ÉDITO
L ’ H E B D O M A D A I R E D U S Y N D I C A T N A T I O N A L D E S E N S E I G N E M E N T S D E S E C O N D D E G R É
CETTE SEMAINE 3
• RENTRÉE 2008
LE POINT SUR 4
• RÉFORME DES LYCÉES
ENJEUX 5
• RENDEZ-VOUS D’ACTIONS
• ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES
MÉTIERS-CARRIÈRES 6
• CSE
• VACATAIRES
SUR LE TERRAIN 7
• RENTRÉE SYNDICALE À AIX-MARSEILLE
• CARTE SCOLAIRE
SOMMAIRE
N° 671 18 SEPTEMBRE
2008
Si, pour Xavier Darcos, la rentrée est « réussie », le vécu des personnels et des élèves s’avère pour le moins différent. L’augmentation des effectifs par classe est sensible, la politique d’augmentation des HS au détriment des postes a conduit à des situations absurdes, les postes partagés ont été multipliés, les TZR sont de plus en plus mal lotis. L’absence de moyens de remplacement laisse présager des tensions dans un avenir proche, l’as- souplissement de la carte scolaire conduit à moins de mixité sociale et ren- force la ghettoïsation de certains établissements. Quant à la politique édu- cative, elle se poursuit, en dépit des inquiétudes et protestations de toute la communauté éducative. Les annonces se succédent, toutes gui- dées par la même volonté de réduire les heures de formation, d’exter- naliser certaines missions, en affichant le souci de l’individu ; le tout résumé d’une formule par Xavier Darcos, « École nouvelle génération », celle de la concurrence, des inégalités, de la liberté des mieux lotis.
Du côté des promesses de revalorisation des personnels, mis à part la prime revendiquée par le SNES pour les néotitulaires, rien de consistant pour l’instant.
Les assemblées tenues lors de la prérentrée ont confirmé nos analyses sur la gravité de la situation, l’inquiétude des collègues, la volonté intacte d’agir, mais d’agir en ayant des perspectives, en s’inscrivant dans un cadre d’actions.
POUR L’AFFICHAGE
L e temps des annonces à la hussarde semble revenu. Il n’est pas utile de trop s’étendre sur la distribution de médailles aux bacheliers. Ridicule mais surtout
pathétique de laisser croire qu’une telle mesure puisse, chez nos élèves de Terminale, susciter de nouvelles motivations. Cela traduit la nostalgie d’un système éducatif qui limitait à 20 % le pourcentage d’une tranche d’âge accédant au bac. On est dans le superficiel, dans l’apparence, dans le décorum, dans le bling bling.
Plus sérieuse, la perspective d’un « code de la paix scolaire » dont l’ébauche est confiée à un magistrat au risque
d’une judiciarisation de la vie dans les établissements.
Définir un code au niveau national dans tous les établissements (avec des adaptations locales limitées), c’est oublier que
l’élaboration d’un règlement intérieur par tous les membres de la communauté scolaire de l’établissement donne à ce
règlement une légitimité dont ne dispose pas toujours un dispositif imposé à l’extérieur.
Vouloir supprimer la possibilité d’exclure définitivement un élève (pour le scolariser dans un autre établissement) omet qu’il s’agit dans certains cas de la seule solution, y compris dans l’intérêt de l’élève concerné, pour mettre un terme à une situation insupportable.
Toutes ces mesures, annoncées sans aucune concertation par le ministre et sur lesquelles nous reviendrons, manifestent une mauvaise connaissance de la vie des établissements et un souci qui relève plus de l’effet d’annonce que du traitement au fond des difficultés.
■ Daniel Robin, cosecrétaire général
POUR L’ÉCOLE, NOS MÉTIERS, NOS SALAIRES
EN GRÈVE LE 7 OCTOBRE
À l’appel du SNES, collèges et lycées étaient en grève le 11 septembre dans l’académie de Reims contre les suppressions de postes et les conditions de la rentrée 2008.
DROIT DE GRÈVE EDVIGE
Un premier rendez-vous a eu lieu le 11 septembre, marqué par de nombreuses rencontres avec la population ; « les jeudis de l’éducation » proposés par la FSU prennent forme et le conseil
Suite page 2Premier recul
Face à la fronde de plus de 800 organisations et de plus de 130 000 signataires individuels, le gouvernement annonce qu’il va retirer certaines des dispositions de ce fichier liberticide.
Le SNES participe activement au comité d’animation du collectif « Non à Edvige ».
Par l’intermédiaire de la FSU, il participe aussi au recours en annulation déposé au Conseil d’État le 29 août. Il appelle à s’engager dans l’action du 16 octobre
« Fêtons la Sainte Edvige » où les citoyens transmettront eux-mêmes un modèle humoristique de fiche personnalisée aux services du ministère de l’Intérieur, et appellera ses adhérents à y participer massivement si d’ici-là le décret tant contesté n’est pas retiré.
L’aveu
Le service minimum d’accueil des élèves dans le premier degré avait été imposé par Xavier Darcos avec, disait-il, le seul souci de l’accueil des élèves dans les écoles primaires en cas de grève. Le ministre avait alors introduit des contraintes nouvelles pour le dépôt d’un préavis de grève, imposant de fait plus de 12 jours entre la décision de faire grève prise par un syndicat et la date de la grève. Un seul décret va sortir dans les jours qui viennent : celui limitant l’exercice du droit de grève des enseignants du premier degré.
On voit bien quelle est la préoccupation première de notre ministre.
©DR
Suite de la page 1
POUR L’ÉCOLE, NOS MÉTIERS, NOS SALAIRES
EN GRÈVE LE 7 OCTOBRE
national du SNES en a précisé le cadrage national (voir page 5).
Il a également conclu sur la nécessité de poursuivre la campagne en direc- tion des parents et de l’opinion, de donner des formes concrètes à notre action pour les services publics (organisations de forums, assises dans les Régions et départements).
Convaincu que la manifestation nationale du 19 octobre peut contribuer à imposer un débat public sur l’avenir de l’École, et inverser les choix en cours, le SNES mettra tout en œuvre pour qu’elle rassemble le maxi- mum de participants.
Les débats du CN ont fait émerger la demande majoritaire d’une grève dans l’Éducation avant cette date du 19 octobre afin d’accentuer la pres- sion. Le cadre interprofessionnel du 7 octobre, posé dès juin, s’est pré- cisé ; nous n’avons pu obtenir de nos partenaires de la fonction publique un appel à la grève ce jour-là, plusieurs organisations renvoyant aux
différents secteurs le soin de discuter plate-forme et modalités d’action.
Intégrant les difficultés causées par l’absence d’unité, le CN du SNES a pro- posé à la FSU de travailler à un appel à la grève le plus unitaire possible dans l’Éducation ; la FSU a fait la démarche auprès des fédérations de l’É- ducation…
Celles-ci ont récusé l’idée d’un appel à la grève, à l’exception de l’UNSEN- CGT et souscrit à la possibilité d’un appel commun sous réserve de l’ins- cription dans les problématiques confédérales.
