S ORLIN
G ERGONNE
Trigonométrie. Recherches de trigonométrie sphérique
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 15 (1824-1825), p. 273-304
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273
TRIGONOMÉTRIE.
Recherches de trigonométrie sphérique ;
Par M. SORLIN , professeur
dessciences physiques
aucollège royal
deTournon, membre de plusieurs sociétés
savantes et
littéraires.
par M. GERGONNE.)
FORMULES TRIGONOMÉTRIQUES.
LE mémoire ,
fortétendu ,
que nous nousproposons
ici de faireconnaître par
extrait ,
a étéprésenté ,
enI8I9,
à l’académieroyale
des sciences de
Paris, qui,
dans sa séance du .22 février mêmeannée ,
sur laproposition
de MM.Legendre
etDelambre,
com-rnissaires,,
l’a déclarédigne
d’être inséré dans la collection des Savansétrangers. C’est ,
comme on va levoir,
un recueil de for-mules de
trigonométrie sphérique ,
dérivées les unes des autres dela manière la
plus simple
et laplus symétrique.
§.
LFormules
préliminaires.
En
représentant
par u et p deux arcs ouangles quelconques,
ona , comme l’on
sait,
lesquatre
formulesTom.
XV,
n.°IX,
I.er mars I825.37
274
FORMULESSi l’on suppose v=u, ces formules donneront
Si l’on
prend
tour-à-tour la somme et la différence deséquations (i)
et(2),
ainsi que la somme et la différence deséquations (3)
et (4),
en posant, pourabréger , u+v=x,
u-v=y, on trouverad’ou ?
enchangeant y eu I 2
03C9-y,(*)
Voyez
, pour la démonstration laplus simple
et laplus générale
deces théorèmes, la page 3I3 du XI.e volume du présent recueil.
T R I G O N O M É T R I Q U E S 275
Si, dans
chacune de ces huit dernièresfurmules ,
onchange
tour-à-tour y en
y+z
et en y-z, enfaisant ,
pourabréger,
il en
résultera
seize autres ,desquelles rejetant les quatre qui
n’offrentaucune
symétrie,
il restera les douze suivantes :276
FORMULESEn combinant entre elles les douze dernières
formules ,
soitpar voie de
multiplication ,
soit par voie dedivision,
on en ob-tiendrait une multitude
d’autres , plus
ou inoinsutiles,
etauxquelles
comme à
celles-là,
le calcul parlogarithmes
serait facilementapplicable.
Parmi cesformules,
nous nesignalerons
que les huitsuivantes,
surlesquelles
nous aurons besoin de nous appuyerplus
loin.
L’inspection de leurs
seconds membresindique
assez commentelles ont été déduites des douze
qui précèdent ,
enayant égard
àla formule
(6),
Ces formules sont
susceptibles
desimplifications plus
ou moinsnotables, lorsque
la somme dès trois arcs ouangles
x, y, z est de l’une de .ces trois formesI 2n03C9,
n03C9, 2n03C9.TRIGONOMË TRIQUE S.
277§. I
I.Résolution des
triangles sphériques.
Soient x, y, z les trois côtés d’un
triangle rectiligne
etX,
Y,
Z lesangles respectivement opposés.
Enexprimant
quechaque
côté est
égal
à la somme desprojections
des deux autres sur sadirection,
on aura les troiséquations
Prenant la somme des
produits respectifs
de ces troiséquations
par -x,
+y,
+z, transposant etréduisant,
on auraSoient
présentement a, b, c
les trois cotés d’untriangle sphé- rique ,
étA , B,
C lesangles respectivement opposés.
