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J FRIB 27 +A / 1977 / 32

RIBOURG INFORMATIONS Trimestriel No 32

Vers un dégel culturel?

(2)

2Z£trOZl

dd sJt'eidmexe^p ON

SOMMAIRE

j/anx

J/naa

22 24 25 26 28 Photos :

Vers un dégel culturel ?

Le problème des équipements culturels à Fribourg Le projet de casino-théâtre de 1906

En bref : petite chronique fribourgeoise Pro Fribourg : bilan et perspectives Les transformations de la ville

Des restaurations dans la Vieille Ville en 1976 Eliane Laubscher, Fribourg

Primula Bosshard, Fribourg G. Bourgarel, Fribourg : p.

: p. 8, 29-33, : p. 34-35,

1, 7,8.

PRO FRIBOURG publie des études et des informations sur le cen¬

tre historique ainsi que sur les problèmes d'urbanisme général de Fribourg. Le mouvement participe à la fédération internatio¬

nale CIVITAS NOSTRA, dont il assume le secrétariat.

PRO FRIBOURG Secrétariat: Stedden 14, 1700 Fribourg Cotisation :

(donnant droit à l'envoi du bulletin)

Ordinaire, 15 fr.; de soutien, 30 fr.

Etudiants, habitants des quartiers anciens (Auge • Neuveville - Bourg): 50% de réduction.

C.C.P. 17-6883 1700 Fribourg

A NOS ABONNES : Le bulletin vert sert de rappel de cotisation- abonnement. En l'utilisant sans trop tarder, vous nous évitez des frais de correspondance.

A TOUS NOS MEMBRES Prenez bien note de l'Assemblée Générale de PRO FRIBOURG : jeudi soir 28 avril au Gambrinus. Voir indications en page 25.

Imprimerie Saint-Pau), Fribourg

(3)

Ce cahier fait suite à celui consacré à l'inventaire du plan d'aménagement et le complète en quelque sorte, les "équipements culturels" faisant partie de cet inventaire.

L'intervention des pouvoirs publics, par la mise à disposition d'équipements et le sub¬

vent ionnement des activités culturelles est devenue inévitable. Aussi les autorités communales ont—elles le projet de remédier globalement au sous-équipement culturel de Fribourg par la construction d'une salle polyvalente aux Grand'Places.

Les projets architecturaux et leur finan¬

cement sont en bonne voie, alors qu'on con¬

tinue à s'interroger sur ce que peut et doit être la politique culturelle de la ville.

^ T(l\B 2} !^11 l 3^

(4)

Le projet des Grand-Places Un véritable théâtre?

ou la partie non rentable du complexe Eurotel à la charge des contribuables

s

(5)

Avant de se lancer dans les grands chantiers chers à tous les édiles et coûteux aux contribuables, ou tout au moins parallèlement à ceux-ci, ne doit-on pas partir d'abord de ce qui existe, encourager et stimuler les activités culturelles et aménager et mettre en valeur les édifices publics souvent sous-utilisés, voire inem¬

ployés, en profitant de leur situation centrale pour leur redonner une fonction conforme à leur vocation d'être au service des habitants ?

Ainsi en est-il de l'Hôpital des Bourgeois désaffecté, de même que des anciens abattoirs, du Belluard ou du Werkhof, ainsi en sera-t'il un jour de la Caserne de la Planche, du Prieuré de Malte et peut-être même de cer¬

tains couvents et églises.

Si le centre historique doit être maintenu intact, à quoi sert-il de conserver une enveloppe vidée de son contenu moral ?

La continuité des fonctions liées à son passé doit

être assurée.

(6)

L'Hôpital des Bourgeois, côté jardins.

Il est évident que ce que font les archéologues avec ça est toujours un peu consternant. Par terre, par exemple, au lieu de ce ciment et de ces trous d'ar¬

chéologues, il faudrait de poudroyants'tapis, des nattes fines, des discussions, des livres invoqués et produits, bref, toute une vie et une acuité...

Charles Albert CINGRIA

(7)

de l'ancien théâtre, il ne reste que le bistrot du même nom.

Théâtre au Stalden : seul théâtre vivant à Fribourg, dans une cave de la Vieille Ville.

.1

•W A:

(8)

Mais, quand nous parlons de CULTURE, de quoi parlons-nous en somme ?

S'agit-il d'une culture élitaire, de délassement, ou d'évasion

(car elle est souvent en contradiction avec le monde qui nous entoure) ?

S'agit-il d'une culture populaire, liée à un art de vie paysan

et que l'on perpétue nostalgiquement

à contre-courant des nouveaux modes de vie ?

Ou s'agit—il de tout autre chose ?

(9)

Nous vivons dans une société industrielle, dominée par la technique, oîi l'influence de l'Etat va toujours grandissant.

Elle s'exerce par la radio et la télévision.

Elle s'exerce dès l'enfance par l'instruction publique qui, dans notre type de société, vise à la formation d'hommes compétents et sociale¬

ment intégrés, nécessaires à son bon fonction¬

nement .

Mais une telle conception risque de perdre de vue un autre but - aussi essentiel - de l'éducation, qui est de former des esprits.

C'est l'enjeu d'une véritable politique cultu¬

relle.

"Est culturel tout ce qui permet à l'homme de se situer: vis-à-vis du monde, de la socié¬

té, et aussi du patrimoine culturel, tout ce qui met à même de mieux comprendre sa situa¬

tion pour pouvoir éventuellement agir en vue de la modifier." *

*) définition du Conseil de l'Europe.

