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Feuille 22

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Feuille 22

« Comme dans pas mal d’exercices, une bonne façon de démarrer est de s’intéresser aux racines et/ou au degré. Cela débloque déjà une très très grande majorité de ce type d’exercices. »

Exercice22.1 Solution p. 5

Soitn∈N, n≥2. Grâce au polynôme(X+ 1)n−1, calculer

n−1

Y

k=1

sinkπ n .

Exercice22.2 Solution p. 5

Démontrer qu’il n’existe pas de polynômeP ∈C[X]tel que∀z∈C, P(z) =z.

Exercice22.3 Solution p. 5

On poseA(X) = X7−X−1etB(X) = X5+ 1. Démontrer queAetB sont premiers entre eux et trouver l’ensemble des couples(U, V)∈K[X]2tels queAU +BV = 1.

Exercice22.4 Solution p. 6

Quels sont les polynômes deC[X]tels que(X2+ 1)P00−6P = 0?

Exercice22.5 Solution p. 7

Soitn∈N.

1. Pour tout ϕ ∈ R, factoriser dansR[X]le polynômePn = X2n−2Xncosϕ+ 1en produit de polynômes irréductibles.

2. FactoriserQn=X4n+ 1en produit de polynômes irréductibles deR[X].

Exercice22.6 Solution p. 7

Résoudre dansC3le système





x+y+z = 1 1

x+ 1 y +1

z = 1 x2+y2+z2 =−1

Exercice22.7 Solution p. 8

Soitn∈N. Calculer le reste de la division euclidienne deP =X2n+Xn+X+ 1parQ= (X−1)2.

Exercice22.8 Solution p. 8

Soitn∈N. Montrer que(X2+X+ 1)2divise(X+ 1)6n+1−X6n+1−1dansR[X].

Exercice22.9 Solution p. 8

SoitP un polynôme à coefficients réels.

1. SiP est scindé dansR[X], montrer queP0est aussi scindé.

2. Lorsque P est scindé dansR[X], déterminer le plus petit entier ktel que toutes les racines deP(k) soient simples.

Exercice22.10 Solution p. 9

On poseP(X) = X3 −X−1. Montrer queP est irréductible surQ[X]et montrer qu’il admet une unique racine réelle.

(2)

Exercice22.11 Solution p. 10 SoientP un polynôme dont les coefficients sont des entiers relatifs etn∈Z. On posem=P(n).

1. Montrer que pour tout élémentk∈Z, P(n+km)est divisible parm.

2. Montrer qu’il n’existe pas de polynôme non constantPà coefficients entiers tel que pour toutndansZ, P(n) est un nombre premier.

Exercice22.12 Solution p. 10

SoitA, B∈K[X]etp∈N.

Montrer queBdiviseAsi et seulement siB(Xp)diviseA(Xp).

Exercice22.13 Solution p. 10

Déterminer les polynômes complexes dont l’application polynomiale associée est surjective puis ceux dont l’ap- plication polynomiale associée est injective.

Exercice22.14 Solution p. 11

SoientKun sous-corps deC, a∈Ket(n, p)∈N×N.

1. Montrer que le reste de la division euclidienne deXn−anparXp−apestapq(Xr−ar), oùqetrsont les quotient et reste de la division euclidienne denparp.

Indication: DansXn−an, on pourra remplacerXppar(Xp−ap) +apet appliquer la formule du binôme de Newton.

2. Calculer le PGCD deXn−anetXp−apen fonction du PGCD denet dep.

Exercice22.15 Solution p. 11

Polynômes cyclotomiques

Pourn >1on notePnl’ensemble des racines primitivesn-ièmes de l’unité :Pn

e2in / k∧n= 1© . On poseC1 =X−1et∀n≥2, Cn= Y

a∈Pn

(X−a), appelé len-ième polynôme cyclotomique.

1. CalculerC2, C3, C4, C6.

2. Prouver que, pour toutn, Xn−1 =Y

d|n

Cd.

3. Soit A, B deux polynômes à coefficients entiers avec B unitaire. Montrer que le quotient et le reste de la division deAparB sont aussi à coefficients entiers.

4. En déduire que, pour toutn, Cnest à coefficients entiers.

Exercice22.16 Solution p. 12

SoitKun corps dans lequel2·1K6= 0.

1. SoitA∈K[X]tel queA(−X) =A(X).

Montrer que tous les monômes deAsont de degré pair.

2. SoitP ∈K[X].

Montrer qu’il existe un uniqueP“ ∈ K[X]tel queP“(X2) = P(X)P(−X). Déterminer le degré de P“en fonction de celui deP.

3. Montrer que, pour toutP, Q∈K[X], P Qd=P“Q.“

Exercice22.17 Solution p. 12

Trouver les polynômes deR[X]tels que

∀(x, y)∈R2, P(xy) =P(x)P(y)

(3)

Exercice22.18 Solution p. 13 Soitn∈N

1. Exprimer de deux manières le polynômeL∈Rn−1[X]vérifiant∀k∈ {1, . . . , n}, L(k) =kn−1. 2. En déduire une expression simplifiée de

n

X

k=0

Çn+ 1 k

å

(−1)n−kkn?

Exercice22.19 Solution p. 13

DansR[X], chercher le polynôme de degré minimalPvérifiant :(X−1)4|(P+ 1)et(X+ 1)4|(P−1).

Exercice22.20 Solution p. 14

Déterminer tous les polynômesP ∈C[X]tels queP(0) = 0etP(X2+ 1) =P(X)2+ 1.

Exercice22.21 Solution p. 14

Cet exercice utilise le théorème de Lagrange.

SoitKun corps commutatif fini noté{0, a1, . . . , aq−1}.

1. Montrer queXq−1−1 =

q−1

Y

i=1

(X−ai).

