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Submitted on 1 Jan 1919
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Entretien des oscillations d’un pendule ou d’un diapason avec un amplificateur à lampes
Henri Abraham, Eugène Bloch
To cite this version:
Henri Abraham, Eugène Bloch. Entretien des oscillations d’un pendule ou d’un diapa- son avec un amplificateur à lampes. J. Phys. Theor. Appl., 1919, 9 (1), pp.225-233.
�10.1051/jphystap:019190090022500�. �jpa-00242016�
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ENTRETIEN DES OSCILLATIONS D’UN PENDULE OU D’UN DIAPASON AVEC UN AMPLIFICATEUR A LAMPES;
Par MM. HEVRI ABRAHAM et EUGÈNE BLOCH.
Les montages décrits dans cet article sont seulement ceux due deux expériences de cours. Mais les indications détaillées que nous
donnons sur le mode opératoire pourront sans doute être utilisées pour d’autres applications.
I. Entretien du mouvement d’un pendule. Principe. - Un pen- dule OM (longueur 50 centimètres) constitué par une
tige
de fer platdeux fois recourbée à angle droit, porte un aimant en fer à che- val NMS (poids 400
grammes)
(fzc~. 1 ). Pendant les oscillations dupendule,
les pôles de l’aimant se déplacent à l’intérieur de deuxbobines fixes AB, CD, qui occupent en hauteur toute la place dispo-
nible entre les deux branches de l’aimant, afin qu’on puisse y enrou- ler un très grand nombre de tours de fil fin. Les bobines portent,
’par exemple, chacune environ 10.000 tours de fil de cuivre émaillé
,de :0
de millimètre de diamètre. Il n’y a aucun inconvénient à ce10
que la résistance ohmique des enroulements soit de plusieurs mil-
liers d’ohms.
Ce sont ces bobines qui servent à l’entretien des oscillations. Le
mouvement du pendule crée, par induction dans la bobine AB,
une force électromotrice proportionnelle à la vitesse de l’aimant.
Supposons que cette force électromotrice actionne un servomoteur
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019190090022500
qui envoie dans la seconde bobine CD un courant dont les variations.
soient exactement
proportionnelles
aux variations de tension dans la première. Le courant de la bobine CD,agissant
sur l’aimant, exer-cera sur le pendule une force proportionnelle à ce courant, c’est-à-
dire qu’en définitive ,le pendule sera constamment soumis à l’action d’une force proportionnelle à sa propre vitesse.
Si le sens des connexions est tel que cette force, analogue à un frottement, soit en sens inverse de la vitesse, elle agit comme un
frottement
[magnétique
superposé au frottementmécanique,
et, le pendule étant mis en mouvements, il s’amortit plus vite que lors-qu’on
lestait osciller sans l’intervention du servomoteur.Inversons maintenant le sens des connexions de la bobine CD ou
de la bobine AB : les effets du servomoteur sont, eux aussi, inver- sés, et l’action
magnétique
équivaut alors à une sorte de frottementnég atif, c’est-à-dire à un effet d’entretien. Si le frottementnégatif est faible,
plus
faible que les forces d’amortissement mécanique préexis-tantes, le pendule reste encore amorti, mais il s’amortit moins vite que dans son mouvement libre.
Faisons maintenant croître peu à peu l’action du servomoteur.
Nous verrons l’amortissement du pendule diminuer de plus en plus, puis
disparaître
pour faire place à un régime d’oscillations entrete-nues assez
énergiques
pour que, à chaque oscillation, le pendulevienne frapper fortement contre les butoirs
qui
limitent sa course.Inexpérience montre que les choses se passent effectivement
comme nous venons de le dire quand on utilise, comme servomo-
teur, les lampes amplificatrices à trois électrodes dont les proprié-
tés sont maintenant bien connues et dont
l’emploi s’impose
désor-mais dans la solution d’un bon nombre de questions.
Il. Rappel de quelques propriétés des lampes amplificatrices. -
Les
lampes
amplificatrices du modèle courant de laRadiotélégra-
phie Miliaire utilisent un filament de tungstène rectilignes, placé ho-rizontalement dans la lampe et porté à l’incandescence par une bat- terie d’accumulateurs de 4 volts. Le courant normal de chauffage est
de 0,7 ampère. Ce filament est entouré d’une grille, en fil tie nickel enroulé en forme d’hélice, ayant môme axe que le fila2~nent ; autour de
cette grille, se trouve un cylindre,
également
en nickel, qui parte lenom de plaque. Un vide très poussé a été fait dans la lampe, après
que, par des bombardements cathodiques répétés, on a purgé de
227
leurs dernières traces de gaz occlus tous les organes métalliql1f-’~
contenus dans la lampe. La pression résiduelle est inférieure au d ix- millionnième d’atmosphère.
