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Nathalie Bourgès-Abella

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HISTOLOGIE – Module Sciences morphologiques- Année A1

Nathalie Bourgès-Abella Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse

EPITHELIUMS ET TISSU CONJONCTIF

LES EPITHELIUMS

I. LES EPITHELIUMS DE REVETEMENT A. LES EPITHELIUMS SIMPLES

1. squameux ou pavimenteux 2. cubique

3. cylindrique ou prismatique 4. pseudostratifié

B. LES EPITHELIUMS STRATIFIES 1. squameux ou pavimenteux 2. cubique

3. cylindrique ou prismatique 4. transitionnel

II LES EPITHELIUMS GLANDULAIRES A. HISTOGENESE

B. CLASSIFICATION

1. caractères morphologiques 2. produits de sécrétion 3. modes de sécrétion

LE TISSU CONJONCTIF

CLASSIFICATION

HISTOLOGIE TOPOGRAPHIQUE DU TISSU CONJONCTIF LACHE I. LES FIBRES CONJONCTIVES

1. Les fibres de collagène 2. les fibres élastiques 3. les fibres de réticuline

II. LES CELLULES DU TISSU CONJONCTIF A. les cellules propres du tissu conjonctif

1. le fibroblaste 2. l’adipocyte 3. le mastocyte

B. les cellules sanguines

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LES EPITHELIUMS

Définition

Les épithéliums se définissent comme des ensembles de cellules, formés d’une ou plusieurs couches qui tapissent la surface du corps, des cavités et des tubes. Les tissus épithéliaux sont avasculaires.

Ils sont généralement composés de cellules identiques ou tout au moins de cellules liées sur le plan de leur structure comme celui de leur fonction.

Les cellules épithéliales sont étroitement jointes les unes aux autres laissant peu d’espace interstitiel entre- elles. Ces tissus possèdent de ce fait une grande densité cellulaire.

Les épithéliums sont séparés du tissu conjonctif par une condensation de celui-ci: la membrane basale. Etant par définition avasculaires, ils sont étroitement dépendants du tissu conjonctivovasculaire adjacent.

Origine des épithéliums

Au cours du stade précoce de développement, l’embryon se différencie en trois couches germinales distinctes : l’ectoderme, le mésoderme et l’endoderme.

La plupart des épithéliums dérivent de l’ectoderme et de l’endoderme; quelques uns du mésoderme.

A titre d’exemple, dérive - de l’ectoderme: l’épiderme et ses annexes - de l’endoderme: l’épithélium interstitiel

- du mésoderme: les endothéliums (épithéliums squameux tapissant les vaisseaux sanguins et lymphatiques) et les mésothéliums (épithéliums squameux tapissant les cavités du corps).

I. LES EPITHELIUMS DE REVETEMENT

La classification est basée sur le nombre de couches cellulaires, la forme des cellules observées sur des coupes perpendiculaires à la surface épithéliale et la présence de spécialisations de structure tels les cils ou la kératine.

A. EPITHELIUMS MONOSTRATIFIES OU EPITHELIUMS SIMPLES

Une seule couche de cellules repose sur la membrane basale. Ces épithéliums s’observent presque toujours au niveau d’interfaces impliquées dans la diffusion sélective, l’absorption ou la sécrétion.

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Cubique

- les cellules apparaissent carrées.

- noyau habituellement arrondi et en position centrale

La distinction entre l’aspect cubique haut et cylindrique bas est souvent arbitraire et seulement d’intérêt descriptif.

→ Epithélium généralement associé à des phénomènes d’excrétion, de sécrétion ou d’absorption.

Cylindrique ou prismatique - cellules plus hautes que larges

- la hauteur des cellules peut varier selon la localisation et/ou le degré d’activité

- les noyaux peuvent se situer à la base, au centre ou parfois au sommet du cytoplasme; ceci s’appelle la polarité.

→ Epithélium typiquement associé à des phénomènes de sécrétion ou d’absorption Cylindrique ou prismatique cilié

- cellules plus hautes que larges et ciliées pour la majorité

- les cils sont beaucoup plus hauts que des microvillosités et sont bien visibles en microscopie photonique

→ les mouvements des cils créent un courant permettant aux fluides et aux petites particules de se déplacer à la surface de l’épithélium

Pseudostratifié:

Sur une section, l’épithélium peut apparaître, de façon erronée, pluristratifié. Les noyaux des cellules épithéliales sont situés à différents niveaux, créant une impression de stratification cellulaire. Il s’agit en fait d’un épithélium simple: toutes les cellules reposent sur la membrane basale mais certaines n’atteignent pas la lumière.