2. En déduire que pour tout nombre premierp, pdivise(p−1)! + 1.Ce résultat porte le nom de théorème de Wilson.

Exercice22.22 Solution p. 14

1. Trouver tous les polynômesP ∈R[X]tels que

∀k∈Z, Z k+1

k

P(t) dt=k

2. Trouver tous les polynômesP ∈R[X]tels que

∀k∈N, Z k+1

k

P(t) dt= 1 k

Exercice22.23 Solution p. 15

Sipetqsont deux entiers non nuls premiers entreeux, montrer que(X−1)(Xpq−1)est divisible dansR[X]

par(Xp−1)(Xq−1).

Exercice22.24 Solution p. 16

SoitKun corps fini etf : K −→Kune application. Montrer quefest polynomiale.

Exercice22.25 Solution p. 16

1. SiP, Q∈ Q[X]sont deux polynômes irréductibles unitaires distincts deQ[X],montrer qu’ils n’ont aucune racine complexe commune.

2. SiP est un polynôme irréductible deQ[X], montrer queP n’a pas de racine complexe multiple.

Exercice22.26 Solution p. 16

Pour toutn∈N, montrer queXn−2est irréductible dansQ[X].

Exercice22.27 Solution p. 16

NotonsA={P ∈R[X]/∀x≥0, P(x)≥0}etB={A2+XB2 /(A, B)∈R[X]2}.

1. Montrer queB ⊂ A.

2. Montrer que siP, Q∈ B, alorsP Q∈ B.

(4)

3. Donner une condition nécessaire et suffisante pour queP ∈ A, portant sur la décomposition dePen facteurs irréductibles dansR[X].

4. Montrer queA=B.

Exercice22.28 Solution p. 17

SoitP, Q ∈ C[X]deux polynômes tels que, pour toutz ∈ C, |P(z)|=|Q(z)|. Montrer qu’il existeu ∈Utel queQ=uP.

Exercice22.29 Solution p. 18

Déterminer l’ensemble des polynômesP deC[X]tels queP(X2) =P(X)P(X−1).

Exercice22.30 Solution p. 18

Soientmetndeux entiers strictement positifs.

1. Montrer qu’il existe au moins un couple(U, V)de polynômes deR[X]tel que (1) :XmU(X) + (1−X)nV(X) = 1

2. Calculer un couple(U, V)solution de (1) et vérifiant de plus,deg(U)< netdeg(V)< m.

3. Pour le couple(U, V)déterminé lors de la question précédente, montrer qu’il existe deux réelsαetβtels que (1−X)V0(X)−nV(X) =αXm−1 et XU0(X) +mU(X) =β(1−X)n−1

Exercice22.31 Solution p. 19

SoitAun anneau. Montrer queAest un corps si et seulement siA[X]est principal.

Exercice22.32 Solution p. 19

Sipest un nombre premier, montrer queZ/pZ\ {0}muni de la multiplication est un groupe cyclique.

(5)

Solution de l’exercice 22.1 Énoncé

n−1

Y

k=1

sin Åkπ

n ã

=

n−1

Y

k=1

ein −e−in 2i

= Å1

2i ãn−1

e

n×n(n−1) 2

| {z }

(−i)n−1

n−1

Y

k=1

Äei2kπn −1ä

= 1

2n−1

n−1

Y

k=1

(1−ωk)

OrXn−1 =

n−1

Y

k=0

(x−ωk) = (x−1)

n−1

Y

k=1

(x−ωk), donc

n−1

Y

k=1

sin Åkπ

n ã

= 1 2n−1 lim

x→1 n−1

Y

k=1

(x−ωk)

= 1 2n−1 lim

x→1

xn−1 x−1 Orxn−1 = (x−1)

n−1

X

k=0

xk. Donc

n−1

Y

k=1

sin Åkπ

n ã

= n

2n−1. Autre solution :

(x+ 1)n−1 = 0⇔x+ 1 = e2ikπn , k∈J0, n−1K⇔x= eikπn Å

2isinkπ n

ã . On peut prendre le module car

sinkπ n

= sinkπ n . Donc d’après les relations de Viète,

n−1

Y

k=1

sinkπ n 2iein

est égal à|(−1)n−1| = 1fois le coefficient de degré 1 de (X+ 1)n−1, or d’après la formule du binôme de Newton, ce coefficient vaudra n1

=n, donc 2n−1

n−1

Y

k=1

sinkπ n =n Donc finalement

n−1

Y

k=1

sinkπ n = n

2n−1

Solution de l’exercice 22.2 Énoncé

SoitP ∈C[X]tel que∀z ∈C, P(z) = ¯z. Alors, pour toutx ∈R, P(x) = x. CommeRest infini, par rigidité des polynômes, on aP(X) = X, donc pour toutz∈C, P(z) =z, doncP(i) = ¯i=−ietP(i) =i, ori6=−i , c’est absurde.

Solution de l’exercice 22.3 Énoncé

On utilise l’algorithme d’Euclide : X7 −X−1 X5+ 1

X2

−X7−X2

−X2−X−1

X5 + 1 −X2−X−1

−X3+X2−1

−X5−X4−X3

−X4−X3 X4+X3+X2

X2 + 1

−X2−X−1

−X

(6)

−X2−X−1 −X X+ 1 X2

−X X

−1

Ceci prouve queA∧B = 1.

Soit encore :

X7−X−1 = X5+ 1

· X2 + −X2−X−1 X5+ 1 = −X2−X−1

· −X3+X2−1

+ −X

−X2−X−1 = −X · X+ 1

+ −1

−X= −1 · X + 0

On va donc « remonter » l’algorithme afin de trouverU0etV0, solutions particulières deAU +BV = 1.

On aA=X2B+ (−X2−X−1), donc−X2−X−1 =A−X2B.

