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Un espace euclidien est un espace vectoriel r´eel E muni d’une forme bilin´eaire sym´etrique β d´efinie positive

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(1)

MT242, Cours no 15, Lundi 27 Mars 2000.

Chapitre 4. Espaces euclidiens et endomorphismes 4.1. Produit scalaire et normes euclidiennes

D´efinition 4.1.1. Un espace euclidien est un espace vectoriel r´eel E muni d’une forme bilin´eaire sym´etrique β d´efinie positive.

On adoptera le point de vue du livre de Liret-Martinais, en ne supposant pas que E soit n´ecessairement de dimension finie. Il faut mentionner qu’un bon nombre de math´ematiciens r´eservent le nom d’espace euclidien `a ceux qui sont de dimension finie. Chacun des deux choix a ses inconv´enients.

On dit que β d´efinit le produit scalaire de l’espace euclidien E, et on notera le produit scalaire de deux vecteurs v et w de E par

v . w=β(v, w).

En termes pr´ecis, un espace euclidien n’est pas seulement un espace vectoriel, mais un couple (E, β) d’un espace vectoriel E et d’une forme bilin´eaire β sur E×E.

Exemples.

1. Donnons un exemple important d’espace euclidien de dimension infinie. Soit E l’espace C([a, b]) des fonctions r´eelles continues sur [a, b] (avec a < b), muni du produit scalaire d´efini pour toutes f, g∈E par

f . g= 1 b−a

Z b

a

f(t)g(t)dt.

Le couple (E, .) est un espace euclidien. En effet, il est clair que (f, g) → f . g est bilin´eaire, sym´etrique et positive. Le fait qu’elle soit d´efinie positive provient du r´esultat suivant : si l’int´egrale d’une fonction ≥0 continue est nulle, la fonction est nulle.

2. L’exemple le plus commun sera Rn avec son produit scalaire usuel, d´efini par x . y =x1y1+· · ·+xnyn

pour deux vecteurs quelconques x= (x1, . . . , xn) et y = (y1, . . . , yn) de Rn.

On rappelle l’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz pour les formes bilin´eaires sym´etriques positives,

∀v, w ∈E, β(v, w)2 ≤β(v, v)β(w, w).

Pour un espace euclidien E fix´e, on noterakvk=√

v . v et l’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz donne dans ce cas

∀v, w∈E, v . w

≤ kvk kwk.

Lemme 4.1.1.Soit E un espace euclidien ; l’applicationv → kvk est une norme sur E.

D´emonstration. D´ej`a vue au chapitre 1.

(2)

Orthogonalit´e dans un espace euclidien

On dit que deux vecteurs vetw de E sontorthogonauxsiv . w= 0. Cette relation est sym´etrique. On note v ⊥ w. On dit que deux sous-espaces vectoriels E1 et E2 de E sont orthogonaux si on av1 ⊥v2 pour tous v1 ∈E1, v2 ∈E2. On note E1 ⊥E2.

Proposition 4.1.1. Relation de Pythagore. Siv1, . . . , vk sont des vecteurs deux `a deux orthogonaux d’un espace euclidienE, on a

kv1+· · ·+vkk2 =

k

X

i=1

kvik2.

D´emonstration. On d´eveloppe par bilin´earit´e et on utilisevi. vj = 0 si i6=j, v1+· · ·+vk

2 =Xk

i=1

vi

.Xk

j=1

vj

=

k

X

i,j=1

vi. vj =

k

X

i=1

vi. vi =

k

X

i=1

kvik2.

Remarque 4.1.1. Siv1, . . . , vk sont deux `a deux orthogonaux, et siv1+· · ·+vk = 0E, alors v1 =v2 =· · ·=vk = 0E.

Corollaire 4.1.1. Si des vecteurs d’un espace euclidien sont deux `a deux orthogonaux et non nuls, ils sont lin´eairement ind´ependants.

D´emonstration. Supposons (v1, . . . , vk) deux `a deux orthogonaux et non nuls. Si on a des coefficientsc1, . . . , cktels quec1v1+· · ·+ckvk = 0E, on voit que les vecteursc1v1, . . . , ckvk

sont deux `a deux orthogonaux. Si leur somme est nulle, il en r´esulte que c1v1 = · · · = ckvk = 0E d’apr`es la remarque pr´ec´edente, donc c1 = · · ·= ck = 0 puisque les vecteurs (vj) sont non nuls.

