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transmission non linéaire structurée en super réseau et
simulant un neurone myélinisé
Guy-Merlin Nkeumaleu
To cite this version:
Guy-Merlin Nkeumaleu. Propagation d’informations le long d’une ligne de transmission non linéaire structurée en super réseau et simulant un neurone myélinisé. Traitement du signal et de l’image [eess.SP]. Université Bourgogne Franche-Comté, 2019. Français. �NNT : 2019UBFCK006�. �tel-02155228�
´
Ecole doctorale n°37
Sciences Pour l’Ing ´enieur et Microtechniques
Doctorat d’Informatique
par
GUY-MERLIN
NKEUMALEU
Propagation d’informations le long d’une ligne de transmission non lin ´eaire
structur ´ee en super r ´eseau et simulant un neurone my ´elinis ´e.
Th `ese pr ´esent ´ee et soutenue `a Dijon, le 17/01/2019 Composition du Jury :
AILLERIEMICHEL Professeur `a l’Universit ´e de
Lorraine et CentraleSup ´elec, 1erRapporteur de la th `ese
Pr ´esident
DOSSANTOS SERGE Maˆıtre de Conf ´erences HDR
`a Blois `a l’INSA Centre Val de Loire
Rapporteur
BILBAULTJEAN-MARIE Professeur `a l’Universit ´e de
Bourgogne Franche-Comt ´e
Directeur de th `ese
NGUETCHOTCHAKOUTIOA. S. Professeur `a l’Universit ´e de Maroua au Cameroun
Codirecteur de th `ese
Universit ´e Bourgogne Franche-Comt ´e 32, avenue de l’Observatoire 25000 Besanc¸on, France
Titre : Propagation d’informations le long d’une ligne de transmission non lin ´eaire structur ´ee en super
r ´eseau et simulant un neurone my ´elinis ´e.
Mots-cl ´es : Ligne ´electrique 1, Equations aux d ´eriv ´ees partielles 2, Soliton 3, Transmissivit ´e 4, Simulation
5.
R ´esum ´e :
Les syst `emes non lin ´eaires sont d ´ecrits g ´en ´eralement avec des ´equations aux d ´eriv ´ees partielles qui les caract ´erisent, comme la chaine de pendules coupl ´es, la chaine de prot ´eines comportant des mol ´ecules avec liaisons hydrog `ene, les r ´eseaux atomiques...etc. Ces mod `eles comportent le plus souvent des interactions inter particulaires anharmoniques et des potentiels de substrat d ´eformables. En effet, aux cons ´equences importantes dues `a la non lin ´earit ´e et `a la dispersion, l’anharmonicit ´e et la d ´eformabilit ´e ajoutent d’autres propri ´et ´es de propagation des ondes solitaires telles que les compactons, les kinks et les antikinks, les peakons , . . . ainsi qu’ `a la capacit ´e du syst `eme `a transmettre un signal. Nous utilisons ici la m ´ethode de bifurcation pour tracer les diff ´erents portraits de phase obtenus par variation des param `etres
du syst `eme. Nous mettons en ´evidence l’influence du facteur d’anharmonicit ´e du couplage et celle du facteur de d ´eformation du potentiel de substrat sur la transmissivit ´e et la bistabilit ´e du syst `eme. Il en ressort que l’amplitude du signal d’entr ´ee qui produit la bistabilit ´e d ´epend de la valeur absolue du coefficient d’anharmonicit ´e et de l’ ´epaisseur du milieu non lin ´eaire `a traverser. En tenant compte des propri ´et ´es importantes g ´en ´er ´ees par de tels syst `emes, il nous a paru int ´eressant de construire une ligne ´electrique caract ´eris ´ee par les m ˆemes ´equations, c’est `a dire un super r ´eseau qui simule un neurone my ´elinis ´e. Les types de solitons obtenus semblent mieux adapt ´es pour d ´ecrire le signal ´electrique qui caract ´erise l’influx neuronal localis ´e dans l’espace avec un support compact.
Title: Propagation d’informations le long d’une ligne de transmission non lin ´eaire structur ´ee en super r ´eseau
et simulant un neurone my ´elinis ´e.
Keywords: Electrical line 1, Partial differential equation 2 , Soliton solution 3, Transmissivity 4 , Simulation
5.
Abstract:
Nonlinear systems are generally described with partial differential equations which characterize them, such as the chain of coupled pendulums, the chain of proteins comprising molecules with hydrogen bonds, the atomic networks, etc. These models most often comprise interactions between anharmonic particularities and deformable substrate potentials. Indeed, with significant consequences due to nonlinearity and dispersion, anharmonicite and deformability lead to other propagation properties of solitary waves such as compactons, kinks and antikinks, peaks, ... as well as the ability of the system to transmit a signal. We use here the method of bifurcation to draw the different phase portraits obtained by variation of the parameters
of the system. We highlight the influence of the anharmonicite factor and the deformation factor on the transmissivity and bistability of the system. It follows that the amplitude of the input signal that produces the instability depends on the absolute value of the anharmonicite coefficient and the depth of the nonlinear medium to cross. Taking into account the important properties generated by such systems, it seemed interesting to build a transmission line characterized by the same equations, ie a super network that simulates a neuron with myelin. The types of solitons obtained seem to be better adapted to describe the electrical signal characterizing the localized neuronal impulse in space with a compact support.
Je d ´edie ce travail `a mes parents TAGNI NKEUMALEU JOSEPH et MAGNI LEUSSI MADELEINE qui se sont sacrifi ´es pour ma r ´eussite.
Je remercie le Seigneur Dieu Tout Puissant pour sa bont ´e infinie dans ma vie.
Je remercie tous ceux qui ont accompagn ´e ce travail et les diff ´erents acteurs qui ont contribu ´e de proche ou de loin `a sa r ´ealisation. Ainsi je ne saurai achever cette rubrique sans porter mes distingu ´es remerciements :
Je remercie l’ ´equipe formidable d’encadreurs que j’ai rencontr ´ee au laboratoire Le2i de l’Universit ´e de Bourgogne, principalement mon encadreur Le Professeur Jean-Marie BILBAULT pour son suivi m ´ethodique et le soutient apport ´e durant mon s ´ejour `a Dijon.
Je remercie Le Professeur Serge Aurelien NGUETCHO TCHAKOUTIO pour le privil `ege qu’il m’a offert `a travailler avec cette ´equipe formidable et pour sa large disponibilit ´e accord ´ee pour le suivi de ce travail.
Je remercie les membres du jury qui ont accept ´e d’apporter leurs appr ´eciations `a ce travail.
Je remercie tous les membres de l’ ´equipe du laboratoire d’ ´electronique d’imagerie et Je remercie le Seigneur Dieu Tout Puissant pour sa bont ´e infinie dans ma vie.
Je remercie tous ceux qui ont accompagn ´e ce travail et le diff ´erents acteurs qui ont contribu ´e de proche ou de loin `a sa r ´ealisation. Ainsi je ne saurai achever cette rubrique sans porter mes distingu ´es remerciements :
Je remercie l’ ´equipe formidable d’encadreurs que j’ai rencontr ´ee au laboratoire Le2i de l’Universit ´e de Bourgogne, principalement mon encadreur Le Professeur Jean-Marie BILBAULT pour son suivi m ´ethodique et le soutient apport ´e durant mon s ´ejour `a Dijon.
Je remercie Le Professeur Serge Aurelien NGUETCHO TCHAKOUTIO pour le privil `ege qu’il m’a offert `a travailler avec cette ´equipe formidable et pour sa large disponibilit ´e accord ´ee pour le suivi de ce travail.
Je remercie les membres du jury qui ont accept ´e d’apporter leurs appr ´eciations `a ce travail.
Je remercie tous les membres de l’ ´equipe du laboratoire d’ ´electronique d’informatique et d’imagerie qui ont sacrifi ´e leurs temps pour mon encadrement.
Je remercie mon ´epouse CAROL NKEUMALEU qui m’a toujours soutenu pendant la pr ´eparation de ce travail.
Je remercie HERVE et HEIDI CHOMENI pour le soutien et la confiance dont ils m’ont accord ´es.
Je remercie tous mes coll `egues du lyc ´ee classique de Maroua ainsi que ceux de la d ´el ´egation r ´egionale des enseignements secondaires de l’Extr ˆeme Nord du Cameroun.
je remercie la famille NGUETCHO de MAROUA pour le soutien inestimable.
je remercie la grande famille NKEUMALEU du Cameroun.
Je remercie la famille KUE de Yaound ´e.
Je remercie la grande famille Chr ´etienne de l’Eglise Evang ´elique du Cameroun de Maroua HARDE pour le soutien qu’ils m’ont apport ´e.
Je remercie KAMOGNE ROGER pour tout ce qu’il a fait pour moi pour cette Th `ese.
Je remercie tous mes coll `egues du lyc ´ee classique de Maroua ainsi que ceux de la d ´el ´egation r ´egionale des enseignements secondaires de l’Extr ˆeme Nord du Cameroun.
Je remercie tous mes camarades du laboratoire d’ ´electronique pour l’esprit de solidarit ´e dont ils ont fait preuve.
