Introduc
tion
LES CONFESSIONS DE SAINT AUGUSTIN
354-430
Traduction par PAUL JANET
PROFESSEUR DE LOGIQUE AU LYCÉE LOUIS-LE-GRAND
Ed. CHARPENTIER & Cie. PARIS, 1872
EXTRAIT INTRODUCTION
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Les Confessions de saint Augustin sont au nombre des livres les plus lus, les mieux connus, les plus souvent tra- duits. A quoi tient la popularité de ce grand et curieux ou- vrage ? Si je ne me trompe, à la beauté du sujet. Ce sujet, quel est-il ? C'est l'histoire d'une conversion. Par là, nous sommes conduits à nous demander : Pourquoi une conver- sion, en général, est-elle intéressante ? Pourquoi celle de saint Augustin l'est-elle particulièrement ? Enfin, quelles leçons philosophiques et morales peut-elle offrir à ceux qui l'étudient sans prévention ? C'est ce que nous voulons ra- pidement examiner.
Une conversion a toujours été et sera toujours un des faits les plus curieux et les plus émouvants de l'âme hu- maine ; et plus le contraste sera grand entre le passé et le
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présent, plus l'intérêt sera vif et pressant. Ainsi nous nous intéressons davantage à la conversion des grands pécheurs et des grandes pécheresses. Saint Paul devenant apôtre, de persécuteur qu'il était, la Madeleine couvrant de larmes et de parfums les pieds du Sauveur, sont des figures qui ex- citent au plus haut degré la sympathie, l'étonnement, l'ad- miration. Au dix-septième siècle, rien de plus fréquent que ces sortes de conversions : de Rancé, La Vallière, en sont les plus célèbres exemples. Ces grands coups de grâce, qui ébranlent et renversent des âmes de feu, livrées jusqu'alors à tous les tumultes des passions mondaines, nous touchent plus que des conversions logiques, opérées par le raison- nement, ou par l'autorité des exemples.
Cependant les conversions logiques elles-mêmes ne sont pas sans exciter un autre genre d'intérêt. Le passage d'une idée à l'autre, lorsqu'il s'opère insensiblement, et que d'ailleurs l'intervalle n'est pas très-grand, est un spectacle très-ordinaire et auquel on fait peu d'attention. Mais l'his- toire des pensées et des opinions nous présente quelquefois de ces revirements, de ces changements entiers et absolus qui transportent un esprit d'un pôle à l'autre du monde in- tellectuel. Or, il semble que les hommes ont encore plus de peine à renoncer à leurs idées qu'à leurs passions. Ils mettent plus leur amour-propre dans les premières que dans les secondes. De là vient que l'on est si surpris d'ap- prendre qu'un homme a renoncé aux idées de toute sa vie, qu'il brise ce qu'il a élevé, qu'il brûle ce qu'il a adoré.
Ainsi, que la conversion ait lieu dans l'ordre de la vo- lonté et des passions, ou dans l'ordre de l'intelligence, elle intéresse toujours à quelque degré, et d'autant plus que la révolution est plus grande. L'homme, en effet, est une chose mobile ; mais dans sa mobilité il garde en général une certaine unité : son inconstance est fidèle à elle-même, sa faiblesse ne se dément pas ; et, sauf les changements in- évitables de l'âge, l'homme est à la fin ce qu'il a été en commençant. Mais une conversion nous montre deux hommes dans un seul, suivant la profonde doctrine de saint Paul, l'homme ancien et l'homme nouveau. La lutte de ces deux hommes, la défaite de l'homme ancien ou charnel, la victoire de l'homme nouveau ou spirituel : voilà en deux mots l'histoire d'une conversion. Or, ces révolutions ne se rencontrent que dans des âmes rares, car il faut beaucoup de force pour arriver à se déplaire à soi-même, ce qui est le premier degré de la conversion ; il en faut encore plus pour s'affranchir de soi-même et devenir un autre que soi, et c'est là le second degré de la conversion.
Quelque subit que soit ou que paraisse être un pareil changement, il est rare, excepté dans le cas d'un miracle, qu'il ne soit pas préparé par des combats intérieurs que l'on ne connaît pas et que l'on voudrait connaître : ce sont les péripéties du drame. Ces combats où se mêlent et se brisent l’un contre l'autre tous les faits les plus pathétiques de la vie humaine, la passion, le doute, le remords, l'espoir, l'amour pieux, composent une tragédie aussi émouvante que celle de Phèdre. Et si vous supposez cette tragédie
dans une grande âme, l'intérêt s'accroît encore, et il n'y en a pas de plus grand.