Fonctions:- mucus : capture des particules de l’air inspiré - ciliature: transport des particules étrangères

→ système de défense non spécifique du tractus respiratoire que l’on décrit souvent comme «l’escalator mucociliaire »

L’épithélium pseudostratifié représente parfois un épithélium de transition entre un épithélium simple et un épithélium stratifié, permettant un épaississement progressif de l’épithélium.

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B. EPITHELIUMS STRATIFIES

Deux à plusieurs couches cellulaires reposent sur la membrane basale. L’épithélium pluristratifié a d’abord une fonction de protection; le degré et la nature de la stratification dépendant du degré d’agression physique auquel la surface est exposée.

La classification se fait en fonction de l’aspect de l’assise la plus superficielle puisque les cellules de la couche basale sont en général de forme cubique.

Squameux ou pavimenteux :

- plusieurs assises cellulaires qui subissent une évolution morphologique et fonctionnelle, depuis l’assise basale cubique jusqu’aux couches superficielles les plus minces

- seules les cellules superficielles ont un aspect squameux Deux types d’épithéliums stratifiés squameux:

- non kératinisé : les cellules basales, par des mitoses successives, donnent naissance à des cellules qui vont progressivement gagner la surface et desquamer. Les cellules vont d’abord subir une maturation puis une dégénérescence au fur et à mesure qu’elles s’éloignent du tissu conjonctif sous-jacent, nourricier.

→→→

→ barrière protectrice résistante à l’abrasion puisque la desquamation des cellules superficielles ne compromet pas le tissu sous-jacent. Non résistant cependant à la dessiccation.

- kératinisé: pendant la maturation, les cellules épithéliales subissent le phénomène de kératinisation, aboutissant à la formation d’une couche épaisse, acellulaire, de kératine.

→→

→ barrière protectrice contre les effets de l’environnement. Adapté aux phénomènes constants d’abrasion et de dessiccation auxquels la surface du corps est exposée. Cet épithélium peut aussi assurer des fonctions d’absorption dans le pré-estomac des ruminants

Cubique:

- deux (le plus souvent) ou plus couches de cellules avec une couche superficielle cubique à cylindrique basse.

→ Fonction de revêtement. Zone de transition entre un épithélium simple et un épithélium pseudostratifié à stratifié

Epithélium stratifié cylindrique:

- deux, trois couches de cellules ou plus

- les cellules basales cubiques sont parfois séparées des cellules superficielles cylindriques par des cellules intermédiaires polygonales

- parfois difficile à distinguer d’un épithélium pseudostratifié.

→ Fonction de revêtement. Comme l’épithélium stratifié cubique, il représente une zone de transition entre un épithélium simple et un épithélium pseudostratifié à stratifié

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L’épithélium transitionnel revêt la surface des organes creux qui subissent d’importantes distensions. Il est presque uniquement observé au niveau des voies urinaires chez les Mammifères et de ce fait qualifié parfois d’urothélium. Il est cependant aussi rencontré dans le larynx, le nasopharynx et la conjonctive palpébrale.

L’aspect des cellules épithéliales dépend du degré de distension de l’organe au moment de la fixation. Par exemple, lorsque la vessie est vide, l’épithélium apparaît formé de plusieurs assises cellulaires. Les cellules de l’assise basale sont cubiques à cylindriques basses, les cellules intermédiaires sont polygonales, tandis que les cellules superficielles sont grandes, arrondies et parfois binucléées. Lorsque la vessie est pleine, l’épithélium est distendu et apparaît pour cette raison moins épais. Il semble constitué de deux à trois couches cellulaires avec des cellules intermédiaires et superficielles très aplaties.

→ Fonction de revêtement avec aptitude aux étirements et à une distension résultant d’une augmentation du volume dans la lumière

→ Barrière effective aux mouvements hydriques: empêche les mouvements hydriques depuis les tissus sous- épithéliaux jusqu’à l’urine hypertonique présente dans la lumière

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II. LES EPITHELIUMS GLANDULAIRES

Les glandes sont des invaginations des épithéliums de revêtement formées pendant le développement embryonnaire et résultant de la prolifération de l’épithélium dans le tissu conjonctif sous-jacent. Les cellules épithéliales se différencient en structures sécrétoires ou glandes.

