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Peser à l’heurede choix décisifs! CO-PSY

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Supplément au n° 682 du 8 juin 2009

S O M M A I R E

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• « Le rapport sur l’orientation » pour les Nuls : guide pratique

• APB, orientation active :

premier bilan, grosses inquiétudes PAGE3

• Apparu, Descoings : deux rapports politiques

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• Lettre au ministre de l’Éducation nationale

Pour nous contacter

www.snes.edu

CO-PSY

Peser à l’ heure

de choix décisifs !

E n cette fin d’année scolaire, la lassitude, parfois la colère peuvent gagner certains collègues. Le rapport Apparu reprend le schéma désormais classique du « rapport sur l’orientation » pour relancer l’idée de la décentralisation des CIO et des personnels. La circulaire de rentrée ignore délibérément notre rôle alors que les demandes sur le terrain n’ont jamais

été aussi pressantes.

Le ministre lors de sa dernière conférence de presse réduit une nouvelle fois l’orientation à la seule information

sur les études et les métiers, et leurs hypothétiques débouchés.

Le divorce est patent et de plus en plus difficile à supporter entre un discours idéologique qui simplifie à l’extrême les processus mobilisés dans l’élaboration d’un projet et voudrait

nous « placardiser » et la réalité des CIO et des établissements.

Le président de la République et le ministre de l’Éducation nationale ont annoncé une réforme profonde du système d’orientation, dès cette année « pour adapter aux défis qui sont devant elle ».

Le projet de loi sur la formation et l’orientation professionnelle qui devait être discuté mi-juin a finalement été repoussé à la mi-juillet voire à la mi-septembre.

Manifestement plusieurs conceptions s’affrontent autour de l’avenir de nos services. Le rapport Apparu et le rapport Descoings en sont des illustrations ; le « livre vert » de Martin Hirsch doit consacrer une partie importante de son rapport à « l’orientation tout au long de la vie » et au « grand service d’orientation ».

Il est encore temps de peser sur ces choix décisifs. Le SNES vous appelle à signer et à faire signer dans vos CIO

et vos établissements une lettre pétition au ministre pour exiger l’ouverture urgente de discussions. La profession doit être consultée.

Le 13 juin, nous serons dans la rue pour défendre l’emploi, les services publics et notre conception de l’éducation et de

l’orientation. Il faut continuer à populariser nos exigences pour un service public d’orientation, ancré dans l’Éducation

nationale, étoffé et doté d’un réseau de CIO revalorisé et bien identifié. Ceci passe obligatoirement par une reprise du

recrutement des conseillers d’orientation-psychologues. Il y va de l’intérêt de tous. Le MEN ne peut pas l’ignorer plus longtemps !

Marie-Agnès Monnier, Catherine Remermier

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C O - P S Y

2CO-Psy • Supplément au no682 de L’US• 8 juin 2009

D

ans un souci d’égalité des chances et de pro- motion de tous, le SNES a décidé d’aider tous les futurs rapporteurs, soucieux d’accéder à la notoriété grâce à un rapport sur l’orientation mais ne connaissant rien au sujet. Alors que la concur- rence est rude et les délais très courts, ces conseils pratiques de dernière minute pourront être utiles.

N’hésitez pas à les faire connaître.

Voici la démarche en 10 Règles d’or 1. Ne jamais se soucier de la réalité de terrain, ni de la complexité des questions abordées et pré- sentez toutes vos mesures sous le sceau du simple bon sens.

2. Procéder en rencontrant beaucoup de monde, dans l’unique but d’illustrer par un morceau de citation bien choisi ce que l’on avait décidé d’écrire dès le départ. Surtout ne pas tomber dans l’enquête exhaustive qui affaiblirait voire ris- querait de contredire la démonstration (voir étude du Cereq).

3. Choisir l’amalgame entre formation initiale et formation continue. Ainsi il sera possible d’affir- mer que les dispositifs d’orientation sont émiet- tés même si cela ne concerne que le champ de la formation continue et de l’orientation profes- sionnelle des adultes (8 700 organismes recensés).

