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AIMER DE TOUT SON ETRE

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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AIMER DE TOUT SON ETRE

« Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes ».

Mt 22, 37-40

Parcours de la Communauté de l’Emmanuel Bienvenue !

Ce petit manuel est pour vous. Il est destiné à vous permettre de suivre le parcours de manière détendue. Vous y trouverez un plan de chaque exposé, les références des citations bibliques, des questions à se poser entre les séances, et des espaces pour vos notes personnelles.

Apportez-le chaque fois, et conservez-le précieusement, il vous aidera à vous souvenir de ce que vous avez entendu, de ce que vous en avez pensé et des décisions que vous avez prises.

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Table des matières

1. Présentation du parcours et approche des « zones de l’être »

2. La zone corporelle et les 5 sens

3. La zone psychique: émotions, imagination, … 4. L’intériorité

5. La liberté, la volonté, l’engagement

6. L’être humain, une personne, un être de relation et de communion

7. L’homme et femme dans le plan de Dieu…

8. Qu’ils soient UN comme nous sommes UN 9. Suivre Jésus jour après jour.

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Séance 1

Présentation du parcours d’anthropologie et approche des zones de l’être

A. PLAN DE LA SCEANCE

Pourquoi un parcours anthropologique ?

Ce parcours a pour objectif de nous aider à mieux comprendre qui est l’être humain et comment, en tant que personne humaine, nous sommes appelés à entrer en relation avec Dieu. Pour l’aimer, aimer notre prochain, et collaborer à son œuvre.

Nous sommes en chemin vers la sainteté : La sainteté n’est pas une dévotion mais une transformation progressive de tout notre être. La Bible est notre « mode d’emploi ». Elle nous montre qui est Dieu et qui est l’homme.

Notre modèle, c’est Jésus. Entièrement tourné vers le Père, Il nous conduit à la plénitude de notre être.

9 sujets seront traités en 9 « modules » avec des temps de prière, d’écoute d’un enseignement, de partages, de questions à se poser personnellement.

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Méthode proposée

 Court enseignement.

 Regard sur Jésus, l’homme parfait. Pas seulement Jésus dans sa nature divine mais Jésus devenu semblable à nous, en tout, excepté le péché.

 Comprendre ce qui se joue en nous. Les freins qui font que telle zone de notre être se détourne de Dieu.

 Comment orienter telle zone de notre être vers Dieu et vers le service de nos frères.

 Exercices à faire sur place, seul ou en petits groupes.

Conclusion

Nous sommes invités à suivre TOUT ce parcours avec bonne volonté ;

Nous en avons besoin pour nous laisser conduire vers la sainteté EN COMMUNAUTE.

B. TEXTES A MEDITER, QUESTIONS POUR NOUS AIDER ET PETITES DECISIONS DE CONVERSION

1) Annonciation : Luc 1, 26-38

Question: Quand et comment ai-je rencontré le Seigneur ? Suggestions:

 Je fais mémoire de ma vie de foi et je note dans mon carnet les étapes marquantes de mon histoire sainte, et je prends le temps d’en rendre grâce au Seigneur.

 Je (re)choisis de prendre un temps de prière quotidien.

 Quand je suis touché par une Parole, j’essaie de comprendre ce que le Seigneur veut me dire, à moi

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personnellement. Exemple: je remplace « le peuple élu » par mon prénom.

Point de conversion : Décision personnelle :

2) Visitation: Luc, 1, 39-45

Question : Comment ma rencontre avec Jésus a-t-elle provoqué un changement dans mes relations ?

Suggestions :

 Je fais mémoire d’un moment où quelqu’un m’a rendu visite et cela m’a fait du bien.

 Je me demande si je me rends disponible pour « une visitation » auprès d’une personne qui en a besoin.

 Est-ce que je rends service ? A qui ? Point de conversion :

Décision personnelle :

3) Naissance : Luc, 2, 1-7.

Question : Suis-je conscient que Dieu m’aime tel que je suis, là où je suis, même si le contexte dans lequel je suis (politique, familial, économique…) ou ma situation de vie n’est pas sans problèmes ?

Suggestions :

 J’exerce la foi et l’espérance en prenant le temps de louer le Seigneur pour ma vie telle qu’elle est aujourd’hui…

 A la crèche, tout le monde est invité. Comment rendre ma maison accueillante pour tous ?

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Point de conversion:

Décision personnelle:

4) Psaume 139, 13-16.

(Nous pouvons aussi méditer Ephésiens 1, 4-7)

Question : Est-ce que je crois que Dieu m’a voulu, et qu’il m’aime dans tout ce que je suis, parce que, comme le dit le Psaume, je suis une « merveille » ?

Suggestions :

 Je montre à une personne proche à quel point elle aussi est une merveille et je lui dis clairement que je suis heureux qu’elle soit là.

 Dans ma prière, je présente au Seigneur ce que je n’aime pas chez moi. Je lui demande de m’aider à accepter ce que je ne peux pas changer, et de m’aider à changer, avec sa grâce, ce qui doit l’être.

Point de conversion:

Décision personnelle:

C. NOTES PERSONNELLES

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Séance 2 La zone corporelle

Finalité de l’enseignement : comprendre que « je suis mon corps ». Le corps est à aimer et à respecter, sans en faire une idole. Avec la grâce de Dieu, m’exercer à mettre toutes les puissances de mon corps au service de Dieu et des hommes, par amour, en toute liberté.

A. PLAN DE LA SCEANCE

Introduction : Par notre corps, nous entrons en contact avec l’extérieur, avec le réel, avec le monde = ce qui n’est pas moi, qui est la réalité extérieure à moi.

I - Importance et dignité de notre corps

1. Mes 5 sens sont 5 fenêtres ouvertes sur l’extérieur: vue, toucher, odorat, ouïe, goût.

2. Mon corps vit dans un rythme qui me fait entrer dans une histoire, dans le temps.

3. Il est un instrument essentiel du dialogue et de la communication.

4. Il montre que je suis un homme ou une femme.

5. Il a des besoins: besoins physiologiques et de confort - j’ai trop froid, trop chaud, je suis fatigué … ce qui fait que je ne suis pas bien. Mon corps recherche le bien-être.

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II - Notre modèle, c’est le Christ. Regarder Jésus dans son humanité

Jésus a assumé notre humanité corporelle, Il nous a sauvés avec son corps. Il est ressuscité dans son corps. Toute la zone corporelle de Jésus, ses 5 sens, sont au service de la gloire de Dieu et de son œuvre : le salut des hommes.

‘’Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché ‘’ (Gaudium et Spes, n. 22, 2).

Exemples :

« Jésus posa sur lui son regard et il l’aima [le jeune homme riche] » (Mc 10, 21) ;

« Pris de pitié, Jésus étendit la main et le toucha [un lépreux]. » (Mc 1, 41) ;

Jésus marchait pour aller en pèlerinage à Jérusalem, pour annoncer le Royaume de Dieu…

Jésus a volontairement renoncé à la nourriture, un besoin de base, par le jeûne. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 4 ,34)

Jésus a même sacrifié l’instinct de conservation en acceptant de mourir, « lui qui, sur le bois, a porté nos péchés dans son propre corps, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice ; lui dont les meurtrissures vous ont guéris » (1 P 2, 24).

C’est pourquoi Dieu l’a exalté. L’évangile de la Transfiguration montre par anticipation la glorification de son corps : comment le corps du Christ devait être après sa vie terrestre : « Il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil […] » (Mt 17, 2).