La FSU est résolue à faire du 7 octobre une journée combative et a appelé à s’y investir pleinement, notamment par la grève, là où cela sera majoritairement décidé. Le SNES, avec d’autres syndicats de la FSU, appelle à une grève nationale dans l’Éducation, en lien avec les préoc- cupations des autres salariés mobilisés ce jour-là.
■ Frédérique Rolet
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L es dirigeants de La Poste, service public natio- nal, veulent la transformer en Société Ano- nyme, avec ouverture du capital, afin de « finan- cer sa croissance ». Leur préférence irait a une introduction en Bourse, projet auquel le gouver- nement s’est dit favorable.
Les postiers se mobilisent contre cette privatisa- tion de fait qui signifierait l’abandon de ses mis- sions de service public. Sont directement concernés 280000 postiers (60% de fonctionnaires) mais aussi l’ensemble des Français attachés à un service public de proximité. Une des conséquences serait l’aug- mentation des tarifs des services postaux mais aussi la fermeture de nombreuses postes, compromettant encore davantage l’égalité des territoires.
Les organisations syndicales de La Poste appel- lent à la grève le 23 septembre. Les syndicats
(FSU, CGT, FO, CFTC, Sud-PTT), les partis politiques (PS, PCF, LCR, Verts, etc.) et associations (Attac, Dal, Copernic, Convergence des collectifs de défense des services publics), réunis vendredi 12/09 ont apporté leur soutien à la grève, et déclaré leur oppo- sition à une «privatisation» de La Poste, «Le ser- vice postal appartient à tous les citoyens ». Elles exigent « un vrai débat public permettant l’impli- cation des citoyens qui doivent pouvoir décider de l’avenir de La Poste par référendum».
L’article 11 de la Constitution permet au prési- dent de la République, sur proposition du gou- vernement ou du Parlement, de soumettre à référendum un projet de loi portant « sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent ».
■ Élizabeth Labaye
E dvige aggrave considérablement les conditions de collecte et de mise en mémoire des données par le ministère de l’Intérieur.
L’engagement militant et l’exercice des droits démocratiques encourent le soupçon de porter atteinte à l’ordre public, ceux qui les exercent sont menacés de voir leur vie privée, celle de leurs proches enregistrées dans un fichier de police. La permission donnée à la police d’enquêter pour déterminer si le comportement des personnes est compatible avec l’exercice des fonctions envisagées dépasse la recherche d’in- formations sur les personnes qui sollicitaient une autorisation d’accès à des informations proté- gées. Ce décret ne fait pas interdiction d’utilisation des données à l’encontre des candidats à un concours de la fonction publique.
Que le fichage puisse aussi concerner des enfants dès 13 ans, avec des données stockées à vie, et qu’il soit possible de collecter des données comme les origines « raciales » ou ethniques, ou relatives à la santé ou à la vie sexuelle a aussi été perçu comme une aggravation notable du décret de 1991.
Enfin, le décret, s’il prévoit que le droit d’accès aux données puise s’exercer auprès de la CNIL, refuse l’application du droit d’information et du droit
d’opposition.
■ Philippe CastelPOSTE
GRÈVE LE 23/09
EDVIGE
RETIREZ LE DÉCRET
C E T T E S E M A I N E
« L’ordre social ne vient pas de la nature. Il est fondé sur des conventions »
JEAN-JACQUES ROUSSEAU
tions à la carte scolaire. Dans les rares cas où les IA ont redonné des moyens, ils n’ont souvent octroyé que quelques HSA, qui ne permettent pas d’ouvrir une division supplémentaire.
Quant à l’accompagnement éducatif, tous les col- lèges doivent désormais le mettre en place dès le 1
eroctobre, sans connaître la hauteur des crédits ouverts pour le financer (avec une priorité donnée apparemment cette année aux assistants péda- gogiques). L’expérience de la suppression du samedi matin dans le premier degré montre les dangers d’une externalisation de l’aide aux élèves en difficulté. Le risque est bien que l’accompa- gnement éducatif se substitue à des enseigne- ments ou activités aujourd’hui encore prévus dans le temps scolaire dans le service des per-
sonnels.
■ Monique DaunePAROLES DE TZR
Alain Menou, néo-certifié d’histoire-géographie, nommé en zone de remplacement, a accepté de s’exprimer sur sa rentrée.
L’US :
Dans quelles conditions as-tu été affecté lors de cette rentrée ?Alain Menou : Tout d’abord, deux mois de silence absolu de l’admi- nistration, puis vendredi avant la prérentrée un coup de fil d’un col- lège m’indique que j’y suis rattaché. Lors de la prérentrée, on m’apprend que j’exercerai une suppléance dans un autre collège. Je m’y pré- sente : le service est incomplet, un complément dans un troisième établissement est prévu. Ce sont deux suppléances distinctes, l’une courant jusqu’en octobre minimum, l’autre jusqu’à mi- novembre avec des heures en lettres et des HS.
Je n’ai à ce jour toujours rien reçu du rectorat...
L’US : Et alors ?
A. M. : J’ai indiqué clairement que je refuse les HS et que je ne suis pas qualifié pour enseigner les lettres. L’administration du collège n’a pas insisté : le rectorat envoie un autre collègue (de lettres) pour effectuer les heures de français. Je pense que l’intervention syndicale du SNES n’est pas étrangère à la solution trouvée.
Guadeloupe en lutte
La rentrée 2008 s’effectue avec des effectifs par classe en forte augmentation. Des HS, très souvent imposées aux collègues, aggravent encore des conditions de travail déjà difficiles, les postes à complément de service se multiplient.
L’offre des options se raréfie, l’enseignement des langues et cultures régionales est menacé. L’empressement du recteur pour la mise en place du bac pro en trois ans, sans programme officiel, est révélateur de cette volonté de réduction de postes. La couverture sanitaire de l’académie est insuffisante. Une infirmière a en charge trop
d’établissements. L’académie de la Guadeloupe, au vu de sa situation mérite une attention particulière.
Le 28 et 29 avril, la mobilisation unitaire (intersyndicale, parents d’élèves) n’avait pas suffi à faire fléchir le recteur dans ses projets de suppression de postes et de classes.
Après la grève des 11 et 12 septembre, la FSU appelle l’ensemble des personnels à rester mobilisés dans leurs établissements, en concertation avec les parents d’élèves.
Collège Blaise-Pascal de Viarmes (95)
Quatre classes de Cinquième à 31 et deux à 30 élèves. L’administration propose d’ouvrir une classe en supprimant une division sur un autre niveau (à plus de 25 élèves en moyenne). Refus des enseignants, courrier adressé aux parents et demande d’audience à l’IA.
Dans un collège de l’académie de Nantes, afflux important d’élèves de Sixième du fait des dérogations à la carte scolaire : l’IA octroie
généreusement 15 HSA que le principal transforme immédiatement en HSE !