1 Introduction 1
1.1 Contexte . . . 1
1.2 Objectifs de la th `ese . . . 2
1.3 Plan de la th `ese . . . 4
2 G ´en ´eralit ´es 5 2.1 Introduction . . . 5
2.2 Le neurone my ´elinis ´e . . . 5
2.2.1 Description du neurone . . . 5
2.2.2 Fonctionnement du neurone . . . 5
2.2.3 Codage des messages nerveux . . . 7
2.2.4 Le neurone vu comme super r ´eseau ´electrique . . . 7
2.3 Chaˆıne de pendules coupl ´es . . . 9
2.4 Le transfert du proton dans les chaines mol ´eculaires . . . 12
2.5 Ligne ´electrique non lin ´eaire . . . 13
2.6 Conclusion . . . 14
3 Mod `ele th ´eorique 17 3.1 Introduction . . . 17
3.2 Les ´equations du mouvement . . . 20
3.3 Bifurcations et solutions de l’ENLSE . . . 22
3.3.1 Dynamique des solitons de gap . . . 22
3.3.1.1 Equation d’ ´evolution . . . 22´
3.3.1.2 Trajectoires de phase et solutions . . . 25
3.3.2 Dynamique des solitons dans la bande des fr ´equences permises . . 42
3.3.2.1 Equation d’ ´evolution . . . 42´
3.3.2.2 Trajectoires de phase et solutions . . . 43
3.3.2.2.1 Trajectoires de phase et solutions pour k= ±2π/3 44 3.3.2.2.1.1 Portraits de phase et solutions dans le cas o `u f2(φ) n’a pas de z ´ero . . . 45
3.3.2.2.1.2 Portraits de phase et solutions dans le cas o `u f2(φ) a une racine double. Dans ce cas,
φe1 = φe2 = φe et h1 = h2. . . 46
3.3.2.2.1.3 Portraits de phase et solutions dans le cas o `u f2(φ) a deux racines r ´eelles distinctes φe1 et φe2, avec φe1 > φe2 . . . 48
3.3.2.2.2 Trajectoires de phase et solutions pour un nombre d’onde k quelconque . . . 54
3.3.2.2.2.1 Portraits de phase et solutions dans le cas o `u f3(φ) a une racine triple . . . 54
3.3.2.2.2.2 Portraits de phase et solutions du syst `eme pour c2 , 0 quand f3 admet une racine double . . . 59
3.3.2.2.2.3 Portraits de phase et solutions du syst `eme pour c2 , 0 quand f3 admet trois racines distinctes et positives . . . 71
3.4 Conclusion . . . 105
4 Transmissivit ´e, bistabilit ´e au voisinage du gap 107 4.1 Introduction . . . 107
4.2 Equation de Schrodinger non lin ´eaire . . . 107
4.3 M ´ethode `a deux ondes . . . 108
4.4 Conditions de continuit ´e . . . 109
4.5 Fonction de transfert du syst `eme . . . 110
4.5.1 Expression analytique de la transmissivit ´e . . . 110
4.5.1.1 Traitement de l’ ´equation (4.12) en consid ´erant v comme param `etre . . . 112
4.6 Caract ´eristique de la transmissivit ´e en fonction de Vi . . . 115
4.6.0.1 Fonction de transfert pour certaines valeurs fix ´ees des pa-ram `etres . . . 115
4.6.0.2 Influence de l’anharmonicit ´e sur la fonction de transfert . . 115
4.6.0.3 Influence de la largeur du milieu non lin ´eaire sur la fonc-tion de transfert . . . 115
4.7 Conclusion . . . 116
5 Construction d’un super r ´eseau simulant un neurone my ´elinis ´e 117 5.1 Introduction . . . 117
5.2 Structure et fonctionnement du neurone . . . 117
5.2.2 Fonctionnement du neurone . . . 117
5.3 Quelques mod `eles ´electroniques connus du neurone . . . 118
5.3.1 Mod `ele de Hodgkin-Huxley . . . 119
5.3.2 Mod `ele de Fitzhugh-Nagumo . . . 121
5.3.3 Mod `ele propos ´e pour le dip ˆole non lin ´eaire . . . 123
5.4 Construction de la ligne de transmission non lin ´eaire . . . 125
5.4.1 Ligne de transmission diffusive lin ´eaire . . . 125
5.4.2 Mod `ele ´electronique d’une ligne de transmission de diffusion non lin ´eaire. . . 127
5.4.3 Ligne de transmission non lin ´eaire sans att ´enuation . . . 129
5.4.4 Ligne de transmission non lin ´eaire avec anharmonicit ´e et substrat d ´eformable (voir figure (5.11)) . . . 131
5.4.5 Construction d’un super-r ´eseau simulant un neurone my ´elinis ´e . . . 135
5.5 Conclusion . . . 138
I
NTRODUCTION
1.1/
C
ONTEXTEDe nos jours, les syst `emes de transmission sont diversifi ´es et tr `es r ´epandus. Nous pou-vons par exemple citer :
— la transmission du son dans un milieu mat ´eriel, qui trouve des applications en imagerie m ´edicale, dans les sonars,...
— le transfert d’ ´energie dans les cellules animales et v ´eg ´etales (la production de l’ad ´enosine triphosphate (ATP) utilis ´ee comme source d’ ´energie chimique pour les cellules),
— le transfert des protons dans les syst `emes mol ´eculaires `a liaison hydrog `ene pouvant expliquer la duplication de l’ADN, la dynamique mol ´eculaire dans les prot ´eines,
— l’illustration exp ´erimentale de la propagation de solitons le long d’une chaˆıne de pendules coupl ´es,
— certaines r ´eactions chimiques industrielles,
— la transmission des informations dans les lignes ´electriques et les r ´eseaux neuro-naux, ...
Le processus de transmission du signal ou de l’information dans les syst `emes, no-tamment nonlin ´eaires, est assez complexe `a maˆıtriser, interpr ´eter et comprendre, car cela n ´ecessite une connaissance approfondie de nombreux domaines. Le ph ´enom `ene de la dynamique des syst `emes nonlin ´eaires se trouve en fait `a l’interface de plusieurs disciplines : physique, chimie, ´economie, informatique, biologie, industrie, etc. Ceci in-duit sa nature pluridisciplinaire. Il s’agit plus pr ´ecis ´ement d’ ´etudier et de chercher `a comprendre des ph ´enom `enes naturels nonlin ´eaires pour lesquels est d ´evelopp ´ee une mod ´elisation th ´eorique [1, 2, 3], suivie de simulations num ´eriques, et enfin dans cer-tains cas confirm ´ee par des exp ´eriences sur des d ´emonstrateurs ´electroniques r ´ealis ´es en laboratoire. Ce domaine connaˆıt actuellement un essor consid ´erable en raison tant de son int ´er ˆet fondamental que de ses applications technologiques [4, 5]. Les interac-tions entre les sciences biom ´edicales, l’ ´electronique, l’informatique et les math ´ematiques appliqu ´ees sont en pleine expansion et leurs retomb ´ees en termes de sant ´e publique suscitent de nombreux espoirs. Des programmes de recherche internationaux ambi-tieux ont ´et ´e lanc ´es, en particulier aux Etats-Unis mais aussi dans le reste du monde [6, 7], pour promouvoir le d ´eveloppement d’instrumentations ´electroniques ainsi que de mod `eles biomath ´ematiques et bioinformatiques permettant l’analyse des donn ´ees mas-sives en biologie mol ´eculaire et cellulaire (Programme Virtual Cell), ainsi qu’en physio-logie [8]. Le d ´eveloppement de ce secteur de recherche a ´et ´e rendu possible par les
avanc ´ees majeures r ´ealis ´ees ces derni `eres ann ´ees dans la mod ´elisation et la simula-tion des ph ´enom `enes complexes [9, 10, 11], en particulier ceux r ´egis par des ´equasimula-tions aux d ´eriv ´ees partielles. Les mod `eles universels qui peuvent ˆetre utilis ´es pour d ´ecrire une grande vari ´et ´e d’effets ou de ph ´enom `enes physiques diff ´erents sont rares ; Ils sont pourtant d’une importance capitale. De tels mod `eles attirent une attention particuli `ere en pouvant ˆetre utilis ´es pour d ´ecrire les concepts physiques de base de la mani `ere la plus simple. Un mod `ele simple d ´ecrit une chaˆıne de particules (atomes) harmonique-ment coupl ´ees `a leurs proches voisins et assujetties `a un potentiel p ´eriodique (potentiel de substrat). Les lignes ´electriques nonlin ´eaires constituent un syst `eme exp ´erimental assez simple et suffisamment r ´ealiste pour l’observation et l’ ´etude quantitative de la propagation et des propri ´et ´es d’excitations nonlin ´eaires [12], les propri ´et ´es de trans-mission nonlin ´eaire des bi-r ´eseaux (r ´eseaux constitu ´es de deux sous-r ´eseaux de ca-ract ´eristiques diff ´erentes), des super-r ´eseaux (constitu ´es d’un grand nombre de couches diff ´erentes) et autres syst `emes nonlin ´eaires. Ces derni `eres ann ´ees, c’est m ˆeme devenu un des mod `eles fondamentaux et universels de la physique nonlin ´eaire. Bien qu’un lien avec le mod `ele classique ne soit pas souvent ´enonc ´e de mani `ere explicite dans un cer-tain nombre d’applications, la plupart des probl `emes nonlin ´eaires impliquant la dyna-mique des chaˆınes non lin ´eaires discr `etes sont en fait bas ´es sur la formulation classique pr ´esent ´ee dans un premier temps par Frenkel et Kontorova [13, 14, 15, 16, 17, 18], puis dans un second temps par Klein et Gordon [16, 17, 18, 19]. Ces mod `eles id ´eaux peuvent ˆetre compar ´es `a une approximation de l’ ´equation de Toda [20] et peuvent permettre avec des transformations judicieuses, d’obtenir d’autres grandes familles d’ ´equations comme celles de Korteweg-de Vries (KdV) [16, 17, 21], de Schr ¨odinger non lin ´eaire (SNL) [16, 17, 18, 22], Boussinesq [16], ... et de ce fait fournissent une bonne garan-tie d’applications. Ils mettent surtout en ´evidence la flexibilit ´e des mod `eles `a s’adapter `a plusieurs autres syst `emes r ´eels. Leur ´etude qui, en quelques ann ´ees, a pris une ampleur assez consid ´erable, rencontre encore d’ ´enormes difficult ´es, notamment en raison de la complexit ´e des processus en ce qui concerne les ph ´enom `enes biologiques et industriels, la physique mol ´eculaire, la neurophysique, pour les probl `emes de corrosion, dans les tentatives d’interpr ´etation ou de compr ´ehension. Il apparaˆıt donc clairement que la des-cription fournie par ces mod `eles est encore insatisfaisante et qu’elle n ´ecessite beaucoup d’am ´eliorations.