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III - Mon corps et mes cinq sens

En contemplant Jésus dans son humanité, son corps et ses cinq sens, je peux :

1. m’émerveiller pour la dignité et la beauté de mon corps à moi : « je confesse que je suis une vraie merveille, tes œuvres sont prodigieuses : oui, je le reconnais bien » (Ps 139,14).

Quels que soient mon poids et ma taille, mon âge, le teint de ma peau, l’état de ma santé, mes maladresses…

2. prendre conscience que, en moi, corps et âme sont vraiment uns.

Il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle.

Mais, au contraire, il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour.

Toutefois, blessé par le péché, il ressent en lui les révoltes du corps. C’est donc la dignité même de l’homme qui exige de lui qu’il glorifie Dieu dans son corps, sans le laisser asservir aux mauvais penchants de son cœur » (Gaudium et spes, n. 14, 1).

3. réaliser que chacun de mes organes, de mes sens, a été créé et sauvé pour être au service de la gloire de Dieu et du bien des autres…

Exemple : Travailler de ses propres mains. St Paul exhorte les chrétiens à travailler : « qu’ils travaillent dans le calme et qu’ils mangent le pain qu’ils auront eux-mêmes gagné » (2 Th 3, 11- 12).

Valeur de l’activité humaine : « Pour les croyants, une chose est certaine : considérée en elle-même, l’activité humaine, individuelle et collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein de Dieu.

L’homme, créé à l’image de Dieu, a en effet reçu la mission de

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soumettre la terre et tout ce qu’elle contient, de gouverner le cosmos en sainteté et justice et, en reconnaissant Dieu comme Créateur de toutes choses, de lui référer son être ainsi que l’univers : en sorte que, tout étant soumis à l’homme, le nom

même de Dieu soit glorifié par toute la terre.

Cet enseignement vaut aussi pour les activités les plus quotidiennes. Car ces hommes et ces femmes qui, tout en gagnant leur vie et celle de leur famille, mènent leurs activités de manière à bien servir la société, sont fondés à voir dans leur travail un prolongement de l’œuvre du Créateur, un service de leurs frères, un apport personnel à la réalisation du plan providentiel dans l’histoire » (Gaudium et spes, n. 34).

« […] Glorifiez donc Dieu par votre corps » (1 Co 6, 12-20).

« Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et ce qui manque aux détresses du Christ, je l’achève dans ma chair en faveur de son corps qui est l’Eglise » (Col 1, 24).

4. Notre corps ressuscitera « Car notre cité, à nous, est dans les cieux, d’où nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire […] » (Ph 3, 20-21).

5. Comment vivre, regarder mon corps, le corps de l’autre?

 Ne pas l’ignorer ou le mépriser ni l’idolâtrer, on va le respecter car c’est le temple de l’Esprit Saint;

 Ne pas réduire la personne à ce que je vois d’elle;

 Ne pas mépriser l’autre à partir d’une caractéristique physique;

 Ne pas réduire l’autre à ce qu’il peut m’apporter par son corps. Exemple: une femme n’est pas qu’un corps pour enfanter;

 Etre attentif aux besoins des autres: Le Bon samaritain:

voit, touche, porte…

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IV- Les obstacles

1. Mépris de son corps, manque de soins;

2. Souci disproportionné du corps: se décaper la peau – chercher à tout prix à maigrir – salut par le sport;

3. Mauvais usage de nos sens : regard qui peut tuer – usage immodéré de la télé ….

4. Sexualité débridée, pas tournée vers le don: je me sers du corps de l’autre;

5. Besoins vitaux non satisfaits (faim) qui font qu’on lutte d’abord pour soi et sa survie.

6. Manque de pudeur: juste milieu à trouver entre tout cacher (burqa) et tout montrer (hyper moulant).

Conclusion

Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint- Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. (1Co 6 19-20)

B. TEXTES A MEDITER, QUESTIONS POUR NOUS AIDER ET PETITES DECISIONS DE CONVERSION

Textes à méditer

Concile Vatican II, Gaudium et spes, n. 22. Le Christ, homme nouveau :

1. En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. Adam, en effet, le premier homme, était la figure de celui qui devait venir, le Christ Seigneur. Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste

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pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation […].

2. « Image du Dieu invisible » (Col 1, 15), il est l’Homme parfait qui a restauré dans la descendance d’Adam la ressemblance divine, altérée dès le premier péché. Parce qu’en lui la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous aussi à une dignité sans égale. Car, par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme.

Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché.

Exercices.

1) Je relis le texte du Bon Samaritain. (Luc, 10, 25-37) Question : Ai-je eu l’occasion de réaliser que mon corps peut servir la gloire de Dieu, la Vie ? Trouver un exemple.

Suggestions :

 Je décide d’ouvrir les yeux sur les besoins de mes proches (et qu’ils ne disent pas forcément);

 Je prends conscience de mes 5 sens (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) et m’émerveille de ce qu’ils me révèlent de la création.

 Je montre ma tendresse à un malade pour lui apporter du réconfort.

Point de conversion : Décision personnelle :

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2) Je médite le verset 30

« Jésus reprit la parole et dit: « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s'en allèrent en le laissant à moitié mort. »

Question : M’arrive-t-il d’utiliser la violence et les coups, pour obtenir ce que je veux ? Or, le corps de l’autre n’est-il pas à respecter, comme le mien d’ailleurs ?

Suggestions :

 Si l’utilisation de la violence est habituelle dans ma culture et ma famille, je me pose la question en profondeur: est-ce que l’emploi de la force est légitime ? Qu’est-ce qui m’empêche de la remplacer par le douceur (qui n’empêche pas la fermeté !) ?

 J’apprends à utiliser les mots plutôt que les poings;

 J’apprends à exprimer avec des mots ma colère, sans agresser l’autre;

Point de conversion : Décision personnelle :

3) Je lis le texte Matthieu, 23, 5-6

« Ils (les pharisiens) font toutes leurs actions pour être vus des hommes, car ils élargissent leurs phylactères et allongent leurs houppes; ils recherchent les premières places dans les repas, les premiers sièges dans les synagogues… »

Question : Mon corps et l’attention que je lui porte est-il parfois une difficulté, un obstacle dans mon chemin de sainteté ?

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Suggestions :

 Je réfléchis à la manière dont je traite mon corps: quels soins ? Trop ou pas assez ?

 Où dois-je me convertir ? Qu’est-ce que je peux mettre en œuvre ?

- Habillement - Maquillage - Hygiène

- Consommation - Nourriture

- Repos et équilibre de vie - Séduction

- Pudeur

- Addiction (alcool, porno, drogues, …) - …

Point de conversion : Décision personnelle :

4) Je médite sur le regard de Jésus pour le jeune homme riche (Marc 10,21) et pour Pierre, après son reniement (Luc, 22,61)

Question : Jésus regarde avec des yeux de chair, un homme de chair. Est-ce que je comprends que le Seigneur me regarde avec un regard d’amour, quand je fais des efforts pour le suivre (comme le jeune homme riche) mais aussi quand je le déçois et même le trahis (comme Pierre) ?

Suggestions :

 Je prends conscience de la manière dont je regarde les personnes. Quel est mon regard ? Aimant ? Bienveillant ? Jugeant ? Agressant ? Malsain ? Séducteur ?

 Je détourne les yeux de ce qui ne m’aide pas à vivre en disciple du Christ.

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 Je regarde mon conjoint, mes enfants, mon entourage avec un regard franc et bon.

