Caractérisation du rajeunissement du Noyer (Juglans sp.)
par
uneétude spectrophotométrique globale
du contenu polyphénolique
C. JAY-ALLEMAND *, D. CORNU *, J.J. MACHEIX **
C. JAY-ALLEMAND
avec la collaboration
D. CORNU
echnique
de G.J.J. MACHEIX HANTELOUP * G. CHANTELOUP *
des Arbres
forestiers,
’ INRA, Station d’Amélioration des Arbres
forestiers,
Centre de Recherches d’Orléans, Ardon, F 45160 Olivet
"
U. S. 71L., Laboratoire de
Physiologie végétale appliquée,
F 34100Montpelfier
Résumé
Cette étude a eu pour
objet
de rechercher des marqueursbiochimiques
de lajuvénilité
chez leNoyer
pour permettred’apprécier
l’étatd’aptitude
à lamultiplication végétative
des boutures et des microboutures avant etpendant l’application
des traitements(température,
lumière, milieux deculture...).
A
partir d’analyses spectrophotométriques
effectuées sur des extraitspurifiés
de composésphénoliques
de différentescatégories
de pousses annuelles(selon l’âge
dupied-mère,
la taille, legreffage,
lerecépage),
nous avons pu estimer les distancesbiochimiques
entre les étatsjuvéniles,
matures et
rajeunis
par l’étude des fonctions discriminantes. Il a été montré enparticulier
qued’importantes
variations permettent de différencier les poussesjuvéniles (jeunes plants
issus desemis)
des axes d’arbres adultes alors que de fortes affinitésbiochimiques
existent entre dessituations
juvéniles
etrajeunies (rejets
desouches).
Ces données ontpermis,
enparticulier,
decaractériser le
phénomène
derajeunissement (processus
parlequel
laplante
retrouve des carac-tères
juvéniles)
sur leplan biochimique. L’analyse spectrophotométrique
individuelle de certainspolyphénols,
élués après séparation en chromatographie bidimensionnelle sur couche mince de cellulose, apermis
decomprendre
enpartie
la structure des spectresglobaux
et depouvoir
ainsirendre crédible les résultats obtenus. Enfin, les aspects
physiologiques
liés à l’influence durecépage
sur le contenupolyphénolique
desrejets
ont été abordés.Mots clés : Noyer,
Juglans
sp., rajeunissement,juvénilité, polyphénols, spectrophotométrie.
1. Introduction
L’appauvrissement
au niveau national des ressources en bois deNoyer (I.D.F., 1979)
a conduit la recherche forestière àintégrer
dans ses programmes cetteespèce qui présente
un bois degrande qualité
à haute valeur marchande.Actuellement,
lacréation,
la sélection et lamultiplication
par voievégétative d’hybrides interspécifiques performants (Juglans nigra
xJuglans regia)
constituent lesobjectifs principaux
de notreprogramme. Une
grande partie
des travauxengagés
tend à rechercher uneadéquation
entre la
qualité
des bouturesprélevées
sur lesplantes-mères
et les conditionsphysico-
chimiques appliquées
enmultiplication végétative.
Si des résultatsprometteurs
en culture in vitro ont été obtenus sur leparadoxe (Juglans
lzindsü xJuglans regia)
(DRIVER
&K UNIYUKI , 1984),
latransposition
de cestechniques
sur notre matériel n’est pas satisfaisantemalgré
l’utilisation destechniques
derajeunissement (conduisant
laplante
à retrouver des caractèresjuvéniles)
telles que lerecépage
et la taille(CORNU, 19’J7 ;
FRANCLET,19$O ;
JAY-ALLEMAND,1982).
Ainsi, il est apparu nécessaire de se doter de moyens
précis
etsimples
pourapprécier
l’étatphysiologique
des boutures et microboutures. Ceci nous a amené à rechercher, sur des pousses annuelles deNoyer,
des marqueursbiochimiques
de naturephénolique
des étatsjuvéniles
etrajeunis (l AY -A LLEMAND , 1985)
conduisant à unecroissance
vigoureuse
et à la formation de racines et debourgeons.
Cescomposés
sesont
déjà
révélés comme de bons marqueurs dudéveloppement
desvégétaux (P OESSEL , 1983 ;
BEAES,1984).
Le
dosage
en lumière ultra-violette des extraitspolyphénoliques
est tout d’abordune méthode
quantitative globale
fiable(P OESSEL , 1983) qui permet
d’effectuer en série desanalyses
avecrapidité. L’analyse
desspectres (maxima d’absorption)
nous apermis ensuite,
àpartir
d’extraitsalcooliques
ou aqueuxpurifiés
de pousses, d’obtenir des informationsmultiples
d’ordrequalitatif
etquantitatif.