4. Adopter un discours très généraliste sur l’orien- tation. Ne pas s’égarer à considérer de manière différenciée les problématiques des adolescents et celles des adultes, encore moins celles des col- légiens, des lycéens et des étudiants.

5. Éviter les complications en n’évoquant jamais,

même sous forme interrogative, les liens entre projets personnels d’avenir et développement psychologique. Ce serait la porte ouverte aux idées soixante huitardes et à la contestation sociale.

Préférer les formules péremptoires qui impres- sionnent le lecteur sur la relation formation-emploi.

6. Présenter comme une évidence la capacité des organismes de prévision économique à indiquer dans les 3 ou 5 ans à venir les secteurs porteurs d’emploi. (Surtout n’ayez pas peur des chiffres.

Assénez-les d’abord ! Il s’écoulera toujours quelques jours avant qu’un malintentionné ne les conteste preuves à l’appui. N’oubliez jamais que ce qui compte, c’est le ton !)

7. Réserver les attaques contre les conseillers d’orientation-psychologues et les CIO pour la dernière partie du rapport. Ne pas oublier que c’est l’objet même de la publication même si l’habillage reste important.

8. S’appuyer sur les « bons mots » des précédents rapporteurs. (Ce sont des alliés potentiels et cela donne une impression de redondance très utile surtout si votre démonstration est un peu faible.)

Accoler, aussi souvent que possible, à conseillers d’orientation-psychologues des mots tels que

« libéral », « peu disponibles », « anomalies » (de l’horaire ou de la formation), « incompétence »,

« manque de pilotage ».

9. Faire apparaître la formation des CO-Psy comme la cause de tous les maux et suggérer de pouvoir nommer tout type de personne non for- mée mais de bonne volonté sur ces fonctions. Ne pas perdre de vue que le statut de psychologue est un verrou à la souplesse de gestion et qu’il doit être radicalement modifié.

10. Conclure en prenant de la hauteur pour aborder la question du pilotage de l’orientation ; glisser les termes de « gouvernance », de « parte- nariat », de « chef de file », et suggérer de trans- férer les CIO aux Régions voire si vous êtes audacieux de créer une Agence de l’orientation.

Voici en dix règles simples, l’assurance de réus- sir votre rapport sur l’orientation.

C’est facile, c’est « tendance » et ça peut rappor- ter gros... pour les cabinets de coaching ! Chacun saura où classer les différents rapports en appliquant cette grille de lecture. ■

A P B , O R I E N T A T I O N A C T I V E

Premier bilan, grosses inquiétudes

À

l’issue de la première phase d’APB (Admission Post-Bac), la nouvelle procédure d’inscrip- tion des élèves de Terminale dans le supérieur, et de l’opération Orientation Active (démarche de conseil et d’accompagnement des universités en direction des futurs étudiants), on a pu lister un certain nombre de dérives et de craintes : – contradictions régulièrement constatées entre les avis du conseil de classe (transformé pour l’occa- sion en « conseil d’orientation ») et les avis for- mulés par les universités dans le cadre de l’Orien- tation Active, source de déstabilisation en particulier pour les jeunes les moins familiers de l’enseignement supérieur ;

– pression parfois sur les vœux, voire sur l’ordre des vœux, alors que la consigne relevée sur le site APB est claire : « classez l’ensemble de vos vœux dans l’ordre de vos préférences, c’est-à-dire uniquement en fonction de vos souhaits et de votre projet personnel, sans autocensure, ni cal- cul quant à vos chances d’être retenu » ; – utilisation possible des fiches pédagogiques

(remplies jusqu’alors uniquement pour les for- mations sélectives) par les universités, puisque les circulaires rectorales de certaines académies demandent aux enseignants de remplir ces fiches (moyennes et avis des deux premiers trimestres de Terminale) « pour chaque élève et quelle que soit la filière demandée y compris pour les L1 non sélectives à l’Université » ! Cette mesure nous paraît particulièrement inquiétante : ainsi est rendue techniquement possible pour les uni- versités la consultation de ces fiches dès main- tenant... À quand la sélection à l’entrée à l’Uni- versité à partir des dossiers pédagogiques, ou plus exactement des bulletins scolaires ? Il sem- blerait bien que l’outil APB puisse le permettre ;0 – introduction de façon insidieuse de l’idée que le bac n’est pas le premier grade de l’enseigne- ment supérieur ;

– crainte que l’Orientation Active puisse deve- nir, pour certaines filières tout du moins, un outil de gestion des flux en présélectionnant les lycéens en fonction des capacités d’accueil.