Pour qu'une conversion soit intéressante, il faut qu'elle soit sincère, il faut aussi qu'elle soit raisonnable. Je ne veux point dire qu'elle doive nécessairement satisfaire à toutes les exigences d'une froide raison. En général, la rai- son toute seule ne suffit pas à produire ces grands mouve- ments et ces déplacements extraordinaires de l'esprit et de la volonté, et il est difficile qu'il y ait conversion sans en- thousiasme ; mais il y a des enthousiasmes raisonnables et d'autres qui ne le sont pas. Ce qui fait la beauté et l'intérêt d'une conversion, c'est le passage d'une cause mauvaise à une bonne cause, ou du moins à une cause meilleure ; il faut enfin que la conversion ait un sens et une raison, et qu'elle ne soit pas simplement l'effet de la curiosité, du dé- pit, de l'ennui, de la superstition ou du hasard.
Or, tous les genres d'intérêt semblent se rencontrer dans la conversion de saint Augustin. D'abord, il n'y en a pas de plus sincère, de plus sérieuse, de mieux motivée. En outre, c'est à la fois une conversion de l'âme et une conver- sion de l'intelligence. De plus, elle nous offre ces change- ments extrêmes, ces révolutions du tout au tout que nous aimons dans l'histoire des grands esprits. Et enfin, ce récit nous est transmis par le témoin le plus fidèle, le plus ému, le mieux informé : par saint Augustin lui-même.
La parfaite sincérité de la conversion de saint Augus- tin est démontrée par son récit même. Rien n'est plus natu- rel que les diverses phases par lesquelles il a passé. S'il eût
dû feindre la foi, il ne l'aurait point abandonnée, lui qui était d'une famille chrétienne, et qui pendant son enfance avait lui-même demandé le baptême, dans une grave mala- die dont il pensa mourir. Séparé de la foi chrétienne au sor- tir de l'adolescence et jusqu'à la fin de la jeunesse, il rentre dans l'Église au moment même où il commence à se faire une position dans le monde, où un mariage honorable se prépare pour lui ; et nous savons par ses propres aveux qu'il était loin d'être insensible aux avantages du siècle. Il renonce à l'enseignement et aux gloires de la parole, il sa- crifie la plus invétérée de ses passions pour se retirer dans la solitude et ne plus travailler que pour Dieu. Rien ne lui faisait prévoir alors qu'il serait un des princes de l'Eglise militante et l'une des gloires de la doctrine.
Mais ce qui excite au plus haut degré l'intérêt dans les Confessions de saint Augustin, c’est que nous y voyons les deux éléments d'une conversion complète, la conversion de l'âme et la conversion de l'esprit. Il a éprouvé des pas- sions et il a connu l'erreur, il a passé par le repentir et par le doute, il a trouvé dans la foi la paix de la volonté et de l'intelligence. Cette conversion est plus intéressante que celle de Pascal parce qu'elle est plus naturelle. Saint Au- gustin a été un vrai pécheur ; il n'a donc pas besoin d'une foi exaltée pour apaiser des remords exagérés ; il a été un véritable incrédule, il n'a donc pas à chercher dans une foi factice un remède impuissant à des doutes démesurés. La foi simple lui suffit, mais une foi qui cherche à com-
prendre : fides quærens intellectum, il est resté philosophe en devenant croyant.
Les passions, chez saint Augustin, ont été les fai- blesses d'une âme supérieure, âme tendre et fière, qui dès l'enfance se révèle par deux traits de caractère remar- quables : l'ardeur de l'imagination et le désir de la supério- rité et de la gloire. Il pleure sur Didon mourante, et il ar- rache par la force et par la ruse la victoire à ses camarades dans ses combats d'enfant. Plus tard, lorsqu'il devient homme, les mêmes traits de caractère se conservent et se développent. Au lieu des combats d'enfant, ce sont des concours d'éloquence et de poésie : il brigue les couronnes, il aspire à la gloire de l'orateur, il écrit des livres sur le beau et les envoie à un rhéteur célèbre, dans l'espoir de lui faire connaître son nom et d'être loué de lui ; il prononce le panégyrique de l'empereur, et l'inquiétude du succès lui donne la fièvre. En même temps, son imagination enflam- mée lui inspire un amour sans bornes pour les spectacles.
Il va pleurer au théâtre, comme il pleurait enfant sur les malheurs de Didon. Mais le spectacle des passions hu- maines ne lui suffit pas, il veut les éprouver : « Aimer et être aimé lui paraît le plus grand bien de la vie. » Il connaît tous les plaisirs et toutes les douleurs des passions défen- dues ; et, comme il nous le dit lui-même avec une élo- quence incomparable, « au sein du plaisir même, il était lié par des nœuds d'angoisse et déchiré par les verges brû- lantes de la jalousie, des soupçons, des craintes, des co- lères et des querelles. » Rien de plus vif et de plus senti
que cette peinture. Peut-être même est-elle trop vive, peut- être dans le charme et l'émotion de ces peintures hardies et trop fidèles oublie-t-on un instant le repentir et l'expiation.
