ÉVALUATION DE DIVERS TRAITEMENTS
TECHNOLOGIQUES DES CÉRÉALES
VIII. —
EFFICACITÉ COMPARÉE
DE TRAITEMENTSTHERMIQUES
DU
MAÏS
POURL’UTILISATION
DEL’URÉE
IN VITROET CHEZ I,E CHEVREAU
PRÉCOCEMENT SEVRÉ ( 1 )
L. P. BORGIDA Michelle DURAND
J. DELORT-LAVAL
P. BEAUMATIN S. GUENEAU
I-aboratoire de
Teclmolngil’
des .3lirnrrats des A nim’l/(x,* Station de Recherches de lV ulriti:)n,
CB’M/f<’Ma<tnMa7df/?f’c/;.";’c/!f’s!ff’!’e/; ):;’/;<!’.<./.;V./t*..-)..
. i8351/.foc / y
en.fosas
RÉSUMÉ
Dans un essai (le
comparaison
<le divers traitements des céréales, ----fioconnage (F),
expan- sion( 1 ’) ,
extrusion(T)
le maïs traité a été substitué pour moitié à du maïs témoin, dans un alimentcomplet (maïs :
8o , urée : 2 ;paille d’orge :
tg ; CMV :3 )
pour chevreaux en croissance.En rumen artificiel in
vitvo,
les traitements entraînent un accroissement de laproduction
des
glucides
alcoolosolubles et une décroissanceplus rapide
dupH ;
ils améliorent(a)
la consom-mation de N-urëe .
N-NH 3
et(b)
laproduction
d’acides gras volatilsaprès
5heures : parrapport
au témoin non traité
(
-- too), ces dernières sontrespectivement
pour 1" : 150 et 125 . T : :153 et 140, P :
r 3 6
et io!3.Chez le Chevreau
précocement
sevré, ces aliments,complétés
par du foin, s:mt moins efficaces chez la l’emclle que chez le mâle. Pour ce dernier, tous Ies traitements, notamment F et I’, amé- liorent la médiocre efficacité durégime
maïs-urée et la vitesse de croissance semble en relation directe et étroite avec la consommation de N-urée+ N-NH 3
et laproduction
d’acides gras volatilsenregistrées
in vitro.I!1’I’RODUC’rION
I,’utilisation efficace de 1’uré2 par le ruminant dépend étroitement de la présence
dans le régime d’une
sourced’énergie rapidement assimilable par la microflore du
rumen,
Des
travauxantérieurs effectués in vitro
etiii vivo
ontmontré que certains
(’) La présente recherche a fait l’objet d’unf C:HllIllUTlîcatioll la BritishSoi!ietN-
of Nutrition,publiée
in l’roc..YU/Y. Soc. (1973), 32, K.vB-84A,
traitements hydrothermiques appliqués
auxcéréales peuvent accroître,
auniveau du
rumen,la digestibilité de l’amidon
enaugmentant
sasensibilité
aux enzymesmicrobiennes (revue de HALE, 1073 ). Ces traitements
sontsusceptibles d’intensifier la protéosynthèse bactérienne à partir d’azote uréique (HELMER et al., 1970 ). Nous
avons
pu vérifier
ceteffet dans le
casd’un séchage appliqué à la totalité de la céréale du régime, orge immature (I)uRaNn, 1970 )
oumûre réhumidifiée (Dultaw
etal., 1974)
enprésence de 2 ,5 p.
100d’urée. La chaleur peut toutefois
exercer uneaction
dépressive
surla digestibilité des protéines (Z l ~c,TEx
etC H axI,lâT-I,ERY, r9!2) ; il apparaît de
cefait préférable de
netraiter qu’une partie des céréales de la ration,
et
de rechercher, parmi les diverses techniques possibles, celle qui permettrait la plus grande amélioration de l’utilisation de l’urée. L’expansion, le floconnage
etl’extrusion altèrent le grain d’amidon du
maïs avec uneintensité variable (I>W ,oRT-I,avar,
etMERCIER, 197 6) ;
nous avonstenté d’en estimer l’effet
surl’utilisation de l’urée par la microflore du
rumen et surla croissance du chevreau.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Le
régime
témoin estcomposé
de maïs(8 0 ), paille <l’orge ( 1 . 5 ),
urée( 2 )
et d’un C1VIV( 3 ) qui
fournit, parkg
d’aliment : 3 g I’ ; 0,9gS : !