L’US :
Comment abordes-tu cette rentrée ?A. M. : Je trouve que cela commence mal, je suis assez désabusé, avec le sentiment d’être pris pour un bouche-trou. Il m’a été difficile de pré- parer ma rentrée, de jongler avec des pro- grammes que l’on découvre en dernière minute.
S’ajoutent les difficultés matérielles d’organisa- tion (compatibilité relative des emplois du temps, multiplication des allers-retours...) : dans de telles conditions, « travailler en équipe » c’est du flanc.
Sans compter, du point de vue familial, le règle- ment en urgence de la garde de nos enfants.
L’US :Tu es syndiqué. Quelle utilité concrète ? A. M. : D’abord des idées plus claires sur le métier, son devenir et le cadre général dans lequel je l’exerce. L’information du SNES pour refuser les HS et les heures en dehors de ma discipline a été aussi déterminante que l’intervention des élus des personnels pour améliorer mon affectation.
Enfin, tout au courant de l’été le SNES a été le seul à m’informer par ses courriers successifs de ma situation d’affectation après les com- missions rectorales.
■ Propos recueillis par Christophe Barbillat [email protected]HEURES SUP’
L e rectorat a réduit de 40 heures postes la dotation horaire au profit des heures supplémentaires.
Deux profs se sont vus imposer un complément de service en col- lège alors que les heures à pour- voir existaient en HS dans les deux matières concernées.
Le 1
erseptembre, des collègues, non demandeurs, se sont retrouvés avec un emploi du temps chargé en heures sup. Nous avons occupé le bureau du proviseur pour exiger des emplois du temps conformes aux statuts et refusé d’assurer une ren- trée normale avec la revendication de réintégrer
les collègues victimes de complément de service.
Nous avons été reçus au rectorat, avec des représentants de la FCPE et de parents qui nous soutiennent sur cette action. Le rectorat a avancé la suppression de nombreux postes pour refuser la transformation d’HSA.
Par contre, il a assuré que les collègues qui ne souhaitent pas faire plus d’une heure supplé- mentaire doivent être entendus. Dix jours plus tard, de nouveaux emplois du temps ont été délivrés et le rectorat recherche des personnels pour subvenir aux heures non pourvues. Les élèves se retrouvent avec des enseignements non assurés à ce jour.
■©DR
La transformation de 3 500 emplois en HSA au budget 2008 s’est traduite par une forte augmentation du nombre des HSA imposées dans les dotations aux éta- blissements en février dernier. Les actions de refus collectif des HS initiées dès la préparation de rentrée, ainsi que la pression maintenue jusqu’en fin d’année, ont contraint certains recteurs à concéder des heures postes dès juillet. Mais, les postes ayant été supprimés en février, les services à cheval se sont multipliés et les TZR sont affectés de plus en plus massivement sur des postes à l’année (éventuellement très morcelés).
Par ailleurs, là où l’administration a refusé de revoir la situation, les collègues sont soumis à des pressions lorsqu’ils refusent de prendre en charge les HS : pression pour faire prendre en HS les heures statutaires, chantage aux ensei- gnements non assurés. Raison de plus pour continuer notre campagne.
Témoignage d’Emmanuel Bois, lycée Charles-Gide d’Uzès
Réussir l’intégration ?
L’opération « Ouvrir l’École aux parents pour réussir l’intégration », est lancée expérimentalement dans 12 départements pour offrir une formation gratuite à des parents étrangers ou immigrés afin de leur permettre de maîtriser la langue française, de se familiariser avec l’institution scolaire et le fonctionnement de la société. L’opération pourrait être étendue à l’ensemble du territoire après un bilan en juin 2009.
Cette opération s’adresse à n’importe quel parent d’élève volontaire non ou peu francophone. La formation de 120 heures maximum, prévue sur le créneau horaire de l’accompagnement éducatif mais financée sur des crédits Hortefeux, est prioritairement assurée par des enseignants volontaires rémunérés en HS, des formateurs de GRETA et des personnels d’association agréées. Elle vise l’obtention d’un diplôme officiel (DILF ou DELF).
Les parents d’élèves peu ou non francophones ont du mal à suivre la scolarité de leurs enfants : la langue fait barrage et parce qu’ils connaissent mal l’institution. L’idée de leur offrir une formation gratuite, qui peut de surcroît faciliter leur insertion professionnelle, répond donc à un objectif louable.
Mais on peut légitimement penser que les établissements auront du mal à trouver des volontaires dans le contexte de multiplication des HS et d’alourdissement global de la charge de travail. On peut également regretter le calendrier précipité (les collèges volontaires doivent faire remonter leur projet avant le 26 septembre !).
Un tel dispositif ne saurait par ailleurs faire oublier le caractère indigne de la politique d’immigration de ce gouvernement, politique que nous combattons.
1. Voir la liste dans la circulaire de référence n° 2008-102 du 25 juillet 2008 (BO n° 31 du 31 juillet 2008).
Retraités
Solidaire des retraités, le Conseil national du SNES des 9 et 10 septembre 2008 les invite à poursuivre leur mobilisation et à assurer le succès des initiatives du 16 octobre pour leur pouvoir d’achat et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Primes au JO
Le JO du 13 septembre publie les décrets et arrêtés créant les « primes d’entrée dans le métier » et « prime
spéciale ».
La prime d’entrée dans le métier, 1 500 €, est versée à l’occasion de leur première titularisation aux enseignants du premier ou du second degré, aux CPE et CO-Psy.
La prime spéciale, 500 €par année scolaire, est versée aux enseignants assurant au moins trois HSA, à la condition qu’ils assurent l’intégralité de leur service dans l’enseignement secondaire. Une heure en STS ou en classe préparatoire en empêche le bénéfice.
Le versement de ces primes devrait intervenir avec le traitement de novembre ou décembre.
La première correspond à une revendication du SNES qui a pesé pour qu’elle soit versée à tous, CPE, CO-Psy et anciens agents non-titulaires.
La seconde montre l’embarras du ministre devant le refus des HS exprimé par un nombre important de collègues.
©DR ©Clément Martin
RENTRÉE 2008
Le ministre affiche une rentrée réussie. Les remontées des établissements nous renvoient une réalité sensiblement différente avec des effectifs alourdis, des heures supplémentaires imposées, des collègues toujours plus nombreux affectés sur plusieurs établissements.
COLLÈGE
A alourdissement des effectifs, effets désas- treux de l’assouplissement de la carte scolaire, multiplication des postes à cheval sur 2 ou 3 éta- blissements, notamment pour les TZR : la situation se détériore sensiblement dans les collèges.
La tendance générale est celle d’un alourdis- sement de la charge de travail pour les per- sonnels. Les 2 heures de décharge prévues pour les néo-titulaires ne sont pas respectées sur le terrain, ces derniers ayant la plupart du temps un service de 18 h (ou 15 heures pour les agré- gés) dont 2 HSA ! Cela permet au passage au ministre d’afficher que sa politique des HSA
« passe » bien dans la profession.