On se demande, en lisant saint Augustin, pourquoi nous aimons particulièrement les saints qui ont été pé- cheurs. C'est là un fait moral qui pourrait exercer la mali- gnité d’un La Rochefoucauld. Nous aimons, dirait-il, à sa- voir que les plus parfaits n'ont pas été sans imperfections ; leurs perfections blessent notre amour-propre, leurs fautes et leurs péchés les rapprochent de nous. Nous aimons, di- rait-il encore, le récit des fautes des saints, parce que, même en les condamnant, nous sommes agréablement cha- touillés par l'image des passions que nous ne devons pas éprouver c'est là un subterfuge ingénieux de notre fai- blesse ; et nous trouvons encore moyen de goûter certains plaisirs défendus, en nous humiliant dans la méditation de ces grandes fautes si éloquemment racontées. Qu'il y ait quelque chose de ces sentiments peu légitimes dans le plaisir que nous cause la lecture des Confessions, c'est ce qu'il est difficile de contester, pour peu que l'on soit sin- cère avec soi-même ; mais je crois que l'on peut donner aussi à ce sentiment une interprétation meilleure. Nous ai- mons à savoir que les saints ont été pécheurs parce qu'ils sont devenus saints ; leurs faiblesses nous rendent le cou- rage et nous empêchent de trouver leur sainteté trop déses- pérante. Leurs fautes étant les nôtres, nous voyons qu'il ne nous est pas interdit d'aspirer à les imiter dans quelques- unes de leurs perfections. C'est ce que saint Augustin nous
dit lui-même, en nous apprenant dans quel dessein il a écrit : « Ces Confessions, dit-il, ont pour effet de réveiller l'homme du sommeil du désespoir, et l'empêcher de dire : Je ne puis pas. »
Saint Augustin n'a pas seulement connu les troubles du cœur, mais encore les troubles de l'esprit. A ce point de vue, aucune lecture n'est plus attachante pour les hommes de notre temps, pour ceux du moins qui attachent quelque prix à savoir ce qu'il faut penser et ce qu'il faut croire.
Beaucoup d'écrivains, de nos jours, nous ont raconté l'his- toire de leurs pensées et de leurs doutes. Je ne crois pas qu'une telle histoire ait été racontée en traits plus forts, plus précis, plus profonds que dans les Confessions de saint Augustin. Résumons cette histoire en quelques mots.
A dix-neuf ans, saint Augustin est saisi, à la lecture de Cicéron, d'un ardent amour de la sagesse. C'est là, on peut le dire, sa première conversion : conversion de jeune homme, premier enthousiasme de l'esprit, en présence des premières révélations de la science et de la raison. Grand et heureux moment dans la vie que celui où l'on comprend pour la première fois que le vrai peut et doit être aimé ; que le jour où, sortant de l'enfance, on se sent la force et le devoir de choisir une direction, et la volonté de choisir la plus haute, la plus pure et la plus noble ! Heureux moment où l'on ne voit que lumière, où le vague même de la pensée nous charme et nous captive ; où l'on ignore les difficultés des problèmes, les résistances des choses, les obstacles des passions, et l'impuissance de la volonté ! Heureux moment
où l'on est tout feu et tout cœur, parce qu'on se persuade qu'il suffit de penser pour agir, et de vouloir pour croire.
Saint Augustin raconte avec beaucoup de vivacité cette première révolution de son âme : « Ce livre, dit-il en par- lant de l'Hortensius de Cicéron gallica.bnf.fr, ce livre chan- gea tous les sentiments de mon âme ; il tourna vers vous toutes mes prières, Seigneur ; il donna une direction nou- velle à mes veux et à mes désirs. Toutes les vaines espé- rances s'avilirent en un instant à mes yeux ; j'aspirai à l'immortalité de la sagesse avec une ardeur incroyable. »
Dans cette première disposition d'esprit, on est tout prêt à devenir la proie de la première secte qu'on rencon- trera. C'est ce qui arriva à saint Augustin : « Je tombai alors, nous dit-il, dans une secte d'hommes superbes et in- sensés, très-charnels et grands parleurs, dont les pièges étaient comme les pièges des démons. » C'étaient les ma- nichéens. Il resta neuf ans attaché à cette secte, la suivant non-seulement avec la fidélité d'un disciple, mais le prosé- lytisme d'un sectaire. « Pendant les neuf années qui s’écoulèrent de la dix-neuvième à la vingt-huitième année de mon âge, je fus à la fois trompeur et trompé, m'égarant moi-même et égarant les autres dans toutes sortes de pas- sions, en public par l'enseignement de ces sciences que l'on nomme libérales, en secret par le faux nom de la religion ; orgueilleux au dehors, superstitieux en cachette, partout victime de la vanité. » Cependant le doute commença à se glisser dans son esprit, lorsque, comparant les calculs as- tronomiques des manichéens avec ceux des philosophes, il
s'aperçut des discordances qui existaient entre les uns et les autres. Il soupçonna que les manichéens pouvaient bien ignorer les choses dont ils parlaient ; et bientôt, allant plus loin, il se demanda si les manichéens qui se trompaient sur les choses de ce monde ne se trompaient pas aussi sur les choses du ciel. Les conversations qu'il eut avec Fauste, le manichéen le plus célèbre de la secte, contribuèrent surtout à le détromper. Il le trouva versé seulement dans les belles- lettres, mais fort ignorant dans les sciences, et tout à fait incapable de répondre aux difficultés qui se présentaient à son esprit. Ce fut alors que son enthousiasme pour le ma- nichéisme diminua. Il y resta cependant attaché : « Car, dit-il, ayant embrassé leur secte, et ne voyant rien encore qui lui fût préférable, je jugeai à propos de m'y tenir et de m'en contenter, à moins qu'il ne se présentât quelque chose de meilleur et de plus propre à déterminer mon choix. »
