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Tubes électroniques

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(1)

HAL Id: jpa-00233098

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00233098

Submitted on 1 Jan 1932

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Tubes électroniques

M. A. Dauvillier

To cite this version:

M. A. Dauvillier. Tubes électroniques. J. Phys. Radium, 1932, 3 (6), pp.229-238. �10.1051/jphys-

rad:0193200306022900�. �jpa-00233098�

(2)

TUBES ÉLECTRONIQUES

Par M. A. DAUVILLIER.

Sommaire. 2014 L’auteur décrit quatre appareillages, réalisés au cours de ces

dernières années, qui lui ont permis d’étudier les spectres de diffraction électronique de

substances organiques, de réaliser la microradiographie, d’obtenir le spectre de rayons X des gaz et d’étudier dans l’air les rayons X de grande longueur d’onde.

Généralités. - Le but de cet article est de décrire, du point de vue technique, quel-

ques tubes électroniques établis par l’auteur en vue de diverses recherches. Les appareil- lages démontables à vide entretenu décrits ci-après, présentent quelques caractères

communs au point de vue constructif. Ils sont établis en laiton laminé étamé et soudés à l’étain. Les tubulures isolantes sont en verre pyrex. Elles sont munies de traversées en

tungstène et se raccordent aux parties métalliques par des joints plans rodés scellés à la

picéine. Ils sont évacués, à travers une canalisation métallique flexible en tube tombac,

par une pompe à condensation d’un modèle déjà décrit (1). Cette pompe a été simplifiée

en la construisant en verre pyrex; en la munissant d’un ajutage interne interchangeable comp ortant un ou deux étages ; en y utilisant de l’huile de vaseline rectifiée dans le vide, etc... Chauffée électriquement, elle ne consomme ainsi qu’une puissance très minime

(50 watts).

i. Appareil pour la diffraction des électrons. - Cet appareil est représenté en plan et en élévation sur la figure 1. Il consiste en un corps cylindrique au sol 1, fait d’un léger tube de laiton étamé, soudé à sa partie inférieure sur une flasque 2 refroidie par une circulation d’eau. Le pied de lampe cathodique 3, en verre pyrex, est scellé sur cette flasque

rodée au moyen de picéine et est évacué à travers les orifices 4. Des diaphragmes noir-

cis (5) évitent l’entrée de la lumière dans le tube 1.

Le collimateur est un tube de fer 6 vissé dans cette flasque et percé d’un trou 7 de

0,3 mm de diamètre. Il est obturé à sa partie supérieure par un diaphragme interchan- geable 8 percé d’un trou plus fin.

Le corps 1 porte à sa partie supérieure une boîte plate 9 contenant un disque 10 mobi-

lisable de l’extérieur au moyen d’un rodage, permettant la prise de trois clichés

4,5 X 4,5 cm. L’observation fluoroscopique s’effectue sur la face interne de la glace de

fermeture 2 dont le bord est graissé. A cet effet, un mince écran de willémite y est déposé

par évaporation d’une suspension alcoolique ou aqueuse.

Les préparations, exécutées sous forme de films très minces, sont montées sur des

supports interchangeables 12 dans des alvéoles dont les lumières ont i à 2 mm de diamètre et où elles sont fixées par des pastilles métalliques perforées maintenues par des ressorts.

Le porte-préparations peut être mobilisé de l’extérieur au moyen d’un rodage d’axe

vertical. Il est ainsi possible d’explorer quatre préparations selon une ligne diamétrale

sans ouvrir le tube. Un obturateur 13 mu par un rodage extérieur, permet la mise en plaque sans altérer le régime du tube et permet des durées d’exposition très courtes.

Les cathodes incandescentes utilisées avec cet appareil ont d’abord consisté en

cathodes de wehnelt à ruban de platine plié en V et disposé très près de l’orifice 7. Le rendement est ainsi excellent et le réglage facile, mais la cathode se désactive peu à peu.

(t) A. DAUVILLIER, Analyse de la Structure électronique des éléments, J. Phys., t. 3 (1922), p. 15~.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:0193200306022900

(3)

230

Finalement, un filament, de tungstène plié en Y et disposé dans une pièce de concentration

cylindre conique, donna des résultats équivalents en permettant d’opérer jusqu’à 50 kv.

Fig. 4.

-

Appareil pour la diffraction des électrons.

