Les chamanes : dans le secret des dieux
written by Davina Delor | 19 octobre 2005 QU’EST-CE QU’UN CHAMANE ?
Les recherches anthropologiques menées fort sérieusement aux quatre coins de la planète rapportent que les hommes et les quelques femmes porteurs du titre de chamane sont bien loin de la culture primitive dont les taxe parfois l’esprit rationaliste occidental. C’est parce que leur regard sait aller au-delà de la vision des sens, découvrant de ce fait le vrai visage des choses, qu’ils recueillent le blâme de ceux dont les yeux de l’esprit restent aveugles. Le plus souvent, les scientifiques refusent d’agréer leurs pratiques de guérison parce qu’ils n’acceptent pas l’idée d’un pouvoir de vie situé hors de leurs théories. Le chamane est celui qui dialogue avec toutes les formes, toutes les expressions vivantes ou inertes. Il parle avec les plantes dont il sait obtenir la plus noble substance. Sans effort, il déchiffre le message des pierres, il comprend le langage du vent et de la pluie qu’il peut mettre au profit des êtres pour l’entretien du corps et le développement de l’esprit. Protecteur des origines, le chamane est l’âme incarnée des forces de la nature. Chargé d’une mission sacrée, il sait soigner les états de conscience altérés en permettant aux esprits décalés de reprendre leur place initialement équilibrée au sein de l’univers.
PAR QUELS PROCÉDÉS ?
De multiples mémoires inscrivent les expériences de l’existence dans les corps et dans les consciences. À partir de ces mémoires directes, les mécanismes du cerveau, extrêmement subtils, développent des états secondaires appelés névroses, psychoses, etc. Les pratiques chamaniques déclenchent une activité inhabituelle dans les régions inexplorées du cerveau, libérant une qualité d’énergie vitale
intacte. C’est le cas, par exemple, des thérapies chamaniques exercées sur les toxicomanes où il s’agit de modifier les e
́tats de conscience au travers d’une expérience psychique qui les délivrera de leur accoutumance. Ce qui, bien entendu, n’est pas si simple quant aux conditions à réunir. S’il est suffisant de dire que le candidat au retour à la santé physique et mentale doit être prêt, encore s’agit-il de savoir ce qu’il en est. Il convient en ce cas de comprendre, d’être prêt à se rencontrer dans le cadre d’une psychanalyse mille fois accélérée. Être prêt à laisser mourir les tendances nocives qui composent l’image actuelle envers laquelle, malgré les souffrances, l’ego reste très attaché. Etre prêt à faire naı̂tre de soi-même dans l’espace libre ainsi créé, le nouvel e
̂tre. Sous l’emprise de certains conditionnements, qui vont de l’absorption de plantes (ni magiques, ni toxiques comme se plaisent à le faire croire les esprits ignorants) aux chants incantatoires, parfois aux danses rituelles, la conscience du participant va pouvoir s’ouvrir à sa dimension profonde avant de pénétrer dans son propre silence.
EN PRATIQUE
Le yoga des chamanes
Extrait de l’ouvrage L’ABC du chamanisme qui vous permet de
“retrouver votre âme d’enfant avec votre expérience d’adulte”
:
Il s’agit de rendre plus léger votre corps, de vous propulser comme l’araignée en mouvements d’allégement (les jambes se soulèvent haut à chaque pas dans l’inspiration) et vous avancez comme si vous alliez vous envoler en remuant rythmiquement les omoplates, coudes repliés. À pratiquer en marchant et en bonds sautillants. Cette façon de marcher vous rendra fort, léger, joyeux et pleinement dans l’instant.
POUR EN SAVOIR PLUS
La liane des dieux, d’Isabelle Clerc aux éditions L’Originel.
ABC du chamanisme, de Maja Cardot et Isabelle Clerc aux e
́ditions Granger.
Qu’est-ce qu’un Chamane ?
