ÉTUDE DE L’ANHYDRASE CARBONIQUE
CHEZ LES OISEAUX
P. MONGIN Station de Recherches avicoles,
Centre de Recherches de Tours, 37 - Nouzilly (France)
Institut national de la Recherche agronomique
AVANT-PROPOS
G
UTOWSKA et MITCHEU
( 1945 )
attribuent un rôleimportant
àl’anhydrase carbonique
dans les mécanismes mis enjeu
dans la formation de lacoquille.
Cettethéorie repose d’une
part
sur l’étude de l’activité de cet enzyme in utero, et d’autrepart,
sur les effets de son inhibition par le diamox.Or,
lepremier point n’a jamais
été confirmé ultérieurement et le second
appelle quelques critiques :
En
premier lieu,
uneinjection
intra-veineuse de diamox inhibe non seulement lacarboanydrase utérine,
mais celle des autres organes. Est-il alorspossible
de con-clure,
comme l’ont fait les auteurs, et denégliger
le rôle del’anhydrase carbonique
desautres tissus d ins la formation de la
coquille ?
En second
lieu,
enbloquant
l’activité del’enzyme
au niveaurénal,
le diamox entraîne une salidiurèseimportante.
Uneperturbation
de la fonction d’excrétion n’entraîne-t-elle pas une modification des processusqui
concourent à la formation du carbonate de calciumcoquillier ?
Ce mémoire n’a d’autre but que d’éclaircir ces deux
points
enreconsidérant,
à l’aide des résultatsacquis,
le vrai rôle del’anhydrase carbonique
et en montrantpar ailleurs que le diamox
agit
directement et indirectement surl’équilibre
acido-basique
du sang.PREMIÈRE
PARTIÈ : ACTION DU DIAMOXSUR
L’ÉQUILIBRE ACIDO - B AS IQUE DU SANG CHEZ LE COQ
I
. - Introduction
Chez la
Poule,
la formation de lacoquille
estperturbée
par le diamox( 1 ) (Gu-
TowsKa et
iVIITCa!r,r&dquo; 1945 )
et cet effet a été attribué à l’arrêt de transfert des bicar- bonates du sang à l’utérus par inhibition del’anhydrase carbonique présente
danscet organe.
Mais la
carboanhydrase
estégalement présente
dans lesglobules
rouges où soninhibition
peut stopper
laproduction
des bicarbonatessanguins.
Elle est aussipré-
sente dans le rein
(WoI,sACH, 19 65)
et dans l’os(SIGM U rr D
etDurrc!G, 10 6 0 ).
Il
apparaît
alors que laperturbation
de la formation de lacoquille
par le diamoxpeut
être la résultante d’actions situées dans des organes très différents : sang,rein,
os et utérus.
Le but de ce travail est de voir si les effets du diamox sur
l’équilibre
acido-basique
du sangpeuvent,
au moinspartiellement, expliquer
les résultats observés par Gu’rowsxn et MITCHEr.lr sur lacoquille.
Pour cefaire,
nous avons utilisé des coqs afin d’éliminer d’unepart,
le rôle du diamox surl’utérus,
et d’autrepart,
les variationssanguines
dues à la formation de lacoquille (MorrGIN
etI,ACnssnGV!, 19
6 4).
2
. - Méthodes
Nous avons injecté à 9 coqs (croisement Rhode-Island X Wyandotte souche .1141) des doses
variables de diamox. Les animaux étaient en cages individuelles et placés dans des pièces où la température était maintenue constante (19° ::1:: 0,5°C). Les prélèvements de sang ont été faits par canulation de la veine alaire et les analyses (pH, PC02, et HC03) par la méthode d’AsTRUP
(A
STRUP et al., ig6o) avec l’équipement Radiometer (pH-mètre 22- microélectrode T.7nit-Tono-
mètre) .
Notre étude porte essentiellement sur la dynamique d’une injection intraveineuse et l’action de 2doses de 5o et 100mg de diamox.
3. - Résuttats
L’action
du diamox au niveausanguin
se traduit par une chute depH
de0 , 1 6
et 0,23 unité pour des doses de 50et 100 mg
respectivement ;
chute essentiellement due à une élévation considérable de lapCO, (6 2 ,6
et 74,5 mm deHg) ( 2 ).