Corollaire 4.1.2.SoitEun espace euclidien ; si les sous-espaces vectorielsE1,E2, . . . ,Ek

de E sont deux `a deux orthogonaux, ils forment une somme directe E1⊕ · · · ⊕Ek dans l’espace E.

D´emonstration. Il faut d´emontrer que si vj ∈Ej pour j = 1, . . . , k et v1+· · ·+vk = 0E, alors v1 =· · · =vk = 0E (voir Liret-Martinais, Alg`ebre et G´eom´etrie, page 18). Mais si vj ∈Ej pour chaque j, les vecteurs (vj) sont deux `a deux orthogonaux, donc le r´esultat d´ecoule de la remarque 4.1.1.

Base orthonorm´ee

Soit E un espace euclidien de dimension finie ; on dit qu’un syst`eme (v1, . . . , vn) de vecteurs de E est unebase orthonorm´ee de E si c’est une base de E et si les vecteurs (vi) sont deux `a deux orthogonaux et de norme 1,

∀i 6=j, vi. vj = 0 ; ∀i = 1, . . . , n, kvik= 1.

Rappel.Tout espace euclidien de dimension finie admet des bases orthonorm´ees.

Ce r´esultat a ´et´e vu au chapitre 1. La m´ethode de Gram-Schmidt qui est pr´esent´ee plus loin donnera une variante de d´emonstration pour ce r´esultat d’existence.

(3)

Coordonn´ees dans une base orthonorm´ee

Soit E un espace euclidien de dimension finie, et calculons les coordonn´ees d’un vecteur v de E dans une base orthonorm´ee (e1, . . . , en) de E. Ecrivons v = Pn

i=1xiei. En calculant le produit scalairev . ej, on obtient xj =v . ej. On voit donc que :

v =

n

X

i=1

(v . ei)ei. Si v0 =Pn

i=1x0iei, on aura v . v0 =

Xn

i=1

xiei n

X

j=1

x0jej

=

n

X

i,j=1

xix0jei. ej =

n

X

i=1

xix0i.

On voit que le produit scalaire de v et de v0 se calcule comme le produit scalaire des vecteurs de Rn form´es par les coordonn´ees de v et v0 dans une base orthonorm´ee. Si v=v0,

kvk2 =

n

X

i=1

x2i =

n

X

i=1

(v . ei)2.

Un exemple de base orthonorm´ee. Dans l’espace E = C([−π, π]) muni du produit scalaire f . g = (2π)1Rπ

πf(t)g(t)dt, on consid`ere le sous-espace vectoriel FN de dimension 2N + 1 engendr´e par les fonctions t→cos(nt), pour n= 0, . . . ,N et par les t→sin(nt), n = 1, . . . ,N. On peut v´erifier en utilisant les formules d’addition des sinus et cosinus que les 2N + 1 fonctions sont deux `a deux orthogonales (et non nulles, donc lin´eairement ind´ependantes par le corollaire 4.1.1). Pour n = 0, la fonction cosinus est la fonction constante ´egale `a 1. Elle est de norme 1. En revanche les 2N autres fonctionsf de la liste v´erifient kfk2E = 1/2. On obtient donc une base orthonorm´ee de FN en prenant

t→1, t →√

2 cos(nt), t→√

2 sin(nt), n= 1, . . . ,N.

Projection orthogonale

Soit E un espace euclidien ; si v est un vecteur de E et F un sous-espace vectoriel de E, on dit qu’un vecteur w est la projection orthogonale de v sur F si

w ∈F et v−w⊥F.

Le vecteur w est uniquement d´etermin´e par ces deux conditions : si w1 et w2 v´erifient ces conditions, alorsv−w1 et v−w2 sont orthogonaux `a F, donc la diff´erence w1−w2

est orthogonale `a F. Mais puisquew1−w2 ∈F, on peut ´ecrire (w1−w2).(w1−w2) = 0, ce qui implique que w1 =w2.

Si v est d´ej`a un vecteur de F, il est ´evident que sa projection w sur F est ´egale `a v. Lorsque w existe, on note w = PF(v). Si le sous-espace F est de dimension finie, la projection PF(v) existe pour tout vecteur v ∈ E : si on choisit une base orthonorm´ee (f1, . . . , fd) de F, on peut d´ecrire l’application PF de projection orthogonale de E sur F en posant pour tout v∈E

PF(v) =

d

X

i=1

(v . fi)fi ∈F.