Par lesommet A
soient menées aux côtés b et c destangentes
rencon-trant en G et H les
prolongemens
des rayons menés du centre 0 dela sphère
aux sommets B et C. Les d-euxtriangles rectilignes
GOH et
GAH
donneront(38)
d’où,
en retranchant etsimplifiant ,
ou encore
278 FORMULES
c’est-à-dire ,
ou
enfin,
enmultipliant
parCos.bCos.c ,
Par un
point pris
arbitrairement dans l’intérieur del’angle
trièdre forme par les
plans
des trois côtés dutriangle,
et dont lesommet est
conséquamment
au centre de lasphère,
abaissons desperpendiculaires
sur les trois faces de cetargle triedre ,
et consi-dérons ces
perpendiculaires
comme tes trois antes d’un nouvelangle
triedre. Il est aisé de voir que les arêtes du
premier
seront per-pendiculaires
auxplans
de faces decolui-ci,
d’où il suit que lesangles
dièdres de chacun seront lessupplémens des angles plans correspondans
de l’autre. etréciproquement ;
et voilàpourquoi
ondit que ces deux
angles
trièdres sontsupplementaires, réciproques
ou
conjugués l’un
de 1-’autre.Si donc
du
sommet du second comme centre onconçoit
unesphère,
les côtés dutriangle sphérique intercopté
seront03C9-A, 03C9-B, 03C9-C,
et lesangles respectivement opposés
03C9-a,03C9-b,
03C9-c; on doit donc avoir
(i)
c’est-à-dire,
Les formules
(i)
et(I)
en donnent chacune deux autresqu’on
TRIGONOMÉTRIOUES.
279en déduit en
changeant
continuellement a et Aen b et B, B et b en
cet
C, c
et C en a etA,
comme si l’on tournait sur lacirconférence
d’uncercle,
ou seraient écrites de suite leslettres a, b, c
oules lettres
A,
B, C.Au moyen de cette remarque, la formule
(1)
donned’où,
enaj outant
etretranchant, tour-à-tour,
etdécomposant,
multipliant
ces deux dernièreséquations
membre àmembre ,
etsimplifiant,
on auraeu, en
transposant ,
ou enfin
En
extrayant
les racines des deux membres de cette dernièreéquation ,
on leveral’ambiguïté qui
naît des doublessignes
enremarquant
que, dans le casparticulier
oùb=c,
on doit avoir aussi B=C. Ontrouvera
ainsid’où ,
par lapermutation
deslettres ,
280 FORMULES
On
peut
tirer la même chose de la formule(I).
Elledonne ;
en effet,
d’où ,
enajoutant
et retranchantsuccessivement,
ce
qui donlle 1
enmultipliant
membre à membre etsimplifiant
,ou
bien ,
entransposant
ou encore
ce
qui donne par
l’extraction des racines et lapermutation
deslettres,
double
égalité qui
revient à celle que nous avons trouvéeplus
haut.
En éliminant Cos,b entre les deux
équations (39) ,
mettantpour
TRIGONOMÉTRIQUES.
28ISin.b, dans l’équation résultante,
sa valeur Sin.c.Sin.b Sin.C, réduisant,
divisant par Sin.a et chassant le
dénominateur,
il vientd’où,
en divisant par Sin.cSin.C ettransposant,
En éliminant Cos.B entre les deux
équations (40) ,
mettant pourSin.B,
dansl’équation résultante ,
sa. valeur Sin.CSin.b Sin.c,
rédui-sant, divisant par Sin.A et chassant le
dénominateur,
il vientd’où,
en divisant par Sin.CSin.c ettransposant,
Il est aisé de voir que les formules
(iii)
et(III) n’expriment qu’une
seule et mêmepropriété
dutriangle sphérique.
Chacuned’elles ,
par lapermutation
deslettres ,
est d’ailleurssusceptible
de trois formes différentes.
Les formules
(i, I) , (ii , II), (iii, III)
ne laissent rien à désirer pour la résolutionanalitique
destriangles sphériques ;
mais lesformules
(ii, II)
sont les seulesqui
seprêtent
commodément aucalcul par
logarithmes ;
cherchons-en donc d’autresqui jouissent
dumême
avantage ,
poursuppléer à
cellesqui
en sontprivées.
Posons.
Les formules
(5) , (i , 1) donnent
Tom. XV. 38
282
FORMULESd’où,
en vertu desformules (18) , (20), (2I), (22) ,
En
posant,
pourabréger ,
on tire encore de
là ,
au moyen de la formule(7),
TRIGONOMÉTRIQUES. 283
De ces dernières on
conclut,
à l’aide des formules(I, 2, 3, 4, 7)
dédoublant et
décomposant
les secondsmembres , à
l’aide des for- mules(8), (9), (10), (II),
on trouveraégalement,
soit par les deuxpremières ,
soit par les deuxdernières équations
284 SURFACES
on
reconnaît
là lesquatre
formules trouvées par MM. Gauss ètDelambre,
chacun de leur côté(*).
De ces
formules ,
onconclut ,
pardivision ,
Ce sont les
analogies
deNéper, qui complètent
la série des for- mules usuelles nécessaires pour la résolutionarithmétique
destriangles.