D’une ma-nière
concomitante,
les bicarbonatesaugmentent (respectivement
2,0méq/1
et4 ,
4
méq/1)
maisproportionnellement
moins que lapCO, (fig.
iet 2) .
Pour l’ensemble deces trois mesures, l’effet maximal se situe entre 60 et 90 minutes
après l’injection.
Les valeurs extrêmes une fois
atteintes,
lepH
et lapC0 2
reviennent peu à peu à des valeursnormales,
alors que la teneur en ions HC03 continue à décroîtreaprès
être revenue à la normale. Au bout de la 6eheure,
lapCO,
n’estsignificative-
( i
) Inhibiteur spécifique de la carboanhydrase.
Chez un coq nous avons enregistré la valeur de 86 mm de Hg pour une injection de 100mg de diamox.
ment
plus
différente de la valeur initiale(tabl. i).
Par contre, dès la3 e heure,
les bicarbonates ont un niveaunormal, puis
leur taux s’abaisse à la 6e heure au-dessous des valeurs dedépart (P
< 5p.100 ).
Le fait que lepH
soit encore bas(P
< 0,1p.ioo) après
9heures,
n’est donc pas dû à unepCO, élevée,
mais à un déficit en bicar- bonates.Ces résultats sont valables pour les 2 doses utilisées
(tabl.
i et2 ) ;
toutefois les valeursextrêmes,
atteintes en gominutes,
sont fonction de la dose etsignificative-
ment différentes
(tabl. 3 ).
Ensuite les écarts s’atténuent et à lag e
heureaprès injec- tion,
ils ne sontplus significativement
différents de zéro au seuil de 5 p. 100.Parallèlement,
nous avons testé lapersistance
de l’effet au-delà de 8 heuressur 5 coqs avec des doses de 100,
6 5
et 50 mg administrées eninjection unique.
Ilapparaît
ainsi que l’effet dudiamox, quelle
que soit ladose,
est totalementdissipé
au bout de 22 heures car, à ce moment, aucune des 3 constantes n’est
significative-
ment différente de sa valeur initiale au seuil de 5 p. 100, l’effet individuel devenant
prépondérant (P
< 0,5 p.I oo) .
Il est à noter d’ailleurs que cet effet individuel esttoujours
hautementsignificatif
tout au cours del’expérience,
sauf toutefois pour les valeurs avantinjection,
cequi
faitapparaître
une sensibilité au diamox propre à l’individu.q
.. - Discussion
L’action
du diamoxpeut
se caractériser par 3points
essentiels de son évolution :- i h 30
après injection :
acidose ventilatoireaiguë,
-
4h
après injection :
acidose ventilatoire atténuée mais noncompensée,
- 8 h
après injection :
acidosemétabolique
noncompensée qui
nedisparaît qu’au
bout de 20heures.Pour
expliquer
cette inversion duphénomène,
il faut tenircompte
des deuxorganes
régulateurs
del’équilibre acido-basique
du sangqui
sont les poumons et les reins. Onpeut
penser que l’effet initial du diamox se manifeste par une élévationbrutale de la
pCO, sanguine qui
déclenche immédiatement unehyperventilation
pour éliminer le
C0 2 .
Ensuite le diamox inhibel’anhydrase carbonique
du rein etstoppe
ainsi laréabsorption
tubulaire des bicarbonates. Mais au moment où lapCO,
redevient
normale,
le rein se trouvetoujours
dansl’incapacité
de réabsorber les bicar-bonates,
d’où l’acidosemétabolique.
Celle-cis’estompe
ensuite au fur et à mesureque le rein redevient fonctionnel.
L’argumentation
en faveur d’une telleinterpré-
tation repose sur
plusieurs
ordres d’observation.1
. Tout
d’abord,
la chute depH
due au diamox sembleprovenir
de l’excèsd’acide
carbonique
dans le sang, car les corrélations entrepH
d’unepart, pCO,
et HCO! d’autrepart,
ne sont élevées etsignificatives
que pour lapCO,.