On a−X=B+ (−X2−X−1)(X3−X2+ 1) =B+ (A−X2B)(X3−X2+ 1), et on a1 =−X(X+ 1)− (−X2−X−1)Donc :

1 =−X(X+ 1)−(−X2−X−1)

= (B+ (A−X2B)(X3−X2+ 1))(X+ 1)−(A−X2B)

= (B+AX3−AX2+A−X5B+X4B−X2B)(X+ 1)−(A−X2B)

= (BX+AX4−AX3+AX−X6B+X5B−X3B) + (B+AX3−AX2+A−X5B+X4B−X2B) +X2B−A

=A(X4−X3+X+X3−X2+ 1−1) +B(X−X6+X5−X3+ 1−X5+X4−X2+X2)

=A(X4−X2+X) +B(−X6+X4−X3+X+ 1)

On a doncU0 =X4−X2+XetV0 =−X6+X4−X3+X+ 1.

SoitU, V ∈R[X]une solution du système. Alors(U −U0)A+ (V −V0)B = 0doncB |A(U−U0)puis d’après le théorème de Gauss,B|U−U0, donc il existeλ∈R[X]tel queU =U0+λB.

Alors0 = (U−U0)A+ (V −V0)B =B(λA+V −V0), orB 6= 0etR[X]est intègre, doncV =V0−λA.

Réciproquement, s’il existeλ∈R[X]tel que(U, V) = (U0+λB, V0−λA), on vérifie queU A+V B=U0A+V0B= 1, donc l’ensemble des solutions de l’équation de Bézout est{(U0+λB, V0−λA)/ λ∈R[X]}

Solution de l’exercice 22.4 Énoncé

SidegP ≤1, alorsP00= 0et l’équation devient−6P = 0, donc seulP = 0est solution.

Supposons et notons n = degP ≥ 2. On a P00 =

n−2

X

k=0

ak+2(k+ 2)(k+ 1)Xk par changement d’indice, puis en multipliant par(X2+ 1), il vient :

(X2+ 1)P00=

n−2

X

k=0

ak+2(k+ 2)(k+ 1)Xk+2+

n−2

X

k=0

ak+2(k+ 2)(k+ 1)Xk

=

n

X

k=2

akk(k−1)Xk+

n−2

X

k=0

ak+2(k+ 2)(k+ 1)Xk

On adom (X2+ 1)P00=n(n−1)andonc le coefficient dominant de(X2+ 1)P00−6P estn(n−1)an−6an. On a(X2+ 1)P00−6P = 0, doncan(n(n−1)−6) = 0, doncn(n−1)−6 = 0, caran6= 0, donc par un calcul n= 3.

DoncPest de degré3, on peut donc poserP =a3X3+a2X2+a1X+a0, aveca3 6= 0. On a alorsP00= 6a3X+2a2.

(7)

On peut maintenant remplacer :

(X2+ 1)P00−6P = 0⇔(X2+ 1)(6a3X+ 2a2)−6(a3X3+a2X2+a1X+a0) = 0









6a3 = 6a3

2a2 = 6a2

6a3 = 6a1 2a2 = 6a0

®a3=a1

a2=a0 = 0

FinalementS={P = 0, P =α(X3+X)/ α∈C}={P =α(X3+X)/ α∈C}, la réciproque étant évidente (nécessite un petit calcul).

Autre solution : degP = 3 et (X2 + 1) | P, donc il existe a ∈ C tel que P(x) = (X2 + 1)(X +a). Alors P00= 6X+ 2a, donc(X2+ 1)(6X+ 2a) = 6P = (X2+ 1)(6X+ 6a), donca= 0, donc siP est solution, il existe λ∈Ctel queP =λ(X2+ 1)X.

Solution de l’exercice 22.5 Énoncé

1.

X2n−2Xncosϕ+ 1 =X2n−2XnRe e +

e

2

= Xn−e

Xn−e−iϕ

=

n−1

Y

k=0

X−ei2kπ+ϕn X−ei2kπ−ϕn

=

n−1

Y

k=0

Å

X2−2 cos

Å2kπ+ϕ n

ã X+ 1

ã

On effectue un changement de variablej =−kpour le deuxième produit.

Lorsque pour toutk∈J0, n−1K, ϕ+ 2kπ

n 6≡0 [π], la décomposition du polynôme en produits d’irréductibles est celle présentée.

Sinon, pour toutk0 ∈J0, n−1Ktel queϕ+ 2k0π

n ≡0 [2π], on remplace l’expressionX2−2Xcos

Å2k0π+ϕ n

ã + 1par (X−1)2 et pour toutk1 ∈ J0, n−1Ktel que ϕ+ 2k1π

n ≡ π [2π], on remplace l’expression X2− 2Xcos

Å2k1π+ϕ n

ã

+ 1par(X+ 1)2.

Remarque : Si k0 (resp. k1) existe, il est unique. En effet, si ϕ

π + 2k0π

n ≡ 0 ≡ ϕ

π + 2k00π

n [2π], alors 2(k0−k00

n ≡0 [2π], donck0−k00 ≡0 [n], or|k0−k00|< ncark0, k00 ∈J0, n−1K, donck0=k00. Remarque :Sik0 (resp.k1) existe, alors ϕ

π ∈ Z. En effet, il existek ∈ J0, n−1Ktel que ϕ+ 2kπ

n ≡0 [π]

doncϕ+ 2kπ ≡0 [nπ]puis ϕ

π + 2k≡ [n], donc ϕ π ∈Z. 2. Qn=P2navecϕ= π

2, alors ϕ π = 1

2 6∈Z, la décomposition demandée est : X4n+ 1 =

2n−1

Y

k=0

Å

X2−2Xcos Å π

4n+ kπ n

ã + 1

ã

Solution de l’exercice 22.6 Énoncé

x, yetzsont racinesP = (X−x)(X−y)(X−z) ∈C[X]. On posea=−x−y−z,b=xy+yz+zxet c=−xyz. DoncP =X3+aX2+bX+c, et calculonsa, b, c, à l’aide des relations de Viète :

x+y+z=σ1 =−a

(8)

1 x+1

y +1

z = yz+xz+yx xyz = σ2

σ3 =−b

c etx2+y2+z2 = (x+y+z)2−2σ221−2σ2 =a2−2b, donc on a





a=−1

−b c = 1 a2−2b=−1



 a=−1 b= 1 c=−1

.