Bientôt saint Augustin quitte Carthage ; il va à Rome, puis à Milan. Là, il entend saint Ambroise ; et quoique atti- ré d'abord par le seul plaisir de la parole, il est ensuite re- tenu par l'intérêt des choses elles-mêmes. Sans être per- suadé de la vérité catholique, il commence à voir plus clai- rement les erreurs manichéennes, et enfin il se résout à у renoncer tout à fait. Mais il ne remplaça pas tout d'abord une doctrine par une autre, et, n'étant plus manichéen, sans être encore chrétien, il se trouva, comme il le dit lui-même, dans l'état où l'on dit qu'étaient les académiciens, doutant de tout, et flottant entre toutes les opinions.
Cet état de doute dura deux ans, avec des alternatives d'espérance et de désespoir, de découragement absolu et d'aspirations impuissantes. Quelquefois, il voulait se confier à une âme plus avancée que lui dans la science et dans la piété. Il allait trouver saint Ambroise, pour lui ra- conter l'état de son âme, les troubles du cœur et de l'esprit qui l'agitaient ; il espérait trouver la paix et la lumière dans les entretiens de ce pieux et illustre vieillard. La porte du saint évêque était toujours ouverte, et tous pouvaient péné- trer jusqu'à lui. « Souvent j'ai pénétré, nous dit-il, jusque auprès de lui, car ce n'était point l'usage de défendre l'en- trée, ni même d'annoncer celui qui arrivait ; j'entrais donc, et je le voyais lire tout bas, jamais autrement. Je restais longtemps assis en silence (car qui eût pu le troubler dans une telle application), puis je me retirais, conjecturant que pendant le peu de temps qui lui restait pour réparer son es- prit et se reposer du fracas de tant d'affaires, il ne voulait pas être distrait par autre chose. » Quelle scène, digne peut-être d'un grand pinceau ! Ces deux grands saints de l'Église latine, réunis dans une même chambre, l'un jeune, ardent et inquiet, tourmenté par toutes les anxiétés de la pensée et de l'âme, l'autre ayant oublié de tels orages, s'il les avait jamais connus. L'un immobile, silencieux et se re- tirant sans mot dire après une longue attente ; l'autre, tout entier à la lecture et à la méditation, ignorant qu'à deux pas de lui est un pécheur plein de tourments et de remords, plein d'angoisses et de doutes, un pécheur qui sera à son tour un défenseur de l'Église, un Père de la foi chrétienne.
Que ne donnerait-on pas pour qu'Augustin fût sorti un jour
de sa timidité et de son respect, pour qu'il eût osé épancher son âme dans celle de saint Ambroise, et pour qu'une conversation aussi solennelle nous eût été conservée ? Mais cet entretien n'a pas eu lieu ; saint Augustin s'est tu ; et le renouvellement de son âme s'est fait par un autre côté.
Mais ces incertitudes, ces tourments qu'Augustin n'osait pas confier à saint Ambroise, et dont il entretenait à peine ses plus intimes amis, il se les redisait à lui-même dans de perpétuels monologues ; et il a essayé de nous re- tracer ces conversations intérieures. « Je disais : Demain, je trouverai ce que je cherche ; la vérité paraîtra clairement à mes yeux, et je la saisirai ; Fauste viendra, et il m'expli- quera tout. O grands philosophes de l'Académie, que vous avez raison de dire qu'il n'y a rien de certain ! Mais cher- chons plus attentivement. »
« Quittons ces vaines et creuses occupations ; aban- donnons tout le reste pour la recherche de la vérité. Cette vie est misérable, le moment de la mort est incertain ; si elle venait tout à coup, dans quelles dispositions quitte- rions-nous ce monde, et où apprendrions-nous ce que nous aurions négligé ? où plutôt ne payerions-nous pas la peine de cette négligence ? Mais quoi ! si la mort enlève et ter- mine toute pensée et tout sentiment ? Eh bien ! cela même doit être cherché. Mais plaise à Dieu qu'il n'en soit pas ain- si ! Non, ce n'est pas en vain, ce n'est pas pour rien que cet édifice gigantesque de l'autorité chrétienne s'est étendu par tout l'univers. Non, tant et de si grandes choses n'eussent point été faites pour nous par une main divine, si la vie de
l'âme devait disparaître avec la mort du corps. Que tar- dons-nous à rejeter les espérances du siècle et à nous consacrer tout entiers à la recherche de Dieu et de la vie bienheureuse ? Mais attendons un peu : ces biens qu'il faut quitter sont aimables, ils ne sont pas sans une secrète dou- ceur, il ne faut pas témérairement rompre avec eux, car il est honteux d'y revenir lors qu'on les a une fois quittés. Ne suis-je pas sur le point d'arriver à quelque charge ? qu'au- rai-je alors à désirer ? J'ai beaucoup d'amis, et de considé- rables ; pour ne rien dire de plus, si je suis trop impatient, je puis obtenir au moins une charge de judicature, épouser une femme qui aura quelque argent, afin de ne point trop grever ma dépense, et ce sera un frein pour mes passions.