Point de conversion : Décision personnelle :

C. NOTES PERSONNELLES

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Séance 3 La zone psychique

Finalité de l’enseignement : Comprendre que la vie psychique (avec les émotions) fait partie de notre vie et nous influence.

Pour être libre, il faut accueillir nos émotions, les reconnaitre et les mettre sous le contrôle de notre liberté.

A. PLAN DE LA SCEANCE

Introduction

L’Esprit Saint qui vit en nous cherche à habiter toutes les zones de notre être pour les orienter vers le service de Dieu et de nos frères;

Chacun de nous fait l’expérience que, même si nous sommes sauvés par le baptême, il reste en nous la trace de la blessure originelle. C’est la tendance à vouloir être soi sans Dieu et sans les autres;

Cet obstacle fondamental peut être renforcé par des difficultés provenant de ce qu’on appelle aujourd’hui les blessures psychiques;

Les émotions sont abordées différemment selon les cultures.

Certaines cultures les refusent, d’autres en acceptent certaines, mais pas toutes. Les connaître a pour but de rester au service de la charité;

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I – La vie psychique

Elle est faite des émotions, de l’imagination, de la mémoire et des blessures.

1) Les émotions

Les émotions sont des « forces vives », qui viennent de

« l’intérieur » de nous pour nous montrer comment nous ressentons une situation; Elles sont agréables ou désagréables;

Elles ne sont ni bonnes, ni mauvaises. Etre spontanément joyeux ou triste, est-ce bien ou mal ? Ni l’un ni l’autre. C’est juste un signal.

L’émotion peut aussi naître ou renaître de nos souvenir, de notre mémoire;

Parfois, notre culture nous conditionne à les refuser, les nier.

Parfois aussi, c’est nous-mêmes qui les refusons;

Nous avons à les accueillir lucidement pour pouvoir ensuite les mettre sous le contrôle de notre volonté, pour qu’elles restent au service du Bien et de l’amour.

 Emotion non contrôlée. Elle est impulsive: elle naît et s’exprime, sans contrôle (ex: colère agressive)

 Refoulement : l’émotion est « refusée » avant que la personne n’en prenne conscience. Elle est « renvoyée » au fond de soi, dans la partie inconsciente du psychisme où elle reste cachée mais active. (Ex: colère refoulée, qui explose plus tard pour un prétexte futile)

 Je peux accepter et contrôler cette émotion : Ex:

J’accepte une émotion de colère, et décide de la manifester, car c’est nécessaire pour le Bien et la justice. Mais sans agressivité. Je choisis les mots et le ton et je veille à ce qu’elle ne dérive pas vers la violence.

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 Je peux accepter mon émotion et, en même temps, ne pas la montrer, pour de bonnes raisons (pas par hypocrisie !)

 Différence entre refoulement et refus : le refoulement bloque l’émotion sans qu’on s’en rendre compte, car elle est interdite. En réalité, je sens tout de même comme un malaise, je ne suis pas en paix. Le refus d’une émotion est conscient: je sens bien l’émotion, mais je ne la laisse pas prendre le pouvoir sur moi: c’est moi qui décide ce que j’en fais.

 Le fruit du contrôle de nos émotions est la paix intérieure.

2) L’imagination

 Ce sont tous les petits discours qu’on se fait intérieurement.

C’est une faculté neutre moralement. Mais elle peut dévier.

 Elle peut être très développée, et parfois exagérée. Ex: je n’ose pas prendre le bateau car j’imagine tout ce qui pourrait se passer de difficile lors de la traversée.

 Elle peut être « mal nourrie », par exemple par des émissions à la TV ou sur internet.

 Elle est aussi positive et créative: trouver des solutions à certains problèmes.

 Autant il faut être doux avec nos émotions, et leur laisser le temps de se calmer, autant il faut dire “ stop” à nos imaginations négatives.

3) Les blessures

 Une blessure : C’est une souffrance intérieure, dont on garde une trace, non seulement dans nos souvenirs (conscients ou inconscients), mais aussi dans notre mémoire affective. Ex: si j’ai été trahi, j’ai ensuite plus de mal à faire confiance.

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 Les blessures psychologiques nous influencent : on construit inconsciemment des « mécanismes de défense » pour éviter de souffrir à nouveau.

 La mémoire des blessures est indépendante du pardon éventuellement donné.

II - Jésus, notre modèle, a lui aussi une vie psychique

Jésus, vrai Dieu et vrai homme, vit tout comme nous, excepté le péché. Il a vécu dans une famille, avec toutes les émotions qui s’y vivent. Il a lui-même éprouvé des émotions.

 La joie : Jésus a tressailli de joie (Luc 10,21)

 L’émerveillement qui le pousse à la louange.

 La compassion (veuve de Naïm).

 La tristesse : Il est triste de la mort de son ami Lazare et pleure (Jean 11, 33-35). Jésus ne refoule pas sa tristesse, ni ne la cache.

 L’angoisse : effroi et angoisse au jardin des oliviers. (Mt, 26, 37-38). Bien qu’ayant une confiance totale en son Père, il éprouve dans son être nos peurs les plus profondes. Mais il reste libre de choisir la volonté du Père: “Non pas ma volonté, mais la tienne.” (Luc 22:42).

 La colère : Jésus chasse les vendeurs du temple (Matt 21, 12-14) dans une colère maitrisée.

III – Etapes de croissance

1) Et nous ?

 La sainteté n’implique pas l’absence de blessures et de difficultés intérieures, elle n’est pas un équilibre psychique parfait.

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 La vie de foi donne la direction, le cap de ma vie: je veux avancer sur le chemin de sainteté où le Seigneur m’appelle, aller VERS le Christ, je veux me tourner VERS le Père;

 Parfois, notre vie psychique nous bloque (ex: mauvaise image du Père) et nous empêche d’avancer. Nos difficultés de conversion ne sont donc pas que spirituelles.

 L’inverse est vrai aussi: un problème persistant peut avoir une origine spirituelle (ex: je refuse consciemment de pardonner, je ne prends pas le temps de prier, de recevoir le sacrement de réconciliation, etc…)

 Tout être humain garde une part, même infime, de liberté et de responsabilité. C’est là que nous avons à exercer notre liberté.

La vie communautaire est un lieu de guérison des blessures, un facteur d’équilibre psychique. Parce que l’on prie ensemble, sert ensemble, dans des échanges bienveillants et vrais.

L’accompagnement est un lieu de progrès et d’avancement sur ces questions.

2) Obstacles culturels

 Méconnaissance de la psychologie : on attribue à d’autres l’origine de ce qui arrive.

 Des fausses croyances peuvent conduire à des peurs et des angoisses et provoquent des émotions fortes, mais qui ne sont pas en lien avec le réel: superstitions, peurs des esprits…

 La foi nous dit que la puissance du Seigneur nous protège, son Esprit nous rend libres. Nos cultures ont donc à se laisser interpeller par notre unique référence qui est Jésus, pour vivre pleinement notre vocation humaine.

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3) Comment avancer ?

 Accepter de s’ouvrir à la dimension de la vie psychique. Ne pas se laisser enfermer dans ce qu’en dit notre éducation ou la culture;

 Réguler notre ressenti par l’intelligence, le discernement, et se laisser éclairer par l’Esprit Saint. L’émotion n’est qu’un signal, une étape, nous sommes capables de bien plus.

Ex : Amour: être amoureux est un ressenti. Aimer = bien plus que le ressenti. C’est aussi une réflexion et une décision de le faire vivre et grandir dans un engagement de don réciproque.