2
. Lors d’une acidose
respiratoire
obtenue par inhalation deCO,
chez leschiens,
les bicarbonates restent élevés durant toutel’expérience
et ne tombent pas en dessous de la normalelorsque
l’on arrête l’inhalation(SrGGAARD-A:!D!xs!rr, ig6i).
Dansnos conditions
expérimentales (fig. 3 ),
on se trouve bien en acidoserespiratoire aiguë,
mais le diamox
qui
la déclenche inhibeégalement
laréabsorption
tubulaire des bicar-bonates,
cequi
aggrave l’acidose au lieu de la compenser(Wor,sncH, rg55)!
D’autre
part,
en acidose gazeusenormale,
l’acidité titrable des urinesn’aug-
mente
qu’au
bout de 80 à 100minutes,
traduisant l’actioncompensatrice
rénale dela
réabsorption
des bicarbonates(S IGGAARD -A NDERSEN , ig6i).
Dans notre cas, la chute des bicarbonatessanguins
s’amorce aussi go minutesaprès l’injection,
au mo-ment où la
pCO,
est maximale. Onpeut
donc penser que la diminution des réserves alcalines est due à l’action rénale du diamoxqui stopperait
laréabsorption
desions
HC0 3
par inhibition locale del’anhydrase carbonique.
L’action
inhibitrice du diamox serait trèsrapide
au niveausanguin
mais rela-tivement
fugace puisque
lapCO z
est normale au bout de 6heures,
si bien que l’éléva- tion de la bicarbémie serait due à undéplacement purement chimique
del’équilibre
entre le
CO,
et l’acidecarbonique.
Par contre, au niveau du rein son action se déclen- cherait environ i h 30plus tard,
mais avec unepersistance plus grande puisqu’elle
ne s’arrête
qu’au
bout de zo heures.Les résultats nous
permettent également
de lever une restriction aux conclu- sions de SIEGMUNDet Du!c!( 19 6 0 ).
A la suite d’uneinjection
de 120 mg de diamox à despoules,
ces auteursexpliquent
la chute de calciumsanguin
par inhibition del’anhydrase carbonique
osseuse en « excluant lapossibilité
d’une acidosesanguine
»,alors que
d’après
nosrésultats,
il y a effectivement acidémie.Or,
contrairement àce que
pensent
ces auteurs, une acidosesanguine
facilite la mobilisation du calciumosseux et limite la chute de la calcémie
(F UJITA
etcoll., 19 6 5 ). Qu’il
y aithypocal-
cémie
après injection
de diamox etmalgré l’acidose,
ne fait donc que confirmerl’hy- pothèse
selonlaquelle
la secrétion d’ions H+ au niveau de l’os est àl’origine
de lamobilisation du calcium.
DEUXIÈME
PAPTIE 1RÔLE
DE LA CARBOHYDRASE CHEZ LA POULE PONDEUSEI
. - Introduction
La
carboanhydrase (ou anhydrase carbonique)
estl’enzyme qui catalyse l’hy-
dratation de
l’anhydride carbonique
et ladéshydratation
de l’acidecarbonique
selonl’équation
suivante :CO, + H20 ! H,CO,
En
fait,
il n’existe pas unecarboanhydrase
mais au moins trois enzymes(A, B, C)
ayant des activités différentes et des maxima d’activités pour despH légèrement
différents.
Chimiquement
ce sont descomposés
depoids
moléculaires voisins de 31ooo, riches en
tyrosine ( 4 , 1
p.100 ),
en soufre( 0 , 34
p.100 )
etcomportant
unatome de Zn par molécule.
Il est connu
depuis longtemps
que le diamox(sel disodique
del’acétazolamide)
est un inhibiteur
spécifique
de lacarboanhydrase (K!rr,!v
etM ANN , 1940 )
et que, chez laPoule,
ilperturbe
la formation de lacoquille (G UTOWSKA
et3IITCHEJjL, ig45)!
Cet effet a été attribué à l’arrêt du transfert des bicarbonates du sang à l’utérus par inhibition de la dite enzyme au niveau des cellules utérines.