2. Matériel et méthodes
2.1. Matériel
végétal
Les
plants
utilisés serépartissent
entre 8génotypes
distinctscomposés
essentielle- mentd’hybrides (Juglans nigra
xJuglans regia)
et deNoyers
noirs(Juglans nigra).
Cesplants, d’âge différent,
ont subi pour certains d’entre eux des traitements derajeunisse-
ment tels que le
recépage
et la taille sévèreappliqués
annuellement. A l’aide de cematériel,
on a pu caractériser 8principales
situationsphysiologiques
différentesqu’il
estpossible
de regrouper en 3catégories :
JUVÉNILITÉ :
Jeunesplants
d’un an issus de semis de noixprélevées
sur les arbres adultes décrits ci-dessous. Lagermination
a eu lieu en serre.MATURITÉ
OU EN VOIE DEMATURITÉ :
Arbres adultes de 30 ans ; arbres de 7 ans issus de boutures derejets
desouches ;
arbresgreffés (greffons
d’arbresadultes, porte-greffes juvéniles).
ÉTAT
DE RAJEUNISSEMENT : Souches des arbres adultesprécédents ;
souchesd’arbres
jeunes ; arbres greffés
taillésannuellement ; arbres
adultesélagués
dans leurpartie
basale.L’ensemble de ces
plants
estoriginaire
soit de laplantation
de l’O.N.F. àMilly (49)
soit de lapépinière
de l’INRA à Orléans(45).
Pour chacun de ces
plants,
lesanalyses
ontporté
sur des lots de pousses annuelleshomologues prélevés
à différents niveaux dans l’arbre ainsiqu’à
différents stades dedéveloppement
au cours desphases
de croissance et de reposvégétatif (J AY -A LLEMAND , 1985).
Achaque prélèvement,
les pousses sonteffeuillées, plongées
dans l’azoteliquide
au moment de la
récolte, puis lyophilisées.
2.2. Méthodes 2.21. Extraction et
purifïcatiofi
Chaque
lot de pousses estbroyé
à froid dans unbroyeur
à bille detype Dangoumau.
Un gramme de chacune despoudres
obtenues est ensuitehomogénéisé
avec de l’éthanol à 80 p. 100 pour extraire les
composés phénoliques (M ACHEIX , 1974).
Après évaporation
de l’alcool souspression réduite,
ladélipidation
et ladépigmentation
de la
phase
aqueuse sont effectuées à l’aide d’éther depétrole (2 V/V).
Lagrande majorité
despolyphénols
solubles,purifiés
dans lapremière étape,
est ensuite extraite par l’acétated’éthyle (V/V) après
acidification etadjonction
de sulfate d’ammonium à laphase
aqueuse(FLEUR)ET
& MACHEIX,1972). Après évaporation
à sec de laphase organique,
le résidurepris
par2,5
ml d’éthanol constitue l’extrait finalanalysé (J AY -
Ai.LEMAND,1985).
Par ailleurs, laphase
aqueuse est conservée.2.22.
Annly.ses spectrophotométriques
Spectres globaux :
Pour l’ensemble des situationsphysiologiques étudiées,
217
analyses
sont effectuéesrespectivement
sur l’extrait final obtenu et laphase
aqueuse restante. Dans les deux cas, les
spectres d’absorption
sont réalisés entre 200 et400 nm
(spectrophotomètre
Perkin Elmer uv-visibleX 3).
On détermine ensuite sur lesenregistrements
ainsi obtenus les maximad’absorption
et lesépaulements (fig. 1).
Lesdensités
optiques (D.O.)
sont lues sur lesspectres (fig. 1)
à chacun despoints correspondant
aux maximad’absorption
et auxépaulements (268, 280, 290, 342,
360 et352
nm) ;
elles constituent les donnéesquantitatives
brutes surlesquelles porteront
lesanalyses mathématiques.
.
Extraits alcooliques Extraits aqueux!
Spectres
decomposés
isolés : Ils ont été effectués àpartir
d’éluatséthanoliques
detaches
phénoliques majeures séparées
enchromatographie
bidimensionnelle sur couches minces de cellulose. Ces différentscomposés
ont été visualisés et localisés sous lumière ultra-violette à 254 et 366 nm(l AY -A LLEMAND , 1985).
2.23.
Analyses
discriminantesL’étude des fonctions discriminantes
(T OMASSONE , 1963) qui
est uneanalyse
multi-variable
permet
d’estimer l’ensemble des variablesqui
interviennent leplus
dansl’explication
des variations entrepopulations.