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(11)

L'éducation trahirait sa mission si elle se contentait de faire des hommes les rouages conditionnés du système économique et les mem¬

bres dociles de la société. L'homme s'accomplit en se dépassant lui-même et en dépassant son milieu. Il se dépasse en soumettant son exis¬

tence à des valeurs d'absolu ; il dépasse son milieu en apprenant à le juger et en acceptant les remises en causes qui lui paraissent néces¬

saires.

(Economie et Humanisme)

(12)
(13)

A Fribourg,

des problèmes concrets î

Musée, Conservatoire, Théâtre, bibliothèques et maison de jeunes demandent une aide pressante,

la définition d'une politique, un effort constant et persévérant, plus sans doute

qu'une solution de prestige.

Mais s'agit-il de vivre dans la réalité

ou seulement de soigner son image ?

(14)

A Fribourg : le culte Fribourg, sur le plan culturel, c'est d'abord une image : "Fri¬

bourg, ville d'art et d'études",

"Fribourg, ville universitaire",

"Fribourg, ville bilingue"» Cela sous-entend un carrefour de la pensée, un pont jeté entre deux cultures, ce dont Fribourg témoi¬

gne effectivement dans le récep¬

tacle de sa Vieille Ville.

Cette "image" est pourtant trom¬

peuse dans la vie quotidienne, car le bilinguisme n'est pas le facteur d'enrichissement culturel que l'on pourrait supposer, étant plus un bilinguisme de parallélis¬

me qu'un bilinguisme d'échanges.

Quant à l'université, son renom international et catholique sert encore d'alibi culturel pour une ville qui entretient pourtant peu de relations avec sa Haute Ecole. En fait, le prestige de l'université masque de moins en moins le "désert culturel" fri- bourgeois. Un désert où se dres¬

sent de somptueux témoins d'une époque révolue où l'art était mêlé à la vie et où la culture était celle de tout un peuple.

L'écart se creuse donc toujours plus entre l

1

"image" et la réali¬

té. Mais c'est à cette "image"

que les Fribourgeois continuent de se référer, sans trop s'inter¬

roger sur son contenu, accaparés qu'ils ont été par un essor éco¬

nomique d'autant mieux accueilli qu'il était tard venu.

Mais tout se tient, et si cer¬

tains milieux - ou notables - po¬

litiques ont pu tirer avantageuse¬

ment parti, à la façon d'une chas¬

se gardée, d'une mentalité faite de repli sur soi et de manque d'ouverture aux idées, le sous- développement culturel fribour¬

geois n'en est pas moins réel.

e l'image

Cette absence de Fribourg dans le domaine des activités et de la création littéraires et artisti¬

ques n'a pas inquiété grand monde.

Et pourtant, Gonzague de Reynold appartènant au passé, on n'avait plus guère que des broutilles à offrir, et si le domaine pictural assurait difficilement sa survie trop en vase clos, seule la musi¬

que donnait encore un rayonnement à Fribourg .. par l'exportation d'artistes ne trouvant pas à em¬

ployer leurs talents sur place.

L'image culturelle, aussi éloi¬

gnée de la réalité qu'elle soit, reste pourtant farouchement dé¬

fendue. Et les réactions sont extraordinairement vives quand elle vient à être ternie. On a bien vu lors d'un récent débat télévisé à l'université, un véri¬

table déchainement d'indignation et de vertu offensée.

L'actuelle dépendance culturelle de l'extérieur n'est-elle d'ail¬

leurs pas illustrée par cette émis¬

sion contestée à laquelle tout le monde apparemment assistait, du Conseiller d'Etat au dernier syn¬

dic de village, en passant par le rédacteur en chef du quotidien lo¬

cal ? Ne voit-on plus la réalité qu'au travers des "petites lucar¬

nes"? Et le rôle de la presse fri- bourgeoise n'est-il plus que de commenter les émissions de la TV romande ?

Mais passons de l'image à la réalité :

Quels sont à Fribourg les cen¬

tres d'activité culturelle ? Que nécessitent leur survie et leur épanouissement ?

Fribourg a-t'elle les moyens d'une politique culturelle ?

AS

(15)

Un Conservatoire rayonnant dans son dénuement

Si le rôle premier du Musée est d'abriter des oeuvres d'art et d'en retarder en quelque sorte la mort naturelle, si le théâtre fait appel à un public plus ou moins éclairé mais généralement passif, le Conservatoire, lui, réunit près de 2'000 acteurs pratiquant l'art musical. C'est assurément le centre culturel le plus actif à Fribourg et bénéfi¬

ciant de la plus grande continui¬

té dans la tradition.

Cette présence vivante est si naturelle qu'on en vient à l'ou¬

blier. Sinon, comment expliquer le peu d'empressement du Canton et de la Commune à le soutenir ?

A l'étroit dans les locaux de la rue de Morat, le Conservatoire vit dans l'austérité la plus com¬

plète. Il ne reçoit que 500*000 F.

par an de subventions (les 4/5 à la charge du Canton, la Commune n'allouant que 85'000 Fr. à une école pourtant indispensable à son prestige, ne serait-ce qu'en raison du rôle assigné à la Landwehr et à la Concordia...).