1.2/
O
BJECTIFS DE LA THESE`
La majeure partie des r ´esultats rigoureux obtenus jusqu’ `a pr ´esent avec les mod `eles cit ´es ci-dessus le sont sous l’hypoth `ese que les interactions inter-particulaires sont simplifi ´ees `a l’extr ˆeme, c’est- `a dire repr ´esent ´ees par des fonctions harmoniques ou des fonctions d’une nonlin ´earit ´e assez simple. Elles souffrent ainsi d’une certaine insuffisance car les ´etudes exp ´erimentales montrent que ces interactions sont de formes bien plus com-plexes. De m ˆeme, les potentiels de substrat dans les m ˆemes mod `eles sont g ´en ´eralement pris sous une forme rigide ou quasi rigide (par exemple sine Gordon ou phi 4), ce qui veut dire qu’ils ne prennent pas en compte les diff ´erentes formes et ´evolutions des perturba-tions ext ´erieures (pression, temp ´erature, champ ´electromagn ´etique, ... et/ou g ´eom ´etrie du syst `eme).
Selon tous les travaux men ´es ces derniers ann ´ees sur des mod `eles anharmoniques o `u il est montr ´e que l’anharmonicit ´e du mod `ele et la d ´eformabilit ´e du potentiel de substrat
conduisent `a de nouveaux effets non d ´ecrits dans les ´equations ant ´erieures [23, 24], il apparaˆıt clairement que la description fournie par ces syst `emes d’ ´equations reste tr `es insatisfaisante vis- `a-vis des ph ´enom `enes physiques r ´eels. Il nous a donc paru int ´eressant de prendre en compte une nonlin ´earit ´e forte (de type cubique-quartique) afin d’approcher au mieux les potentiels r ´ealistes comme ceux de Toda ou de Morse, elle-m ˆeme plong ´ee dans un environnement o `u l’influence des effets ext ´erieurs ne serait plus constante. Pour cela, nous utiliserons la forme d ´eformable du substrat telle que propos ´ee par Peyrard et Remoissenet [13, 17], et dont le sine-Gordon est un cas particulier.
Par ailleurs, parmi les ph ´enom `enes non lin ´eaires, un grand int ´er ˆet a ´et ´e port ´e aux pro-pri ´et ´es de transmission des syst `emes non lin ´eaires. En r ´egime lin ´eaire, la propagation des ondes dans les bi-r ´eseaux (r ´eseau constitu ´e de deux sous r ´eseaux altern ´es de caract ´eristiques diff ´erentes) est d ´ecrite par une relation de dispersion pr ´esentant des bandes de fr ´equences interdites appel ´ees gap. Ainsi, toutes les ondes lin ´eaires dont les fr ´equences appartiennent au gap ne peuvent se propager dans de tels syst `emes. On parle alors d’onde ´evanescente, ce qui implique une transmission tr `es faible `a travers un syst `eme de longueur finie. En r ´egime nonlin ´eaire par contre, une onde dont la fr ´equence est comprise dans le gap lin ´eaire peut ˆetre transmise dans le super-r ´eseau. En effet, ses propri ´et ´es peuvent ˆetre modifi ´ees en fonction de l’amplitude de l’onde de l’excitation qui lui est appliqu ´ee (effet Kerr en optique par exemple : l’indice de r ´efraction d ´epend ainsi de l’intensit ´e du champ). L’augmentation de l’amplitude (ou de la puissance) du signal incident peut faire passer le syst `eme d’un ´etat non transparent vers un ´etat transparent, d’une fac¸on souvent brutale : c’est le ph ´enom `ene de bi-stabilit ´e. Ce ph ´enom `ene, qui s’ac-compagne d’hyst ´er ´esis, a ´et ´e ´etudi ´e th ´eoriquement et num ´eriquement par bon nombre d’auteurs. Il peut ˆetre ´egalement li ´e `a l’existence de solitons de bande interdite, ou soli-tons de gap. Il nous a paru int ´eressant de regarder les effets de la nonlin ´earit ´e forte et la d ´eformabilit ´e du substrat sur la naissance et l’existence des diff ´erents types de solutions ”soliton” dans le gap, et sur leur dynamique.
Pour la r ´esolution des ´equations complexes issues de ces nouveaux mod `eles, nous met-trons sur pied et utiliserons la technique de bifurcation. Celle-ci pourra nous permettre, non seulement de mettre en ´evidence les param `etres clefs et effectifs (param `etres de bifurcation) de cette dynamique, mais ´egalement d’ ´etudier et de regarder l’apport r ´eel de chacun des termes (nouveaux comme anciens) du mod `ele math ´ematique obtenu apr `es la traduction du ph ´enom `ene r ´eel ´etudi ´e. En plus, la m ´ethode de bifurcation, par son ana-lyse qualitative, nous permettra, pour un mod `ele math ´ematique donn ´e, de faire sans trop de calculs l’inventaire complet de tous les types de solutions et de leurs diff ´erentes condi-tions d’existence.
Il existe `a notre connaissance peu d’articles sur l’observation exp ´erimentale des modes localis ´es dans un mod `ele `a interaction du type cubique-quartique et plong ´e dans un milieu ext ´erieur o `u les forces sont variables. Il semble donc aussi important d’avoir une meilleure connaissance de ces modes localis ´es dans les r ´eseaux non lin ´eaires r ´eels, afin de compl ´eter les r ´esultats d ´ej `a obtenus essentiellement sous formes th ´eorique et num ´erique.
1.3/
P
LAN DE LA THESE`
Cette th `ese s’articule autour de quatre chapitres. Elle commence par des pr ´esentations g ´en ´erales des syst `emes non lin ´eaires avec quelques exemples :
— Un neurone
— Une chaˆıne de pendules coupl ´es
— Un processus de transfert des protons dans les syst `emes `a liaisons hydrog `ene — Et enfin une ligne ´electrique non lin ´eaire.
Le troisi `eme chapitre portera sur l’ ´etude dynamique de l’ ´equation g ´en ´erale issue des mod `eles o `u sont prises en compte simultan ´ement : les interactions inter-particulaires de type cubique-quartique et les actions des forces ext ´erieures. Une attention sera port ´ee s ´epar ´ement sur le comportement dynamique au voisinage du gap et `a l’int ´erieur de la bande passante permise.
Une fois les solutions trouv ´ees, le quatri `eme chapitre analysera la transmissivit ´e et la bistabilit ´e ainsi que le ph ´enom `ene d’hyst ´eresis de quelques r ´eponses aux excitations au voisinage du gap. Dans ce chapitre, nous ´etablirons l’expression de la transmissivit ´e de notre syst `eme non lin ´eaire `a l’aide de la m ´ethode des deux ondes.
Sur la base des r ´esultats pr ´esent ´es dans les premiers chapitres, sur l’existence et la dynamique des solutions les plus marquantes, le cinqui `eme chapitre proposera de construire un super r ´eseau simulant un neurone my ´elinis ´e, c’est- `a-dire un mod `ele ´electronique du neurone avec une ligne ´electrique r ´egie par le mod `ele math ´ematique ´etudi ´e ci-dessus. Cette ligne pourrait ˆetre par la suite utilis ´ee pour constituer les ´el ´ements du super r ´eseau.
G ´
EN
ERALIT
´
ES
´
2.1/
I
NTRODUCTIONLa propagation de l’information se fait `a l’aide des chaˆınes de transmission (milieux mat ´eriels) ou sans support (ondes hertziennes). Une chaˆıne de transmission est l’en-semble de dispositifs permettant le transport d’une information sur des distances sou-vent importantes. Elle comprend trois ´el ´ements essentiels : un ´emetteur, un canal de transmission et un r ´ecepteur.
Le message `a transmettre est converti en signal par l’ ´emetteur. La dynamique de cer-taines chaˆınes de transmission est tr `es complexe et pr ´esente plusieurs particularit ´es. De ce fait, il est n ´ecessaire de concevoir des mod `eles relativement simples pour mieux maˆıtriser leurs comportements dynamiques. Nous allons donner quelques exemples de propagation de l’information dans les chaˆınes de transmission qui pr ´esentent une dyna-mique tr `es vari ´ee et complexe. Le mod `ele que nous mettons en place pourra s’appliquer non seulement au neurone, mais `a plusieurs autres syst `emes physiques r ´eels tels que des chaˆınes m ´ecaniques, des syst `emes biologiques, des lignes ´electriques...
2.2/
L
E NEURONE MYELINIS´
E´
2.2.1/ DESCRIPTION DU NEURONELe neurone est la plus petite partie du syst `eme nerveux responsable du traitement et de la transmission de l’information. Il est constitu ´e de dendrites, du noyau, du cytoplasme, de l’axone, de la gaine de my ´eline, des nœuds de Ranvier et des synapses (cf. Fig. 2.1).
2.2.2/ FONCTIONNEMENT DU NEURONE
Les ´el ´ements responsables de la transmission du message nerveux sont : — La membrane plasmique
— Les stimuli externes — Les ions
— Les transporteurs membranaires 5
FIGURE2.1 – Sch ´ema d’un neurone. (https ://www.futura-sciences.com)
MEMBRANE PLASMIQUE
Elle est constitu ´ee d’une double couche de phospholipidiques qui l’entoure. C’est une barri `ere s ´elective qui laisse traverser les mol ´ecules non polaires et hydrophobes ; par contre, les mol ´ecules polaires et les ions ne peuvent pas la traverser directement. La membrane d’une cellule nerveuse pr ´esente une diff ´erence de potentiel due `a la r ´epartition in ´egale des charges ´electriques entre l’int ´erieur et l’ext ´erieur de la brane. Par ailleurs, un transfert d’ions s’effectue entre l’int ´erieur et l’ext ´erieur de la mem-brane, gr ˆace `a la pression osmotique et au champ ´electrique transmembranaire. Ceci permet de conserver un gradient de concentration de part et d’autre de la membrane contrebalanc¸ant la diffusion osmotique des esp `eces ioniques au travers des canaux lorsque ceux-ci s’ouvrent, l’ensemble ´etant d ´ecrit par la loi de Nernst.