AinsiP =X3−X2+X−1 = (X−1)(X2+ 1) = (X−1)(X+i)(X−i).

Donc(x, y, z) = (1, i,−i)à une permutation près.

On vérifie que





1 +i−i= 1

1

1 +1i1i = 1 12+i2+i2 =−1

.

Solution de l’exercice 22.7 Énoncé

SoitQetRdansK[X]avecdegR <deg(X−1)2tels queX2n+Xn+X+ 1 = (X−1)2Q+R, alors comme deg(X−1)2 = 2, on adegR≤1. On peut donc noterR=aX+b, a, b∈K.

D’oùX2n+Xn+X(1−a) + 1−b= (X−1)2Q. PosonsX= 1, alors1 + 1 + 1−a+ 1−b= 0, donc4 =a+b.

Dérivons l’égalité précédente,1étant racine double de(X−1)2, il l’est encore du polynôme dérivé : on a donc : 2nX2n−1+nXn−1+ 1−a= 2(X−1)Q+ (X−1)2Q0.

En posant de nouveauX= 1, on trouve2n+n+ 1−a= 0, soita= 3n+ 1. Finalementb= 4−a= 3−3n.

D’oùR= (3n+ 1)X+ (3n−3)

Autre méthode : D’après la formule de Taylor, R=P(1) + (X−1)P0(1) = 4 + (X−1)(3n+ 1).

Cette formule ne marche que pour la division par un polynôme de la forme(X−α)k.

Solution de l’exercice 22.8 Énoncé

On résoutX2+X+ 1 = 0,∆ =−1X1= −1 +√ 3i

2 , X2 = −1−√ 3

2 et on aX1=jetX2 =j2, et on a les relations1 +j+j2= 0, avec¯j =j2.

Il suffit de montrer que c’est vrai dansC[X]. Or, d’après ce qui précède,(X2+X+ 1)2= (X−j)2(X−j2)2, donc il suffit de montrer quejetj2sont racines deQ(X) = (X+ 1)6n+1−X6n+1−1, de multiplicité au moins 2.

MaisQ(X)∈R[X]donc sijest racine deQde multipliciték, alors¯j=j2 aussi.

Il suffit donc de montrer queQ(j) =Q0(j) = 0.

Or

Q(j) = (j+ 1)6n+1−j6n+1−1

= (−j2)6n+1−j−1

=−j2−j−1

= 0 et

Q0(j) = (6n+ 1)(j+ 1)6n−(6n+ 1)j6n

= (6n+ 1)(−j2)6n−(6n+ 1)j6n

= (6n+ 1)−(6n+ 1)

= 0

Solution de l’exercice 22.9 Énoncé

1. Soit P un polynôme de degré n ∈ Ndans R[X]. Si P est scindé dansR[X], alors il existe λ ∈ R, k ∈ J0, nK, (m1, . . . , mk)∈N∗k,(α1, . . . , αk)∈Rktels queP(X) =λ

k

Y

h=1

(X−αh)mhet

k

X

h=1

mh=n.

(9)

Soith∈J1, kK, αhest racine dePde multiplicitémhdoncαhest racine deP0de multiplicitémh−1: il existe alorsQ∈R[X]tel que :

P0(X) =Q(X)

k

Y

h=1

(X−αh)mh−1

doncdegQ=n−1−

k

X

h=1

(mh−1) =n−1−n+k=k−1.

Ordonnons les racines deP :α1< α2 < . . . < αk.

Soith ∈ J1, k−1K,αh et αh+1 sont racines deP, doncP(αh) = P(αh+1) = 0, donc il existe d’après le lemme de Rolle unch∈]αh, αh+1[tel queP0(ch) = 0.

Donc il existeR ∈ R[X]tel queQ(X) = R(X)

k−1

Y

h=1

(X −ch) donc degR = degQ−k+ 1 = 0, donc P0(X) =λ0

k−1

Y

h=1

(X−ch

k

Y

h=1

(X−αh)mh−1doncP0est scindé dansR[X].

2. SoitP ∈R[X]tel queP soit scindé. NotonsmP le maximum des multiplicités des racines deP, avecP 6= 0.

Montrons l’assertionR(n)suivante :mP = max(0, mP −n)etP(n)est scindé.

Pourn= 0: c’est évident.

Pourn≥0,

P(n)=

k

Y

h=1

(X−αh)mh

donc P(n+1)0

k−1

Y

h=1

(X−ch

k

Y

h=1

(X−αh)mh−1 définis dans la question 1, oùc1, . . . , cksont deux à deux distincts.

OrmP(n) = max

1≤h≤k(mh), doncmP(n+1) = max(0, max

1≤h≤k(mh−1))

Solution de l’exercice 22.10 Énoncé

SoitP(X) =X3−X−1. Soitp∈Z, q∈Npremiers entre eux. Supposons que pq soit racine deP. Ainsi : p3

q3 −p

q −1 = 0 p3−p·q2−q3 = 0

Soitd∈P. Supposonsd|p. Alorsd|q3, doncd|q, orq∧p = 1, ce qui est absurde. Doncp = 1oup=−1. De même, on montre queq = 1. On vérifie que pq n’est alors pas une racine deP, doncP n’a pas de racine dansQ, or P est de degré3, doncP est irréductible.

ON aP0(X) = 3X2−1 = 3 Ç

X−

√3 3

å Ç X+

√3 3

å .