Les recherches anthropologiques menées fort sérieusement aux quatre coins de la planète rapportent que les hommes et les quelques femmes porteurs du titre de chamane sont bien loin de la culture primitive dont les taxe parfois l’esprit rationaliste occidental. C’est parce que leur regard sait aller au-delà de la vision des sens, découvrant de ce fait le vrai visage des choses, qu’ils recueillent le blâme de ceux dont les yeux de l’esprit restent aveugles. Le plus souvent, les scientifiques refusent d’agréer leurs pratiques de guérison parce qu’ils n’acceptent pas l’idée d’un pouvoir de vie situé hors de leurs théories. Le chamane est celui qui dialogue avec toutes les formes, toutes les expressions vivantes ou inertes. Il parle avec les plantes dont il sait obtenir la plus noble substance. Sans effort, il déchiffre le message des pierres, il comprend le langage du vent et de la pluie qu’il peut mettre au profit des êtres pour l’entretien du corps et le développement de l’esprit. Protecteur des origines, le chamane est l’âme incarnée des forces de la nature. Chargé d’une mission sacrée, il sait soigner les états de conscience altérés en permettant aux esprits décalés de reprendre leur place initialement équilibrée au sein de l’univers.
Par quels procédés ?
De multiples mémoires inscrivent les expériences de l’existence dans les corps et dans les consciences. À partir de ces mémoires directes, les mécanismes du cerveau, extrêmement subtils, développent des états secondaires appelés névroses, psychoses, etc. Les pratiques chamaniques déclenchent une activité inhabituelle dans les régions inexplorées du cerveau, libérant une qualité d’énergie vitale intacte. C’est le cas, par exemple, des thérapies chamaniques exercées sur les toxicomanes où il s’agit de modifier les e
́tats de conscience au travers d’une expérience psychique qui les délivrera de leur accoutumance. Ce qui, bien entendu, n’est pas si simple quant aux conditions à réunir. S’il est suffisant de dire que le candidat au retour à la santé physique et mentale doit être prêt, encore s’agit-il de savoir ce qu’il en est. Il convient en ce cas de comprendre, d’être prêt à se rencontrer dans le cadre d’une psychanalyse mille fois accélérée. Être prêt à laisser mourir les tendances nocives qui composent l’image actuelle envers laquelle, malgré les souffrances, l’ego reste très attaché. Etre prêt à faire naı̂tre de soi-même dans l’espace libre ainsi créé, le nouvel e
̂tre. Sous l’emprise de certains conditionnements, qui vont de l’absorption de plantes (ni magiques, ni toxiques comme se plaisent à le faire croire les esprits ignorants) aux chants incantatoires, parfois aux danses rituelles, la conscience du participant va pouvoir s’ouvrir à sa dimension profonde avant de pénétrer dans son propre silence.
Un témoignage
Rares de nos jours sont les êtres à l’âme aventurière logée dans un cœur pur. Etre authentique et vouloir le rester conduit sur les chemins de la vie les plus escarpés, les moins confortables, surtout lorsque l’on est une femme. Après une enfance dorée où elle connut la solitude morale vécue comme un abandon, Isabelle Clerc n’eut de cesse de parcourir les routes
de l’ailleurs. Visiter et rencontrer tout ce qui pouvait l’emmener loin de cette société de consommation, de profit et de jouissances grossières. Élevée par les livres dans les aventures des autres, elle découvrit en elle un talent d’écrivain poète, témoin de son temps et de ses semblables.
Différente pourtant, parfois jusqu’à l’extrême, elle partit seule, à l’âge de 17 ans, à la recherche du monde, peut-être surtout du sien. En Inde, elle “tomba”, comme elle dit, en yoga et en méditation : “Ça a commencé là et n’a jamais cessé, c’est la rencontre avec la vraie nature, trouver et perdre, l’union, l’amour, la vérité, la beauté, la simplicité, c’est la même chose pour moi. Quand il y a de la joie, c’est que l’on est proche, quand on est déprimé, c’est que l’on s’est éloigné. Ce n’est pas un état qui est stable ou que l’on peut stabiliser. Tout d’un coup, il y a le cadeau d’un instant de bonheur, on le prend, on le perd, mais il ne faut pas oublier qu’il nous appartient de faire ce qu’il faut pour le retrouver. Les mouvements de l’existence, l’ouverture de l’esprit, la connaissance de soi, tout est de l’ordre du voyage intérieur, du détachement… L’aventure n’est pas une situation, elle est un état.”