Lorsque la membrane n’est soumise `a aucune excitation, le syst `eme constitu ´e de la membrane, du milieu extra cellulaire et du milieu intracellulaire atteint un ´equilibre. Nous pouvons alors mesurer une diff ´erence de potentiel. Cette diff ´erence de potentiel prend toujours pour r ´ef ´erence le milieu exocellulaire et porte le nom de potentiel de repos. Le neurone r ´eagit aux stimuli externes. Ils peuvent ˆetre physiques (lumi `ere, son, pres-sion, temp ´erature,...etc), chimiques (neurotransmetteurs). La pr ´esence des stimuli induit une r ´eaction de d ´epolarisation de la membrane par ouverture des canaux `a sodium (chi-miod ´ependants ou d ´ependant du stimulus sensoriel) .
Les canaux ioniques sont voltage d ´ependants, autrement dit leur perm ´eabilit ´e d ´epend de la diff ´erence de potentiel entre les milieux extra et intracellulaire. Les propri ´et ´es de perm ´eabilit ´e de ces prot ´eines s ´electives donnent naissance `a un ph ´enom `ene ´electrique se propageant le long de l’axone : c’est le potentiel d’action (PA).
Le r ˆole principal du neurone est de transmettre diff ´erentes informations nerveuses. Mais ces informations n’ ´etant pas identiques, il est n ´ecessaire de les diff ´erencier par des codes.
2.2.3/ CODAGE DES MESSAGES NERVEUX
Pour un neurone donn ´e, l’amplitude du potentiel d’action ne varie pas pendant sa propa-gation et la vitesse de propapropa-gation est constante le long de l’axone.
L’information `a transmettre est cod ´ee par : — Le nombre de potentiels d’action ´emis — Leur fr ´equence
— Leur organisation en salves — La dur ´ee du message.
Le nombre de potentiels d’action ´emis et la dur ´ee du message sont g ´en ´eralement en rap-port avec la quantit ´e d’informations `a transmettre. Ainsi, une fibre sensorielle ou motrice peut d ´echarger pendant plusieurs minutes et ´emettre des centaines, voire des milliers de potentiels d’action `a la suite d’une stimulation prolong ´ee ou pour soutenir une contrac-tion musculaire. Mais ce n’est pas toujours le cas. Certains r ´ecepteurs sensoriels, par exemple, s’adaptent tr `es vite et cessent de d ´echarger au bout de quelques secondes alors que la stimulation est maintenue.
La fr ´equence, qui s’exprime en nombre de potentiels d’action par seconde, est elle aussi en rapport avec la quantit ´e d’informations `a transmettre. Ainsi, plus l’information est im-portante, plus la fr ´equence augmente, jusqu’ `a une limite impos ´ee par la structure biolo-gique.
L’organisation en salves est un ph ´enom `ene complexe qui varie en fonction des structures concern ´ees et des messages v ´ehicul ´es. Les potentiels d’action d’un m ˆeme message peuvent en effet ˆetre ´emis sous forme de salves, plus ou moins espac ´ees dans le temps, dont la dur ´ee, le nombre de potentiels et la fr ´equence diff `erent d’une salve `a une autre. On parle ´egalement de rafales, de trains de potentiels ou de bouff ´ees d’activit ´e (voir figure 2.2).
2.2.4/ LE NEURONE VU COMME SUPER RESEAU´ ELECTRIQUE´
La fonction d’un neurone est de transmettre l’information sous la forme d’un signal ´electrique se propageant le long de l’axone sans att ´enuation [26]. Nous nous proposons de concevoir une ligne de transmission ´electrique qui se rapproche du neurone my ´elinis ´e du point de vue de la propagation du signal ´electrique.
Avant de proposer un nouveau mod `ele de ligne ´electrique, il est n ´ecessaire d’examiner les mod `eles de lignes d ´ej `a r ´ealis ´es pour mod ´eliser le neurone. Dans le milieu ext ´erieur du neurone, les porteurs de charge ´electrique sont des ions qui se d ´eplacent facilement. Donc ce milieu ext ´erieur est un conducteur ´electrique. La membrane neuronale emp ˆeche les ions de migrer vers l’ext ´erieur, comme un isolant ´electrique. C’est elle qui s ´epare les milieux int ´erieur et ext ´erieur, et on peut la repr ´esenter par un condensateur.
Lors d’une excitation du neurone, il y a cr ´eation d’une diff ´erence de potentiel due `a la diff ´erence de concentration entre les milieux int ´erieur et ext ´erieur du neurone. Le neurone doit expulser les charges positives depuis l’int ´erieur vers l’ext ´erieur de la cellule gr ˆace `a des pompes. Les pompes ioniques `a travers les canaux expulsent en effet certains ions de la cellule vers l’ext ´erieur (en consommant de l’ ´energie sous la forme d’ATP) et donnant donc un courant ´electrique.
FIGURE2.2 – Codage de l’information dans un message nerveux. Echelles : 1ms/cm et 2,5mV/cm [25] (https ://www.mcdubysvt.fr)
sur la figure (2.3) o `u les canaux ioniques sont repr ´esent ´es par la r ´esistance membranaire rm, l’isolant s ´eparant les milieux int ´erieur et ext ´erieur par le di ´electrique du condensateur
de capacit ´e Cm et la r ´esistance longitudinale `a la circulation des ions `a l’int ´erieur de la
membrane par rl .
A partir des lois de Kirchhoff, l’ ´equation caract ´erisant la propagation du potentiel d’action est de la forme : rm rl (Vn+1+ Vn−1− 2Vn)= rmCm dVn dt + Vn. (2.1)
C’est une ´equation diff ´erentielle avec un laplacien discret (assimilable `a une d ´eriv ´ee seconde par rapport `a l’espace) et une d ´eriv ´ee premi `ere par rapport au temps. Cette ´equation lin ´eaire ne pr ´esente pas une grande richesse pour son ´etude dynamique. C’est une ´equation de diffusion qui a ´et ´e obtenue lors de la mod ´elisation d’un neurone sur son plan comportemental et non sur le plan de la transmission de signal ´electrique. Par ailleurs, lors de la propagation d’un signal sans amortissement, chaque point de la ligne reproduit le m ˆeme signal que la source avant de revenir `a son ´etat initial dans un neurone. Ce n’est pas le cas pour cette ligne.
Entre autres, les canaux ioniques par lesquels les ions passent du milieu int ´erieur vers le milieu ext ´erieur ont ici une r ´esistance constante not ´ee rm. Pourtant les canaux sont `a
ouverture variable et la r ´esistance d’un conducteur caract ´erise l’opposition au passage du courant ´electrique. L’ouverture et la fermeture des canaux entraˆınent une variation de la section du canal, ce qui implique une variation de la r ´esistance du canal qui ne peut donc pas ˆetre constante.
FIGURE2.3 – Circuit ´electrique d’un axone (https ://www.unic.cnrs-gif.fr)
L’action des pompes ioniques entraˆıne un d ´eplacement longitudinal des ions, d’o `u un courant longitudinal d ´ependant de la tension ´electrique qui est fonction de la concentra-tion des ions `a l’int ´erieur du neurone. Or ce courant longitudinal est li ´e `a la r ´esistance rl suppos ´ee constante. Pourtant le courant longitudinal d ´epend des concentrations du
milieu int ´erieur, ce qui signifie que la r ´esistance longitudinale doit ˆetre variable.
Nous constatons que ce mod `ele pr ´esente des insuffisances pour d ´ecrire comment le neurone peut transmettre des signaux. Le neurone ´etant une chaˆıne de transmission ca-pable de transmettre plusieurs types d’informations, il doit poss ´eder une grande richesse de comportements dynamiques. Nous pensons donc qu’un bon mod `ele ´electrique d’un neurone doit ˆetre capable d’en reproduire la riche dynamique et de produire la grande diversit ´e d’excitations qu’un vrai neurone peut avoir.
2.3/
C
HAˆ
INE DE PENDULES COUPLES´
Soit la chaˆıne de pendules coupl ´es suivante : les pendules de masse m et de longueur l sont mobiles autour d’un m ˆeme axe de rotation. Chaque pendule est reli ´e `a son voisin le plus proche par un ressort de constante de raideur k (voir Fig. 2.4). Le moment d’inertie de chaque masse par rapport `a son axe de rotation est I. Les pendules successifs sont s ´epar ´es par le pas d et sont assujettis `a rester dans un m ˆeme plan vertical.
Le moment du couple de torsion qui agit sur chaque pendule est −Cθn o `u C est la
FIGURE2.4 – Pendules coupl ´es.
n. Le moment du poids de chaque pendule par rapport `a l’axe de rotation est −mgl sin θn.