Quel
que soit le mécanisme d’action del’anhydrase carbonique
dans les diffé- rents processus mis enjeu
dans la formation de lacoquille,
son rôle exact nepeut
êtreapprécié qu’après
avoirétudié,
d’unepart,
sarépartition topographique
dans l’or-ganisme
et, d’autrepart,
le rôle du diamox dont l’action est double : inhibitrice del’enzyme
etdiurétique.
2
. -
Ré!avtition
de l’a. c. dans/’0!g!Mt.SWS
Chez la
Poule,
lacarboanhydrase
estprésente
dans leshématies,
dans les cellules dunéphron (Wor,r 3 ncK, 19 65),
dans l’os(S I FG MUND
et Dur,c!,ig6o)
et dans la mu-queuse utérine
(C OMM O N , 1941 ).
Il
apparaît
alors que laperturbation
de la formation de lacoquille
par le diamoxpeut
être la résultante d’actions situées dans des organes très différents :- diminution de la vitesse de formation des ions
HCO!
au niveau deshématies,
- excrétion accrue des bicarbonates due à une baisse de la sécrétion des pro- tons par les cellules dunéphron,
- arrêt de la mobilisation du calcium osseux,
compte
tenu du fait quel’anhy-
drase
carbonique
étantinhibée,
la sécrétion locale d’ions H+ n’aplus lieu,
-
enfin,
inhibition du transfert des bicarbonatessanguins
vers la lumière uté- rine.Envisageons
successivement chacune de cespossibilités
sans oublier que les faitsobservés,
dus à l’inhibition del’anhydrase carbonique
au niveau d’un organe,dépendent eux-mêmes,
pourpartie,
de l’inhibition del’enzyme
dans les autres organes.i. Nous avons pu vérifier que des
injections uniques
par voie intraveineuse de 50et 100mg dediamox,
déclenchent chez le coq uneprofonde
acidémie.Ainsi,
la chute depH, qui
est maximale go minutesaprès injection,
est deo,t6
et0 ,
23 unité
respectivement
pour chacune des 2 doses. De même lespCO z
sont de6 2 ,6
et !4,5 mm
de Hg et les bicarbonates augmentent
de 2,o et de 4,4méq/1. I,’acidose
est, par
conséquent, d’origine
ventilatoire et noncompensée,
carl’augmentation
des bicarbonates est inférieure à celle
escomptée, compte
tenu dupouvoir tampon
de
l’hémoglobine.
Dans la
phase aiguë
del’acidose,
les hématies sont doncincapables
deproduire
une
quantité
suffisante d’ions HC03 pourtamponner,
mêmepartiellement,
lesions H+.
2
. En ce
qui
concerne lerein,
Wor,Bncx(ig6i)
montrequ’une injection
intra-veineuse d’une très faible
quantité
de diamox( 2 , 5
mgseulement)
entraîne une éléva- tion dupH
urinaire et une baisse d’excrétion d’acidité titrable et d’ammoniac. Ces faits caractérisent un arrêt de la sécrétion des ions H+et donc une baisse de la réab-sorption
tubulaire des bicarbonates.L’évolution
desparamètres
del’équilibre acido-basique,
six heuresaprès
uneinjection ( 50
mg dediamox),
confirme en effet que la bicarbémie estsignificative-
ment inférieure à la valeur normale et que la faible valeur du
pH
résulte d’unedéplé-
tion en ions
HC03
par voierénale,
car à ce moment lapCO,
est revenue à sa valeurd’origine.
3. SIEGMUNDet DULCE
(r 9 6o), après injection
de 120mg de diamox à despoules,
constatent une chute de la calcémie et
l’expliquent
par un arrêt de la mobilisation du calcium osseux. Eneffet,
une sécrétion locale d’ions H+sous l’action de la carbo-anhydrase
entraînerait la dissolution duphosphate tricalcique.
4
.