Les classes jusqu’à 30 ou 31 élèves se multi-
plient, du fait à la fois de la réduction des
moyens et des arrivées d’élèves par déroga-
Collège Via Domitia, Manduel (Gard)
Dès février, les enseignants d’EPS et d’anglais informent le principal et l’IA de leur refus d’assurer plus que l’HSA imposable.
Depuis, l’administration joue la montre, puis le pourrissement.
Las ! À la rentrée, les collègues concernés tiennent bon, refusent leur service, organisent collectivement une rentrée des élèves allégée (accueil dans la cour), informent parents et médias, obtiennent une
audience à l’IA le 5 au soir. Après avoir péroré sur le sens des responsabilités et de la solidarité, l’IA lâche sur les HSA en EPS... en retirant du service des collègues les heures liées au projet d’établissement (handicap et secourisme). En revanche, pour l’anglais, les HSA sont imposées, et le collègue entame une procédure au TA.
Bilan : ou le droit des personnels n’est pas observé, ou il l’est sous condition ! Bel exemple de respect du droit du travail de la part de l’État employeur.
« Ce sera l’année des enseignants » proclame le ministre ! Chiche ! Le SNES avance depuis de nom- breuses années un ensemble cohérent de revendi- cations : salaires, carrières, charge et temps de travail, formation, mobilité. L’urgence immédiate, c’est sans doute de remédier à la dévalorisation salariale et aux blocages des carrières. Les premières mesures obtenues (contingents hors-classe et prime à l’entrée dans le métier, pour significatives qu’elles soient, et qui correspondent à des demandes du SNES, ne suffisent pas, d’autant que toutes les générations et les per- sonnels de surveillance n’ont pas été concernés et que les CO- Psy ont été largement ignorés. En matière de rémunération, c’est toute la carrière qui doit être revue. Pour le SNES, il faut conjuguer nouveau classement indiciaire
(1), carrière plus rapide
(2)et création de nouveaux débouchés de carrière.
En réponse à nos récentes interventions, le cabinet du ministre a pris l’engagement d’ouvrir des discussions d’ensemble avec le SNES mais, pour l’instant, il n’y a aucun calendrier précis.
Nul doute que l’action collective aide à concrétiser cet engagement.
Nous sommes prêts à débattre d’une programmation des mesures. L’essentiel étant que le point d’arrivée réponde à l’ob- jectif de revalorisation générale et que les mesures d’étape n’écar- tent personne. Revaloriser, c’est nécessairement aussi penser à l’exercice quotidien de nos métiers, améliorer les conditions d’emploi et de travail. C’est aussi l’enjeu du sens des réformes à conduire dans le système éducatif.
■Nicole Sergent(1) Nombre de points d’indice affecté à chaque échelon.
(2) Nombre d’années pour parcourir tous les échelons qui constituent la carrière : aujourd’hui 20 ans au grand choix, 26 ans au choix, 30 ans à l’ancienneté.
Nous publions ici quelques échanges tirés du « chat » organisé le 10 septembre sur le site du SNES.
L’intégralité est consultable sur le site du SNES, rubrique Agir, réforme du lycée.
Enseignants documentalistes
Le SNES a cosigné avec la FADBEN et 10 syndicats un courrier au ministère, dénonçant les conséquences du sous-recrutement au CAPES (postes vacants par centaines, précarité, affectation en CDI de collègues sans formation...) et demandant une audience. Nos nombreuses interventions ont abouti à l’annonce de
« l’alignement sur les taux des certifiés des taux d’HSE versées aux CPE et aux documentalistes intervenant dans le cadre de l’accompagnement éducatif ».
Nous demandons également le règlement définitif de toutes les discriminations concernant l’actuelle rémunération des travaux supplémentaires (formation en IUFM, projets pédagogiques...).
Toutes les informations sur http://www.snes.edu/.
Envoyez vos témoignages sur la généralisation de l’accompagnement éducatif en collège : [email protected]
REVALORISER NOS MÉTIERS
FORMATION ET RECRUTEMENT RÉFORME DES LYCÉES
des salariés retiennent aussi la grève de quelques heures comme moyen d’action (53 %)1. Ils n’acceptent pas l’amputation du pouvoir d’achat2qui affecte
particulièrement les ménages les plus modestes. Renonçant aux loisirs, ceux-ci sont aussi amenés à des arbitrages dans les dépenses incompressibles, au détriment de la qualité de leur alimentation.
Le pouvoir d’achat sera au cœur de l’action du 7 octobre et des manifestations des retraités le 16 octobre.
La hausse de 0,8 % des pensions de retraite intervenue au 1erseptembre, portant l’augmentation à 1,36 % en moyenne sur l’année, obtenue par la mobilisation, est encore loin du compte.
1. Sondage CSA pour L’Humanité Dimanche, 27 août 2008.
2. Recul moyen de 0,4 % de juin 2007 à juin 2008, selon l’INC.
56%
L E P I N T S U R
Le ministre a annoncé pour cette année scolaire l’ouverture de discussions sur trois dossiers : réforme du lycée, recrutement et formation des maîtres, revalorisation de nos métiers.
Sous le titre « les enjeux de l’année », L’US de rentrée faisait le point sur ces trois sujets.
Nous proposons à l’occasion de chaque numéro de poursuivre systématiquement ce point d’information en complément avec tous les éléments disponibles sur www.snes.edu dans la rubrique AGIR.
Réunies le 27 août, toutes les organisations syndicales présentes à la table ronde
(1)ont demandé le report du calendrier que le ministre veut imposer : aucun des arguments avancés pour la mise en œuvre de la classe de Seconde à la rentrée 2009 ne résiste aux nécessités pédagogiques, matérielles et démocratiques. Sans doute faut-il chercher ailleurs l’explication de cette marche forcée, et en premier lieu dans les arbitrages budgétaires à venir.
Le principe du maintien d’une classe de Seconde générale et technologique de détermination a été acté, ainsi que le maintien de la spécificité de la voie technologique. L’organisation de l’ho- raire élève en trois blocs : enseignements généraux, enseigne- ments de détermination ou d’approfondissement et enfin accom- pagnement a été réaffirmée. Pour le SNES, l’élément central est de savoir sur quel horaire global la répartition de ces trois blocs sera calculée. Il n’est pas envisageable que ce calcul soit fait sur l’ho-
Le ministère va ouvrir des discussions sur l’élévation du niveau de recrutement au master. On notera un progrès sur la façon de procéder puisqu’il n’est pas question de soumettre à signature un protocole d’accord qui servi- rait de lignes directrices. À ce jour, le calendrier des dis- cussions n’a toujours pas été communiqué.
Le SNES prend acte de la volonté du ministère d’ouvrir des négo- ciations et il le fera en avançant ses propositions : recrutement par concours nationaux portant prioritairement sur des connaissances universitaires, exigence d’un master scientifique – pouvant inclure des modules de préprofessionnalisation –, exigence d’une année pleine et entière de formation initiale professionnelle, incluant des allers-retours entre la théorie et la pratique. Cela va de pair avec la mise en place de véritables prérecrutements à toutes les étapes du cursus universitaire et l’augmentation des bourses et aides sociales.