(10)

−2 −1 1 2

−5

−4

−3

−2

−1 1 2

x f0(x)

f(x)

−∞ −

3 3

3

3 +∞

+ 0 − 0 +

−∞

−∞

3

6 −1<0

3

6 −1<0

3 6 −1

3 6 −1

+∞

+∞

Solution de l’exercice 22.11 Énoncé

SoitP ∈Z[X]etn∈N. On posem=P(n)etd= degP. 1. Soitk∈Z. NotonsP =

d

X

j=0

ajXj. Remarquons que, pour touti∈J1, dK, di

∈N. On a donc :

∀j∈J1, dK,∀i∈J1, jK, m|maj

Çj i

å

nj−ikimi−1 =aj

Çj i

å

nj−i(km)i Ainsi, par combinaison linéaire :

m=P(n)|P(n) +

d

X

j=1

aj j

X

i=1

Çj i

å

nj−i(km)i =

d

X

j=0

ainj+

d

X

j=1

aj j

X

i=1

Çj i

å

nj−i(km)i

=

d

X

j=0

aj

j

X

i=0

Çj i

å

nj−i(km)i

=

d

X

j=0

aj(n+km)j =P(n+km) On y arrive plus facilement en regardantP(n+km)modulom.

2. Supposons par l’absurde qu’il existe un polynômeP tel que∀n∈N, P(n)∈P.

Notons doncP(0) =p∈P. D’après la propriété précédente, on a donc∀k∈Z, p|P(kp).

Or, par hypothèse,P(kp) ∈ P, ainsiP(kp) = p. On en déduit que P −padmet une infinité de racines, et donc il s’agit du polynôme identiquement nul. DoncPest constant égal àP .

Solution de l’exercice 22.12 Énoncé

SiB|A, alors il existeK∈K[X]tel queA=KBd’oùA(Xp) =K(Xp)B(Xp)et ainsiB(Xp)|A(Xp).

Réciproquement, siB = 0, alorsA(Xp) = 0, doncA= 0etB |A.

Donc on suppose queB 6= 0. Par division euclidienne, on poseA=QB+RavecdegR <degB. DoncA(Xp) +Q(Xp)B(Xp) +R(Xp)avecdegR(Xp) = degXp×degR < pdegB = degB(Xp)

DoncR(Xp) est le reste de la division euclidienne deA(Xp) parB(Xp), orB(Xp) | A(Xp), doncR(Xp) = 0, doncR= 0, doncB |A.

Solution de l’exercice 22.13 Énoncé

Injectivité :

(11)

Pour queP‹soit injective, il faut quedegP = 1. Évidemment, les polynômes nul et constants ne sont pas injec- tifs.

SidegP ≥2,P admet deux racines, si les deux racines sont distinctes, alorsP est clairement non injective. SiP admet une racine unique (de multiplicitémi), alorsP =λ(X−xi)mi, avecmi ≥2.

En prenantz=xi+ e

2iπ

mp 6=z0=xi+ 1, on aP(z) =P(z0) =λ.

Réciproquement soitP =aX+boùa6= 0. Soientz, z0tels queP(z) =‹ P‹(z0)⇔a(z−z0) = 0⇔z=z0cara6= 0.

Surjectivité :

SidegP ≤0,Pest constant doncP‹non surjectif.

SidegP ≥1, montrons queP‹est surjective.

Soitz0∈C,P‹(z) =z0 ⇔P(z)‹ −z0 = 0orP−z0 ∈C[X]etdeg(P−z0)≥1, donc il existe une racineα(d’après le théorème de de d’Alembert) telle queP(α) =z0etP‹est surjective.

Solution de l’exercice 22.14 Énoncé

1. Soitn=pq+rla division euclidienne denparp.

Xn−an=Xr(Xp)q−an

=Xr((Xp−ap) +ap)q−an

=Xr

q

X

k=0

Çq k

å

(Xp−ap)kap(q−k)

!

−an

=Xr(apq+B(X)(Xp−ap))−apq+r

=XrB(X)(Xp−ap) +apq(Xr−ar) En posantB(X) =

q

X

k=1

Çq k

å

(Xp−ap)k−1ap(q−k)Ordeg(apq(Xr−ar))<deg(Xp−ap), donc c’est le reste de la division euclidienne.

2. Montrons qu’un PGCD deXn−anetXp−apestXp∧n−ap∧n.

On applique l’algorithme d’Euclide pourp∧n: soitα1, . . . , αmetq1, . . . , qm−2les entiers naturels tels que : α1 =n, α2=p, αk+2< αk+1, αk=qkαk+1k+2etαm= 0.

De même, on considère l’algorithme d’Euclide pour les polynômes considérés, soitP1, . . . , Pmles polynômes unitaires etQ1, . . . , Qm−2les polynômes tels que :

P1 =Xn−an, P2 =Xp−ap, deg(Pk+2)<deg(Pk+1), Pk+21Pk−QkPk+1. On pose l’hypothèse de récurrence suivanteR(k) :PketPk+1sont définis et

Pk=Xαk−aαk Pk+1=Xαk+1−aαk+1

L’initialisation est faite par construction et l’hérédité découle de la question précédente.

Solution de l’exercice 22.15 Énoncé

1. P2 =

eikπ / k= 1 ={−1}:C2=X+ 1 P3

e2ikπ3 / k∈ {1,2}©

={j, j}:C3= (X−j)(X−¯j) =X2+X+ 1 P4

eikπ2 / k∈ {1,3}©

={i,−i}:C4= (X−i)(X+i) =X2+ 1 P6

eikπ3 / k∈ {1,5}©

:C6

X−e3 ä Ä

X−e3ä

=X2−2Xcosπ

3 + 1 =X2−X+ 1

1. désigne la relation d’association, i.e.PQ(P|Q)(Q|P)

(12)

2. Montrons queµn=G

d|n

Pd. AlorsXn−1 = Y

α∈µn

(X−α) =Y

d|n

Y

α∈Pd

(X−α) =Y

d|n

Cd.

• Soit z ∈ µn : Il existe k ∈ J1, nK tel quez = e2ikπn . On met nk sous forme irréductible, nk = hd où h∧d= 1eth∈J1, dK.

Doncz= e2ihπd ∈Pd, doncµn⊂[

d|n

Pd

• Soitd | netα ∈ Pd:α = e2ihπd avech∧d = 1eth ∈ J1, dK. Il existe a ∈ Ztel quen = ad, donc α= e2ihaπda ∈µn.

Doncµn=[

d|n

Pd.