Le résultat en est une situation sociale aberrante du corps profes¬

soral : sur 92 enseignants, 13 seulement sont titularisés et re¬

çoivent un salaire mensuel décent, avec les habituelles prestations sociales. Les autres, éoit l'écra¬

sante majorité, doivent se conten¬

ter des taxes de cours des élèves, ce qui, pour un travail à plein temps, assure une moyenne de l600 Fr. par mois, sans vacances payées, sans sécurité sociale et sans caisse de retraite...

La comparaison avec les autres chefs-lieux de canton est édifian¬

te : la plupart consacrent plus de 1000 Fr. par élève à leur conserva¬

toire, Fribourg seulement 330 Fr.

Sion est seul à être aussi peu généreux.

Les conséquences de cette indi¬

gence sont graves : il devient de plus en plus difficile de trouver de nouvelles forces et de retenir à Fribourg des professeurs quali¬

fiés et expérimentés, tentés qu'ils sont d'aller chercher ailleurs un véritable gagne-pain, après tous les sacrifices imposés par une lon¬

gue formation professionnelle.

Or notre conservatoire ne s'adres¬

se pas à une élite privilégiée, il participe à l'éducation permanente des adultes et joue le rôle d'un conservatoire populaire, il ignore le numerus clausus et est vraiment ouvert à tous.

Encore faudrait-il pouvoir faire mieux et accorder des réductions aux familles nombreuses : quand on sait combien en musique, au con¬

traire souvent d'autres activités artistiques, l'ambiance familiale est déterminante pour susciter les vocations dès le plus jeune âge.

Ferment d'activité complémentaire de l'Ecole de Musique, un orchestre a enfin sa place à Fribourg, indis¬

pensable pour les instrumentistes formés qui doivent avoir l'occasion de participer à une vie musicale active.

Là encore, la subvention des pou¬

voirs publics est nécessaire. On r^e peut simplement se reposer sur l'amour de la musique et le désin¬

téressement de nos artistes locaux, ..en les priant de vivre de l'air du temps.

L'élan chaleureux de Jean-Michel HAY0Z et de son équipe ne doit pas s'enliser dans les marécages admi¬

nistratifs fribourgeois. Nous de¬

vons nous montrer dignes de ce supplément d'âme qu'ils nous appor¬

tent. Toute politique culturelle

doit donner la priorité à la vie

du Conservatoire et lui assurer un

avenir dans un cadre mieux adapté.

(16)

Le Musée et les anciens abattoirs A l'état de ruines, les anciens

abattoirs, prévus comme annexe du Musée cantonal, nécessitent un

sauvet age d' urgence•

Rappelons le cheminement de cette affaire : La décision étant prise de construire de nouveaux abattoirs, c'est en décembre 1963 que M. Michel TERRAPON lance l'i¬

dée d'un aménagement des anciens locaux en musée lapidaire. Elle répond à une nécessité, le musée se trouvant à 1

1

étroit et ne pou¬

vant convenablement mettre en va¬

leur ses richesses. De plus, l'oc¬

casion fait le larron et on ne trouvera pas de sitôt une possibi¬

lité aussi avantageuse d'extension, en face même du Musée.

L'idée est judicieuse car le bâ¬

timent, construit de 1834 à 1836 par le célèbre facteur d'orgues et édile Aloys MOOSER, est un édifice de valeur et faisait la fierté de ses concitoyens. Dans le premier

"guide" touristique de Fribourg, paru en 1837> on le décrit ainsi :

"les boucheries, bâtiment neuf, qui a été élevé depuis la construction du grand pont 5 il est spacieux, bien aéré et mérite d'être vu sous plus d'un rapport." De fait, cette constructiön s'intègre fort bien au quartier.

L'idée de l'aménagement des abat¬

toirs fit si bien son chemin qu'en octobre 1972 le Conseil Communal dé¬

cida généreusement de céder gratui¬

tement le bâtiment. Dès le mois sui¬

vant, un rapport d'expertise est présenté par un architecte spécia¬

liste de 1'architecture du XIXe s., R. STEINER: il fait ressortir les qualités de l'édifice et ses possi¬

bilités d'adaptation, les grandes halles du rez-de-chaussée se prê¬

tant admirablement à la présentation de la quarantaine de pièces monu¬

mentales des collections lapidaires.

En décembre 1972, 1® don du

Conseil Communal est entériné par le Conseil Général. Ce même mois, le bâtiment est définitivement classé comme monument historique.

Ensuite, comme toujours, les choses traînent : il faut étudier des projets, leur financement et, la collaboration Ville-Canton étant ce qu'elle est, à la fin 1975 1

1

acte de transfert de pro¬

priété de la Commune au Canton n'était pas encore notarié.

Durant l'été 1973> un séminaire de l'Ohio State University à Colum¬

bus, sous la conduite du Professeur ZOELLY (auteur du Musée internatio¬

nal d'horlogerie de La Chaux-de- Fonds) et du Professeur Perry E.

BORCHERS, met au point l'aménagement d'un espace muséographique idéal.

Entretemps, le bâtiment désaffec¬

té est imprudemment utilisé comme fourre-tout, l'Edilité exploitant sans grandes précautions un atelier de menuiserie et c'est le désastre:

le 12 décembre 1975» l'énorme toi¬

ture flambe complètement.

