J. P ETITOT
Caustiques et catastrophes
Mathématiques et sciences humaines, tome 64 (1978), p. 9-26
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© Centre d’analyse et de mathématiques sociales de l’EHESS, 1978, tous droits réservés.
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CAUSTIQUES
ET CATASTROPHESJ. PETITOT
Ce
premier chapitre
a pour but deprésenter
defaçon
sommaire le lienintime
qui
existe entre la T.C. et la théorie descaustiques
enoptique
ondu-latoire. Plus que d’une introduction
spécialisée (qui
n’aurait pas saplace ici),
ils’agit
d’un argumentheuristique
destiné à montrer que la T.C. déri-ve
généalogiquement
des formalismesqui régissent
une part essentielle de laphysique mathématique,
et que donc :Z~
son universalité n’est pasplus étrange
que celle du formalisme différen-tiel ;
22~
sacapacité
à modéliserqualitativement
des situations nonphysiques
ain-si que sa remise en cause,
parfois radicale,
desstratégies
réductionnistesprocèdent
non pas d’unedénégation,
mais bien au contraire d’un ma2nt2en durapport constitutif
d’implication
desmathématiques
dansl’expérience.
Très
brièvement,
le gestethéorique
propre à la T.C. peut se résumer ainsi :2~ La T.C. repose sur la mise en évidence d’une
géométrie sous-jacente
auxphénomènes critiques
dans leurensemble ;
2i~
fondée d’une part sur des théorèmes de classificationqualitative
de mor-phologies critiques
locales et d’autre part surl’interprétation
en termes dephénomènes critiques
desmorphologies
naturelles, elle permet decomprendre
celles-ci comme une informationcontraigrant
lesdynamiques sous-jacentes
(engénéral implicites
etinobservables).
22i~ sa doctrine
dialectique
del’opposition
des espaces internes(espaces
dephase
desdynamiques sous-jacentes)
et des espaces externes(espaces
de dé-ploiement
desmorphologies)
lui permet à volonté de scotomiser laphysique
des
phénomènes (tout
en la maintenant comme causesupposée)
et d’autonomiser ainsi lagéométrie
del’apparaître
comme tel.~ ce tronquage
phénoménologique
de l’ordre des causes a pourconséquence
ceque l’on
pourrait appeler
un "effetontologique",
à savoir une réactivation .del’hylémorphisme.
C’est au niveau iii) que se situent les
applications
utilisant lesmodèles
catastrophiques (qualitatifs,
locaux et nonprédictifs)
comme arché-types
phénoménologiques.
Mais comme engénéral
elles se soucient peu del’effet ontologique qui
yadhère,
celui-ci s’inverse dès lors en un apriori métaphysique épistémologiquement
non fondé.Il est donc d’un intérêt
heuristique
certain de montrer comment peutet doit
émerger
l’accentuationcatastrophique
dans un casclassique
et fonda-mental où la
physique
duphénomène
estexplicite (1).
Je me bornerai à résumer
quelques
textes sur la théorie descaustiques [Duistermaat 1974,
Chazarain1975, Malgrange
, Guckenheimer1973],
etpour des raisons de
simplicité je
traiterai descaustiques
dansJR2 (et
nondans )’( 3) .
1. SOLUTIONS
ASYMPOTIQUES
ET APPROXIMATIONGEOMETRIQUE.
Considérons dans le
plan ~2
une source lumineuse constituée par unecourbe S indéfiniment différentiable et
régulière. D’après
lesprincipes
del’optique géométrique
les rayons lumineux sont les normales à S et les sur- faces d’onde des courbesparallèles
à S. L’on voit immédiatement que cequi
fait obstruction à la trivialité
géométrique
duphénomène,
estl’enveloppe
Kdes normales à
S,
ditecaustique
de lapropagation.
Sur lacaustique
l’in-tensité lumineuse devient "infinie" et rend celle-ci observable.
Figure
1.Cette définition
géométrique
élémentaire descaustiques
commeenveloppes
de normales
correspond
àl’approximation
del’optique géométrique.