CIO dans l’action !

Le CIO de Toulon a dû fermer ses portes début Juin car le bail était arrivé à échéance le 31 mai. La mairie ne souhaitait apparemment pas relouer ses locaux ayant d’autres projets.

Même si la mobilisation de nos collègues constitue une pression incontournable sur l’administration et devrait permettre de trouver une solution vers des locaux qui permettent enfin l’accueil du public dans des conditions de salubrité et d’équipements modernisés, ce cas non isolé illustre de façon dramatique la politique du pire orchestrée par le MEN à l’égard des CIO !

À l’autre bout de la France, dans l’académie de Créteil nos collègues se mobilisent pour empêcher le démé- nagement de l’antenne de Dammartin-en-Goële à la cloche de bois !

Au CTPA des propos rassurants du recteur : « ce n’est qu’un projet », « aucune décision n’est prise ». Mais lors de l’audience obtenue le 5 juin par le SNES auprès de l’IA, celui-ci a annoncé que le déménagement se ferait au plus tard à la rentrée. D’ailleurs les déménageurs sont déjà venus faire les devis ! Tout cela, dans l’ignorance la plus complète des collègues exerçant au CIO, des chefs d’établissements et des élus. Le dis- trict comporte 11 collèges et 3 lycées, et se trouve à 30 km du CIO de Chelles où les familles et les élèves devraient se rendre. Un rassemblement est prévu le 13 juin à l’appel du SNES avec les enseignants, les parents et les élus pour protester contre une décision tellement peu défendable qu’elle devait se faire en cati- mini !Comme à Toulon, à Dammartin, à Chartres, avec le SNES nos collègues se mobilisent pour défendre le réseau des CIO et le service public d’orientation.

Changement de cap…

Les vérifications des barèmes intra-académiques, qui sont le prélude à la finalisation du mouve- ment 2009, se terminent. À cette occasion, nous venons d’apprendre qu’un rectorat conforté, à posteriori, par le ministère se propose de changer les règles définies et publiées chaque année dans une note de service qui paraît en novembre ! En effet, une de nos collègues exerçant actuel- lement en DRONISEP, souhaite demander un poste en CIO pour la prochaine rentrée. Elle s’ins- crit donc, en temps et en heure, comme cela se passe depuis l’instauration, en 1999, du mou- vement déconcentré, sur le serveur du rectorat de son académie pour participer au mouvement intra. Quelle n’est pas sa surprise (et celle des représentants du personnel), de se voir refuser sa participation au mouvement intra au pré- texte qu’elle n’aurait pas participé à l’inter ! Interrogé, le ministère répond dans un premier temps, comme les années précédentes, qu’elle peut participer à ce mouvement pour se rétrac- ter le lendemain et de surcroît ose prétendre qu’il répond à une demande syndicale ! Nous avons immédiatement protesté contre cette volonté de changement des règles en cours de route qui révèle à la fois un mépris des per- sonnels qui n’ont jamais été informés de cette contrainte avant de postuler à un poste à l’ONI- SEP, et un mépris des élus du personnel qui veillent à l’égalité de traitement entre collègues et au respect de ces règles ! Une procédure, ini- tiée par le SNES, est en cours actuellement pour obliger le ministère et le rectorat à respecter leurs propres circulaires.

Cette désinvolture justifie bien complètement les protestations vigoureuses que nous avons émises lors des manœuvres initiées cette année pour minorer le rôle des élus du personnel dans les opérations de mouvement.

« L E R A P P O R T S U R L ’ O R I E N T A T I O N » P O U R L E S N U L S

Guide pratique

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C O - P S Y

CO-Psy • Supplément au no682 de L’US• 8 juin 2009 3

À

l’occasion des débats autour du lycée, deux nouveaux rapports ont été communiqués au président de la République. L’un et l’autre font une large part à l’orientation : 12 propositions sur 30 dans le rapport Apparu ; 22 préconisations sur 80 dans le rapport Descoings(1).