• Soitd, d0 tel que d | n, d0 | n,d 6= d0 et supposons queα ∈ Pd∩Pd0. Alors α = e2ikπd = e2ihπd0 où k∈ {1, . . . , d},h∈ {1, . . . , d0},k∧d=h∧d0 = 1.

On a 2kπ d ,2hπ

d0 ∈]0,2π]ete2ikπd = e2ihπd0 donc k d = h

d0 : l’unicité des fractions irréductibles entraîned=d0 ce qui est faux. DoncPd∩Pd0 =∅.

3. SiA= 0, c’est évident. Sinon, on montre la propriété par récurrence surdegA.

• SidegA= 0, alorsA∈C, siB= 1, A=A×1 + 0: ok SidegB≥1, A=B×0 +A: ok

• Soitn≥1, et on suppose que pour toutk∈ {0, . . . , n−1}, on aR(k). SoitAun polynôme de degrén.

Notonsp= degB. Sip > n, A=B×0 +A: ok.

Supposons maintenant quep ≤ n. On poseA =anXn+A0, oùan ∈ Z, etdegA0 < netB =Xp+B0, où degB < p. Alors A − anXn−pB = A0 −anXn−pB0 est de degré strictement inférieur à n, donc par hypothèse de récurrence, A −anXn−pB = BQ +R, avec Q, R ∈ Z[X], degR < degB, donc

A= (Q+anXn−p)B+R

4. NotonsS(n) : Cn∈Z[X], on a bienS(1).

Soitn≥1, supposons que pour toutk∈J1, nK, on aS(k).

AlorsXn+1−1 = Cn+1· Y

d|n+1 d<n+1

Cd, doncCn+1est le quotient deXn+1−1∈ Z[X]par Y

d|n+1 d<n+1

Cd ∈Z[X]

par hypothèse de récurrence.

D’après la question précédente,Cn+1 ∈Z[X].

Solution de l’exercice 22.16 Énoncé

1. PosonsA(X) =X

k∈N

akXk. Alors0 =A(X)−A(−X) = X

k∈2N+1

2akXk, donc pour toutkimpair,2ak = 0, or2est inversible dansK, doncak = 0. Donc tous les monômes deAsont de degré pair.

2. P(X)P(−X) est pair, donc tous ses monômes sont de degré pair. Ainsi avec d = degP, on peut écrire P(X)P(−X) =

d

X

k=0

b2kX2k, alorsP(X)P(−X) = P“(X2)si et seulement siP(X) =“

d

X

k=0

b2kXk, ainsiP“ existe et est unique. De plus, on adegP“= degP“(X2)

2 = degP(X)P(−X)

2 = degP.

3. (“PQ)(X“ 2) = P(X)P(−X)Q(X)Q(−X) =P Q(Xd 2), donc les deux polynômes sont égaux d’aprèsl’exer- cice 12 (solution page 10).

Solution de l’exercice 22.17 Énoncé

On pose tout d’abordx = y = 0, d’où on tireP(0) = P(0)2 d’oùP(0) = 0ouP(0) = 1. On posey = 0,

(13)

On suppose maintenant queP(0) = 0. Soitn = degP, on dérivek(k ∈ J1, nK) foisP(xy)par rapport àxet on obtientykP(k)(x) = P(k)(x)P(y), donc on aykP(k)(0) = P(k)(0)P(y), c’et-à-dire, soitP(y) = ykpour touty, ou bienP(k) = 0, c’est-à-dire que sa dérivéek-ième est nulle, et comme ce n’est pas le polynômeXk, toutes ses dérivées s’annulent et c’est donc le polynôme identiquement nul.

Solution de l’exercice 22.18 Énoncé

L−Xn−1admetnracines : puisque le degré de ce polynôme est au plusn−1, c’est nécessairement le polynôme nul, c’est-à-dire queLest défini de manière unique et est égal àXn−1. De plus, par interpolation de Lagrange :

L=

n

X

k=1

kn−1

n

Y

i6=ki=1

X−i k−i

Par conséquent : Xn−1 =

n

X

k=1

kn−1

n

Y

i=1i6=k

X−i k−i

=

n

X

k=1

(−1)n−kkn−1

n

Y

i=1i6=k

(X−i) 1

(k−1)(k−2). . .×2×1×(−1)×(−2). . .(k−n)

=

n

X

k=1

(−1)n−kkn−1

n

Y

i=1i6=k

(X−i) 1

(k−1)!(n−k)!

et, en particulier,

(n+ 1)n−1=

n

X

k=1

(−1)n−kkn−1

n

Y

i=1i6=k

(n+ 1−i) 1

(k−1)!(n−k)!

=

n

X

k=1

(−1)n−kkn−1· n!

n+ 1−k· 1

(k−1)!(n−k)!

=

n

X

k=1

(−1)n−kkn· (n+ 1)!

k!(n+ 1−k)!(n+ 1) ce qui nous donne que

n

X

k=1

Çn+ 1 k

å

(−1)n−kkn= (n+ 1)n

Solution de l’exercice 22.19 Énoncé

D’après l’énoncé,P + 1admet 1 comme racine de multiplicité 4, donc(P+ 1)0 =P0admet1comme racine de multiplicité 3.

De même,P admet−1comme racine de multiplicité3. DoncP0 est de degré au moins6, doncPest de degré7au moins. Essayons de trouver un polynôme de degré 7, dans ce cas, on a :

P0(X) =a(X2−1)3=aX6−3aX4+ 3aX2−a Par primitivation, on peut donc écrire :

P(X) =a

7X7−3a

5 X5+aX3−aX+c

Il suffit alors d’avoirP(1) = −1etP(−1) = 1, puisque alorsP + 1admet1comme racine et(P + 1)0 admet1 comme racine de multiplicité3(et de même avecP −1). Or on remarque queP(−1) =−P(1) + 2c, il suffit donc d’avoirc= 0etP(1) =−1, c’est-à-dire :

a 7 −3a

5 +a−a=−1

(14)

On obtienta= 35

16 et donc finalement :

P(X) = 5

16X7−21

16X5+35

16X3−35 16X qui convient bien puisqueP(1) =−1etP(−1) = 1.