La question de la conservation du potentiel de formation exis- tant, en termes de personnels et de structures, sera aussi posée.
Le SNES veillera à ce que les contenus de masters proposés ne soient pas un prétexte à recourir à des enseignants et CPE non titulaires.
Si le ministère prend désormais en compte la situation des non- titulaires pour l’accès au master par la VAE, il élude toujours la nécessité d’un plan de titularisation. Le SNES insistera pour qu’un plan de titularisation soit mis en place.
Le ministère semble enfin prêt à lier les dossiers de la revalorisa- tion et de la formation des maîtres, et à ne plus envisager seule- ment une revalorisation pour les futurs recrutés. Pour le SNES, il ne peut y avoir de revalorisation sérieuse qui se fasse en dehors d’une négociation globale concernant l’ensemble des personnels.
■Emmanuel Mercier
chat avec Roland Hubert le 10/09/08
Quelle est la position du SNES sur l’architecture modulaire et sa « base infra-annuelle » ? N’est-ce pas très périlleux pour les horaires ? Pour certaines matières ?
Le SNES n’est pas favorable à une architecture tout modulaire. Il l’a expli- qué. En revanche, il accepte d’explorer ce qu’une organisation modu- laire partielle pourrait apporter en particulier en classe de Seconde.
Pouvez-vous évaluer combien de postes le ministre veut récupérer au travers de la réforme ?
On ne sait pas combien de postes le ministre espère récupérer à travers la réforme. La seule chose que l’on sache est qu’il entend poursuivre la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
Pourquoi êtes-vous contre le lycée à la carte alors que les lycéens semblent intéressés ?
Les lycéens sont intéressés parce qu’on leur fait miroiter une forme de liberté dans la construction de leur parcours scolaire. Mais cette organisation serait en fait un piège puisque l’élève devient seul responsable de la construction de ce parcours.
Le ministre ne va-t-il pas en profiter pour réduire l’offre de for- mation ?
Il est sûr que le ministre peut effectivement profiter de la réforme pour réduire l’offre de formation. Le SNES se battra contre cette approche.
Ceci dit, actuellement, les suppressions d’options dans nombre d’établissements ont déjà conduit à la situation que vous décrivez.
Pourriez-vous revenir sur la question des horaires ? Accep- teriez-vous qu’on réduise encore les horaires des langues ? Ou que le « bloc » (enseignement général) de français passe à, disons, 3 heures pour tous en Seconde ?
En ce qui concerne les langues vivantes, le SNES a toujours porté la revendication d’un minimum de 3 heures d’enseignement dans une langue vivante. Il n’acceptera donc pas une diminution des horaires actuels. Je ne pense pas qu’il soit question de faire passer l’enseignement du français à 3 heures en Seconde. Pour le SNES cet horaire serait insuffisant.
La signature des « points de convergence » a été très mal reçue.
Comment le SNES peut-il en même temps dialoguer sur le lycée et être offensif dans la lutte sur d’autres fronts ?
Dialoguer avec le ministre pour porter notre exigence d’un lycée plus démocratique et assurant la réussite de tous fait aussi partie de l’action syndicale. Cela permet de faire apparaître les vrais besoins et de révéler les contradictions de la politique ministérielle. Ces discussions permettent aussi de débattre et de partager avec les organisations lycéennes et les fédérations de parents d’élèves. Discuter sur une réforme n’empêche pas de se battre sur les moyens. Le SNES saura quitter les discussions si les conditions ne sont plus réunies.
Cependant l’image du SNES ne risque-t-elle pas d’être ...
brouillée ? Ce fut déjà le cas jadis avec d’autres ministres...
Le SNES a décidé de jouer la plus grande transparence dans les discussions, d’informer et d’associer les collègues à toutes les étapes.
Cela peut contribuer à donner une image d’un syndicat ouvert et responsable.
Le volume horaire par élève s’élèverait à 975 heures par an (contre 972 heures à 1 152 heures aujourd’hui). L’horaire hebdomadaire plafonnerait à 27 heures, avec 18 modules semestriels de 3 heures : 11 modules d’enseignements fondamentaux, 4 modules d’exploration, 3 modules d’accompagnement.
Les enseignements fondamentaux – français, mathématiques, deux langues vivantes, EPS et histoire-géo – représenteraient «l’outillage technique et culturel indispensable».
L’effacement des voies et des séries au profit de parcours à dominante plus « polyvalents », ouverts à tous les élèves, semble acquis. Le lycéen pourrait construire son parcours en choisissant des modules de spécialisation, qui représenteront 45 % du volume horaire, et qui détermineront sa «dominante». Il existerait quatre dominantes:
humanités et arts, sciences, sciences de la société, technologie.
Le SNES, reçu le 16 au soir par le ministère, entend exiger des explications. La suite sur www.snes.edu
D E R N I È R E M I N U T E : dépêche de presse tombée le 16/09 concernant la Seconde raire actuel de cours, ce qui reviendrait à installer l’accompagne- ment sur l’horaire actuel.
Peu de précisions ont été apportées sur la notion de « semestriali- sation », présentée comme la solution à tous les maux du lycée et comme la seule façon de faire sortir le lycée de sa conception du
XIXe
siècle. Ainsi dans le cycle terminal, J.-P. de Gaudemar prétend que cela permettrait des « choix de parcours cohérent à domi- nante avec une certaine forme de plasticité donnant une coloration claire, en évitant l’enfermement dans les séries ».
Le « pilote de la réforme » a entamé un nouveau tour de rencontres bilatérales au cours desquelles il devrait présenter ses proposi- tions sur le premier « chantier » qu’il entend mener: les programmes et leur éventuel découpage en modules semestriels.
Le SNES est reçu mardi 16 septembre.
■Roland Hubert, le 14/09 (1) Compte-rendu disponible sur le site du SNES, rubrique « agir ».E N J E U X
« Une nation dans laquelle une classe est opprimée, ressemble à un homme qui a une blessure à la jambe : la jambe malade interdit tout exercice à la jambe saine »
LOUIS BLANCReviscolem lo trin al país
Un Comité pluraliste de défense et de promotion du service ferroviaire, fédérant associations, syndicats dont la FSU, partis politiques, s’est constitué. Il se propose, en Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Auvergne, d’expliquer à l’opinion publique que la modernisation des infrastructures ferroviaires est indispensable pour augmenter les capacités de circulation et réduire les temps de parcours.
La reconquête de tous les services publics, y compris ceux de l’eau, devient une question vitale.
L’exemple de ce comité pluraliste régional peut inspirer d’autres secteurs : hôpitaux, poste, école publique...
Le SNES Montpellier et la FSU appellent à la manifestation
samedi 27 septembre à 10 heures en gare de Montpellier, suivie d’un débat sur la place de la Comédie.
octobre
élections au CNED
Les personnels du CNED sont appelés à élire leurs représentants au conseil d’orientation et d’administration.