Beaucoup de grands personnages, dignes d'être imités, se sont livrés, quoique mariés, à l'étude de la sagesse. »
« Ainsi je m'entretenais avec moi-même, et des vents contraires poussaient mon cœur tantôt d'un côté, tantôt de l'autre ; et le temps se passait, et je tardais à me convertir au Seigneur ; je différais de jour en jour à vivre en vous, mais je ne différais pas de mourir en moi. J'aimais la vie bienheureuse, mais je craignais de la trouver là où elle est, et je la cherchais en la fuyant. »
Quelle peinture ! quelle analyse de toutes les oscilla- tions d'une pensée obscure, d'une volonté incertaine, d'une foi qui se cherche, d'un scepticisme invétéré. Tous les faux-fuyants de la paresse, tous les sous-entendus des pas- sions, toutes les réclamations des désirs intéressés et des passions du monde, tout cela est exprimé avec une force et
un sentiment d'une incomparable vérité. Que nous voilà loin de ce premier éveil de l'âme, de cet appel à la sagesse, de cette aurore de la pensée, où tout est beau et facile, où les passions sont un auxiliaire plutôt qu'un obstacle ! La pensée s'est fatiguée ; l'affirmation, si facile à la jeunesse, est devenue un effort pénible ; les déceptions ont enfanté le dégoût ; le désir du repos, du bonheur facile, des honneurs mondains, commence à gagner sur l'amour du beau et du bien. L'âme n'a pas renoncé encore à son beau rêve, mais elle se sent fléchir : état périlleux, où beaucoup d'âmes et de volontés succombent, mais d’où une âme forte et grande sort éprouvée, retrempée, et prête aux plus grands sacrifices.
C'est ce qui arriva à saint Augustin. Cependant, avant ce dernier moment, ce moment décisif, où son âme devait être tout entière renouvelée et changée, enfin, avant la conversion du cœur, devait avoir lieu la conversion de l'es- prit. Ce fut d'abord une révolution toute philosophique.
C'est la lecture des livres de Platon qui marque cette se- conde révolution intellectuelle de saint Augustin, comme la lecture de l'Hortensius avait marqué la première. Celui- ci lui avait inspiré l'amour de la sagesse. Ceux-là lui firent comprendre l'existence d'une vérité invisible, supérieure aux sens et à la matière. « Averti par ces livres, nous dit-il, je rentrai en moi-même, et j'aperçus par l’œil de mon âme, au-dessus de cet œil lui-même, au-dessus de ma pensée, une lumière immuable, non cette lumière vulgaire, acces- sible à la chair, ni même une lumière du même genre, qui
serait plus grande, qui brillerait d'un plus vif éclat, et rem- plirait le tout de sa splendeur. Non, ce n'était pas cette lu- mière, mais une autre, une autre toute différente de toutes celles que nous connaissons. Elle n'était pas au-dessus de mon esprit comme l'huile sur l'eau ou le ciel sur la terre, mais bien au-dessus encore, car c'est elle qui m'a fait, et je suis de beaucoup au-dessous d'elle, puisque j'ai été fait par elle. Qui connait la vérité, la connait, et qui la connaît, connaît l'éternité... »
Platon avait donné à saint Augustin la connaissance de Dieu, mais il ne lui enseignait pas le moyen d'aller jusqu'à lui. Platon a connu le Verbe en Dieu, mais il n'a pas connu le Verbe fait chair : il n'a pas connu le Verbe humilié, es- clave, sanglant, mort sur la croix, le verbe qui, en s'abais- sant, a élevé les hommes jusqu'à lui. Il n'a pas connu celui qui a dit : Ego sum via, je suis la voie [1]. Et qui a dit en- core : « Venez à moi, vous tous qui ployez sous le joug, je vous ranimerai. »
1. Ego sum via, veritas, et vita ; nemo venit ad Patrem, nisi per me.
C'est moi qui suis la voie, la vérité et la vie ;
personne ne vient au Père, si ce n'est par moi. (Jean 14. 6).