7g Ca;
i g Na ; 0,5 gMg ; 4 6
mg Mn ; 66 mg Zn ; 3,7 mg Cu ; 0,7 mg Co. Vitamines : A, 200o 1’lD 3 ,
200UI, E. 20 1’l. Dans lesrégimes expérimentaux,
la céréale traitée par
expansion, floconnage
ou extrusion, dont lescaractéristiques physicochi- miques
ettechnologiques
sont fournies par ailleurs(D ELORT -L AVAL
et MERCIER,197 6)
est substi-tuée à la moitié du maïs du
régime
témoin.Après broyage
etagglomération
engranulés de
mm, l’efficacité des aliments est évaluée d’unepart
en rumen artificiel in vitvo, d’autrepart
au moyen d’un test de croissance sur chevreauxprécocement
sevrés.i. --
Ltude
cn milieu de rtmuert in vitroUn inoculum est
prélevé
avant le repas du matin surquatre
moutons adultes recevant du foin et 500g parjour
d’un aliment concentrécomportant
du maïs et de l’urée( 2
p.1 ( 0 ).
A 200irilde ce contenu de panse non
filtré,
dilué dans un volumeégal
de salive artificielle(TISSERAND
etZ
ELTER
, 19 6 5 ),
sontajoutés
12 g dechaque
aliment concentréexpérimental préalablement rebroyé.
Sur les échantillonsprélevés
avant et à différentstemps après
l’introduction d’alimentau cours
des heures
d’incubation, sont déterminés lepH,
les concentrations enN-NEI3,
N-uréeet
glucides
alcoolosolubles et, seulement auxtemps
o-3 etheures,
les teneurs en acides gras vola- tils selon laméthodologie
antérieurement décrite(Domw
etal., 197!).
La consommation de N-urée -!-N-NH 3
dans le milieu est calculée par différence entre lesquantités présentes
en débutd’incubation
(N-urée
de l’aliment -!-N-NH 3 apporté
parl’inoculum)
et celles retrouvées autemps
5heures.
Chaque produit
est incubé en double et au cours de deuxjournées
non consécutives.2
. - lasai sur chevreaux ev c/’oissan[:c 32
chevreaux des deux sexes, sevrés
à semaines,
sontrépartis
dès la fin de la sixième semaine en 4 groupescomparables,
sur la base dupoids
vif et dugain
depoids.
Ils sontplacés
durant neuf semaines en cases sur caillebotis par groupes de deux animaux, de même sexe et de
poids
voisin. La croissance des animaux est contrôlée parpesée
hebdomadaireindividuelle, répétée
durant 3
jours
consécutifs au début et à la fin de l’essai.Les animaux
disposent,
dès la 3r’ semaineaprès
leur naissance, de foin depré
et d’un aliment concentré de sevragecomposé
de maïs( 75 ).
tourteau desoja ( 20 ),
urée(i)
etcomplément
minéralet vitaminisé
(.1).
Apartir
de laseptième
semaine, ilsreçoivent
l’un desquatre régimes expéri-
mentaux à base d’urée et de maïs témoin ou traité. La
quantité
distribuée, initialement de o,5kg
par
jour
et par animal, estajustée chaque
semaine etaugmentée
de o,ikg/j/animal,
si le refus hebdomadaireprécédent
est inférieur à IOp. zoo de laquantité
distribuée. Le foin offert est limité à i5og/j/animal
durant les sixpremières
semaines del’essai,
à 20o g au-delà.La
composition
des aliments(tabl. i)
et des refus estdéterminée,
selon les méthodes officiellesd’analyse,
sur des échantillonsproportionnels prélevés chaque
semaine. Des données de matière sèche et d’azoteingérés
sont déduits l’indice de consommation de la matière sèche(matière
sècheingérée/gain
depoids)
et le coefficient d’efficacitéprotidique (gain
depoids/protéines ingérées)
desrégimes.
