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(1)SEMAINE 4 R ´EDUCTION DES ENDOMORPHISMES (DEUXI `EME PARTIE) EXERCICE 1 : Une matrice A = (aij

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(1)

SEMAINE 4

R ´EDUCTION DES ENDOMORPHISMES (DEUXI `EME PARTIE) EXERCICE 1 :

Une matrice A = (aij) ∈ Mn(IR) est dite stochastique lorsqu’elle v´erifie les deux conditions suivantes :

(i) ∀i∈[[1, n]]∀j∈[[1, n]] aij ∈[0,1] ; (ii) ∀i∈[[1, n]]

n

X

j=1

aij = 1 (la somme des ´el´ements de chaque ligne vaut 1).

Elle est ditestochastique strictesi, de plus, les coefficientsaij sont tous strictement positifs.

On noteraSnl’ensemble des matrices stochastiques deMn(IR), etSncelui des matrices stochas- tiques strictes.

1.Montrer que les ensembles Sn etSn sont stables par produit.

2.Si A∈ Sn, montrer que 1 est valeur propre deA.

3.Si A∈ Sn, montrer que Ker(A−In) est de dimension un.

4. Montrer que les valeurs propres d’une matrice stochastique sont toutes de module inf´erieur ou ´egal `a 1, et que les valeurs propres autres que 1 d’une matrice stochastique stricte sont de module strictement inf´erieur `a 1.

5.SoitA∈ Sn, soitλune valeur propre deA. Montrer qu’il existei∈[[1, n]] tel que

|λ−aii| ≤1−aii.

- - - - 1.Soient A= (aij) etB = (bij) stochastiques. On a AB= (cik), o`ucik=

n

X

j=1

aijbjk.

• Il est clair que cik ≥0 pour tout couple d’indices (i, k), l’in´egalit´e ´etant stricte si A et B sont dansSn.

• On abjk≤1 pour tout (j, k), donccik=

n

X

j=1

aijbjk

n

X

j=1

aij= 1 pour tout couple (i, k).

• Enfin, n

X

k=1

cik=

n

X

k=1

n

X

j=1

aijbjk

=

n

X

j=1

aij

n

X

k=1

bjk

!

=

n

X

j=1

aij = 1.

On peut aussi remarquer qu’une matriceAv´erifie la propri´et´e(ii)si et seulement siAJ =J, o`uJ est la matrice dont tous les coefficients valent 1. Il est alors imm´ediat que cette pro- pri´et´e(ii)est “stable par produit”.

2. Si A∈ Sn, alors AX=X, o`u X est le vecteur dont toutes les coordonn´ees valent 1, donc 1 est valeur propre deA.

3. Soit B =A−In, soit C la matrice carr´ee d’ordre n−1 extraite de B en ˆotant la derni`ere ligne et la derni`ere colonne :

C=

a11−1 a12 . . . a1,n−1 a21 a22−1 . . . a2,n−1 . . . . an−1,1 an−1,2 . . . an−1,n−1−1

 .

(2)

Montrons que C est inversible. Cela repose sur le fait que C = (cij) est `a diagonale strictement dominante, c’est-`a-dire que, pour tout i∈[[1, n−1]], on a|cii|>X

j6=i

|cij|: en effet,

|cii| − X

1≤j≤n−1 j6=i

|cij| = |aii−1| − X

1≤j≤n−1 i6=j

aij = 1−

n−1

X

j=1

aij =ain>0.

Soit donc X = (x1,· · ·, xn−1) ∈KerC, suppos´e non nul ; on a, pour touti ∈ [[1, n−1]],

n−1

X

j=1

cijxj = 0. Soit i0 ∈ [[1, n−1]] tel que |xi0| = max

1≤i≤n−1|xi|, on a alors, pour i = i0, ci0i0xi0 =−X

j6=i0

ci0jxj, mais c’est impossible car

X

j6=i0

ci0jxj

≤ X

j6=i0

|ci0j||xj| ≤ |xi0|

 X

j6=i0

|ci0j|

<|xi0||ci0i0|.

La matrice C est donc inversible,c’est-`a-dire de rangn−1, doncB =A−In est de rang au moins ´egal `an−1, donc exactementn−1 puisqu’on sait que 1 est valeur propre deA, et donc dim Ker(A−In) = 1.

On a ainsi prouv´e le th´eor`eme d’Hadamard (moi, froid ? jamais...) : toute matrice `a diagonale strictement dominante est inversible.

