ODE
S U K
LA CONVALESCENCE
D U ROY.
Par M. P. A. A. B. J.
’
Orage
impétueux:, quimenaçoit nos têtes,A
ce(Téde gronder: Il eftremsquenos FêtesDe
leur ancien éclatreprennentlaIplendeur, Et rendent l’Univers témoin-de notre ardeur*m
Contre
les attentats de la mort homicide ,Le
Ciel a protégé lesjours de notre Alcide.Ilvit ce Prince aimable: Sc nos
Neveux
un jour, Sous Tes heureufçs Loix fleuriront à leur tour.Q
u efa perte,Grand
Dieu,nous eût coûté delarmesEt qu'il nous a caufé de terribles allarmes! Déjà l’emportement de nos
maux
indifcrets Ofoitmême
acculer tes céleftes Decrets.E
h quoidonc
! dilions-nous, ceMonarque
adorable Doit-il être pour nous,un
bien li peu durable?Et Tes jours ànos
yeux
n’ont-ils éjté montrésQue
pour être à l’inftant ànosvœux
arrachés.Helas,
qui ne l’eût dit?Qu’une
immortellevie Afluroitpour toujours cette Tête cherie;
Et
qu’en lui l’Univers trouveroit déformaisUn
exemple, vivant, qu’il ne perdrait jamais.
T
u leconnus, ô toi,Divinité
fupreme,Jamais envia-t-il le fanglant
Diademe
De
cesTyranscruels, dontKnjufte grandeur Eft le fruit odieux ducrime 8c de l’horreur?C
e s Monftresallaités defang 8c decarnage,Qui
fouflent entous lieux le défordre 8clarage,
Voilà de ces objets, qu’il nousferabien
doux De
te voirimmoler
à ton jufte couroux.L
ecoup
quifrappera leurs têtes altières,
D’un
million d’humains finira les miféres ,Et bientôt ces mortels, a tes pieds profternes
,
Viendront baifer la main, qui les aura fauves.
Mais
ces Princes chéris, cesPrinces fans rudeiïe,Dès
l’enfance nourris dufuc deta Sagefle;Qui,
dignes du haut rang, qui lesmontre ànosyeux.
Ne
fçaventcomme
toi, que faire des heureux.P
o u R eux,tu l’as promis, prodigue en tes largeffes,
Tu
dois les inonder d’un fleuve de richefles.Et
fans cefle par toi leurs ans multipliés,
Par le
Tems
deftruéteur,doiventêtre oubliés.A
ijÿcg
.
?
Eh
! quimieux
quemon Roy devok
furcespromefles»D’un
triomphant efpoir adopter les careffes?Quel
mortelplusque lui, de tes faintes bontés9 Mérita de tenir les regardsarrêtés?m
L
is plutôtdans noscœurs,Scvois-ylestrophées, Qu’ont élevé pour lui nosâmes
embrafées.Là
tamain a placé l’incorruptible poids ,Qui
doit apprécieriemérite des Rois.Q
ue le lien nous eft cher! maisqueparfatendreflesNous hommes
bien payés du zele qui nousprefle!Il aime à nous
nommer
fon Peuple ,fes EnfansConnoît-on ces
doux noms
, fous le joug desTyrans?•Situ vouîoisj 6 Cielj, répondre à fon envie ; Et de fes
Ennemis
confondant la manie,Redonner
à cePeuple une éternelle Paix . . .Ce
font-là deL O U
IS les plus ardens fouhaits.m
C
e n’eft pas cependant, qu’amide la
mole
de ,Il approuve ces cœurs, dont l’indigne balfefTe Sans ceffe palpitant de crainte
&
defrayeur, Ofe calomnier une Héroïque ardeur.m
y
Des
droitsfiicrés du Sceptre il connoit retenduey Etfçait, les accordant avecfaretenue,
D’une
mainrepouffer les traits de l’orgueilleux,
Et de l’autre lui tendre un pardon généreux,
m2
Publie
z-l e,Cités, maintenant nos amies ,Vous
qui, fousfon empire àpeine réunies, Déjà, loin d’en pouffer d’injurieux regrets, Beniffez l’heureux jour, quivous fitfes Sujets,
Malgré’
ledoublemur
,qui ceignoit vosmurailles;
Vous
levîtes percer jufques dans vos entrailles.Lui-
même
, ceHéros, frayoit àfies SoldatsLe chemin
dela gloire,&
le lieu des combats.V
o s Peuples , toutefois, fans que rien les contraigne,
Joüiffent
comme
nous, desfaveurs de fonRégne
: Et s’ils nepartageoient à fon brillant éclat,
A
peineils connoîtroient, qu’ils ont changé d’état.