Maintenant, après deux hivers passés sans couverture provisoire, le solide quadrilatère des murs se ressent des infiltrations d'eau et la restauration ne peut plus être retardée. Le va-et-vient lassant du conflit de compétences ville- canton doit cesser, car il faut pas¬

ser d'urgence à la réalisation de ce projet bien élaboré de 4 à 5 millions, qui apportera une solu¬

tion durable et pratiquement défini¬

tive aux problèmes de notre Musée.

Sur le plan de l'urbanisme, la création d'un complexe cohérent, permettrait d'assainir les abords de l'Hôtel Ratzé en réalisant un ensemble harmonieux.

Et pourquoi ne pas le parfaire en tirant parti des anciennes écuries du Varis pour des ateliers d'artis¬

tes ?

(17)

des bibliothèques aux maisons de jeunes...

Moins spectaculaires, les bi¬

bliothèques, l'université popu¬

laire et les maisons de jeunes font partie de l'équipement cul¬

turel élémentaire d'une ville.

BIBLIOTHEQUES s

L'existence de la Bibliothèque cantonale et universitaire, abri¬

tant un dépôt de la Bibliothèque pour tous, a permis jusqu'à ce jour à la Commune de faire l'éco¬

nomie d'une telle institution.

Une récente enquête de "La Li¬

berté" a fait le tour de la ques¬

tion.*) La fermeture, à la fin de cette année, du dépôt de la Bi¬

bliothèque pour tous va contrain¬

dre la Commune à créer une biblio¬

thèque municipale, ou populaire, comme on voudra. A l'heure actuel¬

le, aucune décision n'est encore prise, en fait, parce que l'affec¬

tation de l'Hôpital des Bourgeois est encore en suspens.

UNIVERSITE POPULAIRE :

L'éducation permanente est un besoin accru de notre époque où tout évolue si rapidement qu©

l'on peut de moins en moins se limiter à un bagage acquis une fois pour toutes. Le succès immé¬

diat de l'Université populaire, dès sa création en 1970»

a

prouvé qu'elle répondait à une attente du public fribourgeois. Bilingue dès le départ, elle a rapidement décentralisé son activité dans l'ensemble du canton. Son impact en ville de Fribourg en fait un foyer d'animation culturelle de première importance et un terrain de contacts entre l'université et la population fort bienvenu.

MAISON DES JEUNES s

Dès 1965> Pro Frj.bourg a lancé l'idée d'une Maison des Jeunes.

A cette époque, une occasion ex¬

ceptionnelle se présentait : une

des plus belles demeures de la ville, la Maison Techtermann au haut du Stalden, était en vente au prix de 150'000 Fr. Avec ses prodigieuses salles superposées d'époque Renaissance à l'ornemen¬

tation intacte, avec son volume de 6'000 m3> elle offrait des pos¬

sibilités très variées d'utilisa¬

tion et elle aurait pu être un ca¬

dre parfait pour une Maison de la Culture. Le projet, pourtant lar¬

gement appuyé du Rotary Club à la Jeune Chambre Economique, ne fut pas agréé par la Commune, qui ne daigna même pas y répondre.

L'idée fut relancée dans le ca¬

dre de l'Association pour les mai¬

sons de jeunes mais se heurta con¬

tinuellement à la mauvaise volonté et à la force d'inertie des auto¬

rités communales. L'aide ne fut donnée qu'au compte-gouttes et ja¬

mais de façon à assurer un démar¬

rage dans de bonnes conditions, avec des locaux convenables et un animateur salarié. L'élan du début fut brisé et l'enthousiasme et l'intérêt des jeunes inmanquable- ment douché. La timide réalisation des caves de la Samaritaine fut trop restreinte, celle du Botzet, de conception plus large, fut com¬

promise dès le départ. Nous en som¬

mes au troisième avatar, quasi sou¬

terrain.

En dehors des équipements scolai¬

res, la ville a obstinément fait l'économie d'une politique de la jeunesse. Les difficultés pour une auberge de jeunesse ou le "Release"

en sont d'autres exemples.

UNE LEÇON A TIRER

Tout autant qu'une politique cul¬

turelle, Fribourg a besoin d'un pro¬

gramme d'affectation des bâtiments

publics et d'une concertation à cet

effet entre la ville et le canton :

assez de gaspillage !

(18)

Théâtre au Stalden :

la preuve par le mouvement Chacun dans notre ville en a dé¬

jà entendu parler et nombreux sont les fribourgeois qui s'y rendent régulièrement* Situé au bas du Stalden, dans la Vieille Ville, ce théâtre de poche de 80 places a été fondé en 1968. Depuis, ses ac¬

tivités n'ont cessé d'augmenter.

Actuellement, le théâtre abrite l'activité de deux troupes, l'une de langue française, l'autre de langue allemande, ainsi que, occa¬

sionnellement, une troupe de lan¬

gue anglaise. Mais la majeure par¬

tie des spectacles présentés au Théâtre au Stalden sont des spec¬

tacles invités, c'est-à-dire pro¬

duits par des troupes ou des grou¬

pes de musiciens qui viennent de l'extérieur. Durant l'année d'ex¬

ploitation 75-76, le Théâtre au Stalden a reçu 4*356 spectateurs au cours des 67 représentations qu'il a organisées. Le budget an¬

nuel du Théâtre s'élève à ÔO'OOO.- En juin 1976, on a parlé dans la presse de la fermeture de cette salle, mesure que les responsables avaient dû prendre suite à la mena¬

ce d'effondrement d'une partie du plafond. Grâce au soutien actif de M. GEISINGER, propriétaire du bâti¬

ment qui abrite le théâtre, des ré¬

novations ont été entreprises dans le courant de l'été. Le Théâtre a pu réouvrir ses portes en toute sé¬

curité en novembre. Les responsa¬

bles du théâtre ont en outre profi¬

té des rénovations pour agrandir le foyer qui se trouve au-dessus de la salle, foyer qui peut recevoir des expositions.