,

Le réglage s’effectue par vision de l’écran fluorescent en ramollissant la picéine et en mobi-

lisant légèrement le pied de lampe dans son plan. Dans une modification, ce pied de lampe

se termine par un rodage tronconique graissé dont le léger défaut de centrage suffit toujours

il effectuer le réglage. Il est aussi plus aisé de remplacer ainsi le filament.

L’appareil peut fonctionner dans la position verticale monté sur un trépied. Gràce à

son faible encombrement, il est très aisé d’observer les figures de diffraction tout en

effectuant les divers réglages. Les plaques photographiques disposées dans leur magasin plat ne risquent pas d’être voilées par la lueur bleue qui envahit parfois l’appareil lors de

la mise en route du tube. Un régime stable est d’ordinaire obtenu une demi-heure après la

fermeture de l’appareil.

(4)
(5)

PLANCHE.

Diagramme électronique de ZnO : 19 kv.

A dans un champ magnétique auxiliaire.

B dans le champ terrestre.

Anneaux des esters cellulosiques : 2l kv.

Diagramme d’un cristal cellulosique unique : 22 kv.

A. DAUVILLIER.

(6)

231 Utilisant les préparations d’oxyde de zinc obtenues selon la technique décrite par Ponte (1), nous pûmes d’abord en 1929 et pour la première fois (i) (voy. fig. 2) obtenir

des figures de diffraction aisément visibles sur l’écran en dépensant dans le tube une puis-

sance très réduite (0,2 m A sous 8 à 2) kv). Le temps de pose, qui était auparavant de

l’ordre de l’heure, put être réduit à quelques secondes avec des plaques ordinaires (Lumière, étiquette violette). Ce résultat permettait de suivre sur l’écran la mobilisation d’ensemble de la figure de diffraction sous l’action d’un champ magnétique et sa dilatation par varia-

tion de la tension appliqué, en vérifiant de la manière la plus directe la loi de M. Louis de

Broglie.

Lorsqu’on cherche à appliquer cette méthode d’analyse aux substances organiques,

on se heurte à une gravre difficulté. La préparation ,étant isolante, se charge négativement

et disperse électrostatiquement le faisceau en empêchant tout phénomène de diffraction.

On obtient des figures dénuées de symétrie qui ont cependant été attribuées par Trogus,

Halberschadt et Hess (3) à la cellulose. Si l’on dispose la préparation dans une atmosphère

d’ions positifs ou si on la rend conductrice, par exemple, en la recouvrant d’une mince couche de magnésium par distillation dans le vide, on évite la charge superficielle, mais la

substance demeure impénétrable.

L’analyse du phénomène nous a cependant montré qu’il était possible d’obtenir de

beaux diagrammes de diffraction avec les substances organiques à condition d’utiliser des

préparations extrêmement minces, n’absorbant pas sensiblement les électrons, de manière

à éviter toute charge électrique appréciable. Nous avons appliqué cette méthode à l’étude de la structure de la cellulose 1’).

Les expériences ont porté sur la nitrocellulose, l’acétate et le celluloïd dissous respec- tivement dans l’alcool-éther, l’acétone ot l’acétate d’amyle. Des films très minces, d’une épaisseur de l’ordre de cent unités Angstrôm, sont préparés par évaporation sur l’eau et

sur le mercure. De petites surfaces (1 nim2) sont explorées par un faisceau cathodique perpendiculaire en observant la figure de diffraction sur un écran fluorescent.

Nous avons ainsi observé que toutes ces préparations donnaient le même diagramme

constitué par trois halos (,) diffus (par rapport aux anneaux dix fois plus fins donnés par

une poudre cristalline minérale) d’intensité régulièrement décroissante et qui paraissent

être constitués d’anneaux fins (voy. fig. 2). Ces diagrammes sont entièrement différents de ceux donnés par les rayons X avec des quantités de matière 105 fois plus grande. Ils ne

se rapportent donc pas à la maille cristalline.

D’autre part, en explorant un film de nitrocellulose obtenu sur l’eau, nous y avons trouvé un cristal d’une étendue voisine de 0,1 mm2 exactement orienté par rapport à la surface du film qui, dans cette région, se comportait comme un cristal unique. Cette cris- tallisation s’est probablement produite à la faveur de l’orientation due à l’évaporation sur

l’eau. Elle est décelée par l’apparition d’une figure rappelant celles de Laue, les taches de diffraction n’étant, cette fois-ci, aucunement élargies. Ces taches affectent une symétrie hexagonale et obéissent à la loi de L. de Broglie. Les anneaux de la figure sont les lieux

de ces taches, l’élargissement étant dû à l’imperfection des figures hexagonales élémen-

taires. Tous ces diagrammes sont aisément visibles sur l’écran fluorescent sur lequel

on peut suivre les passage graduel des halos aux spots et vice versa.

