S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
R OGER G ODEMENT
Les fonctions ζ des algèbres simples, I
Séminaire N. Bourbaki, 1960, exp. n
o171, p. 27-49
<http://www.numdam.org/item?id=SB_1958-1960__5__27_0>
© Association des collaborateurs de Nicolas Bourbaki, 1960, tous droits réservés.
L’accès aux archives du séminaire Bourbaki (http://www.bourbaki.
ens.fr/) implique l’accord avec les conditions générales d’utilisa- tion (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commer- ciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
27
LES
FONCTIONS 03B6
DESALGÈBRES SIMPLES,
I.par
Roger
GODEMENTSéminaire
BOURBAKI(Décembre 1958)
On
sait, depuis HECKE,
attacher à tout corps de nombresalgébriques
desséries
de Dirichlet à
équation fonctionnelle, séries
dont lespropriétés analytiques (résidu
en s = 1 parexemple)
traduisent certainespropriétés arithmétiques
descorps
considérés.
Comme onpeut
aussiconsidérer
un corps de nombres comme unealgè-
bre
simple
commutative sur le corps desrationnels,
on acherché après HECKE à
atta-cher de
même
desfonctions 45
auxalgèbres simples
non commutatives sur le corps desrationnels ;
3 lesrésultats classiques
dans cette voie sontdûs
à K. HEY dontla Dissertation (Hambourg, 1929)
estrésumée
auchapitre VII, paragraphe
8 del’ouvrage classique
de DEURING~1~.
La
théorie
de HECKE a faitl’objet récemment
d’unexposé beaucoup plus
beaudû
à J. TATE
exposé basé
surl’analyse harmonique
dans le groupe desidèles
d’un corps de nombres. En utilisant un articlerécent
de G. FUJISAKI~2 ~,
on se propose dans cetexposé
et le suivantd’étendre
laméthode
de TATE(qu’il faudrait aussi,
sans
doute,
attribuerégalement
àIWASAWA)
au cas non commutatif.Dans ce
premier exposé
on se bornera à traiter despréliminaires arithmétiques indispensables,
lapartie "analytique"
devantêtre étudiée
dans le secondexposé.
1. La
théorie élémentaire
desréseaux.
Dans ce
numéro
on se donne une fois pour toutes un anneau de Dedekind A donton
désigne
le corps des fractions par K .(1.1). -
Soit L un espace vectoriel de dimension finie sur K . Onappelle
réseau
de L(ou même A-réseau
si l’on veutpréciser A)
toutepartie Ok
de Lqui
est un sous-A -module detype
finide
L etqui
contient une base de L surK ~
ce
qui
veut dire que tout x E L a unmultiple
non nul dans ou encore quel’homomorphisme évident
estbijectif.
Si A estprincipal,
p~ estlibre. ~
(1.2). -
Si CL’ sont desréseaux
de L il en est demême
de~j.’
t + a." et deo.’
nO."
3 siQ~,
est unréseau
deL ,
alors L’ est unréseau
de L’ pour tout sous-espace L’ deL ;si ~,’
et sont desréseaux
dans L’ et
L" ,
alors les u ~ L =L")
tels queu(p.’ ) ca"
forment un
réseau
deL ;
enfinl’image
d’unréseau
par unhomomorphisme surjectif
est un
réseau.
Cespropriétés
trivialesrésultent
du fait que A estnoethérien.
(1.3). - Soient 0.
unréseau
d’un vectorielL,
etCa~
l’ensemble deêu L ,dual
deL,
tels queA ;
alorsQ*
est unréseau
deL
d’après (1.2), et,
commeA-module,
s’identifiecanoniquement
au dual du Aodu1eC~ d’après (1.1).
Vu lathéorie
des modules sans torsion detype
fini sur un anneaude Dedekind on en
déduit qu’inversement
modulo
l’isomorphisme
debidualité
pour L . Unedémonstration élémentaire (qui
nediffère
d’ailleurs pas de 1démonstration "supérieure")
s’obtient en seramenant,
par "localisation" - voir ci-dessous - au cas trivial d’un anneau
de
baseprincipal.
(1.4). - Soit ~0
unidéal premier
non nul(i.
e.maximal)
deA ,
etrenpla-
çons A par l’anneau de fractions
A C K ) qui
est local etprincipal.
Pour toutA-réseau
0: d’un vectoriel Lsur K ,
lelocalisé
du
a-module
s’identifiecanoniquement
au sous-Ap-module de Lengendré
par~ ~
ce que nous écrironsOn
vérifie
alors quel’application
envoie l’ensemble desA-réseaux
de L surl’ensemble
desAp-réseaux
de L(en
effet unréseau
pourA,
estengendré
par une base de L surK ,
donc s’obtient en localisant leA-réseau engendré
par lamême base).