Etant donné quechaque
variableexplica-
tive
prend part
à la variationtotale,
cetteanalyse permet
de rechercher une combinai-son linéaire entre différentes variables
qui explique
au mieux l’ensemble de cesvariations.
Chaque
combinaison estreprésentée
par unecomposante
où se situechaque population : généralement,
unereprésentation graphique
despopulations
est aussipossible,
en lesrepérant
parrapport
auxcomposantes prises
deux à deux. Près de 90 p.100 de la variabilité totale sont
expliqués
par les 3premières composantes.
Parailleurs, grâce
aux calculs de corrélation entre variables initiales ettransformées,
il estpossible
de connaître le
poids
de chacune des variablesimpliquées
pourchaque composante
calculée.Concrètement, l’analyse
discriminante nous apermis
d’estimer les affinités de naturebiochimique (les
donnéesspectrophotométriques
brutes ou transformées sous la forme de rapportscorrespondent
aux variablesexplicatives)
entre les différentes situa- tionsphysiologiques
étudiées àpartir
deregroupements
déterminés sur lesgraphes.
Lesvariables initiales fortement corrélées avec les variables discriminantes ont été considé- rées comme les
principaux
facteursbiochimiques impliqués
dans les différents regroupe- ments.3. Résultats et discussions
3.1.
Interprétation
desanalyses
discriminantes 3.11. Premièreanalyse
discriminante(fig. 2)
Elle
porte
sur les donnéesbrutes,
soit donc 6 variables déterminées aux6
longueurs
d’ondeprécitées,
et est établie en fonction de 8 situationsphysiologiques précédemment
définies. Si l’on tientcompte
simultanément descomposantes
1 et2,
nous avons mis en évidence
quatre
groupesqui
s’individualisent de lafaçon
suivante :- arbres
adultes,
-
greffes
d’arbresadultes,
-
greffes
taillées d’arbresadultes,
arbresélagués,
arbresjeunes,
-
jeunes plants,
souches.Cette
répartition
obtenue selon les deux axesprincipaux (composantes
1 et2) permet
toutparticulièrement
de regrouper les étatsjuvéniles (jeunes plants, point 1)
avec des situations de
rajeunissement (rejets
de souches,points
2 et3).
Cet ensembles’oppose
d’unepart
par lacomposante
1 à l’état de maturitéreprésenté
par des pousses d’arbres adultes(point 8)
et d’autrepart
par la composante 2 aux pousses issues deplants
non taillés(points
4 et7).
L’obsen l
ation de cette
figure souligne
donc le contrastequi
existe entre d’unepart
les affinités de nature
biochimique
des situations detypes juvénile
etrajeuni (points 1, 2, 3)
et d’autrepart,
dans le cas des arbres nontraités,
les différencesimportantes
denature
biochimique opposant
les étatsjuvéniles (point 1),
matures(point 8)
et en voiede maturité
(point 4).
On remarque
également
que legreffage (points
6 et7)
et dans une moindremesure
l’élagage (point 5)
modifient radicalement le contenuphénolique général
despousses d’arbres adultes
(point 8).
En outre, il semble que cettecomposition phénoli-
que soit alors
comparable
à celle des arbresjeunes (point 4).
On
peut
allerplus
loin etregarder
les variablesqui
sont lesplus
discriminantes suivant lacomposante
considéréegrâce
aux corrélations calculées entre les variables initiales et transformées(tabl. 1). Ainsi,
les distances observées entre les différentes situationss’expliquent
essentiellement pour lacomposante
1 par les D.O. lues à 268 et 360 nm et pour lacomposante
2 par la D.O. lue à 342 nm.3.I2 Seconde
analyse
discriminante(fig. 3)
Elle porte sur 15 variables
(données transformées, rapports
entreD.O.)
et estétablie en fonction des 8 situations
physiologiques précitées.
La
composante
1 crée une distribution continue des différentes situations sur son axe. On constate, enparticulier,
unpremier regroupement
entre les étatsjuvéniles
etrajeunis (points 1, 2, 3)
que l’onpeut
opposer nettement aux états adultes(point 8).
Entre ces deux
types
de situationstranchées,
on trouve des situations intermédiairesreprésentées
par lesplants
taillés etélagués
d’unepart (points
5 et6),
et les arbresjeunes
et lesgreffes
d’arbres adultes d’autrepart (points
4 et7).