Mais le(1)
C’estaussi un
exemple
de cet ordre (mais d’une bien moindreportée)
quej’ai pris
pour support dans lepremier
numéro.phénomène
réel est unphénomène
depropagation
d’ondes et la véritable ques-tion
théorique
est donc celle del’analyse
auvoisinage
de leurscaustiques
des solutions de
l’équation
des ondes.Soient q =
(x,y)
les coordonnées de1~2
et t la variable temps.L’équation
des ondes(on
suppose le milieuhomogène
etisotrope)
est associéeà
l’opérateur
différentiel du 2ème ordre(1) :
où à est
l’opérateur laplacien
Toute
propagation
d’ondes dans leplan
est décrite par une solutionv(q,t)
de
l’équation :
1.2. D
v(q,t) =
0satisfaisant certaines conditions
initiales, v(q,t) représente
lechamp
lumi-neux en q au temps t. Suivant sa covariance ce peut être un
scalaire,
unvecteur, un tenseur, etc.
Supposons
le scalaire(complexe).
On restreint d’abord le
problème
de la résolution de 1.2. en ne consi- dérant que des solutions stationnairesv(q,t) = elTtu(q) (séparation
desvariables
spatiales
ettemporelles) :
en q, lechamp
est défini par uneamplitude u(q)
nedépendant
que de q et par unephase
defréquence
T,ne
dépendant
que de t. La connaissance dev(q,t)
se ramène alors à celle de la fonctionu(q) qui, v(q,t)
étant solution de1.2.,
est solution del’équa-
tion : 1.3.
DT u(q) =
0où
DT
estl’opérateur différentiel, dépendant
de lafréquence
T :1.4.
D =
TT2
+ AQuant
aux conditionsinitiales,
elles se réduisent à la donnée de la fonctionamplitude uo(q)
sur la courbe source S.Dans ce cadre,
l’approximation
del’optique géométrique correspond
aucas d’une
fréquence
Tinfinite (2)
(1)
On suppose que la vitesse de la lumière est c = 1.(2)
Notons leparallèle
avecl’approximation classique (non
ondulatoire) de lamécanique quantique.
Les solutions stationnaires del’équation
de2013iEt
Schrodinger
sont du type eU(q),
lequotient E/h
del’énergie
E par laconstante de Planck h étant
une fréquence d’après
la formule de deBroglie
E=hv. On sait que
l’approximation classique
de lamécanique quantique
s’obtientpour h=O.
Mais pour T
infinie, l’équation
1.3. n’aplus
de sens. Plutôt que de chercher directement une solutionu(q),
on est donc conduit à chercher unefamille u T
defonctions, paramétrée
par T etsatisfaisant,
au lieu de1.3.,
la familled’équations perturbées :
1.5. Du = E T T T
où
ET
est une fonction de T tendant vers zérolorsque
T tend versl’infini. "A la
limite",
la fonctionu 00
sera donc solution de"l’équation"
Du =0,
c’est-à-dire solution del’approximation géométrique.
Pour des raisons
qui apparaîtront
dans lasuite,
onimpose
aux pertur-bations
ET
d’être à décroissancerapide
en T, c’est-à-dire de décroîtreplus
vite que toutepuissance négative
de T(tel
est le cas parexemple
de la fonction
e-T ).
Cettefaçon
de poser leproblème
autorise à considérercomme
équivalentes (N)
deux solutions différant par une fonction à décrois-sance
rapide
en T.On est donc en
définitive,
conduit à chercher des solutionsuT(q)
- dites solutions
asymptotiques (asymptotiques
relativement àT) -
deséquations
1.5., dont la restrictionà S
est une fonction donnéeuo(q)
(condition initiale).
Ce
problème
estbeaucoup plus simple
à résoudre que celui de la recher- che directe des solutions del’équation
nonperturbée
1.3. Pour cefaire,
onintroduit une nouvelle
hypothèse.
On suppose que la fonctioncomplexe
uT(q) -
ae
est du type suivant :2~
l’argument 8 est
de la forme6(q,T) =
T~(q)
où~(q)
est unephase
réelle indéfiniment différentiable
(hypothèse
desimplicité
sur ladépendance
en
T) (1) ;
,22~
l’amplitude aT(q) admet, lorsque
T tend versl’infini,
undéveloppement asymptotique
de la forme :où
a 0 (q)
est une fonction non nulle.2. EQUATION CARACTERISTIQUE ET EQUATIONS DE TRANSPORT.
