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ODE LA CONVALESCENCE D U ROY. Par M. P. A. A. B. J.

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Texte intégral

(1)

ODE

S U K

LA CONVALESCENCE

D U ROY.

Par M. P. A. A. B. J.

Orage

impétueux:, quimenaçoit nos têtes,

A

ce(Téde gronder: Il eftremsquenos Fêtes

De

leur ancien éclatreprennentlaIplendeur, Et rendent l’Univers témoin-de notre ardeur*

m

(2)

Contre

les attentats de la mort homicide ,

Le

Ciel a protégé lesjours de notre Alcide.

Ilvit ce Prince aimable: Sc nos

Neveux

un jour, Sous Tes heureufçs Loix fleuriront à leur tour.

Q

u efa perte,

Grand

Dieu,nous eût coûté delarmes

Et qu'il nous a caufé de terribles allarmes! Déjà l’emportement de nos

maux

indifcrets Ofoit

même

acculer tes céleftes Decrets.

E

h quoi

donc

! dilions-nous, ce

Monarque

adorable Doit-il être pour nous,

un

bien li peu durable?

Et Tes jours ànos

yeux

n’ont-ils éjté montrés

Que

pour être à l’inftant ànos

vœux

arrachés.

Helas,

qui ne l’eût dit?

Qu’une

immortellevie Afluroitpour toujours cette Tête cherie

;

Et

qu’en lui l’Univers trouveroit déformais

Un

exemple, vivant

, qu’il ne perdrait jamais.

(3)

T

u leconnus, ô toi,

Divinité

fupreme,

Jamais envia-t-il le fanglant

Diademe

De

cesTyranscruels, dontKnjufte grandeur Eft le fruit odieux ducrime 8c de l’horreur?

C

e s Monftresallaités defang 8c decarnage,

Qui

fouflent entous lieux le défordre 8clarage

,

Voilà de ces objets, qu’il nousferabien

doux De

te voir

immoler

à ton jufte couroux.

L

e

coup

quifrappera leurs têtes altières

,

D’un

million d’humains finira les miféres ,

Et bientôt ces mortels, a tes pieds profternes

,

Viendront baifer la main, qui les aura fauves.

Mais

ces Princes chéris, cesPrinces fans rudeiïe,

Dès

l’enfance nourris dufuc deta Sagefle;

Qui,

dignes du haut rang, qui lesmontre ànos

yeux.

Ne

fçavent

comme

toi, que faire des heureux.

P

o u R eux,tu l’as promis

, prodigue en tes largeffes,

Tu

dois les inonder d’un fleuve de richefles.

Et

fans cefle par toi leurs ans multipliés

,

Par le

Tems

deftruéteur,doiventêtre oubliés.

A

ij

(4)

ÿcg

.

?

Eh

! qui

mieux

que

mon Roy devok

furcespromefles»

D’un

triomphant efpoir adopter les careffes?

Quel

mortelplusque lui, de tes faintes bontés9 Mérita de tenir les regardsarrêtés?

m

L

is plutôtdans noscœurs,Scvois-ylestrophées, Qu’ont élevé pour lui nos

âmes

embrafées.

tamain a placé l’incorruptible poids ,

Qui

doit apprécieriemérite des Rois.

Q

ue le lien nous eft cher! maisqueparfatendrefles

Nous hommes

bien payés du zele qui nousprefle!

Il aime à nous

nommer

fon Peuple ,fes Enfans

Connoît-on ces

doux noms

, fous le joug desTyrans?

•Situ vouîoisj 6 Cielj, répondre à fon envie ; Et de fes

Ennemis

confondant la manie,

Redonner

à cePeuple une éternelle Paix . . .