Les diagrammes de la figure 2 font penser que les chaînes cellulosiques sont orientées

normalement au plan du film et qu’elles sont régulièrement disposées aux noeuds d’un

réseau en nid d’abeilles (a =3,8Â). La structure normale des films cellulosiques accusée

par les halos de la fig. 2 est la même, à cela près que les microcristaux orthorhombiques {1~0°) ont une aire très petite devant celle du faiseau cathodique (O,Oimm2) et qu’ils sont

(1) POXTE, C. R., t. 188 (janv. 1929), p. 244.

(2) A. DAUVILLIEP., .7rature (11 janv. 1930).

e) C. TRoGus, H. HALBERSCHADT et K. HEss, Naturii,issenschaften (3 oct. 1930) p. 846.

(4) A. DAUVILLIER, C. R., t. 190, 2 oct. (1930), p. 108.

(5) De tels anneaux avaient déjà été obtenus par G. P. THomso-,B-, Proc. roy. Soc. Lond., t. 4’1? (1928),

p. 607, lors de ses premières expériences sur la diffraction des électrons.

(7)

232

orientés au hasard autour de leur grand axe. Le fait observé autrefois, au cours de recherches sur les rayons X de grande longueur d’onde, que les films épais (10-~ cm)

obtenus sur le mercure sont étanches aux gaz alors que ceux préparés sur l’eau ne le sont

pas, est probablement dû à une différence du degré d’orientation dans la masse de ces films.

Des figures analogues ont été obtenues par Kirchner (1) qui, opérant avec des films de

celluloïd, les avait attribuées au camphre. On voit cependant qu’elles sont bien dues à la cellulose.

Ces résultats montrent la puissance d’investigation de l’analyse électronique pour l’étude des matières colloïdales ou fibreuses. Alors que l’analyse par les rayons X, limitée

à l’étude des diagrammes de fibres, par suite de l’impossibilité d’obtenir un assez gros cris- tal de matière cellulosique, ne peut déterminer que d’une manière approchée le système cristallin de la cellulose, l’analyse électronique, qui permet l’étude d’un microcristal

unique, en complète heureusement les données. La méthode est applicable à toutes les

substances pouvant donner des films minces par évaporation ou par fusion comme la géla- tine, le caoutchouc, les acides gras, dont nous avons obtenu les diagrammes, et d’une

manière générale, à de nombreuses substances colloïdales.

II. Appareil pour la microradiographie et l’analyse cristalline.

-

Cet appareil présenté en 1929 à l’Exposition de la Société française de physique, est également utilisable

pour l’analyse cristalline usuelle ou pratiquée au moyen de rayons X de grande longueur

d’onde. Il comporte un corps anodique métallique 1 (voy. fig. 3), refroidi par une circulation d’eau, muni d’un fond soudé 2, de grande capacité calorifique, dans lequel se visse l’antica-

thode 3 interchangeable. Quatre limitateurs 4, pouvant être munis de lumières de diamètre variable 5, convergent vers le foyer. Ils sont obturés extérieurement par des fenêtres filtres 6 scellées à la picéine. Pour la microradiographie et l’analyse cristalline au moyen des rayons K de l’aluminium, ce sont des feuilles d’aluminium laminées de 0,004 mm d’épais-

seur. Avec une anticathode de cuivre, ce sont des feuilles de nickel de 0,0i mm. Ces limita-

teurs portent des rodages sur lesquels sont scellées des boîtes coniques 7 pouvant être

évacuées ou parcourues par un courant d’hydrogène. Pour l’analyse cristalline, la prépara-

tion 8 est fixée sur la lumière d’un diaphragme amovible 9 évitant le voile dû aux rayons secondaires issus de la fenêtre 6. Le film (9x9 cm) est disposé, dans un porte-film 10,

sous un écran approprié. Pour la microradiographie, les bouchons 5 et le diaphragme 9

sont supprimés et la plaque spéciale utilisée (format 4,5 X 6 cm) est disposé3 en 1 i sur

le couvercle rodé 12 en aluminium obturant la boîte.

La cathode incandescente est constituée par un filament de tungstène disposé en formé

de tore 12 et logé dans une cupule de concentration sphérique réglable 1~ en fer aluminé par le procédé Schoop. La cathode est supportée par un isolateur i4 en verre pyrex scellé à la

picéine sur le corps anodique en i5. En régime d’analyse cristalline avec les rayons K du

cuivre, le tube supporte aisément une puissance de l’ordre du kilowatt sous une tension constante de 50 kilovolts. Le règlage du foyer peut s’effectuer commodément en disposant

un aimant à proximité du tube.