Solution de l’exercice 22.20 Énoncé

On remarque queP(0) = 0, P(1) =P(02+ 1) =P(0)2+ 1 = 1, P(2) =P(1)2+ 1 = 2, P(5) = 5, P(26) = 26 etc. On peut donc poser la suite

®u0 = 0

un+1=u2n+ 1 , et on vérifie par récurrence que, pour toutn ∈ Non a P(un) =un. La suiteunest supérieure à 1 dès le premier rang, on montre ainsi facilement qu’elle diverge vers+∞, doncP coïncide avec l’identité sur une infinité de valeurs, donc par rigidité des polynômes,P =X.

Solution de l’exercice 22.21 Énoncé

1. On a égalité car ses polynômes sont unitairesK\ {0}est un groupe multiplicatif, donc∀a∈K, a|K|= 1K. Ainsi, tous lesaisont des racines deQq−1−1. On aq−1racines d’un polynôme de degréq−1, donc :

Xq−1−1 =

q−1

Y

i=1

(X−ai) Et on a bien égalité car les polynômes sont unitaires.

2. Avecp= 2, p|(p−1)! + 1. Soitp >2premier.Z/pZest un corps fini, donc d’après ce qui précède : Xp−1−1 =

p−1

Y

i=1

(X−i)

AvecX= 0:

−1 = (−1)p−1(p−1)!

Orp >2doncp−1est pair, donc :

(p−1)! + 1 = 0

Solution de l’exercice 22.22 Énoncé

1. On noteQle polynôme primitive deP s’annulant en0. On veutQ(k+ 1)−Q(k) =k. On en déduit : Q(n) =Q(0) +

n−1

X

k=0

(Q(k+ 1)−Q(k)) =

n−1

X

k=0

k= n(n−1) 2 DoncQ(X)−X(X−1)

2 admet une infinité de racines et est nul. DoncQ(X) = X(X−1)

2 . Et doncP(X) = Q0(X) =X−1

2, qui réciproquement convient.

2. Si on prendQ, on va avoirk(Q(k+ 1)−Q(k)) = 1∀k∈N, on aX(Q(X+ 1)−Q(X)) = 1, donc pour des raisons de degré, sachant queQest un polynôme, on obtient que deg(Q(X + 1)−Q(X)) = −1, car degX = 1etdeg 1 = 0; donc il n’y a pas de solution.

Ou bien, un polynôme constantP ne convient pas. DoncP est de degré au moins1. SiP(x) −−−−→

x→+∞ −∞, alors il existeMtel que pourx≥M, on aitP(x)<0, pourk≥M, la propriété n’est pas vérifiée, ce qui est absurde.

SiP(x)−−−−→

x→+∞ +∞, alors il existeM tel queP(x)≥2pourx≥M, et la propriété est fausse pourk≥M, ce qui est absurde. Donc il n’y a pas de solution.

(15)

Solution de l’exercice 22.23 Énoncé Lorsque les racines des polynômes sont simples à déterminer, un bon critère pour décider si le polynômeP divise le polynômeQ, lorsqu’ils sont scindés, est de montrer que les racines deP sont les racines deQ, avec une multiplicité supérieure.

Dans le cas présent, il faut rechercher les éventuelles racines deXp−1et deXq−1pour déterminer les multiplicités des racines de(Xp−1)(Xq−1).

Soite2ikπp une racinep-ième de l’unité, ete2ihπq une racineq-ième de l’unité. Si elles sont égales, il existem∈Z tel que2ikπ

p = 2ihπ

q + 2iπm, donckq =hp+pqm. Ainsiq(k−pm) =hp, doncq|hp, orq∧p= 1, donc d’après le théorème de Gauss,q |h, Dans ce cas ces racines de l’unité sont égales à 1. Ainsi, à part 1, les racinesp-ièmes de l’unité sont distinctes des racinesq-ièmes de l’unité.

Le polynôme(Xp−1)(Xq−1)admet donc1comme racine double, et comme racines simples lese2ikπp pour k∈J1, p−1Ket lese2ihπq pourh∈J1, q−1K.

On vérifie que(X −1)(Xpq −1)admet 1 comme racine double et que lese2ikπp et lese2ihπq sont racines de ce polynôme.

Ainsi(X−1)(Xpq−1)est divisible par(Xp−1)(Xq−1)

Prolongation dans le cas deK[X]: Ce résultat est encore vrai dans un corps quelconque.

En effetA= (X−1)(Xpq−1)∈Z[X]etB = (Xp−1)(Xq−1)∈Z[X], avecB unitaire.

On peut alors montrer queA=BQ+RavecdegR <degBet avecQ, R∈Z[X].

Or, dansC[X], A=BH+ 0oùH∈C[X], et par unicité de la division euclidienne,H =Q∈Z[X]. Donc il existe Q∈Z[X]tel queA=QB.

Notonsϕ: Z[X]−→K[X]

X

k∈N

akXk 7−→X

k∈N

(ak×1K)Xk

etϕest un morphisme d’anneau.

En effetϕ(1) = 1·1K= 1K

ϕ X

k∈N

akXk+X

k∈N

bkXk

!

=X

k∈N

(ak+bk)·1KXk

=ϕ X

k∈N

akXk

!

+ϕ X

k∈N

bkXk

!

Et :

ϕ

X

k∈N

akXk

!

× X

k∈N

bkXk

!!

=X

k∈N

Ñ X

α+β=k

aαbβ é

·1KXk

=X

k∈N

X

α+β=k

[(aα1K)(bβ1K)]Xk

=ϕ X

k∈N

akXk

!

×ϕ X

k∈N

bkXk

!