(4)

On voit de plus par cette formule que PF est une application lin´eaire ; on a dit que pour tout vecteur w ∈F on a PF(w) = w, ce qui entraˆıne que PF(PF(v)) = PF(v) pour tout v∈E, c’est `a dire que (PF)2 = PF (l’application lin´eaire PF est unprojecteur).

Sif est un vecteur quelconque de F, on pourra ´ecrirev−f = (v−PF(v))+(PF(v)−f) et puisque PF(v)−f ∈F et v−PF(v)⊥F on a par Pythagore

kv−fk2 =kv−PF(v)k2+kPF(v)−fk2.

Cette relation montre que kv−fk ≥ kv−PF(v)k pour tout f ∈ F, donc PF(v) est le point de F qui est le plus proche de v.

En prenant f = 0E dans la relation pr´ec´edente, on obtient aussi kvk2 ≥ kPF(v)k2, ce qui donne par lin´earit´ekPF(v1)−PF(v2)k ≤ kv1−v2kpour tous vecteurs v1, v2 ∈E : l’application lin´eaire PF diminue les distances. On a donc kPFkL(E) ≤1.

On d´efinit l’orthogonal F d’un sous-espace vectoriel F de E par F ={v∈E :v⊥F}.

On voit que F est un sous-espace vectoriel de E.

Proposition 4.1.2. Soit E un espace euclidien et soit F un sous-espace vectoriel de dimension finie de E; on a

E = F⊕F et (F) = F.

D´emonstration. Tout vecteur v∈E peut s’´ecrire v= PF(v) + (v−PFv), avec PF(v)∈F etv−PF(v)∈F, ce qui montre que E = F + F; de plus, il est clair que F∩F ={0}, donc la somme est directe. Montrons la deuxi`eme propri´et´e de l’´enonc´e. On a toujours F⊂F⊥⊥. Inversement, si v ∈F⊥⊥, on ´ecrit v =f+g, avec f ∈F et g∈F. Puisque v est orthogonal `a F, on aura 0 =v . g=f . g+g . g=g . g, donc g= 0E et v=f ∈F.

Exemple de projection orthogonale.

Reprenons l’exemple du sous-espace FN de l’espace E = C([−π, π]) engendr´e par la base orthonorm´ee form´ee des fonctions 1 : t → 1, Cn : t → √

2 cos(nt), et Sn : t →

√2 sin(nt), n = 1, . . . ,N. Si f est une fonction de E, sa projection orthogonale sur FN est ´egale `a

PFN(f) = (f .1)1+

N

X

n=1

(f .Cn) Cn+

N

X

n=1

(f .Sn) Sn. On a

f .1= 1 2π

Z π

π

f(t)dt, f .Cn=

√2 2π

Z π

π

f(t) cos(nt)dt, f .Sn =

√2 2π

Z π

π

f(t) sin(nt)dt, donc (en tenant compte du produit des deux facteurs√

2) PFN(f)(x) = 1

2π Z π

π

f(t)dt+

N

X

n=1

1 π

Z π

π

f(t) cos(nt)dt

cos(nx)+

(5)

+

N

X

n=1

1 π

Z π

π

f(t) sin(nt)dt

sin(nx).

On ´ecrit en g´en´eral cette formule sous la forme PFN(f)(x) = a0

2 +

N

X

n=1

ancos(nx) +bnsin(nx) o`u

an = 1 π

Z π

π

f(t) cos(nt)dt et bn = 1 π

Z π

π

f(t) sin(nt)dt.

Les coefficients (an) et (bn) s’appellent les coefficients de Fourier de la fonction f.

Proc´ed´e d’orthonormalisation de Gram-Schmidt

Donnons d’abord le principe g´en´eral : soient E un espace euclidien de dimension finie, F un sous-espace vectoriel de E dont on connaˆıt une base orthonorm´ee (f1, . . . , fk), et soit bv /∈ F ; alors le vecteur v = bv−PF(v) est non nul, orthogonal `b a F et le vecteur fk+1 =kvk1vpermet d’allonger notre syst`eme orthonorm´e, puisquefk+1est orthogonal

`

a f1, . . . , fk ∈F.

