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Actions physiologiques de quelques radiations

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00242087

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242087

Submitted on 1 Jan 1904

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Actions physiologiques de quelques radiations

H. Mouton

To cite this version:

H. Mouton. Actions physiologiques de quelques radiations. Radium (Paris), 1904, 1 (8), pp.42-43.

�10.1051/radium:019040010804201�. �jpa-00242087�

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mais bien souvent l’écran n’est pas assez sensible et il faut alors recourir à un récepteur plus subtil.

La plaque photographiqne peut être employée et

c’est ce procède que nous avons pris pour étudier les différences de structure qu’amenaient les laminages

successifs a chaud et a froid qu’on fait subir au ma- gnalium.

L’emploi du radio-ionomètre pour déterminer des différences très faibles de transparence donne une grande sensibilité, mais les résultats acquis ne sont

pas assez nombreux pour que nous en causions actuel- lement.

Dans l’emploi de la plaque photographique, il faut,

comme dans la méthode u l’écran, opérer avec des

rayons X détermines ; mais de plus, pour que les ré- siiltats obtenus dans diverses opérations soient con1pa-

rables, il faut mesurer la quantité des rayons produits

à chaque décharge, le nombre de décharges par se- conde et la durée d’action.

L’interprétation des résultats par cette méthode est très délicat, car les opacités obtenues sont loin

d’être proportionnelles aux quantités de rayons

reçus.

Nous devons attirer l’attention sur la méthode em-

ployée par ,11. Talherg, qui consiste faire usage de substances radioactives.

Il est certain que l’on possède de la sorte un rayon-

nement constant en qualité et en quantité, mais la dé- licatesse de l’interprétation subsiste toujours.

Tout ce que nous avons précédemment dit s’applique

à t-elle méthode. Les résultats qu’elle donne ne sont comparables que pour des échantillons de même nature renfermant les mêmes impuretés, car deux

combustibles de même teneur en carbone donnent des

opacités différentes pour des natures diverses d’im-

puretés.

Henri du BOISTESSELIN,

Directeur de l’Institut Radiotechnique.

Actions physiologiques de quelques radiations

Fs actions intenses qu’exercent sur les orga-

L nis111es les plus divers les rayons de Rontgen et

ceux de Becquerel devaient ramener l’attention des physiologistes sur les phénomènes biologiques

dus aux radiations semblables aux rayons lumineux

et qui ne diffèrent entre elles que par leur longueur

d’onde plus ou moins grande. Je résumerai aujour-

d ’hui les travaux récentes qui ont paru sur les actions

physiologiques de ces radiations.

On sait que le savant danois Finscn a employé de- puis plusieurs années les rayons fournis par l’arc

électrique au traitement du lupus tuberculeux. Les rayons émis par des arcs puissants (60 ampères) sont

concentrés sur le point de la peau sur lequel on veut

les faire agir au moyen d’un appareil compose de len-

tilles de quartz entre lesquelles circule un courant

d’eau et qu’on applique fortement sur le point à

traiter. Cet appareil sert ainsi à la fois à concentrer les rayons, à rendre leur pénétration plus profonde

en anémiant par les tissus superficiels et

enfin à refroidir la région traitée de la peau qu’échauf-

ferait d’une manière excessive la concentration en ce

point des rayons calorifiques.

e(, traitement a donne de remarquables résultats

tant dans l’Institut Finsen crée depuis environ sept

ans à Copenhague que dans les établissements analo- gues ouverts depuis dans un grand nombre de villes.

Lhllb la pensée de Finsen l’t dans celle de la plupart

de ceux qui emploient son procède, ce sont les rayons

de la partie la plus réfrangible du spectre qui agis-

sent. Les rayons ultra-violets seraient même plus actifs

encore que les rayons violets ct c’est pour cela que les milieux réfringents de l’appareil de concentration ont été construits en quartz et non en verre qui arrèterait

l’ultra-violet. Cependant, on constate que les arcs

électriques riches en rayons ultraviolets tels que les

arcs a élcctrodcs dc fer sont moins actifs dans le trai- tement du lupus que les arcs à électrodes de charbon.

Schoitz (de Konigsherg) a récemmcnt soutenu que

ce sont cn réalité les rayons peu réfrangibles du spectre, les rayons chauds qui sont actifs et qu’ils agissent, précisé1ent en vertu de l’élévation de température qu’ils produisent. Ces rayons tendent à élever la tem-

pérature, où ils sont absorbés, c’est-à-dire dans les

téguments. L’al)sorption et par suite l’élévation de

température devrait diminuer de la surface vers la

profondeur, si n’intervenait à la surface le refroidis- sement énergique produit par la circulation d’eau dans l’appareil compresseur. Il se trouve alors qu’il n’y a élévation notable de température qu’à une faible profondeur sous la peau, que cette profondeur peut

être réglée de façon u utrc celle où siègent les nodules tuberculeux et que l’élévation de température peut ètre

suffisante pour stériliser ces points.

L’auteur illustre cette théorie d’expériences intéres-

santes : il expose à l’action de la lumière, et dans les

mêmes conditions que la peau des malades, des con-

ches de gélatine ou des couches de gélose ensemencée

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:019040010804201

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de microbes d’une espèce donnée. Lorsque la gélatine

ou la gélose est transparent, qu’elle n’absorbe par suite que peu ou pas de rayons, l’action de la lumière

sur elle est llulle : la gélatine llt’ fond pas ; la gélose

n est pas stérilisée ct peut ensuite, i. l’étuve, laisser dé-

velopper des colonies microbiennes dans toute sa pro- fondeur. Au contraire, si ces substances sont artificiel- lenll’nt colorées, elles absorbent la lumière : la gélatine fond, la gélose est stérilisée an point opposé, mais

non du côté de la plaque tournée vers la source et qui cst soumise à l’action du refroidisseur. L action la plus intense s’observe à une certaine profondeur dans

la couche, sur sa face opposée à la source si elle est d épaisseur convenable.