Considérons une solution
asymptotique
(1)
Cette"phase" spatiale 4)(q), dépendant
de laposition
q, ne doit pas être confondue avec laphase classique e 1T t
des solutions stationnaires de 1.2.de
l’équation
1.5. OrdonnonsD TuT
suivant lespuissances
décroissantes de T.Un calcul, facile mais un peu
fastidieux,
montre que l’onobtient,
au facteure près :
Comme,
parhypothèse,
laperturbation c
intervenant dans 1.5. est à décroissancerapide, DTuT = ET implique
que tous les coefficients despuissances
de T dans ledéveloppement DTUT
doivent s’annuler.L’équation principale
1.5.équivaut
donc à une séried’équations
dérivées.Z Comme
a
0 parhypothèse,
l’annulation du coefficient deT+2
montre oque la
phase
réelle1p(q)
doit satisfairel’équation caractéristique (équation
eikonale del’optique géométrique) :
2.2. 1 -
IV(pl 2
= 0avec la condition initiale
(Dis
= 0 .ii)
Supposons
que l’on connaisse unesolutions
del’équation
caractéris-tique.
L’annulation du coefficient deT~+1
1 montre quel’amplitude a o (q)
doit satisfaire
l’équation
detransport :
avec la condition initiale
ao o S
= u .0222)
Supposons que l’on connaisse une solutiona 0 (q)
de 2.3. L’annulation du coefficient deTu
montre quel’amplitude a 1 (q)
doit satisfairel’équation
de transport :Il
s’agit
donc de résoudrel’équation caractéristique
de laphase
etles
équations
de transport desamplitudes.
L’équation caractéristique
2.2. disant que legradient
de laphase w
est de module constant 1,
signifie géométriquement
que les courbes de niveau(p(q)
= constante, sont des courbesparallèles (et
doncparallèles
à la sourceS
qui
est parhypothèse
la courbe deniveau (D
=0).
Ce sont les surfaces d’ondes.Pour résoudre
l’équation
de transport 2.3. considérons lechamp
devecteur
2Vw
etsupposons-le intégrable.
Ses courbesintégrales
étant leslignes
degradient
de 1p , elles sontorthogonales
aux courbes de niveau de1p , c’est-à-dire aux surfaces d’ondes. Ce sont les rayons lumineux. Soit
q(t)
un tel rayon y lumineux. Parhypothèse
yPdq = 2V(p
etdt
L’équation
de transport 2.3. se réduit donc à uneéquations
linéaire :sur les rayons lumineux.
L’équation
de transport 2.4. se réduit de même àl’équation
linéaire :On peut
toujours
obtenirainsi,
parintégrations successives,
une solutionasymptotique
locale dans unvoisinage
de la source S. Mais cequi
fait obstruction à l’obtention d’une solutionglobale
estprécisément l’enveloppe
des courbes
intégrales
duchamp 2Qtp ,
c’est-à-dire lacaustique
au sensgéométrique
du terme. Sur lacaustique, l’amplitude ao diverge.
La
question
se pose donc decomprendre
cette obstruction.3. FORMALISME HAMILTONIEN.
On sait
qu’il
existe lesplus grands
rapports entrel’optique
et lamécanique
hamiltonienne
(1). Commençons
donc par décrire brièvement lagénéralisation
hamiltonienne de ce
qui précède.
Nous considérons au
départ
la variété différentiable(précédemment ’12)
que parcourt la variable
spatiale
q. Lespropriétés optiques
du milieudéfinissent sur X une
métrique
riemannienne(euclidienne
si le milieu estoptiquement homogène
etisotrope).
Soit T*X le fibré cotangent de X etnotons
(q,p)
unsystème
de coordonnées locales. Nous nous donnons unopérateur
différentiel D(précédemment l’équation
desondes)
et cherchonsdes solutions
asymptotiques
del’équation perturbée
Du =
T Tc .
T Un calculanalogue
à celui du §2 montrequ’à l’opérateur
DT
est associée une fonction
H(q,p) (précédemment
1 -Iplz),
définie sur T*X et telle que le coefficient deï
dans ledéveloppement
deDTUT
soitégal
à aO (q)H(q,dlp)
où du(1) Cf. par
exemple [Arnold 1976]
est la différentielle de la
phase
(p : X -~ ~( 1 ) .
3.1.
remarque.
Précédemment la
métrique
euclidienne deIR2
établissait unisomorphisme
entrele fibré cotangent
T* m2
et le fibré tangentT m2,
@isomorphisme
identifiantle covecteur dlp au vecteur tangent V1p. Comme
H(q,p)
était donné par 1 -Ip12,
on trouvait donc comme coefficient deT~+2, a (1 - 1B7~12).
