Conseil de la Jeunesse
Mandat 2018/2019
Instance d’avis et de représentation offi cielle des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles
LA VALORISATION ET LA
RECONNAISSANCE DU VOLONTARIAT CHEZ LES JEUNES
PROCESSUS INTERNE
• Proposition des jeunes de la commission citoyenneté et participation
• Consultation lancée entre du 02 juillet 2018 au 15 octobre 2018
• Avis voté par l’Assemblée générale le 22 février 2019
En Belgique, chaque année, entre 1 et 1,4 million de personnes sont engagées dans le volontariat. Parmi ces volontaires, plusieurs dizaines de milliers de jeunes de 16 à 30 ans s’investissent dans les organisations de jeunesse ou en-dehors de celles-ci.
Le volontariat est un acte gratuit, tourné vers autrui (hors famille et entourage), dans un cadre organisé et non contractualisé. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes se mobilisent pour diverses causes, notamment pour le climat. Cette participation citoyenne peut déboucher sur un engagement dans le volontariat.
En 2005, une loi a permis de reconnaitre le volontariat* . Certes, c’est une avancée, mais en 2019, beaucoup de volontaires ne sentent pas leur engagement assez reconnu. Dès lors, dans son plan d’action, la commission citoyenneté et participation du Conseil de la Jeunesse a souhaité travailler à la valorisation et la reconnaissance du volontariat chez les jeunes afi n de rendre un avis offi ciel auprès des autorités compétentes.
C’est dans ce cadre qu’elle a sondé les cinq Fédérations d’Organisations de Jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les Scouts, ainsi que la Plateforme Francophone du Volontariat et a lancé une consultation du 02 juillet 2018 au 15 octobre 2018. Celle-ci a été diff usée via Facebook, par des organisations de jeunesse, par les écoles partenaires et dans diff érents événements. Les festivals choisis étaient Les Ardentes(Liège), LaSemo (Enghien) et les Solidarités(Namur). En outre, une consultation a été réalisée à Bruxelles au Parc Royal lors de la fête nationale et une autre lors de Bruxelles Champêtre. Cela a permis de récolter l’avis de 735 personnes. Ci-dessous se trouvent une synthèse des enseignements de cette consultation et la position des structures sondées.
LA CONSULTATION
Loi du 3 juillet 2005 relative aux droits des volontaires (M.b. 29 août 2005)
Volontariat*
En raison des lieux choisis et du public visé, une très grande majorité de personnes sondées avaient entre 16 et 30 ans et étaient originaires des deux régions de la Fédération Wallonie- Bruxelles.
Toutefois quelques personnes étaient plus âgées (entre 31 et 58 ans). Une majorité féminine a répondu. Les personnes les plus consultées étaient des étudiants. Les lieux ciblés par le sondage, notamment les festivals et certaines écoles secondaires peuvent l’expliquer.
Une grande majorité était ou avait été volontaire (77,02%). Parmi ces volontaires sondés,
75,68% étaient des fi lles. C’est surtout dans l’animation (69,55%) et dans les événements (41,44%) que ces volontaires s’étaient engagés.
Ils avaient entendu parler de ce volontariat d’abord par leurs amis (50,85 %) et aussi par les organisations elles-mêmes (48,40%).
Selon le sondage, le volontariat apportait ou avait apporté au volontaire surtout du plaisir, des rencontres, mais aussi des compétences.
De même, un volontaire sur deux estimait que cela lui apportait du bien-être et que cette expérience était bonne pour son C.V.
Le volontariat est dès lors perçu comme une activité enrichissante apportant énormément de satisfactions personnelles, mais aussi un plus pour le volontaire au point de vue de ses compétences et de l’enrichissement de son C.V.
Ce qui avait en priorité motivé les personnes à s’engager était le plaisir, le bien-être et les rencontres. Il existe donc une grande similitude pour ces trois points entre ce qui a motivé les volontaires et le bénéfi ce qu’ils en retirent.
Par contre, une diff érence apparaît entre la motivation de départ et le bénéfi ce de cette expérience par rapport au C.V. Seulement un jeune sur cinq est motivé pour le C.V. quand il s’engage, mais au fi nal un jeune sur deux s’aperçoit que cette expérience est intéressante pour de futurs employeurs.