- les glandes exocrines sont des glandes à sécrétion externe; elles sont reliées aux surfaces épithéliales par un canal excréteur

- les glandes endocrines ou glandes sans canal, déversent leur produit de sécrétion, ou hormones, directement dans le courant sanguin

CLASSIFICATION DES GLANDES

1. Caractères morphologiques 1.1.: glandes unicellulaires :

- consistent en une cellule sécrétoire dans un épithélium non sécrétoire.

L’exemple type est la cellule caliciforme (goblet cell) qui est une cellule épithéliale spécialisée, productrice de mucus.

1.2.: glandes multicellulaires : 1.2.1.: intraépithéliales : - rares,

- accumulation de cellules sécrétoires spécialisées dans l’épithélium de revêtement lui-même.

1.2.2.: extraépithéliales:

1.2.2.1.:les glandes endocrines se sont isolées de l’épithélium qui leur a donné naissance : - absence de canaux excréteurs,

- le produit de sécrétion libéré dans les fluides intercellulaires gagne les sites d’action par voie sanguine ou lymphatique

1.2.2.2.:les glandes exocrines

- présence d’un ou de plusieurs canaux excréteurs. Elles se différencient en:

glandes simples:

- canal excréteur unique non ramifié,

- une ou plusieurs unités sécrétoires (adénomères) qui présentent trois formes (tubulaire, acineuse ou tubuloacineuse) pouvant être droites, contournées et/ou ramifiées.

glandes composées:

- grand nombre d’adénomères en relation avec un système de canaux excréteurs ramifiés.

Exemple: glande mammaire, parotides…

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2. Types de produits de sécrétion 2.1.: Glandes séreuses :

→ phénomène de synthèse protéique.

La synthèse protéique est une activité essentielle et continue de toutes les cellules, et la fonction principale de certaines d’entre elles. Par exemple, la cellule acineuse du pancréas exocrine ou celle de la glande salivaire parotide.

Ces cellules présentent une structure histologique caractéristique. Le noyau est sphérique, près du centre de la cellule; le cytoplasme est basophile au pôle basal et apparaît rempli de petites granules sécrétoires, les grains de zymogène au pôle apical.

2.2. : Glandes muqueuses :

→ ces glandes élaborent une sécrétion épaisse, visqueuse: le mucus.

Le mucus constitue une couche protectrice à la surface de tous les épithéliums simples de revêtement qui sont au contact du milieu extérieur.

La partie apicale du cytoplasme de la cellule contient de la mucine, sous la forme de granulations, qui, lorsqu’elle est libérée par exocytose, se combine à l’eau pour former une sécrétion visqueuse, le mucus. La mucine est un mélange de glycosaminoglycanes neutres et acides et peut ainsi être mis en évidence par la réaction Acide Périodique Schiff (réaction APS ou PAS en anglo-saxon) qui colore en rouge magenta les glucides.

2.3. :Glandes mixtes

→ glandes à sécrétion séromuqueuse Plusieurs possibilités :

- certaines unités sécrétoires possèdent à la fois des cellules séreuses et muqueuses mélangées - parfois, présence d’acini entièrement séreux et d’acini entièrement muqueux au sein de la glande

- fréquemment, cellules séreuses localisées à la périphérie des unités sécrétoires muqueuses. Les produits de sécrétions sont déversés dans la lumière des acini par le biais de canalicules intercellulaires

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3. Modes de sécrétion

Le processus de sécrétion peut se faire selon diverses modalités :

• Mérocrine (ou eccrine): le produit de sécrétion est évacué sous la forme de petits granules sécrétoires. Le déversement du contenu des granules dans le milieu externe se fait par exocytose avec fusion de la membrane des vésicules à celle de la cellule. C’est la forme de sécrétion la plus fréquente.

• Apocrine: expulsion de vésicules, contenant le produit de sécrétion, entourées d’une membrane. C’est un

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• Holocrine: la cellule entière est évacuée avec le produit de sécrétion. C’est une forme peu courante de

sécrétion qui consiste en l’élimination des cellules sécrétrices tout entières. Elle a essentiellement lieu dans les glandes sébacées.

• Cytocrine: mode de transfert assez peu courant de matériel sécrétoire d’une cellule dans une autre. Le produit de sécrétion est véhiculé vers les cellules cibles voisines par de fins prolongements cytoplasmiques dont l’extrémité renflée se termine à leur contact. Le produit de sécrétion est « inoculé » et agit directement sur la cellule cible. C’est par exemple le cas des mélanocytes de l’épiderme injectant la mélanine dans le cytoplasme des kératocytes.