Deplus
la localisation estcompatible
avectoutes les
opérations
sur lesréseaux définies
en(1.2)
et(1.3).
Il est bien connuenfin
(et
ceci n’a rien à voir avec les anneaux deDedekind...)
que l’on apour tout
A-réseau
a. de L. ~(1.5). -
Cettepropriété
montrequ’un A-réseau
de L estdéterminé
par ladonnée
de seslocalisés ~~
; il y aplus :
il existetoujours un A-réseau 1
dontles
localisés
sontdonnés d’avance,
pourvu que ceux-cicoincident
pour presque toutP
avec leslocalisés
d’unA-réseau donné.
Ladémonstration, élémentaire,
reposesur le
théorème d’approximation
dans les anneaux de Dedekind(existence
d’unélément
de K
ayant
des"parties ’polaires" données
en un nombre fini de"places" données
de
A).
(1.6). - Considérons toujours A , K , L,
commeci-dessus,
et unidéal premier
p
de A . On sait queAp
est l’anneau d’une valuationdiscrète normée
du corpsK,
cequi permet
d’introduire lecomplété Kp
de K relativement àv.r,
cette
valuation, laquelle
seprolonge
d’ailleurs au cor psKp .
En identifiant L àKn
à l’aide d’une base deL,
ondéduit
de latopologie p-adique
de K unetopologie (dite
encorep-adique)
surL, indépendante évidemment
du choix de la base. Lecomplété
de L pour cettetopologie
s’identifiecanoniquement
àmuni de
l’unique topologie qui
en fait un espace vectorieltopologique (E.
V.T.)
surKp
. Tout cela est bien connu, et d’ailleursimmédiat.
(1.7). -
Soitalors a
unA-réseau
dans L et soit l’anneau
des entiers deKp , qui
est local etprincipal.
Alorsl’adhérence
de a dansLp n’est
autre que
et c’est un
Â~ -réseau
deL, ;
on a en outre la relationCes
propriétés résultent
essentiellement despropriétés
de"platitude"
ducomplé-
té
d’un anneau de valuationdiscrète (ou plus généralement
d’un "anneau deZARISKI").
(1.8). -
Ondéduit
de là que le passage d’unA30 -réseau
de L à soncomplété
estune
bijection
de l’ensemble desréseaux
de L(pour A~ )
surl’ensemble
desA~ -réseaux
debijection compatible
avec lesopérations algébriques définies
en
(1.2)
et(1.3).
Cecipermet
de transformer(1.5)
en unénoncé où
leslocalisés
sont remplacés
parles complétés bp , résultat
fort utile.2. Ordres maximaux d’une
al èbre semi-simple.
Pour
éviter
desdifficultés (d’ailleurs
peusérieuses)
on suppose maintenant que K est decaractéristique 0 ,
et on vas’intéresser
auxalgèbres
L de dimension finie surK ;
J on les supposerasemi-simples,
cequi
veut dire que, sur une tellealgèbre,
la formebilinéaire
est nondégénérée (il s’agit
ici de latrace
usuelle, calculée
dans lareprésentation régulière) ;
on saitqu’alors
Lreste
semi-simple
par toute extension du corps de base.(2.1). -
Sice ’
et sont desréseaux
deL ,
il en est demême
de~.’
p,n(sous-groupe engendré
par lesproduits x’x" ,
avecx’ ~ a~
etou) ;
de
même
les x E L tels que x.t~’
Cpu (reep.
C forment unréseau ;
enparticulier,
onappelle inverse
d’unréseau
Ot leréseau et -1 (la terminologie
et la Dotation
adoptées
ioi sontparfois justifiées ...) formé
des x CL tels que enfin onappelle complémentaire
d’unréseau
Q: de L leréseau (j~ formé
des x E L tels quele
résultat énoncé
en(1.3)
donneimmédiatement
la relationpour tout
réseau
de L .(2.2). -
Onappelle ordre
de L toutréseau
B de L tel que l’on aitpar
exemple,
pour toutréseau
03B1 les x ~ L tels que C Cx forment unordre.
(2.3). -
Soit B un ordre deL ;
pour tout x CB ,
l’anneauA~x ~
est conte-nu dans
B ~
donc est un A-module detype fini,
de sorte que tout x ~ B est entier sur A .Inversement,
soit B un sous-anneau deL ~
contenantA , formé
d’entiers surA ,
et contenant une base(x.)
de L surK ;
pour tout x E Bles
éléments xi
x sont entiers surA ,
donc leurs traces sont dansA,~
et par suite B est contenu dans lecomplémentaire
duréseau engendré
par lesx. :
ainsi B est un
A-module de type fini,
donc un ordre. Ce résultatimplique immé-
diatement
(Zorn)
que tout ordre de L est contenu dans un ordre maximal.Si L est
commutative,
il y a un seul ordre maximal : l’ensemble de tous les entiers deL ; il
n’en estplus
demême
dans le cas non commutatif(sauf -
cf.ciessous -
si L est unealgèbre
à division et si A est l’anneau d’une valua- tioncomplète).