La diff érence est encore plus marquée quant aux compétences acquises. En eff et, au départ, seuls 32,02 % étaient motivés pour acquérir des compétences. Par contre, grâce à l’expérience du volontariat, 72,37 % pensaient qu’ils avaient acquis des compétences. Ce n’est pas l’appât de celles-ci qui les motive, mais ils ont pris conscience, au fi l de leur engagement que le volontariat apporte ces compétences.
En ce qui concerne la valorisation du
volontariat, une grande majorité des personnes interrogées (91,69%) pense qu’il faut
l’améliorer.
Quatre grandes tendances se dégagent dans la manière de valoriser le volontariat. Tout d’abord, il faut accorder un aménagement du temps de travail ou d’étude pour les volontaires.
Les volontaires ont donc besoin de temps.
De même, la formation des volontaires est nécessaire et demande à être encouragée.
En outre, les compétences acquises au cours de l’expérience de volontaire doivent être reconnues. Cette reconnaissance semble importante pour des volontaires qui au départ ne s’engage pas nécessairement dans cet objectif. Enfi n, il faut davantage promouvoir le volontariat afi n de donner plus de visibilité à cette activité.
POINTS DE VUE DES STRUCTURES
Suite aux contacts avec les Fédérations d’organisations de Jeunesse, la Plateforme Francophone du Volontariat (P.F.V.) et Les Scouts, le Conseil de la Jeunesse a dégagé les principaux axes défendus par ces diff érentes structures. Il est à noter que la fédération
« Jeunes et libres » n’a pas émis d’avis offi ciel sur le sujet.
Les structures consultées insistent sur la valorisation des compétences et sur l’impact positif que cela pourrait avoir pour la recherche d’un emploi. Toutefois, elles soulignent le risque si ces compétences devenaient un critère de sélection pour l’employeur. Elles demandent également une augmentation des moyens alloués à la formation des animateurs. Enfi n, la mise en place d’un congé citoyen est souhaitée pour permettre aux volontaires de pratiquer leurs activités ponctuellement.
BILAN DES CONSULTATIONS DES JEUNES ET DES
ORGANISATIONS DE VOLONTAIRES
Le volontariat occupe une place importante dans la Fédération Wallonie-Bruxelles. Que ce soit les personnes consultées ou les organisations, il semble que le volontariat mérite d’être davantage valorisé.
Dès lors, le Conseil de la Jeunesse souhaite une meilleure reconnaissance du volontariat en Belgique. Pour étayer son avis, le Conseil de la Jeunesse le déclinera en cinq points : la formation ; la promotion ; le volontariat et chômage ; le temps et la fl exibilité ; et enfi n la validation ou la valorisation des compétences.
FORMATION DES VOLONTAIRES
Projet du Pacte*
Avis n°3 du Groupe central 7 mars 2017,0S5.2 Développer la qualité de vie à l’école.
L’activité exercée par le volontaire entraine automatiquement la maitrise de diverses connaissances : administratives, légales, pédagogiques, techniques… nécessaires, voire vitales pour le bon fonctionnement de l’organisation. Les structures, surtout les petites, disposent de peu de moyens pour former ces volontaires. Ces derniers doivent parfois payer eux-mêmes ces formations.
Une majorité des sondés pensent que ces formations devraient être soutenues par les pouvoirs publics, l’employeur ou les écoles.
Il est nécessaire que les autorités publiques investissent davantage afi n de fi nancer ces formations en vue de tendre vers la qualité optimum et la gratuité de celles-ci.
En soutenant ces formations, on reconnaitra et on encouragera la qualité des activités du volontaire. Ce qui profi tera au volontaire lui-même, mais également aux personnes qui bénéfi cient de ses services. De même, afi n d’assurer un encadrement qualitatif des volontaires, il est nécessaire de fi nancer les diff érentes structures, notamment en maintenant un nombre suffi sant d’A.P.E.* au sein des équipes de permanents. Dans les sections locales de volontaires, il existe de nombreuses inégalités quant à l’aide apportée par certaines communes.
RECRUTEMENT DES VOLONTAIRES
En ce qui concerne le recrutement, lors de la consultation, il s’est avéré que c’est surtout par des amis et les organisations elles-mêmes que les jeunes ont connu le volontariat. Cela désavantage les petites structures qui ont moins de membres et de moyens pour se faire connaitre. A l’instar des universités, afi n de pérenniser l’engagement des volontaires, le Conseil de la Jeunesse pense que les écoles, en particulier de l’enseignement obligatoire sont le meilleur moyen de promotion du volontariat.