4.SoitA∈ Sn, soitλ∈C tel que|λ|>1 ; alors la matriceB=A−λIn= (bij) est `a diagonale strictement dominante : en effet,

|bii|=|aii−λ| ≥

|aii| − |λ|

=|λ| −aii>1−aii =X

j6=i

aij=X

j6=i

|bij|.

La matriceB est donc inversible, etλ6∈Sp(A).

De mˆeme, si A ∈ Sn et si |λ| = 1 avec λ 6= 1, alors la matrice B = A−λIn est encore `a diagonale strictement dominante, puisque

|bii|=|aii−λ|>

|aii| − |λ|

= 1−aii =X

j6=i

aij=X

j6=i

|bij| (l’in´egalit´e est stricte puisque l’´egalit´e

|u| − |v|

= |u−v| a lieu si et seulement si les complexesuetvsont “colin´eaires de mˆeme sens”, c’est-`a-dire l’un des deux nuls ou v

u∈IR+ et ce n’est pas le cas ici :λ6∈IR+). DoncB=A−λIn est inversible, etλn’est pas valeur propre deA.

5.Par contraposition, c’est toujours le mˆeme raisonnement : si on avait ∀i∈[[1, n]] |λ−aii|>

1−aii, la matriceB =A−λIn serait `a diagonale strictement dominante, donc inversible, et λne serait pas valeur propre deA.

On a ainsi obtenu une localisation des valeurs propres : siA est une matrice stochastique,

(3)

Sp(A)⊂

n

[

i=1

D(aii,1−aii) (D=disque ferm´e).

En fait, cette derni`ere question se g´en´eralise facilement `a une matriceA= (aij)∈ Mn(C) quelconque ; avec les mˆemes m´ethodes, on montre, que si on pose ri =X

j6=i

|aij| pour tout i∈[[1, n]], on a

Sp(A)⊂

n

[

i=1

D(aii, ri).

EXERCICE 2 :

Soit E un C-espace vectoriel de dimension n, soit F un ensemble d’endomorphismes deE qui commutent deux `a deux.

Montrer l’existence d’une “d´ecomposition de Dunford simultan´ee”, c’est-`a-dire d’une liste d’entiers naturels non nuls n1, · · ·,np avec

p

X

i=1

ni =n et d’une baseB de E tels que, dans la base B, tout ´el´ement f de F soit repr´esent´e par une matrice diagonale par blocs de la forme MB(f) = diag(λ1In1+N1,· · ·, λpInp+Np), lesλi ´etant des nombres complexes et chaque matriceNi∈ Mni(C) ´etant triangulaire sup´erieure avec des z´eros sur la diagonale.

- - - - Premi`ere m´ethode :

Introduisons la notion suivante : un sous-espace vectorielV deEsera ditF-ind´ecomposables’il estF-stable (c’est-`a-dire stable par chaque ´el´ement deF) et si on ne peut pas le d´ecomposer enV =V1⊕V2, avecV1et V2tous deuxF-stables et non r´eduits `a{0}.

Si F est une partie quelconque de L(E), on montre (par r´ecurrence forte sur la dimension de E) qu’il existe au moins une d´ecomposition de E en somme directe de sous-espaces F-ind´ecomposables :E=

p

M

i=1

Ei. Si les ´el´ements deF commutent deux `a deux, il en est de mˆeme des endomorphismes qu’ils induisent sur chaqueEi (1≤i≤p).

Pour terminer l’exercice, il reste alors `a prouver le lemme suivant :

Lemme : si E estF-ind´ecomposable, alors il existe une base deE dans laquelle les ´el´ements de

F ont tous des matrices de la forme

λ (X)

. ..

(0) λ

, c’est-`a-direλI+N avec λ∈Cet N triangulaire sup´erieure avec des z´eros sur la diagonale.

(D´emonstration du lemme) : Soitf ∈ F, notonsµson polynˆome minimal.

(4)

Supposons µ=µ1µ2 avec µ1 et µ2 premiers entre eux et non constants. De µ(f) = 0, on d´eduit (lemme des noyaux) E = E1⊕E2 avec E1 = Kerµ1(f) et E2 = Kerµ2(f). Tout

´

el´ementgdeF commute avecf, donc laisse stablesE1etE2. L’espaceE´etant suppos´eF- ind´ecomposable, l’un des sous-espacesEiest r´eduit `a{0}. Mais si l’on suppose par exemple E1={0}, alorsE=E2 doncµ2(f) = 0 ce qui contredit la minimalit´e deµ.