Ex : Foi: je dis que j’aime le Seigneur. Aussi je m’engage pour une vie chrétienne: aller à la messe, prier, vivre des sacrements, aimer en actes, …

Ex : Compassion. Je ressens de la vraie compassion pour les pauvres. Mais je dois dépasser cette émotion pour aller plus loin en suivant l’exemple du bon samaritain: il voit le blessé avec ses yeux (corps) - il est saisi de pitié (émotion) - il réfléchit à ce qu’il est bien de faire (raison) – Il agit, se penche sur le blessé et le soigne (décision) - il se projette dans l’avenir et fait un plan: aller à l’auberge, payer les soins à l’avance - il se donne (en temps et en argent) – Il demande la collaboration de l’aubergiste et est conscient de ses limites (humilité).

Conclusion.

L’Esprit saint nous aide à faire la lumière sur notre vie psychique et à ne pas en avoir peur.

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B. TEXTES A MEDITER, QUESTIONS POUR NOUS AIDER ET PETITES DECISIONS DE CONVERSION

Textes à méditer

Lire les Psaumes, qui sont riches de sentiments divers. Ils disent parfois à notre place ce que nous ne parvenons pas à dire. On y sent les combats: je suis découragé, je souffre…mais je mets mon espérance en toi, Seigneur.

Exercices 1) Je lis les textes du jour

Question : quelles sont les émotions et sentiments des personnes ?

Suggestions :

 Repérer les émotions que j’ai éprouvées pendant la journée.

 Les identifier et les nommer.

 Qu’en ai-je fait ?

 Ai-je pu les dire ?

 A qui ?

 Lesquelles sont difficiles et pourquoi ? Point de conversion :

Décision personnelle :

2) Je relis Jean 11:35 et Luc 19:41

Question : Que vit Jésus ? Trouvez-vous normal qu’il l’exprime, alors qu’il est Fils de Dieu ?

Suggestions : Trouvez d’autres textes où Jésus montre ses émotions. Comment les a-t-il manifestées ?

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 Voir celles que j’éprouve souvent, celles que je n’éprouve jamais. Pourquoi ? Ne sont-elles pas refoulées ?

 Nommer celles qui me font peur. Pourquoi ?

 Comment est-ce que je juge les pleurs ? Les miens et ceux des autres ? …

Point de conversion : Décision personnelle :

3) Je lis le Magnificat (Lc 1,46-56).

On voit que Marie emploie les mots des psaumes pour dire ses propres pensées, elle a été capable de s’en servir pour exprimer une louange personnelle.

Question : M’arrive-t-il de dire des paroles bibliques qui parlent de ma vie personnelle et me font comprendre que la Parole de Dieu est vraiment réelle dans ma vie ?

Suggestions : Se rappeler un moment où j’ai éprouvé les émotions suivantes, et voir dans quel texte biblique je peux les retrouver:

 Angoisse

 Colère

 Peur

 Joie

 Jalousie

 Bonheur

 Dégout

 Exultation

Point de conversion : Décision personnelle :

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4) Texte de l’homme à la main desséchée (Mc, 3,1-6) Question: Qu’éprouve Jésus ?

Suggestions:

 Je prends conscience de mes peurs. Quelles sont-elles ?

 Sont-elles plus fortes que la compassion ?

 Jésus sait qu’il prend un risque en aidant cet homme. Et moi, puis-je prendre le risque de la compassion ?

 Quelles sont les actes de charité que ma culture (ma famille, mon conjoint…) accepte ?

 Quelles sont ceux que ma culture (ma famille, mon conjoint…) refuse ?

Point de conversion : Décision personnelle :

C. NOTES PERSONNELLES

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Séance 4

L’intériorité de l’être humain

Finalité de l’enseignement : découvrir ou redécouvrir notre intériorité, pour l’habiter, pour être nous-mêmes, pour la laisser consciemment devenir le lieu de la rencontre et de l’Alliance.

A. PLAN DE LA SCEANCE

I. Dignité et complexité de l’intériorité de l’homme;

II. Importance de l’intériorité;

III. Difficultés pour rentrer en soi même;

IV. Apprentissage de l’intériorité;

V. Différentes dimensions de l’intériorité.

I. Dignité et complexité de l’intériorité de l’homme

L’intériorité comporte diverses facultés uniques à l’être humain, et fait de lui un être supérieur à tous les éléments du monde sensible.

« En vérité, l’homme ne se trompe pas lorsqu’il se reconnait supérieur aux éléments matériels et qu’il se considère comme irréductible, soit à une simple parcelle de la nature, soit à un élément anonyme de la cité humaine. Par son intériorité, il dépasse en effet l’univers des choses. C’est à ces profondeurs qu’il revient lorsqu’il fait retour en lui-même où l’attend ce Dieu qui scrute les cœurs et où il décide personnellement de son propre sort sous le regard de Dieu.

Ainsi lorsqu’il reconnait en lui une âme spirituelle et

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immortelle, il n’est pas le jouet d’une création imaginaire qui s’expliquerait seulement par les conditions physiques et sociales ; bien au contraire, il atteint le tréfonds même de la réalité. » (Gaudium et Spes n°14,2)

« D’où vient la prière de l’homme ? Quel que soit le langage de la prière, (gestes et paroles), c’est tout l’homme qui prie.

Mais pour désigner le lieu d’où jaillit la prière, les Ecritures parlent parfois de l’âme ou de l’esprit, le plus souvent du cœur (plus de 1000 fois). C’est le cœur qui prie. S’il est loin de Dieu, l’expression de la prière est vaine. » (CEC n° 2562)

Nous avons à découvrir sans cesse notre intériorité pour l’habiter, pas seulement la connaitre en théorie, mais en faire l’expérience vivante.

II. Importance de l’intériorité

 Pour se retrouver soi-même, ne pas rester à la surface, à l’extérieur de soi-même;

 Pour la qualité de notre relation avec Dieu, qui dépend de notre intériorité;

 Pour entrer dans une prière personnelle réelle, qui ne soit pas uniquement un ressenti de prière, mais l’ouverture d’un cœur réellement présent à la relation avec le Seigneur;

 Pour la qualité de notre relation avec les autres : nous savons tous combien il est frustrant de parler à quelqu’un qui est distrait et peu attentif.

 Pour nos partages de la Parole, en maisonnée, ou en évangélisation, sinon nos paroles restent superficielles;

 Pour l’accompagnement : si nous hésitons à y aller, c’est parce que nous ne nous exerçons pas assez à l’intériorité.

Si nous le faisons, nous découvrons de choses à partager ! Marie est notre exemple, modèle de vie intérieure qui « retenait toutes ces choses en son cœur et les méditait » (Luc, 2, 19)

(27)

III. Difficultés pour rentrer en soi même

Les raisons extérieures, notamment LE BRUIT. Le silence est nécessaire à l’homme.

« Que renaisse en nous l’estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l’esprit, en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de fracas et de cris dans notre vie moderne, bruyante. O, silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maitres ; enseigne- nous le besoin et la valeur des préparations, de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret. » (Pape Paul VI à Nazareth 01- 1964)

Nous avons à décider le silence, trouver le temps du silence, prendre les moyens pour y arriver : éteindre la télé, couper son téléphone…

Les raisons personnelles

 Habitude du bruit;

 Habitude personnelle de dispersion et de superficialité pour fuir la réalité de notre vie;

 Peur du silence, de se retrouver face à soi-même;

 Manque de liberté par rapport aux autres;

IV. Apprentissage de l’intériorité

Etre présent à soi-même nécessite une éducation ou une rééducation à l’intériorité.