(2.4). -
Soit B un ordre deL ;
alors pour toutidéal
premier p
de A ilest clair que
B~
est unordre
del’algèbre L~p
relativement àl’anneau
debase
~
; et cecicaractérise
les ordresparmi
lesréseaux
de L. Comme onpeut,
d après
(1.8),
modifier un nombre fini decomposantes B~
deB,
on endéduit
quel’ordre B est maximal si et seulement si l’ordre ,B est maximal pour
tout p .
(2.5). - Soit
B un ordre maximal deL ;
onappelle B-réseau ("zweiseitige
idéal" dans
DEURING)
toutA-réseau ~
tel queC 4~ .
Comme B est maxi- mal on voit alors trivialement que(car
les xvérifiant
laseconde,
ou latroisième propriété,
forment un ordre conte- nantB),
et ondéduit
de là queBien entendu les
opérations algébriques (somme, produit, intersection, complémen-
taire, etc.)
conservent l’ensemble desB-réseaux.
Il est non moins clairqu’un
réseau
Q, est unB-réseau
si et seulement si0.~
est-réseau
pour toutp .
(2.6). -
UnB-réseau
ce est ditpremier
si c’est enmême temps
unidéal bilatère
maximal del’anneau
B. LesB-réseaux premiers
ne sont autresévidemment
que lesidéaux bilatères
maximaux ce de B tels que(cette propriété signifie
en effet que CLengendre
L ce sontaussi
’leséléments
maximaux dans l’ensemble desB-réseaux
contenus dans B(i.
e."entiers")
et distincts de B. De là et de
(1.8) résulte qu’un B-réseau
estpremier si
et seulement ai l’on
peut
trouver unidéal premier po de
A tel que~0
pourtout ~ ~ ~
O et tel que soitpremier.
Il s’ensuit que l’ensemble des
B-réseaux premiers
s’identifiecanoniquement
à la somme des ensemblesanalogues
relatifs aux divers ordres maximauxR~ .
(2.7). - Enonçons
maintenant .lethéorème
suivant :THÉORÈME 1. -
Soit B un ordre maximal deL ;
alors lemonoïde multiplicatif
des
B-réseaux
est un groupeabélien,
dont B estl’élément neutre,
l’inverse dansce groupe d’un B-réseau O étant
le8-réseau CL" . En outre,
cegroupe admet
pour
base l’ensemble desB-réseaux premiers.
,Les
résultats énoncés
en(1.8)
et(2.6) permettent
trivialement de se ramener au caslocal-complet..D’autre part,
si L est somme directed’algèbres simples Li
il est clair que tout ordre maximal de L est somme directe de ses
projections
dansles
L. , qui
sont aussi des ordres maximaux. Ainsi onpeut
se borner àétablir
lethéorème
dans le casoù
A est l’anneau d’une valuationdiscrète
v pourlaquelle
K est
complet
et où L est unealgèbre simple
surK,
donc de la formeoù Lo
est un corpsgauche
sur K.(2.8). -
On commence d’abord par le casoù.
L =L
On voit d’abord que(le
cas commutatif est bien connu, le cas non commutatifs’y ramène
en observant que tout x eLo appartient
à unsous-corps
commutatif deL o ).
Il s’ensuit(pour
un .corps gauche) que les
entiers sur A forment un sous-anneau deLo , qui
est donc
l’unique
ordre maximalB ~
deL .
Ilest
en effet trivial que x Ey ~ B implique xy E B ;
3supposons
deplus x
y de normeentière (sinon
permu-ter
x
ety ... ) ; alors x-1
y estentier,
donc aussi 1 +x-1
ypuisque
1 commute àx-1
y , donc aussix(1
+x 1 y) =
x + y ,d’où
notre assertion.Soit donc
B
l’anneau des entiers deL
et soit Cl CL
unB -réseau;
comme ao est,
à unehomothétie près,
contenu dansBo ,
les entiersv(N(x))
restent
bornés inférieurement quand
x si est tel quev(N(x ))
soit minimum il est clair que
que x E
signifie
que x y donc qued’où la relation
1 - GZ 1.~ = B ;
comme pour tout x E L on a triviale-ment B
0 x =
xBo ,
la relationa.b
.-b.a
s’ obtientaussitôt
dans l’ ensemble desBo-réseaux, qui
est donc bien un groupeabélien.