Les deux électrodes auxiliaires enfermées dans la lampe, la grilh-
et la plaque, communiquent avec l’extérieur par des connexions sou- dées dans le verre, et l’on peut, an moyen de batteries d’accimnla
teurs auxiliaires, établir les tensions qnc l’on désire entre ces élec- trodes et le filament chauffé (’). Celui-ci émet, dans le vide de LI
lampe, des électrons négatifs, qui, captés par le champ électrique
existant entre filament et grille ou entre filament et plaque, trans- portent dans le circuit de .9ri71e ou le ci~cz.cit de plaque des courants plus ou moins intenses et rigoureusement unipolaires.
Sans faire ici l’étude détaillée de ces courants ni tracer les c~rm~~.-
téï-istiques de la lampe, nous nous contenterons de rappeler que le
courant débité par la plaque, c’est-à-dire passant de la plaqne au filament, est toujours positif, et qu’il augmente jusqu’à une certaine
valeur maximum dite cou7°c~nt de saturation, lorsque l’on au~’- mente la tension de plaque, la tension de grille restant inva-
riable. Le courant de plaque est, d’autre part, une fonction ci>ois- sante de la tension de grille, si la tension de plaque reste constante.
et tend vers le même courant de saturation.
Si l’on met sur la plaque une tension constante suffisamment élevée (80 à 160 volts), le courant maximum que peut débiter la
plaque atteint plusieurs milliampères, lorsqu’on applique ii la grille une tension positive convenable, tandis que ce courant de
plaque tombe à zéro quand on porte la grille à une tension néga-
tive de quelques volts. On constate enfin (’..[118, dans ces conditions. le courant débité par la grille est presque exactement nul quand la
grille
est négative, et qu’il se mesure seulernent en microamprres quand la grille est déjà assez positive pour porter le courant de plaque à une valeur voisine du courant de saturation.Il résulte de là qu’nne petite variation de tension de la grilla
pourra provoquer une variations relativement importante du courant
de plaque. Si l’on a intercalé dans le circuit de plaque une résis-
tance on (dans le cas de courants alternatifs) une self convenable, il
en résultera aux bornes de cet appareil une variation de tension qui
(1) On compte ces tensions à p,-~rtir du potentiel du pôle négatif du fi la G1en l.
considéré comme point neutre.
pourra être de cinq à dix fois supérieure à la variation de tension de
grille qui lui a donné naissance. De là dérivent les propriétés ampli-
ficatrices de la lampe.
III. Montage pour l’entretien du pendule. - Ce montage est
indiqué
par la ~g. ~ . La bobine induite AB est intercalée dans le circuit degrille,
c’est-à-dire entre lagrille
et le pôle néga-tif du filament. La bobine motrice CD est placée dans le circuit de
plaque, c’est-à-dire entre le filament et la plaque, et l’on intercale
dans ce circuit une batterie de haute tension (80 à 160
volts)
dont le pôle positif est relié à laplaque.
La force électromotrice induite auxbornes de AB se retrouve, amplifiée, aux bornes de CD, et est géné-
ralement suffisante pour assurer l’entretien du
pendule.
Si l’on n’a pas une action motrice suffisante, ou pourra
l’aug-
menter par différents moyens.
On peut d’abord monter plusienrs lampes en parallèle. Il n’y a pas
d’inconvénient, par
exemple,
à chauffer à la fois six lampes avec unemême batterie d’accumulateurs, puisque le courant de
chauffage
estseulement de 0,7 ampère par lampe. On réunira toutes les
grilles
ensemble et toutes les plaques ensemble, et l’on opérera avec la lampe multiple comme a~Tec la lampe simple. Le courant total
débité par les plaques étant plus intense, les variations de ce cou-
rant entretiendront plus aisément le mouvement du
pendule.
On
pourrait
aussi survolter les filaments, mais la vie deslampes
s’en trouverait abrégée. Avec le chauffage normal de 4 volts aux bornes, les lampes vivent plusieurs centaines d’heures. Elles ne
vivent plus que quelques heures avec un voltage 5,5 volts aux bornes
du filament. Il y aurait avantage, au point de vue de la facilité d’entretien, à accroître en même temps la batterie de haute tension
qui alimente les plaques et à la faire monter jusque vers 300 volts.
D’une manière générale tout procédé qui accroîtra le débit dans le circuit de plaque rendra l’entretien plus aisé.