Les responsables du Théâtre au Stalden avaient provoqué en mai 76 certains remous autour du projet de construction d'une salle de théâtre et de congrès aux Grand'Places. Un dossier bien étayé avait été envoyé au Conseil Communal et remis à la

presse. Se basant sur les informa¬

tions -fort peu nombreuses à l'épo¬

que- que le Conseil Communal avait fournies sur le projet. Les respon¬

sables du Théâtre au Stalden avaient posé un certain nombre de questions de fond concernant la politique culturelle de la Commune. Ils crai¬

gnaient qu'en construisant la salle des Grand'Places on ne mette "tous les oeufs dans le même panier".

Ils proposaient en conclusion de leur rapport qu'une commission com¬

munale couvrant également le dis¬

trict de la Sarine soit mise sur pied, commission qui, sur la base des études déjà effectuées, aurait été chargée d'établir un programme détaillé par ordre d'urgence des réalisations nécessaires dans le domaine culturel, ainsi que de veiller à l'application de ce pro¬

gramme. Ils proposaient aussi une démarche à suivre en ce qui concer¬

nait la participation à cette com¬

mission, ceci afin de garantir la meilleure participation possible, et la plus efficace, des milieux intéressés à l'élaboration d'un projet culturel communal. Enfin, ils concluaient en demandant la suspension de la décision de cons¬

truire la salle des Grand'Places

"tant que la commission ne sera pas en mesure de donner son avis à ce sujet".

Les responsables du Théâtre au Stalden furent conviés à partici¬

per à la grande commission qui était chargée d'étudier le projet de construction de la salle des Grand'Places, mais il ne fut donné aucune réponse à leur requête. Un rappel envoyé à la Commune en dé¬

cembre ne fut même pas suivi d'un

accusé de réception du Conseil

Communal. Il faut donc considérer

que la Commune refuse de discuter

du problème culturel. Pourquoi ?

(19)

En conclusion On est d'abord tenté de s'émer¬

veiller du projet de théâtre aux Grand

1

Places î enfin Fribourg va entreprendre quelquechose de grand pour la culture en ne lésinant pas sur les millions !

Mais le doute nous saisit : S'apprête-t'on vraiment à renver¬

ser la hiérarchie des valeurs en faisant passer le culturel avant l'économique ?

Et qu'en est-il de ce "théâtre":

cette appellation de la salle poly¬

valente prévue n'est-elle pas abu¬

sive ?

Car créer un théâtre, ce n'est pas seulement construire une salle, c'est prévoir une activité finan¬

cée par un budget important. Rien n'indique qu'on va vers une telle réalisation.

Les antécédents sont peu favora¬

bles : la Commune n'a jamais eu de budget culturel digne de ce nom : elle n'a eu recours qu'à des aumô¬

nes distribuées avec parcimonie.

Elle est de plus largement respon¬

sable du manque d'équipements ac¬

tuel s l'ancien théâtre a disparu sans fleurs ni couronnes et la so¬

lution boiteuse du "théâtre" Livio était à la mesure des seuls spec¬

tacles d'abonnement.

Qui réclame maintenant avec tant d'insistance cette future salle ? La Société de Développement, qui a été le défenseur inconditionnel de l'Eurotel, est obnubilée par son

"Fribourg, ville de congrès" (en dépit de la concurrence déjà forte?

pour combien de congrès par an? et aux frais de qui, du contribuable?).

Pour l'Eurotel, ce serait, anne¬

xée, une grande salle de banquets de 900 places. Sur ses prospectus de vente des unités-appartements, le

"Theater" faisait déjà partie du complexe EUROTEL, avant même que le

projet soit soumis au Conseil Général ou que le public fribour- geois ait eu connaissance du moindre plan ou maquette...

C'est l'illustration type d'une situation où tous les investisse¬

ments rentables étant laissés à l'initiative privée, il reste à la collectivité à payer les aména¬

gements de circulation, des jar¬

dins et du soit-disant théâtre.

Après avoir cédé pour le dixième de sa valeur les terrains des Grand'Places, n'est-ce pas faire la part trop belle aux promoteurs de 1'EUROTEL (ou de la MIGROS, on ne sait plus au juste) ?

Pauvres Grand'Places, cet espa¬

ce public était vraiment trop ten¬

tant ! Du projet de 1963 de home pour étudiants (dont la première pierre, bénie par le Pape, avait été posée..) on a abouti en un peu plus de dix ans à cette ébauche de City-croupion, où il ne manque plus que le symbole de la culture de consommation.

A quel prix ? Les 20 millions de- visés seront-ils suivis des crédits annuels indispensables ? On a formé une "commission", mais peut-on être dupe d'une telle astuce alors qu'il n'y a pas eu de concours d'idées et architectural et qu'on a jamais en¬

visagé en temps utile la moindre alternative ou la consultation des intéressés ?

Un tel gouffre financier sera-t'il le "Beaubourg" de la culture fribour- geoise ou seulement une sorte de Kursaal municipal ? (voir Montreux!)