Le point mat ´eriel An de masse m a pour coordonn ´ees
An lcos θn lsin θn nd (2.2)
et son voisin le plus proche a pour coordonn ´ees
An+1 lcos θn+1 lsin θn+1 (n+ 1)d . (2.3)
Leur distance est
dn=
p l2(cos θ
n− cos θn+1)2+ l2(sin θn− sin θn+1)2+ d2 (2.4)
d’o `u dn= r d2+ 4l2sin2θn+1−θn 2 ∼ d+ l 2 2d(θn+1−θn) 2· (2.5)
L’allongement du ressort reliant An et An+1 est, si on appelle d0 la longueur du ressort `a
vide : ∆dn = dn− d0 ' d − d0+ l2 2d(θn+1−θn) 2·
La force exerc ´ee par la particule An+1sur An est : − → Fn+1= k∆dn→−e o `u − →e = 1 dn −−−−−−→ AnAn+1= 1 dn xn+1− xn yn+1− yn d
et son moment par rapport `a l’axe z est k∆dn dn 0 0 xnyn+1− xn+1yn . Comme xnyn+1− xn+1yn'
l2(θn+1−θn), ce moment peut s’ ´ecrire encore :
Mn+1,n(z) = kl2 d − d0+ l2 2d(θn+1−θn) 2 ! d+ l 2 2d(θn+1−θn) 2 (θn+1−θn)= k(d − d0)l2 d (θn+1−θn)+ kd0l4 2d3 (θn+1−θn) 3· Donc Mn+1,n(z)'λ0(θn+1−θn)+ λ1(θn+1−θn)3, (2.6) avec λ0 = k(d − d0)l2 d et λ1 = kd0l4
2d3 . De m ˆeme, le moment exerc ´e par la particule An−1 sur
la particule Ansera
Mn−1,n(z)= λ0(θn−1−θn)+ λ1(θn−1−θn)3. (2.7)
En appliquant la relation fondamentale de la dynamique sur la particule au point An, de
moment d’inertie I, on aura dans la limite des faibles oscillations :
Id 2θ n dt2 = −Cθn− mgl(θn− θ3 n 6)+ λ0[θn+1+ θn−1− 2θn]+ λ1 h (θn+1−θn)3− (θn−θn−1)3i , (2.8) soit encore : d2θn dt2 = Cl(θn+1+ θ n − 1 − 2θn)+ Cnl h (θn+1−θn)3− (θn−θn−1)3 i −ω20(θn+ µθ3n), (2.9) avec Cl = λ0 I ; Cnl = λ1 I ; ω 2 0 = C+ mgl I ; µ= − mgl 6Iω20.
C’est une ´equation qui se ram `ene `a celle de Klein- Gordon anharmonique. Cl est le
coefficient d’interaction harmonique et Cnlest le coefficient d’interaction anharmonique.
L’ ´energie potentielle correspondant est :
Ep=
1 2C(θ
2
o `u θ0 est l’amplitude correspondant `a la position d’ ´equilibre. Nous remarquons que
l’ ´equation caract ´erisant la chaˆıne de pendules coupl ´es pr ´esente des interactions de type anharmonique avec pr ´esence des termes du substrat ind ´eformable, c’est `a dire que les interactions entre particules ont un caract `ere non lin ´eaire marqu ´e par l’importance rela-tive des param `etres λ0et λ1.
Nous allons aborder par la suite les syst `emes mol ´eculaires `a liaison hydrog `ene ca-ract ´eris ´es par des inteca-ractions semblables.
2.4/
L
E TRANSFERT DU PROTON DANS LES CHAINES MOLECULAIRES´
C’est la liaison hydrog `ene qui d ´etermine la structure d’un tr `es grand nombre de sub-stances cristallis ´ees, comme le cas de la glace qui pr ´esente une forme tr `es stable. Dans sa structure, chaque atome d’oxyg `ene se trouve au centre d’un t ´etra `edre r ´egulier dont les quatre autres sommets sont occup ´es par quatre atomes d’oxyg `ene. La glace doit sa stabilit ´e aux liaisons hydrog `ene ; `a chaque atome d’oxyg `ene correspond deux atomes d’hydrog `ene pour la formation de la mol ´ecule d’eau. Lorsqu’un champ ext ´erieur est ap-pliqu ´e sur la glace, un atome d’hydrog `ene se dissocie de sa mol ´ecule d’eau pour se transformer en un proton H+; et le proton se d ´eplace le long de l’axe O − H − O pour arriver `a une mol ´ecule d’eau voisine o `u il forme l’ion H3O+en laissant derri `ere lui un ion
OH−. Ensuite, l’hydrog `ene de l’ion H3O+ form ´e se dissocie `a l’arriv ´ee d’un autre proton
H+se d ´eplac¸ant de la m ˆeme fac¸on que le pr ´ec ´edent.
Le transfert du proton dans les syst `emes `a liaison hydrog `ene peut ˆetre repr ´esent ´e par une chaˆıne unidimensionnelle compos ´ee de deux sous - r ´eseaux coupl ´es o `u on distingue les interactions fortes et les interactions faibles [27, 28, 29, 30]. Parmi les interactions fortes, nous avons les interactions proton- proton. Un petit atome d’hydrog `ene (H) de masse m situ ´e entre deux grands atomes (X) de masse (M) peut se mouvoir entre deux positions d’ ´equilibre ´energ ´etiquement ´equivalentes. Le potentiel de substrat li ´e au pro-ton est celui d’un double puits qui a deux positions d’ ´equilibre stable s ´epar ´ees par une position d’ ´equilibre instable. Or il n’est pas facile de trouver une forme appropri ´ee de ce potentiel double puits. Dans la litt ´erature, nous pouvons citer le double - Morse, le double-sine-Gordon, etc. Ces potentiels poss `edent les caract ´eristiques de d ´ecrire le transfert de proton dans les liaisons hydrog `ene, ils prennent en compte les variations de la hauteur du potentiel double puits. Mais la position de ses minima ne permet pas d’obtenir facilement les solutions analytiques du syst `eme.
Le potentiel le mieux adapt ´e est le potentiel φ4. Il est d ´efini comme suit :
V(θ)= V0 1 − θ2 n θ2 0 2 . (2.11)
Le d ´eplacement du n`emeproton par rapport au centre de la paire d’ions lourds est θn. V0
est la barri `ere de potentiel et 2θ0est la distance entre les deux minima du potentiel double
puits. Le potentiel d’interaction interparticulaire est de la forme anharmonique du fait du changement de d ´eplacement des atomes lourds r ´esultant de la vibration des protons et des interactions entre protons voisins. Il est d ´efini par la relation :
Vint= X n " 1 2mC 2 0(θn+1−θn) 2+ 1 4mCα(θn+1−θn) 4 # , (2.12)
o `u Cα est le param `etre qui contr ˆole l’anharmonicit ´e entre les protons voisins et θn
repr ´esente le d ´eplacement du n`eme proton entre la paire d’ions lourds de masse (M) qui l’entourent. Le dernier terme de cette ´equation est l’interaction anharmonique. En tenant compte de l’ ´energie cin ´etique du r ´eseau de protons, l’Hamiltonien du r ´eseau s’ ´ecrit :
H =X n 1 2m dθ dt !2 + V(θn)+ 1 2mC 2 0(θn+1−θn) 2+ 1 4mCα(θn+1−θn) 4 . (2.13)
L’expression de l’Hamiltonien montre l’anharmonicit ´e des interactions intermol ´eculaires et la pr ´esence du potentiel de substrat dans ce syst `eme de mol ´ecules `a liaison hydrog `ene. L’ ´equation qui caract ´erise ce syst `eme est analogue `a la Chaˆıne pr ´ec ´edente (H 2.3.). Ce sont des syst `emes m ´ecaniques non lin ´eaires. Nous allons examiner le cas des syst `emes constitu ´es de lignes ´electriques dans le but de mieux appr ´ecier le comportement de la propagation d’un signal ´electrique.
2.5/
L
IGNE ELECTRIQUE NON LIN´
EAIRE´
Soit une ligne ´electrique non lin ´eaire dont la capacit ´e d ´epend de la tension.
FIGURE2.5 – Ligne ´electrique nonlin ´eaire Nous avons C(V)= C0 1 − 2a1V+ 3a2V2+ − − − (2.14) Si les amplitudes des tensions appliqu ´ees sont faibles, nous aurons :
C(V) ' C0(1 − 2a1V) (2.15)
dQn= C (Vn) dVn
et en int ´egrant , nous obtenons
Qn= C0
Vn− a1Vn2
(2.16) L’ ´equation r ´egissant la ligne de transmission non lin ´eaire s’ ´etablit ainsi :
d2Vn(x, t) dt2 = −ω 2 0V(x, t) − u 2 0(2Vn− Vn−1+ Vn+1)+ a1 d2Vn2 dt2 (2.17)
Dans cette ´equation, les premiers termes au second membre repr ´esentent la dispersion et le dernier la nonlin ´earit ´e. Ces deux effets se compensent pour donner naissance `a une onde appel ´ee ”soliton”. En cherchant une ´eventuelle solution sous la forme d’une onde plane monochromatique :
Vn(t)= V0exp j(kn − ωt)+ c.c, (2.18)
o `u c.c repr ´esente le complexe conjugu ´e du terme pr ´ec ´edent, la relation de dispersion lin ´eaire reliant ω et k est donn ´ee par ;
ω2 = ω2 0+ 4u 2 0sin 2 k 2, (2.19)
tandis que les termes non lin ´eaires ont pour effet de modifier cette relation de dispersion.
2.6/
C
ONCLUSIONNous avons pr ´esent ´e quelques syst `emes physiques non lin ´eaires repr ´esentant un neu-rone my ´elinis ´e, une chaˆıne de pendules coupl ´es, une chaˆıne mol ´eculaire `a liaison hy-drog `ene. A chaque fois, l’ ´etude du mod `ele conduit `a une ´equation de type propagation ou diffusion, avec de la dispersion et de la nonlin ´earit ´e.
L’objectif de la th `ese est d’am ´eliorer les connaissances sur un neurone my ´elinis ´e, et notamment les propri ´et ´es de transmission d’ondes `a travers un r ´eseau `a caract ´eristiques p ´eriodiques (les nœuds de Ranvier sont p ´eriodiquement espac ´es).