Donc dansK[X], ϕ(A) =ϕ(Q)ϕ(B)c’est-à-dire que(X−1K)(Xpq−1K) =ϕ(Q)(Xp−1K)(Xq−1K)

(16)

Solution utilisantl’exercice 15 (correctionpage 11) (X−1)(Xpq−1) = (X−1)2Y

d|pq d6=1

Φd(X)

= (X−1)2Y

d|p d6=1

Φd(X)Y

d|q d6=1

Φd(X) Y

dp,q d|pq

Φd(X) (carp∧q = 1)

=Y

d|p

Φd(X)Y

d|q

Φd(X) Y

dp,q d|pq

Φd(X)

= (Xp−1)(Xq−1)Y

d|q

Φd(X) Y

dp,q d|pq

Φd(X)

Φdest led-ième polynôme cyclotomique.

Solution de l’exercice 22.24 Énoncé

NotonsK={a1, a2, . . . , an}. Alors, pour toutx∈K, f(x) =

n

X

k=1

f(ak)

n

Y

i=1i6=k

x−ai

ak−ai

etf est polynomiale.

Solution de l’exercice 22.25 Énoncé

1. P, Qdeux polynômes unitaires irréductibles donc premiers entre eux : Par Bézout, il existeU, V tels que P U+QV = 1.

Soitzune éventuelle racine commune, alors(X−z)|P et(X−z)|Q, donc(X−z)|P U+QV = 1, ce qui est absurde

2. Quitte à diviser par le coefficient dominant, on peut supposerPunitaire. Supposons quePadmette une racine complexezmultiple. Alors(X −z) | P, et(X−z) | P0, orP ∧P0 = 1carP est irréductible dansQ[X]

et P P0 (on aP0 6= 0, cardegP ≥ 2et degP0 < degP) et de la même manière que qu’à la question précédente, on montre que c’est absurde.

Solution de l’exercice 22.26 Énoncé

P(X) =Xn−2 =

n−1

Y

k=0

ÄX−21/ne2ikπn ä

dansC[X].

Supposons queP(X) =Q(X)H(X)avec1≤degH,degQ≤n−1, et avecQ, H∈Q[X]unitaires.

Il existe alorsI ⊂ {0, . . . , n−1}tel queQ(X) =Y

k∈I

ÄX−21/ne2ikπn ä

et|I|= degQ∈J1, n−1K. Le coefficient constant deQvaut(−1)p2p/nY

k∈I

e2ikπn =β, oùp=|I| ∈J1, n−1K. β∈Q, donc|β|= 2p/n ∈Qd’après les relations de Viète.

Il existe alors(a, b)∈Z×Ntels que|β|= a

b eta∧b= 1, alors2p = an

bn puisbn2p =an, doncb|anora∧b= 1, donc d’après le théorème de Gauss,b|1, doncb= 1. Alors2p =an, donca|2pdonc il existek∈Ntel quea= 2k, donc2p = 2knpuiskn=p6∈J1, n−1K: c’est faux.

Solution de l’exercice 22.27 Énoncé

1. A2etB2sont toujours positifs, donc lorsquex≥0, A2(x) +xB2(x)≥0, ainsiB ⊂ A.

(17)

2. SoitP =A2+XB2etQ=C2+XD2.

P Q= (A2+XB2)(X2+XD2)

=A2C2+X2B2C2+X(B2C2+A2D2)

= (AC+XBD)2−2XABCD+X(B2C2+A2D2)

= (AC+XBD)2+X(BC−AD)2 DoncP Q∈ B.

3. SoitP ∈A. Sa décomposition en facteurs irréductibles est composée de polynômes de degré 2 à discriminant négatif et de polynômes de degré 1, elle peut s’écrire :

P(X) =λ

n1

Y

i=1

(X2+biX+ci)

n2

Y

i=1

(X−r+i)mi

n3

Y

i=1

(X−r−i) où :

− λ≥0, sans quoiP(x)−−−−→

x→+∞ −∞.

− X2+biX+cia un discriminant strictement négatif.

− Lesr+i sont les racines strictement positives de multiplicité respectivemi.

− Lesr−i sont les racines négatives ou nulles deP Simi,P(t) ∼

t→r+iµ(t−r+i)mi, avecµ6= 0, donc comme deux fonctions équivalentes ont le même signe au voisinage der+i, simi <0, il est clair queP change de signe : donc lesmisont pairs.

Réciproquement, si le coefficient dominant est positif et les multiplicités des racines strictement positives sont paires, alorsP est positif surR+(tous les produits de la décomposition sont positifs).

4. Montrons queA ⊂ B. SoitP ∈ A. Alors la décomposition deP est de la forme ci-dessus, or :

− λ=√ λ2 ∈ B

− (X−r+i)mi = ((X−r+i)mi/2)2 ∈ B

− X−r−i=√

−r−i2+X ∈ B

− SoitX2+bX+cde discriminant strictement négatif. Alorsb2−4c <0, doncc >0, donc2√ c≥ |b|, ainsi :

X2+bX+c= (X−√

c)2+ 2√

cX+bX= (X−√

c)2+X

» 2√

c+b

2

∈ B

OrBest stable par produit, doncP ∈ B.

Solution de l’exercice 22.28 Énoncé

La relation implique clairement queP et Qont les mêmes racines. On écritP = apQ

i∈I(X−xi)pi etQ = aqQ

i∈I(X−xi)qi.

Supposons que les multiplicités soient différentes. Sans perte de généralité, on peut supposer qu’il existej ∈I tel quepj < qj.

Soitz6∈ {xi/ i∈I}, on a alors|P(z)|=|Q(z)|, donc

ap

Y

i∈I i6=j

(z−xi)pi(z−xj)pj

=

aq

Y

i∈I i6=j

(z−xi)qi(z−xj)qj

Donc en divisant par(z−xj)qj, et en faisant tendrezversxj, on obtient une constante à droite, alors que la quantité de gauche tend vers+∞: c’est absurde .

On a alors∀z6∈ {xi / i∈I},

P(z) Q(z)

= |ap|

|aq| = 1, c’est-à-dire qu’il existeµ∈Utel queap=µaq, ce qui conclut.

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