242 Revue Médicale Suisse – www.revmed.ch – 25 janvier 2012
actualité, info
Interculturalité
Ma famille et moi avons vécu huit ans outre- mer, il y a longtemps ; j’ai coutume de dire que cela nous a marqués au long des décennies qui ont suivi. Entre autres choses, en ces temps de populisme xénophobe (qui toute- fois, et ça fait du bien, semble s’essouffler un tant soit peu), je souligne avoir toujours trouvé enrichissant de rencontrer des personnes, de rendre visite à des sociétés qui ont des cadres socioculturels différents du nôtre.
J’ai été intéressé par la lecture de «La mi- gration comme métaphore» (Ed. La Dispute, Paris, 2011), le nouveau livre de Jean-Claude Métraux, pédopsychiatre qui a travaillé trois ans au Nicaragua en guerre, à la fin des an- nées 1980, puis a créé Appartenances, à Lausanne et est une figure de la scène des soins aux personnes migrantes. Ouvrage très nourrissant, en trois parties : une première où
il parle de ses propres migrations, de celle de ses parents/grands-parents avant lui (en Suisse romande) et des dynamiques migra- toires ; une deuxième où il critique les appro- ches adoptées chez nous dans le passé récent (j’ai pour ma part, en toute amitié, des réser- ves sur l’intensité desdites critiques – et leur spécificité). La troisième rassemble des con si- dérations importantes pour la qualité de l’action des aidants concernés, qu’ils soient du do- maine de la santé, du social ou de l’éducation.
Nous sommes tous attachés à notre ba- gage/héritage historico-culturel. J’y pensais, il y a peu, en assistant à un concert des Fifres et Tambours des Collèges lausannois, un corps auquel j’appartenais il y a tantôt 60 ans…
Beaucoup de plaisir, j’aime cette conjonction de deux instruments seulement (dont un guère mélodique) ; il est vrai qu’ils étaient surtout présents, dans le passé, dans la vie militaire et sur les champs de bataille, mais ils sont aussi une marque principale de l’incomparable Carnaval de Bâle. J’ai rencontré un ami tam- bour de l’époque qui me disait qu’un de ses petits-fils avait intégré ce corps de musique, sans savoir que son grand-père y avait été (ça fait toujours plaisir). Et j’ai pensé à nos propres petits-enfants : nous en avons trois, qui vivent près de New York. Ils viennent cha- que année un mois en Suisse et savent qu’ils sont aussi Suisses, mais il reste que leur vie
est celle de petits Etats-uniens. L’idée me tra- versait que, s’ils étaient ici, ils pourraient par- ticiper à ces traditions vaudoises ou helvéti- ques auxquelles, tout en me pensant citoyen du monde, je reste attaché. Une autre de ces traditions sont les Abbayes, dans le Pays de Vaud à l’origine des fêtes de tir, donnant lieu au couronnement de rois et qui étaient, une fois tous les trois ans, le grand moment de la vie villageoise de mon enfance.
J.-C. Métraux, dans le livre susmentionné, souhaite entre les migrants et la société d’ac- cueil la «coconstruction d’un monde de sens partagé, d’un espace commun» et souligne carte blanche
Dr Jean Martin La Ruelle 6 1026 Echandens [email protected]
Elevages et antibiotiques
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Revue Médicale Suisse – www.revmed.ch – 25 janvier 2012 243 l’importance essentielle de la reconnais-
sance mutuelle – dans les deux sens de la reconnaissance qui sert à identifier et de celle qui a une dimension de mutualité. Im- portant donc que je comprenne que mes petits-enfants sont partiellement seulement des petits Suisses (que leur enfance ne sau- rait être comparable à la mienne !) et que, ensemble, nous avons à «coconstruire» quel- que chose (les choses d’ailleurs ne se pré- sentent pas mal).
Une minute cinéma encore, pour évoquer
«Intouchables», roboratif film de fin d’année qui nous encourage à penser que des cul tu- res différentes – différentes à plusieurs égards – peuvent se conjuguer pour que ça marche.
PS : La LICRA (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme), dont j’ai le plaisir de présider la section vaudoise, organise depuis plus d’un an des Cafés LICRA (sur le modèle des Cafés mortels de Bernard Crettaz), pour dé- battre des discriminations dans la vie quoti- dienne, et des manières de les prévenir. On y parle avec des Roms, du domaine du sport, des médias et dernièrement des discrimina- tions en milieu scolaire. Bonne Année inter- culturelle !
mente la résistance des consommateurs à ces traitements, ce qui présenterait un dan
ger en cas de maladies qui ne peuvent être combattues qu’avec ces médicaments.
La Commission européenne elle
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