Deplus
l’ensemblev~N~x~~ )
0 deséléments
non inversibles de l’.anneauBo
est unidéal bilatère
(même démonstration
que pour montrer que les entiers forment unanneau), forcément
maximal et
unique maximal,
donc seul etunique Bo-réseau premier y
si x est ungénérateur
de celui-ci il estimmédiat
de voir(division
euclidienne...)
que les entiersv(N(y)) , y ~ L ,
sont lesmultiples
dev(N(x)) ,
d’oùrésulte
que leB o -réseau premier engendre
le groupe desB o -réseaux, qui
est donccyclique
infini.(2.9). -
Le corpsgauche L étant liquidé
il reste à examiner L =M (L ) .
SoitB un ordre maximal de
L ; considérant
L comme l’anneau desendomorphismes
d’unvectoriel à droite V de dimension n sur
L ,
et observant que pour tout x ~ Vnon nul les
u(x) ,
y u ~B ,
forment unréseau
de Vconsidéré
comme vectoriel surK
(image
d’unréseau
par unhomomorphisme surjectif),
on voitqu’il
existe unA-réseau
ce de V tel que les u E Bvérifiant u( p.)
C mais comme cettepropriété définit
un ordre dansL ,
ellecaractérise
les ue Bpuisque
B estmaximal ;
3 deplus
rien n’estchangé
si l’onremplace
leréseau
o~. par leréseau
Bo
est l’anneau des entiers du corpsgauche
i. e. onpeut
supposer que B est l’ensemble des u ~ Lqui
conservent unréseau
de V invariant à droitepar
Or lesrésultats
obtenus dans(2.8)
montrent queBo
est un anneauprinci"
pal (à
ceciprès qu’il
n’est pas commutatif...),
d’où l’ondéduit,
par une exten- sion triviale de laméthode
valable pour les anneauxprincipaux commutatifs,
que toutréseau CL
de V invariant parB
est un module libre surB ,
i. e. estengendré
surBo
par une base de V sur le corps On a ainsidémontré
quel’algèbre de matrices
L =possède~
à unautomorphisme intérieur près~
unseul ordre
maxinal,
à savoirM (B ) .
(2.10). -
Pour établir lethéorème
1 pour L =M (L )
onpeut
donc supposer que B = Soitalors 0.
unB-réseau
deL ;
soituij ~ L
la matrice dont tous les termes sont nuls sauf celui d’indicesi , j , qui
estégal
à1 ;
on a. doncu = u.-
Pour
tout u EL ,
avec des coefficients pour uE ~C,
on a aussiui.
u E ~ ,uu . E ~ ,
d’oùrésulte
quequels
que soienti , j ,
p , q ; laréciproque est triviale ;
or pouri , j donnés
il est clair que les d ELo
tels que d E ~. forment dansLo
unBo-réseau aij qui., d’après
cequi précède, est en
faitindépendant
des indices iet j ;
autrementdit,
aestl’ensemble
desmatrices
à coefficients dansun
Bo-réseau
donné deLo ,
i. e.ce
qui
donne une constructionexplicite
de tous lesB-réseaux
de L .La démonstration
duthéorème
1 est naturellement triviale àpartir
de cerésultat,
et l’on voit que le groupe
abélien
desB-réseaux
est encorecyclique infini;
le seulB-réseau premier étant formé
des matrices à coefficients dansl’unique idéal bilatère
maximal de B .o
(2.11). -
Si l’on revient maintenant au "casglobal"
d’un anneau de Dedekind Aquelconque,
on obtientévidemment,
modulo(1.8),
lerésultat
que voici : soit Bun ordre maximal d’une
alfèbre semi-simple
L surK ;
alors le groupeabélien
desB-réseaux
s’identifiecanoniquement
à la somme directe des groupesanalogues
relatifsaux ordres maximaux
Bp
des diversesalgèbres p ;
et le groupe desB -réseaux
est
abélien libre,
et de rangégal
au nombre decomposantes simples
del’algèbre
Lp (donc
estcyclique
infini dans le cas où L est unealgèbre
oentralesimple
sur K(2.12). -
Lathéorie classique
desréseaux comporte
encore d’autresrésultats
(cf. DEURING, chap. VI, paragraphe 2).