Utilisation en microradiographie (1).

-

La radiographie des objets microscopiques se

heurtait jusqu’à ce jour à des difficultés insurmontables. M. Goby (3) utilisant des rayons X usuels et des plaques du commerce à grain fin, n’avait pu dépasser, dans ses radiographies d’insectes, des grossissements de quelques dizaines de diamètres.

Nous avons réussi à obtenir des images de coupes microscopiques supportant les plus

forts grossissements réalisables.

Pour obtenir de telles images, il est nécessaire d’utiliser des émulsions colloïdales

comme celles de Taupenot ou de Goldberg. Encore le développement y fait-il apparaître un

(1) F. I~IRCH1V&R’ 11’~cturwissensclia/’ten : août (1930), p. 706.

comptes rendus : t. t89 (2 juin 1930), p 1287.

t3) Comptesrendus : t. 156 (1923), p. 686, et t. 180 (1925), p. 73~.

(8)

233

grain visible au microscope. Nous avons employé les plaques imaginées par Lippmann

pour la photographie interférentielle en les préparant selon la technique à l’argent colloïdal

Fig. 3.

Appareil pour l’analyse cristalline, la spectrographie et la microradiographie.

décrite par MM. de Watteville et Leroy. Ces émulsions sont environ mille fois moins sen-

sibles aux rayons X que les plaques du commerce à gros grains. Nous avons observé, qu’au contraire, elles étaient notablement plus sensibles au noircissement direct. C’est ainsi qu’une coloration pourpre intense est instantanément obtenue en appliquant la couche sensible sur

la fenêtre (AL : 5{JL) d’un tube de Lenard en fonctionnement (1 mA, 50 kv).

Ceci suggère une méthode de microradiographie, applicable aux coupes très minces,

et donnant des images instantanées avec des électrons pénétrants. Cependant, avec les

coupes microscopiques usuelles, il est de beaucoup préférable d’utiliser des rayons X mous, entièrement absorbables dans l’émulsion qui permettent une bien meilleure différenciation des éléments chimiques existant dans la préparation.

Pour ces expériences la tension appliquée a varié entre 3 et 8 kV. Avec une antica-

(9)

234

thode de tungstène et un débit de 0, 1 ampère sous 7 kV, la durée de pose n’excède pas deux heures. Les clichés peuvent être renforcés à l’argent pour obtenir des densités photogra- phiques supportant les forts grossissements.

La préparation microscopique, d’une épaisseur de quelques microns, est collée sur

l’émulsion comme elle l’est, en technique microscopique usuelle, sur la lame porte-objet, puis

décollée avant le développement. La diffusion, la diffraction, la fluorescence, les trajectôires photoélectriques, n’altèrent pas la netteté de l’image. C’est ainsi que les cloisons cellulaires d’une coupe de moelle de sureau (épaisseur : 1 à 2 ~) apparaissent aux forts grossissements (par exemple 600) avec une netteté parfaite, comme le montre la microphotographie ci-

contre (voy. fig. 4) exécutée par M. J. Bertrand. Le grain, quoique sensible, est indis-

cernable et n’est pas gênant.

Fig.4.

Les applications de la méthode sont aussi nombreuses que celles du microscope lui-

même lorsqu’on examine les objets par transparence. Les colorants sont ici remplacés par des éléments minéraux se fixant élecliveiiient. Avec les rayons mous employés l’oxygène apparaît déjà beaucoup plus absorbant que le carbone, et quelques centièmes de soufre dan; une coupe organique la rendent opaque. L’étude histologique des cellules normales ou

pathologiques pratiquée selon cette méthode décèlera sans doute leur squelette minéral.

La radiographie des protozoaires, des microbes, etc., renseignera de même sur leur

structure. La méthode est applicable à l’étude des végétaux. des textiles naturels et artifi- ciels et à de nombreuses identifications. Elle marque enfin le premier stade de la solution du problème de l’extension du pouvoir grossissant du microscope par substitution des

rayons X à la lumière.

(10)

235

Utilisation comme spectrographe à vide.