E
t pourtant devertule Ciel inacceffible SurlefortdeceRoy
veut fe rendre infenfibie.Que
fera-t’ildonc
fait du reftedes humains?Et quels joursdéformais, ferontpour nous lereins?
M A
Hî Si par nosforfaits iaflantfapatiencefNous
avons épuifé lesfonds de la clémence, Etfl pour le fléchir le fangdoit ruiflèler;Qu’il prenne toutle nôtre ,ilefl: prêt à couler.
Ouy
jGrand
Dieu,Dieu
terrible,allumetavengeance Extermine d’untrait notre coupable engeance;Que
ta foudreen éclatsvoledetoutes parts, Et vienne renverfer nos plus épais remparts.Frappe,
frappe àcoup
fur, noustetendonsla têteEt pourvu que
LOUIS
échappe à la tempêteTu
nous verras, charmés de tesderniers bienfaits, Obéir, approuver , Sc mourir fatisfaits...
Mais où
vais-je? Et quel efl;le tranlportoù me
jetteLe
langage effréné d’une verve indifcréte ?Ce
Prince, que nosyeux pleuroientcomme
perdu..Un
prodige à nosvœux
nel’a-tii pas rendu?Quoi donc
!Quand
par lecoup
d’un MiraclevilibleLa
Nature pour nous fait jufqu’à l’impoffible:On
nousvoitprovoquants fon Maîtrefouverain.De
ce Dieu Tout-Puiflant, n’eft-ellepas lamain?7
Pardonne,
SaintdesSaints,pardonnecesmurmures
fQu
oférent proférer de frêles créatures.Nos
jours, nouslefçavons , font tous en ton pouvoir,
Mais hélas !
Nous
perdions notre plus ferme efpoir.Car
enfin, enL O U
I S nous regrettionsun
Père,Un
foûtien,un modèle
,un Roy
qui fçut te plaire;Tant de titres, fans doute, ànotre humanité Tiendront lieu de défenfe auprès de ta bonté.
m
Daigne donc
, jufle Dieu, t’intérelfer encore Pour un Peuple zélé , qui t’aime 8c qui t’adore.LOUIS
efh après toi notre bienle plus doux;Daigne enleconfervant,nous favorifertous.
Verse,
fans te laffer, tes donsfur ce
Monarque
Fais refpeéterenlui ta glorieufe
marque
,Et qu’on fçache partout, qu’ileft foustonappuy;
Ila veillépour nous, tu dois veiller pour lui.
E
t nous, chers Citoyens, allons, dans nos Cantiques Célébrerdu
Seigneur les œuvres magnifiques.Que
cejour, qu’on deftineà louer l’Eternei
,
Soit
un
jour pour laFrance à jamais folemnel.Lu
ôc approuvé ce.9 Novembre 1744,Crebillon.
Vu
l’Approbation du Sieur Crebillon, permis d’imprimer, ee 1% Novembre 1744,
MAR VILLE.
De
l’ImprimeriedePaulus-du-Mesnil
, Grand’SalleduPalais auPilier desConfultadons, auLiond’or,.I
-V