On peut utiliser ce principe dans le cas o`u une base de E est d´ej`a donn´ee (mais pas orthogonale), pour construire une nouvelle base de E qui soit orthonorm´ee. On suppose donc donn´ee une base quelconque (fb1,fb2, . . . ,fbn) de E, et on va construire `a partir de cette base une base orthonorm´ee (f1, . . . , fn) ; la construction se fera de fa¸con que pour chaquek = 1, . . . , n on ait

Fk = Vect(fb1, . . . ,fbk) = Vect(f1, . . . , fk).

On commence en posantf1 =kfb1k1fb1. Si les vecteursf1, . . . , fk1 sont d´ej`a d´etermin´es, avec Fk1 = Vect(f1, . . . , fk1), on consid`ere uk = fbk −PFk−1(fbk). Puisque bf est une base, on sait que fbk ∈/ Fk1, donc uk 6= 0E, et on peut poser fk = kukk1uk. On v´erifie facilement que Vect(f1, . . . , fk) = Vect(fb1, . . . ,fbk). Quand on arrive `a k = n on a Vect(f1, . . . , fn) = Vect(fb1, . . . ,fbn), ce qui montre que (f1, . . . , fn) est une base de E.

Elle est orthonorm´ee par construction.

Il est int´eressant de noter qu’on peut calculer la projection orthogonale sur Fk1 en se servant de la base orthonorm´ee de Fk1qui a ´et´e calcul´ee par le d´ebut de la proc´edure.

On obtient donc un v´eritable algorithme, facile `a programmer, qui transforme une base quelconque en base orthonorm´ee.

Cours no 16, Mercredi 29 Mars 2000.

Rappel sur la projection orthogonale. Si F est un sous-espace vectoriel de dimen- sion finie d’un espace euclidien E, et si (f1, . . . , fd) est une base orthonorm´ee de F, la projection orthogonale PF de E sur F est donn´ee par

∀v ∈E, PF(v) =

d

X

j=1

(v . fj)fj ∈F.

Pour tout vecteur v∈E on a kPF(v)k ≤ kvk, ce qui se traduit par kPFk ≤1.

(6)

S´eries de Fourier

Dans l’espace E = C([−π, π]) muni du produit scalairef . g= (2π)1Rπ

πf(t)g(t)dt, on consid`ere le sous-espace vectoriel FN de dimension 2N + 1 engendr´e par les fonctions t → cos(nt), pour n = 0, . . . ,N et par les t → sin(nt), n = 1, . . . ,N. On a vu que la projection orthogonale sur FN est donn´ee par

SNf(x) = PFN(f)(x) = a0

2 +

N

X

n=1

ancos(nx) +bnsin(nx) o`u

an = 1 π

Z π

π

f(t) cos(nt)dt et bn = 1 π

Z π

π

f(t) sin(nt)dt.

Ces coefficients sont r´eels puisque f est suppos´ee r´eelle.

Proposition 4.1.3.Les s´eries num´eriques P

a2n et P

b2n convergent et de plus

a20 4 + 1

2

+

X

n=1

a2n+b2n

≤ 1 2π

Z π

π

f(t)2dt.

D´emonstration. Puisque les fonctions sont deux `a deux orthogonales et que kPFNk ≤1 on a

a20 4 + 1

2

N

X

n=1

(a2n+b2n) =kSNfk2E ≤ kfk2E= 1 2π

Z π

π

f(t)2dt.

pour tout N, ce qui donne le r´esultat en faisant tendre N vers +∞. Coefficients de Fourier complexes

On transforme pour n≥1 l’expressionancos(nx) +bnsin(nx) de la fa¸con suivante : ancos(nx) +bnsin(nx) = 1

π Z π

π

f(t) cos(nt) cos(nx) + sin(nt) sin(nx) dt=

= 1 π

Z π

π

f(t) cos(nt−nx)dt= 1 2π

Z π

π

f(t) eintinx+ eint+inx dt=

= 1 2π

Z π

π

f(t) eint dt

einx+ 1 2π

Z π

π

f(t) eint dt

einx =cneinx+cneinx, o`u on a pos´e maintenant pour tout n∈Z

cn =cn(f) = 1 2π

Z π

π

f(t) eint dt=an−ibn. On obtient ainsi

SNf(x) =

N

X

n=N

cneinx.