Enfin,
onpeut
aussi penser, bien que ce fait ne soit pas encorevérifié,
que le diamox ralentit la sécrétion d’ionsHC03
dans la lumièreutérine, compte
tenu durôle
possible
del’anhydrase carbonique
dans le mécanisme de transfert à travers l’utérus.La
carboanhydrase
est doncprésente
dans tous les organesqui
interviennent dans larégulation
du métabolismecalcique
et del’équilibre acido-basique,
mais lasensibilité au diamox de ces différents organes n’est pas la même. Il faut au moins
une dose de 60 mg pour voir
l’hypocalcémie apparaître (SrEGMUND
et Dur,C!,ig6o)
alors que 2,5 mg déclenchent une alcaliurie
(W OLBACH , ig6i)
et que 25 mgmultiplient
parquatre
la diurèse(M UELLER , r 9 62).
Si deplus,
on considère que chez le Chien(M AREN , 19 6 3 a)
il faut inhiber au moins 99 p. 100 del’enzyme présente
pour voir
apparaître
un effetcaractéristique,
onpeut,
à la suite de MAREN( 19 6 3 b),
se demander dans
quelle
mesure lacarboanhydrase
est un facteur limitant dans la sécrétion d’acide ou debase,
cequi
n’exclut pas le faitqu’elle joue
un rôleimportant.
3
. -
Eflet diurétique
du diamoxI,’effet
néfaste du diamox sur la formation de lacoquille
atoujours
été attribué à sonpouvoir
inhibiteur del’anhydrase carbonique,
en faisant abstraction du fait que ceproduit
estégalement
unsalidiurétique puissant. Aussi,
à la suite de consi- dérationssemblables, Mu!!r,!x,
enr 9 62,
pose très clairement leproblème :
le diamoxagit-il
sur lacoquille
par l’intermédiaire de sonpouvoir
inhibiteur del’anhydrase carbonique
ou par l’intermédiaire de sonpouvoir diurétique ?
Cet auteur dissocienettement les deux
phénomènes
et montre que :a)
le diamox( 25 mg)
diminue la solidité de lacoquille,
mais accroîtégalement
la diurèse d’un facteur
quatre,
b)
le «mercuhydrin
»( 0 , 5 ml)
et le « cardalin »qui
ne sont pas des inhibiteurs de lacarboanhydrase,
ont les mêmes effets sur lacoquille
et sur ladiurèse,
c)
le «néohydrin
»(diurétique humain), qui
n’a aucune action sur lacarboanhy- drase,
n’est pas undiurétique
chez la Poule et n’affecte absolument pas la solidité de lacoquille.
Ainsi MUELLER démontre clairement que les
produits ayant
unpouvoir
diu-rétique
chez lesOiseaux,
diminuent la solidité de lacoquille
etqu’une part impor-
tante de l’effet du diamox
peut
être attribuée àl’augmentation
de la diurèse. Il est néanmoins vraisemblable que, dans ce dernier cas, l’inhibition del’enzyme
estaussi,
pour
partie, responsable
de l’effet sur lacoquille.
Cette double action du diamox auniveau urinaire a d’ailleurs été montrée chez les Mammifères
(R!r,MA!
etcoll., 10 6 0 ).
En
effet,
la mise en oeuvre, à doseséquimoléculaires,
d’unanalogue méthylé
dudiamox
(la position
duméthyl
n’est pasprécisée),
leCI, 8 490 ,
montre que cecomposé
est, d’une
part
inactif sur lacarboanhydrase,
mais suscite d’autrepart,
uneperte
urinaire de bicarbonates et une diurèse à peu
près équivalentes
à cellesprovoquées
par le diamox. De leur
côté,
POLLI et coll.( 19 6 1 )
montrent que les activités diuré-tiques
etsalidiurétiques
des thiazides sont sansrapport
avec leur action sur la car-boanh y
drase
comme le montre le tableau suivant :Bien que
l’hypothèse
de 3IUELLER éclaircisse considérablement leproblème,
uncertain nombre de cas
échappe
à larègle.
Eneffet,
laneurohypophysectomie
chezla Poule entraîne une
polyurie permanente qui persiste lorsque
l’animal revient àune
production
normale(SHixr,!y
etNa!,BnNnow, 195 6).