(*) Voyez , sur ce
sujet,
Theoria motûscorporum
tcelestium , etc. , de.GAUSS, page 5i , la Connaissance des temps pour I808, ou celle de I8I2, page 349 t ou la
grande
Astronomie de DELAMBRE , tome I , page 157, oul’Abrégé, pabe
110 , ou encore la page 35I du III.e volume du présent recueil.TRIGONOMETRIQUES. 285
§.
III.Recherche des sommes ou
différences d’angles
ou de côtés.La combinaison des formules
(4I)
avec les formules(v)
et(vi)
donne
c’est-à-dire,
La combinaison des formules
(42)
avec lesformules (V)
et(VI)
donne ensuitec’est-à-dire ,
Mais les formules
(viii, VIII)
donnent(7)
Tom. XV. 38 bis.
286 FORMULES
Introduisant ces valeurs dans les numérateurs des
quatre
dernièresformules,
elles deviendrontLes formules
(viii)
et(VIII),
divisés l’une parl’autre,
donnent(ii)
c’est-à-dire,
en introduisant tour-à-tour les valeurs de Sin.a et
Sin.A ,
tiréesde cette dernière
formule ,
dans les formules(xiii), (XIII), (xiv),
(XIV),
et ayantégard
à la formule(7),
ou trouveraT R I G O N O M É T R I Q U E S. 287
Si l’on
multiplie respectivement
cesquatre
valeurs par lesquatre
qui
lesprécèdent immédiatement,
on aura encoreLes
formules(ii, II)
reviennent(7) à
au moyen
desquelles
les formules(xiii), (XIII) , (xiv) , (XIV)
prenneilt
cette nouvelle forme288 FORMULES
En vertu des formules
(29)
et(3o)
les valeurs(vii) et (VII) petivent
être écrites ainsiEn transformant les cosinus
d’angles
en cosinus demoitiés
dansla
première
et en sinus de moitiés dans laseconde p à
l’aide des formules(5),
on trouveraou encore
Cela posé,
on a, par les formules(xvii)
et(XVII),
T R I G O N O M É T R I Q U E S. 289
à l’aide des formules
(xxvii)
et(XXVII),
ces dernières deviendrontOn
,
par les formules(xviii)
et(XVIII),
à l’aide des formules
(xxviii)
et(XXVIII),
ces dernières deviendrontLa
comparaison
des formules(xvii) , (XVII), (xviii), (XXIII)
aux formules
(xxix) , (XXIX), (xxx), (XXX),
donne encoreTom. Xv.
39
290 F O R M U L E S
En formant les
expressions analogues ,
relatives às-b,
s-c,S-B, S-C,
on en concluraPar les formules
(5)
et par la formule(xxix),
on acomparant ces formules aux formules
(34)
et(35) ,
on pourra leur donner cette formed’où encore
TRIGONOMÉTRIQUES.
29IPar les mêmes formules (5) , et par la formule
(XXIX),
on acomparant
ces formules aux formules(29)
et(3o) ,
on pourra leur donner cette formed’où encore
Par les formules
(5)
et par la formule(xxx) ,
on trouve(*) Si l’on
désigne
par T l’aire dutriangle,
on aura , comme l’on sait ,et par
conséquent
on aura en
outre I 4 T=-I 2(I 2 03C9-S),
d’où292 F O R M U L E S
comparant ces formules aux formules
(35)
et(36),
on pourra leur donner cette formed’où encore
Par les mêmes formules
(5)
et par la formule(XXX),
on trouvecomparant
ces formules auxformules (3I)
et(32) ,
on pourra leurdonner cette forme
de sorte que les formules
(XIII) ,
(XVIT), (XX), (XXIV), (XXIX), (XXXI), (XXXIV), (XXXV), (XXXVI) offrent autant de moyens d’obtenir l’aire d’untriangle sphérique
en fonction de trois de ses parties. Onreconnaîtra en
particulier
la dernière pour celle de M. Lhuilier, donnerpar M.
Legendre,
dans ses Elémens de Géométrie.TRIGONOMÉTRIQUES. 293
d’où encore
§.
IV.Recherches divcrscs.