Dans l’ ´etude de la transmission de l’information d’un neurone `a l’autre sous la forme de salves de potentiels d’action, on sait [4] que ces derniers communiquent principa-lement entre eux par l’interm ´ediaire d’interactions synaptiques chimiques et ´electriques provoquant les modifications de l’activit ´e d’une cellule `a l’autre. Consid ´erant un neurone sous une forme ´epur ´ee telle que seule son activit ´e ´electrique soit prise en compte, nous sommes amen ´es `a la notion de neurone ponctuel. Du point de vue de la mod ´elisation, la communication inter-neuronale r `egle la r ´eponse d’un neurone en fonction des messages d’informations qu’il rec¸oit, c’est `a dire que la dynamique peut ˆetre caract ´eris ´ee par des salves successives d’impulsions. Nous reparlerons des diff ´erents types de mod `eles de neurones dans le chapitre V.
Nous avons ensuite pr ´esent ´e la chaˆıne de pendules coupl ´es. Cette chaˆıne, utilis ´ee en d ´emonstration de cours au niveau master pour pr ´esenter une exp ´erience exotique illus-trant les effets non lin ´eaires, a surtout comme int ´er ˆet de mettre l’accent sur le fait que consid ´erer des interactions uniquement harmoniques (Cnl = 0) est insuffisant pour bien
d ´ecrire le comportement du syst `eme. C’est donc une justification de la suite de notre travail o `u nous consid `ererons les interactions sous une forme anharmonique.
L’utilisation du mod `eleΦ4pour d ´ecrire le type de potentiel d’interaction dans une chaˆıne
mol ´eculaire `a liaison hydrog `ene renforce encore notre d ´emonstration tendant `a critiquer l’utilisation de couplage uniquement harmonique. Ici encore, il est primordial de tenir compte de l’anharmonicit ´e par le terme en Cαdans (2.13).
Enfin, nous avons rappel ´e l’universalit ´e de la mod ´elisation analogique de tout syst `eme de transmission par une ligne de transmission.
En am ´eliorant encore ce mod `ele par la prise en compte dans un premier temps, d’une nonlin ´earit ´e plus forte, c’est `a dire beaucoup plus complexe, et ensuite en tenant compte des diff ´erentes variations des forces ext ´erieures, nous pensons obtenir de meilleurs r ´esultats et ˆetre capables de mieux expliquer ou d’apporter des explications `a certains ph ´enom `enes qui jusqu’ici n’ ´etaient pas bien pris en compte ou interpr ´et ´es.
M
OD
ELE TH
`
EORIQUE
´
3.1/
I
NTRODUCTIONLa particularit ´e et l’originalit ´e d’un bon mod `ele physique r ´eside tant dans sa simplicit ´e que dans son universalit ´e. Bien que crucial dans la description et la compr ´ehension d’une grande vari ´et ´e de ph ´enom `enes physiques r ´eels, les mod `eles dits universels sont tr `es rares, d’o `u l’importance de la mod ´elisation dans la compr ´ehension des ph ´enom `enes na-turels et/ou li ´es `a la vie. Ces mod `eles universels sont notamment de tr `es grande valeur ´educative. Un exemple de tels mod `eles non lin ´eaires est celui de Klein-Gordon (NKG) [31, 32]. Le mod `ele NKG est devenu tr `es populaire dans de nombreux domaines de la physique et de la vie. Le mod `ele standard NKG d ´ecrit une chaˆıne d’atomes coupl ´es et soumis `a un potentiel p ´eriodique externe. Son Hamiltonien est donn ´e par la relation :
H = T + U. (3.1)
T et U sont respectivement les ´energies cin ´etique et potentielle. U est constitu ´e du po-tentiel externe le long de la chaˆıne encore appel ´e popo-tentiel de substrat et not ´e ici Ue, ainsi
que des interactions interparticulaires de forme g ´en ´erale Uc.
Puisqu’il a ´et ´e montr ´e que, dans les syst `emes physiques r ´eels, la forme du substrat s’ ´ecarte toujours des formes sinuso¨ıdales ou quasi-rigides trop souvent utilis ´ees, af-fectant fortement ainsi les propri ´et ´es dynamiques du syst `eme, le mod `ele que nous pr ´esenterons ici g ´en ´eralisera les mod `eles NKG classiques, avec un potentiel de sub-strat dont la forme non lin ´eaire s’adapte `a divers types d’interaction et aux diff ´erents degr ´es de libert ´e. Pour cela, nous utilisons les potentiels de Peyrard et Remoissenet (PR) [13, 14, 15, 24, 33], Ue(xn, σ) = U0W (xn, σ) = U0 tan2 πx n a σ2+ tan2πxn a , (3.2)
o `u σ est le param `etre qui module la forme du substrat (encore appel ´e param `etre de d ´eformabilit ´e) et est pris dans l’intervalle [0;+∞[. Il est li´e au coefficient s introduit par Peyrard et Remoissenet par σ = (1 + s) / (1 − s). A σ = 1, le potentiel Ue(xn, σ) a une
forme sinuso¨ıdale, alors que pour σ > 1, les puits sont larges et s ´epar ´es par des barri `eres de potentiel ´etroites et que, pour σ < 1, les puits sont ´etroits et s ´epar ´es par des barri `eres larges avec des flancs `a pente limit ´ee (voir Fig. 3.1). a est la p ´eriode spatiale du potentiel du substrat, alors que le param `etre U0 contr ˆole ou ajuste la profondeur des barri `eres
´energ ´etiques de ce potentiel (U0 peut par exemple repr ´esenter l’ ´energie d’activation lors de la diffusion d’un adatom isol ´e dans un adsystem). xn(t) d ´esigne la position de la cellule
du site n avec une signification qui d ´epend du syst `eme physique consid ´er ´e.
0 a 2a x n 0 0.5 1 1.5 2 U e (x n ) = 0.05 = 0.5 = 1 = 1.85 = 12
FIGURE3.1 – Repr ´esentation du potentiel de substrat Ue(xn) pour diff ´erentes valeurs du
param `etre de d ´eformabilit ´e σ et pour U0= 2.
La mod ´elisation du potentiel d’interaction Uc(xn) de la ni `eme particule a eu un impact
consid ´erable et crucial lors des premi `eres ´etudes sur la dynamique des r ´eseaux non lin ´eaires. Elle a montr ´e l’existence de diff ´erents types d’excitations solitoniques et a r ´evolutionn ´e la science [11, 16, 17, 20, 23, 34, 35, 36, 37]. Ensuite, les recherches ont essay ´e dans un premier temps de d ´eterminer les possibilit ´es et conditions d’existence de ces nouveaux types d’excitations dans les chaˆınes m ´ecaniques, et d’autre part de d ´eterminer leurs propri ´et ´es dynamiques. Ces ´etudes ont ´et ´e d’une importance capitale car leur extension `a des travaux de recherches dans plusieurs autres domaines comme celui de l’optique, la biophysique, de l’imagerie ultra sonore pour agents de contraste [32], ... d ´epend fortement de la qualit ´e des r ´esultats obtenus dans les chaˆınes m ´ecaniques. Avec des r ´esultats assez probants, la plupart des travaux se sont concentr ´es sur des mod `eles avec des formes simples de potentiel interatomique Uc(xn) entre proches
voi-sins, alors qu’ils essayaient de d ´ecrire ou de comprendre des ph ´enom `enes r ´ealistes et donc tr `es complexes. Il est pourtant bien connu que de nombreuses propri ´et ´es phy-siques des syst `emes r ´eels sont directement li ´ees aux effets non lin ´eaires dus aux inter-actions anharmoniques. Les potentiels anharmoniques r ´ealistes, comme ceux de Toda, Born-Mayer, Coulomb, Lennard-Jones et Morse [11, 12, 16, 20, 34, 38, 39], poss `edent une forte non lin ´earit ´e cubique dans leurs d ´eveloppements en s ´erie de Taylor autour de la position d’ ´equilibre. Il devient donc n ´ecessaire de consid ´erer les excitations non-lin ´eaires dans le r ´eseau avec des anharmonicit ´es pouss ´ees. Pour cela, dans cette th `ese, nous ´etablissons un lien avec le d ´eveloppement de Taylor du potentiel Uc(xn) autour
de la position d’ ´equilibre (xn = 0) en une s´erie de puissances des d´eplacements
jus-qu’au quatri `eme ordre. On obtient ainsi un potentiel de type k2 − k3 − k4 approximatif
[20, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46] d ´efini pour le ni `emesite n par :
Uc(xn)= 1 2k2(xn− xn−1) 2+ 1 3k3(xn− xn−1) 3+ 1 4k4(xn− xn−1) 4 (3.3)
cou-plage harmonique, cubique et quartique, respectivement. Il a ´et ´e d ´emontr ´e que l’inclu-sion de l’anharmonicit ´e dans l’ ´etude des mod `eles de r ´eseaux peut produire des effets nouveaux qualitativement et quantitativement [40, 41, 42, 43, 47, 27, 7]. Par ailleurs, du-rant ces derni `eres d ´ecennies, un int ´er ˆet pour les excitations localis ´ees dans les r ´eseaux non lin ´eaires a ´et ´e renouvel ´e gr ˆace `a l’identification de nouveaux types de modes loca-lis ´es anharmoniques. Par cons ´equent, une grande attention a ´et ´e port ´ee aux solitons de gap dans les r ´eseaux nonlin ´eaires. Dus aux effets de nonlin ´earit ´e, les modes de soli-tons de gap peuvent apparaˆıtre sous forme d’excitations localis ´ees avec une fr ´equence de vibration situ ´ee en dehors des bandes permises du spectre lin ´eaire. Comme ces so-litons de gap apparaissent dans des r ´eseaux atomiques parfaits avec une sym ´etrie de translation discr `ete, ils ont ´et ´e baptis ´es ”anharmonic gap mode” ou ”intrinsic gap mode” [48, 49, 40, 46]. L’Hamiltonien d ´efini dans l’ ´equation (3.1) o `u
U(xn)= Ue(xn, σ) + Uc(xn), (3.4) devient H= A P n 1 2 dΘn dt !2 + " 1 2G2(Θn−Θn−1) 2+ 1 3G3(Θn−Θn−1) 3+ 1 4G4(Θn−Θn−1) 4 # + ω2 0W (Θn, σ)o , (3.5)
o `uΘn= 2πxn/a est le d´eplacement adimensionn´e de la particule, Gi = ki/m (i= 2, 3, 4),
tandis que A = m(a/2π)2. Les param `etres G
2 et ω0 sont respectivement la vitesse et
la fr ´equence caract ´eristique du syst `eme, avec ω20 = 4π2U0/ma2 et m, la masse de la particule en mouvement.