Corollaire 4.1.3. Pour toute fonction continuef sur [−π, π], r´eelle ou complexe, on a P

nZ|cn|2 <+∞; en particulier, les coefficientscn(f)tendent vers0lorsque|n| →+∞. D´emonstration. Le cas r´eel est clair `a partir de ce qui pr´ec`ede. Dans le cas complexe, il suffit de d´ecomposer f en partie r´eelle et partie imaginaire, et d’appliquer le r´esultat r´eel aux deux parties.

(7)

Th´eor`eme 4.1.1. Si g est une fonction 2π-p´eriodique de classe C1 sur R, la s´erie de Fourier de g converge pour toutx ∈R et

g(x) =

+

X

n=−∞

cn(g) einx.

D´emonstration. On fixe x ∈[−π, π] et on ´ecrit SNg(x) =

N

X

n=N

cn(g) einx = 1 2π

Z π

π

g(t) XN

n=N

en(ixit) dt.

La grande parenth`ese est de la forme

N

X

n=N

an =aN

2N

X

n=0

an =aN1−a2N+1

1−a = aN−aN+1 1−a o`u a= eixit. On a donc

SNg(x) = 1 2π

Z π

π

g(t)eN(ixit)−e(N+1)(ixit) 1−eixit

dt.

Si on applique la mˆeme formule `a la fonction constante g0 d´efinie par g0(t) =g(x) pour toutt et si on fait la diff´erence, on obtient

g(x)−SNg(x) =

= SNg0(x)−SNg(x) = 1 2π

Z π

π

g(x)−g(t)eN(ixit)−e(N+1)(ixit) 1−eixit

dt=

= 1 2π

Z π

π

g(x)−g(t) 1−eixit

eN(ixit)−e(N+1)(ixit) dt.

La fonction f d´efinie par f(t) = (g(x)−g(t))/(1−eixit) pour t 6= x se prolonge par continuit´e en posant f(x) =ig0(x) (calcul de limite ´el´ementaire). On a donc

g(x)−SNg(x) == 1 2π

Z π

π

f(t) eN(ixit)−e(N+1)(ixit) dt=

=cN(f) eiNx−cN+1(f) ei(N+1)x,

mais ceci tend vers 0 quand N→+∞d’apr`es le corollaire 4.1.3 parce quef est continue.

Remarque non d´emontr´ee. Si g est de classe C1, alors P

nZ|cn(g)| < +∞. La s´erie de Fourier est donc absolument convergente dans le cas d’une fonction de classe C1 (en fait, on a ici une s´erie de fonctions normalement convergente sur R).

4.2. Endomorphismes des espaces euclidiens Endomorphismes sym´etriques (ou autoadjoints)

D´efinition 4.2.1.Soit E un espace euclidien ; on dit quea∈ L(E) est un endomorphisme sym´etrique si

∀v, w ∈E, a(v). w=v . a(w).

(8)

La matrice deadans toute base orthonorm´ee de E est alors sym´etrique ; en effet, sie est une base orthonorm´ee de E et A = mat(a,e), on sait que Ai,j est la i`eme coordonn´ee du vecteura(ej) dans la base orthonorm´ee e, donc

Ai,j =ei. a(ej) =a(ei). ej = Aj,i.

Inversement, si la matrice A de a dans une base orthonorm´ee de E est sym´etrique, l’endomorphisme a est sym´etrique. En effet, on a remarqu´e que le produit scalaire de deux vecteurs est ´egal au produit scalaire des vecteurs deRnform´es par leurs coordonn´ees dans une base orthonorm´ee. Si le vecteur colonne X repr´esente les coordonn´ees de v et Y celles dew, alors les coordonn´ees de a(v) sont donn´ees par AX, et

a(v). w = (AX).Y = t(AX)Y =tXtAY = tX(AY) =v . a(w).

Produit scalaire complexe

Pour travailler dans le cas complexe, il est commode d’utiliser le produit scalaire complexe sur Cn. Si v= (z1, . . . , zn)∈Cn et v0 = (z01, . . . , zn0)∈Cn on pose

hv, v0i=

n

X

j=1

zjzj0. On ahv, vi=Pn

j=1|zj|2 ≥0, et le r´esultat ne peut ˆetre nul que siz1 =· · ·=zn= 0, c’est `a dire siv = 0Cn. On voit que v→ hv, v0i est C-lin´eaire, et

∀v, v0 ∈Cn, hv0, vi=hv, v0i.

