) du moût par

plante est toujours plus élevée pour la solution 2S que pour la solution S, quels que soient les porte-

greffes (fig. 4). L’écart est dans certains cas significa-

tivement supérieur. Par contre, en 1981 et 1982, la récolte ayant été faite une semaine plus tard sur les plantes alimentées avec la solution concentrée, cet

écart est inversé. Ce sont les moûts correspondant à la solution normale qui sont toujours les plus acides.

Les différences sont significatives pour certains porte- greffes. Il apparaît donc que, durant la semaine sup-

plémentaire de maturation, si les baies des plantes ali-

mentées avec la solution concentrée n’ont pas accu-

mulé une quantité de sucres suffisante pour combler leur déficit, elles ont perdu par contre une partie importante de leur acidité.

4. Composition du vin

Les résultats des analyses des vins obtenus en 1980 sont mentionnés sur le tableau 2, pour 4 porte- greffes. La diminution du degré alcoolique dans le

cas de la solution concentrée, déjà observée pour les

moûts, se retrouve ici avec une variation importante

de - 0°85 à - 2°06. Les différences d’acidité totale

entre les 2 solutions sont plus atténuées dans les vins que dans les moûts ; il en est de même des pH qui

sont très peu différents les uns des autres. Par contre, l’intensité colorante, la teneur en anthocyanes et

l’indice de Folin sont très fortement réduits dans le

cas des vins obtenus à partir des plantes alimentées

avec la solution concentrée. Ces vins sont moins colo- rés, moins riches en tanins et en polyphénols totaux.

A la dégustation, ils ont été classés très au-dessous de

ceux obtenus à partir de la solution normale, en rai-

son de leurs caractères organoleptiques nettement

inférieurs.

L’effet défavorable de la solution concentrée sur

l’ensemble des paramètres qui déterminent la qualité

du vin est donc parfaitement mis en évidence.

IV. DISCUSSION

Les résultats ci-dessus se révèlent constants au cours des 4 années consécutives, ce qui leur confère

une valeur indéniable. Ils montrent que, si la nutri- tion des plantes avec une solution nutritive 2 fois plus

concentrée que la solution normale ne modifie signifi-

cativement ni la vigueur ni le rendement, elle induit

par contre une forte réduction de la richesse en

sucres, en anthocyanes et en polyphénols totaux, en même temps qu’une diminution des caractères orga-

noleptiques du vin. Généralement, ces effets défavo-

rables à la qualité sont la conséquence d’un accroisse-

(7)

ment de la production, toutes choses étant égales par ailleurs. Or, da.ns cette expérimentation, le rendement par plante n’est pas significativement modifié par suite de l’augmentation de la concentration de la solution nutritive ; il est souvent même diminué. Il faut donc rechercher une explication du phénomène

observé dans une modification importante du méta- bolisme en relation avec l’enrichissement de la nutri- tion minérale des plantes.

Comme nous venons de le montrer, cette modifica- tion se traduit essentiellement par une réduction de l’accumulation des sucres et des polyphénols dans les baies durant la phase de maturation. Afin de détermi-

ner avec plus de précision la nature et l’amplitude des

variations induites sur le métabolisme de la plante par

l’augmentation de la concentration de la solution

nutritive, des recherches complémentaires ont été entreprises sur le matériel végétal étudié. Elles ont porté, en premier lieu, sur la composition minérale des organes végétatifs et du moût. Les résultats de ces

travaux, présentés dans l’article suivant (DELAS &

PouGET, 1984), font l’objet d’une discussion condui- sant à une conclusion d’ordre agronomique et viti- cole. Par ailleurs, une étude portant sur la variation de l’état hydrique et de la photosynthèse brute du même matériel végétal, a été entreprise par CARBONNE AU

(1984). Elle conduit à des hypothèses explicatives sur

la modification du fonctionnement métabolique de la plante due à l’enrichissement de la solution nutritive.

Reçu le 29 juin 1983.

Accepté le 17 janvier 1984.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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Références

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