Soit B un ordre maximal d’unealgèbre semi-simple
L sur K(A
de Dedekindquelconque) ;
on s’estjusqu’ici intéressé
aux
réseaux a
de L tels que = onpeut
aussiétudier
lesréseaux
tels que l’on ait seulement
= Cl(resp. OL) ; partons plus généralement
d’un
réseau
~ de L et soit B’(resp. B")
l’ensemble des x E L tels queC Q C 3 alors
B"
et B" sont des ordres(trivial)
et si l’unde ces ordres est maximal il en est
de même
del’autre -
on dit alorsque OL
estun ré-
seau normal. On montre alors que les
réseaux
normaux de Lforment
unrou oide
ausens de
BRANDT,
à condition de neconsidérer
leproduit Q’’~ ~!’
de deuxréseaux
nor-maux que dans le cas
où l’ordre
maximalqui opère
à droitesur
1 estidentique
àl’ordremaximal qui opère
àgauche
sur d," . Heplus
cegroupoïde
estengendré
parles réseaux
normaux Q~possédant
lapropriété
suivante : ce est unidéal
àgauche
maximal de l’ordre maximal B’qui opère
àgauche
sur(auquel
cas a estaussi un
idéal
à droite maximal de l’ordre maximalqui opère
à droite sur Evi-demment toutes ces
propriétés - qui
fontl’objet
dans DEURING dedémonstrations
directes fortingénieuses
mais peutransparentes - peuvent
se démontrer enpassant
aux
algèbres L
et en donnantexplicitement,
dans ce cas, la structure desréseaux
normaux.
3. Norme d’un
réseau ;
. relation desdegrés.
On conserve les
hypothèses
et notations desnuméros précédents ;
A est un anneaude Dedekind
quelconque jusqu’à nouvel
ordre(à
ceciprès
que K estsupposé être
decaractéristique 0),
et L est unealgèbre semi-simple
sur K .(3.1). -
Il est bien connu que l’onpeut
attacher à tout A-module de torsion et detype
fini M unidéal x(M)
de l’anneau de DedekindA ,
de telle sorte que :y (M) =
si M et N sontisomorphes ; x(M) =
CL si M =A/o. où
ceest un
idéal
deA ;
3Y (M) = x(M’)
toutes les foisqu’on
a une suite exacte0 -~M’
--~ M..-~M~....~0 .
Cespropriétés caractérisent
la "fonction"X .
(3.2). -
Soit B un ordre maximal de L . Pour toutB-réseau a
entier(i.
e.contenu dans
B),
onpeut regarder B/a
comme un A-module detype fini ;
sonannulateur est
l’idéal
non nul A deA ,
c’est donc un A -module detorsion ;
ainsi on
peut définir
On a alors la relation
quels
que soient lesB-réseaux
entiersCÀ’ et a" (ce qui permettra
dedéfinir
la norme d’un
B-réseau
nonnécessairement entier).
Pourétablir
cerésultat
ilsuffit
(vu
lamultiplicativité
de ’lafonction X )
de prouver que les A-modulesB/a’
et 1
~"
sontisomorphes
ou du moins ont lemême ~( .
Maisévidemment x(M) dépend uniquement
deslocalisés Mp
deM ,
etmême uniquement
descomplé-
tes Mp ;
comme le foncteurest
compatible
avec lamultiplication
desréseaux,
on estramené
à faire ladémons-
tration dans le cas
local-complet ;
mais c’est alors à peuprès évident, puisque
dans ce cas les
B-réseaux
sont"principaux"
comme on l’avu
en(2.10).
(3.3). -
Soit enparticulier 0.
unB-réseau premier;
alors estun
idéal premier
de l’anneau A( soit
xE A ;
lesy ~. B tels
que xy E ce forment unB-réseau
entier contenant a , doncégal
à B ou auB-réseau a ;
donc les
y E A
tels que forment soitl’idéal p
soitl’anneau
Atout
entier).
Il est clairqu’alors
- on
regarde
comme un espace vectoriel sur le corpsA/1 .
(3.4). - Soit ~
unidéal premier
deA ;
i comme leséléments
de A commutent à ceux deB ,
l’ensemble est unB-réseau entier, qui
a donc unedécomposi-
tion
unique
avec des
B-réseaux premiers pi ,
dedegrés f. = [B/pi : A/p ] ;
il est dureste facile de voir que les sont tous les
B-réseaux premiers qui
c.on-tiennent p . D’après (3.2)
et(3.3)
on a alorspour
déduire
de là laclassique
relation desdegrés
il suffit donc de montrer que
B/B.
est de dimension n sur le corpspour cela on remarque que ne
change
pas si l’on se localise cequi ramène
au cas où A est un anneaulocal,
doncprincipal ;
mais alors B est libre de rang net f.B
= ’n .B où 03C0 est ungénérateur
del’idéal p
deA ,
d’oùimmédiatement
lerésultat cherché.
(3.5). -
Conservons leshypothèses
et notations de(3.4) ;
on vadéterminer
les~ qui
se "ramifient"dans B ,
i. e. pourlesquels
les indices de ramificatione.
ne sont pas touségaux
à 1 . Celasignifie évidemment
que l’anneau d’ArtinB/B.1’
n’est passemi-simple,
i. e.possède
desidéaux nilpotents
non nuls. Unecondition
nécessaire
pourqu’il
en soit ainsi est que la formeTr(xy)
de(regardé
commealgèbre
sur le corps soitdégénérée.