On dit que v, w ∈ Cn sont C-orthogonaux si hv, wi = 0. Cette relation d’orthogonalit´e est sym´etrique (bien que le produit scalaire complexe ne soit pas sym´etrique !).

D´efinition 4.2.2. Soit E un C-sous-espace vectoriel de Cd; on dit qu’un C-endomor- phismea ∈ L(E) est hermitien si

∀v, w ∈E, ha(v), wi=hv, a(w)i.

D´efinition 4.2.3. Soit A une matrice carr´ee `a coefficients complexes ; on dit que A est unematrice hermitienne si

Ai,j = Aj,i

pour tout couple (i, j) d’indices.

Exemples.

1. La matrice

A =

1 1 +i 1−i 2

est hermitienne. Si on consid`ere l’endomorphisme a de C2 dont la matrice dans la base canonique est A, on a v´erifi´e `a l’amphi que

∀v, v0 ∈C2, ha(v), v0i=hv, a(v0)i c’est `a dire que a est hermitien.

Plus g´en´eralement, si A est une matrice hermitienne, elle permet de d´efinir un endomorphismea de Cn dont la matrice dans la base canonique est A. On obtient ainsi un endomorphisme hermitien de Cn.

2. On remarque que les matrices sym´etriques r´eelles sont un cas particulier des matrices hermitiennes.

(9)

Th´eor`eme 4.2.1.Siaest hermitien, ses valeurs propres sont r´eelles et il existe une base C-orthonorm´ee deE form´ee de vecteurs propres de a.

D´emonstration. Montrons que les valeurs propres deasont r´eelles : sia(v) =λv, on aura en supposanthv, vi= 1 que λ =hλv, vi=ha(v), vi=hv, a(v)i=λ.

On montre ensuite l’existence d’une base de vecteurs propres par r´ecurrence sur la dimensionnde E. C’est facile quandn= 1. Supposons le r´esultat ´etabli pour tout espace E0 de dimension n−1. Soit maintenant E un sous-espace de dimensionnde Cd et soit a un endomorphisme hermitien de E ; puisqu’on travaille sur C, on peut toujours trouver un vecteur propre f0 de a, qui v´erifie donc que f0 6= 0E et a(f0) = λf0 (avec λ r´eel d’apr`es ce qui pr´ec`ede). On peut supposerkf0k= 1. Alors

E0 ={v ∈E :v⊥f0}

est un sous-espace de dimensionn−1, qui est stable para(en effet, pour tout v∈E0, on aha(v), f0i=hv, a(f0)i=λhv, f0i= 0, donca(v)∈E0). On applique alors l’hypoth`ese de r´ecurrence `a la restrictiona0 dea`a E0 : on trouve une baseC-orthonorm´ee (f10, . . . , fn01) de E0 form´ee de vecteurs propres de a0, donc de a; pour finir, (f0, f10, . . . , fn01) est une base C-orthonorm´ee de E form´ee de vecteurs propres de a.

Diagonalisation des endomorphismes sym´etriques On revient au cas r´eel.

Lemme 4.2.1 Si a est sym´etrique sur un espace euclidien de dimension finie > 0, il existe au moins un vecteur propre : il existe v∈E, v6= 0E et a(v) =λv pour un λ∈R. D´emonstration. Soit e une base orthonorm´ee de l’espace E et consid´erons la matrice A = mat(a,e). C’est une matrice r´eelle sym´etrique, donc hermitienne. Il en r´esulte que ses valeurs propres sont r´eelles. Mais le polynˆome caract´eristique dea est ´egal `a celui de A. Il existe doncλ r´eel tel que det(a−λIdE) = 0, ce qui signifie queλ est valeur propre de a, c’est `a dire qu’il existe un vecteur v ∈E non nul tel que a(v) =λv.

A la rentr´ee on d´emontrera le r´esultat suivant.

Th´eor`eme 4.2.2. Diagonalisation des endomorphismes sym´etriques. Soit E un espace euclidien de dimension finie > 0; si a ∈ L(E) est sym´etrique, les racines du polynˆome caract´eristique de a sont r´eelles et on peut trouver une base orthonorm´ee de E form´ee de vecteurs propres dea.

Références

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