On
dispose
finalement d’unecomposante capable
de classer les différentescatégo-
ries de pousses étudiées. Ce
classement, qui s’explique
essentiellement par 4 variables(tabl. 2) : rapports 268/280, 342/360, 342/290, 352/268,
est fonction d’un certaindegré
de maturité des pousses
qui augmente lorsqu’on
sedéplace
vers lagauche
lelong
del’axe
1, lequel correspond
à uneperte progressive
del’aptitude
à lamultiplication végétative
in vitro(JnY-ALLEMAND, 1982).
Cet axe
permet d’apprécier
enparticulier l’acquisition
dequalités biochimiques juvéniles
par lesrejets
de souches(caractéristiques
communes avec lesjeunes plants).
Ilcaractérise de cette manière le
phénomène
derajeunissement qui
n’avaitjusqu’alors
étéTABLEAU 2
abordé que sur un
plan descriptif (l AY -A LLEMAND , 1982).
Leregroupement
des situa-tions
physiologiques 4, 5,
6 et 7(fig. 3) provoqué
par lacomposante
3 est de mêmenature que celui obtenu dans la
première analyse
discriminante(fig. 2).
3.2. Relations
polyphénols-speetres
A
partir
d’une étude en couche mince decellulose,
lesprincipaux polyphénols présents
dans les extraitsalcooliques
ont été caractérisés individuellement enspectro- photométrie.
Leurspectre
U.V. apermis
ainsi dedécomposer
les spectresglobaux
etde relier
chaque
maximumd’absorption
à certainspolyphénols majeurs.
Ons’aperçoit
en
particulier (fig. 4)
que lecomposé
A dont la structure reste encore indéterminée est caractérisé par 3 maxima(307,
326, 342nm)
et s’insère entre les 2 maximad’absorption (363
et268 nm)
ducomposé
B(hétéroside
deflavonol).
Parailleurs,
le maximumenregistré
à 290 nm sur lesspectres globaux (fig. 1 ) correspond
pour unepart
aucomposé
C(dérivé benzoïque) (J AY -A LLEMANI ), 1985).
Cette distribution des maxima renforce la crédibilité des résultats obtenus par une étude des fonctions discriminantes et par
conséquent
l’intérêtporté
auxspectres globaux.
Cetteapproche analytique rapide permet
d’estimer différentséquilibres
entrecomposés
lesplus
abondants et ayant de fortescapacités d’absorption
dans l’U.V.(composés
A etB, fig. 4). Cependant
on nepeut
éviter les interférencesd’absorption
entre
composés qui peuvent
avoirtendance,
dans certains cas, à masquer des variations intéressantes.Malgré
tout, cette méthoded’analyse globale paraît particulièrement
adaptée
aux extraitsalcooliques
desphénols
solubles duNoyer
alorsqu’elle peut
n’apporter
pour d’autresmatériels,
que des informations très limitées(PoESSEC., 1983).
3.3.
Aspects physiologiques
L’élément essentiel de ces résultats est l’influence du
recépage appliqué
aussi bien à des arbresjeunes qu’adultes,
sur le contenupolyphénolique
desrejets.
Lerapproche-
ment entre la
partie
aérienne et lesystème
racinaire estprobablement
àl’origine
descaractères
juvéniles acquis
par lesrejets
et mis en évidence sur lesjeunes plants.
Si levolume racinaire est
capable
de modifier lesparamètres
de croissance des pousses(vigueur
desrejets
desouche),
laproximité
des apex aériens et racinaires sembleplus
étroitement associée à la
morphologie
des axes(jeunes plants
etrejets
desouches) (l
AY -A
LLEMAND
etal., 1986).
Ces différencesmorphologiques peuvent
se traduire par des variations del’équipement phénolique
des pousses étudiées. Eneffet,
les propor- tions entre les divers groupes depolyphénols peuvent
varier en fonction del’organe
ouencore du tissu considéré
(TRONCHET, 1972 ;
TISSUT&RnvntsE!, 1980 ;
Po!ss!r.,1983 ;
-,J AY -A LLEMAND
, 1985). Ainsi,
au niveau de notreétude,
la lecture desspectres
des 3 extraitsalcooliques (fig. 1) indique
nettement que dans le cas des situationsjuvéniles (1
et3),
lesrapports d’absorption
à 342 et 268 nm sontbeaucoup plus importants
que dans les situations matures(8).
Ces variations traduisent des modifications dansl’équi- pement phénolique
des différentescatégories
de poussesanalysées ;
ellespeuvent
être attribuées à certainspolyphénols majeurs (fig. 4)
caractérisés individuellement enspectrophotométrie.