Lorsqu’on ccposc la peau saine au traitement de . Finsen dans les conditions ordinaires, on n’observe qu’une action faible au bout de quelque temps, mut

au plus un érythème léger dû vraisemblablement à l’action des rayons ultra-violets sur la partie super- ficielle de la peau : les rayons échauffent surtout alors les couches profondes oil siège du tissu conjonctif peu sensible à leur action. Au contraire, si on ramené le

point le plus échauffé près de la surface en interpo-

sant plusieurs épaisseurs de peau blanche de cobaye

entre l’appareil de Finsen et la peau, on peut produire

des brùlures plus ou moins graves.

Les points pigmentes des couches profondes des téguments, ceux qui contiennent les nodules tllhercll- leux seraient plus sensible que les autres à l’action échauffante et sté-rilisanic des rayons.

En 1900, H.-V. Tappeiner et 0. Raab avaient ob- sérvé que l’action toxique, quc certaines substances exercent sur les infusoires, était beaucoup plus 111ar- quée U la lumière qu’a l’obscurité. Certaines parties

du spectre paraissaient seules, d’ailleurs, capables de produire ces actions « photodynamiques )). Les sub-

stances aBec lesquelles elles se manifestaient étaient toutes fluorescentes (éosine, quinine, rouge de quino- léine, etc.). On a montré depuis que d’autres clé- nlents vir ants que les infusoires étaient sensibles il

ces actions : les expériences entreprises avec Fépithé-

liulll cilié de grenouille et avec la peau clll cobaye

vivant ont donné des résultats positifs. Il était naturel

d’ essayer d’assimiler ces actions à celles qu’on emploie

en photographie pour rendre des plaques sensibles à des rayons auxquels elles ne le seraient pas. Dreyer a

montré (me l’érythrosine est capable de produire des

actions de l’une t’t laulre espèce; mais toutes les

substances sensibilisatrices n’ agissent pas de même (Halberstadt) : elles sont d’ailleurs souvent peu on pas fluorescentes. Parmi les substances sensibilisa- tt’iees t’il photographie et inactives sur les infusoires,

Tappeiner et Fodlbouer indiquent le noir diazo. Il’

rouge glycine , la nigrosine, le violet cristal, etl’.

D’après les mêmes auteurs, l’acitivité dans Illl

même groupe de substances fluorescentes varie en

sens inverse delà lumicrc de fluorescence, mais dis-

paraît avec celle-ci : ainsi dans , le groupe delà fluo-

rescèine, l’activité sur un espèced’infusoires (Paro- mécies) des divers corps Barie flans t’ordre indiqué

ci-dessous : fluorescéine. tétrachlorure de fl.. tétra- bromure (éosine), tétraiodure (érvthrosine). tétra- chlorure-tétraiodure (rose bengale). Mais avec la nuo- rescence disparait aussi l’action(ft.tétranitrée).

Les mêmes substances peuvent détruire plus ou

moins rapidement les Bactéries en présence de la

lumière. EN opérant avec le Bacl. acidi lactici et le B.prodigiosus. J. et T. ont observé que diverses matières fluorescentes peuvent les détruire en présence

delà lumière dans les liquides on on les introduit :

ce sont surtout la rosé bengale. le bien d(1 méthylène

et la phénosafranine. Au contraire, l’éosine est peu

active et la dichloranthracine disulfoneé pas du tout . Signalons simplement que Jesionek a tente de tirer de ces expériences une application thérapeutique en badigeonnant de matières fluorescentes des plaies car-

cinomateuses de la peau qu’il soumettait à un traite- ment analogue à celui de Finsen.

L’action des matières fluorescentes en présence de

la lumière parait s’exercer d’ailleurs non seulement

sur les éléments BiBants, mais sur les produits les plus importants de leur activité, les diastases el lc,

toxines, et peut-être n’est-ce que par leur intermé- diaire (me les cellules BiBantes même se trouvent atteintes. Des expériences précises ont été laites

sur l’ invertine, sur une toxine végétale, la ricine et sur la toxine diphtérique : l’ éosine détruit in vitro une quantité considérable de cette dernière à la lumière; son action est sensiblement nulle il l’ob- scurité.

Nous ignorons encore le mécanisme intime de ces

actions, mais, dans un intéressant travail. Straub a

montré tout récemment qu’en présence d’ioxine al la lumière, liodurc de potassium met lill liberté de

l’iode : on le constate en vérifiant qu’il peu) alors

bleuir l’empois d’amidon: un mélange du même

iodure et du bisulfate de quinine perd à la lumière

la fluorescence qu’il doit au sel de quinine et se trans-

forme en biodure. Ces réactions n’ont pas lieu lorsque

le liquide en expérience et te vase qui le cotaient ont été très soigneusement purgés d’oxygène. ou lorsqu’on

a ajouté au liquide un réducteur énergique. L’éosine est capable de faire réagir sur l’iodure une quantité

très considérable d’oxygène. L’auteur pense (pf lt’·

rayons lumineux actifs sont ceux qui excitent la nuo-

rescence de l’ éosine et attribue à des oxydations ana-

logues à celles (mil a mises en évidences les actions

photodynamiques observées chez les êtres vivants.

H. MOUTON.

Attaché à l’Institut Pasteur de Paris.

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