Or commeB~h
est unmodule libre de rang n sur l’anneau
A~ ,
il existe dans B une base(xi) de
L sur K
qui
est aussi une base duA~
-moduleB~ ;
alors lesimages
desxi
dans forment une base de cette
algèbre ;
3 comme pourx é L on
aon
déduit immédiatement
de là que la formeTr(xy)
sur B passe auquotient
etdonne la forme
Tr(xy)
del’algèbre
Sidonc f
estramifié
dansB,
il existe
Or
considérons
dans L leréseau complémentaire
de B(cf. (2.1)) ;
c’estévi-
demment un B-réseau de L
qui
contientB,
donc de la formeoù
~(B) , différente
de l’ordre maximalH ,
est unB-réseau
entier. Il estimmé-
diat de voir(en
selocalisant,
de sorteque p
devientprincipal)
que lestels que
Tr(xy) E
pour toutx ~ B
forment leB-réseau )p. b(H) _ 1 -
on ad’ailleurs la formule
pour tout
B-réseau
Cecidit,
on voit quesi 1
se ramifie dans B on a.la relation
(le premier
membre contienttoujours
lesecond).
Ecrivant lesdécompositions
deip .B
et de enB-réseaux premiers,
on voit que la relationprécédente équi-
vaut à l’existence de "facteurs
premiers"
communs àB.
et àb(B) ~
autrementdit se ramifie dans
B ~
on a :la relationce
qui
prouvequ’il
n’existequ’un
nombre finid’idéaux premiers
deA qui
se rami-fient dans B. On notera que la condition
qu’on
vient de trouvers’écrit
encoreL’idéal N( d (B)) s’appelle
le discriminant del’algèbre L ;
il nedépend
pas du choix de l’ordre maximal B(en
effet il est clair que pour toutidéal premier
~i
de A lap-composante
de ce discriminant s’obtient enremplaçant
L parL1
et B par
B1P ;
or les ordres maximaux sontconjugués
dans le caslocal-complet,
d’où le
résultat).
On montreraplus
loin comment le calculer.(3.6). -
On vient de montrer que, si unidéal
premier p
deA
se ramifie dansB
(i.
e. admet des facteurspremiers multiples),
alors il divisel’idéal N( d (B)) .
La
réciproque
de cettepropriété
n’est pasexacte ;
en effet la relation’P :>N(6(B)) exprime simplement,
comme on l’a vu, que la formebilinéaire Tr(xy)
de
l’algèbre B/B.f
sur le corpsA/p
estdégénérée -
mais celapeut
fort biense
produire même
si estsemi-simple (exemple :
siA/p
= k est de carac-téristique
p, alors la formeTr(xy)
del’algèbre
estidentique ment
nulle
...).
Pour allerplus
loin ilfaudrait,
au lieu d’utiliser sur lesalgèbres
considérées
les traces usuelles(calculées
dans lareprésentation régulière)~
seservir des traces
réduites (étant donnée
unealgèbre
L sur un corpsK,
la traceréduite Sp
dans L est la somme descaractères
des diversesreprésentations irré-
ductibles de
l’algèbre déduite
de L par extension des scalaires à laclôture algé~
brique
deK ;
3rappelons
que la formeSp(xy)
sur L est nondégénérée
si etseulement si L est absolument
semi-simple,
i. e. restesemi-simple
par extension à laclôture algébrique
deK).
Enremplaçant
sur L la trace Tr par la traceréduite Sp,
onremplace
ladifférente
de l’ordre maximal B par ladiffé-
rente
"réduite" 6’ (B) .
Ondémontre
alors(DEURING, chap. VI, paragraphe 5,
Satz3)
que pour
qu’un idéal premier y
de A diviseN( ~’ (B))
.il faut et il suffitque l’un des
B-réseaux premiers qui’divisent q, vérifie
l’une des deux conditions suivantes : ou bien9.
intervient dans ladécomposition de f1.E
avec une
multiplicité ~ 2 ,
ou bienB/q , considérée
commealgèbre
sur le corpsA/f ,
n’est pas absolumentsemi-simple. (Cette dernière
circonstance ne saurait d’ailleurs seproduire
dans les situations"arithmétiques", puisqu’alors
les corpsA/p
sont finis et n’ont donc que des extensionsséparables).
Pour le cas desextensions commutatives de
K,
voir aussi SAMUEL-ZARISKI~5 ~, chap. V, paragraphe 11.
(3.7). -
Pourconclure, indiquons
unprocédé ~’pratique"
de calcul dela
normeN(0.)
d’un
B-réseau.
Il suffitd’en
calculer lap-composante
pourtout p ,
cequi
permet
de se ramener au cas d’unanneau A principal.