• Paracrine: correspond à une libération locale du produit de sécrétion (par exemple le chorion d’une muqueuse) sans passage dans le sang. Le produit libéré va alors exercer son action sur des cellules cibles locales (cellules épithéliales de la muqueuse, fibres nerveuses, cellules conjonctives…). C’est le mode de sécrétion des cellules argentaffines de l’épithélium intestinal.

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LE TISSU CONJONCTIF

Le terme de tissu conjonctif à tout tissu d’origine mésenchymateuse constitué par l’association de cellules, de fibres conjonctives et d’une matrice organique : la substance fondamentale.

Les tissus conjonctifs sont des tissus de connexion qui sont responsables de la cohésion des constituants de l’organisme. Ils représentent le support structural et métabolique pour les autres organes et tissus du corps.

Il représente la voie de passage des vaisseaux sanguins et c’est à travers lui que s’échangent les nutriments, les déchets entre les tissus et l’appareil circulatoire. Pour cette raison, le terme de tissu conjonctivo- vasculaire est parfois utilisé.

CLASSIFICATION

La comparaison des tissus conjonctifs des différents organes laisse apparaître leur très grande hétérogénéité morphologique. Quatre grands types de tissu conjonctif peuvent être mis en évidence en fonction des particularités qualitatives ou quantitatives de leurs constituants.

Tissu conjonctif lâche: présence en proportion comparable de cellules, de fibres et de substance fondamentale. Il doit son nom à sa plasticité.

Très largement réparti dans l’organisme, il constitue le tissu conjonctif sous-cutané, le tissu conjonctif des muqueuses (chorion ou lamina propria).

Tissu conjonctif dense: les fibres conjonctives sont proportionnellement plus importantes que les cellules et la substance fondamentale. Les fibres de collagène sont généralement disposées en faisceaux grossiers, irréguliers et confèrent à ce tissu une très grande résistance à la traction. Il est observé dans: - la capsule qui entoure de nombreux organes

- les tendons, aponévroses et ligaments - le derme

- le périoste - la cornée

Tissus conjonctifs spécialisés: prédominance d’un élément cellulaire ou fibrillaire. Sont décrits : - le tissu adipeux

- les tissus conjonctifs réticulaires, où prédominent les fibres de réticuline - les tissus élastiques, où prédominent les fibres élastiques

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HISTOLOGIE TOPOGRAPHIQUE DU TISSU CONJONCTIF LACHE

Dans le tissu conjonctif lâche, les fibres et la substance fondamentale existent en quantité équivalente. Le tissu conjonctif sous-cutané, le tissu conjonctif des muqueuses ou des séreuses ainsi que le tissu conjonctif de la charpente des organes sont des tissus conjonctifs lâches.

Le fibroblaste est la cellule la plus caractéristique du tissu conjonctif puisqu’elle y est constamment présente et qu’elle participe activement à l’élaboration des fibres conjonctives et de la substance fondamentale que l’on regroupe sous le terme de matrice extracellulaire.

Le fibroblaste joue donc un rôle central dans les propriétés et les fonctions du tissu conjonctif lâche.

Nous allons prendre comme modèle d’étude celui dit de la « boule d’œdème ». Il s’agit d’injecter à un animal du sérum physiologique par la voie sous-cutanée de manière à dissocier les différents éléments du tissu conjonctif et faciliter ainsi leur visualisation. Les coupes histologiques sont donc réalisées à partir d’un prélèvement de tissu conjonctif réalisé dans cette zone et sont colorées à l’hémalun-éosine-safran.

I. LES FIBRES CONJONCTIVES

Ce sont des éléments inertes de soutien et d’union. On distingue:

• Les fibres de collagène colorées en jaune par le safran et en rose par l’éosine. Elles apparaissent sous l’aspect d’un feutrage plus ou moins serré. Ce sont de longues fibres groupées en faisceaux parallèles ne présentant pas d’anastomoses entre elles. Elles donnent au tissu conjonctif une grande résistance à la traction.

Les fibres de collagène de type I font de 1 à 12 µm de diamètre jusqu’à plusieurs centimètres de longueur.

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En microscopie électronique, la microfibrille de collagène présente une striation périodique tous les 670 Ǻ avec bandes claires et bandes sombres. L’étude biochimique du collagène permet d’expliquer cette striation : le tropocollagène est la protéine dont la polymérisation forme la microfibrille de collagène.