On a ainsi prouv´e que tout ´el´ementf deF a un polynˆome minimal de la forme (X−λ)m, donc est de la formeλidE+ν avecν nilpotent.

Les endomorphismes de F commutent deux `a deux, donc sont cotrigonalisables (exercice classique : on montre d’abord, par r´ecurrence sur la dimension deE, l’existence d’un vecteur propre commun, puis on fait une nouvelle r´ecurrence sur dimE, comme dans l’exercice 3 question 3de la semaine3, pour construire une base de trigonalisation commune). Chacun admettant une seule valeur propre, dans une base de trigonalisation commune, leurs matrices sont de la forme indiqu´ee. (fin de la d´em. du lemme)

Pour terminer l’exercice, il suffit de partir d’une d´ecomposition E =

p

M

i=1

de E en sous-espaces F-ind´ecomposables, de construire une baseBi dans chaque Ei qui trigonalise tous les en- domorphismes induits, et de concat´ener ces diff´erentes bases.

Deuxi`eme m´ethodepropos´ee par Charles-Antoine GOFFIN, ´etudiant en MP*:

Admettons toujours comme “classique” le fait qu’une famille d’endomorphismes commutant deux

`

a deux dans un C-espace vectoriel de dimension finie est cotrigonalisable, et raisonnons par r´ecurrence forte surn= dimE :

• pourn= 1, c’est ´evident ;

• soitn≥2, si c’est vrai pour toutk < n, soitF une famille d’endomorphismes d’un C-espace vectorielE de dimensionnqui commutent deux `a deux.

. si chacun des endomorphismes de la familleF a une seule valeur propre, c’est-`a-dire est de la formeλidE+ν avecν nilpotent, comme ils sont cotrigonalisables, il existe bien une base dans laquelle ils ont tous une matrice de la formeλIn+N, avecN triangulaire sup´erieure avec des z´eros sur la diagonale, et c’est termin´e ;

. sinon, au moins un des endomorphismes ude la familleF a plusieurs valeurs propres dis- tinctes, soitλune de ces valeurs propres, soitV le sous-espace caract´eristique associ´e, soit W la somme de tous les autres sous-espaces caract´eristiques deu. On a E =V ⊕W. Les sous-espacesV etW sont laiss´es stables par tous les endomorphismes de la familleFpuisque V est le noyau d’un polynˆome enu(etW une somme de...idem). Les endomorphismes de V et deW induits par les ´el´ements deF commutent deux `a deux et on peut leur appliquer l’hypoth`ese de r´ecurrence puisque dimV < net dimW < n. Il ne reste plus qu’`a concat´ener les bases deV et deW ainsi construites et c’est fini.

(5)

EXERCICE 3 :

1. Soit A ∈ Mn(C) une matrice inversible. Montrer l’existence d’un polynˆome P de C[X] tel queP(A)2=A.

2. Montrer qu’une matriceA∈GLn(C) est semblable `a son inverse si et seulement si elle est le produit de deux involutions.

Indication : si A−1 =P−1AP, on v´erifiera que P2 commute avec A, puis on introduira une matriceQ∈C[P2]telle que Q2=P2.

- - - -

1.a.Etudions d’abord le cas o`uAadmet une seule valeur propreλ∈C. Dans ce cas,A=λI+N avecN nilpotente, disons d’indicep(Np= 0 etNp−16= 0).

Supposons d’abordλ= 1. Soit

1 +x= 1 +a1x+. . .+ap−1xp−1+o(xp−1) =S(x) +o(xp−1) le d´eveloppement limit´e `a l’ordrep−1 de la fonction ]−1,+∞[→IR,x7→√

1 +xen z´ero (sa partie r´eguli`ere S est un polynˆome de IR[X] de degr´e inf´erieur ou ´egal `a p−1). On a alors, au voisinage de z´ero (pour une variable xr´eelle) :

(√

1 +x)2= 1 +x=Q(x) +o(xp−1),

o`uQest le polynˆomeS2 tronqu´e `a l’ordre p−1 : donc 1 +x=S(x)2+o(xp−1) et cette relation entre fonctions polynomiales, avec l’unicit´e du d´eveloppement limit´e, montre que, dans IR[X] ou C[X],S2est congru `a 1 +X moduloXp, notonsS(X)2= 1 +X+XpR(X) avecR∈IR[X].