La fonction
H(q,p),
diteSm,boZe principal
del’opérateur DT,
l’joue
un rôle éminent dans la
compréhension
duproblème, puisque
nous allons voirqu’il
est identifiable à un hamiltonien.D’abord le
symbole principal
permet de définirl’équation
caractériswtique
duproblème.
Sur tout ouvert U de X où la
phase w
estdéfinie,
elle satisfaitl’équation :
3.2.
H(q,d(p) =
0(cf. 2.2.)
Considérons alors legraphe
h
de d~ :A = ((q,dlp(q))1 (2)
’Il
possède
lespropriétés
suivantes.
~3.3. A c.p
est une sous-variété de dimension n=2 de T* U(de
dimension2n=4).
3.4. La 2-forme fondamentale 0) =
dqAdp (définissant
la structure sym-plectique
de T*X)
s’annule sur.fi ~
. En effet surA ~
p =dlp, As
étantl’image
de U par la section dtp : UT*
U’B1" ,
Le
jacobien
de cetteapplication
étant :(1)
Sur tout ouvert U de X où cp estdéfinie,
d~ - section du fibré T * U -(2) Pour tout
point qEU, d(p(q)
est unélément
duplan
cotangent T * X de Xen
(3)
q, Pourc’est-à-dire,
faciliter les une écritures forme linéaire nous sur leplan
tangent TX de q
" X en q.supposerons que X est
qde
dimension n=2.q=(x,y)
seront des coordonnées locales de X et(q,p) = (x,y,~,~ )
descoordonnées locales de Tu X.
un vecteur tangent en q à U, de coordonnées
(u,v)
dans la base- - 1
T q U,
a pourimage
parl’application
dérivée de dw le vecteur tangent en de coordonnées :dans la base
Cela montre que le
plan
tangent àA~
en(q,d~(q))
estengendré
parles vecteurs :
3.5. Le
symbole principal
s’annule sur1~~.
Eneffet,
surAcn p=ckp
et doncHIA .P = H(q,dc~) - 0 d’après
3.2. Cette condition fondamentale ne fait donc
que reformuler l’équation caractéristique
3.2.
’
3.6.
Lez
est transverse en toutpoint aux
fibres de laprojection canonique
n : : T U--"’U
(q,p)
,- -... q’
car dtp est une section de n.
Figure
2Cette reformulation du
problème
permet de soupçonner que l’obstructionqu’il
y a àprolonger
une solution locale(qui
existetoujours
auvoisinage
de
S)
en une solutionglobale provient
despoints
où Îa condition 3.6. detransversalité
n’estplus remplie.
En cespoints
laphase 1p
cesse en effet d’être définie.Figure
3Nous sommes donc conduits à
changer
destratégie
en cherchant : 3.7.A. d’abord à définirgéométriquement
et nonplus fonctionnellement
lessolutions de
l’équation caractéristique ;
3.7.B. ensuite à
reprendre
laquestion
de lareprésentation
fonctionnelle de ces solutionsgéométriques.
4. SOLUTIONS LAGRANGIENNES.
Abordons le
problème
3.7.A.4.1. Définition.
On
appelle
variétélagrangienne
une sous-variété A de dimension n deT*
X(qui
est de dimension 2n) satisfaisant la condition 3.4. 0.On
appelle
solutionlagrangienne
duproblème
défini par lesymbole principal
H,une variété
lagrangienne
A satisfaisant à la condition 3.5.HIA= 0. (1).
Soit A une solution
lagrangienne.
Sur l’ouvert où la condition 3.6.de transversalité est
satisfaite,
A est localementreprésentable
par legraphe A
d’unephase.
Cettereprésentation
échoue pour le lieucritique L
(1)
Les conditions 3.4. et 3.5. étant locales, A ne peut être une solutionglobale
que si elle est d’extension maximale. On suppose d’autre part que 0 est une valeurrégi ’7°ère
de H . Tel est le cas pour H = 1 -Ip12.
de A, ensemble des
points
où A est non transverse aux fibres de laprojection canonique
TI : T* X - X. Ce lieucritique
définit parprojection
le contour
apparent
de A sur X,qu’il s’agit
de comparer à lacaustique
K définie
précédemment.