ULTRASTRUCTURE DE LA FIBRILLE DE COLLAGENE :

BIOCHIMIE : LE TROPOCOLLAGENE :

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• Les fibres élastiques sont difficilement visibles sur des coupes colorées à l’hémalun-éosine et apparaissent réfringentes, rosées. Elles nécessitent pour être visualisées une coloration spéciale. L’orcéine les colore en violet ; le colorant de Weigert à base de résorcine et de fuschine basique les colore en noir intense.

La microscopie électronique montre que l’élastine est le constituant principal des fibres élastiques. C’est une protéine fibreuse proche du collagène riche en glycine, proline et d’acides aminés hydrophobes (gly, ala, val, leu, ileu). Ces fibres de 0,2 à 5 µm de diamètre sont anastomosées et plissées et présentent des zones de plicature.

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• Les fibres de réticuline sont très grêles et ont un diamètre inférieur ou égal au micron. Elles ne sont mises en évidence qu’après imprégnation argentique et sont qualifiées d’argyrophiles.

Cette affinité pour les sels d’argent a longtemps conduit à penser qu’elles représentaient un type de fibre différent. En réalité, il s’agit de fibres de collagène de type III . L’étude de leur ultrastructure le confirme et montre qu’elles sont associées à une glycoprotéine de structure, la fibronectine.

ULTRASTRUCTURE DES FIBRES DE RETICULINE :

En microscopie photonique, Elles apparaissent sous la forme de fibres noires, anastomosées les unes aux autres, formant un délicat réseau grêle tridimensionnel. Elles sont ancrées sur les fibres de collagène et constituent les fibres de soutien des tissus riches en cellules tels le foie, la moelle osseuse, les glandes endocrines et les organes lymphoïdes.

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II. LES CELLULES DU TISSU CONJONCTIF

A. Les cellules propres du tissu conjonctif

On peut en distinguer trois types selon leur fonction essentielle :

• le fibroblaste: cellule responsable de la synthèse et de l’entretien du matériel extracellulaire. Les fibroblastes dérivent de cellules précurseurs du tissu conjonctif primitif, le mésenchyme.

• l’adipocyte: grande cellule (60 à 130 µm) sphérique responsable du stockage et du métabolisme des graisses. On distingue deux types d’adipocytes :

L’adipocyte blanc est caractérisé par un cytoplasme réduit à une mince couronne périphérique car il est refoulé par une volumineuse vacuole lipidique. De la même façon, le noyau est comprimé par l’enclave lipidique. Il est distribué dans tout le corps, en particulier dans les couches profondes de la peau. En tant qu’importante réserve d’énergie, il agit comme régulateur thermique sous la peau et protège contre les chocs mécaniques.

L’adipocyte brun est caractérisé par un noyau central et un cytoplasme rempli de petites gouttelettes cytoplasmiques. Il est rencontré chez les Mammifères nouveaux-nés et chez quelques animaux hibernants, où il joue un rôle important dans la régulation thermique. L’énergie engendrée par l’oxydation des lipides et l’énergie libérée par les transports d’électrons sont dissipées sous forme de chaleur rapidement dirigée vers le reste du corps par le riche réseau vasculaire de la graisse brune.

Sur coupes histologiques courantes obtenues après inclusion en paraffine, le contenu lipidique apparaît Dans un tissu, l’aspect habituel du fibroblaste est celui d’une cellule au noyau fusiforme, dense et au cytoplasme acidophile, peu visible. Le terme de fibrocyte est parfois employé pour qualifier cette forme quiescente, inactive.

Les fibroblastes en activité présentent un noyau volumineux aux nucléoles proéminents. Le cytoplasme abondant apparaît très basophile et traduit la présence d’un réticulum endoplasmique granuleux développé impliqué dans la synthèse protéique.

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• le mastocyte: cellule sphérique ou ovoïde le plus souvent. Le cytoplasme est rempli de petites granulations

qui contiennent des amines vasoactives. Celles-ci ont la propriété de fixer des colorants vitaux tels le bleu de Toluidine qui vire alors au rouge violacé. Ceci s’appelle la métachromasie.

B. Les cellules d’origine sanguine

Véhiculées par le sang, les leucocytes colonisent le tissu conjonctif en traversant la paroi des capillaires par diapédèse. Parvenus dans les tissus conjonctifs, certains subissent des transformations morphologiques.