On a donc S(N)2=I+N+NpR(N) =I+N =A, soitP(A)2=Ao`uP est le polynˆome d´efini parP(X) =S(X−1).

Si λ6= 1, on ´ecrit A=λI+N =λB, avec B =I+1 λN = 1

λA et il existe un polynˆome Q de C[X] tel que Q(B)2 = B, donc λ Q

1 λA

2

= A. En notant µ une racine carr´ee complexe deλet en posantP(X) =µ Q

X λ

, on aP(A)2=A.

1.b.SiAest une matrice inversible quelconque, notonsul’endomorphisme de Cncanoniquement associ´e : on d´ecompose suivant les sous-espaces caract´eristiques : si µ=

m

Y

k=1

(X−λk)βk est le polynˆome minimal deu(les λk ´etant distincts non nuls), d’apr`es le lemme des noyaux, on a Cn =

m

M

k=1

Fk, avec Fk = Ker(u−λkidCn)βk, la restriction vk de u`a Fk admettant (X −λk)βk comme polynˆome annulateur (et mˆeme plus pr´ecis´ement comme polynˆome minimal), ce qui signifie que vkkidFkk, o`u νk est un endomorphisme nilpotent de Fk. Traduction matricielle : la matriceAest semblable `a une matriceDdiagonale par blocs : D = diag(J1, . . . , Jm) avec, pour tout k,JkkIαk+Nk, la matrice Nk ´etant nilpotente

(6)

d’indiceβkkest la dimension du sous-espace caract´eristiqueFk, c’est aussi la multiplicit´e de la valeur propre λk dans le polynˆome caract´eristique).

Bref, pour toutk∈[[1, m]], il existe un polynˆomePk tel quePk(Jk)2=Jk d’apr`es la partie 1.a. Il reste `a montrer l’existence d’un polynˆomeP (ind´ependant dek) tel que

∀k∈[[1, m]] P(Jk) =Pk(Jk). (*) Mais cette condition(*)´equivaut `a

∀k∈[[1, m]] µk|P−Pk ,

o`uµk = (X−λk)βk est le polynˆome minimal deJk. Les polynˆomesµk ´etant premiers entre eux deux `a deux, l’existence d’un tel polynˆomeP r´esulte du th´eor`eme chinois : le syst`eme de congruences

P ≡Pkk] (1≤k≤m)

admet pour ensemble de solutions dans C[X] une classe de congruence moduloµ=

m

Y

k=1

µk. D´emonstration par r´ecurrence surm : siµ1 etµ2 sont premiers entre eux, d’apr`es B´ezout, il existe des polynˆomesU1etU2tels queP1−P2=V2µ2−V1µ1. Le polynˆomeP0=P1+V1µ1= P2+V2µ2 est une “solution particuli`ere” du syst`eme de congruences

(P ≡ P11] P ≡ P22] . Un polynˆome quelconqueP v´erifie alors ce syst`eme si et seulement si

(P ≡ P01]

P ≡ P02] , ce qui

´

equivaut `a

1 | P−P0 µ2 | P−P0

, soit `a µ1µ2 |P−P0, donc `aP ≡P01µ2]. Voil`a qui amorce la r´ecurrence, je laisse le lecteur courageux poursuivre ces chinoiseries.

Soit doncP un polynˆome v´erifiant(*): on a alorsP(D)2=D et, puisque A=SDS−1 avec S inversible,

P(A)2=P(SDS−1)2= S P(D)S−12

=S P(D)2S−1=SDS−1=A .

2. •SiA est le produit de deux involutions (A=U V avecU2=V2=I), alorsA est inversible et

A−1=V−1U−1=V U =V(U V)V−1=V AV−1, doncAetA−1 sont semblables.

• SiAest inversible et siA−1=P−1AP avecP inversible, alorsP =AP Apuis P2A= (AP A)2A=AP A2P A2=AP A(AP A)A=AP AP A et

AP2=A(AP A)2=A2P A2P A=A(AP A)AP A=AP AP A ,

doncA etP2 commutent. D’apr`es la question1., il existe un polynˆomeF ∈C[X] tel que F(P2)2=P2. PosonsQ=F(P2), ainsiQ2=P2.