La théologie de saint Augustin, comme sa philosophie, n'est que l'expression de la vie et des combats de son âme : Il a été platonicien, parce que c'est dans Platon qu'il a trou- vé la lumière ; il a été chrétien, parce que c'est dans le Christ qu'il a trouvé la force. Le premier lui a révélé le monde invisible, le second l'a arraché au monde des sens.
Sans Platon, il fût resté plongé dans le matérialisme mani- chéen ; sans le Christ, il n'aurait pas secoué les attaches de la chair. C'est ainsi qu'il faut s'expliquer que celui des Pères de l'Église qui a le plus accordé et le plus emprunté à la philosophie ancienne, est aussi celui dont la doctrine théologique paraît le plus contraire à la philosophie hu- maine. Ce qu'il accordait du côté de la raison, il le rega- gnait du côté de la volonté ; et des deux ailes qui, selon Platon, nous élèvent vers le ciel, la connaissance et l'amour, il trouvait bien l'une dans les doctrines de quelques rares philosophes, surtout de Platon ; mais l'autre, il ne la trouvait que dans le christianisme, doctrine d'amour et d'affranchissement.
Cependant la dernière crise n'était pas encore arrivée, les dernières attaches n'étaient pas rompues ; saint Augus- tin connaissait Dieu, il connaissait le Christ, mais il aimait encore le monde ; l'esprit était conquis, le cœur commen- çait à l’être, la volonté ne l'était pas : « Dans ma vie tem- porelle je chancelais encore ; mon cœur restait mondain par suite d'une fermentation invétérée ; j'aimais la voie du Sauveur, mais je redoutais de m'engager dans les défilés de cette voie. »
C'est ici que se manifeste d'une manière remarquable cette lutte des deux hommes si profondément observée par saint Paul, lutte qui est, on peut le dire, le fond et la raison d'être du christianisme. Il est tout entier, dans l'explication de cette lutte et de ce conflit moral qui consiste à vouloir et ne vouloir pas, à connaître le bien, à l'aimer, à le désirer, et
à rester immobile en sa présence, ou même à le fuir pour un moindre bien que l'on déteste. C'est ce fait que Platon appelait la dernière ignorance : « C'est, disait-il, lorsque jugeant qu'une chose est belle et bonne, au lieu de l'aimer on l'a en aversion ; et encore lorsqu'on aime et qu'on em- brasse ce que l'on reconnaît mauvais et injuste. [L’Athénien Lois, livre 3e. remacle.org] » Platon aurait pu même aller plus loin, et dire que l'on peut fuir une chose que l'on aime et en embrasser une que l'on déteste. Ce fait est le nœud de la vie morale ; la cause de ce nœud est dans la chute, et son dénouement dans la Rédemption : tout le christianisme est là.
Saint Augustin a connu cet état, et il l'a décrit avec ce sentiment vif qui naît de l'expérience, et cette sagacité d'analyse que produit l'habitude de s'observer soi-même.
« Je soupirais vers un semblable bonheur, enchaîné non par un lien étranger, mais par ma propre servitude (Sagesse, 10, 21). L'ennemi occupait ma volonté, et de là m'avait for- gé une chaine, qui me tenait emprisonné. Car c'est d'une volonté perverse qu'est née la passion : et la passion, tou- jours obéie, se change en habitude. Enfin l'habitude à la- quelle on ne résiste pas devient à son tour une nécessité.
Ainsi de ces anneaux entrelacés s'était formée une chaine qui m'attachait à la plus dure servitude. Et cette volonté nouvelle que je commençais à éprouver, de vous aimer pour vous-même et de jouir de vous seul, Dieu seule vraie joie, n'était pas encore assez forte pour triompher de cette volonté ancienne, enracinée par l'habitude. Ainsi deux vo-
lontés, l'une ancienne, l'autre nouvelle, l'une charnelle, l'autre spirituelle se combattaient en moi ; et leur conflit déchirait mon âme.
Je comprenais donc en moi par ma propre expérience ce que j'avais lu dans vos livres, que la chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair (Galates, 5. 17) ».
J'étais à la fois dans l'une et dans l'autre ; mais j'étais plutôt dans cette partie de moi-même que j'approuvais, que dans celle que je condamnais, et même, je ne peux pas dire que celle-ci fût moi, car je la subissais avec contrainte, plutôt que je n'y consentais de ma propre volonté. Et cependant cette habitude, plus forte que moi-même, était née de moi ; car c'était volontairement que j'étais parvenu à cet état où j'eusse voulu ne pas être. Qui pourrait le nier, puisque c'est justement que le châtiment s'attache au pécheur ?