Cet état, Isabelle ne cessa de le vivre, pendant dix ans, entre des allers et retours vers la Colombie, le Mexique et la France où elle réservait du temps à l’éducation de sa fille. À
travers ce périple, elle glissa sous le charme envoûtant de l’Amazonie. Coup de foudre durable qui la fidélisa à cet endroit du monde. “La forêt me rappelle toujours à elle. De la même façon, je me suis toujours sentie reliée aux Indiens. Après mon premier voyage en Amazonie, j’ai voulu retrouver ces échanges, ce contact avec ces gens si simples et pourtant si fabuleusement riches d’une nature authentique.
De retour en France, j’ai cherché et rencontré plein de chamanes, mais est-ce que les choses de cet ordre se transplantent ? Un vin de Bordeaux transporté en Amazonie a- t-il le même goût qu’ici ? Non, il faut aller chercher les choses où elles se trouvent. Dans les pays dits civilisés, il y a beaucoup de dérives, de distorsions. Les vrais
chamanes sont les taitas, ils sont là-bas, la transmission est dans le silence, les choses passent et se taisent...”
Une expérience
Exercée au yoga, initiée à la méditation par de grands maı̂tres, Isabelle Clerc poursuit sa quête vers l’union indivisée, indivisible. Elle dit l’avoir trouvée chez les chamanes, dans l’écriture, dans la peinture, mais peu avec les gens. “Parce que rien ne dure vraiment, je ne voudrais plus être déçue, toujours…”
En manque de vérité, elle sait alors où se tourner :
“L’univers des chamanes est mal compris, pas connu du tout, leur clé, c’est le rire. Le chamane est celui qui est à la source et qui vibre encore au-delà des contraintes, des faux- semblants et des dogmes.” Pour rejoindre la source en elle, et parce qu’elle était “prête”, elle connut l’expérience du yagé, une plante sacrée des Indiens, visionnaire sans être hallucinogène, divine pour les chamanes d’Amazonie. Le yagé est une liane utilisée pour exercer un nettoyage total du corps et de l’esprit. Absolument pas psychotrope, n’ayant aucune relation avec une quelconque drogue, ses effets passent par le corps dont ils se chargent de vider intégralement les intestins et l’estomac avant d’éclaircir le cerveau. “La liane yagé, qui met des jours à se préparer, permet un retour à
l’origine de soi. Lorsque l’on est à ce point purgé, les images vivantes contenues en chacun dans les sources profondes du soi peuvent se révéler. Qu’est-ce qui peut être comparé
à cela ?” interroge Isabelle en laissant son regard rejoindre la forêt. “D’autres moyens, bien sûr existent, sans avoir besoin de se déplacer aussi loin, mais c’est mon expérience, et elle m’a fait savoir qu’en moi, il y a bien plus que moi.
L’ego, dans son insignifiante dimension, raisonne : que sommes-nous au fond ? Tout et rien.”
En pratique : le yoga des chamanes
Extrait de l’ouvrage L’ABC du chamanisme qui vous permet de
“retrouver votre âme d’enfant avec votre expérience d’adulte”
:
Il s’agit de rendre plus léger votre corps, de vous propulser comme l’araignée en mouvements d’allégement (les jambes se soulèvent haut à chaque pas dans l’inspiration) et vous avancez comme si vous alliez vous envoler en remuant rythmiquement les omoplates, coudes repliés. À pratiquer en marchant et en bonds sautillants. Cette façon de marcher vous rendra fort, léger, joyeux et pleinement dans l’instant.
POUR EN SAVOIR PLUS
La liane des dieux, d’Isabelle Clerc aux éditions L’Originel.
ABC du chamanisme, de Maja Cardot et Isabelle Clerc aux e
́ditions Granger.
Des origines à nos jours
Pierre Bonnasse, écrivain, poète et chercheur en sciences humaines, vient de publier aux éditions Trouble-fête, Les voix de l’extase. Une anthologie littéraire sur les plantes sacrées utilisées traditionnellement par les chamanes. Cet ouvrage s’adresse à un large public intéressé par le chamanisme, la botanique, les médecines naturelles et les cultures des peuples premiers. Pierre Bonnasse réalise actuellement une thèse en doctorat sur les états modifiés de conscience à
l’université de Pau.