• le macrophage résulte de la diapédèse du monocyte sanguin. Au repos, les macrophages se fixent sur les fibres conjonctives et peuvent être difficiles à distinguer des fibroblastes. Cette forme quiescente est appelée histiocyte. Au cours de la phagocytose, le macrophage peut se déplacer le long des fibres conjonctives par amiboïsme. Il change alors d’aspect et devient une cellule de grande taille qui présente un cytoplasme spumeux, vacuolisé. Leur aspect varie cependant en fonction de la nature de leur activité phagocytaire.

A l’état normal, l’histiocyte est, avec le fibroblaste, la cellule la plus abondante du tissu conjonctif lâche. Les autres types leucocytaires sont présents en quantité plus faible.

En fonction de la localisation du tissu conjonctif lâche et de certains facteurs pathogènes (infestation parasitaire, présence de bactéries,…), le tissu conjonctif lâche contiendra un nombre variable de leucocytes.

III. LA SUBSTANCE FONDAMENTALE

Le fond apparaît peu colorable et légèrement éosinophile. La réaction à l’acide périodique Schiff révèle les glycosaminoglycanes et lui donne une teinte rosée. Malgré sa discrétion morphologique, la substance fondamentale est un constituant essentiel du tissu conjonctif. C’est elle qui occupe les espaces laissés libres entre cellules et fibres conjonctives.

La substance fondamentale comprend :

une phase fluide (eau, sels minéraux, substances dissoutes comme l’oxygène, de dioxyde de carbone, des nutriments, des déchets, des hormones,…)

une phase visqueuse composée de glycosaminoglycanes (GAG) (acide hyaluronique, chondroïtines sulfates, dermatane sulfate, héparine, héparane sulfate, dermatane sulfate) de protéoglycanes (PG) et de glycoprotéines de structure (GPS) (fibronectine, laminine, vibronectine,…).

Les protéoglycanes vont conférer une viscosité à la substance fondamentale qui va conditionner les échanges entre le sang et les tissus alors que les glycoprotéines de structure se comportent comme des protéines de liaison entre les différents constituants du tissu conjonctif.

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IV. HISTOPHYSIOLOGIE IV.1. Le fibroblaste

Le fibroblaste est avant tout une cellule sécrétrice qui élabore les principaux constituants du tissu conjonctif, plus particulièrement les fibres et la substance fondamentale.

Tous ces constituants sont élaborés selon le même schéma. Pour cette raison nous prendrons seulement l’exemple de la synthèse des fibres de collagène.

Variations d’activité du fibroblaste :

Facteurs hormonaux régulateurs : - GH, androgènes, calcitonine → stimulation de l’activité - Thyroxine (T4), glucocorticoïdes → inhibition de l’activité

Facteurs liés à l’âge : inéluctablement, le programme génétique commande la qualité et la quantité des macromolécules au cours de la vie. A titre indicatif, chez l’Homme : chez l’embryon, la synthèse des glycoprotéines est maximale, chez l’enfant, il y a synthèse d’élastine puis celle-ci baisse à l’âge adulte où le vieillissement cutané se traduit par l’apparition des rides et le vieillissement des artères se traduit par une perte d’élasticité de celles-ci (artériosclérose). Il n’y a plus que la synthèse de collagène qui persiste chez l’adulte.

Chez le vieillard, toutes les synthèses chutent.

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IV.2. Les fibres conjonctives

Les fibres de collagène : assurent les fonctions de soutien, de cohésion et protection des tissus. Elles résistent à la traction et sont souples mais inextensibles.

Les fibres de réticuline forment des réseaux et des feutrages qui assurent le soutien de structures nécessitant un maintien (cellules glandulaires, endothéliums vasculaires,…) ou la cohésion des cellules libres et mobiles (organes lymphoïdes).

Les fibres élastiques présentent par définition l’élasticité. Elles peuvent s’étirer jusqu’à 2,5 fois leur longueur.

IV.3. La substance fondamentale

Rôle mécanique et plastique car grâce à sa fluidité, elle conditionne

- le déplacement des cellules et la circulation de l’eau et des substances dissoutes - l’adhésion entre cellules et fibres conjonctives.

Rôle nutritif et de réserve :

- c’est la voie de passage des métabolites et de médiateurs chimiques - elle représente une réserve d’eau et d’électrolytes pour l’organisme Rôle de défense :

- directe : par sa consistance visqueuse, elle représente une barrière à la diffusion des agents pathogènes - indirecte : elle représente le lieu de diffusion des cellules de défense de l’organisme.

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