L’accompagnement communautaire peut nous aider à devenir des hommes et des femmes intérieurs.

Cet apprentissage passe par la prière personnelle et autres moyens spirituels.

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 La prière personnelle : « Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme la porte et adresse ta prière à ton père qui est là, dans le secret » (Matt 6-6);

 La pratique de la révision de vie et la pratique régulière du sacrement de réconciliation;

 Le carnet de sanctification qui est un carnet de vie intérieure;

Les évènements peuvent nous conduire à l’intériorité, comme le Fils prodigue qui « rentrant en lui-même » (Luc, 15,17) décide de retourner vers son père.

Dieu peut permettre des évènements difficiles ou heureux pour nous recentrer sur ce qui est essentiel dans notre vie.

V. Les différentes dimensions de l’intériorité L’imagination et la mémoire

Jésus enseignait en utilisant des paraboles. Pour cela il se servait de son imagination et de sa mémoire.

Pour nous, ce sont des « facultés précieuses qui fournissent à l’intelligence les matériaux dont elle a besoin pour travailler.

Mais elles sont à discipliner. Leur activité est à subordonner à l’empire de la raison et de la volonté ; autrement, laissées à elles-mêmes, elles peuplent l’âme d’une foule de souvenirs et d’images qui la dissipent, gaspillent ses énergies, lui font perdre un temps précieux dans la prière et dans le travail et créent mille tentations contre la pureté, la charité, l’humilité et autres vertus. » (Tanquerey, précis de théologie ascétique et mystique.)

Nous sommes invités à ne pas subir bêtement ces facultés.

Avec la grâce de Dieu, l’homme a la capacité de discipliner son imagination et sa mémoire.

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L’intelligence – la raison

Jésus : « dans le temple, assis au milieu des docteurs de la loi.

Tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur l’intelligence de ses réponses. » (Luc,2, 46-47)

Jésus fait appel à l’intelligence de ses auditeurs : « Lequel d’entre vous, s’il veut bâtir une tour, ne commence pas par s’assoir pour calculer la dépense et juger s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? » (Luc, 14, 28-29)

Pour nous, l’intelligence nous aide à rechercher la vérité.

 Elle est à orienter vers la vérité et l’objectivité. Elle doit être au service de la volonté pour la gloire de Dieu et le bien de l’homme. Dans l’exercice de notre propre intelligence, la foi n’exclut pas la raison.

 Notre intelligence, qui a pu être trompée par diverses idéologies qui imprègnent notre société, doit être guérie et convertie pour s’orienter vers la vérité et l’objectivité.

 Pour cela, l’homme a le devoir de se former avec méthode, constance et avec le désir de connaitre et d’aimer de pratiquer la vérité. Le chrétien a le devoir de l’auto- formation.

 La formation communautaire fait partie intégrante de nos engagements communautaires.

 La raison, éclairée par la révélation et l’acceptation du réel, est notre boussole dans la vie.

 Nous avons à affiner notre esprit critique et d’analyse:

l’homme mûr est celui qui sait se remettre en question et reconnaitre ses erreurs, sa responsabilité, au lieu d’attribuer aux autres et à Dieu la cause de ses échecs ou de ses malheurs. Par exemple, tous les malheurs n’ont pas pour cause la méchanceté des autres ou les mauvais sorts.

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Les bons désirs

Jésus : « C’est un feu que je suis venu allumer sur la terre et quel n’est pas mon désir qu’il soit déjà allumé » (Luc, 12, 49) Le désir de Jésus, c’est le salut des âmes.

Pour nous, le désir fait partie de notre vie intérieure.

 Pour parvenir à quelque chose de bon, il faut d’abord le désirer. Il nous faut avoir de grands désirs !

 Les bons désirs portent sur les choses de notre vie ordinaire : orientation de vie, vocation, choix d’études…

Mais vigilance pour ne pas entretenir des désirs mauvais ou nous évader de la réalité par des rêves irréalisables !

 Nos désirs doivent être confrontés à la Parole de Dieu, aux commandements du Seigneur et à l’enseignement de l’église.

 La prière nous aide à prendre conscience de nos désirs profonds.

 L’accompagnement est essentiel dans le discernement de nos désirs.

 A l’exemple de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, brûlons du désir de la sainteté.

Volonté – détermination

Jésus : « Comme arrivait le temps où il allait être enlevé du monde, Jésus prit résolument la route de Jérusalem » (Luc 9,51)

Pour nous, « La personne humaine est capable, par sa volonté, de se porter d’elle-même vers son bien véritable. Elle trouve sa perfection dans la recherche et l’amour du vrai et du bien. » (GS 15 &2)

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La volonté humaine a besoin d’être éduquée afin de la rendre assez souple pour obéir à Dieu en toutes choses, assez forte pour commander au corps et à la sensibilité.

Liberté – décision

Jésus est totalement libre

Pour nous : « C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. » (Ga,1-26)

La liberté ne veut pas dire faire n’importe quoi…

‘’La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure’’ (GS 17)

Conclusion : En rentrant en lui profondément, l’homme rencontre Dieu.

« La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. » (GS n°16)

Avec la grâce de Dieu, c’est en posant fréquemment des actes d’intériorité que l’on peut devenir mûr, saint et donc heureux.

B. TEXTES A MEDITER, QUESTIONS POUR NOUS AIDER ET PETITES DECISIONS DE CONVERSION

Texte à méditer

« Marie gardait toutes ces choses, et les méditait dans son cœur. » Luc, 2, 15-19.

Exercices.

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1) Je lis Matthieu, 6, 5-7

Question : Où en suis-je dans mon temps de prière ? Suggestions :

 Je fixe ce temps dans mon agenda, comme un rendez-vous important.

 Je réserve dans ce temps de prière un moment pour la méditation silencieuse.

 Je note ce qui me touche et j’y reviens régulièrement.

Point de conversion : Décision personnelle :

2) Je lis Luc, 1, 57-66

Question : Est-ce que je me laisse interpeller en profondeur par ce qui se vit autour du moi ?

Suggestions :

 Ai-je déjà été « dans l’étonnement » suite au comportement d’un chrétien ? J’essaie de trouver ce qu’il y a de positif dans ce comportement plutôt que de le critiquer ou de dire que ce n’est pas « comme moi » …

 Je réfléchis à ce qui me bouscule dans la vie actuelle et prends le temps de me laisser éclairer par la Parole de Dieu.

 Je me laisse interpeller par mon conjoint, mon accompagnateur, mon responsable, …

Point de conversion : Décision personnelle :

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3) Je lis Jacques, 1,19

Question : est-ce que je prends le temps d’écouter ?

Suggestions : Souvent, nous avons une écoute sélective: nous choisissons ce que nous écoutons, tout en préparant déjà une réponse. Je fais un effort pour :

 Laisser parler l’autre jusqu’au bout (même si je ne suis pas d’accord avec lui);

 Lire la Parole de Dieu jusqu’au bout, même si elle me dérange;

 Essayer de comprendre la doctrine de l’Eglise, même si je pense qu’elle est très loin de nos réalités culturelles;

 Je présente toutes ces écoutes et ce que cela a provoqué en moi, dans un temps de prière silencieux.