Le Maire de Lyon, célèbre pour ses grands travaux et son culte du béton disait carrément : "Une fois que

j'ai inauguré un bâtiment, je m'en

lave les mains". On souhaiterait

autant de franchise de la part de

nos autorités...

(20)

Le Musée flanqué des abattoirs en ruine, Le Conservatoire condamné à vivoter, L'Hôpital des Bourgeois à l'abandon, c'est un gaspillage.

Gaspillage de ressources humaines,

Gaspillage de notre environnement construit.

Va-t'on ajouter à ce gaspillage le gaspillage des deniers publics

pour une réalisation de prestige mal placé ? L'addition de toutes les dépenses culturelles

c'est au plus 500*000 Fr. par an (fanfares comprises) Un montant sans commune mesure

avec la charge du projet des Grand'Places.

Cette année encore, le Conseil Général

devra se décider sans avoir le temps ni les moyens de se faire une religion,

sans que les problèmes réels soient posés.

A quand une réflexion approfondie ?

(21)

Il y a 70 ans déjà:

Projet de casino-théâtre aux Grand-Places!

Rien de neuf sous le soleil fri- bourgeois ! En 1905» un comité avait lancé un projet de casino- théâtre aux Grand

1

Places, Chose à première vue curieuse, la concep¬

tion générale était semblable à celle du projet actuel et les cir¬

constances très voisines.

Le théâtre de la rue des Bouchers venait d'être racheté par l'Etat pour l'agrandissement de la Chancel¬

lerie. D'où le projet d'un nouveau bâtiment pouvant servir à diffé¬

rents usages et comprenant, outre la salle pour les grandes réunions, les représentations scéniques et les festivités musicales importan¬

tes, des dépendances et locaux ac¬

cessoires pour les réunions de so¬

ciétés, les expositions temporaires, les conférences et les répétitions.

Nous voyons déjà la Société de Dé¬

veloppement (de création récente) intéressée à cette réalisation. Un premier projet d'une entreprise pri¬

vée pour la construction d'un hôtel de premier rang, pourvu d'une salle de spectacles, dut être abandonné

"faute de garanties.suffisantes".

(on était prudent de ce temps là !) Le comité se tourne alors vers la Commune pour obtenir un appui finan¬

cier. Un arrangement est conclu, se¬

lon lequel la Commune donne un em¬

placement gratuit aux Grand'Places et une somme de 250'000 Frs moyen¬

nant un apport par le comité d'un montant de 185*000 Frs à fonds per¬

dus.

Un avant-projet est établi par les architectes BR0ILLET et WULFFLEFF et est adopté comme base d'un concours d'idées en juin 1906. Un jury fut dé¬

signé et le concours financé par la Commune et la Société de Développe¬

ment. Ce ne sont pas moins de 50 projets qui furent exposés à la Gre-

nette en décembre 1906. (70 ans plus tard, on ne s'embarrassera plus de concours, d'idées et d'in¬

formation du public...)

Mais aucun projet ne fut entière¬

ment retenu et ce sont les archi¬

tectes de l'avant-projet qui fu¬

rent chargés, sur la base des don¬

nées réunies, d'établir le projet définitif, (voir page suivante)

Les architectes, après avoir vi¬

sité, à Berne et à Paris, nombre de théâtres et de salles de réu¬

nions, élaborèrent ce projet d'une grande salle de 800 places, pou¬

vant être agrandie du café-restau- rant attenant, à l'occasion de congrès ou de grands banquets.

L'architecture était néo-XVIIIe dans le souci, selon ses auteurs, de s'intégrer à l'architecture lo¬

cale et d'embellir la cité..

Le comité ne parvint cependant pas à réunir les fonds propres au moyen d'une loterie et les banques refusèrent de prendre la relève.

On constatera que la petite his¬

toire fribourgeoise va se répétant.

De nos jours, on ne fait pourtant plus appel à la générosité du pu¬

blic, on met tout à la charge des contribuables.

On remarquera enfin que le pro¬

jet 1977 apparait futuriste seule¬

ment en ce sens qu'il ne répond guère aux besoins actuels (60 jours d'utilisation prévisible par an ..à condition d'une location favorable et donc déficitaire !), alors que sa conception est encore pratique¬

ment celle du début du siècle.

Ne s'apprête-t'on pas à apporter une solution du passé à un problème d'avenir, tout en négligeant les données du présent ?

n

(22)

Perspective des deux façades du Casino

Plan du rez-de-chaussée du Casino

(Données et illustrations tirées des "Etrennes fribourgeoises" de 1910)

(23)

En bref

GRAVIERES s HALTE IN EXTREMIS ! L'initiative "S.EAU.S." contre les gravières au fil de l'eau n'ira pas à vau-l'eau ! Le Conseil d'Etat, ne faisant qu'appliquer la loi mais tenant compte aussi de la

"prise de conscience assez généra¬

le" vient de retirer les conces¬

sions d'exploitation de deux en¬

treprises, à Invua et à Châtillon, là où les dégâts sont quasi irré¬

versibles, la Sarine ne recevant plus guère d

1

alluvions en aval du barrage de Rossens. Saluons cette première reconquête d'un domaine public et souhaitons qu'on ne

"tourne" pas ensuite la loi par le biais d'autorisations temporaires et qu'on exige la remise en état correcte des lieux.