(7)

La matriceQest un polynˆome en P2, donc un polynˆome enP ; elle commute donc avecP et avecP−1. En posantU =QP−1, on a alors

U2= (QP−1)2=QP−1QP−1=Q2(P−1)2=Q2(P2)−1=I : U est une involution.

Posons enfinV =U−1A=P Q−1A; ainsi,A=U V, il reste `a prouver queV est une involution : V2 = P Q−1AP Q−1A=QP−1AP Q−1A (*)

= P−1QAQ−1P A (**)

= P−1AP A (***)

= A−1A=I cqfd. (*): carP Q−1= (QP−1)−1=U−1=U =QP−1 ; (**) : carP et Qcommutent ;

(***): carAcommute avec P2, donc aussi avecQqui est un polynˆome enP2.

EXERCICE 4 :

1.SoitN ∈ Mn(C) une matrice nilpotente. Montrer l’existence d’une matriceM ∈ Mn(C) telle que exp(M) =In+N.

2.Montrer que l’application exp :Mn(C)→GLn(C) est surjective.

- - - -

1.Soitrl’indice de nilpotence deN (Nr−16= 0 etNr= 0). Soit le polynˆomeP, partie r´eguli`ere du d´eveloppement limit´e `a l’ordrer−1 de la fonctionf :x7→ln(1 +x) en z´ero :

P(X) =X−X2

2 +. . .+ (−1)rXr−1 r−1 =

r−1

X

k=1

(−1)k+1Xk k .

Soit le polynˆome Q, partie r´eguli`ere du d´eveloppement limit´e `a l’ordre r−1 de la fonction g:x7→ex en z´ero :

Q(X) = 1 +X+X2

2! +. . .+ Xr−1 (r−1)! =

r−1

X

k=0

Xk k! .

La troncature `a l’ordrer−1 du polynˆome compos´eQ◦Pest la partie r´eguli`ere du d´eveloppement limit´e `a l’ordre r−1 en z´ero de la fonction compos´ee g◦f :x 7→1 +x (cours de MPSI sur les d´eveloppements limit´es), le polynˆome (Q◦P)(X)−(1 +X) a donc une valuation au moins ´egale `ar:

(Q◦P)(X) = 1 +X+XrR(X), avec R∈C[X].

(8)

Ainsi, (Q◦P)(N) = Q P(N)

= In +N puisque Nr = 0. Mais, le polynˆomeP ´etant de valuation un, on aP(N) =N A=AN, o`uAest un polynˆome enN:A=

r−1

X

k=1

(−1)k+1 k Nk−1. Donc P(N)r

=NrAr(puisqueA etN commutent), soit P(N)r

= 0. Finalement, exp P(N)

=

X

k=0

P(N)k k! =

r−1

X

k=0

P(N)k

k! =Q P(N)

=In+N .

2. Toute matrice de la forme λIn+N avecλ ∈C et N nilpotente, admet “un logarithme” : en effet, λIn +N = λ(In +N0) avec N0 = 1

λN nilpotente. Si M0 ∈ Mn(C) v´erifie exp(M0) = In +N0 et si α est un nombre complexe tel que eα = λ, alors la matrice M =αIn+M0 v´erifie exp(M) =λIn+N.

Si A ∈ GLn(C), on peut trouver une matrice inversible P ∈ GLn(C) telle que J = P−1AP soit diagonale par blocs, de la forme

J = diag(λ1In1+N1, . . . , λpInp+Np), avec λ1,. . .,λp nombres complexes non nuls ;

n1,. . .,np entiers naturels non nuls tels quen1+. . .+np=n; Ni ∈ Mni(C) nilpotente

(d´ecomposition suivant les sous-espaces caract´eristiques,cf. d´etails dans l’exercice3., ques- tion1.b.).

Pour tout i ∈[[1, p]], il existe une matrice Mi ∈ Mni(C) telle que exp(Mi) =λiIni +Ni. Soit la matrice diagonale par blocs

M = diag(M1, . . . , Mp)∈ Mn(C). On a exp(M) =J, puis exp(P M P−1) =P J P−1=A.