Au lieu de survolter les lampes, il vaut mieux agir en deux ou
trois temps, et opérer avec un amplificateur à deux ou trois étages,
comme nous l’indiquerons maintenant, en donnant seulement les détails d’un montage à deux étages.
IV. Montage avec amplificateur à plusieurs étages. - Dans l’am-
plification
à deux étages, une première lampe, dont le circuit de229
plaque contient une résistance R du même ordre que la résistance intérieure, fournit aux bornes de cette résistance des variations de tension cinq à six fois
plus
grandes que les variationsappliquées
à la grille. Ces variations amplifiées sont transmises à lagrille
de laseconde lampe, et l’on utilise le courant de plaque de cette seconde lampe pour entretenir le mouvement du pendule.
Les fig. 2 et 3 montrent le détail des connexions.
Les deux filaments sont chauffés en
parallèle
par la batterie de 4 volts. Il n’y a, de même, qu’une seule batterie de haute tension(120 volts) pour alimenter à la fois les circuits de plaques des deux lampes. La bobine induite AB est encore placée entre le pôle négatif
du filament et la grille de la
première
lampe, tandis que la bobinemotrice CD est intercalée entre la batterie de haute tension et la
plaque de la seconde lampe.
Pour effectuer la liaison entre les deux lampes, on a intercalé une
résistance R, de l’ordre de 50.000 ohms, entre la haute tension et la plaque P, de la première lampe. Celle-ci est reliée en même
L-eJrJ.,ps à la grille G, de la seconde lampe, soit par une batterie auxi- liaine bien isolée de 50 volts environ (fig. ~), soit par un condensateur de l’ordre de 2 microfarads (Iîg. 3). Dans ce dernier cas, la grille G~
est en outre ramenée au
potentiel
du point neutre par l’intermédiaire d’une très grande résistance ~’ (quelques -mégohms). Nous allonsexaminer successivement les propriétés de ces deux montages, dont
le
premier
réalise un amplificateur cc courants ean~inus et le secondun
amplificateur
de tr’ès basse fréquence, et qui peuvent l’un etl’autre être utilisés ici.
Dans le premier montage (~~. 2), un réglage préalable est néces-
saire. Il faut que la résistance I~, ou la batterie auxiliaire de 50 volis, soient réglables, parce qu’il faut que, au repos, on puisse
ramerler le potentiel de la
grille
G, à sa valeur normale, qui estcelui du pôle négatif du filament. Ce réglage est très facile à faire
en prenant pour constituer la résistance R une boite de résistances ordinaire réglable par plots. On reconnaît que le potentiel de la grille
G2
est convenable à ce qu’un milliampèremètre ~1. placé darsle circuit de la
plaque P 2~ indique
un courant faible, mais non nul.Avec ce montage à deux étages, l’entretien d’un mouvement
pendulaire
est beaucoup plus facile qu’avec une lampe unique. Dureste le mécanisme de l’entretien est resté presque exactement le mème. Quand le potentiel de la première grille s’abaisse, le courant
de la première plaque diminue ; mais, en raison de la présence de la
résistance R, cette diminution de courant fait monter le
potentiel
de la
plaque
P 1. Cette élévation du potentiel de P~ 1 entraîne uneélévation
égale
du potentiel de lagrille
G~, et il en résulte uneaugmentation
du courant de plaque de P 2. C’est cette variation decourant qui entretient le pendule.
Le bénéfice de l’emploi de deux étages
d’amplification
tient à ceque les variations du potentiel de la grille G, sont environ six fois
°
plus fortes que celles que l’on se donne pour la
grille
G,.l,e type d’amplificateur que nous venons de décrire convient aussi bien pour
l’amplification
d’un courant continu que pour celle d’un courant lentement ou rapidement variable. Le montage représenté par la flg. 3 ne convient plus pour l’amplification du courant continu, maisil peut être utilisé pour les tensions alternatives de fréquence très
basse produites par les oscillations de l’aimant NMS dans la bobine AB.