Ces deux conseils délibèrent et donnent un avis sur les orientations de l’établissement et sur le budget.
Il est important que tous les collègues participent.
Votez FSU, la première fédération de l’éducation.
A u cours de ce trimestre vont se tenir d’importantes élec- tions professionnelles dans notre secteur : en premier lieu, le 2 décembre, élec- tion aux commissions administratives paritaires nationales et académiques (CAPN et CAPA) pour les personnels titulaires d’ensei- gnement, d’éducation et d’orientation (certifiés, agrégés, chaires supérieures, PEGC, CPE, CO- Psy), soit plus de 330 000 fonctionnaires.
Avec les enseignants du premier degré, des lycées professionnels, d’EPS, ce sont 800 000 fonctionnaires qui voteront le même jour, 40 % de l’ensemble des fonctionnaires de l’État.
Les personnels non titulaires seront également de la partie. Au cours du trimestre, ils éliront pour la première fois leurs représentants dans des commissions consultatives paritaires (CCP).
C’est l’aboutissement d’une revendication de longue date du SNES et de la FSU.
L’objet premier de ces élections, pour les per- sonnels, est d’élire leurs représentants dans les CAP nationales et académiques. Pour les CAP nationales, le SNES, seul ou avec d’autres syn-
L a CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires, l’UNSA et la CFE-CGC appellent l’ensemble des salariés à une journée d’action interprofessionnelle le 7 octobre, pour « affirmer l’exigence d’emplois de qua- lité pour toutes et tous, de salaires revalorisés, d’amélioration des conditions et de la durée du tra- vail respectant la santé et la dignité des personnes, d’une protection sociale et de retraite garantie et de haut niveau, de services publics efficaces et contribuant à la cohésion sociale. » Le 7 octobre donnera lieu à des initiatives sur l’ensemble du pays (rassemblements, manifestations, actions ciblées...). Des préavis de grève sont déposés dans de nombreux secteurs (éducation, fonction publique territoriale...). Le SNES considère indispensable la participation à cette action qui peut permettre une mobilisation commune des salariés du public et du privé. La plateforme permet d’y inscrire pleinement les revendications portées pour l’école et ses personnels.
C’est pourquoi le SNES appelle à la grève le 7 octobre et à la participation aux manifestations organisées dans les villes et départements.
dicats de la FSU, présentera 126 can- didats pour 45 sièges et quelque 2500 candidats dans les élections
académiques.
Ces élections triennales consti- tuent bien sûr le baromètre de l’audience des différents syn- dicats, dans un contexte de très forte concurrence. Elles permet- tront aux personnels d’affirmer sans ambiguïté leur attachement au paritarisme, aujourd’hui gravement menacé dans son principe même, et à un syndicalisme majoritaire.
Elles seront sans conteste aussi une occasion de plus dans ce trimestre d’exprimer massivement le rejet des choix gouvernementaux. Occasion pour la profession de construire et d’affirmer sa cohésion autour du principe d’égalité pour les élèves comme pour les personnels, pour un système éducatif ambitieux capable de faire réussir tous les jeunes, de l’exigence d’une reva- lorisation pour tous, de la défense du service public et de la fonction publique. Aux mili- tant(e)s et syndiqué(e)s d’en débattre dans les établissements avec les personnels.
■ Eugenio Bressan, [email protected]
ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES DU 2 DÉCEMBRE
UN ENJEU DÉTERMINANT
7 OCTOBRE : LE SNES APPELLE À LA GRÈVE
population pour une politique éducative ambi- tieuse et l’ouverture d’un vrai débat sur la place que l’on veut donner à l’éducation dans notre pays. Pour le SNES, la manifestation nationale du 19 octobre sera aussi l’occasion pour les per- sonnels du second degré d’exprimer l’exigence d’une amélioration de leurs conditions de ser- vice, d’emploi et de rémunération.
L’enjeu est d’importance : une mobilisation massive des personnels et des usagers est de nature à peser sur les choix d’un gouverne- ment dont on a pu constater qu’il est sensible au rapport de force. Le SNES organise actuelle- ment la montée à Paris d’un maximum de mani- festants en réservant des trains et des bus en conséquence. Inscrivez-vous auprès de votre section départementale ou académique dès maintenant pour le voyage.
■ Claudie Martens
19 OCTOBRE : MANIFESTATION NATIONALE AVEC LES PARENTS ET LES LYCÉENS
14
RENDEZ-VOUS D’ACTIONS
POUR L’ÉCOLE, POUR NOS MÉTIERS, POUR NOS SALAIRES
LES JEUDIS DE L’ÉDUCATION
La journée nationale d’action du jeudi 11 septembre a été largement investie pour dresser localement devant l’opinion le bilan d’une rentrée marquée par les conséquences concrètes des suppressions de postes : augmentation du nombre d’élèves par classe, multiplication des « postes à cheval », recours important aux vacataires...
Les actions menées ont pris des formes diverses : distributions de tracts, rassemblements comme à Bor- deaux, Strasbourg, Colmar, Nantes, Chartres, Orléans, Montargis, Cahors, Bayonne, Annecy, Toulon.
À Lyon, un concert de casseroles était prévu à la gare de La Part Dieu. En Vendée, des pigeons conte- nant des messages revendicatifs ont été lancés. À Valence, des ballons, lâchés, réclamaient « de l’oxy- gène pour l’École ». À Mont-de-Marsan était organisé un « pique-nique » pour dire « non à l’École au pain sec». Il faut poursuivre cette campagne d’opinion, en organisant partout à l’échelle de l’établissement, de la commune ou du département les « jeudis de l’éducation », rendez-vous hebdomadaires d’action.
Dans le second degré
• lejeudi 18 septembre,la campagne portera sur la question du nombre d’élèves par classe et les condi- tions de travail des élèves et des enseignants ;
• lejeudi 25 septembre,la mobilisation sera axée sur le budget 2009 ;
• lejeudi 2 octobre, l’accent sera mis sur le remplacement avec notamment la situation faite aux TZR et le recours aux personnels précaires.
Distibution de tracts, réunion avec les parents, rassemblements... toutes modalités qui permettent la par- ticipation la plus large et les occasions de rencontres et de débats avec les parents et les élèves sont bonnes à prendre. Les « jeudis de l’Éducation » doivent nous permettre de mobiliser la population pour la mani- festation nationale du 19 octobre.
Les débats sont vifs dans les réunions syndicales sur les modalités d’action face aux conditions de la rentrée, au projet de budget 2009 avec de nouvelles suppressions d’emplois, aux discussions qui s’annoncent sur le lycée ou sur la revalorisation tant attendue
de nos métiers. Refus de grèves de 24 heures espacées pour certains, refus de grève reconductible vidant les porte-monnaie pour d’autres, recherche de modalités alternatives, volonté d’agir avec les autres salariés et avec les parents...