Le rapport Apparu émane de la mission par- lementaire présidée par Y. Durand. Ses conclu- sions n’ont pas été consensuelles puisque les élus de l’opposition s’en sont désolidarisés. À la lecture on peut effectivement comprendre le malaise. B. Apparu reprend en effet tout ce que les personnels, les parents et les élèves ont vigoureusement repoussé depuis 5 ans ! De la décentralisation des CIO et des CO-Psy au lycée tout modulaire en passant par le Bac en contrôle continu.

Le lycée et la conception du système éducatif

Le lycée que nous dessine le rapport Apparu n’a aucune ambition d’élévation du niveau de for- mation et de qualification pour la jeunesse. S’il rappelle l’objectif des 100 % d’une classe d’âge possédant le socle, il oublie les 80 % au niveau du bac. L’augmentation du nombre de diplômés du supérieur proviendrait donc du vivier de ceux qui accèdent déjà aujourd’hui au lycée.

Le rapport réalisé par R. Descoings prend le parti de faire état des préoccupations et des demandes émanant du terrain. Il insiste sur le nécessaire engagement de l’État, sur l’attache- ment des enseignants et des parents aux pro- grammes nationaux, au bac national, à des pro- cédures de recrutement national des personnels.

Il intègre la reprise d’exigences fortes portées par le SNES : rejet de la semestrialisation, main- tien de la voie technologique, reconnaissance de la place des CO-Psy, nécessité de reprendre le débat avant toute réforme. Il préconise égale- ment que les EDD de Seconde portent obliga- toirement sur des enseignements de décou- verte, là ou B. Apparu ressert le schéma semestrialisé de la réforme Darcos initiale. Mais le rapport Descoings reste très flou sur les pro- positions d’architecture et pose l’objectif des 80 % comme une question ouverte dont la déci- sion dépend de choix de société.

Des propositions convergentes Un certain nombre de propositions émanant des deux rapports convergent sur au moins 3 points :

L’orientation inscrite dans la durée Pour le rapport Apparu, il s’agit de prendre appui sur le PDMF dès la Cinquième pour la découverte des métiers, assimilée à la construc- tion du projet d’orientation. Des heures pour- raient être attribuées aux établissements dans la DHG et confiées aux enseignants. Le rapport Descoings souligne également la nécessité d’ins- crire la préparation de l’orientation dans le temps prévu pour l’accompagnement pédagogique.

Les deux rapports posent donc comme une évi- dence l’évolution de la mission des enseignants vers la prise en charge de la construction pro- gressive du projet d’orientation (rapport Des- coings) ou de la construction d’un projet pro- fessionnel (rapport Apparu).

Le rapport Apparu va jusqu’à proposer, pour le Bac, une épreuve orale dotée d’un fort coefficient sur la soutenance de son projet professionnel pour le lycéen. Idée décidément très en vogue puisque le projet du futur brevet des collèges prévoit le même type d’épreuve pour valider le PDMF et le socle. On ne peut qu’être inquiet des conceptions qui sous-tendent ces propositions.

Que signifie en effet pour un élève d’avoir à jus- tifier la validité de son projet scolaire et profes- sionnel pour avoir le droit de poursuivre ses études ? On peut l’interpréter comme le moyen d’imposer le PDMF mais aussi comme un nou- veau recul dans l’obligation sociale et anthro- pologique de la génération en place vis-à-vis de sa jeunesse. Apprendre ne serait plus qu’un objet de valorisation individuelle réservée à quelques-uns et non un instrument de déve- loppement individuel et collectif.

L’information toujours centrale Le rapport Apparu en fait une sorte de préalable au choix. Il faudrait donner aux élèves et aux parents tous les éléments sur les prérequis, les taux de réussite, les débouchés. Le rapport Des- coings en fait un instrument d’égalité des chances et en confie la responsabilité aux CO- Psy et aux enseignants avec l’intervention des lycéens et des étudiants.