Ainsi le poids du siècle, comme dans un songe, me pressait doucement ; et les pensées par lesquelles je m'éle- vais vers vous, étaient semblables aux efforts de ceux qui veulent se réveiller, mais qui, vaincus par la force du sommeil, retombent dans l'assoupissement. Il n'est sans doute personne qui veuille toujours dormir, et qui ne pré- fère, s'il est sain d'esprit, la veille au sommeil, et cependant rien n'est plus difficile que de secouer la langueur qui ap- pesantit nos membres ; et souvent malgré nous, nous sommes captivés par la douceur du sommeil, quoique l'heure du réveil soit arrivée. De même, j'étais certain qu'il était meilleur de m'abandonner à votre amour que de céder à mes passions ; mais si j'étais d'un côté attiré et convain-
cu, de l'autre j'étais réduit et enchaîné (Ephésiens, 5. 14), car je n'avais rien à vous répondre, quand vous me disiez : Ré- veillez-vous de votre sommeil, ressuscitez d'entre les morts ; et le Christ vous illuminera (Romains, 7. 22, 23). lorsque de toutes parts vous me montriez la vérité, vaincu par cette lumière, je n'avais rien à vous répondre que des paroles lentes et languissantes : tout à l'heure, tout à l'heure. Attendez un peu. Mais ces tout à l'heure n'avaient pas de fin, et ce peu se prolongeait indéfiniment. »
Enfin le jour vint où les derniers liens tombèrent, où les dernières résistances furent vaincues, où saint Augus- tin, frappé comme saint Paul, se donna tout à Dieu. Le vieil homme était dépouillé, l'homme nouveau allait naître.
Un incident vulgaire, une visite, une conversation fut l'oc- casion de cette révolution mémorable. C'est le dénouement du drame. Là finissent les confessions. Si vous exceptez dans le neuvième livre la mort de Monique, et dans le dixième ce naïf et candide examen de conscience, où saint Augustin se discute lui-même avec une curiosité pleine de scrupules, les derniers livres ne contiennent plus rien qui rentre dans le véritable sujet de l'ouvrage. Des méditations subtiles et ingénieuses sur la mémoire et sur le temps, une exégèse alambiquée des premiers versets de la Bible ; voi- là ce que renferment les derniers livres ; et quelque intérêt qu'ils puissent offrir à la métaphysique et à la théologie, ils sont loin de l'intérêt moral et religieux de la première par- tie.
La conversion de saint Augustin sera toujours pour les âmes croyantes un sujet d'admiration et d'imitation. Mais n'a-t-elle pour les autres qu’un intérêt de poésie et de pa- thétique ? Je ne le crois pas. Ce sera toujours pour tous un grand exemple, que celui d'une âme supérieure, luttant de toutes ses forces contre l'erreur et la passion, aspirant au bien et au vrai, mécontente d'elle-même, enflammée de l'amour de Dieu, et changée de fond en comble par une ré- volution secrète et mystérieuse. Dans quelque état d'esprit et de foi que nous soyons, nous savons tous ceux du moins qui prennent quelque intérêt à l'intérieur de leur âme, nous savons qu'il est des choses pures et des choses impures, des biens nobles et élevés, des biens vils et méprisables.
Sans nous placer à la hauteur, où les mystiques s'efforcent de nous entraîner après eux, chacun n’éprouve-t-il pas, dans une certaine mesure, la vanité des choses du monde, et les trompeuses promesses des passions ? Et chacun en même temps ne se sent-il pas partagé entre deux désirs contraires : celui de jouir, et celui d'être content de soi ? Pour peu que l'on ait fait l'expérience de ce noble conflit, on sait ce que saint Paul veut dire, lorsqu'il parle de la chair qui convoite contre l'esprit, et de l'esprit contre la chair, lorsqu'il oppose la loi qui est dans ses membres à la loi qui est dans son esprit, et lorsqu'il s'écrie enfin : « Qui me délivrera de ce corps de mort ? » c'est-à-dire des désirs illicites, des tentations humiliantes, des pensées basses et frivoles, des illusions de l'imagination, et de tout ce qui en- traîne l'homme vers les choses inférieures. Le spectacle d'un tel conflit dans une âme qui en a connu toutes les
crises et qui à la fin est demeurée victorieuse n'est-il pas un exemple pour tous, pour ceux qui croient, et pour ceux qui ne croient pas ? Il n'est pas un seul, à qui on ne puisse dire convertissez-vous. » Il n'en est pas un qui ne conçoive un état de paix, de lumière et de pureté, où il n'est pas, où il voudrait être, dont il peut s'approcher. Éveiller le goût et le désir d'un tel état dans ceux qui ne l'éprouvent pas, le ré- veiller chez ceux qui ne l'éprouvent plus, l'enflammer et le rendre plus efficace chez ceux qui l'éprouvent encore, leur inspirer à tous le dégoût de la médiocrité morale et l'ambi- tion du mieux, tel est, si je ne me trompe, l'intérêt et la beauté des Confessions de saint Augustin : ce n'est pas seulement un livre de piété pour les âmes dévotes, un livre de belles peintures et de beaux récits pour les lettrés : c'est un livre d'instruction morale pour tous les hommes, et je le rangerais volontiers entre le Phédon, les Pensées de Marc : Aurèle et l'Imitation de Jésus-Christ, au rayon le plus élevé de la bibliothèque de l'esprit humain.