Notre conseil national réuni la semaine dernière a débattu longuement sur cette question. Il propose à l’ensemble des collègues
de poursuivre la campagne d’opinion avec les rendez-vous hebdomadaires des jeudis de l’éducation, d’investir par la grève la journée unitaire interprofessionnelle du 7 octobre, de se mobiliser pour la réussite de la manifestation nationale du 19 octobre pour l’école.
S yndicats de l’éducation, fédération FCPE des parents d’élèves, syndicats lycéen (UNL) et étudiant (UNEF), mouvements pédagogiques comme les cahiers pédagogiques ou le GFEN appellent ensemble à une manifestation cen- tralisée à Paris le dimanche 19 octobre sur la base d’un appel commun : « l’éducation est notre avenir : il ne doit pas se décider sans nous ! ». Faisant le constat que l’école doit évo- luer pour faire réussir tous les jeunes, pas seu- lement les plus favorisés ou les plus « méri- tants », le texte d’appel dénonce une politique gouvernementale qui, au-delà des habillages, ne voit dans l’éducation qu’un moyen d’écono- miser. Cette politique porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les injus- tices et les inégalités. » Les organisations signa- taires appellent à la mobilisation de toute la
Pour une politique éducative ambitieuse
➜ Un autre budget 2009
➜ Des conditions de travail et d’étude améliorées
➜ Le respect des missions du service public d’éducation
➜ La revalorisation de nos métiers
➜ L’ouverture d’un vrai débat sur les évolutions indispensables pour la réussite de tous
Les Rendez-vous du 7 octobre : www.snes.edu
©Thierry Nectoux
M É T I E R S , C A R R I È R E S
Langues vivantes : annonces farfelues
Les déclarations de X. Darcos le 1/09/08 laissent les collègues de LV bouche bée. S’appuyant sur une définition douteuse du
« bilinguisme », le ministre veut faire croire que, face aux difficultés d’apprentissage des LV, quelques stages d’anglais intensif seraient le remède...
Nous savons bien que ces difficultés sont dues à l’insuffisance d’exposition à la langue, notamment en classe, et aux effectifs pléthoriques. Las du matraquage des nouveautés pédagogiques depuis quelques années, les collègues sont une fois de plus culpabilisés par cette annonce qui induit un soupçon d’incompétence à leur égard.
Ce ne sont pas les dispositifs hors temps scolaire ni le « e-learning » qu’il faut développer, mais un projet ambitieux pour les LV.
Visite du Pape
Le discours de N. Sarkozy ne contenait pas les propos provocateurs des discours du Latran et de Ryad, mais le fond n’a pas changé : l’idée de « laïcité positive » laisse entendre
qu’aujourd’hui la laïcité serait négative. Il s’agit bien de la volonté de transformer, d’affaiblir ce qui est une valeur essentielle de la République, alors que la mission d’un Président est de la défendre.
Le SNES reste opposé à toute modification de la loi de 1905, dite de séparation des églises et de l’État.
Nous continuerons, avec les
organisations défenseures de la laïcité à nous tenir prêts à réagir à tout passage à l’acte de N. Sarkozy.
Guy Môquet (suite)
Une note de service parue au BO précise ce que doit être la Semaine de l’Europe à l’École
« couplée à » la journée de souvenir de Guy Môquet et de l’engagement des jeunes européens dans la Résistance. La dérive visant à faire de l’école le lieu privilégié du « devoir de mémoire » où doit aussi se construire coûte que coûte le sentiment d’appartenance européenne, se confirme. « [...] je demande aux proviseurs, dans le cadre de
l’organisation de la Semaine de l’Europe à l’École, de rappeler aux équipes éducatives qu’il convient d’honorer le souvenir de Guy Môquet, de ses 26 compagnons fusillés pour valoriser tous les jeunes Européens qui s’engagèrent dans la Résistance [...] ».
Aux chefs d’établissement donc de se débrouiller. Rien n’oblige l’enseignant, cette fois, à se plier à l’injonction.
« Savoir, c’est-à-dire prévoir pour agir. »
HENRI BERGSONRÉFORME DE L’IRCANTEC
PASSAGE EN FORCE
LAURÉATS CONCOURS 2008
BILAN DES AFFECTATIONS
PRÉCARITÉ
ANNE-MARIE, 45 ANS,VACATAIRE
L e CA de l’IRCANTEC était convoqué le 3 sep- tembre pour examiner un projet de réforme de la retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques.
Le projet conjugue la baisse des pensions à une augmentation des cotisations, plus forte pour les salariés que pour leurs employeurs. À terme, la baisse de la pension complémentaire attein- drait 30 % ; de ce fait, les pensions des affiliés à l’IRCANTEC sur l’ensemble de leur carrière varie- raient de 64 % du dernier salaire à 56 %.
En s’ajoutant à une politique salariale particuliè- rement défavorable pour les non-titulaires, l’augmentation des cotisations pèsera sur leur pouvoir d’achat. Cette réforme, conduite dans la précipitation, est inacceptable. Selon les pro-
jections, c’est entre 2012 et 2015 que l’IRCAN- TEC versera davantage de prestations qu’elle ne recevra de cotisations. Il y a donc le temps pour un débat approfondi sur la réforme à conduire.
La FSU récuse toute baisse des pensions ; elle défend une hausse progressive des cotisations des employeurs publics, lesquels versent pour la retraite de leurs agents non titulaires des cotisa- tions inférieures à celles versées pour les titulaires.
Elle a quitté la séance formelle du conseil d’ad- ministration du 3 juillet ainsi que la CGT et FO.
Elle entend intervenir au cours des prochaines semaines dans l’intérêt des retraités et futurs retraités de l’IRCANTEC. Un tract pour informer les collègues est disponible sur le site du SNES.
■ Anne Féray
P our 7 149 postes offerts aux concours externes seulement un peu plus de 6 600 enseignants ont été en réalité recrutés. À noter que les stagiaires affectés en IUFM étaient 9 567 en 2005, 7 901 en 2006 et 7 713 en 2007 (hors PLP et conseillers d’orien- tation). Le suivi de leur affecta- tion a mobilisé une dizaine de militants durant l’été et plus par- ticulièrement du lundi 28 juillet au vendredi 1
eraoût, période durant laquelle le groupe de tra- vail s’est réuni au ministère.
Le SNES durant toute la période des congés scolaires a été en mesure de renseigner et de donner par mail les résultats d’affectation obte- nus, le jour même du passage des disciplines prévu par le planning du ministère.
Nous avons constaté une consultation intensive de notre site Internet durant tout le mois de juillet et la plupart des fiches syndicales qui nous sont parvenues ont été téléchargées.
Les lauréats de la session 2008 sont affectés pour une année en formation à l’IUFM et seront titulaires à temps plein à la rentrée 2009. Or, à cette date, on peut s’attendre à une vague importante de départs en retraite, retardés ces dernières années par les effets de la « réforme » Fillon. De plus, les effectifs d’élèves dans le second degré doivent augmenter à partir de la rentrée 2010.