Un professeur référent

Les deux rapports proposent un professeur (Apparu) ou un adulte (Descoings) référent chargé de suivre le lycéen pendant toute sa scolarité. Ceci renvoie aux questions qui agi- tent les établissements depuis que le tutorat existe (problèmes de formation, de position- nement, de contenu, de limites, de stabilité de choix du tuteur...). La possibilité que ce réfé- rent soit un membre de l’équipe de suivi n’est pas évoqué (le rapport Apparu les ignore tota- lement).

Des réorientations rapides

Le rapport Apparu préconise d’utiliser des SAS de réorientation durant les vacances (d’été ou de février), assurés par des enseignants volon- taires. Le rapport Descoings évoque l’idée de bilans de compétences assurés par le service public pour des jeunes démotivés. Mais il ne précise nullement qui pourrait les assurer.

Les divergences

Les deux rapports divergent sur l’avenir des ser- vices et le rôle des CO-Psy.

Si le rapport Descoings reconnaît « le rôle irremplaçable des CO-Psy », souligne que

« leurs qualités de psychologues sont appré- ciées », ainsi que l’aide qu’ils apportent aux élèves en difficulté, toutefois cette vision posi- tive ne se traduit dans la suite du rapport que dans une mission d’information. Lorsqu’il est question de pôle de prévention du décro- chage, c’est à des psychologues et psychiatres extérieurs qu’il préconise de faire appel.

Le rapport Apparu reprend quant à lui le dis- cours désormais classique du « rapport sur l’orientation » : critiques sur l’emploi du temps, critiques sur le manque de pilotage, attaque contre le titre de psychologue et la formation.

Le rapporteur propose d’ouvrir le concours interne de l’accès au métier de conseiller d’orientation non-psychologue à des agents de l’une des trois fonctions publiques sans aucune condition de diplômes. Ainsi pourra être solu- tionné selon lui « le problème soulevé par le tarissement des effectifs recrutés par le concours » (une cinquantaine de postes pourvus lors des dernières sessions alors que les départs en retraite s’élèvent à 300 par an).

Que Monsieur Apparu se rassure, en recru- tant des psychologues, il pourra en trouver énormément, bien plus que des agents des collectivités territoriales !

Comme tout bon rapport qui se respecte, il ter- mine sur des propositions concernant le Grand Service en préconisant de « confier les CIO aux Régions et de décentraliser la gestion des personnels ». Il propose de créer une Agence qui constituerait le volet national du grand ser- vice d’orientation et d’insertion s’adressant à tous les publics de jeunes.

Le rapport Descoings se garde de proposer une évolution précise pour nos services. Cette demande prétendument unanime ne serait donc pas remontée du terrain ? Nouvelle preuve que cette position est avant tout idéo- logique et n’a aucune base réelle. Une raison de plus pour la combattre avec détermination et peser dans le bon sens.

(1) Voir analyse plus détaillée sur le site du SNES.

Apparu, Descoings : deux rapports politiques

©Daniel Maunoury

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C O - P S Y

L’Université Syndicaliste, suppl. au n°682 du 8 juin 2009, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second degré (FSU), 46, avenue d’Ivry, 75647 Paris Cedex 13 – Directeur de la publication: Serge Chatelain – Compogravure: C.A.G., Paris – N°CP 0113 S 06386 – ISSN n°0751-5839

Lettre au ministre de l’Éducation nationale

Monsieur le Ministre,

Les conseillers d’orientation-psychologues et directeurs de CIO tiennent à vous faire part de leur profonde exaspération devant le mépris dont fait part votre ministère à l’égard de leur activité professionnelle. La circulaire de rentrée en est la dernière illustration.

Alors que la question de l’orientation y occupe une place centrale, l’intervention des conseillers d’orientation-psychologues n

’est

évoquée qu’au détour d’une phrase et assortie d’une restriction.

Pas un mot sur les entretiens individuels de conseil et de suivi des élèves, en particulier aux paliers de transition entre cyc les.

Pourtant les conseillers d’orientation-psychologues reçoivent aujourd’hui plus de 80

% des élèves de Troisième et plus de 60% des

élèves de Seconde et de Terminale. Pas un mot sur le travail auprès des jeunes handicapés et de leur famille afin de favoriser l eur

adaptation au collège et au lycée et élaborer avec eux leur projet d’orientation. Nous y consacrons néanmoins une partie importante de notre temps afin d’effectuer les bilans psychologiques, le suivi et la participation aux équipes de suivi de scola

risation

nécessaires à chaque étape du parcours.