SelonM U E LL E R ,
ces oi-seaux devraient avoir des oeufs à
coquille fragile,
or OPEL(i 9 6 5 )
a clairement démon- tré que l’ablation de laposthypophyse
ne diminue pas la solidité de lacoquille.
Il faut donc
admettre,
ou bien quel’hypothèse
de Mu!L!,Ex n’est pas entièrement exacte, ou bien que les mécanismesqui
induisent lapolyurie
dans l’un et l’autrecas, soit sous l’action d’un
diurétique
soit en absence d’A. D.H.,
ne sont pas les mêmes.RÉSUMÉ
ET CONCLUSIONS lre partie
Chez le coq, une injection intraveineuse de diamox déclenche tout d’abord une acidose res-
piratoire aiguë non compensée, puis, six heures après, une acidose métabolique non compensée.
L’action du diamox dure vingt heures ; elle est fonction de la dose injectée.
Les résultats montrent que l’arrêt de la calcification de la coquille, sous l’effet du diamox,
ne peut être expliqué uniquement par l’inhibition de l’anhydrase carbonique utérine. Le méca- nisme semble beaucoup plus complexe. D’une part, l’acidose métabolique observée entre 6 et 20 heures après l’injection, traduit une fuite rénale des bicarbonates et ce au dépend de la coquille.
D’autre part, à la moindre disponibilité en ions HC03 s’ajoute une mobilisation plus faible du
calcium osseux. Le diamox affecte ainsi les deux voies métaboliques qui normalement concourent à la formation de la coquille.
2 e !7RYL2E
L’étude de l’inhibition de la carboanhydrase par le diamox et par d’autres produits diuré- tiques, permet de dégager deux idées importantes. D’une part, cet enzyme intervient dans les mécanismes mis en jeu au cours de la formation de la coquille, mais « sa concentration dans les organes est telle qu’il est probable qu’elle ne constitue pas un facteur limitant » (MAxEN, 1963 b).
D’autre part, la fonction rénale joue un rôle important dans la formation de la coquille, comme
l’a montré 1ZLELLEa (t962) et tel que nous avons pu l’observer par ailleurs. Toutefois, cette liai-
son entre diurèse et formation de la coquille ne semble pas directe, car il est possible, avec cer-
tains produits (HowES, 1967) ou par neurohypophysectomie (OrEL, 1965) de déclencher une poly-
urie chez la poule sans modifier la solidité de la coquille. La fuite rénale de bicarbonates serait, pour notre part, un bien meilleur critère pour évaluer l’importance du rein dans la régulation des
mécanismes qui président à la formation de la coquille.
SUMMARY AND CONCLUSIONS
A STUDY OF CARBOANHYDRASE IN BIRDS lst part: Diamox action on blood acid-base balance in tlae cock
In the cock, intraveinous injection of diamox brings about first a non compensated acute respiratory acidosis, then a non compensated metabolic acidosis six hours later. Diamox action lasts during 2o hours ; it is proportional to the injected dose.
The results show that a halt in shell calcification under diamox effect cannot be explained by only uterine carbonic anhydrase inhibition. The mechanism seems to be more complex. On one hand, the metabolic acidosis observed between 6 and 2o hours after injection evidences a renal
bicarbonates escape which is detrimental to the shell. On the other hand, a lower availability in HC03 ions goes along with a lower mobilization of bone calcium. Thus, diamox affects the two metabolic paths which are normally involved in shell formation.
2nd pavt : Role of cavboanhydyase in the laying hen
The study of carboanhydrase inhibition by diamox and by other diuretic products brings
about two important ideas. On one hand, the enzyme is involved in the mechanisms set up during shell formation but « its concentration in the organs is such that probably it
does not constitute a limiting factor (MARE)!, 1963 b). On the other hand, renal function plays
an important part in shell formation as has been shown by MUELLER(1962) and as we have obser- ved. However, this link between diuresis and shell formation does not seem to be a. direct one, because it is possible to induce polyurea without modifying shell strength in the hen either with certain products (HowFs, 1967) or by neurohypophysectomy (OPEL, 1965). To our mind, the renal bicarbonates loss would be a much better criterion for evaluating the importance of the kidney in the regulation of the mechanisms involved in shell formation.
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