RÉSULTATS
i. -
Mesures
enmilieu de
yumeyain vitro
a) Métabolisme glucidique.
L’extrusion et, dans
unemoindre
mesure,le floconnage, qui entraînent dans les 30 premières minutes
unelibération dans le milieu de glucides à courtes chaînes (alcoolosolubles),
assurent uneacidification beaucoup plus accentuée que celle observée
avecl’aliment témoin. La production d’acides gras volatils
estparallèlement
accrue
par
cestraitements. I,’expansion
a uneinfluence moins marquée (fig.
i,tabl. 2 ).
b) A mmoniogénèse et utitisr!tio7a de l’itrée.
L’hydrolyse de l’urée
esttrès rapide (présence de
traces autemps 30 minutes)
et
totale après
uneheure. La valeur du pic ammoniacal n’est abaissée (de
12p.
100seulement) que dans le
casde l’extrusion. Par contre, après
iheure, la décroissance des concentrations ammoniacales, qui correspond à l’utilisation de
ceproduit par la
microflore,
estintensifiée par l’extrusion, le floconnage et, d’une manière plus limitée,
par l’expansion (fig. i).
En 5 heures, les consommations de N-urée + N-NH 3 (tabl. 2 )
sontsignifica-
tivement (P
<0 , 01 ) plus importantes pour l’extrusion
etle floconnage (respecti-
vement
1 6 0
etz5 3 p.
100du témoin), que pour l’expansion ( 13 6 p.
100du
témoin).
2
. -
Croissance des chevreaux
Le niveau de consommation de matière sèche
estsimilaire dans
tousles groupes
etproche de 4 p.
100du poids vif (tabl. 3 ). Toutefois, par rapport
auxmâles, les femelles
onttendance à
consommermoins de concentré
etdavantage de foin.
Les croissances individuelles
ontété
engénéral régulières,
cequi rend possible
le calcul par régression du gain
moyenquotidien, qui dépend très significativement (P
<o,oi) du
sexedes animaux. Chez les mâles,
on constate uneamélioration de la croissance par rapport
aurégime témoin, de
21p.
100pour le floconné, de 19 p.
100pour l’extrudé
etde
Ip.
100 avecl’expansé. Chez les femelles, le régime expansé
améliore de
20p.
100la croissance, le floconné de 7 p.
100 etl’extrudé
a uneffet
dépressif (moins 13 p. ioo). Cet effet des régimes
surla croissance
se retrouve surl’efficacité alimentaire globale mesurée par l’indice de consommation
etle coefficient d’efficacité protidique ; l’indice de consommation
estamélioré de 15 p.
100 avecle
floconné, de
10p.
100 avecl’expansé
etde 9 p.
100 avecl’extrudé pour les mâles,
et
de 13 p.
100 avecl’expansé pour les femelles. Aucune de
cesdifférences n’est
cependant significative
auseuil
P =0 , 05 du fait du nombre limité d’animaux
surlesquels portent les
mesures.DISCUSSION ET CONCLUSION
Les résultats obtenus in vitro
enmilieu de
rumen surle métabolisme glucidique
concordent bien
avec ceuxdu
testà l’alpha-amylase bactérienne (DEi<ORT-I!AVAi.
et
MERCIER, r 97 6). Ainsi le
maïsextrudé, qui contient le
tauxle plus élevé d’amidon
facilement attaquable (73 P. 100),
etle floconné, qui
endose
66p.