Il y a alors une base(bi)
du A-module B et une base
(a.)
du A-modulea ,
et on aceci
dit, N ( Lt )
estl’ idéal
de Aengendré par dét(03BBij) .
En ef f et onpeut
d’abord supposer et G 8 à l’aide d’unehomothétie.
Par ailleursl’idéal
në
dépend évidemment
pas du choix des bases de B et deQ ;
onpeut
donc(div’i- J
seurs
élémentaires)
supposer la matrice(03BBij) diagonale;
mais alors on a un iso- Jmorphisme
de A-modulesd’où
trivialement lerésultat cherché.
Ceci
permet
parexemple
de calculer le discriminantN( ~ (B)) ;
3 en est lecomplémentaire
B duréseau B , donc
a une base(Xi)
telle queposant X. _ ~ "~, .
x. on voit donc que les matrices( ~ .. )
etx. ) )
sontinverses l’une de
l’autre,
d’oüdans le cas d’un anneau A
rinci 1.
Le casgénéral s’y
ramène parlocalisation,
etmontre que le discriminant de B est
l’idéal
de Aengendré
par les élémentsdét(Tr(x. x.)) ,
où(x.) parcourt
l’ensemble des suites de n= [L : K] éléments
de
B . Cerésultat
remonte naturellement à Dedekind(modulo
lanon-commutativité).
4.
L’anneau
desadèles
d’unealgèbre semi-simple
surles rationnels.
Dans tout le reste de cet
exposé
on suppose queA = ~ ,
K= Q .
Onpourrait
"plus généralement,.
examiner le cas où A estl’anneau
des entiers d’un corps de nombresalgébriques,
mais ce cas seramène
visiblement auprécédent
...(4.1). -
Pour tout nombrepremier
p onconsidère
la valeur absoluep-adique, donnée
paroù
vp
est la valuationp-adique normée ;
3 on introduit aussi la valeur absolue usuellel’ensemble
de ces valeurs absoluesest appelé
l’ensemble des laces deK ~
lespla-
ces
|x|
P sont dites la
place |x|
~ estqualifiée,
sans doute pour des raisons d’ordrepsychanalytique,
de"place
à l’infini". Pourchaque
p(fini
ouinfini)
on noteraK
P lecomplété
de K pour la valeur absoluecorrespondante ;
le corps
Qp
des nombres estfini,
et le corpsR
desnombres
réels
si p est infini. Pour pfini,
l’anneau -
Z estformé
des P ~»Pentiers
p-adiques ;
comme chacun sait oupetit démontrer,
le groupe additiftopolo-
gique p
est localementcompact
pour tout p(même infini) et,
pour pfini,
lesous-groupe Â
estcompact (donc fermé)
et deplus
ouvert dansK .
P P
(4.2). -
Soit maintenant L un espace vectoriel de dimension finie sur le corps K .En , plus
descomplétés p-adiques L
P introduits aunuméro (1.6), pour
pfini,
on
définit
vectoriel
déduit
de L pae extensionà R
du corps de base. Tous les groupes addi- tifsLp (p
fini ounon)
sont localementcompacts.
Pour p fini il est clair quetout réseau
deL
P constitue un sous-groupe ouvert etcompact
deE ;
parcontre,
L m
est excessivement connexe.(4.3). -
Les notationsétant
comme en(4.2),
choisissons unA -réseau
ce dansL ,
d’où unÂ
-réseau ce
P dansL
P pour tout p fi,ni. Nousappelerons adèles
de L les
tels que l’on ait
cette condition est
évidemment indépendante du
choix duréseau
CL dans L - cf.(1.5)
et(1.8).
Il est clair que lesadèles
forment un sous-groupeL
duproduit
direct des
complétés L .
CommeCL
est unsous-groupe
ouvertcompact
deL
pour tout p
fini,
il est facile de voirqu’il
existe sur L une et une seuletopo- logie
de groupe telle quesoit,
avec satopologie
naturelle(produit
de groupes localementcompacts
presque touscompacts),
un sous-groupe ouvert deL .
Si l’onremplace
p. par un autreréseau )0,
ona d’abord a = b
p pour presque tout p ; 3 et pour les p finis
exceptionnels,
il est clair que Q.FI b
P estcompact
et d’indice fini à la foisdans ap
etdans), ;
$ on endéduit
que latopologie qu’on
vient dedéfinir
surL ne
dépend
pas du choix de CL .Si L = K il est clair
que K
est un sous-anneau deK,
et que latopologie
de
L
faitde L
un anneautopologique
localementcompact. Dans
le casgénéral,
chaque L
est un espace vectorieltopologique
sur le corpsK correspondant ;
comme le
"transporteur"
d’unréseau
dans unréseau
est encoreun réseau,
on voitimmédiatement qu’on peut regarder
L comme un moduletopologique
sur l’anneautopo- logique
K .(4.4). - Considérons toujours
un vectoriel L surK ;
lesinjections canoniques définissent
uneinjection
P
et en
fait, évidemment,
uneinjection
regardés
commeéléments
de 9 les x ~ Ls’appellent
lesadèles principaux.