Dans la plupart des cas, cette ´equation (3.5) peut conduire `a plusieurs versions ´etendues ou modifi ´ees de la tr `es c ´el `ebre ´equation non lin ´eaire de Schr ¨odinger (S NL) avec plusieurs termes suppl ´ementaires, expliquant les d ´ependances spatiales et/ou temporelles des co-efficients non lin ´eaires qui s’identifient essentiellement `a quelques mod `eles particuliers et bien pr ´ecis. En utilisant des approximations telle que la ”rotating wave approximation” combin ´ees aux simulations num ´eriques, Kiselev et al. ont montr ´e l’inexistence des modes localis ´es intrins `eques, tandis qu’un mode optique non lin ´eaire au seuil de la fr ´equence de coupure basse peut ˆetre consid ´er ´e comme une caract ´eristique g ´en ´erale des r ´eseaux non lin ´eaires avec des interactions de type cubique-quartique [50, 51, 52, 53]. De plus, il a ´et ´e d ´emontr ´e num ´eriquement que, pour de tels mod `eles, il existe des seuils critiques pour les param `etres non lin ´eaires au-dessus desquels les modes optiques disparaissent. Cela rev ˆet une importance particuli `ere car le seuil num ´erique permet de d ´efinir l’existence ou non de modes localis ´es.
Cependant, pour un syst `eme physique r ´eel, il serait tr `es int ´eressant de d ´eterminer analy-tiquement les modes localis ´es car cela permettrait une interpr ´etation plus fine et ´etendue de la dynamique de tels syst `emes. G ´en ´eralement apr `es une mod ´elisation, on arrive tr `es souvent `a des mod `eles math ´ematiques et la principale difficult ´e est d’ ˆetre capable d’in-terpr ´eter l’apport de chaque param `etre (repr ´esentant chacun une grandeur physique, un ph ´enom `ene, une action, ou de mani `ere g ´en ´erale, ayant une signification physique) de l’ ´equation sur le ph ´enom `ene `a ´etudier. Alors il existe plusieurs m ´ethodes th ´eoriques pour ´etudier l’existence ou la naissance des excitations localis ´ees non lin ´eaires dans
les mod `eles. Mais c’est plus rare d’en trouver une qui met en exergue l’apport et l’im-pact de chaque param `etre de l’ ´equation issue du mod `ele r ´eel. M ˆeme lorsqu’on les utilise sous forme modifi ´ee, en g ´en ´eralisant des interactions anharmoniques de type cubique-quartique, on ne les ´etudie que pour des valeurs sp ´ecifiques et bien pr ´ecises de ces param `etres. Pourtant ces coefficients ou param `etres, en fonction du mod `ele physique consid ´er ´e et de la finesse du d ´eveloppement asymptotique du potentiel Uc, peuvent
prendre n’importe quelle valeur [12, 16, 21, 48, 40, 41, 54, 55, 7]. Une l ´eg `ere modifica-tion de ces param `etres peut provoquer un changement qualitatif ou topologique soudain du comportement dynamique du syst `eme [12, 21, 48, 41, 55, 7]. Il devient non seule-ment tr `es important d’ ´etudier le comporteseule-ment des solutions pour les mod `eles d ´ecrits math ´ematiquement, mais aussi d’explorer comment ces r ´esultats sont modul ´es par l’an-harmonicit ´e. Afin de traiter efficacement cette cruciale et importante question, la th ´eorie ou technique de bifurcation repr ´esente de loin, le meilleur outil `a prendre en compte [12, 21, 22, 48, 41, 55, 56, 57, 7]. `A cette fin, le paragraphe suivant sera consacr ´e `a la pr ´esentation de l’ ´equation discr `ete g ´en ´erale. Dans la limite des faibles amplitudes et pour des petits d ´eplacements, nous d ´eduirons la relation de dispersion non lin ´eaire, r ´eduisant les ´equations de base du mouvement `a une ´equation non lin ´eaire ´etendue de Schr ¨odin-ger (ENLS ).
3.2/
L
ES EQUATIONS DU MOUVEMENT´
En se limitant `a des oscillations de faible et moyenne amplitude, c’est- `a-dire pour Θn →
(θ0+ εθn), o `u ε 1 et θ0 = 0 (mod.2π) est l’´etat fondamental ou le minimum du potentiel
autour duquel les oscillations se produiront en donnant l’ ´equation du mouvement de la ni `eme particule, nous avons :
d2θn dt2 = G2(θn+1+ θn−1− 2θn)+ G3 h (θn+1−θn)2−(θn−θn−1)2 i +G4 h (θn+1−θn)3−(θn−θn−1)3 i −ω020(σ)hθn+ εα(σ)θ2n+ ε2β(σ)θ3ni . (3.6)
Cette ´equation se d ´eduit directement de l’hamiltonien (3.5) par d ´erivation temporelle. Il faut noter qu’avec le potentiel PR, ω020 = ω20/2σ2, tandis que α(σ) = 0. En plus, β(σ) =
2σ2− 3.6σ2d ´epend fortement de la d ´eformabilit ´e σ et peut ˆetre positif ou n ´egatif. Malgr ´e les diff ´erences d’origine majeures pouvant exister dans les mod `eles initiaux, l’ ´equation (3.6) g ´en ´eralise les r ´esultats pr ´ec ´edemment ´etablis dans l’ADN [5, 13, 22], dans des r ´eseaux discrets non lin ´eaires caract ´eris ´es par les potentiels d ´eformables et des interactions non lin ´eaires et dispersives [38, 42, 43], dans le r ´eseau de Fermi-Pasta-Ulam (FPU) [34], lors de la diffusion des ondes par les inhomog ´en ´eit ´es statiques loca-lis ´ees ou par des potentiels g ´en ´eriques d ´ependant du temps [44, 45], et bien d’autres. Nous nous limitons maintenant au couplage faiblement non lin ´eaire. Il est bien connu que l’ ´equation NLS obtenue `a partir de cette approximation donne lieu `a deux types de solutions localis ´ees dans un milieu infiniment long. Pour un milieu fini, des ondes stationnaires sont attendues et la transmissivit ´e peut bien ˆetre caract ´eris ´ee. Afin d’inclure les effets de l’anharmonicit ´e et de la discr ´etisation du syst `eme, nous utilisons la m ´ethode des ´echelles de temps multiples associ ´ee `a une approximation quasidiscr `ete apport ´ee par Tsurui [58, 59, 60, 61]. Ainsi, on d ´efinit
θn(t)= A (X, τ)ejϕn + c.c., (3.7)
o `u c.c. d ´esigne le complexe conjugu ´e, X= ε(n − vgt) et τ= ε2t. vg est la vitesse de groupe
associ ´ee au paquet d’onde : vg = dω/dk. La variable “ rapide ” ϕn= kpn − ωpt, repr ´esentant
la phase de l’onde porteuse est consid ´er ´ee comme compl `etement discr `ete. Notons que, dans ces conditions, tous les termes du param `etre G3 disparaissent en raison de la
pa-rit ´e de l’ ´equation (3.6). Une autre solution consisterait `a prendre un terme DC et une seconde harmonique en ω comme dans [28, 62, 63, 64, 65], mais ils seront n ´egligeables en premi `ere approximation et ne seront pas consid ´er ´es dans cette ´etude. Le nombre d’onde kpet la pulsation de l’onde porteuse ωpsont li ´es par la relation de dispersion non
lin ´eaire, ω2 p = ω 02 0+ 4G2sin2 kp 2 ! + 48G4sin4 kp 2 ! |A|2. (3.8) 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 k p 0 5 10 15 p G 4 = 0; A = 0; = 1 G4 = 4; A = 1; = 1 G4 = 0; A = 1; = 0.1 G 4 = 0; A = 1; = 12
FIGURE3.2 – Courbes de dispersion d’un syst `eme NKG ayant pour param `etres ω0 = 1,
G2= 2, et pour diff´erentes valeurs de G4, |A| et σ.
Dans l’approximation lin ´eaire, la relation (3.8) se r ´eduit `a la relation de dispersion lin ´eaire classique avec un gap inf ´erieur fini : 0 < ωp< ω00, (k= 0) et un gap sup´erieur semi-infini :
ω > qω02
0+ 4G2, (kp = π). La relation de dispersion non lin´eaire ωp = f
kp, |A|2
montre que la fr ´equence de coupure haute est modifi ´ee lorsque |A| croˆıt (voir Fig. 3.2).