Pas un mot sur notre action au sein des équipes pluri-professionnelles de suivi des établissements pour lutter contre le décroc hage

scolaire.

Pas un mot non plus, sur les interventions auprès des lycéens de Terminale afin de les aider dans leurs démarches pour l’orientation active et l’affectation post-Bac.

Rien encore, sur le travail en complémentarité avec les enseignants qui s’exerce notamment à l’occasion des conseils de classe et la

préparation des dossiers d’orientation.

Pas un mot sur le travail patient des Directeurs de CIO au sein de leur district pour contribuer aux objectifs d’élévation du n iveau

de formation et de qualification, articuler l’action de différents partenaires et dans diverses commissions porter un point de v ue

spécifique pour préserver les chances de développement et de réussite des jeunes

Pourtant, cette année, la mise en place de la réforme de la voie professionnelle et l’arrivée tardive des éléments d’informatio n

concernant l’organisation de la classe de Seconde ont encore un peu plus compliqué la tâche des personnels

Ces problèmes sont aggravés dans toutes les académies par le nombre de postes laissés vacants, l’absence de remplacement des différents congés, la fermeture de CIO et le gel de postes.

Depuis des mois diverses missions et commissions se sont saisies de la question de l’orientation scolaire. Plusieurs rapports, fondés

sur des approches « a priori», basés essentiellement, aux dires même du Cereq, sur des représentations non vérifiées, mettent à m al

le service public d’orientation de l’Éducation nationale, en procédant par amalgame et généralisation abusive avec la situation de

la formation continue et lui attribuant tous les dysfonctionnements de l’École.

À aucun moment, les personnels n’ont pu s’appuyer sur un démenti, une prise de position mesurée ou une explication de votre par t,

face aux attaques frontales dont ils étaient l’objet.

En divisant par 5 les recrutements des CO-Psy pour la quatrième année consécutive, vous mettez le service public d’orientation en

grande difficulté pour remplir ses missions et vous générez une insatisfaction croissante des usagers.

Alors que les lycéens et les parents d’élèves demandent des conseils personnalisés assurés par des CO-Psy plus disponibles, vou s

mettez en place, sans aucune concertation, une opération de réponse par téléphone et par internet qui non seulement ponctionne des titulaires sur les moyens déjà insuffisants, mais en outre ne mentionne même pas le réseau des CIO sans lequel ce dispositi

f ne

fonctionnerait pas.

Tout ceci converge vers une marginalisation croissante de l’intervention des conseillers d’orientation-psychologues et une disparition des CIO. Le rapport de la mission parlementaire communiqué par B. Apparu prétend rejouer le scénario de 2003, repoussé massivement par tous les personnels, enseignants, conseillers d’orientation-psychologues et directeurs de CIO.

Les propositions de R. Descoings sur la réforme des lycées qui reconnaissent le rôle irremplaçable des conseillers d’orientatio n-

psychologues, n’éludent pas la complexité des questions mais restent bien en deçà des réponses attendues. Elles annoncent un dé bat

auquel nous voulons être pleinement associés.

Plusieurs voies d’évolution se dessinent pour le service public d’orientation et nous savons que des décisions vont être prises prochainement.

Nous tenons, Monsieur le ministre, à vous alerter solennellement.

Porteurs des valeurs de démocratisation de l’accès aux savoirs et à la culture pour tous qui ont toujours fondé leur action, so ucieux

du développement du niveau de formation et de qualification de toute la jeunesse, les conseillers d’orientation-psychologues et les

directeurs de CIO ne laisseront pas démanteler le service public d’orientation de l’Éducation nationale, et feront tout pour pr éserver

leur qualification et leurs missions qui constituent aujourd’hui une ressource pour les équipes des établissements scolaires, le s

jeunes, les familles.

Avec le SNES, nous renouvelons notre demande de négociations sur ce dossier dont l’Éducation nationale doit se saisir de toute urgence.

Signatures

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