L*"Indépendant" qui, ces temps, n'en manque pas une, commente ain¬

si cette décision : "Si l'on con¬

tinue à ce train-là toute activité humaine va devenir impossible." ! UN ARCHITECTE AU-DESSUS DE TOUTE CRITIQUE ?

Dans notre cahier de décembre, nous avons émis de franches ré¬

serves quant à certaines "restau¬

rations" pratiquées à la rue d'Or, dans un secteur pourtant soigneu¬

sement "inventorié". L'un des ar¬

chitectes en cause, M. JC LATELTIN, a piqué la mouche et nous a adres¬

sé une lettre fort peu civile.

Passant sur ce mouvement d'humeur, nous lui avons répondu en lui of¬

frant de formuler ses griefs et de s'en expliquer, ...ce qu'il s'est bien gardé de faire !

CARNAVAL DE LA BASSE

Tout le monde était bien content de le voir resurgir grâce au com¬

mun esprit bolze des quartiers de l'Auge et de la Neuveville. Il n'y eut qu'une fausse note : les com¬

mentaires sombres et moroses de 1'"Indépendant" radical. Selon lui le "Rababou" ne pouvait avoir été

écrit que par des marxistes lec¬

teurs du "Canard enchaîné" et le cortège de Carnaval n'était pas dr61e du tout, car s'il y a de

"bons" Bolzes, il y a les "faux"

Bolzes qui sont méchants et n'ont pas le sens de la rigolade : Alors

"l'Auge, c'est plus la même chose"

Il est vrai que quand les Bolzes d'en-bas "montent" en ville, ils font parfois une drôle de tête de¬

vant le spectacle qui leur est offert des transformations tape- à-l'oeil : "Fribourg, c'est plus la même chose"...

UN OUF DE SOULAGEMENT

Enfin le ras-le-bol a prévalu : 70 % de non aux xénophobes efface le Oui à Schwarzenbach de 1970, acquis il est vrai à une majorité de 200 voix. La fois, rappelez- vous, où 1"' image" du Fribourg catholique en avait pris un sacré coup (selon le Larousse, "catholi¬

que" s qui est universel, fam. qui est conforme à la raison, à la mo¬

rale..). A noter, cette fois-ci, l'effort d'information de "La Liberté" qui a joué son rôle. De quoi clouer le bec à ceux qui pré¬

tendent que le journal local est congénitalement incapable d'infor¬

mer valablement sur les problèmes réels. Il n'y a plus qu'à attendre le jour où "La Liberté" ouvrira le dossier "urbanisme et aménagement"

de la ville de Fribourg.

LA VAGUE VERTE

Noté avec attention le succès des listes écologistes aux élections municipales françaises : non seule¬

ment à Paris ou à Lyon, mais de Mulhouse à Chambéry, ils ont été les arbitres entre la gauche et la droite. Ce flux écologique est l'ex¬

pression d'une aspiration naturelle des habitants de nos villes, il ne peut plus être tenu pour quantité négligeable. Avis aux partis poli¬

tiques, même à Fribourg...

(24)

PRO FRIBOURG Bilan et perspectives

En 1976 notre bulletin a atteint son rythme de croisière avec quatre parutions en français et le premier cahier de l'édition en langue alle¬

mande. Cette innovation a élargi notre audience avec d'emblée 360 abonnés alémaniques s'ajoutant aux 1250 abonnés de langue française.

Parallèlement, le nombre de nos adhérents s'est élevé à 1*400 et nos rentrées ont atteint 25*000 Fr.

A cette position renforcée sur le plan local correspond des con¬

tacts plus féconds avec l'extérieur.

Ainsi, le "système urbain" de J.

VICARI a été réédité dans le cadre de CIVITAS NOSTRA et diffusé en France et en Belgique, et une édi¬

tion en langue allemande est en préparation : le tirage total appro¬

che les 10'000 exemplaires.

Cet effort nous a valu des réac¬

tions très chaleureuses. L'Echevin de Bruges, M. VANDEN ABEELE, nous a écrit : "Je lis toujours avec grand intérêt votre revue, dont le

ton incisif me plait beaucoup.

Trop de personnes ont tendance à croire que l'année européenne du patrimoine architectural a apporté des remèdes à tous les maux. Nous qui travaillons "sur le terrain"

savons que cela n'est pas le cas.

Je vous souhaite bon courage et persévérance dans vos combats."

Nous pourrions citer d'autres témoignages : d'Annecy, des villes allemandes de Herford et de Hameln.

Cette solidarité par-dessus les frontières nous conforte dans la poursuite de notre tâche.

Cette année, nous allons en prio¬

rité informer sur le plan d'aména¬

gement et suivre l'actualité dans la perspective des élections commu¬

nales. Mais nous travaillons paral¬

lèlement à des études : enquête sur le quartier d'Alt avec l'Université, guide de restauration des fermes avec la Société d'Art Public, etc.

Elles donneront matière à des ca¬

hiers spéciaux.