Ce second montage est
plus
simple que le précédents, en ce sens231 que la résistance R est maintenant une résistance fixe de l’ordure de 50.000 ohms, et qu’aucun ajustage n’est plus nécessaire. Les variations de
potentiel’
de la plaqueP,
sont transmises à lagrille
G~ à travers le condensateur C, dont l’a capacité est d~e 1‘’ordre de 2 microfarads (condensateur de téléphone) (~). La forte résistance R’(de l’ordre de 4 mégohms)
qui
relie la grille G, au point neutre estdestinée à défini r le potentiel de cette grille et à le ramener à la
valeur la plus favorable pour le fonctionnement de la seconde lampe amplificatrice. L’emploi d’une forte capacité de liaison entre les
deux lampes est nécessaire pour donner au système formé par cette
capacité et la résistance R’ une constante de te1nps (de l’ordre de
CR’)
au moins égale à la fréquence des oscillations qu’il s’agit
d’amplifier,
Dans le cas contraire, en effet, une variation de potentiel de P,
n’aurait pas le temps de se transmettre à G2 au cours de la charge
par influence du condensateur C, puisque celui-ci se
déchargerait
à mesure à travers la résistance R’, Moyennant cette précaution, le
fonctionnement de l’amplificateur de très basse
fréquence
est prati- quement équivalent à celui de l’amplificateur à courants continus.L’expérience
montre que, pour des opérations plus délicates, on peut employer trois, ou même quatre étages d’amplification consé- cutifs, en reliant successivement les plaques de chacune des lampesà la
grille
de la lampe suivante, par une résistance R et une batterie auxiliaire ou un condensateur, comme on L’a fait ici pour la liaison entre deux lampes.Ajoutons
enfin que, lorsqu’il y a lieu, au dernier étage d’amplifi-cation on met plusieurs lampes en parallèle pour augmenter la puissance disponible.
V. Entretien des oscillations d’un diapason. - Le diapason étant disposé sur une base solide, nous disposerons deux électroaimants
polarisés E, et
E2
en face des deux branches (fly. 4). Ce seront, parexemple, deux téléphones de forte résistance (2.000 ohms) dont on
aura retiré les pavillons et les, membranes vibrantes. Les supports
des électroaimants doivent être réglables, pour pouvoir réduire au
minimum les entrefers, mais il faut que tous les supports soient très
robustes, pour que le diapason ne vienne pas se coller contre les pôles des aimants.
(1) L’isolement du condensateur doit être de l’ordre des centaine-s de rnégohn1"S..
L’un des téléphones est relié à l’entrée d’un amplificateur, l’autre
est
placé
dans le circuit de sortie. On obtient de bons résultats avecles
amplificateurs
dits 3 ter et 2 te~° qui ont été construits en grandesséries par la
Hadiotélégraphie
Miliaire. Ces amplificateurs sontFIG.
à trois étages, avec liaison par trccnsfor~~zat~u,~s
(f)
d’un étage au sui- vant, et leurdiagramme
est donné par la fig. 4. On peut aussi em-ployer
l’amplificateur à résistances à trpis étages dont nous donnonsle schéma de montage dans la fige 5. Cet amplificateur est facile à
Fm. ~.
construire avec du matériel de fortune, puisqu’il ne demande que deux résistances fixes
(R~ R2),
bobinées à 50.000 ohms, deux petitscondensateurs de liaison
due 2
de microfarad (C¡ C2) et deux résis- 1.000tances (p~ P2) de l’ordre de quelques mégohms, que l’on réalise aisé-
~1) Il ne serait pas très commode d’employer la liaison par transformateurs pour l’entretien d’un pendule, parce que les transformateurs adaptés aux fré-
quences aussi basses que celles des oscillations d’un pendule sont trop lourds et trop encombrants.
233 ment avec du papier recouvert de noir de fumée, puis laminé, ou
avec du papier peint simplement à l’encre de Chine.
Ces deux types d’amplificateurs sont bien adaptés à
l’amplification
des courants alternatifs de fréquence musicale que les oscillations du diapason induisent dans les enroulements de l’un des téléphones.
Les courants amplifiés, qui traversent l’autre téléphone, tendent à
accroître les oscillations et provoquent leur entretien.
L’expérience
d’entretien d’un diapason est toute semblable à cellede l’entretien d’un
pendule.
Dès qu’on allume les lampes de l’ampli- ficateur, le diapason se met à vibrer et l’amplitude des oscillations devient rapidement assez forte. L’entretien des oscillations defréquence relativement grande (au-dessus de 1.000 périodes par
seconde)
est aussi facile que celui des diapasons à sons graves.Ici encore, comme dans l’entretien du pendule, si l’on inverse
les connexions à l’entrée ou à la sortie de l’amplificateur, l’effet des
lampes est, lui aussi, inversé. Au lieu de s’entretenir spontanément,
le diapason ne peut plus vibrer : ses mouvements sont presque instantanément étouffés par la résistance mécanique fictive que
l’amplificateur introduit, en quelque sorte, dans les mouvements oscillatoires des branches du diapason. Au lieu d’être instable, la position d’équilibre est stabilisée.