100,produisent
enmilieu de
rumenartificiel les pics de glucides alcoolosolubles
et laformation d’acides gras volatils les plus importants. Par
contre avecl’expansé, qui
necontient que 30 p.
100d’amidon facilement attaquable,
on nevoit pas apparaître de glucides alcoolosolubles
etla production d’acides
grasvolatils
estpeu différente de celle du témoin. Parallè- lement à l’amélioration de la disponibilité de l’amidon, les traitements
ontentraîné
un
accroissement de l’utilisation de l’urée par la microflore. Celui-ci
esttoutefois moins important pour le
maïsexpansé que pour les deux
autrestraitements. Cepen- dant, dans les conditions de
notretest, où l’urée représente 5 p.
100de la céréale traitée,
nousn’avons pas,
auniveau de la consommation de l’urée par la microflore, observé de différences
entreles
maïsfloconné
etextrudé, malgré la meilleure accessi- bilité de l’amidon
aux enzymesdans le second
cas.Il n’est pas exclu qu’a!-ec
un tauxsupérieur d’urée, de telles différences puissent être observées.
Les plus faibles croissances que
nous avonsenregistrées chez les femelles s’expli- quent
enpartie par
unemoindre consommation d’énergie
etd’azote, le foin consti-
tuant unepart plus importante de la matière sèche qu’elles ingèrent. Mais le faible
taux
d’azote des rations pourrait également expliquer
cettemoindre réponse,
enraison d’une interaction
entre sexe etniveau azoté du régime, mise
enévidence dans d’autres espèces animales
et notammentchez le Porc
encroissance (HENRY
etRÉ
R AT, 1972),
Bien que les écarts observés
nesoient pas significatifs, le
testde croissance chez les mâles classe les produits traités dans le même ordre que les
testsili vit y o de
consom-mation d’urée par la microflore. Les indices d’efficacité alimentaire
etprotéique varient
dans le même
sens et sontplus élevés dans le
casde floconnage. Il apparaît ainsi,
au
bas niveau azoté où
nous nous sommesplacés,
uneliaison étroite
entrel’amélio- ration de l’utilisation de l’urée in vitro
etla plus grande efficacité des régimes à base
d’urée
etde céréale traitée chez le Chevreau mâle précocement sevré.
Reçu
poranpublicatio ’1
nn juin 1975.SUMMARY
ENhICIEBCY OF VARIOUS TREATMENTS OF CERE!kl!S.
VIII. - COMPARATIVE EFFECT Oh HEAT TREATMENTS OH’ MAIZE ON IN VITRO UREA UTILI2:1TION AND ON GROWTH OF EARLY WEANED KIDS
Three maize treatments,
flaking, popping
and extrusion, which were shown in vitro tointensify a-amylase
action, werecompared
when included in a concentrate forgrowing
kidscontaining (g/kg) : ground
maize 400, either untreated or treatedground
maize 400, straw r 50,urea 20, minerals and vitamin mixture 30.
Of each concentrate, iz g were incubated
for 5
with 200ml of whole rumen content fromsheep adapted
to a similar diet and anequal
volume of artificial saliva. Ascompared
with theuntreated diet, extrusion and
flaking,
and to a lesser extent,popping produced,
within thefirst 30 min., a
higher soluble-carbohydrates peak
and then a morepronounced pH
decreasewith an enhanced volatile
fatty
acidformation ;
this involved asignificant
increase in thedisap-
pearance of urea-N and
NH 3 -N
from the medium.Two
pairs
ofearly-weaned ( 5 th week)
male and female kids were offered one of the four concentrates ad libitumplus
200g/hay/d.
For alldiets,
concentrate intake washigh
andgrowth
fairly good.
The effect of treatment wasquite
different on males and females. For males, values swere in
good
agreement with in vitro values ;growth
rates were increasedby
about 20 p. 100 with flaked and extruded maize and io p. ioo with thepopped
cereal.Dietary dry
matter andB
efficiency
followed the same trend.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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