4. Conclusion
L’analyse mathématique
des donnéesquantitatives
obtenues par lesanalyses
spec-trophotométriques
ontpermis
tout d’abord de révéler les affinitésbiochimiques
entredes situations
juvéniles (jeunes plants)
etrajeunies (rejets
desouche)
et d’endégager
des
caractéristiques spécifiques (fig. 2).
Les rapports entre maxima ouépaulements
ontégalement
conduit à caractériser uneexpression phénolique
durajeunissement.
Lesrapports
calculésapparaissent
effectivement comme des donnéesplus performantes
que les données brutes initiales.Une valorisation
complète
de ces résultats consisterait à utiliser directement lesanalyses
discriminantes en tant que tests dejuvénilité
de pousses annuelles. On a réussien effet à regrouper différentes situations
physiologiques
en les soumettant à des variables de naturebiochimique (tests).
Des extraitsphénoliques quelconques
soumis aumêmes tests devraient alors
pouvoir
être rattachés à un de ces groupes. Dans cetteoptique,
lesrapports
lesplus
discriminants(rapports 268/280, 342/360)
de la compo- sante 1(seconde analyse) apparaissent
comme de véritables marqueursbiochimiques
dela
juvénilité
duNoyer.
Notons
qu’une analyse
enchromatographie liquide
hauteperformance
est venueconfirmer et
préciser
cespremières
données et apermis
ensuite de délimiter descomportements
detypes juvéniles
et mature au cours de lapériode
devégétation
despousses et ceci sur
plusieurs génotypes
différents(J AY -A LLEMAND , 1985).
Reçu
le 12janvier
1987.Accep!é le
10 mars 1987.Summary
Characterization
of
Walnut(Juglans sp.) rejuvenation by spectrophotometric
studiesof
thepolyphenol
contentAlthough positive
results on thevegetative propagation
of Paradox(Juglans
hlndsii xJuglans regia)
were obtained, many difficulties withregard
to the in vitro culture or thepropagation
viacuttings
of Walnuthybrids (Juglans
nigra xJuglan,!
regia) remain.Therefore, attempts have been made to find biochemical markers of
juvenility
in the annual shoots of Walnut. In this respect the paper describes research on :1)
The identification of the more favorablephysiological
stages forvegetative propagation (optimalization
of thesampling
time forcuttings).
2)
Theimprovement
of the different treatments forpropagation (temperature, light,
culture, medium,etc.)
on mother trees orcuttings.
In order to achieve the above aims,
polyphenols
of different Walnut material(seedlings,
adulttrees, sprouts,
grafts, pruned trees)
were extracted andsubsequently
thepolyphenol
content of thealcoholic and aqueous extracts were
analyzed by U.V.-spectrophotometry
and T.L.C. In addition,optical
densities read at sixwavelengths (268,
280, 290, 342, 352 and 360nm)
or ratios between thesereadings (transformed data)
were used for discriminantanalysis
of all extracts ; the latteranalyses giving
an idea of the « biochemicalseparation
» of the different types of shoots(fig.
2and
3) (Additional discriminating
variablesbeing
shown in tables 1 and2).
A
comparison
of the crudespectrophotometric
data demonstrates further a clear cut difference betweenjuvenile
and mature shoots(fig.
2,points
1 and8) ;
the moreimportant
variablescharacterizing
the latterphysiological
stagesbeing
the two ratios between theoptical
densities read at four differentwavelengths :
2681280 nm, 342l360 nm. Moreover,rejuvenated
shoots(stump sprouts) appeared
to beclosely
related tojuvenile
shoots(fig.
3,points
1, 2 and3).
In a second set of
analyses (fig. 3)
andagain using
transformed data, aregular
distribution with thephysiological
agealong
the first «mathematical component of thesamples
wasobserved. The same « component » allowed also the characterization of the
rejuvenation pheno-
mena of Walnut.
After bidimensional T.L.C. several of the separated
polyphenols
were eluted with alcohol andsubsequently analysed
by means ofU.V.-spectrophotometry (fig. 4).
Theseanalyses
contributed to the betterunderstanding
of the spectra of the crude extracts. From the results obtained follows further that thephenolic composition
of theplant
tissues may be related to the distance between the buds and the roots and to themorphology
of the stems.Finally,
the results described in this paper suggest that discriminantanalysis
mayhelp
indetermining
thejuvenility
level of theplant
material and that thephenolic compounds
could beused as biochemical markers of
juvenility. H.P.L.C.-analyses
of theforegoing
extracts havealready
confirmed the latter statement
(J AY -A LLEMAND , 1985).
Key
words : Walnut,Juglans
sp.,rejuvenation, juvenility, polyphenols, spectrophotometry.
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