En substituant la relation (3.7) dans l’Eq(3.6), on constate que la partie enveloppe ob ´eit `a une nouvelle ´Equation Non Lin ´eaire de Schr ¨odinger ´Etendue(ENLSE) :
j∂A ∂τ +P ∂2A ∂X2 + Q(σ)|A| 2A= jc 1|A|2 ∂A ∂X +c2 ∂A ∂X !2 A∗+ (c2+ c3) |A|2 ∂2A ∂X2 ! + c3 A2 ∂2A∗ ∂X2 + 2A ∂A ∂X ∂A∗ ∂X ! , (3.9)
o `u P = 1 2ωp G2cos k − v2g , Q(σ) = 3 2ωp h 2G4(8 cos k − 2 cos 2k − 6) − ω020β (σ) i
sont respectivement la dispersion de la vitesse de groupe et le coefficient non lin ´eaire. Les param `etres ci (i = 1, 2, 3) r´esultent des interactions interparticulaires
quadratique-quartique, d ´ecrivent l’extension non lin ´eaire de l’ ´equation de Schr ¨odinger non lin ´eaire et sont d ´efinis comme suit :
c1 = 6G4 ωp sin 2kp− 2 sin kp , c2 = 3G4 ωp cos 2kp− cos kp , c3 = 3G4 ωp 1 − cos kp ·
L’ ´equation (3.9) est l’ ´equation principale et directrice de notre travail. Malgr ´e le fait qu’elle soit issue de la mod ´elisation d’un syst `eme atomique, cette ´equation g ´en ´eralise les r ´esultats pr ´ec ´edemment ´etablis dans l’ADN [2, 3, 5], dans les fibres optiques [18, 66, 67], dans les nanocomposites en m ´etal-di ´electrique [37, 68], dans des r ´eseaux discrets non lin ´eaires [38, 39, 42, 43], dans la diffusion des ondes par des inhomog ´en ´eit ´es statiques localis ´ees ou par des potentiels g ´en ´eriques d ´ependant du temps [69, 70, 44, 45], parmi bien d’autres possibilit ´es.
3.3/
B
IFURCATIONS ET SOLUTIONS DE L’ENLSE
3.3.1/ DYNAMIQUE DES SOLITONS DE GAP3.3.1.1/ E´QUATION D’ ´EVOLUTION
Dans ce paragraphe, nous ne consid ´ererons que le comportement dynamique du syst `eme pr `es de la zone de gap, en particulier au gap inf ´erieur (kp, ωp) = (0, ω00). Dans
ces conditions, la vitesse de groupe est nulle et l’ ´equation non lin ´eaire modifi ´ee de Schr ¨odinger (3.9) se r ´eduit `a : j∂A ∂τ +P ∂2A ∂X2 + Q|A| 2A= −P 12 ∂4A ∂X4 − − 3 2 G4 ωp " ∂2 A∗ ∂X2 !∂A ∂X +2 ∂2A ∂X2 !∂A∗ ∂X !∂A ∂X # , (3.10) avec P= G2/2ωpet Q(σ)= 1 8 3 − 2σ2 σ4 ω2 0 ωp .
L’ ´equation NLS (3.10) r ´egit la modulation d’un train d’ondes quasi-monochromatique dans le cas de syst `emes non lin ´eaires et dispersifs. L’int ´er ˆet particulier de cette ´equation est son int ´egrabilit ´e.
Pour certaines conditions aux limites, il a ´et ´e montr ´e que l’ ´equation NLS admet des so-lutions solitons. Lorsque le milieu non lin ´eaire est limit ´e ou born ´e, ses soso-lutions peuvent
ˆetre exprim ´ees en fonction des fonctions elliptiques de Jacobi [71, 72, 73, 74, 75, 76]. Dans ce cas, l’enveloppe est au repos dans l’espace puisque la vitesse de groupe vg
s’annule pour kp = 0, ce qui implique que le vecteur d’onde de la porteuse est au milieu
de la zone de Brillouin et ne peut de ce fait transporter de l’ ´energie. Maintenant, nous cherchons des fonctions enveloppe de la forme
A (X, τ)= ψ (X) e− jΩτ, (3.11)
o `uΩ est la fr´equence angulaire de l’enveloppe d´efinie par : Ω = ω − ω0
0. (3.12)
Ici ω0
0 est la fr ´equence de la porteuse et ω, celle de l’onde incidente qui p ´en `etre dans
le milieu non lin ´eaire. En restant dans l’hypoth `ese des faibles variations spatiales de l’enveloppe, Ω doit ˆetre tr`es petit compar´e `a ω et `a ωp, ainsi ω ≈ ωp. Par ailleurs,Ω est
n ´egatif pour ω < ω00, ce qui sera consid ´er ´e dans la suite. ψ (X) donne la forme spatiale de l’enveloppe. La substitution de l’enveloppe (3.11) dans l’ ´equation NLS (3.10) permet d’arriver `a l’ ´equation diff ´erentielle ordinaire suivante :
d2ψ dX2 P+ 9 2 G4 ω0 0 dψ dX !2 + Ωψ + Qψ 3= 0· (3.13)
Dans l’Eq. (3.13), nous n’avons conserv ´e que les termes dominants en G2 (repr ´esent ´e
par P) et les termes dominants en G4(termes non lin ´eaires d’ordre ψ3). Cette hypoth `ese
consiste `a n ´egliger la d ´eriv ´ee du quatri `eme ordre de la variable spatiale X, qui est tr `es petite compar ´ee aux d ´eriv ´ees d’ordre deux. Ceci reste dans le m ˆeme esprit que Dusuel et al. dans leurs travaux de 1998 [41].
Cette ´equation (3.13) peut mieux ˆetre ´etudi ´ee dans le plan de phase ψ, y = dψ dX !
et peut `a cet effet ˆetre r ´e ´ecrite de la mani `ere suivante :
dψ dX = y, dy dX = c1ψ(c2−ψ2) c3− y2 , (3.14) avec c1 = 1 36 2σ2− 3 ω20 G4σ4 , c2 = 8Ωσ4 2σ2− 3ω 0 , c3 = − 1 9 G2 G4·
Nous constatons que les param `etres (c1, c2, c3) d ´ependent fortement des variations de
la forme du substrat caract ´eris ´ee par le param `etre σ et/ou de l’anharmonicit ´e des inter-actions inter particulaires via le param `etre G4. D’un point de vue math ´ematique, on sait
qu’un tel syst `eme non lin ´eaire peut se comporter de mani `ere inattendue. Par exemple il serait possible que les solutions puissent pr ´esenter de brutales modifications. En faisant
varier la valeur des param `etres de ce syst `eme, la forme de la solution peut changer brus-quement ; plusieurs solutions peuvent apparaˆıtre ou disparaˆıtre, perdre ou gagner de la stabilit ´e, etc. ... On parle alors de bifurcation. Il est admis que le cadre math ´ematique le plus adapt ´e `a l’ ´etude de ces syst `emes dynamiques est la th ´eorie des bifurcations. D’o `u l’importance des param `etres (c1, c2, c3)pour l’ ´etude de l’ ´equation diff ´erentielle (3.13).
Jus-qu’ici dans la litt ´erature [12, 38, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 55, 56, 7, 77, 68], uniquement cer-taines valeurs pr ´ecises et certains signes des param `etres c1, c2, c3 ont ´et ´e utilis ´es. C’est vrai que la connaissance d’un r ´egime permanent pour une valeur de ces param `etres c1,
c2, c3 est int ´eressante pour celui qui d ´esire ´etudier le syst `eme, mais cela reste
insuffi-sant. Une vision globale sur l’apparition de ph ´enom `enes exotiques pour l’ensemble des valeurs possibles des param `etres s’impose, ce qui permet d’obtenir une connaissance synth ´etique des comportements possibles du syst `eme et de leurs domaines d’occur-rence. C’est gr ˆace `a la th ´eorie des bifurcations qu’il est possible d’avoir une telle vision. Si c3 > 0, le syst`eme (3.14) est un syst`eme d’ondes progressives singulier de deuxi`eme
classe d ´ependant du groupe de param `etres (c1, c2, c3) [56, 7, 78]. Il a deux droites
sin-guli `eres d ´efinies par les ´equations y = ±yl, avec yl =
√
c3. En utilisant la transformation
dX = (c3− y2)dξ, le syst `eme (3.14) devient le syst `eme r ´egulier associ ´e et d ´efini comme :
dψ dξ = y(c3− y 2), dy dξ = c1ψ c2−ψ2· (3.15)
Les systemes (3.14) et (3.15) ont la m ˆeme int ´egrale premi `ere :
H (ψ, y)= 1 2c3y 2− 1 2c1c2ψ 2+1 4c1ψ 4− 1 4y 4 = h, (3.16)
o `u h est une constante. Notons tout de m ˆeme que les syst `emes (3.14) et (3.15) sont impairs en y et ψ. Ainsi, tous les portraits de phase pr ´esentent une double sym ´etrie, ce qui permet de r ´eduire l’analyse `a (ψ ≥ 0, y ≥ 0). Lorsque σ ∈ i0, √3/2havecΩ < 0, c’est `a dire pour c2 > 0 et c3 > 0, alors le syst`eme (3.15) a neuf points d’´equilibre : l’origine O(0, 0), les points M1±±√c2, 0
, M±20, ±√c3 , M±3 −√c2, ± √ c3 , et M4±√c2, ± √ c3 . Quand c2 = 0 et c3 , 0, ou c2 , 0 et c3 = 0, le syst`eme (3.15) n’a plus que trois points
d’ ´equilibre puisque les points M±20, ±√c3, M3±−√c2, ±√c3, et M±4√c2, ±√c3sont respectivement confondus avec les autres points d’ ´equilibre du syst `eme (3.14).
Soit M(ψl, yl), la matrice Jacobienne du syst `eme (3.15) aux points d’ ´equilibre (ψl, yl) ayant
pour d ´eterminant J (ψl, yl). Nous aurons :
J(0, 0) = detM(0, 0) = −c1c2c3, J(0, ±√c2) = detM(0, ± √ c2)= J(± √ c2, 0) = 2c1c2c3, J(±√c2, ±√c3) = detM(±√c2, ±√c3)= −4c1c2c3.
La th ´eorie des syst `emes dynamiques dans le plan de phase donne les r ´esultats suivants pour un point d’ ´equilibre du syst `eme :