Soit d l’arc de
grand
cercle mené du sommet A au milieu A’du
côte a ;
il divisera notretriangle
endeux
autres, pourlesquels
on aura
(i)
en
prenant
la somme de ces deuxéquations
et observant queil
viendra ,
entransposant
et, par
suite,
294
FORMULESL’arc d étant déterminé par cette
formule ,
on trouvera ensuite(ii , II) , (viii)
Soit D
l’angle
que fait avec le côté a l’arc degrand
cercle a’qui
divisel’angle
A en deuxparties égales ;
il divisera notretriangle
en deux autres danslesquels
on aura(I)
en
prenant
la différence de ces deuxéquations ,
ilviendra ,
entransposant
et,
pàr suite ,
L’angle
D étantdéterminé ,
par cetteformule ,
on trouveraensuite
(ii , II)
et(VIII)
(*) Cette formule a été donnée par M.
Querret,
dansla
Connaissance des temps pour I822, page 335.TRIGONOMÉTRIQUES. 295
Soient 0 le
pôle
et R le rayonsphérique
du cercle circonscrit a notretriangle.
On sait que , si de cepoint
0 on abaisse desarcs
perpendiculaires
sur les directions de ses troiscôtés ,
ils tomberont sur leursmilieux ;
de sortequ’en désignant
parA’, B’,
C’ les
pieds
de ces arcsperpendiculaires,
on auraet , de
plus,
Cela
posé,
on auraretranchant la
première
de la somme des deux autres , il viendraAng. OBC+Ang. OGB+Ang.OBA-Ang.OAB+Ang.OCA-Ang.OAC=B+C-A
mais.
dans lestriangles
isocèlesAOB, BOC, COA,
on aAng CBC=Ang.OCB, Ang.OCA=Ang.OAC, Ang.OAB=Ang.OBA
réduisant
donc,
à l’aide de cesrelations,
il viendra296
FORMULESd’en
or , dans le
triangle sphénque rectangle OA’B,
on ac’est-à-dire ,
donc
c’est-à-dire
(XIV),
ou encore
(viii),
’Voilà donc le rayon
sphérique
du cercle circonscritexprimé
parune fonction des trois côtés à
laquelle
le calcul parlogarithmes
est facilement
applicable.
Si l’on veut avoir le même rayon en fonction des trois
angles ,
il ne
s’agira
que de mettre pour le dénominateur sa valeur donnée par la formule(XX),
il viendra ainsiT R I G O N O M É T R I Q U E S.
297Soient
présentement
o lepôle
et r le rayonsphérique
du cercleinscrit ,
on sait que si de cepoint
on conduit des arcs degrands
cercles aux trois sommets, ces arcs diviseront les
angles
dutriangle
en deux
parties égales.
Si en outre ondésigne
parA", B",
C"les
points
de contactsrespectifs
avec lescôtés ,
on aurad’où ,
eu retranchant lapremière équation
de la somme des deuxautres ,
mais on a ici
réduisant
donc,
à l’aide de cesrelations,
il viendrad’où
mais le
triangle sphérique rectangle oB"A
donnee’est-à-dire,
ou bien
(xip)
ou
encore ( VIII)
Tom. XV.
4v
298
FORMULESVoilà donc le rayon
sphérique
du cercle inscritexprimé
par unefonction des trois
angles
àlaquelle
le calcul parlogarithmes
estfacilement
applicable.
Si l’on veut avoir le même rayon en fonction des trois
côtés ,
il ne
s’agira
que de mettre pour le dénominateur savaleur
donnée par la formule(xx),
il viendra ainsiAu moyen des formules
auxquelles
nous venons deparvenir
onobtiendrait facilement les rayons
sphériques
des cercles inscrit etcirconscrit,
en fonction de troisquelconques
des sixparties
dutriangle.
Nous ne devons pas
quitter
cesujet
sansrappeler qu’il
a étédémontré (
tomeXIV,
page61 ) qu’en désignant par 03B4
la dis-tance des
pôles ,
on aSi l’on
prolonge
les côtés dutriangle sphérique
deux à deuxau-delà de leur
point
de concours,jusqu’à
cequ’ils
rencontrent de nouveau la circonférence dont le troisième côté faitpartie ,
onformera trois nouveaux
triangles sphénques
tels que chacun auraun
angle égal ,
commeopposé
au sommet , à l’un desangles
dutriangle proposé, compris
entre deux côtésqui
seront lessupplé-
mens des deux côtés
correspondans
de celui-là. En supposant doncqu’on
ait circonscrit des cercles aux troistriangles
ainsiformés,
et
qu’on désigne
parR’,
R’, R’’’les
rayonssphériques
de cesCerclés ,
on aura(xliii)
et(xlpi)
T R I G O N O M É T R I Q U E S.