Point de conversion : Décision personnelle :

4) Je lis Luc, 15,17. « Etant rentré en lui-même, il se dit… » Question : M’arrive-t-il de m’appuyer sur la Parole de Dieu pour trouver la force dans mes combats quotidiens ?

Suggestions :

 Trouver une Parole à apprendre par cœur pour vivre avec le Seigneur ce que je vis :

- Me réjouir

- Présenter ma tristesse

- Avoir la force de demander pardon, de me réconcilier

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- Me révolter

- Avoir peur

- Garder l’Espérance

 Je vais me confesser après un temps où « je rentre en moi- même » pour faire le point, lucidement.

 Je fais un pas de réconciliation, par charité.

Point de conversion : Décision personnelle :

C. NOTES PERSONNELLES

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Séance 5

La liberté, la volonté, l’engagement

Finalité de cet enseignement : prendre conscience de ce qu’est réellement la liberté des enfants de Dieu.

A. PLAN DE LA SCEANCE

I. Qu’est-ce que la liberté ?

II. Jésus, modèle parfait de liberté;

III. Comment poser des actes libres et grandir en liberté ?

I. Qu’est-ce que la liberté?

Remarque : le monde et les médias nous présentent l’homme libre comme celui qui fait ce qu’il veut, qui vit sans aucune contrainte. Nous sentons bien que ce n’est pas ça, la liberté…

1) Qu’est-ce qu’être libre?

 Etre libre = être capable de se décider pour un bien véritable - non pas en théorie mais dans la vie réelle - éclairé par la raison, la réflexion, et la Révélation.

 L’homme libre, c’est celui:

- Qui est capable de décider par lui-même, à la lumière de sa raison. Il sait rentrer en lui-même avant d’agir;

- Qui sait demander conseil, pas pour que le conseiller décide à sa place avec des diktats mais pour qu’il éclaire. Demander conseil mais pas à n’importe qui…

- Qui se laisse guider par la Parole de Dieu.

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2) Tout n’est pas écrit d’avance

Chaque personne est une créature unique qui a la possibilité d’avancer sur un chemin personnel, en réponse à l’appel de Dieu. Rien n’est écrit à l’avance.

Je suis capable de choisir et d’exercer ma volonté pour accomplir le beau, le bien, le vrai malgré mes blessures, mon histoire et mes conditionnements, culturels et familiaux.

Je ne suis pas esclave de :

 Ma culture et mes coutumes;

 Mes instincts, pulsions, ressentis, peurs, préjugés; …

 Mon entourage: règles familiales et sociales, interdits explicites et implicites, fausses croyances et superstitions qui m’entourent.

Être libre, c’est être capable de poser les choix qui me permettront de faire la volonté de Dieu.

II. Jésus, modèle parfait de liberté

1) Jésus, par son incarnation, est rentré dans les limites de la condition humaine, limites du temps et de l’espace mais il est parfaitement libre et se décide librement.

 Liberté par rapport à la loi du corps.

- Il mange (loi du corps) mais peut décider de jeûner;

- Il dort mais décide de se lever la nuit pour prier;

- Liberté par rapport à son instinct de conservation: Il donne sa vie, en se livrant, par amour, à la mort.

 Liberté dans son affectivité. Il n’est pas dominé par ses émotions, même très fortes.

- Colère: Il montre sa colère aux marchands du temple.

Cette colère est exprimée en étant maitrisée.

- Pendant toute la passion, Il choisit de ne pas réagir quand il est giflé, frappé. Il reste maitre de Lui. Il décide

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de rester en silence ou de parler, selon ce qu’Il estime nécessaire.

 Liberté par rapport à sa famille : « ma mère et mes frères, ce sont ceux qui font la volonté de mon Père ». (Luc 8,21)

 Liberté par rapport à l’ordre établi, aux usages et coutumes, Il n’a pas peur de l’autorité, ni des grands de ce monde.

Quel est le secret de la liberté de Jésus ? C’est sa pleine communion avec son Père.

2) Qu’est ce qui empêche que nous soyons libres comme Jésus?

 Notre faiblesse, notre péché;

 Notre histoire personnelle : blessures familiales, guerres, …

 Notre hypocrisie; situations cachées, mensonges: du moment qu’on n’est pas vu, ce n’est pas un problème…ex : double vie

III. Comment poser des actes libres et grandir en liberté Rapport entre liberté et conscience. La conscience est le sanctuaire de Dieu en l’homme, lieu de délibération intime où l’on met en balance un certain nombre d’éléments pour exercer un choix, le choix qui nous semble concourir à un bien.

 L’homme libre sait rentrer en lui-même, il ne vit pas à la superficie de lui-même, guidé par son seul ressenti (je sens, je fais – je ne sens pas, je ne fais pas …)

 L’homme libre sait réfléchir et décider par lui-même. Il ne se laisse pas mener par l’opinion commune;

Les 4 étapes d’un choix libre :

1/ Le but. Qu’est-ce qui est en jeu ? Est-ce pour le bien ? Le mien ? Le Bien Commun ?

2/ Les moyens. Je réfléchis sur les moyens que je vais prendre pour arriver à ce but. Sont-ils justes ? Adaptés ?

Raisonnables ? Ai-je besoin de conseil ? Auprès de qui ?

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3/ Action. Je mets en œuvre les moyens – avec toute ma volonté, je vais au bout de ce que j’ai décidé sinon je reste dans des belles pensées.

4/ Les fruits. Je regarde le résultat obtenu, les fruits de ma décision, de mon action, leur fécondité. Je me réjouis d’avoir posé un acte bon. Ou je corrige le tir.

Exemple: face à la tentation de l’infidélité;

1/ Le but: rester fidèle à ma femme (mon mari);

2/ Quels moyens je prends: je coupe avec tel ami qui m’entraine au mal;

3/ Je mets en œuvre ce que j’ai décidé pour rester fidèle;

4/ Je me réjouis de ma famille et deviens un témoin pour les autres.

La croissance en liberté est un cheminement.

 La liberté n’est pas un état définitif où nous pourrions nous sentir définitivement arrivés. C’est un cheminement permanent. Nous pouvons donc grandir au fur et à mesure que nous posons des actes libres.

 Nous faisons tous l’expérience qu’il ne nous est pas toujours possible de faire tout le bien que nous souhaiterions faire:

Jean Paul II parle de la loi de gradualité: il s’agit de toujours viser le bien et de s’efforcer de le faire. Mais il nous faut aussi accepter que c’est un cheminement qui prend du temps et il s’agit de faire confiance et de croire en une collaboration entre nos efforts humains et la grâce divine.

 La vie morale est toujours un chemin progressif mais radical. Il y a des ruptures à vivre avec certains comportements incompatibles avec la raison et notre foi.

 Nous avons à réfléchir à nos chemins de rupture : quels moyens prendre, prier, prendre conseil, et persévérer.

 On voit la nécessité de l’accompagnement pour nous aider et nous éclairer. (Ne pas parler à n’importe qui, n’importe comment).

(39)

 Prière, sacrements, confrontation de sa propre volonté avec la Parole de Dieu.

Conclusion

« C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon et ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. »

« Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté ; mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme. Au contraire, par amour, mettez-vous au service les uns des autres. » (Gal 5,1 et 13)

B. TEXTES A MEDITER, QUESTIONS POUR NOUS AIDER ET PETITES DECISIONS DE CONVERSION

Texte à méditer

Galates 5,1. « C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis.

Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de l’esclavage. »

Exercices 1) Je lis Galates, 5,13

« Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair;

mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. »

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Question : J’ai entendu un topo sur la liberté. Mais quelle est mon opinion, à moi ?