(9)

EXERCICE 5 :

Soit IK un corps de caract´eristique nulle. Soit A∈ Mn(IK) une matrice, on note χA(X) =anXn+an−1Xn−1+· · ·+a1X+a0

son polynˆome caract´eristique. La matrice C(X) = tCom(A−XIn) peut ˆetre consid´er´ee comme une matrice `a coefficients dans IKn−1[X] (le justifier) et peut aussi s’´ecrire comme

“polynˆome `a coefficients matriciels” :

C(X) = tCom(A−XIn) =Cn−1+XCn−2+· · ·+Xn−2C1+Xn−1C0=

n−1

X

k=0

XkCn−1−k .

1.Montrer que, pour toutk∈[[0, n−1]], on a tr(Cn−1−k) =−(k+ 1)ak+1.

2.ExpliciterC0. ExprimerCken fonction deCk−1pourk∈[[1, n−1]]. En d´eduire un algorithme de calcul des coefficients du polynˆome caract´eristique.

Source : solution emprunt´ee `a Yvan GOZARD, dans la RMS (Revue de Math´ematiques Sp´eciales) 9/10 de mai-juin 1994.

- - - -

Les coefficients de la matrice des cofacteurs de A−XIn, ou de sa transpos´ee C(X), sont des d´eterminants de matrices carr´ees d’ordre n−1 extraites de A−XIn, ce sont donc des polynˆomes de degr´e inf´erieur ou ´egal `an−1.

1. On a χA(X) = det(A−XIn). Si l’on note Γj(X) le j-i`eme “vecteur-colonne” de la matrice A−XIn, les r`egles de d´erivation d’un d´eterminant donnent

χ0A(X) =

n

X

j=1

det Γ1(X),· · ·,Γj−1(X),Γ0j(X),Γj+1(X),· · ·,Γn(X)

= −

n

X

j=1

Mjj(X) =−tr C(X)

=−tr

n−1

X

k=0

XkCn−1−k

!

en notant Mjj(X) le mineur d’indices (j, j) de la matrice A−XIn, qui est le coefficient d’indices (j, j) de la matrice C(X).

On a donc χ0A(X) =−

n−1

X

k=0

trCn−1−k

Xk. En identifiant avec χ0A(X) =

n−1

X

k=0

(k+ 1)ak+1Xk, on obtient

∀k∈[[0, n−1]] tr(Cn−1−k) =−(k+ 1)ak+1.

2.On a (A−XIn)C(X) =χA(X)In, soit (A−XIn)

n−1

X

k=0

XkCn−1−k

!

=

n

X

k=0

akXkIn.

(10)

En identifiant les “coefficients” (matriciels) dans cette identit´e polynomiale, on obtient les relations

(1) : A Cn−1 = a0In

(2) : A Cn−k−1−Cn−k = akIn (1≤k≤n−1)

(3) : −C0 = anIn

On a ainsi, d’apr`es(3),C0=−anIn= (−1)n−1In.

Pour k ∈ [[1, n−1]], la relation (2) donne Cn−k = A Cn−k−1+1

k tr(Cn−k)In grˆace `a la relation obtenue `a la question1.et aussi tr(A Cn−k−1)−tr(Cn−k) =n ak=−n

k tr(Cn−k), on en d´eduit tr(Cn−k) = k

k−n tr(A Cn−k−1), puis enfin Cn−k=A Cn−k−1− 1

n−k tr(A Cn−k−1)In.

En r´esum´e, les matricesCk (0≤k≤n−1) peuvent ˆetre calcul´ees de proche en proche par les relations

C0 = (−1)n−1In

Ck = A Ck−1−1

k tr(A Ck−1)In pour 1≤k≤n−1. On en d´eduit les coefficients du polynˆome caract´eristique puisque ak = −1

k tr(Cn−k) si 1≤k≤n−1, eta0= 1

n tr(A Cn−1) d’apr`es la relation(1)non encore exploit´ee.

Il s’agit de lam´ethode de Faddeevqui donne lieu, pour des “grosses” matrices, `a des calculs num´eriques plus rapides que le calcul du polynˆome caract´eristique comme d´eterminant.

Une autre fa¸con de retrouver cet algorithme de calcul des coefficients du polynˆome caract´eristique est d’utiliser les formules de Newton, qui permettent de relier les susdits coefficients (fonc- tions sym´etriques ´el´ementaires des valeurs propresλi deAsi on se place dans une clˆoture alg´ebrique deIK) aux nombres

n

X

i=1

λki = tr(Ak), voir par exemple Jean-Marie ARNAUDI `ES et Henri FRAYSSE, Tome 1, Alg`ebre, exercice XV.4.7, ISBN 2-04-016450-2.

Références

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