-

Il est également très facile de trans- former l’une des boîtes en spectrographe à vide. A cet effet, un limitateur est muni de fentes horizontales et un fragment de mica est enroulé sur le boisseau d’un rodage disposé au niveau du diaphragme. Une bande cle film circulaire verticale, appliquée

sur un segment circulaire concentrique, donne en quelques minutes un spectre s’étendant jusqu’à 8À.

Il Tube de Lenard. - Dans le but d’étudier les rayons X émis par des atomes libres bombardés par des électrons, nous avions autrefois projeté (1919) d’utiliser un jet

unidirectionnel de vapeur condensable, se propageant dans un vide élevé, les électrons

arrivant normalement au jet. La mise en oeuvre de cette méthode, appliquée à la vapeur de mercure, fut"effectuée, il y a quelques années, avec la collaboration de M Ponte, mais sans résultats certains, par suite de la condensation de la vapeur sur les parois et leur bombar-

dement par des électrons diffusés.

Nous avons repris cette étude en établissant un tube de Lenard envoyant des électrons dans une enceinte étanche contenant le gaz émissif et munie d’une fenêtre transparente aux

rayons X. Une première application de la méthode a été faite à l’étude des séries K

encore inconnues des gaz rares. Ceux-ci nous ont été fournis par MàI. G. Claude et A. Lepape.

,

Le tube de Lenard (Voy. fig. 5) comporte une cathode incandescente 1 en forme de tore disposée dans une cupule sphérique 2. Cette disposition a pour but d’éviter l’usure du filament causée par l’impact des ions positifs résiduels qui forment un afflux selon l’axe du tube. Un large foyer homogène est produit sur l’anode perforée 3 (800 trous de 0,4 mm de diamètre) puissamment refroidie par circulation d’eau, supportant la fenêtre transparente 4.

Celle-ci est une feuille d’aluminium de U,OU~ mm collée à la picéine. Sa surface utile est de l’ordre du centimètre carré et son seuil de transparence d’environ 20 kv. Le rendement

global de l’anode, c’est-à-dire le rapport du flux d’électrons transmis au flux incident est voisin de 2 pour 100 pour la tension de 45 kv. Sa puissance est de plusieurs hectowatts en

régime contiuu.

Le récipient anticathodique 5 est directement scellé sur l’anode. Il est assez spacieux

pour que les électrons diffusés n’atteignent ni les parois, ni la fenêtre transparente 6 qui est

de cellophane (0, t mm). Les rayons X issus de la fenêtre d’aluminium du tube électronique

ne peuvent géométriquement être transmis par le collimateur du spectrographe à

rayons X.

La pression du gaz anticathodique est contrôlée par un baromètre 7 à mercure recou-

vert d’huile. Elle est choisie de telle sorte que le volume de l’anticathode soit de l’ordre d’une dizaine de centimètres cubes pour la tension de régime, ce qui correspond à une quinzaine de centimètres de mercure pour le krypton sous 45 kv ou de xénon sous 60 kv.

Ce volume est le siège d’une forte luminosité, identique à la lueur négative qui serait pro- duite dans un tube à vide contenant le même gaz raréfié. La puissance dépensée dans le

gaz est mesurée thermométriquement par le tube barométrique étalonné au moyen d’un

filament chauffé 8 contenu dans le récipient anticathodique. Cette puissance est de quelques

watts

e

Les rayons cathodiques transmis par la fenêtre transparente demeurent assez homo- gènes et rectilignes et leur énergie peut être considérée comme égale à la tension appliquée

au tube diminuée du seuil de transparence. Ce point a été vérifié par le potentiel critique Ii

du xénon qui est de 34 kV. Une longue pose effectuée sous 45 kV. (Vefl== 25 kV) n’a pas montré les raies Ktandis qu’une pose six fois plus courte effectuée sous 60 kV (Vff == 40 kV)

en a immédiatement montré le spectre.

Les’séries K du krypton et du xénon ont été obtenues (1) avec des poses de quelques

heures sous la dispersion de j0 X par millimètre. Elles sont tout à fait comparables à celles

.

(1) Comptes rendus : (17 nov. 9930j, p. 938.

(11)

236

des autres éléments. Vu la faible dispersion utilisée, les doublets ~ y et a, a2 sont confondus.

Nous avons obtenu :

Fig. 5.

-

Tube à rayons X à anticathode gazeuse.

Ces valeurs sont exactes à quelques unités X près et s’accordent convenablement avec

les prévisions théoriques vu la faiblesse des raies.

Le rendement de l’anticathode gazeuse de xénon pour les rayons caractéristiques est

tout à fait comparable à celui d’une anticathode cristalline comme nous l’avons observé en

disposant dans le récipient anticathodique évacué un écran incliné d’iodure alcalin.