JUGEMENTS DE SAINT AUGUSTIN SUR SES CONFESSIONS ÉCRITES EN L'AN 400.
Saint Augustin au Comte Darius, lettre CCXXXI extrait
[Saint Augustin témoigne à Darius le plaisir que lui a fait sa lettre ; il parle de l'amour de la louange et nous apprend dans quel sens on peut aimer à être loué. Il espère que le goût de Darius, pour ses écrits contre le paganisme, contribuera à les répandre afin d'effa- cer dans la société romaine les derniers vestiges du polythéisme.
L'évêque d'Hippone parle admirablement de ses Confessions qu'il envoie à Darius ; il lui adresse en même temps quelques-uns de ses autres ouvrages. Cette lettre est la dernière de saint Augustin dont nous connaissions la date et assurément une des dernières qu'il ait écrites. Il mourut le 28 août 430 ./...]
« ./... Recevez, mon cher fils, recevez, homme ex- cellent, mon livre des Confessions que vous m'avez de- mandé : ce n'est pas un sentiment superficiel, c'est la chari- té chrétienne qui les offre à un chrétien. Apprenez là à me connaître, afin de ne pas me louer au delà de ce que je mé- rite ; apprenez à me connaître, non sur le témoignage des autres, mais sur le mien propre : examinez et voyez, par mon récit, quel j'ai été véritablement ; et si vous trouvez en moi quelque chose qui vous plaise, louez-en avec moi ce- lui que j'ai voulu faire louer par le témoignage de ses bon- tés sur moi : ce n'est pas moi-même que j'ai voulu louer ; car c'est lui qui nous a faits, et nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes : nous nous étions égarés ; mais celui qui nous avait créés, nous a recréés. Lors donc que vous m'au- rez connu par cet ouvrage, priez pour que je ne faiblisse pas, et que Dieu achève en moi ce qu'il a commencé. /... »
Extrait Du don de persévérance, chapitre 20.
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« ./... Lequel de mes livres a été plus lu et reçu avec plus de faveur que mes Confessions ? Je les avais publiées avant que l'hérésie de Pélage ne commençât ; et cependant j'y disais à Dieu et j'y répétais à plusieurs reprises : « O Dieu, donnez-nous ce que vous ordonnez, et commandez- nous ce que vous voulez. /...»
Rétractations, livre II, chapitre 6.
bibliotheque-monastique.ch
Les treize livres de mes Confessions louent le Dieu juste et bon de mes biens et de mes maux, et s'efforcent de tourner à lui l'esprit et les inclinations des hommes ; quant à moi, c'est là l'influence qu'elles eurent sur moi-même quand je les écrivis, et qu'elles ont encore lorsque je les lis.
Quant aux autres, c'est à eux de voir ce qu'ils en pensent ; mais je sais que ce livre a plu et plaît encore à beaucoup de nos frères. Du premier livre jusqu'au dixième, mon récit porte sur moi-même. Dans les trois autres, je traite des saintes Écritures, depuis ce passage de la Genèse : « Dieu a fait le ciel et la terre, » jusqu'au passage où il est dit que
« Dieu se reposa. »
Dans le livre IV, chap. VI, en racontant ma douleur de la mort d'un ami, et en disant que nos deux âmes n'en fai- saient qu’une, j'ajoute : « Et voilà peut-être pourquoi je ne voulais pas mourir, dans la crainte que celui que j'avais
tant aimé ne mourut tout entier. » Parole qui me paraît au- jourd'hui plutôt un jeu de mots qu'une confession sérieuse, quoique j'aie essayé de tempérer cette mauvaise pointe par ce mot « peut-être. » Et dans le livre XIII (chap. XXXII), ce que je dis, « que le Firmament a été fait entre les eaux supérieures et inférieures, c'est-à-dire entre les créatures spirituelles et corporelles, » n'est pas assez réfléchi ; car c'est là un grand mystère. Ce livre commence par ces mots : « Vous êtes grand, Seigneur. »
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• CONFESSIONS Traduction de Louis Moreau Ed. L. Guerin & Cie, 1864 — HISTOIRE DE SAINT AUGUSTIN — VIE DE SAINT AUGUSTIN PAR POSSIDIUS archive.org
Vie en images de saint Augustin archive.org
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• DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL — QUESTIONS SUR LA GENÈSE archive.org
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• LA CITÉ DE DIEU archive.org
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• ./... https//archive.org/details/@marc_m_dan
INTRODUCTION 1
JUGEMENTS DE SAINT AUGUSTIN SUR SES CONFESSIONS
ÉCRITES EN L'AN 400. 22
Extrait Du don de persévérance, chapitre 20. 23
Rétractations, livre II, chapitre 6. 23
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