Lepremier
résultatimportant (mais très
facile...)
est que L est un sous-groupe discretde L ,
lequotient L/L étant
deplus compact.
Pour prouver que L est discret il faut montrer que, pour tout
réseau
Q. deL ,
les x E L tels que pour tout p
(ce qui
veut diresimple-
ment
...)
etqui
sont assez voisins de 0 dans forment un ensemble fini- autrement dit que les réseaux de L sont anssi des sous-groupes discrets de
L ~ ~
ce
qui
est assez clair. Pourétablir
lacompacité
deL/L
onconsidère
le sous-grou- pe ouvertn
de
L ,
où t~ est unréseau
deL ;
onvérifie d’abord, grâce
à unthéorème
"chisnois",
queL = L + U ( Ow) ;
il reste alors àétablir
que estcompact;
orU(a)
estproduit
d’un groupecompact
et de par ailleusL r1 a est à
quotient compact
dansL
tn , d’où
immédiatement
lerésultat.
5.
Legroupe
desidèles
d’unealgèbre.
Les
hypothèses
faites audébut
dunuméro
4 restentvalables;
ondésigne
maintenantpar L une
algèbre semi-simple
sur K .(~.1). -
Onappelle idèles
de L leséléments
inversibles de l’anneauL
desadê-
les deL ;
ils forment donc un groupemultiplicatif I’~(L) , qui
contientcanonique-
ment le groupe des
unités
".L*
del’algèbre
L . Noter que si _ x =(x )
est unidèle
_p
de
L ,
et si B est un ordre maximal deL ,
on a xE H
pour presque tout pfini,
et parconséquent xp
est uneunité
del’anneau ,, H pour
presque tout p . P{5.2). -
Onpeut
munirI*(L)
d’unetopologie,
à savoir la moins finequi
rendecontinues lea
inj
ections x ~ x et x ..a x -1de
I* (L) dans .
Il est clair(pour
tout anneau
topologique :)
que c’est bien unetopologie
de groupe; elle est en outre localementcompacte.
Soient eh effet 8 un ordre maximal de L etU~
un voisina-ge
compact
de 0 dans ; lesidèles
xvérifiant
forment un
voisinage
del’unité
dansT~(L)
pardéfinition ;
pour voirqu’un
telvoisinage
estcompact
il suffitévidemment
de montrer que dansL (p fini)
l’ensem- ble UP
(B)
desunités de
p
est
compact ;
orp est
compact;
il suffit donc de faire voir que leséléments
non inversiblos deB forment
un sous-groupe ouvert deBp ;
mais ce sous=ensemble(et
non pas sous-groupe1)
est laréunion
des.idéaux (à gauche
ou àdroite)
maximaux de l’anneauB , lesquels
sont desréseaux
du vectorielL
P et sont par suite
ouverts
dans lerésultat.
Il ~st clair que
L~
seplonge
comme sous-groupe discret dansI*(L) ;
leséléments
de
L’~
sont aussiappelés
lesidèles principaux.de
L.(5.3). -
On va maintenantdéfinir
et calculer la valeur absolue|x|
d’unidèle
x .Pour cela on
cpnsidère
sur le groupe additifL
une mesure de Haardm+(Z) ; évidem-
ment
dm+(x,y)
est encore une mesure de Haar deL puisque x
estinversible,
etpar suite .
avec un facteur
bd réel
strictementpositif;
3 c’est la valeur absoluecherchéo.
La valeur absolue est donc encore
définie
par le fait que l’on apour tout
compact
KC L
.On’va endéduire
le calcul de Soitdm
la mesure de Haar det
P
additif, normée
pour p fini par la condition quepour un ordre maximal
donné
B de L(il résultera
des calculsqui
vont suivre que cette condition est alorsvérifiée
pour tout autre ordremaxima.,de L,
vu que les ordresmaximaux
deL
p sontdeux -
à deuxconjugués).
Comme~ 03A0
pest ouvert dans
L,
la mesure de Haar de L induit sur ce sous-groupe leproduit (qui
a unsens
...)
des mesures de Haar des groupes additifs Lm et
B ;
onpeut
donc pren- dreVu les
propriétés
connues desdéterminants
il est clair queoù la norme est
calculée
à lafaçon usuelle,
i, e. dans lareprésentation régulière
de
l’algèbre L ~ .
mSupposons
maintenantprovisoirement x ~ ~
pour tout p,, -P p
fini ;
alorsp.p
est unréseau
deL
contenudans Bp ,
donc un sous-groupe d’indice finide p ;
. par suitep P