Le spectre continu émis par le gaz est malheureusement trop faible pour qu’il soit

possible d’en préciser la limite et la distribution de l’énergie. Il serait important de l’enre-

gistrer à densité gazeuse variable, ainsi que selon diverses tranches gazeuses successives.

(12)

237 L’anticathode gazeuse apparaîtrait ainsi supérieure aux anticathodes solides minces, uti-

lisées avec ou sans support, pour l’étude de la genèse du spectre continu.

En ôtant le récipient 5 on fait sortir dans l’air un faisceau cathodique intense avec lequel il est aisé de reproduire les brillantes expériences classiques.

IV. Tube à rayons X mous jusqu’à 8 unités Angstrom (1). -- On a depuis longtemps cherché à utiliser en radiologie les rayons X de grande longueur d’onde absorbés par la paroi de verre des tubes usuels. Celle-ci ne commence, en effet, à devenir transpa-

rente que vers 10 KV (À

===

1 ,2 À). C.L. et F.A. Lindemann ont imaginé en 1908 ut verre léger reculant cette limite vers 5 KV (2,5 A). Nous avons pensé qu’il serait possible d’abais-

ser considérablement ce seuil en utilisant, comme fenêtre transparente, une membrane organiques très mince, combinée avec une anticathode émettant un intense rayonnement K

(Mg,AI), disposée dans un appareil à vide entretenu.

Le tube est construit de manière à pouvoir absorber une puissance élevée sous une

basse tension en offrant un champ d’irradiation étendu. Il se compose (Voy. fig. 6) d’une

Fig. 6.

-

Tube à rayons X mous.

_

anticathode tronconique A en cuivre, mise au sol, refroidie par une circulation d’eau, dans

l’axe de laquelle est disposée la cathode incandescente C. Celle-ci consiste ’en un boudin circulaire de fil de tungstène, monté sur un pied de lampe isolé en verre pyrex à traversées

en tungstène. Un écran circulaire M évite l’échauffement et la métallisation de la fenêtre

transparente F. L’anticathode, qui offre une aire d’impact d’environ 30 cm’, peut être inté-

rieurement doublée de cônes d’aluminium ou de fer serrés par l’écrou E sur le joint J.

La fenêtre transparente est une feuille de cellophane de 0,01 mm d’épaisseur et de 20 em2 de surface. Elle est supportée par une toile métallique, elle-même soutenue par un croisil- lon d’acier et collée sur la base anodique au moyen de picéine. Ces fenêtres sont étanches

aux gaz, sauf à la vapeur d’eau, ce qui entraînait une usure rapide du filament cathodique.

Un léger vernissage et un doublage, réalisé au moyen d’une feuille intérieure d’aluminium

battu, ont beaucoup réduit cet inconvénient. Il est très facile d’obtenir ainsi une fermeture étanche du tube, ce qui ne serait pas possible sur une pareille surface au moyen de feuilles d’aluminium laminées. Le tube peut être simplement évacué par une pompe mécanique à

deux étages, mais il est préférable d’adjoindre une pompe à vapeur d’huile pour éviter la

pulvérisation cathodique qui empêcherait l’excitation de rayons mous caractéristiques (f~ oe Al).

(1) Comptes rendus, t. 185 (déc. 1927), p. 4~60.

(13)

238

Ce tube admet une centaine de milliampères sous-3 KV efficaces, valeur optimum de régime. Sous cette tension, le rayonnement est 2 000 fois plus intense qu’à 1,5 Ka. 11 a été analysé par la méthode d’adsorption dans l’air et.la cellophane. Son intensité est sensible- ment réduite à la moitié de sa valeur initiale par une épaisseur d’un centimètre d’air ou de

0,02 mm de cellophane. Les coefficients massique d’absorption de ces deux milieux sont

égaux à 520 et 210. La différence semble due à l’azote de l’air et au carbone de la cello-

phane. La fenêtre transparente a donc une transmission voisine de 50 pour 100 pour le

rayonnement utile et il ne paraît pas nécessaire d’utiliser des fenêtres plus transparentes

transmettant des rayonnements plus mous dont l’utilisation dermatologique deviendrait

impraticable.

Le tube permet tout aussi facilement, pour les applications médicales, l’obtention des rayons K du fer ou du cuivre. Il est alors avantageusement obturé par une mince feuille de nickel (0,0i mm) et alimenté sous 10 KV. e

Manuscrit reçu le 1 avril 1932.

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