Ainsi, pour atteindre l’objectif du non-rempla-
L es programmes du « pôle sciences » du col- lège ont été publiés au BO spécial n° 6 du 28 août 2008, après avoir fait l’objet d’un refus unanime en CSE le 3 juillet dernier.
TECHNOLOGIE
C’est une nouvelle discipline qui se dessine. Le cycle central se situe dans la continuité de l’ac- tuel et polémique programme de Sixième (www.snes.edu). Nous avons contesté ce choix tout au long de l’élaboration des textes, puis de la consultation, sans être entendus. Le refus du ministère d’accorder aux membres du CSE un vote séparé sur ce programme, participe de la volonté de formater la technologie à l’aune des disciplines expérimentales.
MATHS, PHYSIQUE-CHIMIE, SVT Les programmes de mathématiques, SPC et SVT ont été « ajustés » au socle soi-disant sans modification de contenu, donc sans faire l’ob- jet d’aucune consultation, soit une troisième publication en quatre ans. Il y a eu de sub- stantielles modifications, sur lesquelles le minis- tère a refusé de revenir : disparition quasi com- plète de toute référence à l’histoire des sciences au profit de l’histoire des arts, suppression de toute mention de la nécessité de travail en groupe à effectif allégé dans les disciplines expérimentales...
Certains de nos amendements ont tout de même été repris, dont :
• en physique, l’introduction du circuit de déri- vation dans le socle commun et le retrait de la référence à PISA en matière d’évaluation ;
• en SVT, la contraception d’urgence sous contrôle médical, la référence aux professeurs documentalistes pour la dernière partie du programme de Troisième.
Le SNES a voté contre ces textes, refusant l’esprit du programme de technologie et l’introduc- tion de l’histoire des arts.
HISTOIRE-GÉOGRAPHIE ET ÉDUCATION CIVIQUE EN COLLÈGE Le SNES a souligné les avancées intéressantes présentées par ces nouveaux programmes : plus de thèmes au choix, des approches nouvelles par étude de cas, une ouverture sur les mondes extra- européens, etc. Ainsi, les programmes ont été partiellement modifiés suite à la consultation offi- cielle et à nos remarques au groupe d’experts (surtout pour l’histoire en Sixième et Cinquième, pour l’éducation civique en Troisième).
Nos amendements au CSE ont permis de réin- troduire les aspects civilisationnels de l’Islam (en Cinquième) ou encore les lois sociales de 1936 et la Sécurité sociale (qui avaient disparu des
« repères » exigibles au brevet). Le CSE a refusé notre amendement demandant le retrait de la référence – inadaptée – à l’encyclique « Rerum Novarum » dans les repères de Quatrième.
D’autre part, le SNES a dénoncé les décisions prises en dehors de toute consultation comme celle de présenter les volumes horaires en pour- centage ou encore celle d’accorder 25 % du programme à l’histoire des arts.
Ce programme d’histoire des arts, présenté à part et soumis au vote du CSE sans aucune consulta- tion préalable, modifie substantiellement ce qui est présenté dans le programme d’histoire.
Un bilan mitigé que traduisent les votes expri- més au CSE : 9 voix pour, 5 contre, 17 absten- tions (dont le SNES).
■ Alice Cardoso, Valérie Sipahimalani
D epuis plusieurs années, alors que le recours à la vacation ne devrait être qu’exceptionnel, il s’est généralisé. Elle n’est plus utilisée pour une tâche ponctuelle mais pour des besoins comme le remplacement qui, en permettant la conti- nuité des services publics, est un besoin perma- nent. Comme bon nombre de ses collègues de l’académie de Nice, Anne-Marie se voit imposer des vacations quand le rectorat la sollicite.
L’US : QUELS SONT TON PARCOURS ET TA SITUATION CETTE RENTRÉE ?
Anne-Marie : Recrutée depuis 1999, j’enseigne comme profes- seur d’économie-gestion. J’ai enchaîné les CDD sur poste vacant jusqu’à la rentrée 2005 avant de me retrouver au chô- mage pendant un an. On me rap- pelle alors pour deux contrats successifs d’un mois et demi et c’est à nouveau le chômage.
Peu après la rentrée 2007, en fin de droits, le rectorat me rappelle pour un poste mais me contraint à être vacataire. À Nice, le recours à la vacation est quasi systématique quand bien même le besoin dépasse les deux0 cents heures ; elle est un passage obligé avant d’être contrac-
tualisé et encore, sans garantie de l’être. Rien ne les empêche de prendre un autre vacataire si le besoin se prolonge.
L’US : QUELS SONT TES DROITS EN TANT QUE VACATAIRE ?
A.-M. : J’ai épuisé tous mes droits au chômage et la vacation ne me permet pas d’en obtenir de nouveaux. Je n’ouvre ni droits aux congés payés, ni aux congés maladie. Je vis la vacation comme un déclassement, une régression.
L’US : QUELLES PERSPECTIVES ? A.-M. : Je me présente au concours mais sans avoir la possibilité de vraiment le préparer. Les seules possibilités de titularisation sont non seulement inadaptées à notre situation et nos conditions d’exercice mais insuffisantes. Dans ma discipline, l’économie-gestion, le CAPES interne était fermé l’an dernier et à l’externe 40 postes étaient proposés ! Je connais et je partage les revendications du SNES pour les non-titulaires, mais, à près de 45 ans, le mépris institutionnel m’écœure et ajoute au découra- gement devant les conditions d’exercice qu’on nous impose.
■Propos recueillis par Vincent Lombard
cement d’un fonctionnaire sur deux, le gou- vernement a choisi délibérément de dégrader les conditions d’études des élèves et des condi- tions de travail des personnels. Une fois de plus la logique financière l’emporte sur la logique éducative.
■ Jean-Paul Gaëtan, Sandra Matos
CONCOURS 2009
•Inscriptions: du jeudi 11 septembre 2008 à 12 heures au mardi 21 octobre 2008 à 17 heures*.
•Confirmations :du jeudi 30 octobre 2008 au mardi 13 novembre 2008 à 17 heures.
•Date limite de demande de changement de centre d’écrit :jeudi 11 décembre 2008.
•Inscriptions par écrit :
mercredi 22 octobre 2008 à minuit.
•Confirmations par écrit :
vendredi 14 novembre 2008 à minuit.
©DR ©Clément Martin
QUELS PROGRAMMES ?
CSE DU 3 JUILLET 2008 (SUITE)
Programmes de SVT de Troisième : à peine parus, déjà appliqués
Les IPR relaient actuellement les recommandations de l’IG de SVT concernant la mise en application dès cette année du nouveau programme de Troi- sième publiée au BO du 28 août 2008 et dont l’en- trée en vigueur est en principe septembre 2009.
Le SNES a exposé en CSE ses réticences sur ce pro- gramme (voir ci-contre).
Une telle mise en application anticipée pose pro- blème même si l’allègement de deux à un sujet pour la dernière partie soulagera certainement les collègues. Le SNES a demandé à l’IG une clarifi- cation officielle de la situation.