En eff et, tous les jeunes passent par cet enseignement et sont donc susceptibles d’y être sensibilisés.
Le Pacte d’Excellence prévoit déjà une
collaboration avec l’associatif. Il est inscrit dans le projet du Pacte* :
« Développer les activités extrascolaires et citoyennes et assurer l’ouverture de l’école et le partenariat avec les acteurs extérieurs : (…) le GC (Groupe Central) insiste sur l’importance de développer toutes les activités permettant aux élèves d’être mis en mode « projet » en partenariat notamment avec les acteurs associatifs, le monde économique ou les acteurs de l’éducation à la citoyenneté. » Le Conseil de la Jeunesse souhaite que Le Pacte favorise la transversalité
intersectorielle en insistant sur l’importance du volontariat.
Il faut développer des activités de volontariat au sein de l’école, que ce soit directement par l’équipe éducative ou en partenariat avec des organisations de volontariat externes. Cela permettra d’amener les jeunes à s’engager davantage dans les diff érentes structures existantes.
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Validation et valorisation*
Décret Communauté française du 22 octobre 2003 : MB 1.12.2004 - Décret Région wallonne du 13 novembre 2003 : MB 23.01.2004 - Décret Cocof
A.P.E. *
Aide à la Promotion de l’Emploi
Une autre façon de faire la promotion du volontariat est de se servir des plateformes existantes de recrutement des volontaires, comme par exemple, la plateforme
organisationdejeunesse.be. Celles-ci sont trop peu connues et peu développées. Les autorités publiques doivent davantage soutenir ces plateformes afi n de les rendre plus visibles, plus performantes et ainsi susciter
l’engagement des jeunes.
CHÔMAGE ET VOLONTARIAT
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Depuis 2005, le législateur a assoupli la procédure pour le chômeur qui souhaite être volontaire. Celui-ci doit introduire le formulaire C45B auprès de son organisme payeur et attendre une réponse favorable de l’ONEM.
Cette procédure peut cependant être un frein pour le chômeur, car l’accord peut être lié à l’interprétation des agents. De même, ces agents ne voient pas toujours l’intérêt du volontariat en termes de valorisation des compétences et d’insertion sociale pour le chômeur.
Afi n de faciliter l’accès au volontariat, comme le Conseil Supérieur du Volontariat l’indiquait déjà dans son avis sur l’avant-projet de la loi modifi ant la loi de 2005 , le Conseil de la Jeunesse demande la suppression du C45B.
De plus, afi n d’encourager le volontariat, le Conseil de la Jeunesse souhaite que les agents de l’ONEM soient mieux informés et formés pour promouvoir cette activité auprès des chômeurs. Il est bien entendu que cette incitation au volontariat ne doit pas se transformer en une obligation pour le chômeur.
Le volontariat doit rester un acte LIBRE. De même, le volontariat ne doit pas devenir un travail caché en faveur des associations.
LE TEMPS ET LA FLEXIBILITÉ
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Les volontaires s’investissent dans leurs activités durant leurs temps libres. Cependant, certaines tâches ne peuvent s’eff ectuer
qu’à certains moments (heures d’ouverture d’une banque, d’une administration, prêt de matériel…).Que l’on soit étudiant ou travailleur, il est souvent diffi cile, voire impossible, de se libérer durant ces moments.
Comme dans d’autres associations, cette contrainte est vécue quotidiennement par les volontaires du Conseil de la Jeunesse les empêchant fréquemment d’assumer les diverses tâches dans lesquelles ils
sont engagés.
• Pour les étudiants, il faudrait accorder la possibilité de s’absenter durant les cours.
Un document offi ciel de l’association serait délivré pour justifi er ces absences. La
mission de l’école est d’ailleurs d’encourager l’engagement citoyen.
• Pour les travailleurs, il faudrait donner le droit de prendre des congés citoyens (assimilés à des congés thématiques).
VALORISATION DU VOLONTARIAT
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Enfi n, en Belgique, il existe actuellement deux systèmes : la validation et la valorisation* des compétences acquises par les volontaires . Ces « congés » doivent être pris comme une plus-value, car l’étudiant ou le travailleur développera une série de compétences utiles tant sur le plan personnel que scolaire ou professionnel.
des compétences professionnelles, qu’elles aient été acquises dans le cadre d’un emploi, d’une formation ou d’un volontariat, même si les compétences issues de cette validation sont malheureusement trop peu reconnues et limitées. Les candidats doivent alors se présenter au CDVC (Centre de Validation des Compétences) devant un jury qui validera leur expérience pour un futur employeur.