Pour cela
rappelons
que cettecaustique
était au§2, l’enveloppe
descourbes
intégrales
duchamp
et remarquons que cechamp
est donné par la dérivéea
dp
Considérons alors le
champ
hamiltonienXH
défini sur T* X par leséquations classiques
de Hamilton relatives ausymbole principal
H :H est constant sur les courbes
intégrales
deX H
et commeHi
0d’après
3.5.A
(supposée maximale)
est réunion de telles courbes.
. Dans le cas où iln’y
a pas d’obstruction due à un défaut detransversalité,
A =A
51 p = d(pet le
champ a H(q,dtp)
est laprojection
sur X duchamp
X restreint à A.âp p H
L’on voit donc que la
caustique
K commeenveloppe
des courbes inté-grales
duchamp a H(q,dw)
n’est rien d’autre que le contourapparent
dedp
la solution
lagrangienne globale.
Cela permet de
comprendre
enquoi
laconception
de lacaustique
commeobstruction à l’obtention d’une solution
fonctionnelle globale
esthybride.
L’optique géométrique
est unproblème
hamiltonien degéodésiques (principe
de
Fermat)
dont le "lieu" naturel est le fibré cotangent T* X et non pasl’espace
de base X. Si l’on se restreint à cet espace de base, lescaustiques
s’introduisent defaçon extrinsèque
etnégative
commeobstructions,
alorsqu’elles
matérialisent en faitl’aspect
dom2nant desphénomènes.
Si en revanche, l’on se situe dans T* X, ellesapparaissent
comme contours(1) On
appelle
aussi bandescaractéristiques,
les courbesintégrales
deXH,
hypersurface caractéristique, l’hypersurface H
de T* Xd’équation H=0,
bandes
bicaractéristiques,
les bandescaractér°stiques
deH
et courbesbicaractéristiques
lesprojections
sur X des bandesbicaractéristiques.
A est donc réunion de bandes
bicaractéristiques.
apparents des solutions
"géométriques" régulières
que sont les solutionslagrangiennes
et sont donc enduites par elles. Ils’agit-là
d’une bonexemple
du
déplacement stratégique
etépistémologique
que soutient la maxime catas-trophiste
selonlaquelle
toutemorphologie
naturelle est un contour apparent.4.3.
Remarques.
L’intervention du fibré cotangent dans ce
qui précède
aura puparaître étrange.
Elle est pourtant tout à fait naturelle. Un covecteur p en un
point
q de X est une forme linéaire sur Tq X
àlaquelle
estcanoniquement
associél’hyper- plan Ker(p)
de Tq (X) qui
en est le noyau. Soit alors S un front d’onde sepropageant dans X. S admet en
chaque point
q unhyperplan
tangent, cano-niquement
associé à un covecteurp(q)
deT q X
défini à un facteur d’homo-thétie À
près.
Le choix d’une direction et d’une vitesse depropagation
f ixe ~ .
On obtient ainsi un
champ j :
1 S ~ T* Xq t2013~
Si l’on part de
l’image j(S),
si l’on suit sondéplacement
lelong
destrajectoires
duchamp
hamiltonienXH
pendant un temps t et si on laprojette
sur X, on obtient laposition S t
du front d’onde au temps t.Qui plus
estl’isomorphisme
T* X ~ T X induit par lamétrique
riemannienne de X transforme le covecteurp(q)
en un vecteur tangent normal àKerp(q).
C’est le
principe
deHuyghens : St
se propage normalement à lui-même.5.
CAUSTIQUES
ET CATASTROPHES.Avant d’aborder le second
problème
3.7.B. de lareprésentation
fonctionnelle des solutionslagrangiennes, esquissons
comment(suivant Guckenheimer)
on peut identifier localement,caustiques
etcatastrophes.
L’idée de base va être - conformément au
principe phénoménologique
dela T.C. - de considérer
l’espace
réel X commel’espace
externe d’undéploie-
ment dont l’ensemble de bifurcation sera la
caustique envisagée.
Lesétapes
sont les suivantes.
a) -
Undéploiement
sur un ouvert U de X étant une famille depotentiels paramétrée
par U, ils’agit
d’abord d’établir un rapport entre variétéslagrangiennes
et familles depotentiels.
Soit (p
q (a)
une famille depotentiels
définis sur0152P
(de variablea)
et
paramétrée
parqEU.