Suggestions : je me positionne par rapport à chacune des propositions ci-dessous. Etre libre, c’est :

- Pouvoir décider de tout ce qui me concerne;

- Faire ce que je veux quand je veux;

- Me laisser guider par ma conscience;

- N’obéir à personne;

- Vivre indépendamment des autres;

- Ne pas être obligé de rentrer dans des coutumes, des usages;

- Chercher à faire la volonté de Dieu;

- Mais que dit la Foi, en réalité ? Point de conversion :

Décision personnelle :

2) Je lis Luc, 9, 51

« Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem. » Question: Jésus sait qu’il va être fait prisonnier et tué. Or il est libre. Comment expliquer cette apparente contradiction ? Suggestions :

 Je me demande si je suis libre par rapport au regard des autres…

 J’essaie de prendre conscience des petites ou grandes compromissions que j’accepte avec le mal, par peur…

 J’ose avoir une parole de vérité même si on va peut-être se moquer de moi ou que ça risque d’avoir des conséquences difficiles;

 Je fais un sacrifice, par amour.

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Point de conversion : Décision personnelle :

3) Je lis Jean 14, 6

« Je suis le chemin, la vérité, la vie ».

Question : Ai-je conscience du chemin que Jésus m’invite à suivre, pour être réellement libre ?

Suggestions :

 Jésus me dit : « Suis-moi ». J’essaie de comprendre ce que ça veut dire concrètement dans :

- Ma vie affective;

- Ma vie familiale;

- Ma vie professionnelle;

- Ma culture;

 Les 10 commandements: une atteinte à ma liberté ou un chemin de vie ?

 Est-ce que j’essaie de les respecter et de les vivre réellement ?

Point de conversion :

Décision personnelle :

4) Je lis Deutéronome, 30,19

« Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance… ».

Question : Que veut dire: choisir la vie ?

Suggestions : ce passage est magnifique: il nous montre qu’il n’est pas question d’observation de la loi, mais de quelque

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chose d’infiniment plus profond et plus précieux : l’appel du Seigneur est pour la vie, la bénédiction.

 Quels sont les comportements qui mènent à la vie ?

 Quels sont ceux qui mènent à la mort ?

 Je donne une parole de bénédiction sincère.

 Je demande pardon pour faire revivre une relation blessée.

 Je rends un service, par amour.

 Je respecte la personne, le corps, le bien d’autrui.

 Je dis la vérité.

 Je maitrise mon humeur pour le bien de ceux qui m’entourent.

Point de conversion : Décision personnelle :

C. NOTES PERSONNELLES

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Séance 6

L’être humain, une personne, un être de relation et de communion

Finalité de cet enseignement : comprendre que nous sommes, chacun, une personne unique, créée pour être en relation aimante avec les autres.

A. PLAN DE LA SCEANCE

I. Nous sommes des êtres de relation;

II. Jésus, un homme de relation;

III. Freins pour être libres dans nos relations avec les autres;

IV. Chemin de croissance.

I. Nous sommes des êtres de relation Nous sommes tous nés d’une relation.

Mon 1er cercle relationnel : Mes parents, mes frères et sœurs, ma nounou, ma famille élargie…

Ensuite, le cercle s’élargit : mon conjoint, mes parents, ma Communauté, mes amis, mes collègues de travail, etc.

Je suis fait pour vivre en relation avec Dieu et avec les autres.

Aucun de nous ne vit pour lui seul. Nous avons besoin les uns des autres pour vivre et pour devenir saints.

Je suis plus que ce que les autres perçoivent de moi. Ma vie ne se réduit pas à mon appartenance à un groupe, une famille, une communauté. Je reste une personne libre: qui décide en conscience; et responsable: qui prend ses responsabilités.

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II. Jésus: homme de relations

Jésus est libre d’entrer en relation avec tous, en dehors de tous les interdits sociaux, culturels ou religieux: il parle avec des femmes, va chez les samaritains, touche un lépreux…

Pour lui, il n’y a pas de personne inintéressante ou impure.

 Relations avec sa famille : Jésus a aimé sa famille, son peuple, ses coutumes. Mais il a été libre en même temps de répondre à l’appel de Dieu et de vivre des moments de rupture. Jésus nous enseigne que notre famille naturelle est bonne mais n’est pas une fin en soi: « l’homme quittera son père et sa mère’’ (Gn 2;24) Il fonde une nouvelle famille (dans laquelle Marie est présente.): « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique…’’ (Luc 8, 19-21). Il ne s’agit pas de ne pas aimer les membres de sa famille, mais de préférer le Christ, avec toutes les conséquences que ça implique.

 Relations avec ses amis: Lazare, Marthe, Marie, … Jésus les a choisis. Et il a des amis et il est heureux d’être avec eux !

 Relations de travail : Jésus, pendant les premières années de sa vie d’adulte, a travaillé avec Joseph, a rencontré des clients. Ensuite, il quitte son travail de charpentier pour une autre forme de travail, sa mission de salut, qui se déploie dans la relation avec les personnes qu’il rencontre.

 Relations avec ses disciples, ses apôtres. Jésus est en relation avec tous, mais différemment: Il dit certaines choses à la foule, d’autres aux disciples seulement. Parmi les apôtres, Il choisit Pierre pour être le chef de son Eglise.

 Relations avec les autorités politiques et religieuses: Jésus n’hésite pas à remettre en question les règles établies (guérir un jour de sabbat), les coutumes de son temps (diner chez un publicain). Il n’hésite pas à dénoncer publiquement le mal, l’hypocrisie d’une personne, d’un groupe ou d’une attitude religieuse.

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 Jésus choisit par moments d’être seul. Il ne vit pas seulement en dépendance avec ses groupes de relation. Il accorde une importance capitale à cette rencontre avec le Père céleste. Pour nous aussi, membres de la Communauté, il est très important de choisir des moments de qualité pour prier seul avec notre Père des cieux.

III. Dans nos différentes relations, quels sont nos freins pour être libre?

Freins qui viennent de l’intérieur

Le désir de posséder, de dominer.

- Je vois l’autre, non comme un sujet à aimer mais comme un moyen d’atteindre mes objectifs, ou un rival, ou quelqu’un de sans intérêt.

- J’agis selon les circonstances et pas selon ma conscience. La fin justifie les moyens.

Le souci de paraître: l’extérieur est plus important que l’intérieur.

- Je réduis les personnes à ce que je vois ou ce que j’entends dire d’elles.

- Je veux être « bien vu », quitte à marcher sur ma conscience et écraser celui qui gêne.

 Les blessures affectives qui nous font soit éviter les relations avec les autres (repli sur soi), ou au contraire rechercher la « fusion » avec l’autre.

 Le besoin de vivre dans le bruit et l’agitation: Usage immodéré du téléphone ou des réseaux sociaux qui donnent une fausse impression de relation.

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Freins qui viennent de l’extérieur

« Alors des Pharisiens et des maîtres de la loi venus de Jérusalem s'approchent de Jésus, disant: Pourquoi tes disciples désobéissent-ils à la tradition des anciens? Car ils ne se lavent pas les mains lorsqu'ils mangent. Il leur répondit: " Et vous, pourquoi désobéissez-vous au commandement de Dieu pour agir selon votre propre tradition ? (…) Les disciples s’approchèrent alors de Jésus et lui dirent: « Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés de t’entendre parler ainsi ? Jésus répondit: « toute plante qui n’a pas été plantée par mon Père qui est au Ciel sera arrachée. » (Matthieu, 15, 1-3; 12-13)

La famille, le clan, l’ethnie: Un des héritages de la culture africaine est la solidarité et l’entraide familiale. Au cœur de cette richesse, il y a des questions à se poser pour faire des choix libres et personnels: qui décide quoi pour ma vie personnelle ?