Deuxièmement, la valorisation des acquis de l'expérience. Elle ouvre des passerelles, offre des dispenses de cours ou facilite l'accès à un master lors de la reprise d'études lorsque le bénéficiaire fait preuve d'une certaine
expérience dans un domaine précis. Le Conseil de la Jeunesse estime que la validation des compétences suite à une expérience de volontaire s’inscrit dans des mécanismes liés au marché du travail. La certification des acquis est plus liée au renforcement de l’employabilité des individus qu’au don de soi, libre et
désintéressé qui caractérise l’engagement volontaire Cette validation risque donc de dénaturer le volontariat.
Toutefois, la validation des acquis peut avoir une incidence positive si elle est réalisée en interne au sein d’une association dans un but de valorisation des connaissances. Aussi, il existe déjà plusieurs outils pour valoriser les compétences. Ceux-ci permettent aux volontaires de prendre conscience de leurs acquis et de les mettre en évidence au sein de leur organisation et en dehors de celle-ci. On peut citer, par exemple, le Portfolio européen pour les animateurs et travailleurs de jeunesse, développé par la Direction de la Jeunesse et du Sport du Conseil de l’Europe. Cet outil en ligne qui aide les individus, les équipes et les organisations œuvrant dans le domaine de la jeunesse en Europe à comprendre leurs compétences et à les développer plus efficacement. Cet outil peut également être utilisé par les formateurs, les responsables d’animation de jeunesse et les décideurs, ainsi que par tous ceux qui s’intéressent au développement de la qualité et à la reconnaissance du travail de jeunesse.
Le Conseil de la Jeunesse ne souhaite pas la validation des compétences, mais leur valorisation. Il demande que les autorités encouragent le développement d’outils afin de valoriser ces compétences.
Les volontaires pourront ainsi prendre
conscience de leurs acquis. Cela leur permettra d’améliorer leur pratique dans leur activité de volontariat. Mais aussi, même si ce n’est pas un objectif en soi, cela leur permettra, lorsqu’ils postuleront pour un emploi, de
prendre conscience de leurs atouts et de mettre en évidence les différents acquis dans leur parcours de volontaire.
Scout Leader Skills , un outil permettant à leurs 25 000 animateurs et cadres bénévoles de faire le point sur les compétences acquises à travers leur engagement scout, de mieux les comprendre et de déterminer comment les utiliser dans leurs projets personnels et professionnels. Ces compétences sont d’ordre interpersonnel, fonctionnel ou liées à des attitudes. Elles sont ce qu’on appelle aujourd’hui des compétences de type “soft- skills” par opposition aux compétences “hard- skills”, plus théoriques ou techniques.
Le Conseil de la Jeunesse délivre également à ses BeYA (Belgium Young Ambassador) un document valorisant le parcours de leur mandat et leurs compétences développées (connaissance des institutions européennes, expériences en animation de groupes, pratiques actives du débat…). Ce document n’a aucune valeur certificative, mais permet de reconnaitre l’acquis des jeunes volontaires.
LE CONSEIL DE LA JEUNESSE :
Souhaite obtenir un refi nancement des formations et de l’encadrement afi n d’avoir des volontaires encore plus compétents au service des citoyens.
PLAIDOYER
Souhaite que le volontariat soit encouragé au sein des écoles afi n de promouvoir celui-ci. En outre, en formant mieux les agents d’Actiris et du Forem et en supprimant les procédures administratives (C45B), on favorisera le volontariat auprès des demandeurs d’emplois.
Souhaite que des congés soient accordés aux étudiants et aux travailleurs afi n de permettre aux volontaires de pouvoir
occasionnellement accomplir toute une série de démarches permettant de s’investir davantage dans leur engagement.
Ne défend pas la validation des compétences qui dénature l’acte gratuit du volontariat. Mais il souhaite que la valorisation de celui-ci soit soutenue par les pouvoirs publics afi n de conscientiser les volontaires à l’importance, tant sur le plan personnel que professionnel, des diverses compétences qu’ils ont acquises dans leur engagement. Le volontariat doit rester un acte libre, gratuit au service d’autrui, mais il sera toujours bénéfi que à la population et au volontaire, donc à l’ensemble de la société.
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