Elle estreprésentable
par lediagramme
commutatif :Soit
V~
le lieucritique
de (Dd’équation # (a,q)
=0,
lieu despoints
(aq)
tels que admette a commepoint critique.
Sur d =2013 dq
âw - q
0 Considéronsi’aPPiication . (0 q
puisque 2013r2013
0. Considéronsl’application :
5.2. PROPOSITION
Génériquement V
est une sous-variété de dimension n deF,P
x U et A =a{V )
est une variétélagrangienne
de T~ U.Preuve
L’argument
degénéricité,
bien questandard,
nous entrainerait trop loin.Montrons en revanche
que A
estlagrangienne.
La 2-forme (J =dqAdp
définissant la structure
symplectique
de T~ U est la différentielle extérieure de la 1-forme pdq.
Mais sur pdq
= d(p et donc=d2(p
=0 {condition 3.4.).
b -
Considérons maintenant un germe en 0 desingularité résiduelle {1)
de codimension n et de
déploiement
universel :où U est un
voisinage
ouvert deOEIRn.
Il
s’agit
de lui associer un autre germe desingularité $ o
dedéploiement
,1J; tel que :
.
2~ les ensembles de bifurcation
K~
etK~
soientégaux,
ii) le
déploiement
universelde ~
ait une formeparticulièrement simple,
permettant de définir
K
commecaustique.
Soit donc
K tp
l’ensemble de bifurcationde (D,
lieu despoints
q del’espace
externe U tels que (D qadmette un
point critique dégénéré.
K
est laprojection
sur U du lieucritique Y-
w
de la variété
V,
5 lieulP 1P 1P
des
points (a,q)
telsque Wq
admette a commepoint critique dégénéré.
(1)
Rappelons
que celasignifie
que la différentielle seconded (p (0) =
0.D’après
le lemme deréduction,
toutesingularité
estéquivalente
àune
singularité
résiduelle.Figure
4.La
singularité 1p o (0)
étantrésiduelle,
la codimension n estsupérieure
au corang p et l’on peut supposer que
v. =
Ja.
J pourj=l,
..., , p.Un calcul facile mais un peu fastidieux permet de montrer le résultat suivant : 1 5.3. PROPOSITION
n
c) -
Soit K lacaustique
de ~. C’est le contour apparent par laprojection canonique Il
: T~ U --. U de la variétélagrangienne a(V ),
a associantau
point (a,q)
de v lepoint (q, dq =
de T~ U. Mais commeâq -
ad’après 5.3.i),
o associe en fait aupoint (a,q)
de V leâq w
point (q,a)
de T* U. K et K sont donc tous deuxégaux
à laprojection
le Z sur U et
d’après
K =K~.
Localement toutecatastrophe
est une
caustique.
Réciproquement,
nous allons voir que la résolution duproblème
3.7.B.repose essentiellement sur la théorie de Thom-Mather du
déploiement
universel.6. LES FONCTIONS OSCILLANTES DE MASLOV.
La
géométrie
duproblème
étantélucidée,
laquestion
reste donc de savoircomment la T.C. intervient dans les
représentations fonctionnelles
localesdes solutions
lagrangiennes.
L’idée
fondamentale,
due à Maslov, est de chercher des solutionsasymptotiques
uT (q) (fonctions oscillantes) qui
ne sontplus simplement
duT
00
, mais des sommes
1 -
localement finies
d’intégrales
osc2ZZantes :est un facteur de normalisation et a
(q,a)
de support compact en a admet unT 00 .
développement asymptotique
en T de type ZJ
Cette méthode revient essentiellement à introduire des
phases
dépendant
deparamètres supplémentaires
a, à considérer ceux-ci comme des variablesinternes,
à identifier à unefamille (pq(a)
depotentiels
se
déployant
surl’espace
externe X et à utiliserl’application J
définieen 5.1. pour lui associer une variété
lagrangienne.
D’après
un théorèmed’Hormander,
ceprocédé
permet dereprésenter
localement toute solution
lagrangienne
A. Soit U l’ouvertenvisagé.
Si ilexiste sur U une solution
1p(q)
del’équation caractéristique,
les varia-bles internes a sont non
pertinentes. W q (a)
est sanssingularité résiduelle,
son
unique point critique
étant nondégénéré.