La multiplicité des référents:

- Dans mon quotidien, quand j’ai une question, puis-je choisir à qui je demande conseil ? Souvent, je « dois » discuter avec le chef de famille pour les questions matérielles, le prêtre pour les questions spirituelles, mon parrain de mariage pour les questions de couple…

- Mon accompagnateur est-il mon référent privilégié? Il n’est pas irréprochable ni omniscient mais il est là pour prier pour moi, m’écouter et me conseiller, me donner un éclairage sage, pas un ordre.

- Certains référents ne sont pas compatibles avec la foi: consultation du devin-guérisseur, féticheurs, (vaudou, animiste…)

Les conditionnements culturels:

- Les deuils: endettement pour la cérémonie; présence contraignante de personnes qui peuvent perturber la vie

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familiale, professionnelle et communautaire. Qu’est-ce qui est juste, qu’est-ce qui doit évoluer?

- Les différences culturelles ou ethniques non acceptées.

Peut-on donner sa confiance à un accompagnateur ou un chef de maisonnée d’une autre ethnie, d’une autre région, pays, rang social ? Plus jeune ou plus âgé ?

Relation aux enfants: Paternité et maternité mal comprises. Etre parents, ce n’est pas seulement donner la vie mais être en relation profonde et respectueuse avec chaque enfant. Les parents ne possèdent pas leur enfant. Il est un don de Dieu, ils sont co-créateurs, ils vont l’éduquer

= ex-ducere = conduire hors de l’enfance vers l’âge adulte, en autonomie et en liberté. Mais sans en faire « leur propriété ». L’enfant devenu adulte a un chemin personnel à vivre.

« Les parents exercent sans faiblesse leur autorité comme un véritable « ministère », ou plutôt comme un service ordonné au bien humain et chrétien des enfants et particulièrement destiné à leur faire acquérir une liberté vraiment responsable.

Bien qu’affrontés aux difficultés de leur tâche d’éducateurs, les parents doivent avec confiance et courage former leurs enfants au sens des valeurs essentielles de la vie humaine…. Les enfants doivent acquérir le sens de la justice véritable – qui seule conduit au respect de la dignité personnelle de chacun- et davantage encore le sens de l’amour authentique qui est fait d’attention sincère et de service désintéressé à l’égard des autres. La famille est la première école, l’école fondamentale de la vie sociale. » (Familiaris Consortio)

Compromission avec le mal: relations qui peuvent me rendre complice dans le vol et la corruption, la malhonnêteté, la critique et la médisance, …

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IV. Chemin de croissance

 Développer ma vie intérieure pour ne pas vivre à la

“superficie” de moi-même. Ma vie relationnelle ne doit pas empêcher d’avoir des temps de solitude.

 Dans tout ce que nous vivons dans nos relations avec les autres, nous demander: que ferait Jésus à ma place ?

 Fidélité aux engagements pris dans la famille communautaire, nouvelle famille dans laquelle Dieu m’a appelé. C’est le chemin qu’il me propose pour que je grandisse en sainteté. (vie de prière, sacrements, partage fraternel, services, accompagnement…). J’y trouve un soutien et je suis un soutien pour les autres – désir de la sainteté de mes frères - absence de critique.

 Accepter la diversité. Ne pas se comparer, s’identifier. Se réjouir des talents des autres et de ce qu’il y a de beau en eux.

 Chercher à discerner ce qui, dans les coutumes, croyances et traditions culturelles dans lesquelles je vis est bon ou pas, à la lumière de l’évangile et de l’enseignement de l’Eglise.

 S’il y a des ruptures à vivre, chercher à les vivre en Communauté, soutenus par nos frères.

B. TEXTES A MEDITER, QUESTIONS POUR NOUS AIDER ET PETITES DECISIONS DE CONVERSION

Texte à méditer.

Extrait du Catéchisme de l’Eglise catholique (n° 2232) :

« Les liens familiaux, s’ils sont importants, ne sont pas absolus. De même que l’enfant grandit vers sa maturité et son autonomie humaines et spirituelles, de même sa vocation singulière qui vient de Dieu s’affirme avec plus de clarté et de force. Les parents respecteront cet appel et favoriseront la réponse de leurs enfants à le suivre. Il faut se convaincre que

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la vocation première du chrétien est de suivre Jésus (cf. Mt 16,25) « Qui aime son père et sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt, 10,37)

Jésus était accueillant à l'égard de tous, sans préjugés. Les enfants (Mt 18,2; 19,13-15); les femmes (Jn, 4,7-9; 4,27); les lépreux (Mc 1, 40-42); les étrangers (Luc, 7,1-10); les ennemis (Luc, 6,27-28; 10,30-37); les pécheurs — dont les publicains (Mc, 2,15-17; Lc,7,37-39; 15,1-2; 19,7-10); les pharisiens (Jn,3,1-2); les Samaritains (Jn, 4,9; 4,39-40); Venez à moi, vous tous qui peinez... (Mt 11, 28).

Exercices.

1) Genèse 2, 18 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » Question : Pourquoi ai-je besoin de l’autre ? En quoi m’aide-t- il à vivre ?

Suggestions:

 Chaque soir, je rends grâce pour une personne qui m’a fait du bien dans la journée;

 Je réfléchis à l’équilibre entre mes moments de solitude (notamment pour prier) et mes moments où je suis en relation;

 Je m’interroge sur mon usage du téléphone portable et des réseaux sociaux.

- Fortifient-t-ils, approfondissent-ils mes relations ? - Aident-ils à grandir dans la charité ? (Ou bien parle-t-on

« des autres », souvent pour les critiquer …) Point de conversion :

Décision personnelle :

(50)

2) Genèse 12,1: « L'Eternel dit à Abram: Quitte ton pays, ta patrie, et la maison de ton père, et va dans le pays que je te montrerai.’’

Questions :

 Suis-je capable de vivre sans être emprisonné par l’avis de mes parents, de ma famille, de mon clan, de mon village ?

 Dans quels domaines de ma vie ai-je du mal à faire des choix personnels ?

- Mes choix professionnels ?

- Le choix de mon état de vie, de mon conjoint ?

- Les modalités de mon mariage : concubinage après le mariage coutumier; fête couteuse empêchant le mariage religieux; dot dont le remboursement me lie;

enfant avant le mariage pour tester la fécondité;

pressions familiales lors d’un célibat non choisi ? … - Mes relations me permettent-elles de vivre en tous

points les engagements de mon baptême ? Suggestions :

 Je prends un temps de prière long pour demander au Seigneur quel est mon appel particulier, vraiment personnel.

 J’essaie de comprendre ce qui me fait peur. Qu’ai-je à craindre si je prends les décisions qui me semblent justes ? Point de conversion :

Décision personnelle :

3) Exode, 20,12 « Honore ton père et ta mère afin d’avoir longue vie sur la terre que le Seigneur ton Dieu te donne. »

Question : Ce verset semble en contradiction avec Genèse 12,1. Comment, dans ma vie, puis-je en même temps quitter mes parents, et les respecter ?

 Respecter les anciens, est-ce devoir leur obéir ?

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