Ce

font-là de

L O U

IS les plus ardens fouhaits.

m

C

e n’eft pas cependant

, qu’amide la

mole

de ,

Il approuve ces cœurs, dont l’indigne balfefTe Sans ceffe palpitant de crainte

&

defrayeur, Ofe calomnier une Héroïque ardeur.

m

(5)

y

Des

droitsfiicrés du Sceptre il connoit retenduey Etfçait, les accordant avecfaretenue

,

D’une

mainrepouffer les traits de l’orgueilleux

,

Et de l’autre lui tendre un pardon généreux,

m2

Publie

z-l e,Cités, maintenant nos amies ,

Vous

qui, fousfon empire àpeine réunies, Déjà, loin d’en pouffer d’injurieux regrets, Beniffez l’heureux jour

, quivous fitfes Sujets,

Malgré’

ledouble

mur

,qui ceignoit vosmurailles;

Vous

levîtes percer jufques dans vos entrailles.

Lui-

même

, ceHéros, frayoit àfies Soldats

Le chemin

dela gloire,

&

le lieu des combats.

V

o s Peuples , toutefois, fans que rien les contraigne

,

Joüiffent

comme

nous, desfaveurs de fon

Régne

: Et s’ils nepartageoient à fon brillant éclat

,

A

peineils connoîtroient

, qu’ils ont changé d’état.

E

t pourtant devertule Ciel inacceffible Surlefortdece

Roy

veut fe rendre infenfibie.

Que

fera-t’il

donc

fait du reftedes humains?

Et quels joursdéformais, ferontpour nous lereins?

(6)

M A

Hî Si par nosforfaits iaflantfapatiencef

Nous

avons épuifé lesfonds de la clémence, Etfl pour le fléchir le fangdoit ruiflèler;

Qu’il prenne toutle nôtre ,ilefl: prêt à couler.

Ouy

j

Grand

Dieu,

Dieu

terrible,allumetavengeance Extermine d’untrait notre coupable engeance;

Que

ta foudreen éclatsvoledetoutes parts, Et vienne renverfer nos plus épais remparts.

Frappe,

frappe à

coup

fur, noustetendonsla tête

Et pourvu que

LOUIS

échappe à la tempête

Tu

nous verras, charmés de tesderniers bienfaits, Obéir, approuver , Sc mourir fatisfaits

...

Mais où

vais-je? Et quel efl;le tranlport

où me

jette

Le

langage effréné d’une verve indifcréte ?

Ce

Prince, que nosyeux pleuroient

comme

perdu..

Un

prodige à nos

vœux

nel’a-tii pas rendu?

Quoi donc

!

Quand

par le

coup

d’un Miraclevilible

La

Nature pour nous fait jufqu’à l’impoffible:

On

nousvoitprovoquants fon Maîtrefouverain.

De

ce Dieu Tout-Puiflant, n’eft-ellepas lamain?

(7)

7

Pardonne,

SaintdesSaints,pardonneces

murmures

f

Qu

oférent proférer de frêles créatures.

Nos

jours, nouslefçavons , font tous en ton pouvoir

,

Mais hélas !

Nous

perdions notre plus ferme efpoir.

Car

enfin, en

L O U

I S nous regrettions

un

Père,

Un

foûtien,

un modèle

,

un Roy

qui fçut te plaire;

Tant de titres, fans doute, ànotre humanité Tiendront lieu de défenfe auprès de ta bonté.

m

Daigne donc

, jufle Dieu, t’intérelfer encore Pour un Peuple zélé , qui t’aime 8c qui t’adore.

LOUIS

efh après toi notre bienle plus doux;

Daigne enleconfervant,nous favorifertous.

Verse,

fans te laffer

, tes donsfur ce

Monarque

Fais refpeéterenlui ta glorieufe

marque

,

Et qu’on fçache partout, qu’ileft foustonappuy;

Ila veillépour nous, tu dois veiller pour lui.

E

t nous, chers Citoyens, allons, dans nos Cantiques Célébrer

du

Seigneur les œuvres magnifiques.

Que

cejour

, qu’on deftineà louer l’Eternei

,

Soit

un

jour pour laFrance à jamais folemnel.

(8)

Lu

ôc approuvé ce.9 Novembre 1744,

Crebillon.

Vu

l’Approbation du Sieur Crebillon

, permis d’imprimer, ee 1% Novembre 1744,

MAR VILLE.

De

l’ImprimeriedePaulus-du

-Mesnil

, Grand’SalleduPalais auPilier desConfultadons, auLiond’or,.

(9)

I

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-V

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(16)

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