On peut alors "éliminer" a(corang
0) et poser Comme1p(q)
nedépend
pas de a,s’identifie à la section de T* U définissant le
graphe A (P-11
Il n’en va
plus
de même si lepoint q 0
dans unvoisinage
Uduquel
oncherche une
représentation
fonctionnelle deA, appartient
à lacaustique
Kde A
(son
contourapparent).
On considère alors desintégrales
oscillantesI(q,T);
le raccord avec lagéométrie sous-jacente
reposant essentiellementsur
l’équivalence
à une fonction à décroissancerapide près,
introduite au§ 1. On a en effet le résultat
remarquable
suivant :6.2.
Principe
de laphase
stat2onnazre. Pourl’équivalence
à une fonctionà décroissance
rapide près,
uneintégrale
oscillante se concentrelorsque T
tend vers l’infini sur le lieu
critique
où laphase
eststationnaire relativement à a
(20132013
a =0).
Comme
d’après
le théorème d’Hormander on peuttoujours représenter
ainsi localement une solution
lagrangienne A,
on voit que toutecaustique
est localement une
catastrophe
etmême, d’après
le résultat 5.3. deGuckenheimer
qu’elle
est localementreprésentable
par desphases tp(q,a)
àn
paramètres
internes a etd’expression particulièrement simple : (P(q, a) = (a)
o + q.a.On montre
qui plus
est que les notionsd’équivalence
et de stabilitéstructurelle des
phases,
naturellement déduites de l’action des difféomor-phismes symplectiques
de T* Ucompatibles
à laprojection canonique
II : T* U - U, s’identifient aux notions
d’équivalence
et de stabilitéstructurelle des
déploiements.
Cela montre enparticulier,
que lessingularités
structurellement stables des
caustiques naturelles,
ne sont rien d’autre que lescatastrophes
élémentaires de codimension 3 classifiées par le théorème de Thom.Soit A une solution
lagrangienne giobale
structurellement stable.6.3. Si
q H(A),
alors lesintégrales
oscillantes sont elles-mêmes ào
décroissance
rapide
en T. X -R(A)
admet pourinterprétation physique
lazone d’ombre.
6.4. Si
q
E K, lespoints critiques (a, q )
deW(qo9OE)
sont nondégénérés. Les intégrales
oscillantes décroissentcomme
’
p/2 (d’où
laprésence
du facteur de normalisation( T)p/2
dans6.1.)
et1’on
peut éliminerp 2 II p
a de
façon
àreprésenter
localement A par unephase
"normale"tp(q)
(cf.plus
haut).fl(A) -
K est la zone de lumière.6.5. Si q
E
o K est unpoint
de lacaustique
et si (a,q )
0 o est unpoint
des(lieu critique
de A) au-dessus deq , l’intégrale
oscillanteI(q,T)
décroît(I)P/2-S
...ff.o.
· 1- d .# d 1 . 1 ’--- rcomme
(T)
, ou 6 est un coefficientappelé
de lasingularité
T
(p (au).
On peut alors montrer ce résultatremarquable
que la stabilité0
ostructurelle de A
(et
donc de laphase tp qui
lareprésente)
permet essen- tiellement de réduire le calcul deI(q,T)
à celuid’intégrales
de typej e o(a)da
où est undéploiement
p universel de lp(a )
qo
0suivant les coordonnées y d’un modèle transverse de K en
q.
o Dans lecas
(le plus simple) d’une singularité pli (codimension 1)
on retrouveainsi
l’intégrale I - J e~ ~ ~ da~
a E h(coran g 1)
introduite parAiry
dès 1838 pourexprimer
l’intensité de la lumière auvoisinage
d’unecaustique.
Figure
5.7. L’on peut en
conclusion,
résumer ainsi laportée heuristique
de cette .résolution du
problème
descaustiques
enoptique
ondulatoire.7.1. Dans le cadre du formalisme hamiltonien la
géométrie
duproblème
seréduit à la théorie des contours apparents des variétés
lagrangiennes qui
s’identifie elle-même à la T.C.
7.2. La théorie des fonctions oscillantes de Maslov fournissant les solutions
asymptotiques
auvoisinage
descaustiques
structurellementstables,
se réduità
l’analyse
desinté g rales J
où est undéploiement
universel d’une
singularité
de codimension finie.7.3. Dans la mesure où cette
stratégie
déborde le domaineparticulier
del’optique
ets’intègre
à la théoriegénérale
desopérateurs différentiels,
elle a une
portée
universelle.7.4. On peut dire que la T.C. doit son