Invitation à l'Assemblée Générale de PRO FRIBOURG au premier étage du Gambrinus, place de la Gare

JEUDI 28 AVRIL 18 h. 30 Assemblée générale. Ordre du jour : Rapports financier et d'activité Election du comité

Divers

19 h. 30 Repas en commun (prière de s'inscrire au Secrétariat, Stalden 14» ou par téléphone au 24«70.69 (heures de bureau)

20 h. 30 DEBAT PUBLIC en collaboration avec l'Association centre-ville Fribourg pour un urbanisme démocratique*

"DEMOCRATIE ET PLAN D'AMENAGEMENT"

CIVITAS NOSTRA organise du 28 au 30 mai 1977 (Fête de Pentecôte) un congrès international au PUY—en—Velay sur le thème "DES HCMMES POUR REHABILITER IES QUARTIERS ANCIENS". L'accent sera mis sur le comportement de ceux qui étu¬

dient ou qui réalisent les opérations de restauration et, à un moindre degré

de ceux qui les décident. Renseignements et bulletins d'inscription auprès

du Secrétariat de PRO FRIBOURG, Stalden 14> 1700 FRIBOURG.

(25)

Les transformations de la ville:

Le projet de la Banque de l'Etat Grands magasins, compagnies d'as-

surances et établissements bancai¬

res rivalisent de zèle dans le pro¬

cessus d'auto-destruction du centre- ville. De cette transformation de la ville, nous avons publié récem¬

ment une analyse de J• VICARI : le

"système urbain"»

Ce phénomène est assurément géné¬

ralisé et seules ces entreprises aux reins solides sont en mesure de monopoliser, pour des raisons com¬

merciales ou de prestige, les espa¬

ces centraux.

Cette concurrence et cette émula¬

tion entraîne une uniformisation et une banalisation des principales artères de nos villes et rendent vains les timides efforts de recon¬

quête au profit des habitants.

Nous avions relevé, dans notre cahier de décembre, les incohéren¬

ces de l'avenue de la Gare. Mainte¬

nant, c'est au tour de, la place de la Gare, où le projet de centre commercial souterrain à peine écar¬

té, l'immeuble du Gambrinus et de l'Hôtel de Fribourg est menacé de démolition imminente pour la cons¬

truction d'un nouveau siège de la Banque de l'Etat.

L'annonce de ce projet en juin 1975 a provoqué des réactions : d'"incompréhension et d'indignation"

de la part des commerçants de Pé- rolles opposés à la démolition et au changement d'affectation de ce bâtiment ; de surprise et d'embar¬

ras des milieux touristiques privés d'un complexe hôtelier groupant chambres, restaurant et salles de réunions.

On peut certes sourire en voyant justifier l'EUROTEL par le besoin d'équipement hôtelier et permettre la construction d'un hôtel-tour surélevé d'un nombre égal d'étages de bureaux. Pour ensuite voir pra¬

tiquement justifiée la démolition de l'Hôtel de Fribourg par la cons¬

truction de l'EUROTEL : en prenant bien soin de faire coincider l'ou¬

verture de l'un et la fermeture de l'autre.

Les dindons de la farce ne seront- ils pas les visiteurs de notre ville qui ne trouveront bientôt plus de chambres confortables à prix moyen ?

La Commune a bien entendu imposé un certain nombre de conditions pour cette nouvelle construction.

Soulignant que le début du boule¬

vard de Pérolles forme un ensemble urbain cohérent du début du siècle et digne d'être protégé (son clas¬

sement est d'ailleurs proposé par la Commission cantonale des monu¬

ments historiques et l'inventaire du plan d'aménagement en fait cas), la Commune indique que "la future construction du siège central de la BEF devra s'intégrer parfaitement dans cet ensemble urbain" et d'ajou¬

ter : "Comme elle se trouvera dans une situation prédominante et par¬

ticulièrement exposée à la vue, cette construction devra présenter une architecture tout particulière*

ment soignée et élégante." (sic) Tout cela étant admirablement va¬

gue et imprécis, on attendrait quel¬

ques précisions sur les conditions d'une bonne intégration architectu¬

rale, les précédents de la Nouvelle Poste et de l'Eurotel nous rendant sceptiques;

Mais là, il n'est question que d'alignement, que d'encorbellement des étages par rapport au rez, et d'un retrait de l'étage en attique.

Il n'y a donc plus qu'à espérer,

et attendre pour juger de l'effet

BEF de l'ensemble. A moins que la

Banque de l'Etat ne commence à se

poser la question du respect de

l'environnement construit ?

(26)

En 1906, on a démoli l'HStel des Merciers sans égard pour 1

1

en¬

semble .

On l'a remplacé par du solidement triom¬

phal de style Renais¬

sance munichois. Mais 70 ans plus tard, on peut déjà regretter l'ancien hôtel...

A la place de la Gare,

ce scénario va-t'il se

répéter ?

(27)

Des restaurations en 1976 : Preuve en est qu'il est possible, dans le respect des structures

et l'utilisation économique des espaces, d'apporter des solutions de notre temps, modestes et bien intégrées.

C'est le résultat d'une démarche franche et rigoureuse qui, partant de ce qui existe, avec humilité

en accepte les contraintes.

(28)

Fribourg, Neuveville : Planche Inférieure 39»

Deux logements contrastés : l'un (p.30-3l) tirant parti des éléments anciens, l'autre (p. 32-33) adoptant une ligne résolument contem¬

poraine .

Au début des travaux :

79

(29)
(30)

Des interventions

architecturales

claires et sans

bavures.

(31)
(32)
(33)

Dans le quartier de l'Auge Samaritaine 34 s

Une intervention mesurée.

L'escalier : avant, après

Une solution franche.

(34)
(35)

Figure

table déchainement d'indignation  et de vertu offensée.

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