299multipliant
ces.équations
entre elles et parl’équation (xliii)
enayant
égard
à la formule(VII),
il viendraSi l’on
prolonge
les côtés dutriangle sphérique
deux à deuxjusqu’à
cequ’ils
se rencontrent de nouveau , on formera trois nouveauxtriangles sphériques
tels que chacun aura un côté commun avecle
triangle proposé , compris
entre deuxangles qui
seront les sup-plémens
de leurscorrespondans
dans le mêmetriangle (*).
Ensupposant
doncqu’on
ait inscrit des cercles aux troistriangles
ainsi
formés
, etqu’on désigne
par r’,r",
r’’’ les rayonssphé- riques
de cescercles ,
on aura(ALIII)
et(XLVI)
multipliant
ceséquations
entre elles et parl’équation (XLIII),
enayant égard
à la formule(vii),
il viendraCherchons
quel
est , sur lasphère,
le lieu des sommets A destriangles sphériques qui
ont tous la base commune a et dans les-quels
en outre la somme desangles
est constante. Dans cettehy- pothèse
on doit avoirCos.S=Constante ;
c’est-à-dire(XIII)
(*) Ces trois derniers sont ce que Viète
appelle
lesAnapléroses
dutriangle
proposé ; ils sont respectivement opposés , sur lasphère,
aux trois dont il a été question ci-dessus.300 FORMULES
ou ,
plus simplement,
d’où encore
Or , cette
dernièreexpression
est évidemment(xlip)
celle du rayonsphérique
du cercle circonscrit autriangle
dont un des côtés serait lecôté a ,
et les deuxangles adjacens
lessupplémens respectifs
des
angles
B etC ; donc ,
si sur une même base a on construitune suite de
triangles sphériques
dont la somme desangles
soitconstante
(*) ,
etqu’ensuite
on construise pour chaeund’eux,
letriangle
secondaire dont il vient d’êtrequestion ,
les cercles cir-conscrits aux
triangles
secondaires seront touségaux ;
ils aurontdonc aussi le même
pôle, puisqu’ils passeront
par les deuxmêmes
sommets B et
C ,
c’est-à-direqu’ils
se confondront en un seulauquel
tousces
triangles
serontinscrits, Mais,
si l’on considère lestriangles
formés en
prolongeant
-les côtés b et c au-delà du sommet A desquantités respectives 03C9-b,
03C9-c, ils serontrespectivement égaux
etopposés
àceux-là,
et serontconséquemment
comme euxinscrits à un même
cercle,
dontle pôle sera à
l’autre extrémitédu diamètre de la
sphère
conduit par lepôle
dupremier ; puis
donc que ces nouveaux
triangles
ont tous leur commet communavec les
triangles
construits sur la base commune a de manière que la somme de leursangles
soit constante y il s’ensuit que ces(*) Et qui auront conséquemment même surface.
TRIGONOMÉTRIQUES.
30Iderniers ont aussi leurs sommets
opposés
à a sur lacirconférence
de ce même cercle.
Ainsi)
le lieu des sommets de tous lestriangles sphériques de
même hase et de même somme
d’angles
est lacirconférence
d’unpetit
cercle de lasphère.
C’est le théorème deLexell (
Nova actaPetropolitana,
tom.V,
pag.I ) qu’a
démontréM. Legendre,
dansla X.e note de ses
Élemens
de Géométrie.Cherchons enfin
quelle
est, sur la surface de lasphère ,
lacourbe
enveloppe
des bases de tous lestriangles sphériques qui
ont
l’angle
au sommet commun et mêmepérimètre.
Dans cettehypothèse,
on doit avoirCos.s=Constante ; c’est-à-dire (xiii)
eu ,
plus simplement ,
d’où encore
Or,
cette dernièreexpression
est évidemment(XLIV)
celle durayon
sphérique
du cercle inscrit autriangle
dont un desangles
serait
l’opposé
au sommet del’angle A,
et les deux côtésqui
Le
comprendraient
lessupplémens respectifs
des côtés b et c ;donc,
si avec un même
angle
dusommet A
on construit une suite detriangles sphériques
de mêmepérimètre,
etqu’ensuite,
pour chacund’eux,
on construise letriangle
secondaire dont il vient d’êtrequestion,
les cercles circonscrits auxtriangles
secondaires seront touségaux ;
ils auront donc aussi le mêmepôle , puisqu’ils
tou-cheront tous les deux mêmes arcs de cercles b et c ; c’est-à-dire
qu’ils
se confondront tous en unseul , auquel
tous cestriangles
302 F O R M U L E S
seront circonscrits.
Mais ,
si l’on considère lestriangles
formes par le côté a et lesprolongemens
des deux autres b et c au-delà de C etB, jusqu’à
cequ’ils
se rencontrent de nouveau , ils serontrespectivement égaux
etopposés
àceux-là,
et serontconséquem-
ment comme eux circonscrits à un même
cercle,
dont lepôle
seraà l’autre extrémité du diamètre de la
sphère
conduit par lepôle
du
premier ; puis
donc que ces nouveauxtriangles
ont tous le côtéa commun avec ceux
qui
ontl’angle
A commun et mêmepéri- mètre,
il s’ensuit que ces derniers ont aussi leur côté atangent
àce même cercle.
Ainsi , l’cnveloppe
des bases de tous lestriangles sphèriques qui
ont un
angle
commun et mêmepérimètre
est lacirconférence
d’unpetit
cercle de lasphère.
Cethéorème,
que celui de Lexell auraitdit faire
pressentir ,
n’avait pas encore été démontré.Si l’on fait attention à la manière dont nous avons numéroté
nos
formules,
on reconnaîtraqu’excepté
les formules danslesquelles
les
angles
et les côtésqui
’leur sontrespectivement opposés figurent
de la même
manière ,
toutes les formules dela trigonométrie sphérique
sontdoubles
et peuvent être distribuées en deux séries de telle sortequ’on
passera d’une formule del’une quelconque
desdeux séries à sa
correspondante
dans l’autresérie,
en yremplaçant simplement
les côtés par lessupplémens
desangles
et lesangles
par les
supplémens
des côtés. Cettecorrespondance , qui
n’a paséchappé à M. Soryn,
est une suite évidente de lapropriété
destriangles polaires ou supplémentaires
l’un del’autre ;
et il en ré-sulte
qu’eu général
il n’est aucun théorème ouproblème
de tri-gonométrie sphérique auquel il
n’enréponde
nécessairement unautre dans
lequel
lessupplémens
desangles
ontpris
laplace
descôtés et vice versâ.
On doit remarquer aussi que toute
formule
detrigonométrie sphérique
danslaquelle
les arcs nefigurent
que par leurs sinusou leurs tangentes y et
qui
esthomogène
par rapport à cesT R I G O N O M É T R I Q U E S.
303deux sortes de
fonctions ;
donne naissance à une formule degéo-
métrie
plane qu’on
en déduit en substituantsimplement
les arcsà leurs sinus et tangentes et les considérant ensuite comme des
lignes droites;
cequi
revient évidemment à supposer que le rayon de lasphère
devient infini. Avec cetteattention ,
on déduira des diverses formulesauxquelles
nous sommes parvenus les formulessuivantes ,
enregard
de chacunedesquelles
nous avonsplacé
lenuméro de la formule de
trigonométrie sphérique
delaquelle
elleest déduite.
304
FORMULESLe théorème démontré en dernier lieu donne aussi ce théorème de
géométrie élémentaire , qui
neparaît
pas connu ; mais de la véritéduquel
on peut s’assurer directement par des considérationstrès-simples : l’enveloppe
des bases de toits lestriangles rectilignes qui
ontl’angle
du sommet commun et le mêmepérimètre
est unecirconférence
de cercle(**).
(*) Ce théorème a été donné par M. Lhuilier, dans ses Élémens d’analise
géométrique
et d’analisealgébrique.
(**) L’auteur du mémoire
que’
nous venons d’extraire , et deplusieurs
autres
qu’il
nous apromis
de mettre successivement à notredisposition
ancien élève
particulier
de Lalande et deDelambre, et qui
a concouru,durant
plusieurs
années , à la rédaction des volumes de la Connaissance des temps, joint àbeaucoup
de savoir en astronomie et à une grande dex-térité à manier les formules
trigonométriques,
une écriture extrêmement lisible etagréable
à l’ceil , genre de mérite assez rare chez les savans.A ces divers titres , il
pourrait
être utilementemployé
soit au Bureaudes